• En repartant de Salies-de-Béarn, Josette et Milou nous ont emmenés à Sauveterre-du-Béarn, un petit village situé à une dizaine de kilomètres. Sur la route, j'ai eu la surprise de voir plusieurs nids de cigogne mais..., étant en voiture, je n'ai pas été assez vive pour en immortaliser une dans son nid !

    Il parait que c'est courant dans la région.

    Une courte visite à Sauveterre-du-Béarn

    En arrivant à Sauveterre, le paysage est à couper le souffle. Du haut du promontoire où est construite la petite cité médiévale, on domine le Gave d'Oloron et la végétation environnante.

    Une courte visite à Sauveterre-du-Béarn

    La tour Montréal fait partie des éléments défensifs de la ville : elle date du début du XIIIème siècle.

    Une courte visite à Sauveterre-du-Béarn

    Le pont de la Légende était l'un des trois ponts qui reliaient primitivement la ville de Sauveterre, sur la rive droite du gave d'Oloron, à la rive opposée.

    Une courte visite à Sauveterre-du-Béarn

    Mais d'où vient ce curieux nom... ?

    En 1170, à la mort du vicomte Gaston V de Béarn, sa veuve, la reine Sancie, est accusée publiquement d’avoir volontairement donné la mort à son fils nouveau-né. Son frère, le roi Sanche VI de Navarre, décide que seule l’épreuve de l'ordalie peut certifier la culpabilité ou l'innocence de l'accusée.

    L'épreuve de l'ordalie (ou "Jugement de Dieu") est la suivante : si l'accusé est innocent, Dieu, qui le sait, l'aidera à surmonter l'épreuve.

    L'ordalie a lieu en présence de 3 000 personnes massées aux abords du pont : la reine est précipitée dans le gave, pieds et poings liés. Mais au lieu d’être englouti par les eaux vives, le corps est transporté par les eaux en surface et déposé sur la grève à trois portées de flèches. La reine ainsi innocentée est acclamée par la foule.

    En reconnaissance à la Vierge qu’elle avait invoquée, elle brode un riche manteau qu’elle envoie à Notre-Dame-de-Rocamadour.

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    Milou est content de nous faire découvrir sa région natale.

    Une courte visite à Sauveterre-du-Béarn

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    Voici l'église fortifiée de Sauveterre-de-Béarn : l'église Saint-André a été bâtie entre le XIIème et le XIIIème siècles. Son architecture est un mélange de style roman et gothique.

    Une courte visite à Sauveterre-du-Béarn

    Un tympan surmonte le portail.

    Une courte visite à Sauveterre-du-Béarn

    Le Christ en majesté de la mandorle est entouré des quatre évangélistes.

    Une courte visite à Sauveterre-du-Béarn

    Le choeur est en peinture polychrome tandis que les trois nefs sont plus sobres.

    Une courte visite à Sauveterre-du-Béarn

    Une courte visite à Sauveterre-du-Béarn

    Une courte visite à Sauveterre-du-Béarn

    Un curieux chapiteau de colonne : il représente "la gourmandise"... (image Wikipédia)

    Une courte visite à Sauveterre-du-Béarn

    Une courte visite à Sauveterre-du-Béarn

    Le chevet est très beau, roman. Grâce à l'action de Prosper Mérimée, les dégâts provoqués par les guerres de religion et la révolution ont été réparés en 1869-1870.

    Une courte visite à Sauveterre-du-Béarn

    Son clocher, d'après certaines hypothèses, était autrefois crénelé.

    Une courte visite à Sauveterre-du-Béarn

    Une courte visite à Sauveterre-du-Béarn

    Ah cet André, toujours à faire le clown ! 

    Une courte visite à Sauveterre-du-Béarn

    Il faut dire que ce pilori est là pour ça...

    Une courte visite à Sauveterre-du-Béarn

    Une jolie porte donne accès au jardin de la Mairie.

    Une courte visite à Sauveterre-du-Béarn

    A voir !


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  • Il fait soleil ce matin à La Milady - même si comme de coutume depuis que nous sommes arrivés dans le sud, il fait un peu frisquet... - Aujourd'hui, nous allons passer la journée du côté de Salies de Béarn avec Josette et Milou.

    Ce dernier est très fier de nous faire visiter sa ville natale !

    Voici la place principale de Salies : la place du Bayaà avec sa fontaine évoquant la source salée désormais enterrée. La Reine de Navarre, Jeanne d'Albret, est venue séjourner dans la maison (au centre de la photo) avec son fils, le future Henri IV.

     

    Une carte postale ancienne la montre non rénovée : on a un peu de mal à la reconnaître...

    Sur le mur d'une des maisons de Salies, une plaque illustre l'événement.

    Un petit tour dans les rues

    On peut y voir de jolis balcons.

    Cette maison date de 1683 : elles est caractéristique de la maison salisienne avec un toit à forte pente, une galerie couverte et une balustrade en encorbellement sur trois côtés.

    Si on était à Naples, on verrait du linge sécher sur ces balcons, bien à l'abri des intempéries !

    Bingo !

    Ces décors en bois sculpté ornant toitures et balcons font aussi le charme de certaines maisons salisiennes.

    Impossible je crois de trouver ruelle plus étroite...

    Les habitants ici sont soucieux du décor de leur pas de porte.

    Au détour d'une rue, on aperçoit l'église...

    Ne se croirait-on pas au Moyen-Age... ?

    Et puis il y a la rivière, le Saleys : c'est un affluent du Gave d'Oloron.

    Une jolie photo d'André

    Dans cette maison, on aperçoit, sous la balustrade, le four à pain construit à l'extérieur des murs.

    Voici l'église de Salies-de-Béarn, Saint-Vincent : elle date du XVème siècle.

    Revenons maintenant sur la Place du Bayaà...

    C'est ici que se trouvait autrefois la source d'eau salée de la ville.

    Un monument en commémore l'existence, situé au rez-de-chaussée de l'une des maisons.

    Mais que fait ici ce sanglier... ?

    L'animal est lié à une légende...

     Vers l'an 1000, un sanglier traqué aurait échappé à ses poursuivants. La bête blessée aurait été retrouvée dans un marécage quelques jours plus tard en train d’agoniser, les soies couvertes de cristaux de sels. Dans un dernier souffle de vie, le sanglier leur aurait déclaré en béarnais "Si you nou eri mourt, arres n'y bibéré" : « Si je n'y étais pas mort, personne n'y vivrait.".

    C’est ainsi que les hommes auraient découvert la présence de l’eau salée à Salies-de-Béarn et s’y seraient installés.

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    Le matin, nous avons visité l'Espace muséographique de la boutique de la saline du village (voisine).

    Le sel de Salies est du sel gemme, c'est à dire qu'il vient du sous-sol : il faut remonter à 220.000.000 d'années à l'ère secondaire (le Trias) pour que l'immense continent "la pangée" commence à se disloquer.

    Animation sur la formation des continents

    L'océan rentre dans les continents et le climat est torride : l'évaporation de l'eau de mer laisse les sédiments s'accumuler - on parle de roches salifères. Celles-ci vont remonter à la surface avec la formation des Pyrénées. Les eaux d'infiltration vont traverser cette couche de roches salifères, se charger en sel, et ressortir en une source naturelle à Salies-de-Béarn.

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    La Place du Bayaà au XVIIème siècle

    À certaines heures de la journée, les « tiradous » (porteurs) s’emparent des « sameaux » (cuves) et courent à travers la cité pour en déverser le contenu d’eau salée dans les « coulédés » (auges de pierre) qui se trouvent devant les maisons des fabricants de sel.

    Une petite vidéo pour expliquer toute l'histoire du sel de Salies...

     

    Salies a fait l'objet de plusieurs affiches des Chemins de Fer du Midi pour vanter les bienfaits de son sel : la ville était au XIXème siècle une station thermale réputée.

     

    Vacances à Biarritz : Promenade dans Salies-du-Béarn

     

    L'Impératrice Eugénie en a été une grande ambassadrice.

     

    Vacances à Biarritz : Promenade dans Salies-du-Béarn

     

    Sans sel de Salies, point de jambon de Bayonne !

    Déjà en son temps, Jeanne d'Albret et son fils Henri IV en furent les premiers ambassadeurs en privilégiant le jambon de Bayonne à leur table. Louis XIV le proposa à la dégustation lors de son mariage à Saint-Jean-de-Luz et Rabelais le place volontiers au menu de Gargantua...

    Les jambons frais sont frottés et recouverts d'une épaisse couche de sel de Salies avant d'être placés au saloir.

     

    Vacances à Biarritz : Promenade dans Salies-du-Béarn

     

    Jambon (Paul Gauguin - 1889)

    Vacances à Biarritz : Promenade dans Salies-du-Béarn

     

    A la fin de la visite de l'espace muséographique, une petite dégustation de différents jambons accompagnés d'un petit verre de vin blanc...

    Vacances à Biarritz : Promenade dans Salies-du-Béarn

     L'après-midi nous avons visité la "crypte" de Salies.

    La place du Bayaà devenant trop nauséabonde, il fut décidé en 1865 de la couvrir d'une voûte ; dans les années 2000, des travaux ont été entrepris pour permettre une évacuation des eaux avec un système de forage afin de désengorger la crypte et pouvoir l'ouvrir à la visite à partir de 2012.

    Voici la maison des Part-Prenants

    Aujourd’hui, les Part-Prenants sont les descendants des premiers habitants de Salies : pour être l’un deux, il faut donc remplir les mêmes conditions de résidence et d’hérédité qu’en 1587. Il s'agit ici de droit coutumier, de sol, de sang : pour pouvoir être Part-Prenant, il faut être fils ou fille de Part-Prenant et habiter Salies depuis au moins six mois.

     Milou, s'il revenait habiter à Salies, pourrait à nouveau être un Part-Prenant !

    Une visite qui nous a beaucoup appris.


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  • Aujourd'hui, nous allons visiter le Château d'Abbadia : une autre suggestion de Josette. Il se trouve tout près de la frontière avec l'Espagne, près de Hendaye.

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Le château a été construit au XIXème siècle, entre 1864 et 1884, pour Antoine d'Abbadie, ethnologue, géographe et homme de science. Celui-ci est en 1810 à Dublin d'une mère irlandaise et d'un père basque et sera toujours un ardent défenseur de ses deux langues maternelles.

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Mêlant style néogothique et orientaliste, le château est l'une des rares créations de Eugène Viollet le Duc, assisté d'Edmond Duthoit.

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Le parc est l'oeuvre du concepteur parisien Eugène Bühler (1822 - 1907), reconnu avec son frère Denis comme les plus grands de leur temps à la veille du Second Empire. L'art de Bühler est d'arriver à créer un parc qui ressemble à un paysage naturel et il a parfaitement rempli son contrat.

    Il est idéalement placé,entre la mer et la montagne.

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Au loin, la Rhune qui culmine à 905 mètres

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Arrivés en avance par rapport à l'horaire de la visite guidée (le château ne se visite pas autrement et c'est très bien ainsi), nous avons le temps d'en faire le tour : créneaux, tours, clochetons, tout est fait pour nous transporter au Moyen-Age... même si on est ici en plein romantisme.

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    C'est ainsi que nous découvrons toutes sortes de sculptures animalières comme ici ce serpent qui s'apprête à accéder à la belle balustrade...

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    ou cet éléphant qui accompagne une gouttière.

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Il faut dire qu'Antoine d'Abbadie réalisa la première cartographie de l'Ethiopie après un séjour de douze ans dans ce pays où il était venu chercher les sources du Nil blanc. Parmi les quatorze langues qu'il parle couramment, il y a l'Amharique (éthiopien courant) et le Guèze (pour l'amharique ce que le latin est au français)...

    Voici un exemple d'écriture en Guèze...

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Tiens tiens, quels sont ces deux oiseaux perchés sur un balcon... ?

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Tout comme le chat, ils profitent de l'endroit pour admirer la belle vue sur la mer.

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    En tout cas, cette bestiole a de belles moustaches et elle vient visiblement d'attraper une souris !

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Plus tranquille ce superbe coquillage

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Il y a aussi, sur les murs du château, des personnages un peu grotesques, tel ce singe-astrologue situé en haut du mur de la chapelle, sous la croix...

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    qui scrute le ciel à l'aide de sa longue-vue.

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    ou cette autre créature velue semblant tourner délibérément le dos à un escargot !

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Mais l'heure de la visite guidée approchant, nous nous rendons à l'entrée du château dont le porche encadré par des palmiers (on est dans le sud, il faut en profiter pour faire un clin d'oeil à l'Ethiopie peut-être...) est surmonté d'un blason sur lequel s'enroule un serpent (photo Agnès Pascal).

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Nous restons dans l'exotisme avec, de chaque côté de l'escalier, ces deux crocodiles qui semblent attendre le visiteur dans la ferme intention de n'en faire qu'une bouchée !

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    En haut des marches le portail est encadré par deux lévriers : un rappel aux animaux de compagnie favoris de Virginie Vincent de Saint-Bonnet, l'épouse d'Antoine.

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Deux petites grenouilles semblent veiller sur eux.

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    L'inscription en langue basque au-dessus de la porte signifie "Cent mille bienvenues"

    Sympa !

    Au dessus de la lanterne marquée d'un A et d'un V pour Antoine et Virginie, des feuilles de trèfle rappellent l'origine irlandaise de la mère d'Antoine d'Abbadie,

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    tandis que le blason au plafond est celui de la famille de son père. 

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Le nom complet d'Antoine d'Abbadie est Antoine Thomson d'Abbadie d'Arrast.

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Mais quel est donc ce trou dans le mur extérieur du château... ? Tout autour, on peut lire en basque

    "Je n'ai rien vu, je n'ai rien appris."

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Mystérieuse phrase et mystérieux trous (il y en a sept en tout dont cinq à l'intérieur) que le visiteur est invité à chercher pendant la visite guidée, très agréable d'ailleurs et à laquelle je vous invite maintenant.

    Mais avant, une dernière vue sur la Rhune : vous comprendrez pourquoi plus tard.

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Les photos étant interdites à l'intérieur, je vais utiliser celles que j'ai trouvées à droite à gauche ou présentes sur le site du château, qui d'ailleurs sont très bonnes. Le château comporte trois parties : la Bibliothèque et l'Observatoire, la Chapelle et enfin l'habitation.

    La première pièce dans laquelle on accède est le Vestibule où l'on peut voir des objets rapportés de ses voyages lointains par Antoine d'Abbadie et des fresques montrant la vie quotidienne en Ethiopie.

    Les peintures sont sombres, à la mode du romantisme, nous explique la guide.

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Trophées et boucliers éthiopiens (photo Revue des Patrimoines)

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Détail des peintures murales

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Le porte-flambeau situé en haut de l'escalier d'honneur a été sculpté et placé ici en hommage à un jeune esclave noir de huit ans, Abdullah, que le scientifique avait reçu en cadeau du Roi d'Ethiopie en l'affranchissant au préalable, et qu'Antoine d'Abbadie avait ramené en France.

    Plus tard, la campagne du pays basque ne lui convenant pas, Abdullah s'engagea dans l'armée de Napoléon III et combattit à Solférino et en Alsace. Malheureusement lors de la Commune en 1871, il tomba sous les balles ennemies...

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

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    Abdullah

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Le vestibule distribue presque toutes les pièces du château même si celui-ci possède deux étages.

    Nous ne ferons qu'admirer cet escalier à vis en partie en trompe-l'oeil : on a l'impression (fausse) qu'il ne se terminera jamais... (Photo hiveminer.com)

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    La Chambre d'Honneur était réservée aux invités.

    Le lit à baldaquin porte l’inscription en vieux français « Doux sommeil, songes dorés, à qui repose céans, joyeux réveil, matinée propice » .

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    La cheminée s’agrémente de carreaux de majolique jaune et bleu turquoise ; sur le fond du carrelage on peut lire le proverbe arabe : « Ne jette point de pierres dans le puits dont tu bois l’eau ».

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Les murs sont recouverts de grands panneaux de toile peinte tendue, garnis de rosaces avec de la calligraphie arabe.

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia 

    La Chambre de Virginie d'Abbadie possède une fenêtre qui donne sur l'océan... Au fond de la pièce, une porte encadrée d'une tenture donne accès au balcon donnant sur la Chapelle.(Photo inventaire.aquitaine.fr)

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Voici le balcon donnant sur la Chapelle

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    A droite de la cheminée, des portraits d'Antoine et Viriginie d'Abbadie.

    Une bien jolie jeune femme...

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    La Chapelle du château (Photo inventaire.aquitaine.fr)

    La nef, constituée en une grande salle rectangulaire, pouvait accueillir les fermiers du domaine d'Abbadia. Les murs rouges, peints en trompe-l'oeil, portent le monogramme S.A. pour Saint Antoine le Grand.

    Antoine et Virginie d'Abbadie reposent dans une crypte sous l'autel.

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Les arcs de la charpente portent un plafond de bois peint.

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Le Salon d'Honneur ou Grand Salon est une grande pièce circulaire située dans la tour sud.

    Lambrissée à mi-hauteur, les murs sont peints en bleu et parsemés des monogrammes dorés A et V en caractères gothiques. La cheminée constitue l’ornement principal de ce salon : réalisée en pierre d’Angoulême, sur un dessin de Duthoit, elle évoque les intérieurs médiévaux.

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia 

    Au centre de la hotte, le blason d’Antoine d’Abbadie avec sa devise « Plus être que paraître » en phylactère mais également un décor reposant sur le thème du pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle (remarquez les coquilles tout autour du blason).

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Sur le manteau de la cheminée, une citation latine est sculptée : « La vie passe comme la fumée. »

    Ce monsieur était décidément un grand sage...

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    D'autres vues du Salon d'Honneur

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Sur la photo précédente on aperçoit l'entrée du Fumoir arabe dont voici une magnifique vue du plafond. Les murs sont recouverts de panneaux de staff imitant les motifs caractéristiques de l'Alhambra ainsi que de carreaux de faïence de style persan. (Photo Revue des Patrimoines)

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia 

    La Salle à Manger des d'Abbadie était prévue pour 18 convives. Ses murs sont recouverts de cuir de bufle.

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Les chaises autour de la grande table portent chacune une lettre éthiopienne.
    L'ensemble, dans l'ordre, permet de lire la devise : "Puisse-t-il autour de cette table ne jamais se trouver de traître". (Photo flikr - Renaud Camus)

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    L'Observatoire d'Antoine d'Abbadie, passionné d'astronomie, se trouve à l'étage.

    C'est la seule pièce très éclairée du château. En 1897, à sa mort, le château est légué à l'Académie des Sciences selon sa volonté. Celle-ci en est encore propriétaire et l'Observatoire fonctionnera jusqu'en 1975 (Photo Tripadvisor).

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Il était animé à l'époque par une équipe de six à huit scientifiques. La lunette méridienne, réalisée par un Allemand, est unique. (Photo Tripadvisor)

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Pas de science sans Bibliothèque : celle-ci se trouve également à l'étage.

    Placée au cœur du château, elle est le symbole de l’esprit éclectique de son propriétaire : les rayonnages sont parcourus par une galerie en châtaignier et des consoles de fer à gros boulons la soutiennent dans un décor qui préfigure l’Art Nouveau.

    Sur les poutres on peut lire des maximes en basque comme : Erhobat askida harricantoinbat puzura egoſteco, sei zuhur beharda haren handik itoiteco « Il suffit d'un fou pour jeter un bloc de pierre dans un puits, il faut six sages pour l'en retirer ».

    Quelle sagesse !

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Elle est composée d’ouvrages scientifiques et littéraires.

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

         Lorsque Antoine d’Abbadie légua son château à l’Académie des Sciences, en 1896, cette bibliothèque dénombrait plus de 10 000  volumes, entre autres plus 960 ouvrages basques et 234 superbes manuscrits bibliques et littéraires, écrits en Guèze, langue liturgique éthiopienne, en consignation à la Bibliothèque Nationale, où ils constituent la plus grande partie du fonds éthiopien.

         Dans la partie inférieure sont classés des publications astronomiques qui témoignent, avec les machines à calculer sur la table, de l’activité de l’ancien observatoire.

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia 

    Vous souvenez-vous des trous dans les murs du château et de cette photo montrant la Rhune vue depuis le porche d'entrée du château ?

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Ce sont les traces d’une des expériences conduites par Antoine d’Abbadie dans son château-observatoire. Cette expérience, destinée à étudier le phénomène de la réfraction atmosphérique de la lumière, fut conçue avant même la construction du château. Antoine d’Abbadie souhaitait en effet se pourvoir d’une lunette de grande longueur qui lui permettrait ainsi de mesurer des variations angulaires très faibles. Il décida alors d’utiliser la structure même de son château comme support d’une lunette destinée à être fixement dirigée vers le sommet de La Rhune.

    Cette expérience ayant échoué, il fit graver autour du dernier trou, sous le porche, ces quelques mots en basque « Ez ikusi, Ez ikasi » (« Je n’ai rien vu, je n’ai rien appris »).

    Vacances à Biarritz : Visite du Château d'Abbadia

    Une visite vraiment très intéressante


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  • Ce matin, il fait soleil à Biarritz...

    Vacances à Biarritz : Une journée à Saint-Sebastien

    Nous partons tous les quatre en compagnie de Josette et Milou pour la découverte de Saint-Sébastien qui est toute proche de la frontière.

    Une journée à San Sebastian

    Le parking de la Fnac nous permet de nous garer facilement tout près de la "Cathédrale du Bon Pasteur" donnant sur la place du même nom.

    Une journée à San Sebastian 

    Un petit coup d'oeil à l'église de style néo-gothique qui, visiblement, n'est pas très ancienne. Renseignements pris, elle a été construite entre 1889 et 1897 selon les plans de l'architecte Manuel de Echave, originaire de Saint-Sébastien.

    Une journée à San Sebastian

    L'intérieur est plutôt sombre, surtout que le plafond nuageux est un peu bas...

    Une journée à San Sebastian

    Si le choeur est très sobre, le transept est orné de beaux retables en bois doré.

    Une journée à San Sebastian

    Retable du Sacré-Coeur de Jésus

    Une journée à San Sebastian

    Retable de l'Immaculée conception

    Une journée à San Sebastian

    Une curieuse représentation de l'enfer

    Une journée à San Sebastian

    Nous poursuivons notre promenade en empruntant la Calle Loiola où je remarque quelques belles architectures comme celle de cet immeuble abritant la marque espagnole bien connue en France "Desigual".

    Une journée à San Sebastian

    La marque "Zara" est aussi présente, dans un tout autre style...

    Une journée à San Sebastian

    Josette nous fait remarquer ce magasin où les vêtements pour enfants sont très différents de ceux qu'on peut voir chez nous...

    Une journée à San Sebastian

    Jolie architecture

    Une journée à San Sebastian

    Cette lanterne me fait penser...

    Une journée à San Sebastian 

    à celle de l'immeuble "Félix Potin" (Art Nouveau) faisant face à la Fnac de la rue de Rennes à Paris, justement occupé par Zara depuis peu.

    Une journée à San Sebastian

    Cet autre immeuble à bow-windows dans la même rue a de l'allure aussi.

    Une journée à San Sebastian

    Nous voici maintenant arrivés au front de mer. Au loin, le fameux Christ de la Mota (que l'on compare parfois au Christ Rédempteur de Rio de Janeiro...), domine la baie.

    Une journée à San Sebastian

    Une journée à San Sebastian

    Encore un immeuble intéressant : il serait Art Nouveau que cela ne m'étonnerait pas.

    Une journée à San Sebastian

    Vue sur l'Hôtel de ville depuis le Parc d'Alderdi Eder : les tamaris symbolisent la ville.

    Vacances à Biarritz : Une journée à Saint-Sebastien

    Une journée à San Sebastian

    Une journée à San Sebastian 

    La Playa de la Concha vue depuis les jardins d'Alderdi Eder

    Une journée à San Sebastian

    Une journée à San Sebastian

    Waooouuuhhh...

    Une journée à San Sebastian

    Sympa Josette d'avoir demandé à une passante de nous prendre tous en photo !

    Une journée à San Sebastian

    Une journée à San Sebastian 

    L'Hôtel de ville de Saint Sebastien date de 1897. Il était autrefois siège du Grand Casino : les hommes politiques, écrivains et artistes de la Belle Epoque se divertissaient avec ses roulettes et dans sa salle de bal... 

    Une journée à San Sebastian

    Une journée à San Sebastian

    Cette plaque aposée le long d'un de ses murs rappelle que le Tour de France est parti de Saint-Sébastien en 1992. C'est Miguel Indurain, un espagnol qui le remporta...

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    Chemin faisant, nous voici arrivés à la Calle Mayor (entendez "rue principale" de l'ancienne ville).

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    Toujours le nez en l'air..., je remarque au passage la façade du Théâtre Principal. Il a été inauguré en 1843. Après sa démolition en 1930, le bâtiment actuel a été construit avec une claire inspiration classiciste.

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    Mais ce qui attire surtout mon regard, c'est cette église se profilant au bout de la rue dans un cadre de verdure : il s'agit de la Basilique Sainte-Marie du Chœur, une église baroque du XVIIIème siècle (1764 plus exactement). Sa construction a duré 21 ans...

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    On aperçoit la statue de Saint-Sébastien sous l'horloge.

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    Le portail est tout à fait baroque : c'est par cette porte latérale que l'on entre dans l'église.

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    Au centre de la niche, la Vierge del Coro, patronne de la ville.

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    L'intérieur de l'église est payant... mais j'ai pu faire quelques photos à la volée grâce à la complicité de Josette !

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    Juste le temps d'apercevoir les croisées d'ogives sublimes du choeur...

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    et ce joli retable en bois doré.

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     Sur le côté de l'église, une curieuse sculpture moderne...

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    La Cathédrale du Bon Pasteur vue depuis le portail de Santa Maria del Coro : les deux églises sont parfaitement alignées.

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    Nous nous acheminons maintenant vers la Place de la Constitution qui se montre accueillante avec ses terrasses de café et à l'écart de la foule.

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    Au rez-de-chaussée des arcades permettent au passant de s'abriter en cas d'intempéries...

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    Josette nous fait remarquer que chacun des 135 balcons est numéroté : la Mairie était autrefois propriétaire des balcons et les louait au public, comme tribunes, en période de corridas. Ces numéros sont le souvenir de ces fêtes taurines.

    Par ailleurs, cette place reste la place principale de toute la ville, où siègent toutes les festivités et célébrations, comme par exemple, la levée du drapeau, le 20 Janvier (la Saint-Sébastien, patron de la ville) ou encore la fête de Saint Thomas où sont disposés plusieurs stands de Chistorra (charcuterie espagnole) dans divers points stratégiques de la ville.

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    Suite à l'incendie et au pillage de la ville par les troupes anglo-portuguaises en 1813, la place fut reconstruite dans le style néo-classique. L'ancien Hôtel de Ville clôt l'un de ses quatre côtés.

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    Nous avons choisi cette terrasse de café pour déguster nos "tapas" (pinchos en basque espagnol). Il y en a pour tous les goûts, au saumon fumé, à la charcuterie, au fromage et même aux œufs mollets !

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    Retour vers le parking de la Fnac

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    Décidément, la Basilique Santa Maria del Coro se profile à chaque angle de rue...

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    Nous la voyons ici sous un autre angle que tout à l'heure.

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    Saint-Sébastien possède pas mal de bâtiments Art-Nouveau : ce kiosque à musique en fait partie. Son architecte, Ricardo Magdalena l'a construit en 1906.

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    Et cet immeuble, avec ses céramiques, de quel style est-il... ? Les cornes d'abondance qui décorent le balcon du premier étage laissent à penser qu'il est plutôt Art-Déco.

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    Il faudra qu'on revienne à Saint-Sébastien une autre fois pour en découvrir d'autres secrets...

    J'ai beaucoup aimé cette première découverte de la ville.


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  • Cet après-midi nous sommes allés visiter la maison d'Edmond Rostand à Cambo-les-bains (25 kms au sud-est de Biarritz, sur la route d'Espelette). C'est Josette qui nous l'a conseillé car, outre la maison, il y a un très beau jardin et la journée s'annonce ensoleillée.

    La commune fête cette année les 100 ans du décès de l'écrivain.

    Le premier bâtiment rencontré est "la ferme" : à l'intérieur, le visiteur fait connaissance avec l'écrivain et son oeuvre au travers d'une exposition.

    Villa Arnaga, c'est le nom qu'Edmond Rostand donnera à la maison qu'il va faire construire ici : ce nom  vient de celui de la rivière qui coule à Cambo - Arraga - dont l'écrivain a juste changé une lettre pour en rendre la sonorité plus douce. En langue basque, Arraga signifie "lieu de pierre".

    Edmond Rostand était venu à Cambo-les-bains à l'automne 1900 pour soigner une pleurésie. Il y revient en janvier 1902 pour s'y établir définitivement. Après des semaines de recherches, il a enfin trouvé l'endroit rêvé : le futur domaine d'Arnaga se situe sur un éperon à la confluence de la Nive et d'un petit ruisseau. 

     Au directeur du Gil Blas, Pierre Mortier, qui lui demandait ce qu'il faisait dans ces montagnes alors que l'Académie française l'attendait, Rostand répondit par la lettre suivante, qui est en outre un sonnet de la plus belle eau.

    Ce que je fais

    "Ce que je fais, Monsieur ? Des courses dans les bois,
    A travers des ronciers qui me griffent les manches ;
    Le tour de mon jardin sous les arceaux de branches,
    Le tour de ma maison sur un balcon de bois.

    Lorsque les piments verts m'ont donné soif, je bois
    De l'eau fraîche, en prenant la cruche par les hanches ;
    J'écoute, lorsque l'heure éteint les routes blanches,
    Le soir plein d'Angélus, de grelots et d'abois.

    Ce que je fais ? Je fais quelquefois une lieue
    Pour aller voir plus loin si la Nive est plus bleue ;
    Je reviens par la berge ? Et c'est tout s'il fait beau.

    S'il pleut ? Je tambourine à mes vitres des charges ;
    Je lis, en crayonnant des choses dans les marges ;
    Je rêve, ou je travaille."

    Après le succès de Cyrano de Bergerac et de l'Aiglon, Edmond Rostand écrit Chantecler, une très belle fable poétique, lyrique et allégorique où par le truchement des animaux, tous les défauts humains sont raillés : la vanité, l’ambition, la jalousie, le cynisme, la prétention…

    Dans le rôles principal, un très grand acteur de l'époque : Lucien Guitry.

    Malgré certaines critiques haineuses (la forme de "Chantecler" déconcerte, notamment la presse nationaliste) ou dubitatives, le public se presse nombreux. La pièce part ensuite en tournée dans toute la France et à l’étranger.

    Avouez que ce n'est pas banal comme costumes de scène !

    Bien sûr, à Arnaga il y a un poulailler !

    Le succès de "Cyrano de Bergerac" fût tel qu'il y eut des heures d'applaudissements. La pièce apporta la fortune à son auteur grâce à quoi il put se permettre de réaliser son rêve : se faire construire un villa en pays basque entourée d'un immense jardin : l'architecte en sera Joseph-Albert Tournaire.

    Passée la ferme et le poulailler, la visite se poursuit par celle du Jardin à la française au bout duquel se trouve la maison de l'écrivain. Sa femme, Rosemonde Gérard, elle même poétesse, a écrit de son mari :

    "c'est dans ce jardin dont il connaissait chaque sentier, chaque brin d'herbe et chaque féérie, qu'il avait établi le monde de ses pensées, de ses projets et de ses espérances." 

    A l'entrée, une grande pergola, composée de deux pavillons reliés ensemble par une colonnade, clôture l'espace du jardin à la française.

    La perspective sur la maison est splendide : c'est Edmond Rostand lui-même qui a dessiné dans les moindres détails tous les plans du jardin et de la maison.

    Eloignons-nous un peu de la pergola...

    En arrivant aux abords de la villa se trouve, face à l'orangerie, un grand portique mettant en valeur les bustes de trois grands écrivains qu'Edmond Rostand admirait tout particulièrement : Shakespeare, Victor Hugo et Cervantès.

    On aperçoit derrière les bustes la forêt que l'écrivain a fait planter avec des arbres déjà âgés de 30 ans de façon à en profiter tout de suite.

    Shakespeare

    Victor Hugo

    Cervantès

    De jolis hibiscus blancs décorent le portique et...  André m'a fait remarquer que de petits lézards s'y promenaient.

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Nous arrivons finalement en vue de la maison qu'Edmond Rostand a habitée entre 1906 et 1918, date de sa mort. Il est décédé - tout comme ma grand-mère - de la grippe espagnole qui sévissait à cette date. La construction d'Arnaga (villa et jardins) n'aura pris que 3 ans aux architectes que l'écrivain a engagés.

    Remarquez que la maison se reflète dans la pièce d'eau...

    Notre visite sera guidée pour ce qui concerne le rez-de-chaussée et libre à l'étage.

    Comme je l'ai déjà signalé, c'est Edmond Rostand lui-même qui a dessiné tous les plans de la maison et du jardin, avec l'aide d'un architecte.

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Il s'agit d'une maison de style néo-basque, à toiture asymétrique, possédant des décorations "rouge basque" et quelques ouvertures en demi-cercles permettant à la lumière de rentrer.

    Originellement, on employait du sang de bœuf pour enduire les pièces de bois car il était réputé avoir des vertus protectrices contre les insectes et le pourrissement. Les Basques ont conservé cette couleur qui s'harmonise si bien avec le bleu du ciel et le vert de la végétation luxuriante du Pays basque.

    Le poète vit ici une vie loin des mondanités parisiennes, avec sa femme, la poétesse Rosemonde Gérard, et leurs deux fils, Maurice et Jean qui deviendront, l'un romancier et auteur dramatique, et l'autre le célèbre biologiste (l'homme des grenouilles) qui devint membre de l'Académie française.

     

     

    Voici l'une des ouvertures circulaires éclairant le grand hall : il s'agit d'un vitrail. 

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    A l'entrée de la villa, un panneau généalogique rassemble les différents membres de la famille. 

    La première pièce qui se présente à nous est très vaste : il s'agit du hall.

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    La frise située en haut des murs est l'oeuvre de Gaston Latouche : elle illustre un poème de Victor Hugo intitulé "La fête chez Thérèse" : on sait qu'Edmond Rostand était un grand admirateur du poète.

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Un détail ici : au dessus du singe on aperçoit Cyrano de Bergerac !

    Merci le guide

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

     Le vitrail du hall vu de l'intérieur

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Attenante au grand hall se trouve la Bibliothèque. La pièce est consacrée à l'évocation des acteurs qui ont joué Cyrano.

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Deux toiles d’Hélène Dufau représentant des Baigneuses et L’Automne complètent l’allégorie de la nature, sculptée en bas-relief au linteau de la cheminée par Verlet.

    L'Automne

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Le César que Gérard Depardieu a reçu se trouve dans une vitrine : l'acteur en a fait don à la Villa.

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    De l'autre côté du grand hall, la Salle à manger des Rostand où a été mise en scène une évocation de Chantecler avec Edmond Rostand en costume d'Académicien présidant le dîner.

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Un grand portrait en pied de Rosemonde Gérard par Henri Caro-Delvaille (1904-1906) trône face à l'entrée.

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Il y a aussi à cet étage le Bureau Empire, richement ornementé : lambris de merisier incrusté de bronze, plancher marqueté, mobilier “aux cygnes”. Dissimulée dans la paroi-bibliothèque, une porte (à pousser) permet de communiquer avec l’Office.

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    L'Office : cette pièce tenait lieu d’office entre les cuisines au sous-sol et la salle-à-manger

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    En limite du plafond une frise en céramique représente les animaux de la basse-cour dont le thème a inspiré Chantecler.

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Le vaisselier présente de très belles assiettes toujours aux motifs du poulailler.

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    L'Office comporte aussi un monte-plats et un tableau d’appel des sonneries de service : signe de la grand modernité de la famille Rostand pour l'époque.

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Enfin, au rez-de-chaussée, un Salon chinois dont le plafond est en forme de coupole.

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Au-dessus de la cheminée un médaillon : il s'agit d'une laque de Coromandel.

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    On monte à l'étage en empruntant le Grand escalier à côté duquel se trouve la boutique.

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

     Dans l'escalier, trois médaillons d'Hélène Dufau que je trouve très beaux.

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Jeune femme au paon

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    Jeune femme aux flamands roses

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    La visite de l'étage étant libre, je commence par la Salle d'hydrothérapie : il s'agit d'une salle de bain aménagée en sauna. Le sol incurvé était recouvert d’une feuillure de plomb permettant lu diffusion de vapeur à travers un plancher à claire-voie.

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Encore un signe d'aisance des propriétaires...

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

     Non loin de là, la petite chambre d'Edmond Rostand : c'est une petite pièce où l’écrivain aimait s’isoler pour travailler et dormir. On y trouve une vocation des origines de la famille et des dessins réalisés par le poète lorsqu’il était au collège.

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Une très grande baie vitrée donne accès à une vue générale sur le jardin à la française.

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Le palier des invités : un espace original

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    On y trouve différents souvenirs qu'ils ont laissés comme ce carnet écrit par Paul Faure, l'écrivain, un grand ami d'Edmond Rostand.

    "J'aperçus Rostand de loin. Il était droit, la moustache au vent, quelque chose de décidé dans sa façon de faire tournoyer sa canne, dans toute son allure. De ce matin-là date le bonheur que j'eus de devenir son ami. Mille choses contribuèrent à former l'affection que Rostand me témoigna, celle que je lui donnai. Sa gentillesse, sa bonté, dont je fus frappé dès les premier instants, me firent l'aimer. Intuitif, il comprit très vite la profondeur de mon attachement et de mon admiration."

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    ou encore ce buste de l'écrivain

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    et même un coq en bois sculpté, réalisé par Hélène Uthurry de l'Ecole Boule, très à mon goût.

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    La Chambre des invités possède un balcon qui donne sur le Jardin anglais à l'arrière de la maison. Le portrait au dessus du lit est celui de Joseph-Albert Tournaire, l'architecte de la Villa.

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Nous voici maintenant dans le Boudoir de Rosemonde possédant un décor inspiré de l'Art Nouveau.

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Au dessus de la cheminée une pendule qui comprend 14 heures, oeuvre de Henri Vian

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Elle illustre l'expression "Chercher midi à quatorze heures". Jean Rostand expliquait aussi que cela permettait d'éconduire les piques assiettes qui voulaient s'incruster pour le déjeuner. Il n'était plus midi...

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Le Salon bleu est inspiré de l'antiquité : une fonction de fumoir lui est attribuée.

    A noter le superbe parquet composé de trois essences de bois (érable, acajou et chêne clair) qui recouvre le sol des trois salles communicantes. 

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Près de la fenêtre, un coq...

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Cette pièce est la Chambre officielle de l'écrivain. Comme vous le savez déjà, il lui préférait la petite chambre vue précédemment.

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    On peut y voir sa machine à écrire.

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Voici la Chambre de sa femme, Rosemonde, dont le lit est surmonté d'un portrait en pied de la poétesse par Henri Caro-Delvaille.

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    et sa garde-robe attenante, toute en toile de Jouy (avec un motif inspiré des chinoiseries du XVIIIème siècle)

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    avec vue sur le Jardin à la française et les montagnes basques à l'horizon

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Waouuuuhhhh !

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    La chambre des enfants (Photo Betty Barlet-Bas)

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    A l'origine, cette pièce servait de chambre aux deux enfants, Maurice et Jean, avant que l'aîné ne s'installe au deuxième étage. Le décor est d'inspiration Directoire.

    C'est sur ce bureau que les enfants ont fait leurs études à la maison : leurs parents, ne voulant pas qu'ils soient internes, faisaient venir les enseignants à la Villa.

    La collection de papillons de Jean Rostand y a été reconstituée.

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Le Studio des enfants se trouve au rez-de-chaussée.

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    C'est Georges Delaw (peintre montmartrois réputé pour son univers enchanté et ses caricatures) qui a exécuté les fresques illustrant les chansons traditionnelles françaises comme "Le pont d'Avignon", "Meunier tu dors", "Bon voyage Monsieur Dumollet"...

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Nous ressortons de la maison les yeux écarquillés par tant de richesses et d'originalité.

    Evidemment, tout ceci demandait beaucoup d'argent mais Edmond Rostand et sa femme pouvaient se le permettre apparemment.

    Au sortir de la maison, un petit tour dans le Jardin anglais situé derrière la Villa.

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Les azalées commencent leur floraison.

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains 

    Ici, un hydrangéa

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains 

    Curieuses et élégantes dalles de pierre

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

     Retour vers le Jardin à la française

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

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    Trop beau !

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    Un dernier regard sur la pergola...

    Visite de la Villa Arnaga à Cambo-les-bains

    La villa Arnaga a été élue au 6ème rang des "monuments préférés des français 2014".

    Merci Josette pour cette bonne idée de visite !


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