• Ma soeur est une petite chanceuse : elle bénéficie encore aujourd'hui de places gratuites au théâtre 13 pour y avoir emmené plusieurs fois ses élèves... Du coup, nous y allons ensemble de temps à autres.

    Ce soir, c'était pour aller voir une pièce d'Alexis Michalik intitulée Intra-muros.

    Nous avons été emballées par ce spectacle qui met en scène deux détenus d'une centrale qui viennent assister à un atelier-théâtre proposé par un metteur en scène sur le déclin et une assistante sociale qui a une bonne raison - la pièce nous le dévoilera - de l'avoir organisé.

    Intra-muros d'Alexis Michalik au Théâtre 13 jardin

    Ce spectacle, inspiré d'une réelle rencontre entre l'auteur et des prisonniers, a été conçu autour de réponses imaginées à des questions qu'il n'a pas eu le temps de leur poser.

    Richard, le metteur en scène, briefe les deux détenus : à droite Kevin qui s'est inscrit à l'atelier et à gauche Ange qui s'est inscrit par amitié pour son ami mais qui n'en a rien à cirer...). A gauche, l'assistante sociale et à droite la partenaire de Richard - et aussi son ex-femme)

    Intra-muros au Théâtre 13 Jardin

    Le décor est minimaliste : un lit en fer pour symboliser la cellule, des chaises pour l'atelier-théâtre et des portants qui permettent aux acteurs de se changer pour interpréter les différents rôles (et ils sont nombreux).

    Un musicien, dans un coin de la scène, gère le son et accompagne les échanges des protagonistes avec divers instruments.

    Kevin, il a la rage au ventre ! Il le dit et le montre avec beaucoup de talent.

    Intra-muros au Théâtre 13 Jardin

    Le spectacle mêle habilement des scènes de la vie des détenus (à l'aide de flash-backs) avec celles de l'atelier-théâtre si bien que parfois on ne sait plus trop si on est dans le théâtre ou dans la vie...

    La pièce se joue jusqu'au 16 avril : franchement, elle est excellente et vaut largement les 14 euros demandés (pour les seniors). Plein pot, c'est seulement 18 euros.

    En plus, on est bien assis dans cette nouvelle salle.

    Que demande le peuple !


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  • Après deux ans de travaux, le Théâtre 13 Jardin situé à deux pas de chez nous a rouvert ses portes ce week-end. Il faisait même "Portes Ouvertes" tout le week-end en offrant aux spectateurs la gratuité des spectacles.

    Je suis donc allée y jeter un œil cet après-midi.

    Inauguration du Théâtre 13 Jardin

    Ici, ce sera la buanderie m'a-t'on dit : l'espace est occupé aujourd'hui par les costumes d'un ancien spectacle "Le mandat" de Nicolaï Ermann donné en 2007.

    Inauguration du Théâtre 13 Jardin

    Cette future loge est occupée, elle, par les costumes d'une pièce jouée en 2005 :  "Le collier de perles du Gouverneur Li Qing".

    Inauguration du Théâtre 13 Jardin

    Mais ce soir c'est à un vrai spectacle que j'ai assisté dans la toute nouvelle salle du théâtre relookée au goût du jour (un peu tristounette pour le mien propre : j'aurais bien vu des fauteuils rouges...).

    Inauguration du Théâtre 13 Jardin

    Elle s'intitule : "Bébé barbu" ou" Les nouvelles aventures de Jean-Claude Barbès" (Naissance, éducation et avènement d'un Gargantua des temps modernes), une création de la Compagnie du "Grand Colossal Théâtre".

    A mourir de rire !

    Un rôle très physique pour l'actrice, Aline Vaudan, qui doit simuler un accouchement difficile (celui d'un bébé de 107 kilos !). On se reconnait ensuite parfaitement dans le rôle des parents (ou des grand-parents...) de cet enfant Roi qui nécessite qu'on s'occupe de lui à longueur de journée ne laissant aucune place aux parents pour une vie un peu plus personnelle...

    La scène des

    "Il est où Toto ?"

    "Il est là !".

    "Coucou !"

    qui se répète inlassablement est indescriptible de drôlerie.

    Inauguration du Théâtre 13 Jardin

    Bravo à ces acteurs qui nous ont fait passer un excellent moment et merci au Théâtre 13.

    Ca va comme ça les yeux Marie-Claire ?


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  • Le Studio Raspail accueillait en ce week-end de fin février la troupe du Groupe Lyrique pour deux spectacles musicaux : Le Pauvre Matelot, complainte lyrique de Darius Milhaud sur un livret de Jean Cocteau et Le Medium, Opéra de Gian Carlo Menotti sur un livret de sa création.

    J'avais convié mon amie Marie-France à m'y accompagner et nous avons toutes les deux passé un excellent après-midi.

    Le Pauvre Matelot a été créé en 1926.

    Cocteau s'est inspiré d'un fait divers sanglant de l'époque. Une femme tient un bar de marin en décrépitude sans aucune nouvelle de son mari, un matelot parti quinze ans plus tôt pour faire fortune. L'époux revient un jour, riche et changé. Il apprend avec joie que sa femme lui est restée fidèle mais, pour regarder son bonheur "du dehors", décide de se faire passer pour quelqu'un d'autre. Il raconte à sa femme qui ne le reconnaît pas qu'il est un ami de son mari pauvre et criblé de dettes.

    La réaction de la femme ne se fait pas attendre...

    Le Groupe Lyrique au Studio Raspail

    Le Medium a été créé en 1946.

    Madame Flora (Baba) vit avec sa fille Monica et un jeune muet, Toby, qu’elle a tiré de la sauvagerie des rues de Budapest. Pour pourvoir aux besoins du foyer, Madame Flora vend ses talents de médium : elle entre dans de fausses transes devant des clients qui ont l'impression d'entrer en contact avec leurs défunts, alors qu’ils ne s'agit que d'effets spéciaux produits par Monica et Toby. L’intrigue se noue à la fin d’une séance, lorsque Madame Flora sent des mains glacées encercler son cou...

    Le Groupe Lyrique au Studio Raspail

     Un très beau spectacle, avec de très belles voix et une mise en scène originale. J'ai particulièrement aimé le rôle du jeune-homme muet qui est interprété avec beaucoup de grâce par le danseur Gael Rougegrez.

     Participation au chapeau... On y retournera !


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  • J'ai vu hier soir une pièce très forte au Théâtre 13 Seine : Andorra de l'écrivain suisse alémanique Max Frisch. La pièce, écrite en 1965 donc vingt ans après la deuxième guerre, est parait-il très connue en Allemagne et peu en France.

    Dans un petit pays comme bien d'autres, un jeune homme sans histoire meurt au nom d'une identité qui n'est pas la sienne (il est donné comme étant juif). Comment cela a t-il pu se produire ? Débute alors une enquête / reconstitution autour de cette mise à mort, à la découverte de ce pays et de ses habitants.

    Les acteurs sont tous excellents (j'ai particulièrement aimé la prestation de Stéphanie Labbé dans le rôle de l'aubergiste) et la mise en scène de Fabian Chappuis vraiment originale.

    Globalement, j'ai aimé mais j'y ai trouvé des longueurs, en tout cas une lourdeur certaine : quel dommage que le texte de la pièce n'aie pas la même force que les vidéos qui sont projetées à intervalle régulier sur les panneaux qui servent de décor à la pièce (pour rendre compte du procès qui a suivi l'assassinat du jeune homme). 

     **********

    Voici la critique du suisse Florent Cosandey (5 août 2006) : elle est un très bon reflet de la pièce.

    Dans Andorra, l’écrivain suisse alémanique Max Frisch met en lumière les mécanismes sournois de l’antisémitisme, ainsi que la lâcheté et les compromissions de ceux qui l’attisent et le propagent. Cette pièce de théâtre en douze tableaux décortique notamment de façon crue le besoin qu’éprouvent les «petites gens» de désigner des boucs émissaires, lesquels deviennent des victimes expiatoires en des temps agités.  

    Andorra est un petit pays imaginaire qui attend avec angoisse l’invasion des Casaques Noires, les redoutables soldats de la dictature voisine. Jusqu’ici, il s’agissait d’un îlot de tranquillité, autoproclamé pur et «vierge de toute culpabilité» par ses habitants. Les façades de leurs maisons ne sont-elles pas blanches comme neige? Ne tolèrent-ils pas chez eux la présence d’un Juif, preuve qu’ils ne sont pas comme les «barbares» d’à côté? Ce Juif, c’est Andri, un jeune homme que le maître d’école aurait, selon la version officielle, courageusement enlevé des griffes du pays des Casaques Noires. Quel acte magnifique, se gargarise la population d’Andorra ! Enfin, jusqu’au moment où la menace d’invasion se précise… Là, la populace se dit qu’il vaudrait peut-être mieux se débarrasser de cet encombrant réfugié, pour ménager la susceptibilité des nations voisines, qui exècrent le peuple juif.

    Seul le père adoptif d’Andri sent que le venin de l’antisémitisme s’insinue doucement mais inexorablement au sein de la population ; le menuisier ne veut pas d’Andri comme apprenti, le soldat lui cherche continuellement noise, le médecin rechigne à le soigner, l’aubergiste à le servir. Un gibet est dressé au milieu de la place. La population ferme les yeux. Le drame paraît désormais inéluctable.

    L’affaire se corse le jour où le maître d’école dévoile la terrible vérité: Andri n’est pas juif mais le fruit d’une relation extraconjugale qu’il eut jadis avec une femme du pays des Casaques Noires. L’enseignant, n’ayant pas eu le courage d’assumer sa liaison impure, inventa de toute pièce la belle histoire du Juif sauvé d’une mort certaine. Or, il est malheureusement trop tard pour arrêter les loups. Andri, à force de subir la vindicte populaire, a totalement intériorisé les caractéristiques indûment prêtées au peuple juif. Il endosse fermement une identité qui n’est en fait pas la sienne et cette «sur appropriation» lui sera fatale le jour où sa terre d’adoption est envahie par les troupes ennemies. Dignement, il décide alors de se livrer à la soldatesque noire, écoeuré par l’attitude hostile de ceux qui désignaient Andorra comme un haut lieu de paix, de liberté et des Droits de l’Homme.

    La force de cette pièce, c’est également de montrer l’absence de mauvaise conscience des Andorriens une fois le sang versé : appelés à la barre d’un procès les uns après les autres, les témoins et les protagonistes du crime relèvent méthodiquement et unanimement la responsabilité de la victime quant à son tragique sort. «Ce n’est pas de ma faute si les choses ont tourné de cette façon», clame l’aubergiste, «Je ne suis pas pour les massacres. Moi aussi j’ai sauvé des juifs, bien que je ne puisse pas les sentir. Et qu’est-ce qu’on a comme récompense? Rien ne les changera jamais.», renchérit le docteur. Le plus franc est finalement le grossier et brutal soldat: «Je reconnais: je ne pouvais pas le sentir. Est-ce que je pouvais savoir que c’en était pas un, tout le monde a toujours dit que c’en était un, et puis d’ailleurs, je continue à croire que c’en était un tout de même. Depuis le début je n’ai jamais pu le sentir, mais c’est pas moi qui l’ai tué. J’ai simplement fait mon service. La consigne, c’est la consigne. Où est-ce qu’on irait, si les ordres n’étaient pas exécutés? Moi, j’étais militaire.»

    Si Andorra constitue une démonstration implacable des mécanismes de l’exclusion et du racisme, il n’en demeure pas moins un formidable appel à la résistance et au refus de l’obéissance aveugle.

    **********

    Prochaine sortie théâtre demain, en principe plus "légère"... 


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  •  Une sortie au Théâtre 13 ce soir pour aller applaudir (avec enthousiasme) les acteurs de la "Compagnie des Moutons Noirs" dans une pièce de Victor Hugo qu'ils ont revisitée pour la rendre plus accessible à tous :

    Ruy Blas

    Ruy Blas ou la folie des moutons noirs

    et c'est une réussite !

    L'argument

    Don Salluste de Bazan, ministre du Roi d'Espagne exilé à la demande de la Reine (pour avoir fait un enfant à l'une de ses suivantes...) imagine un plan machiavélique pour se venger de celle-ci : il charge son valet, Ruy Blas (secrètement amoureux de la Reine) de se faire passer pour son neveu César qui rentre des Amériques. Ce dernier ne tarde pas à devenir le favori de la Reine et du Roi par conséquent...

    Intrigues, pouvoir, vengeance, amour impossible : tous les éléments du drame romantique sont présents.

    ◄►◄►◄►◄►

    Comment ne pas penser à l'excellente version de la pièce imaginée 40 ans plus tôt par Gérard Oury "La folie des grandeurs" ... ? La compagnie des moutons noirs a d'ailleurs intitulé la pièce "Ruy Blas ou la Folie des Moutons Noirs"...

    ◄►◄►◄►◄►

    J'ai adoré le jeu des acteurs (5 comédiens et 3 musiciens-chanteurs) et leur implication dans la mise en scène absolument désopilante d'Axel Drhey.

    Don Salluste est admirablement joué par Mathieu Alexandre. Celui-ci déborde d'énergie. Il est même allé jusqu'à escalader comme un diable les bancs du théâtre pour arriver jusqu'à... MOI ! en me disant "c'est vous que je viens voir !"

    J'ai été si surprise que je n'ai pas eu la répartie de répondre que j'en étais ravie !

    Le voici au début de la pièce avant sa déchéance, muni de la fameuse distinction de la toison d'or, ordre de chevalerie le plus élevé d'Espagne.

    Ruy Blas ou la folie des moutons noirs

    Ruy Blas alias César, c'est Julien Jacob, ici avec Roland Bruit qui joue le rôle du Roi (et du muet) avec beaucoup de cocasserie.

    Il s'agit ici de la scène de la collecte des impôts revue et corrigée par Ruy Blas où  celui-ci explique au Roi comment avoir des chaussures qui reluisent...

    Ruy Blas ou la folie des moutons noirs

    La Reine dans sa robe à crinoline enfilée sur un justaucorps (ce qui permet les changements de rôle rapides) : les acteurs ne sont que 5 pour faire tous les rôles...

    C'est Paola Secret qui tient le rôle,ici avec Julien Jacob.

    Ruy Blas ou la folie des moutons noirs

    Bertrand Saunier, lui, est Don César.

    Ici, au centre

    Ruy Blas ou la folie des moutons noirs

    Au bagne, aux Indes...

    Ruy Blas ou la folie des moutons noirs

    Quant aux ministres du Roi, ils sont habilement joués par les acteurs à l'aide de masques.

    Une petite vidéo en prime

    Je pense que la troupe a dû beaucoup s'amuser à répéter la pièce...

    En tout cas, moi j'ai été ravie par cette soirée théâtre.

    A l'issue du spectacle, un spectateur (ou un comparse peut-être ?) a bêlé au lieu d'applaudir. Mathieu Alexandre en a profité pour demander à la salle de faire de même afin qu'une photo soit prise (sans doute pour leur Press Book) !


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