• Le Studio Raspail accueillait en ce week-end de fin février la troupe du Groupe Lyrique pour deux spectacles musicaux : Le Pauvre Matelot, complainte lyrique de Darius Milhaud sur un livret de Jean Cocteau et Le Medium, Opéra de Gian Carlo Menotti sur un livret de sa création.

    J'avais convié mon amie Marie-France à m'y accompagner et nous avons toutes les deux passé un excellent après-midi.

    Le Pauvre Matelot a été créé en 1926.

    Cocteau s'est inspiré d'un fait divers sanglant de l'époque. Une femme tient un bar de marin en décrépitude sans aucune nouvelle de son mari, un matelot parti quinze ans plus tôt pour faire fortune. L'époux revient un jour, riche et changé. Il apprend avec joie que sa femme lui est restée fidèle mais, pour regarder son bonheur "du dehors", décide de se faire passer pour quelqu'un d'autre. Il raconte à sa femme qui ne le reconnaît pas qu'il est un ami de son mari pauvre et criblé de dettes.

    La réaction de la femme ne se fait pas attendre...

    Le Groupe Lyrique au Studio Raspail

    Le Medium a été créé en 1946.

    Madame Flora (Baba) vit avec sa fille Monica et un jeune muet, Toby, qu’elle a tiré de la sauvagerie des rues de Budapest. Pour pourvoir aux besoins du foyer, Madame Flora vend ses talents de médium : elle entre dans de fausses transes devant des clients qui ont l'impression d'entrer en contact avec leurs défunts, alors qu’ils ne s'agit que d'effets spéciaux produits par Monica et Toby. L’intrigue se noue à la fin d’une séance, lorsque Madame Flora sent des mains glacées encercler son cou...

    Le Groupe Lyrique au Studio Raspail

     Un très beau spectacle, avec de très belles voix et une mise en scène originale. J'ai particulièrement aimé le rôle du jeune-homme muet qui est interprété avec beaucoup de grâce par le danseur Gael Rougegrez.

     Participation au chapeau... On y retournera !


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  • J'ai vu hier soir une pièce très forte au Théâtre 13 Seine : Andorra de l'écrivain suisse alémanique Max Frisch. La pièce, écrite en 1965 donc vingt ans après la deuxième guerre, est parait-il très connue en Allemagne et peu en France.

    Dans un petit pays comme bien d'autres, un jeune homme sans histoire meurt au nom d'une identité qui n'est pas la sienne (il est donné comme étant juif). Comment cela a t-il pu se produire ? Débute alors une enquête / reconstitution autour de cette mise à mort, à la découverte de ce pays et de ses habitants.

    Les acteurs sont tous excellents (j'ai particulièrement aimé la prestation de Stéphanie Labbé dans le rôle de l'aubergiste) et la mise en scène de Fabian Chappuis vraiment originale.

    Globalement, j'ai aimé mais j'y ai trouvé des longueurs, en tout cas une lourdeur certaine : quel dommage que le texte de la pièce n'aie pas la même force que les vidéos qui sont projetées à intervalle régulier sur les panneaux qui servent de décor à la pièce (pour rendre compte du procès qui a suivi l'assassinat du jeune homme). 

     **********

    Voici la critique du suisse Florent Cosandey (5 août 2006) : elle est un très bon reflet de la pièce.

    Dans Andorra, l’écrivain suisse alémanique Max Frisch met en lumière les mécanismes sournois de l’antisémitisme, ainsi que la lâcheté et les compromissions de ceux qui l’attisent et le propagent. Cette pièce de théâtre en douze tableaux décortique notamment de façon crue le besoin qu’éprouvent les «petites gens» de désigner des boucs émissaires, lesquels deviennent des victimes expiatoires en des temps agités.  

    Andorra est un petit pays imaginaire qui attend avec angoisse l’invasion des Casaques Noires, les redoutables soldats de la dictature voisine. Jusqu’ici, il s’agissait d’un îlot de tranquillité, autoproclamé pur et «vierge de toute culpabilité» par ses habitants. Les façades de leurs maisons ne sont-elles pas blanches comme neige? Ne tolèrent-ils pas chez eux la présence d’un Juif, preuve qu’ils ne sont pas comme les «barbares» d’à côté? Ce Juif, c’est Andri, un jeune homme que le maître d’école aurait, selon la version officielle, courageusement enlevé des griffes du pays des Casaques Noires. Quel acte magnifique, se gargarise la population d’Andorra ! Enfin, jusqu’au moment où la menace d’invasion se précise… Là, la populace se dit qu’il vaudrait peut-être mieux se débarrasser de cet encombrant réfugié, pour ménager la susceptibilité des nations voisines, qui exècrent le peuple juif.

    Seul le père adoptif d’Andri sent que le venin de l’antisémitisme s’insinue doucement mais inexorablement au sein de la population ; le menuisier ne veut pas d’Andri comme apprenti, le soldat lui cherche continuellement noise, le médecin rechigne à le soigner, l’aubergiste à le servir. Un gibet est dressé au milieu de la place. La population ferme les yeux. Le drame paraît désormais inéluctable.

    L’affaire se corse le jour où le maître d’école dévoile la terrible vérité: Andri n’est pas juif mais le fruit d’une relation extraconjugale qu’il eut jadis avec une femme du pays des Casaques Noires. L’enseignant, n’ayant pas eu le courage d’assumer sa liaison impure, inventa de toute pièce la belle histoire du Juif sauvé d’une mort certaine. Or, il est malheureusement trop tard pour arrêter les loups. Andri, à force de subir la vindicte populaire, a totalement intériorisé les caractéristiques indûment prêtées au peuple juif. Il endosse fermement une identité qui n’est en fait pas la sienne et cette «sur appropriation» lui sera fatale le jour où sa terre d’adoption est envahie par les troupes ennemies. Dignement, il décide alors de se livrer à la soldatesque noire, écoeuré par l’attitude hostile de ceux qui désignaient Andorra comme un haut lieu de paix, de liberté et des Droits de l’Homme.

    La force de cette pièce, c’est également de montrer l’absence de mauvaise conscience des Andorriens une fois le sang versé : appelés à la barre d’un procès les uns après les autres, les témoins et les protagonistes du crime relèvent méthodiquement et unanimement la responsabilité de la victime quant à son tragique sort. «Ce n’est pas de ma faute si les choses ont tourné de cette façon», clame l’aubergiste, «Je ne suis pas pour les massacres. Moi aussi j’ai sauvé des juifs, bien que je ne puisse pas les sentir. Et qu’est-ce qu’on a comme récompense? Rien ne les changera jamais.», renchérit le docteur. Le plus franc est finalement le grossier et brutal soldat: «Je reconnais: je ne pouvais pas le sentir. Est-ce que je pouvais savoir que c’en était pas un, tout le monde a toujours dit que c’en était un, et puis d’ailleurs, je continue à croire que c’en était un tout de même. Depuis le début je n’ai jamais pu le sentir, mais c’est pas moi qui l’ai tué. J’ai simplement fait mon service. La consigne, c’est la consigne. Où est-ce qu’on irait, si les ordres n’étaient pas exécutés? Moi, j’étais militaire.»

    Si Andorra constitue une démonstration implacable des mécanismes de l’exclusion et du racisme, il n’en demeure pas moins un formidable appel à la résistance et au refus de l’obéissance aveugle.

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    Prochaine sortie théâtre demain, en principe plus "légère"... 


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  •  Une sortie au Théâtre 13 ce soir pour aller applaudir (avec enthousiasme) les acteurs de la "Compagnie des Moutons Noirs" dans une pièce de Victor Hugo qu'ils ont revisitée pour la rendre plus accessible à tous :

    Ruy Blas

    Ruy Blas ou la folie des moutons noirs

    et c'est une réussite !

    L'argument

    Don Salluste de Bazan, ministre du Roi d'Espagne exilé à la demande de la Reine (pour avoir fait un enfant à l'une de ses suivantes...) imagine un plan machiavélique pour se venger de celle-ci : il charge son valet, Ruy Blas (secrètement amoureux de la Reine) de se faire passer pour son neveu César qui rentre des Amériques. Ce dernier ne tarde pas à devenir le favori de la Reine et du Roi par conséquent...

    Intrigues, pouvoir, vengeance, amour impossible : tous les éléments du drame romantique sont présents.

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    Comment ne pas penser à l'excellente version de la pièce imaginée 40 ans plus tôt par Gérard Oury "La folie des grandeurs" ... ? La compagnie des moutons noirs a d'ailleurs intitulé la pièce "Ruy Blas ou la Folie des Moutons Noirs"...

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    J'ai adoré le jeu des acteurs (5 comédiens et 3 musiciens-chanteurs) et leur implication dans la mise en scène absolument désopilante d'Axel Drhey.

    Don Salluste est admirablement joué par Mathieu Alexandre. Celui-ci déborde d'énergie. Il est même allé jusqu'à escalader comme un diable les bancs du théâtre pour arriver jusqu'à... MOI ! en me disant "c'est vous que je viens voir !"

    J'ai été si surprise que je n'ai pas eu la répartie de répondre que j'en étais ravie !

    Le voici au début de la pièce avant sa déchéance, muni de la fameuse distinction de la toison d'or, ordre de chevalerie le plus élevé d'Espagne.

    Ruy Blas ou la folie des moutons noirs

    Ruy Blas alias César, c'est Julien Jacob, ici avec Roland Bruit qui joue le rôle du Roi (et du muet) avec beaucoup de cocasserie.

    Il s'agit ici de la scène de la collecte des impôts revue et corrigée par Ruy Blas où  celui-ci explique au Roi comment avoir des chaussures qui reluisent...

    Ruy Blas ou la folie des moutons noirs

    La Reine dans sa robe à crinoline enfilée sur un justaucorps (ce qui permet les changements de rôle rapides) : les acteurs ne sont que 5 pour faire tous les rôles...

    C'est Paola Secret qui tient le rôle,ici avec Julien Jacob.

    Ruy Blas ou la folie des moutons noirs

    Bertrand Saunier, lui, est Don César.

    Ici, au centre

    Ruy Blas ou la folie des moutons noirs

    Au bagne, aux Indes...

    Ruy Blas ou la folie des moutons noirs

    Quant aux ministres du Roi, ils sont habilement joués par les acteurs à l'aide de masques.

    Une petite vidéo en prime

    Je pense que la troupe a dû beaucoup s'amuser à répéter la pièce...

    En tout cas, moi j'ai été ravie par cette soirée théâtre.

    A l'issue du spectacle, un spectateur (ou un comparse peut-être ?) a bêlé au lieu d'applaudir. Mathieu Alexandre en a profité pour demander à la salle de faire de même afin qu'une photo soit prise (sans doute pour leur Press Book) !


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  • Ce week-end, André et Evelyne sont venus chez nous avec le dernier de leurs trois petits-enfants, Mallory (11 ans). Le but : lui faire découvrir le théâtre classique dans une salle parisienne, tout comme nous l'avions fait pour son frère et sa sœur quelques années auparavant. 

    Le choix de ma cousine (parmi plusieurs pièces que je lui avais proposé) s'est porté sur "L'Avare" au Théâtre Michel : une pièce très bien critiquée par Télérama et donc une double référence. Beaucoup d'enfants dans la salle puisque cette tragi-comédie de Molière est accessible dès 9 ans (avec quelques explications peut-être car le vocabulaire du XVII ème siècle n'est pas toujours usité de nos jours : ainsi Mallory aurait-il peut-être mieux apprécié cette première expérience théâtrale...). 

    L'avare au Théâtre Michel

    Le théâtre se situe près des Grands Magasins, au 38 de la rue des Mathurins : il s'agit d'une adorable petite salle à l'italienne pouvant accueillir 300 spectateurs et qui avait fait le plein pour l'occasion.

    L'avare au Théâtre Michel

    A l'ouverture du rideau, le ton est donné : un décor uniquement constitué de quelques meubles recouverts de housses grises et des acteurs tout de gris vêtus... Rien n'a l'air de respirer ici la joie de vivre : nous sommes dans la maison d'Harpagon, un riche vieillard malheureusement atteint de la triste maladie que l'on nomme AVARICE...

    Ainsi s'adresse-t-il à son valet, La Flèche, qu'il soupçonne de l'avoir spolié...

    Harpagon : Attends. Ne m'emportes-tu rien ?
    La Flèche : Que vous emporterais-je ?
    Harpagon : Montre-moi tes mains.
    La Flèche : Les voilà.
    Harpagon : Les autres.
    La Flèche : Les autres ?
    Harpagon : Oui
    La Flèche : Les voilà.
    Harpagon : N'as-tu rien mis dedans ?
    La Flèche : Voyez vous-même.

    L'avare au Théâtre Michel

    Harpagon (il tâte le bas des chausses de son valet) : Ces grands hauts-de-chausses sont propres à devenir les receleurs des choses qu'on dérobe ; et je voudrais qu'on en eût fait pendre quelqu'un.

    La Flèche : Ah ! Qu'un homme comme cela mériterait bien ce qu'il craint et que j'aurais de joie de le voler !

    L'avare au Théâtre Michel

    Ses enfants ?

    Il leur destine un bien triste destin : pour sa fille, Elise, un vieux mari (le Seigneur Anselme) ne réclamant pas de dot... et pour son fils, Cléante, une certaine veuve dont on lui a dit du bien.

    Quant à lui, il envisage un remariage avec Mariane, une jeune et jolie jeune femme (qui se trouve être l'amante de son fils Cléante...).

    Harpagon avec Elise et Cléante 

    L'avare au Théâtre Michel 

    Mariane, c'est cette jolie jeune femme dont Frosine, une intrigante qui compte "vendre" ses services à Harpagon (elle ne le connaît sans doute pas assez...), lui a vanté la beauté et le désintéressement, espérant bien retirer de l'affaire de quoi rembourser une lourde dette...

    Le metteur en scène, Jean-Philippe Daguerre, l'a affublée pour l'occasion d'un turban de cartomancienne ainsi que d'un costume fort coloré et il lui a prêté des paroles (tenant du borborygme) absolument irrésistibles tout en respectant bien sûr par ailleurs le texte de Molière. 

    Frosine assiste ici à la rencontre entre Mariane et Harpagon en présence de Cléante. 

    L'avare au Théâtre Michel 

    Un autre moment fort de l'histoire : quand Maître Jacques, à la fois cocher et cuisinier d'Harpagon, (voyez jusqu'où va l'avarice de ce dernier...) se fait rosser par celui-ci pour lui avoir dit ce qu'on disait de lui en ville. 

    "Vous êtes la fable et la risée de tout le monde, et jamais on ne parle de vous, que sous les noms d'avare, de ladre, de vilain, et de fesse-mathieu". 

    J'ai appris à cette occasion que tous ces noms sont synonymes d'avare ! 

    Valère, l'intendant d'Harpagon amoureux d'Elise, qui par intérêt abonde toujours dans le sens de son maître, ne perd rien pour attendre : c'est lui que Maître Jacques accusera d'avoir volé sa cassette à Harpagon... 

    L'avare au Théâtre Michel 

    La dernière scène réunit tous les personnages de la pièce autour du Commissaire convoqué par Harpagon pour confondre le voleur de sa cassette. 

    Mais qui est donc ce Seigneur Anselme qu'Harpagon destine à Mariane ? Le mystère ne sera révélé qu'à la toute dernière scène de l'Acte V... Un rebondissement qui propose une "Happy End" à la pièce.  

    L'avare au Théâtre Michel 

    Des applaudissements chaleureux ont encouragé les acteurs.

    Une pièce interprétée avec beaucoup de justesse, d'enthousiasme et de professionnalisme par les acteurs de la Compagnie "Le Grenier de Babouchka".
     

    A l'issue du spectacle, les acteurs ont eu la gentillesse de dédicacer l'affiche du spectacle. C'est ainsi que j'ai obtenu la signature de Didier Lafaye (Harpagon), de Grégoire Bourbier (le Seigneur Anselme) et de Flore Vannier-Moreau (Mariane).

    Les-acteurs.jpg

    Sympa !


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  • Hier soir, j'étais au Théâtre 13. Avant la représentation, les acteurs de la troupe du Chat Foin sont venus sur scène et nous ont lu un communiqué en rapport avec les événements de ces jours-ci : je vous le transcris ici.

    Mesdames, Messieurs,

    Il est des soirs où il est plus difficile de monter sur scène que d’autres, de donner du sens à ce que l’on fait quand autour de nous il n’y en a plus. 

    Au nom de la compagnie du Chat Foin et de toute l’équipe du Théâtre 13, nous ne pouvons pas démarrer cette représentation sans vous dire ces quelques mots : 

    Notre démocratie a été visée en plein cœur. 
    Nous étions tous des enfants de Charlie. 
    Aujourd’hui nous sommes tous Charlie. 

    La liberté de la presse est un pilier de notre République Française. Nous sommes tous choqués, atteints, meurtris : 12 morts et 66 millions de blessés graves. 

    La presse est libre, nous sommes libres. 

    Cultivons-nous. Sortons de chez nous. Soyons fermes et insolents. 

    Les têtes vides sont prêtes à recevoir l’endoctrinement et la bêtise. L’imbécillité est le terreau de la peur. Et la peur nous rend fou. C’est ce que nous dit Labiche dans l'Affaire de la rue de Lourcine. 

    Alors, continuons. 

    L’humour est le dernier rempart contre la bêtise. Et comme disait George Tabori « « Le rire est la seule chose qui reste après la catastrophe. »

    Moi aussi ce soir je me sens solidaire des journalistes de Charlie Hebdo... non pas tant parce que je lis ce journal régulièrement (ce serait mentir : je l'ai peut-être acheté 3 fois dans ma vie.) mais plus parce que rien ne peut justifier de tuer son semblable, surtout pas au nom d'une soit-disant religion.

    Et pourtant j'ai ri à ce vaudeville drôle et féroce d'Eugène Labiche.

    C'est l'histoire d'un lendemain de fête très arrosée : Lenglumé, un riche rentier parisien, se réveille avec la gueule de bois et découvre avec stupéfaction qu'il n'est pas seul dans son lit... Il identifie rapidement son autre occupant : il s'agit de Mistingue, un ancien camarade de promotion ayant assisté, tout comme lui la veille, à un repas des anciens de l'Institution Labadens.

    La femme de Lenglumé, ignorante de la sortie nocturne de son mari, leur lit le lendemain un fait divers dans un journal qu'elle croit être du jour, relatant le meurtre d'une jeune charbonnière ayant eu lieu pendant la nuit. Mais en réalité, le journal (qui a servi à envelopper le pot à tabac qu'elle a acheté pour offrir à son mari à l'occasion de sa fête) date d'une bonne trentaine d'années...

    Le quiproquo repose sur le fait qu'un parapluie vert à tête de singe et un mouchoir marqué d'initiales ont été retrouvés près de la victime : or Lenglumé a égaré son parapluie vert et Mistingue a perdu son mouchoir ! De plus, les deux lascars ont retrouvé des boulets de charbon dans leurs poches : de là à penser qu'ils sont les assassins, il n'y a qu'un pas que les deux compères franchissent allègrement, prêts à tout pour camoufler leur crime.

    Si j'ai bien aimé le jeu des acteurs, la mise en scène de Yann Dacosta m'a parfois dérangée comme cette première scène qui se passe dans une boîte de nuit, à grand renfort d'une musique qui fait mal aux oreilles : bien sûr, il s'agit d'évoquer la nuit d'orgie des deux copains mais elle m'a semblé outrancière.

    Quand à la lutte qui oppose Lenglumé à Mistingue à la fin de la pièce, elle se passe dans une fontaine représentant le milieu social dans lequel le premier évolue mais franchement ces ébats au milieu d'une piscine ne me semblent rien apporter à la pièce ! Autant j'avais aimé l'utilisation de l'eau dans la mise en scène de Christine Farré pour Camille Claudel, autant je la trouve ici déplacée.

    L'affaire de la rue de Lourcine au Théâtre 13

    Les goûts et les couleurs...

    Il reste que l'on passe un excellent moment en compagnie d'une troupe d'acteurs qui semble prendre beaucoup de plaisir à nous divertir : n'est-ce pas là l'essentiel ?

    Guillaume Marquet dans le rôle de Mistingue et Benjamin Guillard dans celui de Lenglumé

    L'affaire de la rue de Lourcine au Théâtre 13

     Jean-Pascal Abribat campe un Cousin Potard franchement drôle.

    Sa prestation en slip fait bien rire le public.

    L'affaire de la rue de Lourcine au Théâtre 13

    Hélène Francisci dans le rôle de Norine, la femme de Lenglumé

    L'affaire de la rue de Lourcine au Théâtre 13

     Justin : c'est le domestique. Il est joué par Pierre Delmotte.

    L'affaire de la rue de Lourcine au Théâtre 13

    Pas ou peu d'extraits vidéos sur le net : dommage...

    L'affaire de la rue de Lourcine au Théâtre 13


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