• J'ai lu récemment - et par hasard ou presque - un livre qui m'a passionnée : en fait, je ne suis pas la seule à avoir aimé ce livre de David Foenkinos puisqu'il a eu le Prix Renaudot 2014.

    En fait, j'aime bien quand je vais à la Bibliothèque, fouiller dans le rayon "Nous aimons, vous aimez" des bibliothécaires et j'y trouve parfois de vrais trésors de lecture tels que ce livre.

    Autoportrait (1940)

    Charlotte Salomon, une artiste peintre...

    La vie de cette jeune artiste juive allemande décédée à 26 ans alors qu'elle était enceinte au camp de concentration d’Auschwitz est vraiment d'une dureté exceptionnelle. Le 5 mars 1940, sous ses yeux, sa grand-mère se jette par la fenêtre. Son grand-père lui révèle alors que sa mère, qu'elle croyait morte d'une grippe, s'est aussi suicidée quand elle avait 8 ans. Elle apprend par la même occasion qu'elle porte le prénom de "Charlotte" en souvenir de sa tante, morte noyée trois ans avant sa naissance.

    Elle a laissé un ensemble de peintures sur gouache et de textes accompagnés de partitions musicales, une oeuvre unique appelée Vie ou Théâtre ? dans laquelle elle se raconte.

    Moi, je ne vais pas vous la raconter..., je vais vous la montrer au travers de ses peintures (on a retrouvé pas moins de 1325 gouaches ou aquarelles, toutes exécutées à partir des couleurs primaires - le bleu, le rouge et le jaune - car dans cette période de guerre, il y a pénurie de matériaux...). Elle a choisi d'en terminer 800.

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    Un souvenir du temps heureux de la petite enfance ainsi légendé

    "Pour son premier voyage, Charlotte découvrit les montagnes bavaroises. Elle y repensa bien souvent par la suite. Sa mère était incroyablement joyeuse et chantait et sautait partout avec elle. Son père était sérieux. Il n’en était pas moins heureux d’être en famille. Ils firent également du bateau et grimpèrent tout en haut des montagnes."

    Charlotte Salomon, une artiste peintre...

    Autre souvenir d'enfance, nettement plus douloureux.

    La mère de Charlotte, qui s'est défenestrée quand elle avait 9 ans, en 1926, lui dit peu avant de mourir "Au ciel, tout est beaucoup plus beau que sur terre, et, lorsque ta Maman sera devenue un petit ange, elle descendra et apportera à son petit lapin, elle apportera une lettre dans laquelle elle dira comment c’est au ciel, comment c’est tout là-haut dans le ciel."

    Charlotte Salomon, une artiste peintre...

    Evocation de Paula Lindberg

    Son père l'épouse en deuxièmes noces après le suicide de sa mère. On voit ici la salle de l'opéra où "Paulinka" se produit.

    Charlotte Salomon, une artiste peintre...

    30 janvier 1933, le parti nazi est déjà installé en Allemagne...

    "C’est pleins d’espoir qu’ils fixent la croix gammée. Le jour de la liberté et du pain s’est levé."

    Charlotte Salomon, une artiste peintre...

    Elle rencontre Amadeus Daverlohn, le professeur de chant de Paulinka.

    C'est un grand séducteur et un beau parleur : "Paulinka. Partez maintenant, bonne nuit. Daberlohn. Ah ! mon soleil, ne m’abandonne pas !"

    Charlotte Salomon, une artiste peintre...

    Charlotte Salomon est capable de peindre des dizaines de fois son visage.

    Elle transcrit ainsi son bavardage hypnotique, tout en reproduisant son discours.

    Charlotte Salomon, une artiste peintre... 

    C'est ce même Daberlohn qui l'encourage à peindre.

    Autoportrait "Dépasse la moyenne"

    Charlotte Salomon, une artiste peintre... 

    Une idylle finit par se nouer entre Charlotte et Daberlohn.

    Mais là encore, le bonheur ne durera pas : ses parents envoient Charlotte rejoindre ses grands-parents, sur la Côte d'Azur, fin 1938, pour la protéger des nazis. Elle ne les reverra jamais, ni eux, ni son cher Amadeus Daberlohn.

    Charlotte Salomon, une artiste peintre...

    Hébergée chez une riche Américaine à Villefranche-sur-Mer

    Charlotte subit la proximité d'un grand-père qui ne comprend rien à sa vocation artistique, comme on le voit ici, légendé : "Grand-mère : N'es-tu venue au monde que pour dessiner ? Grand-père : Tu es beaucoup trop indulgente pour elle. Pourquoi ne deviendrait-elle pas femme de chambre, comme les autres ?"

    Charlotte Salomon, une artiste peintre...

    Nouvelle série de têtes

    Dans une scène terrible qui suit le suicide de sa grand-mère, le grand-père de Charlotte lui révèle que sa tante et sa mère se sont également suicidées, et qu'elle pourrait bien être la prochaine à le faire.

    Charlotte Salomon, une artiste peintre...

    Elle publie "Vie ? ou Théâtre ?"

    Dévastée par ces révélations, en exil loin des siens, directement menacée par la montée du nazisme, Charlotte se lance alors dans la création de ce qu'elle appellera "Vie? ou Théâtre?"... et dont on vient de voir quelques images.

    Charlotte Salomon, une artiste peintre...

    La dernière lettre de Charlotte Salomon

    Les derniers mots connus de Charlotte Salomon sont cette lettre, que les spécialistes datent de février 1943, elle s'accuse d'avoir empoisonné son grand-père.

    Charlotte Salomon, une artiste peintre...

    Une des dernières photos connues de Charlotte Salomon

    Vraisemblablement à Villefranche-sur-Mer, où elle s'était réfugiée chez une riche Américaine après avoir fui Berlin fin 1938.

    Charlotte Salomon, une artiste peintre...

    Les photos et les textes sont tirés d'un article du NouvelObs.

    J'ai adoré le roman et cela m'a donné envie de découvrir la peinture de cette artiste disparue si jeune avec une telle production, une artiste vraiment complète puisqu'elle a même associé à ses peintures des textes et des partitions de musique...

    J'aime beaucoup.


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  • J'ai lu dernièrement avec énormément de plaisir un livre de Jean-Louis Fournier intitulé "Il a jamais tué personne mon papa".

    Un livre très sympa !

    Je vous le recommande si vous ne disposez pas de suffisamment de temps pour faire une lecture suivie : il s'agit de petites anecdotes d'une page pas plus contées par l'auteur à propos de son père qui était médecin de campagne (près d'Arras) mais qui avait le grave défaut de lever un peu trop le coude...

    Vous verrez que l'auteur en parle à posteriori avec beaucoup de lucidité (ceci a profondément marqué sa jeunesse) mais aussi avec beaucoup d'indulgence. Son père était par ailleurs un bon médecin, dévoué à ses patients et estimé de tous.

    Une des 66 petites histoires...

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    "Dans l’album de famille il y a une photo que j’aime bien, c’est moi et papa.

    Papa est allongé sur un divan, en train de lire ; moi, je suis assis à côté de lui. Je dois avoir un an, j’ai l’air heureux, il ne peut rien m’arriver de mal, je suis avec mon papa.

    Mon papa, il est jeune, il est beau, il a des petites lunettes en métal qui font savant ; en même temps, il a l’air rassurant, on voit que c’est quelqu’un avec qui on doit se sentir bien, en plus il est docteur, quand il est là on est tranquille, on ne peut pas mourir.

    Pourquoi le papa de maintenant il est vieux, il est triste, il nous parle plus, il est pas gentil avec maman et, quelquefois, il nous fait peur ?"

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    Où il est passé, le papa de la photo ?


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  • J'ai lu un livre récemment d'une femme écrivain américaine, Joyce Maynard, qui raconte l'histoire d'un garçon de 13 ans, Henry, qui vit seul avec sa mère, Adèle, depuis le divorce de ses parents.

    Long week-end de Joyce Maynard

    Un jour, un évadé de prison inculpé pour meurtre les prend en otage alors qu'ils sont dans un supermarché. Mais cet homme, Franck, les traite avec douceur alors qu'ils ont rejoint la maison d'Adèle.

    Alors qu'Henry découvre la sexualité, ils vont vivre, chacun à leur manière, un huis clos palpitant plein de surprises et d'émotion durant ce long week-end de Labor Day.

    Le livre a fait l'objet d'un film "Last days of summer" tourné par Jason Reitman et globalement bien réalisé et interprété selon la critique.

    Long week-end de Joyce Maynard

    Le roman, très facile à lire mais d'une grande profondeur, m'a emballée.


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  • "Toute la lumière que nous ne pouvons voir" d'Anthony Doerr : ma dernière lecture (dans sa version française, of course).

    Un pavé qui se dévore

    Ce livre est un véritable petit bijou : il mêle l'histoire (celle, très bien documentée, de la fin de la deuxième guerre) au romanesque à travers des pages pleines de poésie.

    Les chapitres sont courts et alternent pour aborder la vie des deux héros : une jeune aveugle, Marie-Laure, dont le père est serrurier en chef au Muséum d'Histoire Naturelle à Paris et un jeune allemand, Werner, qui a grandi dans un orphelinat près d'une mine de charbon.

    Grâce aux maquettes que lui a construit son père, Marie-Laure se repère très bien dans le Vème arrondissement où ils habitent, aussi bien qu'à Saint-Malo où les événements les conduisent tous deux en 1944.

    De son côté, Werner, petit enfant curieux de tout, est devenu expert en transmissions radio et il a même été sélectionné pour intégrer une école d'élite du Reich.

    C'est à Saint-Malo justement que les destins de ces deux jeunes gens vont se croiser pour le plus grand plaisir des lecteurs de ce livre, Prix Pulitzer 2015.


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  • Nous aimons, vous aimez...

    Le choix d'un lecteur de la Bibliothèque Glacière : Les loups à leur porte de Jérémy Fel

    La figure du prédateur est au centre de cet excellent roman noir, où chaque chapitre est la pièce d'un puzzle sanglant que le lecteur reconstitue. Plaisir de lecture garanti.

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    J'ai adoré ce livre et pourtant je ne suis pas spécialement fan de sensations fortes...

    L'auteur, Jérémy Fel, dont c'est le premier roman le présente ici.


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