• Ce vendredi après-midi il faisait un soleil radieux pour la balade intitulée "Belleville la rouge" des "Petites promenades dans Paris"du vendredi.

    Anne-Marie qui l'organisait m'a rappelé que j'avais déjà fait cette promenade précédemment et que je l'avais relatée dans mon blog à l'époque : c'est vrai qu'au fil de la promenade j'ai retrouvé des lieux connus !  La ballade s'intitulait alors "Les métallos de Belleville".

    Je fais donc un copier-coller en ajoutant quelques photos de la sortie de 2018.

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    Le rendez-vous était donné au métro Parmentier

    Belleville la rouge

    Dans la rue Jean-Pierre Timbaud où nous démarrons notre circuit se trouve une ancienne cité ouvrière , "la cité d'Angoulême". Au rez-de-chaussée les ateliers et dans les étages les habitations des ouvriers des fonderies et du travail du cuir au XIXème siècle.

    Belleville la rouge

     Au bout de la cité, on débouche, dans une cour, sur un bâtiment à l'élégante architecture : il s'agit d'une ancienne manufacture (celle des frères Dutertre, peintres et décorateurs sur porcelaine) qui abrite actuellement les ateliers de Jean Nouvel. J'ai gardé pour mémoire ma photo de la promenade précédente car je me suis aperçue que l'horloge avait été restaurée depuis notre passage...

    Belleville la rouge

    5 - Cité d'Angoulême

    Belleville la rouge

    Nous continuons notre ballade en empruntant le passage de la fonderie, un vrai havre de paix à l'heure actuelle, mais qui devait retentir du bruit assourdissant des forges et du passage des clients à l'époque.  Comme vous pouvez le constater, les habitants ne sont pas avares de végétation.

    Belleville la rouge

    Au bout du passage, la cour a été réaménagée avec des logements modernes fort élégants.

    Belleville la rouge

    10 - Passage de la Fonderie

    La curieuse fresque mi-animal mi-végétal qui fait penser à la fable du corbeau et du renard date de 1992 et a été exécutée par J. Servières. je n'ai rien trouvé sur cet artiste sur le net...

    Belleville la rouge

    Belleville la rouge

     Empruntant la rue Saint-Maur puis la rue Jean-Pierre Timbaud, nous arrivons à la Maison des métallos. Face à elle, la statue de Jules Pendariès (1925) intitulée "le répit du travailleur" a été bâillonnée : est-ce par rapport aux événements actuels... ? Cela se pourrait bien !

    A la découverte de Belleville

    Initialement manufacture mondialement connue, fabriquant des instruments de musique en cuivre, puis haut lieu du syndicalisme et actuellement Etablissement Culturel de la Ville de Paris (théâtre, cinéma, conférences, expositions, danse...), la Maison des métallos a surtout le projet d'allier exigences artistiques et préoccupations sociétales. 

    20- Maison des métallos

    Anne-Marie nous fait remarquer la lyre qui se trouve en haut de la grille en fer forgé donnant accès à la cour, rappelant l'ancienne vocation musicale du lieu.

    Belleville la rouge

     

    Belleville la rouge

    Dans la cour intérieure de l'ancienne usine, une plaque rappelle que Jean-Pierre Timbaud, métallurgiste parisien et syndicaliste CGT, a été fusillé par les nazis en 1941 en tant que communiste suite à l'attentat perpétré par la branche armée du PCF contre le Feldkommandant Karl Hotz.

    A la découverte de Belleville

     Au 98 de la rue Jean-Pierre Timbaud se trouve un immeuble de briques rouges tout à fait banal mais si on s'aventure derrière la grille qui en ferme l'entrée on découvre une succession de trois cours possédant des petits ateliers d'artistes bien sympathiques. Ici, le temps semble s'être arrêté...

    21 - 98 rue Jean-Pierre Timbaud

     tout comme au 154 de la rue Oberkampf voisine où se trouve une cité d'artistes dont les maisonnettes, prêtes à tomber, tranchent avec les constructions modernes qui les surplombent. Je ne donne pas cher de cet endroit dans un avenir pas si lointain... !

    Belleville la rouge

    Belleville la rouge

     Non loin de là l'église Notre Dame de la Croix de Ménilmontant s'élève en haut des 54 marches de l'escalier qui en permet l'accès : la rue de Ménilmontant grimpe sec en effet.

    Belleville la rouge

    Regardez le beau soleil dont nous avons bénéficié...

    Belleville la rouge

    Ici ce panneau rappelle que c'est des hauteurs de Belleville que viennent les eaux ayant alimenté les premières fontaines parisiennes à partir de la fin du XIXème siècle. 

    36 - Place des Sources du Nord

     Le chemin de fer de la Petit Ceinture servait autrefois de liaison aux voyageurs désireux de se rendre d'une gare à l'autre dans Paris. Elle faisait le tour de Paris (32 kms) à l'intérieur des boulevards des Maréchaux et ceci jusqu'en 1934. Désertée par les parisiens qui lui préfèrent ensuite le métro, elle sert alors au trafic des marchandises et est définitivement fermée dans les années 90.

     La passerelle ayant desservi l'ancienne gare de Ménilmontant, aujourd'hui disparue

    Promenade du côté de Belleville avec Générations 13

    Heureusement, il en existe encore des cartes postales...

    Belleville la rouge

    Anne-Marie, un brin nostalgique du passé (!), nous fait écouter la chanson de Charles Trénet "Ménilmontant".

     Pour franchir les côteaux de Belleville et de Charonne, deux tunnels ont été creusés.

     38---Le-chemin-de-fer-de-la-petite-ceinture.jpg

    Après avoir emprunté la rue de la Mare, nous arrivons rue des Cascades dont le nom comme celui des Savies indique une fois de plus l'existence de sources à Belleville. Au Moyen-âge, les religieux du Prieuré Saint-Martin des Champs captèrent en effet une partie de cette rivière pour s'alimenter en eau. A cette époque, l'approvisionnement de Paris était essentiellement assuré par la Seine et par quelques puits, souvent peu salubres. Les "regards", petits bâtiments destinés à protéger les sources, sont les derniers vestiges conservés de ces travaux.

    Voici le regard Saint-Martin - encore appelé "regard des petites rigoles" : il est situé au 42 de la rue des Cascades.

    Belleville la rouge

    En haut du bâtiment, une inscription en latin qu'internet a gentiment traduite :

    « Fontaine coulant d'habitude pour l'usage commun des religieux de Saint-Martin de Cluny et de leurs voisins les Templiers. Après avoir été trente ans négligée et pour ainsi dire méprisée, elle a été recherchée et revendiquée à frais communs et avec grand soin, depuis la source et les petits filets d'eau. Maintenant enfin, insistant avec force et avec l'animation que donne une telle entreprise, nous l'avons remise à neuf et ramenée plus qu'à sa première élégance et splendeur. Reprenant son ancienne destination, elle a recommencé à couler l'an du Seigneur 1633, non moins à notre honneur que pour notre commodité. Les mêmes travaux et dépenses ont été recommencés en commun, comme il est dit ci-dessus, l'an du Seigneur 1722 ».

    Un écusson est visible sur une pierre située en haut à gauche de la porte. Selon M. Louis Tesson, il représenterait un saint Martin déchirant son manteau. Il affirme également qu'un deuxième écusson était placé de l'autre côté de la porte.

    Belleville la rouge

    En continuant la rue des cascades, une très jolie maison

    Belleville la rouge

    Sur le côté, une fresque florale avec "l'homme blanc" de Jérôme Mesnager

    Belleville la rouge

    La rue des Cascades débouche sur la place Henri Krasucki, syndicaliste français membre du PCF et Secrétaire Général de la CGT.

    Belleville la rouge

    Belleville la rouge

    Par un escalier nous arrivons sur la rue des Pyrénées ainsi nommée en raison de son aspect escarpé, particulièrement du côté des Buttes-Chaumont.

    43---Montee-vers-la-rue-des-Pyrenees.jpg

    Bien qu'elle soit très passagère, on y trouve encore des îlots de verdure...

    44---Rue-des-Pyrenees.jpg

    Comme ici, la Villa de l'Ermitage

    Belleville la rouge

    avec ses amusantes fenêtres décorées par les riverains

    Belleville la rouge

    Belleville la rouge

    et son concours d'épouvantails !

    Belleville la rouge

    La Cité Leroy un peu plus loin

     45---Cite-Leroy.jpg

     Avouez qu'on ne se croirait pas à Paris...

     48--Cite-Leroy.jpg

    49---Cite-rue-des-Pyrenees.jpg

     Donnant sur la rue de Ménilmontant, le Jardin du Carré de Baudoin avec sa "folie". Témoin authentique et unique des maisons de campagne édifiées au XVIIIème siècle pour les aristocrates et les bourgeois enrichis, cette maison fut construite en 1770, pour Nicolas Carré de Baudoin puis apartint à la famille Goncourt. A partir de 1836 les soeurs de Saint-Vincent de Paul y fondèrent dans le bâtiment adjacent un orphelinat "L'asile des petits orphelins". Racheté par la Ville de Paris, c'est aujourd'hui un espace culturel.

     Belleville la rouge

     Si vous avez le vertige, passez vite sur la photo qui suit : elle a été prise depuis le haut de la rue de Ménilmontant. Au loin, la tour Saint-Jacques et le Centre Pompidou.

     55---Vue-sur-Beaubourg-depuis-la-rue-de-Menilmontant.jpg

     Aux 19-21 de la rue Boyer, on trouve un bâtiment riche d'une histoire ancienne qui l'ancre dans la mémoire ouvrière. Il s'agit de "la Bellevilloise".

     56 - La Bellevilloise

     Wikipédia explique...

    En 1877, les ouvriers bellevillois fondent un petit dépôt d'épicerie au 10 de la rue Chevreau ouvert deux soirs par semaine. Il devient bientôt une coopérative ouvrière et celle-ci fonctionne jusqu'en 1936 (elle ferme avec la chûte de la BOP : Banque Ouvrière et Paysanne). La coopérative propose à ses adhérents des produits de consommation courante (pain, viande, charcuterie, épicerie, charbon, ameublement, habillement) à prix réduit ; les achats en grosses quantités auprès des producteurs, souvent des coopératives ouvrières de production, et la limitation des marges lui permettent de toucher une large clientèle, qu’elle associe aux bénéfices de l’entreprise : en 1912, elle compte 9 000 sociétaires, réalise 5 MF de chiffre d’affaires annuel et dispose de plusieurs dizaines de magasins de vente, ou « répartitions », dans les 19ème et 20ème arrondissements ; en 1929, elle compte 15 000 sociétaires.

     À partir de 1900, sa prospérité commerciale lui permet de financer diverses œuvres sociales très actives. Elle ajoute alors à sa vocation consumériste une mission éducatrice et sociale qui repose sur 

    1- Le patronnage laïque : il a pour mission « de soustraire les enfants, garçons et filles, aux mauvaises fréquentations de la rue, en leur créant un centre d’éducation et de distraction les dimanche, et en leur permettant de suivre divers cours existants »,

     2 - l'Université populaire de la Semaille : celle-ci met à la disposition des coopérateurs une bibliothèque particulièrement riche et éclectique, donne des conférences gratuites et des cours, organise des sorties, anime un club scientifique ouvrier… À partir de 1930, elle propose un cinéma d'art et d'essai, le Cinéma de la Bellevilloise.

     3- La musique et le théâtre : le goût pour la pratique musicale est alors très répandu dans les milieux populaires et la Bellevilloise subventionne plusieurs groupes musicaux amateurs.


    En juillet 1905, la Bellevilloise crée une société de secours mutuels, la Solidarité mutuelle des coopérateurs de la Bellevilloise, exclusivement réservée à ses adhérents. Celle-ci gère d’abord une pharmacie, puis, à partir de 1913, un puis plusieurs dispensaires.


    La "forteresse coopérative", comme on l’a appelée, a été aussi un instrument de socialisation politique, participant activement à la lutte des classes. Servant de soutien logistique, elle ouvrait largement ses salles aux manifestations des organisations ouvrières de diverses obédiences, puis, à partir des années 1920, principalement communistes : permanences, réunions internes, fêtes, meetings, congrès. La façade comporte d'ailleurs sur son fronton la faucille et le marteau...

     
    La_Bellevilloise.jpg


    En 1908-1910, la Bellevilloise édifie sa "Maison du Peuple", aux N°s 19-21 de la rue Boyer, confiée à l’architecte Emmanuel Chaine, dans l’esprit de la Maison du Peuple de Horta, à Bruxelles. Il s'agit d'un vaste ensemble en béton armé et remplissage de briques avec ornementation de mosaïques et de céramique émaillée qui abrite un grand magasin de vente au public, bureaux, café, salles de répétition, salle des fêtes de 500 m²...

    Pendant près de soixante ans, la Bellevilloise a joué un rôle déterminant dans la vie économique et sociale de l’Est parisien. Actuellement, c'est un lieu de culture multidisciplinaire : concerts, spectacles, expos, défilés mais aussi café : La Bellevilloise reste un lieu de brassage, de rencontres et d'échanges qui s'ouvre à tout public.

     C'est là que se termine notre ballade. Le métro Gambetta n'est pas très loin.

     Mine de rien, on en a fait du chemin...


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  • La semaine dernière je suis allée écouter une conférence super intéressante, qui était donnée par Lionel Cariou de Kerys, conférencier en Histoire de l'Art. Elle proposait un voyage artistique au coeur de la Florence du Quattrocento, cette ville qui, dès le début du XVème siècle, a été le creuset d'un extraordinaire renouvellement dans tous les domaines de l'art et en particulier dans celui de la peinture.

    Il s'agit de la Renaissance italienne.

    Nous avons vu de si belles oeuvres que je ne résiste pas à tenter- très modestement - de vous retracer cette conférence en images ou, du moins, ce qui m'en est resté - internet aidant.

    Le conférencier plante d'abord le décor en nous montrant une photo de Florence et en nous disant que toutes les oeuvres qu'il allait nous montrer se trouvaient, soit à la Galerie des Offices, soit à l'Accademia, soit dans les différentes églises de la ville.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Précédemment, les dimensions colossales de l’architecture religieuse s’épanouissaient sur tout le monde chrétien dans un style commun appelé gothique international.

    Ainsi Palla Strozzi commande un retable à Gentile da Fabriano, signé et daté de 1423 sur le cadre, pour la chapelle de sa famille dans l'église de Santa Trinita de Florence.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    L'Adoration des Mages (1423)

    La richesse et la culture du commanditaire sont reflétées par l'utilisation prodigue d'or, par le pigment de lapis-lazuli utilisé pour le manteau de la Vierge et par la splendeur du cortège des Rois mages, avec notamment des animaux aussi exotiques que des léopards et des singes.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Il est assez extraordinaire d'agrandir la partie haute du tableau - peint sur bois - et d'admirer la finesse des détails de la procession se dirigeant vers Jérusalem.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Nous voyons sur cet autre détail Palla et son fils Lorenzo sur la droite du tableau, juste derrière le plus jeune roi. Alors que Lorenzo est coiffé d’un chapeau de fourrure rouge et regarde le spectateur hors du tableau, Palla porte un riche vêtement orné de fourrure et se concentre sur l’adoration. Il a sur le poing un faucon, son emblème personnel.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    De la même époque et dans le même style, le "Couronnement de la Vierge" de Lorenzo Monaco (1414). L'oeuvre est conservée à la Galerie des Offices.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Le conférencier nous a dit que Lorenzo Monaco annonçait Fra Angelico...

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Une autre oeuvre de Lorenzo Monaco "L'Adoration des Mages" (1421-1422) également à la Galerie des Offices. J'ai cru comprendre que l'une des caractéristiques du gothique international était d'avoir des ciels en fond d'or...

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Et maintenant venons-en aux peintres de la Renaissance italienne.

    Voici une "Vierge à l'enfant avec Sainte-Anne" de Masaccio et Masolino (1424) qui est elle aussi conservée à la Galerie des Offices.

    On parle ici de l'effet de la lumière naturelle sur les visages. A noter, le refus des fioritures et des détails anecdotiques chers aux gothiques. Les peintres ne cherchent pas à charmer, à plaire. Il n’ont pas recours à la fantaisie décorative.

    Sans vouloir critiquer, l'enfant Jésus n'est pas trop réussi...

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Toujours de Masaccio, une fresque dans la Chapelle Brancacci

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Masaccio est considéré comme le père fondateur de la peinture de la Renaissance italienne. Malheureusement, il mourra à 27 ans et c'est Filippino Lippi qui terminera l'une de ses fresques.

    "Le tribut de Saint-Pierre" - ou l'entrée de Jésus à Capharnaüm - (1424 - 1427)

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Masaccio a inclus les trois différents moments de l'histoire dans la même scène. Le collecteur d'impôts faisant sa demande à Jésus et la réponse de celui-ci à la question de Pierre lui demandant comment trouver l'argent nécessaire en indiquant la mer est illustré au centre. A gauche, Pierre attrape les poissons dans le lac et extrait le tribut. A droite, Pierre remet l'argent au collecteur d'impôts en face de sa maison.

    Ci-dessous Pierre retire une pièce promise par Jésus de la bouche du poisson (le tribut).

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Et maintenant viennent toute une série de fresques exécutées par Fra Angelico pour le Couvent de San Marco dont l'entrée se fait par le cloître Saint-Antonin.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    "Crucifixion et Saints" - autour de 1440 (Salle du Chapitre)

    Malheureusement je ne me souviens plus du tout de ce que le conférencier avait dit de cette oeuvre. Je vous la livre donc telle quelle accompagnée de quelques détails.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    La fresque comme si vous y étiez...

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Toujours de Fra Angelico, le "Tabernacle dei Linaioli" (1432 - 1433)

    Il s'agit d'un triptyque décoré recto-verso avec au centre une Vierge à l'enfant.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

     Notre conférencier nous a montré, comme ici, beaucoup de détails.

    Trop beau, non ?

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    "Déposition de croix" par Fra Angelico (1432) - Musée du Couvent de San Marco

    Là, je comprends très bien la dénomination de "Renaissance" avec ce fond paysager très travaillé.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Fra Angelico a décoré toutes les cellules des moines du Couvent San Marco avec des fresques.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

     L'une d'elle s'intitule "Le Christ aux outrages" (1441).

    La Vierge, éplorée, et Saint-Dominique, plongé dans la lecture des Ecritures, tournent le dos au Christ.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Mais, si cette fresque frappe le visiteur du couvent San Marco de Florence, c’est bien par la représentation, autour du Christ, de cette tête d’homme de profil et de ces cinq mains, toutes sans corps, qui appartiennent de toute évidence à ses bourreaux. L'une de ces raisons est esthétique. En représentant les bourreaux « en entier », Fra Angelico aurait surchargé sa composition, détournant l'oeil du spectateur vers autre chose que le Christ et sa misère. En ne représentant que les parties essentielles à la compréhension de la scène (la figure qui crache et les mains prêtes à s'abattre sur le corps du martyr) et laissant les grands plans colorés autour du Christ, il laisse à la scène toute sa solennité et au Christ toute sa majesté, si dérisoire qu'elle soit.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

     Le Christ paraît royal et lumineux, revêtu de gloire et de majesté, la tête nimbée d’or.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Allez, une dernière oeuvre de Fra Angelico pour la route et... pas la plus vilaine !

    Il s'agit de "L'Annonciation" (vers 1437) : la fresque est située en haut de l'escalier menant aux cellules des moines dans le Couvent de San Marco.

    Ici encore l'oeuvre est très architecturée avec cette colonnade qui laisse entrevoir un jardin clos, symbole de la Vierge. La colonnade - avec son tirant d'acier pour renforcer la structure - est là aussi pour montrer la virginité de Marie assise sur un simple tabouret... La fantastique palette de couleurs des plumes des ailes montre la préciosité et la splendeur de l’ange.

    J'aime beaucoup cette fresque.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris 

    Un autre peintre maintenant : Domenico Veneziano et une oeuvre qui se trouve également à la Galerie des Offices : "Conversation sacrée" (1445 - 1447)

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Quant à Paolo Ucello, le conférencier nous a dit qu'il était fan de perspective : il a mis le paquet ici avec toutes ces lances et ces pattes de chevaux qui s'entrecroisent !

    "La bataille de San Romano" (1450) dont il existe un exemplaire au Louvre.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris 

    De Filippo Lipi : l'"Annonciation" (Eglise San Lorenzo) - 1445

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Comme vous le voyez, toujours ce cloisonnement en relation avec la virginité de Marie et un fond très travaillé en perspective. Le peintre a pris des libertés en représentant ici plusieurs anges...

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Autre oeuvre de Filippo Lippi : le "Couronnement de la Vierge" (1447) qui se trouve encore à la Galerie des Offices.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Notre conférencier nous a fait remarquer que chaque visage était différent...

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    et que le peintre s'était représenté également. Pas très flatteur, je trouve mais on ne peut que louer l'exactitude de sa peinture...

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Et maintenant, après toutes les oeuvres de Fra Angelico voici un autre "poids lourd" de la Renaissance italienne, Sandro Botticelli (il était l'élève de Filippo Lippi).

    Autoportrait (1475)

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    "La Force" (1470) est sa première oeuvre connue (il n'a que 25 ans quand il l'exécute). Elle est conservée à la Galerie des Offices.

    Ce tableau, commandé par le tribunal de commerce de Florence, était destiné à orner la salle des audiences. Il reçut une approbation générale et permit à Botticelli d'acquérir la célébrité à Florence.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Le peintre a fait quantité de madones à l'enfant par ailleurs comme cette "Madone de la mer" (1475-1480). La Vierge a une expression soucieuse...

    Quelle beauté dans la transparence du voile !

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Le tableau est ainsi nommé à cause du fond où l'on aperçoit un bateau.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Toujours de Botticelli, "La décapitation d'Holopherne" (1470)

    Le peintre a eu la délicatesse de ne pas montrer la tête tranchée mais...

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    on retrouve celle-ci dans le panier de la servante dans "Le retour de Judith à Béthulie"(1470).

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    "L'adoration des Mages" (1475-1476) a été peint pour un proche des Médicis : nombre de Médicis y sont d'ailleurs représentés. Quant au peintre, il a fait son autoportrait au premier plan à droite.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    La Chapelle Sixtine - je l'ai appris ce jour là - porte ce nom en l'honneur du Pape Sixte IV qui la fit construire de 1477 à 1483.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Botticelli est l'auteur de trois des fresques situées à mi-hauteur comme celle-ci :

    "La tentation du Christ" (1480-1482)

    A gauche, le diable met le Christ au défi de changer les pierres en pain, au centre il essaie de le convaincre de se jeter en bas du temple sachant qu'il sera sauvé par son Père, à droite le diable montre au fils de Dieu toutes les richesses du monde qu'il aura s'il fait de lui son maître. Finalement, le Christ chasse le diable au loin et celui-ci lui révèle son identité diabolique.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Il est aussi l'auteur de différents "tondi" - des peintures circulaires - comme celle-ci intitulée "La Madone du Magnificat" (1481) qui est une commande de la famille Médicis : on voit dans l'utilisation de l'or dans les chevelures, les ornementations des tissus et de la couronne que le donateur est un riche mécène. Il est conservé à la Galerie des Offices.

    La difficulté dans ces peintures circulaires est d'épouser la forme du cadre, ce que Botticelli a merveilleusement réussi.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Autre peinture en "tondo" : "la Vierge à la grenade" (1487) également conservé à la Galerie des Offices. La grenade est le symbole du sang de la Passion du Christ.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Superbe !

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

     "Pallas et le centaure" (1482) a été commandé à Botticelli par Laurent le Magnifique. Pallas est le symbole de l'intelligence tandis que le centaure est celui de la force brute.

    Quelle élégance dans le costume végétalisé de Pallas !

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Voici l'une des oeuvres majeures de Botticelli : "Le Printemps" (1478 - 1482)

    Le tableau a été offert par Laurent le Magnifique à son cousin à l'occasion de son mariage.

    Les personnages sont alignés dans un bois d'orangers.

    La peinture se lit de droite à gauche : Un zéphyr (allégorie du vent) attente à la vertu de la nymphe Chloris qui se transforme en la nymphe Flore, déesse du printemps. Au centre Vénus, chaste (idéalisation de l'amour) et à droite le groupe des trois grâces (notre conférencier a parlé de rythme musical...). Tout à fait à gauche, Mercure, Dieu du bonheur, arrête l'hiver de son caducée.

    A remarquer le tapis de fleurs... 

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Quelques détails

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    "La naissance de Vénus" (1484 - 1486) est l'autre oeuvre majeure de Boticcelli.

    A gauche, Zéphyr enlace la nymphe Chloris, au centre Vénus a une expression très mélancolique. A droite, l'Heure des saisons tend un manteau à Vénus pour cacher sa nudité...

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Curieusement, la toile sombrera dans l'oubli pendant plus de trois siècles...

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

     Andrea del Verrochio était bronzier. Il a réalisé "Le baptême du Christ" (1472 - 1475) en confiant à certains collaborateurs le soin de peindre certaines parties du tableau (comme le palmier). Ainsi, tandis qu'il est l'auteur des visages, les deux anges en bas à gauche sont l'oeuvre d'un certain Léonard de Vinci...

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Venons-en justement à Léonard de Vinci avec cette "Annonciation" (1472 - 1475)

    L'emploi du sfumato dans le fond du paysage le rend très poétique.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    "L'Adoration des mages" (1481) est également l'oeuvre de Léonard de Vinci mais il s'agit d'un tableau inachevé : Laurent le Magnifique ayant accepté que le peintre parte travailler à Milan pour Ludovic le Maure.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    C'est Fillipino Lippi, le fils de Fillippo, qui fera une "Adoration des mages" un peu plus tard (1496). Il est aussi l'élève de Botticelli. Ses dessins sont raffinés et ses couleurs éclatantes.

    A mon goût, un peu trop chargé.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Il a décoré également la Chapelle Brancacci : c'est un grand fresquiste.

    "Crucifixion de Saint-Pierre" (1481 - 1482) : la tête en bas comme dans les Ecritures...

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris 

    On aperçoit Sandro Botticelli qui nous fait face : celui-là, si je le croise dans la rue, je pense que je le reconnaîtrai !

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Domenico Ghirlandaio est une peintre religieux.

    Voici son "Saint-Jérôme" (1480)

    Cette fresque fait pendant, dans l'église Ognissanti à celle du "Saint-Augustin" de Botticcelli. Une inspiration visiblement flamande très à la mode à l'époque (Cf. Saint Jérôme dans son étude de Van Eick).

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Par ailleurs Ghirlandaio a un vrai goût pour la perspective : on le voit dans "La cène" (réfectoire d'Ognissanti - 1480) où la double voûte, ouverte sur un jardin, prolonge visuellement l'espace même de la salle.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Il a exécuté également une "Adoration des bergers" (1485) sur fond de paysage et d'architecture antiquisante et a fait au premier plan à droite son premier autoportrait.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris 

    Quelle délicatesse dans le voile de la Vierge, et ces couleurs vives... : c'est vraiment superbe. 

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris 

    Ghirlandaio a le goût du portrait : dans sa "Naissance de Saint-Jean-Baptiste" (1485), tous les visages sont différents.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris 

    Dans ce détail, le portrait de Lucretia Tornabuoni, mère de Laurent la Magnifique.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris 

    La porteuse d'offrandes 

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris 

    Pour terminer deux peintures de Pietro di Cristoforo Vannucci (dit Le Pérugin) avec de superbes "sfumati" (effet de brouillard)

    La Vierge à l'enfant (1500)

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris 

    et une fresque (située dans la Salle capitulaire du Couvent de Santa Maria Maddalena dei Pazzi) à Florence intitulée : "Crucifixion" (1495)

    Elle se présente sous la forme d'un triptyque avec au centre Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix, à gauche la Vierge et Saint-Bernard, et à droite Saint-Jean et Saint-Benoît.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    J'ai adoré cette conférence qui nous montrait les oeuvres au plus près.

    Je me souviens avoir adoré le programme d'histoire du lycée traitant de la Renaissance italienne et nombre de peintres ne m'étaient pas totalement inconnus...

    Une bonne révision tout de même  !


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  • Aujourd'hui, Jacqueline a commandé le soleil pour notre rando du jeudi qui va nous mener dans l'Oise de Lagny à Esbly en passant par Coupvray où nous visiterons la maison-musée de Louis Braille.

    En gare de Lagny

    De Lagny à Esbly et le Musée Louis Braille

    Je n'ai jamais vu autant de cygnes rassemblés...

    De Lagny à Esbly et le Musée Louis Braille

    mais ils sont célèbres à Lagny car ils sont les vedettes du net !

    De Lagny à Esbly et le Musée Louis Braille

    Les bords de Marne ont inspiré de nombreux peintres, entre autres ceux du groupe de Lagny, comme nous l'explique ce panneau : personne ne les connaissait dans le groupe et pourtant j'ai trouvé quelques reproductions sur le net qui montrent qu'ils avaient un réel talent. Il s'agit de Léo Gusson, Emile-Auguste Cavallo-Peduzzi, Maximilien Luce ou encore Lucien Pissaro, le frère de Camille...

    De Lagny à Esbly et le Musée Louis Braille 

    Le Pont de pierre à Lagny (Léo Gusson - 1885)

    De Lagny à Esbly et le Musée Louis Braille 

    La Marne et le Pont de Fer à Lagny (Maximilien Luce - 1888)

    Joli, je trouve, non ? 

    De Lagny à Esbly et le Musée Louis Braille

    Bords de Marne au printemps (Claire Leconte - 2018) !!!

    De Lagny à Esbly et le Musée Louis Braille

    De Lagny à Esbly et le Musée Louis Braille

    Dur dur de ne pas s'en mettre plein les godasses, n'est-ce pas Jacqueline ?

    De Lagny à Esbly et le Musée Louis Braille

    De Lagny à Esbly et le Musée Louis Braille

    De Lagny à Esbly et le Musée Louis Braille

    Nous voici maintenant arrivés au champ de sculptures du jardin de la Dhuys : surprenant cet alignement de sculptures monumentales...

    De Lagny à Esbly et le Musée Louis Braille

    De Lagny à Esbly et le Musée Louis Braille

    Une bien curieuse statue... superbement photographiée par Mayannick

    De Lagny à Esbly et le Musée Louis Braille

    De Lagny à Esbly et le Musée Louis Braille

    J'ai entendu Annie dire de celle-ci qu'il s'agissait de Déméter, la déesse de la terre... ?

    De Lagny à Esbly et le Musée Louis Braille

    De Lagny à Esbly et le Musée Louis Braille

    De Lagny à Esbly et le Musée Louis Braille

    Retour à la rando avec un passage un tantinet délicat...

    De Lagny à Esbly et le Musée Louis Braille

    Le terrain argileux qui n'absorbe pas la pluie des derniers jours en est la cause : ça glisse sec ! Heureusement que Paul et Marie-Cécile sont là pour nous aider à traverser le passage présentant le plus de difficultés...

    De Lagny à Esbly et le Musée Louis Braille

    De Lagny à Esbly et le Musée Louis Braille 

    Notre pique-nique du midi au pied de la ligne du tgv...

    De Lagny à Esbly et le Musée Louis Braille

    sur des rochers qui tombent à pic !

    De Lagny à Esbly et le Musée Louis Braille

    Bassin de régulation des eaux de Coupvray

    De Lagny à Esbly et le Musée Louis Braille

    C'est justement à Coupvray, dans une rue baptisée à son nom, que se trouve la maison natale de Louis Braille que nous allons visiter : elle a été transformée en musée ne 1956.

    Classée Monument historique, cette maison briarde a su conservé son aspect authentique.

    Rando de Lagny à Esbly avec en prime la visite du Musée Louis Braille

    Rando de Lagny à Esbly avec en prime la visite du Musée Louis Braille

    La visite de l'atelier et la vie de Louis Braille

    Une plaque, apposée sur le mur de la maison, atteste que Louis Braille y est né le 4 janvier 1809.

    Rando de Lagny à Esbly avec en prime la visite du Musée Louis Braille

    Le père de Louis Braille exerce le métier de bourrelier au village, fabriquant des harnais, des sacs et des courroies de cuir. Ce panneau, situé dans son atelier, indique même que le grand-père de Louis y était exerçait déjà le même métier.

    Rando de Lagny à Esbly avec en prime la visite du Musée Louis Braille

    Voici l'atelier où Louis, à l'âge de trois ans, manifestant un vif intérêt pour le maniement des outils, se blesse l'oeil en voulant utiliser les outils de son père.

    Rando de Lagny à Esbly avec en prime la visite du Musée Louis Braille

    Rando de Lagny à Esbly avec en prime la visite du Musée Louis Braille

    On aperçoit sur cette photo l'enfant grimpant sur l'établi du père pour s'emparer d'une serpette.

    Rando de Lagny à Esbly avec en prime la visite du Musée Louis Braille

    Redoutable outil, la serpette...

    Rando de Lagny à Esbly avec en prime la visite du Musée Louis Braille

    Louis est un élève brillant à l'école communale de Coupvray - l'instituteur a accepté de le prendre dans sa classe unique, ce qui est très rare à l'époque - classe qu'il fréquente entre 5 et 10 ans, pour se rendre ensuite à Paris où il devient interne. Ses parents en effet savent tous deux lire et écrire et se rendent bien compte de l'importance d'une bonne instruction pour un enfant handicapé : son père lui obtient - sur les conseils de l'abbé du village et de son instituteur - une bourse pour son admission à l'Institution Royale des Jeunes Aveugles (l'INRA qui deviendra plus tard l'INJA, l'Institution Nationale des Jeunes Aveugles) fondée par Valentin Haüy en 1784.

    Dès son entrée à l'école, Louis Braille apparaît comme un élève de premier ordre à tel point que dès quinze ans on lui confie déjà certaines responsabilités d’enseignement et il devient professeur en titre à l'âge de 19 ans : il intervient dans l'enseignement général et la musique et tient également les orgues de plusieurs églises parisiennes.

    La pièce de vie des Braille

    Une table familiale avec des bancs, une cheminée, un four à pain : tout le confort de l'époque pour cette maison briarde.

    Rando de Lagny à Esbly avec en prime la visite du Musée Louis Braille

    Entre la cheminée et le four à pain, une niche pour faire du fromage - le fameux Brie de Meaux - la chaleur du four favorisant sa préparation avant l'affinage dans la cave.

    Rando de Lagny à Esbly avec en prime la visite du Musée Louis Braille

    Le lit en alcôve des parents de Louis avec les rideaux permettant de garder la chaleur des corps (les enfants dorment à l'étage). Sur le lit, un moine permettant de chauffer les draps grâce à la chaufferette remplie des braises tirées du feu de la cheminée, isolée entre deux luges de bois.

    Le luxe quoi ! 

    Rando de Lagny à Esbly avec en prime la visite du Musée Louis Braille

    Près de la porte, une pierre à évier avec écoulement direct sur la cour de la maison...

    Rando de Lagny à Esbly avec en prime la visite du Musée Louis Braille

    A l'époque, les aveugles étaient plutôt promis à la mendicité... mais le père de Louis lui fabrique une planchette garnie de clous de tapissier - en relief donc - qui permettent à l'enfant d'apprendre à lire. Cela lui donnera-t-il l'idée de l'écriture qui porte son nom... ?

    Rando de Lagny à Esbly avec en prime la visite du Musée Louis Braille

    Le groupe est attentif aux explications de ce guide prenant à coeur son métier.

    Rando de Lagny à Esbly avec en prime la visite du Musée Louis Braille

    Rando de Lagny à Esbly avec en prime la visite du Musée Louis Braille

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    C'est à l'Institution Royale des Jeunes Aveugles qu'il développe son génial système d'écriture en six points saillants et qu'il enseigne, notamment la musique. En 1835, Louis Braille est malheureusement atteint de tuberculose et il s'éteint en janvier 1852.

    Enterré le 10 janvier 1852 aux côtés de sa famille à Coupvray, le corps de Louis Braille est transféré en 1952 au Panthéon, en hommage national. Seule la relique de ses mains sera conservée à Coupvray dans une urne scellée sur sa tombe.

    Buste de Louis Braille à l'accueil du Musée

    Rando de Lagny à Esbly avec en prime la visite du Musée Louis Braille

    Visite de l'étage de la maison où se trouve tout ce qui concerne le Braille

    En 1821 , Louis Braille fait une rencontre qui va changer totalement sa vie : Charles Barbier de la Serre présente à l'IRJA son invention, un système appelé "écriture nocturne" destiné aux militaires.

    Rando de Lagny à Esbly avec en prime la visite du Musée Louis Braille

    L'écriture nocturne est aussi appelée Sonographie : elle est basée sur 12 points en relief.

    Rando de Lagny à Esbly avec en prime la visite du Musée Louis Braille

    Comparaison entre l'écriture sonographique (en haut) et l'écriture en Braille (en bas)

    Rando de Lagny à Esbly avec en prime la visite du Musée Louis Braille

    Louis Braille teste le système qu'il apprécie mais auquel il trouve vite des limites (uniquement phonétique, trop complexe, absence d'orthographe et de ponctuation, impossibilité de retranscription des signes mathématiques et des notes de musique). L'élève de tout juste 13 ans va alors perfectionner cette écriture en partant de l'idée d'une cellule formée de 6 points en relief : le Braille est né.

    Le guide écrit en Braille le prénom de Jacqueline. Pour gommer, il suffit d'écraser son erreur !

    Rando de Lagny à Esbly avec en prime la visite du Musée Louis Braille

    N'ayant pas réussi à prendre la photo de la petite carte, je vous laisse chercher sur la photo ci-dessous (système Braille "Lecture") comment il s'écrit...

    Rando de Lagny à Esbly avec en prime la visite du Musée Louis Braille

    Ci-dessous le système Braille "Ecriture" est inversé bien sûr puisqu'on doit ensuite retourner la carte perforée pour en faire la lecture...

    Élémentaire mon cher Watson mais il fallait y penser !

    Rando de Lagny à Esbly avec en prime la visite du Musée Louis Braille

    Louis Braille en Braille

    Rando : de Lagny à Esbly avec en prime la visite du Musée Louis Braille

    Voici un ordinateur pour aveugles utilisant le Braille

    Rando de Lagny à Esbly avec en prime la visite du Musée Louis Braille

    Au sortir du musée, un petit tour au "jardin des cinq sens" conçu avec l'idée de proposer un cheminement qui invite à une exploration des sens. La pergola est comme un tunnel d'ombre (perte de la vue) au bout duquel tous les sens sont exacerbés...

    Rando de Lagny à Esbly avec en prime la visite du Musée Louis Braille

    Rando de Lagny à Esbly avec en prime la visite du Musée Louis Braille

     Le 4 Janvier 2009, a été célébré le bicentenaire de la naissance de Louis Braille. A Paris, au Panthéon et à Notre Dame notamment, plusieurs cérémonies ont été organisées pour célébrer cet anniversaire du grand bienfaiteur des aveugles du monde entier.
     
    Le Braille, avenir ou souvenir ? c'est ICI 
     
    Merci Jacqueline pour cette belle balade culturelle

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  • Plusieurs sites ont déjà publié sur la vie de notre quartier, la Butte-aux-Cailles.

    Il y a les bonnes fées qui la vantent comme :

    Paris Zig-Zag écrit sur la Butte aux Cailles...

    Le site Paris Zig-Zag qui vient de publier aujourd'hui un post : ICI.

    Un Jour de Plus à Paris : ICI.

    Time Out : ICI.

    Je ne sais pas choisir : ICI.

    Le Bonbon : ICI.

    Cirkwi : ICI.

    Un petit pois sur dix : ICI.

    Secrets de parisiennes : ICI.

    Salut Paris : ICI.

    Paris Capitale historique : ICI.

    Voyager en photos : ICI.

    Le Figaro : ICI.

    On trouve même un site américain, Boston Université : ICI.

    Il y a aussi bien sûr les agences immobilières... comme celle de Stéphane Plaza qui vient de s'y installer : ICI.

    Mais il y a aussi les fées Carabosse qui la dénigrent (parfois à juste titre) comme :

    Paris Zig-Zag écrit sur la Butte aux Cailles...

    Les Riverains de la Butte-aux-Cailles : ICI.

    Vivre Paris : ICI.

    Bruit.fr : ICI.

    Il faudra qu'un jour moi aussi je me penche sur son berceau...


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  • Ce vendredi, nous avions rendez-vous avec Anne-Marie au métro Louvre-Rivoli : c'est ici qu'a débuté notre promenade parisienne sur les traces laissées par la muraille construite à la fin du XIIème siècle (de 1190 à 1210) par le Roi Philippe Auguste (*).

    Sacre du Roi Philippe Auguste à Reims le 1er novembre 1179 (Chroniques de France - XIVème siècle)

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    (*) On voit bien sur les deux cartes qui suivent que Philippe II - Philippe Auguste pour les intimes - a considérablement accru le domaine royal, le prénom d'Auguste lui ayant été donné par le moine Rigord en référence directe aux conquêtes des empereurs romains.

    Au début de son règne, la France présente cette physionomie : autrement dit..., les anglais sont à nos portes !

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Philippe Auguste, pressentant le danger venant de l’Angleterre, initie les travaux de construction de la forteresse du Louvre, destinée à protéger la ville de Paris dont il veut faire sa capitale.

    Anne-Marie nous a dit qu'elle possède une profusion de livres sur Paris : elle nous montre ici l'un d'entre eux où l'on trouve une gravure du Louvre de Philippe Auguste.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Le donjon (appelé Grosse-Tour) est large de 15 mètres et mesure 30 mètres de haut : il est entouré par un fossé sec, lui-même ceint d'une enceinte très épaisse côté ouest (celui par où l'ennemi risque d'arriver), plus légère côté est.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Sur cette autre iconographie il est intéressant de remarquer le bateau tendant des chaînes en travers de la Seine afin d'en empêcher l'accès : Anne-Marie nous en avait parlé. 

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Après avoir précédemment parcouru lors d'une autre promenade la partie sud de l'enceinte (longue de 2600 mètres), Anne-Marie nous entraîne aujourd'hui sur sa partie nord (qui fait 2800 mètres), encore appelée "enceinte rive droite".

    L'enceinte de Philippe Auguste était constituée d'une muraille haute de 9 mètres et épaisse de 3 mètres à sa base avec des créneaux et un chemin de ronde ainsi que des tours de défense à distance régulière (60 mètres soit : 2 fois 30 mètres, portée de tir d'une arbalète) et comprenant des portes lourdement fortifiées (elles étaient munies de herses) pour garder les entrées de Paris.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    C'est à l'emplacement de cette cour - la Cour carrée - que se situait le donjon du premier Louvre : le pavage en marque l'emplacement.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Empruntant la rue de Rivoli voisine, nous longeons le Temple protestant de l'Oratoire du Louvre où se trouvait autrefois la Porte Saint-Honoré. Devant le temple, le monument à l'amiral Gaspard de Coligny assassiné lors de la Saint-Barthélémy.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Dans la cave qui se trouve sous la grande sacristie, il existe parait-il un mur arrondi fait de grosses pierres taillées, reste de ces tours de 6 mètres de diamètre qui protégeaient la muraille.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    L'enceinte se prolongeait dans la direction des cheminées ci-dessous.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Au 11 rue du Louvre se trouvent les restes d'une des tours,

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    avec, dans la partie basse, un ancien puits.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite 

    Le parcours de l'enceinte emprunte ensuite la rue du Jour où se trouve un très bel Hôtel particulier abritant la maison de couture agnès b. 

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Juste en face, une caserne de pompiers à remplacé la maison champêtre (qui comprenait un manège et des écuries) que Charles V s'y était fait construire, appelée "Le séjour du Roi". La rue prit alors le nom de rue du Séjour, puis de rue du Jour.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Au 30 de la rue Montmartre, une plaque est accolée au mur de l'immeuble : elle marque l'emplacement de l'ancienne Porte Montmartre.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Tandis qu'au 29 de la rue Etienne Marcel voisine se trouve une autre plaque rappelant l'emplacement de l'ancien théâtre de l'Hôtel de Bourgogne dont la troupe rivalisait avec celle de Molière.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Construite en 1408 par le Duc Jean-sans-Peur, cette tour (du même nom) est l'unique vestige du palais parisien des Ducs de Bourgogne. Elle est donc postérieure à la construction de l'enceinte de Philippe Auguste mais a été construite en s'appuyant dessus.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Tiens tiens, la haie est habitée par ce beau jour printanier...

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Nous voici maintenant dans la rue Tiquetonne qui joint la rue Saint-Denis à la rue Montmartre en empruntant le parcours de la muraille dont elle était le chemin de ronde extérieur. Son côté impair était presque entièrement dévolu à l'Hôtel de Bourgogne.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Un peu plus loin, une plaque apposée dans la rue Saint-Denis rappelle qu'ici se trouvait autrefois la Porte du même nom, dite aussi Porte aux peintres du fait de sa proximité avec l'impasse des Peintres voisine.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite 

    Voisin de la rue Beaubourg, le Jardin Anne Frank où nous nous reposons un petit peu tandis qu'Anne-Marie reprend ses explications.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Un peu plus loin, au 55 de la rue des Francs-Bourgeois, la cour du Crédit municipal de Paris (aussi connu sous le nom de "Mont-de-Piétée ou "chez ma tante") recèle les bases d'une des tours de l'enceinte (qui a été surmontée d'une tourelle en briques plus récente). On la nomme Tour Pierre-Alvart : je n'ai pas trouvé pourquoi...

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    On remarque au sol (devant la porte) un pavage délimitant une large bande suivant le tracé de l'ancienne enceinte.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Les aménagements du Jardin des rosiers-Joseph Migneret mettent en valeur les restes d'une autre tour.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Notre promenade touche à sa fin... Nous voici arrivés rue Charlemagne dans le 4ème.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Un charmante fontaine a retenu mon attention (elle est bien sûr totalement hors sujet !).

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Au coin de la rue des Jardins Saint-Paul et de la rue Charlemagne, une tour : encore une me direz-vous !

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Elle porte le nom de tour Montgomery en vertu de la tradition qui veut que Gabriel de Montgomery y fût enfermé pour avoir provoqué involontairement la mort d'Henri II après l'avoir blessé d'un coup de lance dans l'oeil lors d'un tournoi le 30 juin 1559. Le Roi avait organisé un tournoi pour célébrer les mariages de sa fille avec le Roi d'Espagne et de sa soeur avec le Duc de Savoie. Pas de chance : dix jours d'agonie...

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Anne-Marie nous a réservé le "clou" de la balade : un pan entier de l'enceinte avec deux tours (Photos tirées d'internet : cet espace est maintenant dévolu aux jeunes qui y jouent au basket...).

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Et voilà le Quai des Célestins, terme de notre promenade

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Une pelle Stark indique qu'ici se tenait la tour Barbeau où s'achevait, pour la rive droite, l'enceinte de Philippe Auguste édifiée aux frais des bourgeois de la ville avant le départ du Roi pour la croisade. Par temps de troubles, elle était reliée à une autre tour, dite tour Loriaux, située dans l'île, elle-même reliée au Château de la Tournelle, sur la rive gauche, par des chaînes qui reposaient sur des radeaux amarrés à des pieux profondément enfoncés dans le fleuve.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Sur le plan de Braun ci-dessous, on voit bien l'emplacement de la tour de Barbeau et le Château de la Tournelle. Vous remarquerez qu'à cette date l'île Saint-Louis actuelle est constituée de deux îles (l'île aux vaches et l'île Notre-Dame).

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Merci beaucoup Anne-Marie pour ce voyage dans le temps.


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