• C'est un livre très pudique que je viens de terminer et pourtant il s'y passe des choses qui en ce début du XXème siècle sont totalement proscrites, et par l'église, et par la morale bien pensante de cette bourgeoisie dans laquelle l'histoire se déroule.

    Victoire a été mariée à Anselme, un notable de cette petite ville du Cher (il y est notaire), presque contre son gré, par des parents pressés de "caser" la quatrième de leurs sept filles.

    On n'a jamais appris à Victoire à aimer son corps : elle ne sera femme, lui a-t-on dit, que quand elle donnera la vie à un enfant. Mais Victoire a un dégoût très grand pour tout ce qui touche au sexe (elle appelle cela "l'enchevêtrement immonde")... et le couple, bien que marié depuis cinq ans, n'a toujours pas d'enfant.

    L'enfant, il va venir d'Anselme qui, régulièrement, abuse de la petite bonne : rien d'extraordinaire à cette époque et dans ce milieu social.

    Et Céleste tombe enceinte.

    Le couple décide alors d'adopter l'enfant et de ne pas renvoyer Céleste, chose qui se faisait souvent dans ces circonstances.

    Victoire, qui dans un premier temps n'arrive pas à s'attacher à l'enfant (c'est un garçon qu'ils ont appelé Adrien : il reprendra l'étude notariale, se félicite Anselme), laisse maintenant Céleste prendre chaque nuit son bébé dans sa chambre et rapidement les deux femmes s'y retrouvent dans une communion des corps...

    Et puis dans ce livre, le piano joue un grand rôle : Victoire aime à jouer la sonate au clair de lune de Beethoven en particulier. Léonor de Récondo n'est pourtant pas pianiste mais violoniste baroque de renom.

    Un livre très émouvant d'une auteure, Léonor de Récondo, que j'ai bien envie de découvrir à travers d'autres romans. 


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  • Mercredi dernier - et avant les nouvelles mesures de confinement qui ne devaient pas tarder à arriver... - j'ai visité la Grande Mosquée de Paris en compagnie de mon amie Marie-Chantal venue déjeuner chez nous. Notre dernière invitation avant longtemps je pense...

    Façade sur la rue Geoffroy Saint-Hilaire (Paris 5ème)

    Visite libre de la Grande Mosquée de Paris

    L'entrée de la mosquée quant à elle se situe au 6 de la rue Georges Desplas.

    Edifiée en 1926 pour rendre hommage aux musulmans qui s'étaient battus pour la France pendant la première guerre, la Mosquée de Paris a fière allure avec son croissant et son minaret.

    Le maréchal Lyautey s'exprima ainsi à l'époque : « Quand s’érigera le minaret que vous allez construire, il ne montera vers le beau ciel de l’Ile de France qu’une prière de plus dont les tours catholiques de Notre-Dame ne seront point jalouses ».

    Visite libre de la Grande Mosquée de Paris

    Pas de visite guidée ce jour-là : nous nous sommes donc promenées librement dans les lieux pour la modique somme de 3 euros par personne.

    Le plan de la mosquéeVisite libre de la Grande Mosquée de Paris

    A l'entrée, on est tout de suite frappés par l'élégance du lieu : portes en bois sculpté et ajouré, mosaïques de carrelages décorent cet espace dédié à la circulation autour d'un jardin central.

    Visite libre de la Grande Mosquée de Paris

    L'unité du jardin intérieur, inauguré en 1926, repose sur des lignes verticales de cyprès accompagnant de leur pureté la force de l'architecture et la spiritualité des lieux.

    Visite libre de la Grande Mosquée de Paris

    Oubliés ici la circulation extérieure des voitures et l'agitation de la ville...

    Visite libre de la Grande Mosquée de Paris

    Les vers de Baudelaire ne peuvent mieux définir ce lieu...

    Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
    Luxe, calme et volupté.

    Visite libre de la Grande Mosquée de Paris

    J'ai flashé sur les carrelages qui ornent le bas des murs.

    Visite libre de la Grande Mosquée de Paris

     Cette fenêtre ornée d'une grille est surmontée d'une élégante fresque mêlant écriture arabe et dessin.

    Visite libre de la Grande Mosquée de Paris

    Ne parle-t-on pas d'arabesques... ?

    Visite libre de la Grande Mosquée de Paris

     Du verre coloré pour orner cette porte

    Visite libre de la Grande Mosquée de Paris

    Celle-ci nous fait déboucher sur un grand patio qui a été couvert sans doute pour protéger les mosaïques qui en recouvrent le sol.

    Visite libre de la Grande Mosquée de Paris

    Les murs de la galerie faisant le tour du patio sont superbement ornés : la délicatesse de l'art arabo-musulman est légendaire...

    Visite libre de la Grande Mosquée de Paris 

    Visite libre de la Grande Mosquée de Paris

    De superbes chapiteaux aussi en haut de ces piliers

    Visite libre de la Grande Mosquée de Paris

    Visite libre de la Grande Mosquée de Paris

    Superbe aussi, ce plafond de bois

    Visite libre de la Grande Mosquée de Paris

    Je n'ai pas osé entrer à l'intérieur de la salle de prières car des hommes y priaient mais j'ai trouvé cette photo sur le net qui rend compte du nombre important des colonnettes qui en soutiennent le plafond.

    Visite libre de la Grande Mosquée de Paris

    La bibliothèque de l'Institut musulman possède de grands rayonnages en bois sculpté contenant des ouvrages anciens ; un grande table centrale permet aux étudiants d'y étudier les écritures saintes dont, en particulier,le Coran.

    Visite libre de la Grande Mosquée de Paris

    Elle possède un plafond très élégant permettant un éclairage naturel grâce à des ouvertures périphériques.

    Visite libre de la Grande Mosquée de Paris

    La porte donnant sur le jardin est ornée de sculptures géométriques (selon la tradition musulmane).

    Visite libre de la Grande Mosquée de Paris

    Visite libre de la Grande Mosquée de Paris

    De gros clous encadrent son imposant loquet en bronze.

    Visite libre de la Grande Mosquée de Paris

    Vue sur le minaret depuis le jardin

    Visite libre de la Grande Mosquée de Paris

    Une galerie couverte entoure le jardin, bordée par d'élégantes colonnettes en marbre rose.

    Visite libre de la Grande Mosquée de Paris

    Depuis les arches des colonnes, on peut avoir une vue sur le minaret.

    Visite libre de la Grande Mosquée de Paris 

    Direction la sortie... 

    Visite libre de la Grande Mosquée de Paris

    Allez, deux petites dernières : mon amie Marie-Chantal devant la fontaine aux ablutions

    Visite libre de la Grande Mosquée de Paris

    et Bibi Fricotin itou !

    Visite libre de la Grande Mosquée de Paris

    Une prochaine fois, j'essaierai de faire une visite guidée pour apprendre des choses sur l'Islam...


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  • Sigismond Gubanski, le chef de chœur de ma nouvelle chorale, a organisé dernièrement un week-end musical à Dammemarie-les-Lys, pour travailler plus en profondeur nos chants en vue du prochain concert prévu le 29 mars prochain (concert auquel je ne participerai pas pour cause de fête familiale).

    Je me suis tout de même inscrite à ce week-end car j'en avais entendu parler très positivement par mes collègues chanteurs du jeudi soir et puis, Sigismond en avait fait la promo !

    Nous étions hébergés au Centre du Bois-du-Lys qui a pour vocation d’accueillir des groupes de tous horizons (le centre est international) dans un cadre agréable : il est situé tout près de Melun et de la forêt de Fontainebleau. J'ai découvert sur cette photo prise par avion qu'il semblait même qu'il y ait une piscine pour les beaux jours...

    Week-end chorale à Dammemarie-les-Lys

    La construction fait assez "Hôtel Ibis" je trouve mais les locaux sont très propres et fonctionnels.

    Week-end chorale à Dammemarie-les-Lys

    Week-end chorale à Dammemarie-les-Lys

    Mon amie Marie-France était aussi de la partie : nous avons fait chambre commune, une première mais peut-être pas une dernière...

    Week-end chorale à Dammemarie-les-Lys

    Notre balcon (dont nous ne profiterons pas vraiment) donne sur la campagne.

    Week-end chorale à Dammemarie-les-Lys

    Une fois le café pris (accompagné de petites douceurs apportées par les uns et les autres), Sigismond a commencé l'après-midi par une séance de yoga qui m'a fait beaucoup de bien : elle a tout de même duré une demie-heure... Il nous a dit que sur internet on pouvait trouver de bonnes séances de méditation (Youtube Cédric Michel : ICI).

    Week-end chorale à Dammemarie-les-Lys

    Voici quelques unes de mes collègues alti : Marie-France au premier plan, puis Maria, Nadine et Annie.

    Week-end chorale à Dammemarie-les-Lys

    Marie-France, c'est moi qui l'ai débauchée de notre ancienne chorale !

    Week-end chorale à Dammemarie-les-Lys

    La grande salle où nous avons répété possédait de jolies vitres.

    Week-end chorale à Dammemarie-les-Lys

    Samedi après-midi, c'était boulot boulot : nous avons répété "Il bianco e dolce cigno", une chanson italienne mise en musique au XVIème siècle par Jacob Arcadelt (1505-1568). Sigismond avait la possibilité de faire répéter un pupitre tandis qu'un autre s'isolait dans une salle voisine, ce qui a permis de faire avancer le Schmilblic !

    Voici un petit bout de la répétition des basses montrant que chacun s'occupe pendant ce temps-là, les uns reprenant un petit café, les autres consultant leur téléphone : bref, c'est la liberté comme nous l'a signifié notre chef de chœur !

    A suivi un très bon dîner (la cuisine du centre est excellente avec au menu, une soupe maison suivie d'un morceau de porc fondant aux lentilles, de fromages et d'un dessert). Le Centre nous ayant offert un petit apéritif, tout le monde a trinqué à la chorale...

    Photos de Jacques

    Week-end chorale à Dammemarie-les-Lys

    Week-end chorale à Dammemarie-les-Lys

    Week-end chorale à Dammemarie-les-Lys

    Quand les choristes ont entamé "Pije Kuba", une chanson à boire polonaise, je n'ai pas eu le réflexe de l'enregistrer : en voici une version donnée par Youtube.

    La serveuse, émue d'entendre sa langue natale, s'est rapprochée de Sigismond, lui aussi d'origine polonaise, et Jacques en a profité pour faire une belle photo.

    Week-end chorale à Dammemarie-les-Lys

    la soirée a continué : elle était réservée aux choristes.

    Certains ont chanté en solo ou en duo, parfois accompagnés par Sigismond, d'autres ont joué d'un instrument, d'autres encore se sont exprimés en interprétant un extrait d'une pièce de théâtre ou encore en disant un texte personnel.

    C'est Marie-Jeanne qui a entamé la soirée musicale en chantant et s'accompagnant au piano.

    Ghislaine a ensuite chanté une très jolie chanson de Céline Dion : "S'il suffisait d'aimer". J'ai découvert ainsi qu'elle avait une très jolie voix, ce qui ne s'entend pas forcément au sein d'une chorale.

    Quel courage de chanter ainsi en solo !

     

    Maria et Hélène ont interprété une cantate de Vivaldi "Vieni, vieni o mio diletto".

    Vieni, vieni, o mio diletto
    Che il mio core tutto affetto
    Gia t'aspetta e ogn'or ti chiama...

    Un beau duo : sympa de s'être concertées ainsi en amont !

    La voix de Jean-Mathieu (je l'avais repérée au Club Musical) nous a enchantés avec une chanson sicilienne, "Silenziu d'amuri" dont voici la traduction.

    Je t’ai aimée dès le berceau,
    Je t’ai donné de la douceur miette après miette.
    Silence d’amour qui coule dans les veines,
    Il m’est impossible de te quitter.
    Ne pleurez pas, vous, les oliviers :
    L’amour et la tendresse viennent de loin.
    Ma joie bien aimée, souffle de mon âme,
    Donne-moi ton cœur, je te donne ma vie.
    Ma pensée est vide et sans couleur
    Et ce n’est que quand une mère oubliera son enfant
    Que j’oublierai mon amour pour toi.
    Je t’aime, ma petite…
    Hirondelles, envolez-vous vers ma bien-aimée
    Et chantez pour elle dans la vie et la mort.
    Semblable au monde entier est la campagne,
    Tu es la reine et moi le roi d’Espagne.

     

    Nadine a fait un tabac avec sa "Complainte de l'alto", une production maison fort drôle.

     

    Jacques a interprété "Le faiseur de paniers", une chanson normande très répétitive et amusante à laquelle il nous a fait participer.

     

    Marie-Jeanne et Evelyne ont joué un extrait de la pièce de Christophe Duturon et Pierre Palmade, "Les fugueuses".

    Trop drôle !

     

    La soirée s'est continuée par une série de danses folkloriques, sous la direction de Sigismond. Je n'ai participé qu'à la première, loupant les danses Renaissance... 

    Cette soirée très réussie m'a permis, en tant que nouvelles choriste, de mieux connaître la personnalité de certains et de certaines de mes collègues. Le lendemain, après une nuit très courte pour certains..., nous nous sommes installés en cercle pour continuer les répétitions.

     Les ténors-basses (évidemment je ne peux pas filmer et chanter en même temps...) ont répété un motet composé en 1869 par Anton Bruckner pour la dédicace de la chapelle votive de la nouvelle cathédrale de Linz. Il est en latin et s'intitule "Locus iste".

    Ensuite, ce fut au tour des sopranos de plancher sur "Nabucco" de Verdi, bien aidées par Sigismond (eh oui, il peut prendre toutes les voix, même celle des sopranos !).

    Week-end chorale à Dammemarie-les-Lys

    A la fin, l'ensemble des choristes a entamé "Siyahamba", un hymne sud-africain. Il faudra que je l'apprenne pour le prochain concert...,

    sauf que celui-ci est annulé pour cause de...

    Week-end chorale à Dammemarie-les-Lys

     

    Les deux photos de groupe prises par Jacques

    Cliquez dessus pour les agrandir.

    Week-end chorale à Dammemarie-les-Lys

    Week-end chorale à Dammemarie-les-Lys

    Un weekend fort sympathique : à refaire l'an prochain !


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  • J'ai beaucoup aimé ce roman de la série noire de chez Gallimard.

    Hével

    En hébreu tardif : réalité éphémère, illusoire, absurde (Ancien testament)

    J'ai lu "Hével" de Patrick Pécherot : un roman noir sur fond de guerre d'Algérie

    L'histoire

    Janvier 1958. À bord d’un camion fatigué, Gus et André parcourent le Jura à la recherche de frets hypothétiques. Alors que la guerre d’Algérie fait rage, les incidents se multiplient sur leur parcours. Tensions intercommunautaires, omniprésence policière exacerbent haines et rancœurs dans un climat que la présence d’un étrange routard rend encore plus inquiétant…
    2018. Gus se confie à un écrivain venu l’interroger sur un meurtre oublié depuis soixante ans. Il se complaît à brouiller les cartes et à se jouer de son interlocuteur. Quelles vérités se cachent derrière les apparences ?
    Mémoire et mensonges s’entremêlent dans le dédale d’une confession où tout semble illusoire, fuyant, incertain… En un mot emprunté à L’Ecclésiaste : hével.

    ◄►◄►◄►◄►◄►

    Je ne saurais trop vous parler de ce livre sinon que son style m'a emballée : des phrases ultra courtes mais incisives. En voici un des chapitres où le romancier plaisante avec le lecteur sur l'appétit que ce dernier a de connaître la suite alors que lui-même s'amuse à tourner autour, enjolivant son récit de mille et un détails.

    "Quoi, qu'est-ce que vous avez ? Si, vous avez ! Vous vous impatientez, ne prétendez pas le contraire. Vous attendez que j'abrège. Que j'aille plus vite que la musique. Cavaler, en venir aux faits, l'époque veut ça. L'immédiat, la petite phrase. La lecture rapide. Le gazouillis sur vos tablettes. Du mot jeté en l'air, et du pas sorcier. De l'éjaculation fissa. Éjaculateur précoce, vous êtes ! Pour l'oublier, vous vous agitez. Pas de temps mort, jamais. Vous les bourrez de hauts débits. De formats gonflés. Vous voulez du surrégime, du pulvérisé comme les gratte-ciel de vos blockbusters. Les lignes sinueuses vous horripilent. Vous préférez le rectiligne. Les à-côtés vous insupportent. A l'arrivée, vous aurez compris quoi ? Vous saurez qui a tué le Colonel Moutarde ? Et après ? Vous serez plus avancé ?

    Si vous en êtes là, laissez tomber. J'essaie de vous parler odeurs, couleurs changeantes, arbres, brouillards et murs des villes. Si je pouvais, je vous dirais aussi les en-cas et les menus, pain et service compris. L'essentiel quoi, l'entre-les-lignes, les mots dans un regard, un geste, un port de tête. La parole est là autant qu'ailleurs. On la recueille ou on reste sourd. Question d'oreille. Ou de choix. Vous demandez du calibré. Balisé pour pas vous perdre. Moi, je donne dans la parenthèse, le hors-piste. Parti comme ça, je vous l'accorde, je serai pas tête de gondole. Et alors ?

    Le crime ? Vous êtes tous les mêmes. Ne craignez rien, nous y viendrons. Le crime... C'est la grande question. Caïn, Abel... L'éternel recommencement.

    En attendant, j'ai soif. Vous supporterez que je me rince la glotte.

    A la vôtre !"

    Le livre a fait l'objet d'une interview de l'écrivain à La Grande Librairie, l'émission de François Busnel.

    J'ai vraiment été emballée au point de lire le livre en une seule journée ! 


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  • Je vais vous raconter quelque chose qui va vous faire rire !

    Pendant notre dernier séjour à Courcelles, j'avais reçu un mail du Muséoparc d'Alésia m'annonçant le titre de leur prochaine exposition, un titre très alléchant puisqu'il s'intitule :

    "Dans les cuisines d'Alésia".

    Je propose donc à Philippe de profiter d'une journée assez ensoleillée au milieu de cette quinzaine venteuse et pluvieuse pour y aller faire un tour.

    Trois quarts d'heure après nous voici sur place. 

    Une balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Je précise à l'accueil que nous connaissons déjà le musée ainsi que le site archéologique d'Alise Sainte-Reine où s'est déroulée la bataille d'Alésia et que nous venons plutôt pour visiter l'exposition, ce à quoi je me vois répondre que celle-ci n'est pas commencée.

    Grande est ma déception : je réplique donc illico presto "Mais elle a débuté le 4 avril !"

    sauf qu'on n'est que le 20 février !!!

    Une balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Elle est bien bonne celle là, non ?

    Ma chute sur la tête - datant de quelques jours auparavant - y serait-elle pour quelque chose... ? Je ne crois pas sincèrement : juste une grosse envie de voir cette expo qui m'a fait prendre mes rêves pour la réalité !

    Heureusement, tout près du Muséoparc, il y a la cité médiévale de Flavigny sur Ozerain située au sommet d'un éperon rocheux, petite bourgade de l'Auxois que nous n'avons pas encore visitée.  

    Une balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Voici la Porte Sainte-Barbe qui donne accès à la ville depuis le parking.

    Une balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Tout juste sur notre droite se trouve la fabrique des "Anis de Flavigny", mondialement connue pour ses bonbons. Comme l'indique l'enseigne on peut, en dehors de sa boutique, y visiter la fabrique, le musée et la crypte carolingienne (du VIIIème siècle), seul vestige de l'ancienne abbaye Saint-Pierre.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Vous reconnaissez sur l'enseigne le fameux couple de berger-bergère associé aux anis de Flavigny.

    Le berger ouvre son cœur en offrant des Anis de Flavigny à sa bergère, voilà comment le bien bon bonbon vient au secours du berger trop timide pour exprimer sa déclaration.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    L'entrée de la boutique des anis de Flavigny se trouve dans un corps de logis datant des XVIIème et XVIIIème siècles : il  ne subsiste de l'abbaye Saint-Pierre construite au IXème siècle que la crypte.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

     Dans l'arrière boutique, on peut goûter à toutes sortes d'anis.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Il y en a à la mandarine, à la violette, à la rose, au citron, à la réglisse, à la menthe et même au gingembre !

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Des graines d'anis entières et moulues

     Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Elles sont le fruit d'une plante, l'anis vert, qui est cultivé sur des terres chaudes et légères. Ses fleurs blanches regroupées en ombelles apparaissent en juillet-août puis forment des graines oblongues très parfumées.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Dans la pièce suivante on peut s'attabler pour déguster des boissons et manger des petits gâteaux...

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    C'est ce que nous avons fait bien sûr après avoir visité le Musée de la fabrique : les voûtes du plafond rappellent que nous sommes ici sur le site d'une ancienne abbaye.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Dans la partie musée est présenté grâce à une télévision un film retraçant l'histoire des anis de Flavigny.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Dans la pièce sont regroupés aussi toutes sortes d'ustensiles servant à la fabrication des petits bonbons, comme des tamis et des bassines en cuivre, autrefois utilisés.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Les tamis

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    C'est dans des bassines telles que celle-ci qu'étaient versées les graines d'anis : un mouvement de rotation de la bassine leur permettait de s'imbiber uniformément du sirop versé dessus.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Photo de l'ancien temps...

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Ce petit poêlon à sucre servait-il à préparer le sirop ?

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    De grandes vitrines regroupent aussi toutes sortes d'objets ayant attrait à la fabrication.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    On peut y voir un livre de commandes attestant de la vente non seulement en France mais partout à l'étranger : Tunis, Lausanne, New-York, Karlsruhe, Montréal, La Réunion...

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    On peut y découvrir aussi un objet insolite : un distributeur de Cigaros-Anis.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Il se trouvait dans les magasins ou dans les grands hôtels parisiens.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

     Cette vitrine rappelle que les anis existaient déjà sous Louis XIV.

    La commercialisation des graines d'anis remonte en effet aux romains qui les ont découverts en Syrie et ramenés en Turquie (où l'on trouve le Raki) et en Grèce (où l'on trouve l'Ouzo). Les grecs s'installent à Marseille (ça donne le Pastis), ça monte jusqu'à Dijon (où l'on trouve le pain d'épices...) et quand on arrive à Flavigny, ça donne les dragées à la graine d'anis.

    C'est aussi simple que ça !

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

     Les épices de chambre

    C'est au Moyen-Age et à la Renaissance qu'un nouvel usage est donné aux épices : clous de girofle, gingembre, anis, genièvre, coriandre, poivres, amandes ou pignons... étaient plongés dans du sucre de canne fondu puis cuits et recuits dans un poêlon jusqu'à l'obtention d'une dragée non lissée. D'avantage destinées à soigner plutôt qu'à nourrir, ces "épices de chambre" étaient fabriquées chez les apothicaires ou dans les couvents et monastères : ce sont les ancêtres de nos confiseries.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Une autre pièce du musée est couverte d'affiches publicitaires sur les anis de Flavigny.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    De l'autre côté de la pièce, une vitrine contient des tas de documents sur les anis.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Quelques expressions employant le mot "dragée"

    Tenir la dragée haute : faire sentir son pouvoir à quelqu'un, comme si on lui présentait une friandise en la plaçant bien haute afin qu'il ne puisse pas l'atteindre.

    La dragée est amère : quand quelque chose est difficilement supportable.

    Avaler la dragée (ou la pilule) : supporter une chose désagréable. A partir du XIème siècle, quand le sucre est arrivé en Europe à la suite des croisades, on enroba les remèdes amers de sucre pour mieux les faire absorber.

    Une petite vidéo sur la fabrication des célèbres anis de Flavigny

    ◄►◄►◄►◄►◄►

    En sortant de la boutique, nous décidons de faire le tour du village classé "Plus beau village de France".

    L'origine du nom de la bourgade vient probablement du fait que - pendant le siège d'Alésia - César installa l'un de ses campements militaires sur la colline de Flavigny, voisine de celle d'Alise-Sainte-Reine. Après le départ des armées romaines, le général romain Flavinius se vit offrir une partie de cette terre formée de la colline où sera bâtie peu après la cité de Flavianiacum, devenue aujourd'hui commune de Flavigny-sur-Ozerain.

    Le plan du village est tarabiscoté, autrement dit : il est inutile pour moi de tenter de m'y repérer...

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Nous entrons dans le village par la porte située au sud, proche d'un parking où l'on peut laisser sa voiture afin de se promener librement.

    Le restaurant de l'Abbaye, situé sur la gauche de la rue du même nom, est fermé à cette époque et nous ne verrons pratiquement pas âme qui vive au détour des ruelles que nous avons arpentées.

    Une balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Juste en face de la fabrique d'anis, une jolie cour de ferme

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    On sent tout de suite que l'on va circuler entre les vieilles pierres...

    Cette maison à tourelle date du Moyen-Age.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    La maison au Donataire présente une façade du XVème siècle. Elle tire son nom de la présence d'un personnage qui accompagne la statue polychrome de la vierge à l'enfant située au premier étage entre les belles fenêtres à meneaux Renaissance.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Au rez-de-chaussée, les trois baies d'une échoppe

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    On aperçoit le donataire, tout en bas à gauche de la Vierge.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Ah, c'est mieux ainsi !

    Il s'agit ici d'une copie de la Vierge originale qui, ayant souffert des intempéries, est maintenant conservée à l'intérieur de la maison qui semble être une sorte de Syndicat d'initiatives.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Maison située en face de celle du Donataire

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Plus modeste, celle-ci mais tout aussi jolie

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Cette maison s'appelle "la maison au Loup" à cause de la gargouille qui en décore l'angle. Elle est du XIIIème siècle et possède une Vierge à l'enfant du XIVème.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Voilà la fameuse gargouille : bon, il faut savoir qu'il s'agit d'un loup...

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    La Vierge est protégée des intempéries par une vitre.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Une enseigne amusante traverse la rue montant à l'église Saint-Genest.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Sur la place de l'église, une curieuse maison

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    L'église Saint-Genest date des XIIIème au XVème siècles (Photo cristaldesaintmars.com).

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Elle contient des stalles du XVème et un ange de l'Annonciation est-il annoncé à l'entrée mais une grille en ferme l'entrée aux visiteurs et surtout aux cambrioleurs... Nous nous contenterons de la contourner.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Une jolie croix de village

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Maison Louis XII avec fenêtres du XVIème siècle

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Maison avec tourelle d'escalier du XVIème siècle et bien restaurée

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Les numéros des maisons sont joliment dessinés dans du fer forgé partout dans le village.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Au niveau de cette maison, on a accès aux remparts donnant sur la campagne.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Les jardins des maisons donnent sur le rempart...

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    qui se termine à la Porte de la Côte d'Or par une poterne datant du XVème siècle (Photo SN).

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Une poterne est une porte basse.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Retour dans le village...

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    La Tour de Guette a été construite au XVème siècle à proximité de l'église : son but était avant tout défensif comme en témoignent les meurtrières.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Au sortir du village, une statue de Henri Lacordaire

    En 1848, c'est Flavigny que choisit le Père Lacordaire pour venir restaurer l'Ordre des Dominicains : il y fonda l'abbaye sur les restes desquels est maintenant installée la fabrique d'anis.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Je me suis rendue compte en allant sur le net que nous avions loupé deux superbes portes de la ville (la Porte du Val et la Porte du Bourg)... Il faudra que nous y retournions.

    Nous en profiterons pour faire la visite guidée de la fabrique d'anis et des restes de l'abbaye Saint-Pierre.


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