• Je viens de terminer ce livre, "Les victorieuses" de Laetitia Colombani que j'ai lu "à défaut" de cet autre que m'avait conseillé ma copine Marie-Claire "La tresse" et que je n'avais pas trouvé en bibliothèque.

    Les victorieuses de Laëtitia Colombani

    Même si le Masque et la Plume l'a démoli majoritairement en le traitant de "littérature populaire", moi j'ai pris beaucoup de plaisir à suivre l'histoire de ces deux femmes qui y sont décrites avec beaucoup d'empathie.

    L'une, Solène (elle est avocate) a fait un burn-out suite au suicide d'un de ses clients, l'autre, Blanche Peyron, est à l'origine du Palais de la Femme ouvert en 1926 par l'Armée du Salut à Paris, lieu dans lequel la première retrouve un sens à sa vie en y pratiquant une activité bénévole d'écrivain public auprès de femmes venant de tous horizons.

    C'est vrai que j'y ai tout appris sur l'Armée du Salut (j'aime les romans ayant une trame historique) grâce à l'auteur qui décrit les combats de cette femme, Cheffe de l'Armée du Salut en France, qui voue sa vie aux plus démunies.

    Blanche Peyron vers 1915

    Les victorieuses de Laëtitia Colombani

    "Blanche nait à Lyon en 1867, d'un père français et d'une mère écossaise. Elle grandit à Genève. Son père, pasteur, décède lorsqu'elle n'a que onze ans. Sa mère se retrouve seule à élever cinq enfants. Cadette de la fratrie, Blanche témoigne déjà d'un fort tempérament. Éprouvant une profonde empathie pour la souffrance d'autrui, elle entre en rébellion contre toutes les formes d'injustice.../... A dix-sept ans, elle est envoyée en Ecosse dans la famille de sa mère, qui pense qu'un "petit changement d'air" lui serait favorable. Dans une réunion de salon, elle croise alors celle qu'on surnomme "la Maréchale", Catherine, fille aînée du pasteur anglais William Booth. Blanche a entendu parler de cet homme que beaucoup traitent d'illuminé ; il rêve de changer le monde, d'en abolir les inégalités. Parce que certains combats méritent une armée, il vient de créer une organisation inspirée du modèle militaire. Ecole, drapeau, uniforme, hiérarchie, rien ne manque à la panoplie. Son mouvement a pour ambition de lutter partout contre la misère, sans distinction de nationalité, de race ou de religion. Partie d'Angleterre, son Armée du Salut va conquérir la terre entière.../... De retour chez elle, Blanche annonce sa décision de s'enrôler dans l'Armée. Elle va intégrer l'Ecole militaire de Paris !"

    Le livre se présente sous la forme de chapitres consacrés alternativement à Solène dont on suit la progressive acceptation par les "locataires" du Palais de la Femme, et à Blanche qui suit inexorablement son bonhomme de chemin avec une seule idée en tête : venir en aide aux femmes et aux enfants sans foyer. Elle y arrivera puisqu'elle parviendra à lever les fonds nécessaires au rachat d'un immeuble et à sa réhabilitation.

    Au 94 rue de charonne se trouve le "Palais de la Femme".

    Les victorieuses de Laëtitia Colombani

    Bien sûr les phrases sont courtes et simples : pour moi, c'est une qualité (je ne suis jamais arrivée à lire Marcel Proust...). D'autres y verront un défaut...

    Chacun y trouve ce qu'il cherche !

    Deux ans après la fin de ses travaux de réhabilitation, le Palais de la Femme inaugure son bâtiment entièrement réhabilité, le 27 juin 2011. Cette métamorphose a permis la mise en conformité avec les normes de sécurité et surtout la création de chambres individuelles toutes dotées de sanitaires. Des espaces collectifs telles une salle de sport et une bibliothèque permettent par ailleurs de créer de la vie au sein de l’établissement. Cette réhabilitation, menée par Immobilière 3F, a été financée conjointement par le Conseil régional d’Île-de-France, la Ville de Paris, l'Etat, les collecteurs d’Action Logement et les donateurs de la Fondation de l’Armée du Salut. 350 femmes, dont 20 avec enfants, sont aujourd’hui accueillies dans l’établissement. Souhaitons longue vie à cet établissement, surtout à une époque où, plus que jamais, de nombreuses femmes se retrouvent seules dans des situations désespérées !!! (extrait du Blog "Le Piéton de Paris")


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  • Anne-Marie avait réservé ce matin auprès de Monsieur Obel de "Paris-Art et Histoire" que nous connaissons bien maintenant, une visite guidée de l'Hôtel de Beauvais situé au 68 rue François Miron dans le Marais (antérieurement rue Saint Antoine).

    Un aparté : vous vous demandez peut-être qui était François Miron ?

    Surnommé "le Père du Peuple", il a été prévôt des marchands (l'équivalent de maire) de 1604 à 1609 et a sa statue sur la façade de l'Hôtel de Ville de Paris.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Anne-Marie avait eu la présence d'esprit de nous dire qu'en cette période de grève des transports nous pourrions nous y rendre par les deux lignes automatiques (la ligne 14 et la ligne 1) mais, à ma grande surprise, le matin la ligne 7 fonctionnait, ce qui m'a permis de me rendre sur place rapidement. D'autres ont suivi le conseil d'Anne-Marie ou sont même venues en bus, ce qui fait qu'à 10 heures pétantes nous étions au complet ou presque (19 personnes sur les 20 prévues) devant le métro Saint-Paul.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Monsieur Obel nous parle d'abord du quartier du Marais (en blanc sur la photo), situé entre les places de la Bastille, de la République et les Halles.

    Cliquez sur l'image pour la voir en grand.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Comme vous le savez, les marécages ont été asséchés dès le Moyen-Age ; au XVIIème siècle, les aristocrates y ont fait construire leurs maisons de ville ou hôtels particuliers.

    Quant à l'Hôtel de Beauvais, il prend son origine dans une maison de ville construite au début du XIIIème siècle pour les abbés de Chaalis dont l'abbaye était située dans la forêt d'Ermenonville, donc loin de Paris, et qui avaient besoin d'un point de chute dans la capitale.

    Nous voici donc devant le n°68 de la rue François Miron : impossible dans cette rue étroite de prendre le recul nécessaire pour photographier l'intégralité du bâtiment qui porte les drapeaux de la République puisqu'il est maintenant le siège de la Cour administrative d'appel de Paris.

    Les quatre ouvertures au rez-de-chaussée correspondent à d'anciennes boutiques surmontées d'un entresol ayant servi de logements.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Notre guide nous montre les différents étages de la construction qui n'a pas toujours été telle qu'on la trouve aujourd'hui : en effet, au XIXème siècle - quand le bâtiment a été transformé en maison de rapport et découpé en logements - un étage intermédiaire a été construit entre le 1er et le 2ème étages (dénaturation rendue possible par la hauteur sous plafond de 7 mètres).

    La façade actuelle a été rétablie au début des années 90 pour ressembler à ce qu'elle était au XVIIIème siècle lors du passage du roi Louis XIV et de l'infante Marie-Thérèse tout juste mariés. On y compte donc seulement quatre étages y compris celui des mansardes.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Il nous fait remarquer aussi l'alternance des balcons en pierre et en fer forgé, décorés par des mascarons de pierre.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Avant d'entrer pour faire la visite, Monsieur Obel nous montre la forme biscornue du terrain, étroit par ailleurs, dont Antoine Le Pautre, l'architecte choisi par Pierre de Beauvais qui se rend propriétaire de l'hôtel dès 1654 (il l'achète à l'épouse de Nicolas Fouquet), a su tirer profit pour construire cet Hôtel.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Derrière la lourde porte en bois, on nous demande nos cartes d'identité : il s'agit d'un bâtiment du ministère de la Justice, il faut montrer patte blanche comme dirait notre célèbre fabuliste...

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    On accède alors à la grille en fer forgé séparant la voûte d'entrée de la cour intérieure.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    La jolie rotonde est décorée au plafond de triglyphes et de métopes représentant des têtes d'animaux morts, des boucliers et des petites formes ailées (je ne me souviens plus exactement de ce que Monsieur Obel nous a dit à ce sujet...).

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Avouez que cette entrée est grandiose !

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Les chaises à porteur, très en vogue au XVIIème et XVIIIème siècles, entraient y déposer leur riche et noble clientèle...

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    tandis que de très élégants chasse-roues protégeaient les murs des détériorations dues au passage des carrosses. 

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Le plan de la cour est constitué d'un rectangle prolongé d'un trapèze auquel est accolé un demi-cercle.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Au rez-de-chaussée, les cinq portes vitrées en arc-de-cercle étaient les anciennes écuries. La chapelle, au premier étage sert actuellement de cuisine au Président de la cour...

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Monsieur Obel nous emmène maintenant dans les sous-sols de l'Hôtel où se trouvent les restes de la construction du Moyen-Age entreprise par les moines de l'abbaye de Chaalis. 

     Dans cette petite pièce circulaire, des plans de la façade de l'Hôtel aux différentes époques. Je n'ai pas eu le temps de les prendre correctement en photo... 

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    On y découvre une salle voûtée au décor très sobre : l'abbaye de Chaalis obéissait à la règle de Saint-Benoit, très stricte, observée dans les abbayes cisterciennes.

    Cette salle servait d'entrepôt aux moines ; elle est actuellement utilisée pour des manifestations festives comme en témoignent les petites tables qui y ont été installées.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Les seuls décors sont ceux de ces chapiteaux ornés de feuilles de roseau et de feuilles de chêne, une végétation présente près de l'abbaye de Chaalis nous a dit Monsieur Obel.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Celui-ci nous explique que l'état actuel de la cave date des années 2000 lors de la dernière restauration : les murs de soutènement qui avaient été construits au XVIIème siècle lors de la construction de l'Hôtel ont été détruits et remplacés par une chape de béton armé. Un exemple de ces murs de soutien sert de témoin du passé.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

     Nous voici remontés dans la cour de l'Hôtel dont nous voyons ici l'autre façade.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

     Tout autour de la coursive qui fait le tour de la cour, une frise de triglyphes et de métopes.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Elle rend hommage à Louis XIV par les lions et à la propriétaire de l'Hôtel, Catherine Bellier, l'épouse de Pierre de Beauvais par les béliers.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    On peut aussi observer de ce de là les initiales entrelacées de Pierre de Beauvais et de Catherine Henriette Bellier (P-B-C-H-B)

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

     Au fond de la cour, sous les cinq œils-de-boeuf surmontant les portes des anciennes écuries, des mascarons très originaux.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Au centre, un faune avec ses cornes et ses oreilles pointues...

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    A sa gauche, une figure féminine portant de lourds pendants d'oreille qui pourrait représenter Anne d'Autriche : Catherine Bellier était sa dame de compagnie, elle était suffisamment proche de la reine-mère pour lui administrer ses clystères et avait par ailleurs été chargée par celle-ci de "déniaiser" le jeune Louis XIV âgé de 14 ans... On dit d'ailleurs que les fonds nécessaires à l'achat de l'Hôtel de Beauvais par Pierre de Beauvais pour son épouse seraient en partie venus de la reine-mère... Comme quoi, les délits d'initié, ce n'est pas nouveau ! En fait non : il s'agissait là d'un remerciement pour services rendus au Roi...

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Tout à fait à gauche, un pierrot pleureur de la Comedia dell'Arte

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Il fait face au mascaron du maître de maison, Pierre de Beauvais, un souriant moustachu (mais peut-être s'agit-il ici également d'un personnage de la Comedia dell'Arte... ?)

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Juste à côté, le dernier mascaron représenterait Catherine Bellier, dite Cateau-la-Borgnesse en raison de sa laideur légendaire (elle était borgne et Anne-Marie me signale que dans le téléfilm "La prise du pouvoir par Louis XIV" de Roberto Rossellini, elle portait un bandeau). J'ose espérer que les outrages du temps sur la pierre ont encore contribué à enlaidir cette femme dont on dit par ailleurs (Saint-Simon) qu'elle était très instruite et très intelligente.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Avant de quitter cette jolie cour pour monter à l'étage, une photo de la plaque apposée ici par les allemands : elle rappelle que Mozart séjourna dans cette "maison" pendant cinq mois de l'année 1763, il avait à l'époque 7 ans (son père, conscient qu'il avait un enfant prodige, le faisait se produire à cette époque dans toutes les cours d'Europe). L'Hôtel fut en effet loué à cette époque par le comte Maximilien Emmanuel Franz van Eyck (1711-1777), ambassadeur de l'électeur de Bavière, qui l'acheta par la suite.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Un aller-retour maintenant à l'étage par l'escalier situé dans la cour, uniquement pour le plaisir de découvrir ce superbe escalier de pierre orné d'une belle rampe en fer forgé qui dessert le premier étage.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Vue sur le porche d'entrée de l'Hôtel depuis l'étage

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Au niveau de la voûte d'entrée, une porte donne accès à l'étage par un escalier monumental. Cette porte a son pendant juste en face, en trompe l'œil, rien que pour respecter la symétrie de l'édifice.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Le décor intérieur de la cage d'escalier est somptueux.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Superbes, ces chapiteaux corinthiens décorant les colonnes de soutien de l'escalier !

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    L'escalier donnait autrefois directement sur la cour : les fenêtres ont été installées ultérieurement pour le confort des magistrats de la Cour.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    C'est dans ce petit espace que les porteurs de chaise déposaient leur "voiture" en prenant soin d'en retirer les bâtons pour ne pas se les faire voler.

    Une expression bien connue en découle peut-être : "mener une vie de bâtons de chaise".

    « Ces bâtons de chaise, ôtés, remis, pliant sous la charge et servant à l’occasion d’armes offensives et défensives, avaient en effet une existence tourmentée… Et les porteurs donc ! » (Claude Duneton)

     D'autres hypothèses ont été faites sur l'origine de cette expression mais celle-ci me plait.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    En prenant de la hauteur...

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13 

    On accède à un palier où Monsieur Obel nous rassemble pour nous conter l'histoire de l'arrivée à Paris du Roi Louis XIV de retour de Saint-Jean-de-Luz où il vient d'épouser l'infante Marie-Thérèse d'Autriche. Le Roi entre dans Paris par la place du Trône (actuelle place de la Nation) où ont été installés deux trônes pour les époux royaux. Le cortège se dirige ensuite vers l'Hôtel de Beauvais où Anne d'Autriche, la reine-mère, a pris place au balcon pour voir arriver son royal rejeton.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Un tableau représente l'Hôtel à cette époque.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Il surmonte une frise réalisée dans du cuivre représentant tout le cortège en accordéon : il y a du monde ce jour-là...

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    On peut y voir "le Roy" à cheval

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    et "le carrosse du corps de la Reine"

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    La pièce voisine qui sert d'accueil à la Cour d'appel offre une belle vue sur l'arrière de l'Hôtel.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    On voit bien ici que l'Hôtel est contigu avec des bâtiments plus ordinaires : Monsieur Obel nous a expliqué en effet que c'est le cas des hôtels particuliers du Marais contrairement au très riche 7ème arrondissement où ils sont sont touche-touche.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    La salle d'audience se trouve juste à côté. Curieusement des chaises y sont installées alors que les jugements se rendent par écrit nous dit notre guide... Nous en avons profité pour nous y asseoir en l'écoutant nous expliquer brièvement le fonctionnement de la Cour !

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Merci à Monsieur Obel pour cette visite tout à fait passionnante et à Anne-Marie pour nous l'avoir proposée...


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  • Ce 30 décembre 2019, le blog a atteint des sommets de fréquentation : 258 accès dans la journée tous pays confondus pour 359 pages vues...

    Le blog explose !

    Ce qui est intéressant, c'est qu'il est en phase de croissance régulière depuis sa création en 2015.

    Le blog explose !

    Par Google analytics, je peux même connaître les pays qui le consultent : évidemment les pays francophones sont en tête mais je suis lue jusqu'en Australie !

    Le blog explose !

    Me voici récompensée du mal que je me donne...

    Fière la fille !


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  • Les fêtes m'ont empêchée jusqu'à ce jour de poster un billet sur la visite que j'ai faite avec ma soeur Arlette de l'exposition Greco qui se tient en ce moment au Grand Palais.

    L'exposition Greco au Grand Palais

    Est-il besoin de la préciser ? Ce 18 décembre, nous sommes en pleine période de grève des transports sur Paris mais... nous avons réservé ces billets de longue date : dommage donc de les perdre car les musées parisiens ne sont pas en grève et ne remboursent donc pas leurs visiteurs comme l'Opéra de Paris - qui lui, en grève - le fait pour ses spectateurs !

    Nous décidons donc de prendre un bus à la Porte d'Orléans, le 92, jusqu'au pont de l'Alma situé non loin du Grand Palais... Je vous fais un dessin ou ça ira comme ça ?

    L'exposition Greco au Grand Palais

    Un bon 3/4 d'heure plus tard (les portes du bus mettent un temps fou à se refermer à chaque arrêt vue l'affluence...) nous voici arrivées à bon port.

    Il fait beau : nous pouvons admirer la très récente Cathédrale orthodoxe de Paris située au pied de la Tour Eiffel ou presque, cathédrale dessinée par Jean-Michel Wilmotte dont la construction a fait couler beaucoup d'encre...

    L'exposition Greco au Grand Palais

     Si Poutine tient à avoir son église à Paris, c’est que l’enjeu n’est pas seulement spirituel mais géostratégique : la religion orthodoxe ne se reconnaît pas de pape mais quinze patriarches qui représentent chacun une langue et un pays. Moscou dispute de longue date à Constantinople (actuelle Istanbul) la suprématie religieuse. Une cathédrale en majesté à Paris – « cœur de l’Europe » selon Vladimir Kojine – signerait le grand retour de la Sainte Russie sur la scène internationale.

    L'exposition Greco au Grand Palais

    Prenant la rue Jean Goujon (en souvenir de mon père qui y a fait toute sa carrière chez Rhône-Poulenc...), nous passons devant le Monument commémoratif de l'incendie du Bazar de la Charité (justement sur les petits écrans cette semaine) : celui-ci est fermé, il n'est ouvert que lorsque des messes y sont célébrées. 

    L'exposition Greco au Grand Palais

    Nous voici maintenant au Grand Palais, prêtes à visiter cette exposition exceptionnelle.

    L'exposition Greco au Grand Palais

     Né en 1541 en Crète, Domenico Theotokopoulos, dit El Greco, fait son premier apprentissage dans la tradition byzantine avant de parfaire sa formation à Venise puis à Rome. C’est cependant en Espagne que son art s’épanouit et s’implante durablement à partir de la décennie 1570. Attiré par les mirifiques promesses du chantier de l’Escorial, l’artiste importe dans la péninsule la couleur du Titien, les audaces du Tintoret et la force plastique de Michel-Ange. Cette éloquente synthèse, originale mais cohérente par rapport à sa trajectoire, donne à Greco, mort quatre ans après Caravage, une place particulière dans l’histoire de la peinture, celle du dernier grand maître de la Renaissance et du premier grand peintre du Siècle d’Or.

    Ce sont les avant-gardes européennes qui, au tournant des XIXe et XXe siècles, redécouvrent Greco, éblouis par son oeuvre à la fois fougueuse et électrique, inscrivant son nom à côté du leur dans le grand livre naissant de la modernité.

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    Greco naît et grandit à Candie, capitale de la Crète, dans une famille de condition modeste. On y parle le grec et le dialecte vénitien : s'y mêlent chrétiens orthodoxes et latins. Dans cette atmosphère cosmopolite, l’école de peinture crétoise compte environ 150 artistes qui peignent des icônes dans une technique et un style traditionnels : à la détrempe (les pigments sont liés avec de la gomme arabique), sur fond d’or, sans représentation de la profondeur ou du modelé.

    De cette période sont conservées quelques œuvres, de petites dimensions, peintes sur bois ou sur toile.

    Sainte Véronique (vers 1580)

    Le tableau était autrefois placé au niveau supérieur d'un retable monumental. En peignant Sainte Véronique portant le voile sur lequel s'est miraculeusement imprimé le visage du Christ lors de la Passion, Greco aborde la question délicate de la représentation de Dieu et de la légitimité de l'art.

    L'exposition Greco au Grand Palais

    Autel portatif, dit Tryptique de Modène

    Tel un oratoire mobile, cet objet de dévotion était destiné à pouvoir accompagner son propriétaire. Sa forme est typiquement crétoise mais les emprunts à la gravure italienne et à la peinture vénitienne témoignent des nouveaux intérêts de Greco. L'oeuvre est le point de départ de sa carrière de peintre de la Renaissance. Certains motifs et détails se retrouvent dans d'autres peintures tout au long de sa vie : la bouche infernale, les figures dansantes, le schéma de l'Annonciation.

    L'exposition Greco au Grand Palais

    Le Christ portant la croix (vers 1570)

    L'exposition Greco au Grand Palais

     Saint Luc, patron des peintres, est représenté ici sous les traits d'un enlumineur (vers 1605)

    L'exposition Greco au Grand Palais

    Greco ne souhaite pas demeurer un peintre d’icônes. Il embarque alors pour Venise en 1567, la destination naturelle de nombreux peintres crétois. Au cours de son séjour vénitien qui dure 2 ou 3 ans, Greco s'essaie au support de toile, adopte des formats plus importants et la technique de la peinture à l’huile. Il s’efforce d’assimiler les techniques et le langage coloriste des grands artistes qui dominent alors le marché de cette cité, Titien, Tintoret, Bassano.

    Dans ce tableau, La mise au tombeau du Christ (1568-1570), il conjugue le sens de la couleur aux inventions de Michel-Ange. Discrètement, il insère dans l'arrière-plan le portrait de son modèle, Titien, reconnaissable à son bonnet.

    L'exposition Greco au Grand Palais

    A Rome où il se rend ensuite à partir de 1572, il est un étranger, sans appui, maîtrisant imparfaitement la langue italienne et ignorant la technique de la fresque : il n'est pas aisé de s'y faire une place dans une ville aux mains de dynasties d'artistes bien installés...

    Il va alors en Espagne et se déplace entre Madrid et Tolède en quête de mécènes. Luis de Castilla, que Greco a rencontré à Rome, l’assure de son soutien auprès de son père Diego de Castilla, doyen des chanoines de la cathédrale de Tolède. Ce dernier signe deux contrats avec le Greco : un pour Le Partage de la Tunique du Christ pour la cathédrale, l’autre pour huit toiles et quelques sculptures pour l’église du couvent de Santo Domingo el Antiguo.

    Le partage de la tunique du Christ (1579-1580)

    L'exposition Greco au Grand Palais

    Le Christ en croix, entouré de deux donateurs (1595)

    Un tableau de très grand format qui impressionne quand on le voit.

    L'exposition Greco au Grand Palais

     Ambiance dans l'exposition : nous n'avons pas fait la queue mais nous n'étions pas seules.

    L'exposition Greco au Grand Palais

    Portrait du Cardinal Nino de Guevara, grand inquisiteur et archevêque de Séville (vers 1600)

    On y décèle une grande dimension psychologique, mise en évidence par le regard derrière les lunettes et la main crispée sur le bras du fauteuil.

    L'exposition Greco au Grand Palais

    Portrait du frère Hortensio Felix Paravicino (1609-1611)

    Grand intellectuel, Paravicino vouait une grande admiration pour l'art de Greco auquel il dédia plusieurs de ses poèmes.

    L'exposition Greco au Grand Palais

    La Sainte Face (1579-1584)

    En dehors du visage du Christ miraculeusement imprimé sur le voile de Sainte Véronique, Greco ne fournit que les dessins pour les figures des anges qui furent exécutées par le sculpteur espagnol Juan Bautista Monegro.

    L'exposition Greco au Grand Palais

    L'adoration des bergers (vers 1579)

    L'exposition Greco au Grand Palais

    L'exposition Greco au Grand Palais

    L'Annonciation (vers 1576)

    La toile est probablement l'une des dernières peintures du Greco en Italie ou l'une des premières en Espagne. On y retrouve l'influence de Michel-Ange. 

    L'exposition Greco au Grand Palais

    Greco et atelier : Le partage de la tunique du Christ (1580-1585)

    L'exposition Greco au Grand Palais

    L'Assomption de la Vierge (1877-1579)

    Cette toile gigantesque formait la partie principale du maître-autel de l'église de Santo Domingo el Antiguo, l'une des premières réalisations de Greco à son arrivée à Tolède.

    L'exposition Greco au Grand Palais

    Saint Martin partageant son manteau avec un pauvre (1597-1599)

    L'exposition Greco au Grand Palais

    J'adore ce tableau où l'on aperçoit entre les jambes du cheval le paysage de la ville de Tolède. Sans le faire exprès, je l'ai photographié à l'instar des photos que l'on trouve sur le net...

    L'exposition Greco au Grand Palais

    Superbe, ce Christ en croix (vers 1600)

    L'exposition Greco au Grand Palais

    L'exposition Greco au Grand Palais

    Greco ne l'aurait-il pas copié-collé sur le Christ avec deux donateurs vu précédemment... ?

    Guillaume Kients, co-commissaire de l'exposition, explique en effet que ce qui rapproche Greco de Cézanne, c’est un questionnement sur l’image, sur la déconstruction de l’image, et aussi un travail sur la série : ce que Cézanne fait avec ses Sainte-Victoire par exemple, où sans cesse il revient sur le motif, Greco c’est pareil : c’est un artiste qui, des siècles plus tôt, revient et revient encore sur le motif.”

    L'exposition Greco au Grand Palais

    L'agonie du Christ au jardin des oliviers (vers 1590)

    Dans la grotte, on voit les apôtres endormis...

    L'exposition Greco au Grand Palais

    et dans le lointain les soldats qui montent la garde...

    L'exposition Greco au Grand Palais

    Saint François et Frère Léon (vers 1600-1605)

    Frère Léon assiste à l'entretien mystique du saint, ébloui par une torche apparue dans le ciel.

    L'exposition Greco au Grand Palais

    Jeune garçon soufflant sur une braise (1569-1570)

    Si l'on connait généralement Greco pour ses portraits et ses scènes religieuses, il a également traité des sujets plus modestes mais néanmoins prodigieux comme celui figurant un garçon attisant une braise de son souffle. Cette première version annonce clairement le travail de Caravage ou de Ribeira : fort contraste, palette ocre...

    Un portrait finalement assez traditionnel, en buste sur fond noir.

    L'exposition Greco au Grand Palais

    L'exposition Greco au Grand Palais

    La fable (vers 1585)

    Le singe symbolise sans doute le vice et l'homme souriant peut représenter la folie. Il est en effet possible que l'oeuvre soit porteuse d'un discours moral à valeur d'avertissement sur l'échauffement des sens et les dangers de "jouer avec le feu".

    L'exposition Greco au Grand Palais

    L'exposition Greco au Grand Palais

    Saint Pierre et Saint Paul (1600-1605)

    L'exposition Greco au Grand Palais

    Saint Pierre pénitent (1595-1600)

    Comme Sainte Marie-Madeleine, Saint Pierre est un modèle de repentance. Il s'agit à la fois d'insister sur le pardon chrétien, mais aussi d'inciter à la pénitence à travers la confession des péchés.

    L'exposition Greco au Grand Palais

    L'exposition Greco au Grand Palais

    Sainte Marie-Madeleine pénitente (vers 1584)

    L'exposition Greco au Grand Palais

    Le Christ sur le chemin du calvaire (vers 1585)

    L'exposition Greco au Grand Palais

    La Sainte Famille avec sainte Marie-Madeleine (vers 1600)

    Greco traite ici de la Sainte Famille selon une composition complexe combinant différentes formules traitées séparément dans des toiles précédentes. Avec ses rythmes cassés, la sophistication de la construction, plusieurs fois décomposée et recomposée, semble annoncer le cubisme de Picasso.

    Guillaume Kientz, le co-commissaire de l'expostion, explique en effet que "Greco va conditionner une grande partie de ce qu'on va appeler la "période bleue" de Picasso, et va même l'inciter à aller jusqu'au défi qu'il lance à l'image en inventant le cubisme. 

    L'exposition Greco au Grand Palais

    L'exposition Greco au Grand Palais 

    Pieta (1580-1590)

    Très rarement présentée au public, cette Pieta est l'une des plus émouvantes compositions de Greco. Le drame humain et le mystère humain de la scène s'y conjuguent magistralement.

    L'exposition Greco au Grand Palais

    Greco et atelier : Le repas chez Simon (1610-1614)

    L'exposition Greco au Grand Palais

    L'exposition Greco au Grand Palais

    Le Christ chassant les marchands du Temple (vers 1600)

    L'exposition Greco au Grand Palais

    Le Christ chassant les marchands du Temple (vers 1575)

    Peint à Rome, ce chef-d'oeuvre de jeunesse est un manifeste artistique.

    L'exposition Greco au Grand Palais

    Greco y insère le portrait de ses principaux modèles auxquels, fièrement, il entend se mesurer : Titien, Giulio Clovio, Michel-Ange et vraisemblablement Raphaël.

    L'exposition Greco au Grand Palais

    L'Ouverture du cinquième sceau, dit aussi La Vision de Saint Jean (1610-1614)

    J'ai adoré ce tableau qui est très bien mis en valeur, seul sur un panneau : elle clôt d'ailleurs l'exposition.

    Aujourd'hui amputée dans sa partie haute, la toile était destinée à un retable de l'Hôpital de Tavera à Tolède. Restée inachevée à la mort de Greco en 1614, elle ne fut jamais mise en place. Présentée à Paris au début du XXème siècle, elle inspira de nombreux peintres, dont Picasso.

    L'exposition Greco au Grand Palais

     Je ne sais pas pourquoi j'avais en mémoire des couleurs sombres pour Greco... J'ai découvert un peintre de la couleur.

     L'exposition se termine le 10 février 2020...


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  • Hier soir, notre groupe de randonneurs était invité à Générations 13 au vernissage de l'exposition des photos d'Huguette, notre doyenne. Celle-ci ne se contente pas de faire de banales photos, elle leur donne vie ensuite par son coup de crayon, son coup de pinceau ou ses collages : un petit coup de photocopieuse et le tour est joué : je plaisante bien sûr car cela doit lui demander beaucoup de travail, mais...

    C'est son plaisir !

    J'ai beaucoup aimé cette oeuvre, fantastique, qui évoque Goya à travers un poème de Baudelaire (les phares). Le poème est manuscrit en bas à gauche.

    Cauchemar plein de choses inconnues,
    De fœtus qu'on fait cuire au milieu des sabbats,
    De vieilles au miroir et d'enfants toutes nues,
    Pour tenter les démons ajustant bien leurs bas

    Huguette Baillet expose à Générations 13

    Celle-ci aussi, intitulée "Mémoire d'arbres" est très intéressante : la forêt de Fontainebleau (c'est une hypothèse) y est transformée en savane africaine, du moins c'est ce que j'y vois !

    Huguette Baillet expose à Générations 13

    Mais ce que j'ai surtout apprécié ce sont les photos accrochées dans le couloir, toutes réalisées à partir de photos de troncs d'arbres. Evidemment, il faut aller les voir sur place pour visualiser leur grand format qui ici est restreint au format de mon blog...

    Si vous cliquez sur la photo néanmoins, elle s'agrandit.

    Huguette Baillet expose à Générations 13

    Huguette Baillet expose à Générations 13

    Regardez comme Huguette tire habilement parti de ces branches tortueuses,

    Huguette Baillet expose à Générations 13

    pour en faire ressortir des visages animaliers...

    Cliquez sur la photo !

    Huguette Baillet expose à Générations 13

    La voici, à droite à côté d'Annie, en train de parler de ses techniques et de ses choix.

    Huguette Baillet expose à Générations 13

    Huguette Baillet expose à Générations 13

    Maguy, à droite, randonne aussi avec nous tous les quinze jours : nous sommes une petite trentaine à nous être inscrits à l'atelier "Randonnée 4 l'heure".

    Huguette Baillet expose à Générations 13

    Notre amie Annette, à gauche est toujours de bonne compagnie.

    Huguette Baillet expose à Générations 13

    C'est Jacqueline, à droite à côté de Francine et de Jacqueline, qui nous guide sur les chemins de l'Ile de France...

    Huguette Baillet expose à Générations 13

    Heureusement que nos randonneurs-hommes (ils sont tout de même deux !) ne sont pas venus... Ils ne seraient pas rentrés dans le cadre !

    Huguette Baillet expose à Générations 13

    Merci Huguette de nous avoir fait découvrir ton talent...

    Et surtout continue à marcher, à te perfectionner en informatique, bref à suivre le slogan de Générations 13...

    Bien vivre ensemble pour mieux vieillir !


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