• La semaine dernière je suis allée écouter une conférence super intéressante, qui était donnée par Lionel Cariou de Kerys, conférencier en Histoire de l'Art. Elle proposait un voyage artistique au coeur de la Florence du Quattrocento, cette ville qui, dès le début du XVème siècle, a été le creuset d'un extraordinaire renouvellement dans tous les domaines de l'art et en particulier dans celui de la peinture.

    Il s'agit de la Renaissance italienne.

    Nous avons vu de si belles oeuvres que je ne résiste pas à tenter- très modestement - de vous retracer cette conférence en images ou, du moins, ce qui m'en est resté - internet aidant.

    Le conférencier plante d'abord le décor en nous montrant une photo de Florence et en nous disant que toutes les oeuvres qu'il allait nous montrer se trouvaient, soit à la Galerie des Offices, soit à l'Accademia, soit dans les différentes églises de la ville.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    Précédemment, les dimensions colossales de l’architecture religieuse s’épanouissaient sur tout le monde chrétien dans un style commun appelé gothique international.

    Ainsi Palla Strozzi commande un retable à Gentile da Fabriano, signé et daté de 1423 sur le cadre, pour la chapelle de sa famille dans l'église de Santa Trinita de Florence.

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    L'Adoration des Mages (1423)

    La richesse et la culture du commanditaire sont reflétées par l'utilisation prodigue d'or, par le pigment de lapis-lazuli utilisé pour le manteau de la Vierge et par la splendeur du cortège des Rois mages, avec notamment des animaux aussi exotiques que des léopards et des singes.

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    Il est assez extraordinaire d'agrandir la partie haute du tableau - peint sur bois - et d'admirer la finesse des détails de la procession se dirigeant vers Jérusalem.

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    Nous voyons sur cet autre détail Palla et son fils Lorenzo sur la droite du tableau, juste derrière le plus jeune roi. Alors que Lorenzo est coiffé d’un chapeau de fourrure rouge et regarde le spectateur hors du tableau, Palla porte un riche vêtement orné de fourrure et se concentre sur l’adoration. Il a sur le poing un faucon, son emblème personnel.

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    De la même époque et dans le même style, le "Couronnement de la Vierge" de Lorenzo Monaco (1414). L'oeuvre est conservée à la Galerie des Offices.

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    Le conférencier nous a dit que Lorenzo Monaco annonçait Fra Angelico...

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    Une autre oeuvre de Lorenzo Monaco "L'Adoration des Mages" (1421-1422) également à la Galerie des Offices. J'ai cru comprendre que l'une des caractéristiques du gothique international était d'avoir des ciels en fond d'or...

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    Et maintenant venons-en aux peintres de la Renaissance italienne.

    Voici une "Vierge à l'enfant avec Sainte-Anne" de Masaccio et Masolino (1424) qui est elle aussi conservée à la Galerie des Offices.

    On parle ici de l'effet de la lumière naturelle sur les visages. A noter, le refus des fioritures et des détails anecdotiques chers aux gothiques. Les peintres ne cherchent pas à charmer, à plaire. Il n’ont pas recours à la fantaisie décorative.

    Sans vouloir critiquer, l'enfant Jésus n'est pas trop réussi...

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    Toujours de Masaccio, une fresque dans la Chapelle Brancacci

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    Masaccio est considéré comme le père fondateur de la peinture de la Renaissance italienne. Malheureusement, il mourra à 27 ans et c'est Filippino Lippi qui terminera l'une de ses fresques.

    "Le tribut de Saint-Pierre" - ou l'entrée de Jésus à Capharnaüm - (1424 - 1427)

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    Masaccio a inclus les trois différents moments de l'histoire dans la même scène. Le collecteur d'impôts faisant sa demande à Jésus et la réponse de celui-ci à la question de Pierre lui demandant comment trouver l'argent nécessaire en indiquant la mer est illustré au centre. A gauche, Pierre attrape les poissons dans le lac et extrait le tribut. A droite, Pierre remet l'argent au collecteur d'impôts en face de sa maison.

    Ci-dessous Pierre retire une pièce promise par Jésus de la bouche du poisson (le tribut).

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    Et maintenant viennent toute une série de fresques exécutées par Fra Angelico pour le Couvent de San Marco dont l'entrée se fait par le cloître Saint-Antonin.

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    "Crucifixion et Saints" - autour de 1440 (Salle du Chapitre)

    Malheureusement je ne me souviens plus du tout de ce que le conférencier avait dit de cette oeuvre. Je vous la livre donc telle quelle accompagnée de quelques détails.

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    La fresque comme si vous y étiez...

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    Toujours de Fra Angelico, le "Tabernacle dei Linaioli" (1432 - 1433)

    Il s'agit d'un triptyque décoré recto-verso avec au centre une Vierge à l'enfant.

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     Notre conférencier nous a montré, comme ici, beaucoup de détails.

    Trop beau, non ?

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    "Déposition de croix" par Fra Angelico (1432) - Musée du Couvent de San Marco

    Là, je comprends très bien la dénomination de "Renaissance" avec ce fond paysager très travaillé.

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    Fra Angelico a décoré toutes les cellules des moines du Couvent San Marco avec des fresques.

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     L'une d'elle s'intitule "Le Christ aux outrages" (1441).

    La Vierge, éplorée, et Saint-Dominique, plongé dans la lecture des Ecritures, tournent le dos au Christ.

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    Mais, si cette fresque frappe le visiteur du couvent San Marco de Florence, c’est bien par la représentation, autour du Christ, de cette tête d’homme de profil et de ces cinq mains, toutes sans corps, qui appartiennent de toute évidence à ses bourreaux. L'une de ces raisons est esthétique. En représentant les bourreaux « en entier », Fra Angelico aurait surchargé sa composition, détournant l'oeil du spectateur vers autre chose que le Christ et sa misère. En ne représentant que les parties essentielles à la compréhension de la scène (la figure qui crache et les mains prêtes à s'abattre sur le corps du martyr) et laissant les grands plans colorés autour du Christ, il laisse à la scène toute sa solennité et au Christ toute sa majesté, si dérisoire qu'elle soit.

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     Le Christ paraît royal et lumineux, revêtu de gloire et de majesté, la tête nimbée d’or.

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    Allez, une dernière oeuvre de Fra Angelico pour la route et... pas la plus vilaine !

    Il s'agit de "L'Annonciation" (vers 1437) : la fresque est située en haut de l'escalier menant aux cellules des moines dans le Couvent de San Marco.

    Ici encore l'oeuvre est très architecturée avec cette colonnade qui laisse entrevoir un jardin clos, symbole de la Vierge. La colonnade - avec son tirant d'acier pour renforcer la structure - est là aussi pour montrer la virginité de Marie assise sur un simple tabouret... La fantastique palette de couleurs des plumes des ailes montre la préciosité et la splendeur de l’ange.

    J'aime beaucoup cette fresque.

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    Un autre peintre maintenant : Domenico Veneziano et une oeuvre qui se trouve également à la Galerie des Offices : "Conversation sacrée" (1445 - 1447)

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    Quant à Paolo Ucello, le conférencier nous a dit qu'il était fan de perspective : il a mis le paquet ici avec toutes ces lances et ces pattes de chevaux qui s'entrecroisent !

    "La bataille de San Romano" (1450) dont il existe un exemplaire au Louvre.

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    De Filippo Lipi : l'"Annonciation" (Eglise San Lorenzo) - 1445

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    Comme vous le voyez, toujours ce cloisonnement en relation avec la virginité de Marie et un fond très travaillé en perspective. Le peintre a pris des libertés en représentant ici plusieurs anges...

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    Autre oeuvre de Filippo Lippi : le "Couronnement de la Vierge" (1447) qui se trouve encore à la Galerie des Offices.

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    Notre conférencier nous a fait remarquer que chaque visage était différent...

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    et que le peintre s'était représenté également. Pas très flatteur, je trouve mais on ne peut que louer l'exactitude de sa peinture...

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    Et maintenant, après toutes les oeuvres de Fra Angelico voici un autre "poids lourd" de la Renaissance italienne, Sandro Botticelli (il était l'élève de Filippo Lippi).

    Autoportrait (1475)

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    "La Force" (1470) est sa première oeuvre connue (il n'a que 25 ans quand il l'exécute). Elle est conservée à la Galerie des Offices.

    Ce tableau, commandé par le tribunal de commerce de Florence, était destiné à orner la salle des audiences. Il reçut une approbation générale et permit à Botticelli d'acquérir la célébrité à Florence.

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    Le peintre a fait quantité de madones à l'enfant par ailleurs comme cette "Madone de la mer" (1475-1480). La Vierge a une expression soucieuse...

    Quelle beauté dans la transparence du voile !

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    Le tableau est ainsi nommé à cause du fond où l'on aperçoit un bateau.

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    Toujours de Botticelli, "La décapitation d'Holopherne" (1470)

    Le peintre a eu la délicatesse de ne pas montrer la tête tranchée mais...

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    on retrouve celle-ci dans le panier de la servante dans "Le retour de Judith à Béthulie"(1470).

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    "L'adoration des Mages" (1475-1476) a été peint pour un proche des Médicis : nombre de Médicis y sont d'ailleurs représentés. Quant au peintre, il a fait son autoportrait au premier plan à droite.

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    La Chapelle Sixtine - je l'ai appris ce jour là - porte ce nom en l'honneur du Pape Sixte IV qui la fit construire de 1477 à 1483.

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    Botticelli est l'auteur de trois des fresques situées à mi-hauteur comme celle-ci :

    "La tentation du Christ" (1480-1482)

    A gauche, le diable met le Christ au défi de changer les pierres en pain, au centre il essaie de le convaincre de se jeter en bas du temple sachant qu'il sera sauvé par son Père, à droite le diable montre au fils de Dieu toutes les richesses du monde qu'il aura s'il fait de lui son maître. Finalement, le Christ chasse le diable au loin et celui-ci lui révèle son identité diabolique.

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    Il est aussi l'auteur de différents "tondi" - des peintures circulaires - comme celle-ci intitulée "La Madone du Magnificat" (1481) qui est une commande de la famille Médicis : on voit dans l'utilisation de l'or dans les chevelures, les ornementations des tissus et de la couronne que le donateur est un riche mécène. Il est conservé à la Galerie des Offices.

    La difficulté dans ces peintures circulaires est d'épouser la forme du cadre, ce que Botticelli a merveilleusement réussi.

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    Autre peinture en "tondo" : "la Vierge à la grenade" (1487) également conservé à la Galerie des Offices. La grenade est le symbole du sang de la Passion du Christ.

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    Superbe !

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     "Pallas et le centaure" (1482) a été commandé à Botticelli par Laurent le Magnifique. Pallas est le symbole de l'intelligence tandis que le centaure est celui de la force brute.

    Quelle élégance dans le costume végétalisé de Pallas !

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    Voici l'une des oeuvres majeures de Botticelli : "Le Printemps" (1478 - 1482)

    Le tableau a été offert par Laurent le Magnifique à son cousin à l'occasion de son mariage.

    Les personnages sont alignés dans un bois d'orangers.

    La peinture se lit de droite à gauche : Un zéphyr (allégorie du vent) attente à la vertu de la nymphe Chloris qui se transforme en la nymphe Flore, déesse du printemps. Au centre Vénus, chaste (idéalisation de l'amour) et à droite le groupe des trois grâces (notre conférencier a parlé de rythme musical...). Tout à fait à gauche, Mercure, Dieu du bonheur, arrête l'hiver de son caducée.

    A remarquer le tapis de fleurs... 

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    Quelques détails

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    "La naissance de Vénus" (1484 - 1486) est l'autre oeuvre majeure de Boticcelli.

    A gauche, Zéphyr enlace la nymphe Chloris, au centre Vénus a une expression très mélancolique. A droite, l'Heure des saisons tend un manteau à Vénus pour cacher sa nudité...

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    Curieusement, la toile sombrera dans l'oubli pendant plus de trois siècles...

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     Andrea del Verrochio était bronzier. Il a réalisé "Le baptême du Christ" (1472 - 1475) en confiant à certains collaborateurs le soin de peindre certaines parties du tableau (comme le palmier). Ainsi, tandis qu'il est l'auteur des visages, les deux anges en bas à gauche sont l'oeuvre d'un certain Léonard de Vinci...

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    Venons-en justement à Léonard de Vinci avec cette "Annonciation" (1472 - 1475)

    L'emploi du sfumato dans le fond du paysage le rend très poétique.

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    "L'Adoration des mages" (1481) est également l'oeuvre de Léonard de Vinci mais il s'agit d'un tableau inachevé : Laurent le Magnifique ayant accepté que le peintre parte travailler à Milan pour Ludovic le Maure.

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    C'est Fillipino Lippi, le fils de Fillippo, qui fera une "Adoration des mages" un peu plus tard (1496). Il est aussi l'élève de Botticelli. Ses dessins sont raffinés et ses couleurs éclatantes.

    A mon goût, un peu trop chargé.

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    Il a décoré également la Chapelle Brancacci : c'est un grand fresquiste.

    "Crucifixion de Saint-Pierre" (1481 - 1482) : la tête en bas comme dans les Ecritures...

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    On aperçoit Sandro Botticelli qui nous fait face : celui-là, si je le croise dans la rue, je pense que je le reconnaîtrai !

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    Domenico Ghirlandaio est une peintre religieux.

    Voici son "Saint-Jérôme" (1480)

    Cette fresque fait pendant, dans l'église Ognissanti à celle du "Saint-Augustin" de Botticcelli. Une inspiration visiblement flamande très à la mode à l'époque (Cf. Saint Jérôme dans son étude de Van Eick).

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    Par ailleurs Ghirlandaio a un vrai goût pour la perspective : on le voit dans "La cène" (réfectoire d'Ognissanti - 1480) où la double voûte, ouverte sur un jardin, prolonge visuellement l'espace même de la salle.

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    Il a exécuté également une "Adoration des bergers" (1485) sur fond de paysage et d'architecture antiquisante et a fait au premier plan à droite son premier autoportrait.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris 

    Quelle délicatesse dans le voile de la Vierge, et ces couleurs vives... : c'est vraiment superbe. 

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris 

    Ghirlandaio a le goût du portrait : dans sa "Naissance de Saint-Jean-Baptiste" (1485), tous les visages sont différents.

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    Dans ce détail, le portrait de Lucretia Tornabuoni, mère de Laurent la Magnifique.

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    La porteuse d'offrandes 

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris 

    Pour terminer deux peintures de Pietro di Cristoforo Vannucci (dit Le Pérugin) avec de superbes "sfumati" (effet de brouillard)

    La Vierge à l'enfant (1500)

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris 

    et une fresque (située dans la Salle capitulaire du Couvent de Santa Maria Maddalena dei Pazzi) à Florence intitulée : "Crucifixion" (1495)

    Elle se présente sous la forme d'un triptyque avec au centre Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix, à gauche la Vierge et Saint-Bernard, et à droite Saint-Jean et Saint-Benoît.

    La peinture florentine au Quattrocento : une conférence de l'Université Permanente de Paris

    J'ai adoré cette conférence qui nous montrait les oeuvres au plus près.

    Je me souviens avoir adoré le programme d'histoire du lycée traitant de la Renaissance italienne et nombre de peintres ne m'étaient pas totalement inconnus...

    Une bonne révision tout de même  !


    2 commentaires
  • En cette journée de la femme, je suis allée assister à une conférence passionnante de Madame Jacqueline Albran, Maître de conférence honoraire en littérature comparée, conférence qui avait lieu dans la salle Jean Damme située dans le 2ème arrondissement, lieu souvent choisi par l'Université Permanente de Paris pour ses conférences destinées aux personnes retraitées habitant Paris.

    Madame Albran rappelle dans son introduction que l'on a toujours à l'esprit, en parlant des femmes ayant vécu sous la Révolution, les nom de Marie-Antoinette et de Charlotte Corday...

    Représentation de l'assassinat de Marat par Charlotte Corday au 19ème siècle par Baudry

    Journée de la femme

    Même si leur vie  a marqué l'histoire de France, la conférence traite ici de la vie et de l'action de deux autres femmes vivant à cette époque, Olympe de Gouges et Manon Roland, qui ont elles aussi fini sur l'échafaud.

    A l'époque on avait la Louisette facile !
    (À la croisée des pensées politiques et philosophiques du docteur Guillotin, des réflexions anatomiques du docteur Louis, et des questions pratiques du bourreau Sanson naîtra la guillotine d'abord appelée Louisette.)

    16 octobre 1793 : exécution de Marie-Antoinette sur la Place de la Révolution (Place de la Concorde actuelle)

    Journée de la femme

    Jusqu'à cette époque, le rôle des femmes se cantonne surtout dans l'esprit de tous à l'éducation des enfants et aux tâches ménagères (Cf. certains écrits de Jean-Jacques Rousseau).

    Alors, quand Olympe de Gouges et Manon Roland se mêlent de politique, rien ne va plus !

    Il a pourtant fallu attendre la commémoration du bicentenaire de la Révolution pour entendre parler d'elles. En effet, le 19ème siècle les a encensées mais le 20ème les a reniées...

    Un médecin, en 1904, va même jusqu'à dire d'Olympe de Gouges qu'elle était atteinte de "paranoïa reformaria" !

    La vie d'Olympe de Gouges

    Journée de la femme

    Elle est née dans le midi de la France, à Montauban, le 7 mai 1748 (et en a l'accent...) et a été déclarée sous le nom de Marie Gouze.

    Mais pourquoi ce nom alors... ?

    En fait, à un peu plus de 20 ans cette femme de lettres et femme politique française a choisi de prendre le prénom de sa mère, Anne-Olympe Mouisset, et le nom du mari de celle-ci, Pierre Gouze, en le transformant légèrement. Olympe de Gouges est en effet la fille naturelle de Jean-Jacques Lefranc de Pompignan, poète français qui eut une liaison avec sa mère.

    Jean-Jacques Lefranc de Pompignan, le père naturel

    Journée de la femme

    Mariée à 17 ans contre son gré à un homme de trente ans son aîné, elle devient veuve l'année suivante. Ayant rencontré un haut fonctionnaire de la marine, Jacques Biétrix de Rozières, celui-ci lui proposa de l'épouser mais elle refusa. Leur liaison dura jusqu’à la Révolution.

    Elle considérait en effet le mariage religieux comme — « le tombeau de l’amour et de la confiance » — qu’elle proposait de remplacer par un contrat civil équitable prenant en compte les penchants naturels des partenaires à contracter des liaisons hors mariage.

    Quelle modernité : 200 ans d'avance sur le Pacs !

    A part sa mère - qu'elle aidera financièrement par la suite -, plus rien ne la retient à Montauban : elle rejoint donc sa soeur à Paris où elle partage la vie de son compagnon en menant une vie mondaine mais pas tapageuse comme on a pu le sous-entendre.

    Elle écrit des pièces de théâtre, des contes philosophiques et des écrits politiques.

    EN 1785, elle écrit même une pièce sur l'esclavage des noirs (Zamore et Mirza ou l'heureux naufrage), pièce qui fut jouée à la Comédie Française, et elle milite pour l'abolition de l'esclavage.

    Journée de la femme

    A cela il faut ajouter sa revendication pour le droit au divorce, son action contre les vœux forcés (elle écrira une pièce intitulée "Le couvent ou les vœux forcés"), son action sociale (elle invente ce qui deviendra plus tard la Sécurité Sociale !), elle parle de créer un impôt sur la fortune..., elle crée des ateliers publics pour les ouvriers au chômage... Tiens tiens : il y avait déjà du chômage à cette époque...), elle propose la féminisation des noms de métiers... et dit que si la femme a des devoirs (comme celui de payer l'impôt ou... d'aller à l'échafaud) elle doit aussi avoir des droits (comme celui de parler à la tribune).

    Le 5 septembre 1791, elle publie sa "Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne" et l'adresse à la Reine.

    Journée de la femme

    Bref, vous aurez compris qu'elle dérange.

    En dehors de tout ceci, Olympe de Gouges appartient au groupe des Girondins tout comme Brissot (son chef de file), Vergniaud, Condorcet et Jean-Marie Roland, le mari de Manon Roland.

    Pour faire simple, les Girondins sont à droite depuis la chute de la Monarchie le 10 août 1792 et les Montagnards (conduits par Robespierre) sont à gauche.

    Une lutte de pouvoir entre les deux partis conduit les Montagnards à l'arrestation des Girondins qui seront conduits à l'échafaud.

    Olympe de Gouges, s'en étant prise à ceux qu'elle tenait pour responsable des "massacres de septembre" (suite d’exécutions sommaires qui se sont déroulées du 2 au 6 ou au 7 septembre 1792 à Paris dans un contexte de panique des révolutionnaires) et soupçonnant Robespierre et les Montagnards de vouloir accéder à la dictature, elle fait placarder dans Paris des affiches attaquant ce dernier.

    Cela sonne l'heure de sa mort... Elle est arrêtée le 3 juillet 1793, emprisonnée à l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés puis guillotinée le 30 octobre.

    Journée de la femme

    De nombreuses municipalités françaises ont rendu hommage à Olympe de Gouges en donnant son nom à des établissements scolaires, des voies publiques, des bâtiments publics, dont la Place Olympe de Gouges à Paris 3èmele Centre Olympe de Gouges (maternité et gynécologie) du CHRU de Toursles "rue Olympe de Gouges" dans de nombreuses villes de France, le théâtre Olympe de Goujes à Montauban etc...

    En 1989, Nam June Paik a créé une œuvre intitulée "Olympe de Gouges in La fée électronique". Cette œuvre, commandée par la ville de Paris à l’occasion du bicentenaire de la Révolution française, est aujourd'hui exposée au Musée d'Art moderne de la ville de Paris.

    Les robots de la Révolution par Nam June Paik

    Bof bof...

    Le 19 octobre 2016, un buste d'Olympe de Gouges est installé dans la salle des Quatre-Colonnes du Palais Bourbon, siège de l'Assemblée nationale. C'est la première représentation d'une femme politique parmi les œuvres d'art présentées dans l'édifice.

    Journée de la femme 2018

    Intéressons-nous maintenant à la vie de Manon Roland.

    Journée de la femme 2018

    Jeanne-Marie Philipon est née en 1754 dans une famille d'artisans-artistes. Dès sa petite enfance, on observe chez elle une passion pour tout ce qui est intellectuel : ainsi, sachant lire dès l'âge de quatre ans, elle lit à seulement huit ans "La vie des hommes illustres" de Plutarque qui restera l'un de ses auteurs favoris.

    A dix ans, elle est agressée sexuellement par l'un des ouvriers de son père et demande à être placée, en mai 1765, au couvent des Augustines de la Congrégation de Notre-Dame, rue Neuve-Saint-Étienne, où elle se lie d’amitié avec Sophie Cannet avec laquelle elle entretiendra une correspondance suivie après sa sortie du couvent.

    Jolie, spirituelle, cultivée, Manon Roland a beaucoup de prétendants mais elle dicte à son père les lettres de refus. C'est par l'intermédiaire de la famille de Sophie qu'elle fait la connaissance, en 1776, de Jean-Marie Roland de la Platière, inspecteur des Manufactures et économiste réputé de 20 ans son aîné. Elle sort du couvent (où elle lit les philosophes : Diderot, d'Alembert) - elle perd alors la foi - et en 1780 n'arrivant plus à vivre avec ses 530 livres de rente que lui verse son père, elle se résout à épouser Jean-Marie Roland.

    Jean-Marie Roland, Vicomte de la Platière

    Journée de la femme 2018

    « Toute sa vie, elle coopérera au travail de son mari, co-rédigeant avec lui ses discours académiques, ses traités techniques, ses rapports d’inspecteur des manufactures, ses articles pour l'Encyclopédie méthodique dite de Panckoucke et, pendant la Révolution, ses textes ministériels » (Citation du livre de Dominique Godineau : "Les femmes dans la France moderne du 16ème au 18ème siècles)

    Jean-Marie Roland rencontre Jacques-Pierre Brissot, le chef de file des Girondins vers 1788 et c'est à ce moment que sa femme commence à s'intéresser à la politique.

    Le couple, qui jusqu'ici vivait à Lyon, arrive à Paris en 1791. Le salon de Manon devient le lieu de rassemblement des Girondins dont elle est l'égérie.

    Grâce à ses relations, son mari devient bientôt Ministre de l'Intérieur tandis qu'elle éprouve une passion - partagée - purement platonique pour François Buzot, l'un des orateurs du parti Girondin. Cependant, c'est elle qui oriente sa politique - et cela se sait : on lui en voudra plus tard...

    Après les "massacres de septembre" dont elle tient Danton pour responsable, son mari est bientôt disgracié et, le 31 mai 1793, il fuit à Rouen tandis que Buzot se réfugie à Bordeaux. Manon Roland se laisse arrêter en son domicile parisien de la rue de la Vieille Bouclerie et elle est incarcérée dans la prison de l'Abbaye Saint-Germain-des-Prés.

    Libérée de la présence de son mari, elle ressent cette arrestation comme un soulagement.

    Elle est ensuite transférée à la Conciergerie : en prison, elle est respectée par tous les gardiens et certains privilèges lui sont accordés. Elle peut ainsi avoir de quoi écrire et recevoir des visites occasionnelles de ses amis dévoués.  C’est à la Conciergerie qu’elle écrit ses mémoires destinés à sa fille Eudora ("Appel à l’impartiale postérité").

    Elle est jugée le 8 novembre 1793. Tout de blanc vêtue, elle se présente devant le Tribunal révolutionnaire. Le procès se déroule très rapidement et la sentence est mise à exécution le soir même, en même temps qu’un autre condamné, Simon-François Lamarche, ancien directeur de la fabrication des assignats, accusé de s’être rendu aux Tuileries, auprès du roi, le 9 août, veille de la prise des Tuileries.

    On dit que Madame Roland donna du courage à ce dernier qui était de plus en plus accablé par les huées de la foule criant "A la guillotine !" et qu'elle sembla y parvenir. Elle aurait dû être exécutée avant Lamarche, mais c’est le contraire qui eut lieu. Elle aurait proposé à ce dernier de passer le premier, mais ceci parait aussi apocryphe que son exclamation « Ô Liberté, que de crimes on commet en ton nom ! »...

    Cinq mois plus tard, apprenant l'exécution de sa femme, Jean-Marie Roland se suicida en s'empalant avec son épée, s'appuyant contre un arbre. Au final, il a eu du courage...

    Journée de la femme 2018

    Quant à François Buzot, il se suicida également...

    Comme nous a fait remarquer Madame Albran, quand les Girondins n'ont pas été assassinés, ils se sont suicidés ! Triste époque...

    Une conférence passionnante où l'on révise son Histoire de France ! 


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  • Je suis allée la semaine dernière avec ma soeur voir une exposition au Petit-Palais intitulée "L'art du pastel - de Degas à Redon". Vous vous doutez bien qu'elle m'intéressait particulièrement puisque depuis un peu plus d'un an je m'adonne, modestement, à ce loisir de temps en temps, ce qui me procure beaucoup de joies.

    L'art du pastel - de Degas à Redon

    Voici le magnifique portail d'entrée du Petit-Palais. Le musée n'a pas encore ouvert ses portes aux visiteurs qui font déjà la queue. Le titre de l'exposition est accrocheur : il attire donc du monde...

    L'art du pastel - de Degas à Redon

     Superbe escalier, non ?

    L'art du pastel - de Degas à Redon

    Ugolin par Jean-Baptiste Carpeaux (plâtre patiné)

    Ugolin, tyran de Pise, enchaîné et muré dans la tour de la Faim avec sa progéniture (Divine Comédie de Dante). En le voyant se mordre les mains de désespoir, ses enfants lui proposent, par pitié filiale, de se faire dévorer...

    L'art du pastel - de Degas à Redon

    Mais venons-en à nos pastels : 120 sur les 221 que possède le musée sont ici exposés à la lumière alors qu'ils sont d'habitude soigneusement conservés au noir.

    J'ai découvert à l'occasion de cette exposition une technique nouvelle : celle qui consiste à utiliser un papier coloré pouvant servir comme base pour les fonds. J'ai aussi découvert une multitude de peintres que je ne connaissais pas : le pastel a toujours été considéré - à tort peut-être car aussi beaucoup utilisé par les femmes peintres - comme un art mineur.

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    La belle bouquetière (Norbert Goeneutte - 1888)
    Pastel sur papier gris collé sur toile

    Ce pastel est inspiré du portrait de la Marquise de Pompadour en bergère de Carle Van Loo (huile sur toile vers 1760 - Château de Versailles) mais ne reprend pas les traits de celle-ci. La composition, le coloris, l'exaltation de la nature ainsi que l'usage du pastel, en font un bel hommage à l'art du XVIIIème siècle.

    L'art du pastel - de Degas à Redon

     Portrait de Mademoiselle Erhler (Léon Riesener - 1861)
    Pastel et fusain sur papier gris collé sur toile

    Au Salon de 1851, Léon Riesener présente 12 pastels, affirmant clairement son goût pour ce matériau qu'il a découvert très tôt. Le portrait de cette petite fille au cerceau, dont le fini rivalise avec celui de la peinture, est exemplaire par la maîtrise du rendu des chairs et des matières, et la fraîcheur des coloris.

    L'original est dix fois plus beau que cette photo...

    L'art du pastel - de Degas à Redon

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    LE PASTEL NATURALISTE

    Si le pastel est très en vogue au XVIIIème siècle, il trouve un véritable renouveau dans le premier quart du XIXème puis au début du XXème siècle. La nouveauté du médium offre une alternative séduisante à la classique peinture à l'huile.

    Les paysagistes sont très désireux à cette époque de sortir de l'atelier pour aller au contact de la nature. Ils s'emparent du pastel qui est un matériau léger et peu encombrant ne nécessitant pas de préparation ni de temps de séchage.

    L'embâcle de la Seine entre Asnières et Courbevoie (Alexandre Nozal - 1891)
    Pastel et et crayon graphite sur toile

    Remarquable, ce pastel : j'adore !

    L'art du pastel - de Degas à Redon

    Alexandre Nozal délaisse parfois les bords de Seine pour parcourir la France, mais aussi la Hollande, l'Espagne et l'Algérie. Il représente à plusieurs reprises les bords du lac Léman.

    Nocturne : le lac Léman - souvenir de Villeneuve (1895)
    Pastel et aquarelle sur papier marron collé sur toile

    L'art du pastel - de Degas à Redon

    Joseph-Félix Bouchor (soleil et neige - avant 1915)
    Crayon graphite - Pastel sur papier collé sur toile

    Un petit air de Claude Monnet, non (Cf. La Pie) ?

    Il s'agit du village de Freneuse, situé au bord de la Seine, où l'artiste résida pendant plusieurs années. Le sol terreux et le ciel nuageux sont rendus grâce au papier chamois savamment laissé en réserve par l'artiste.

    L'art du pastel - de Degas à Redon

    Plus largement, le medium est utilisé pour tous les sujets de la vie moderne, scènes populaires ou intimes, qui réclament un traitement neuf, simple et spontané.

    Théophile-Alexandre Steinlen - La sortie des midinettes (avant 1907)
    Pastel et fusain sur papier

    Fasciné par le grouillement perpétuel de la rue, l'artiste "croque" les jeunes couturières des grandes maisons de mode de Paris qui "faisaient dînette le midi".

    L'art du pastel - de Degas à Redon

    Fernand Pelez - Danseuse penchée en avant pour ajuster son collant (1905)
    Crayon noir avec rehauts de blanc et de pastels rose et jaune collé sur toile

    Là encore, il faut voir l'original...

    L'art du pastel - de Degas à Redon

    Guillaume Roger - Petite fille hollandaise (avant 1916)
    Pastel sur papier collé sur toile

    L'artiste a effectué de nombreux pastels sur ce sujet. A l'aide d'un cerne jaune pâle il souligne les contours du visage de la petite fille, ce qui donne l'illusion d'effets de contre-jour.

    Superbe dans la simplicité

    L'art du pastel - de Degas à Redon

    Paul-Albert Bartholomé - Tête de mendiante (1882)
    Pastel et mine de plomb sur papier gris-bleu collé sur carton

    L'artiste réalise ici le portrait d'une vieille paysanne coiffée d'un foulard. Il s'agirait de "la mère Sophie" qu'il avait prise comme modèle à Bouillant, près de Crépy-en-Valois.

    L'art du pastel - de Degas à Redon

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    LE PASTEL IMPRESSIONNISTE

    Pour traduire des sensations instantanées, le pastel s'impose comme une évidence auprès des artistes impressionnistes. Edgar Degas, Mary Cassatt, Armand Guillaumin, Paul Gauguin, Berthe Morisot et Auguste Renoir s'y sont essayés.

    Avant tout paysagistes, les artistes impressionnistes ne délaissent pas pour autant la représentation humaine pourvu qu'elle soit rendue dans la réalité du quotidien.

    Berthe Morisot - Dans le parc (vers 1874) 
    Pastel sur papier brun collé sur toile

    Il s'agit de la soeur de l'artiste assise dans les herbes hautes en compagnie de ses deux fillettes.

    L'art du pastel - de Degas à Redon

    Edgar Degas - Madame Alexis Rouart et ses enfants (vers 1905)
    Pastel et fusain sur papier calque collé sur carton

    Ce portrait familial met en scène une dispute entre la mère et sa fille. La dégradation de la vue de l'artiste à cette époque ne lui permettait pas la précision du tracé indispensable pour créer des portraits.

    L'art du pastel - de Degas à Redon

    Armand Guillaumin - Artiste à son chevalet (1872)
    Pastel sur papier bleu

    L'artiste excelle dans la pratique du pastel qu'il pratique entre 1865 et 1921. Il s'agit ici d'un ami du peintre "surpris" en train de peindre lui-même. Les taches éclatantes du pastel rapidement posées suffisent à rendre les volumes et à triompher de la ligne.

    L'art du pastel - de Degas à Redon

    Mary Cassatt s'attache tout au long de sa carrière à dépeindre le sentiment d'amour maternel. Dans le tableau qui suit, le visage de la mère n'est qu'esquissé en haut à gauche mettant en valeur le visage de la fillette.

    Mary Cassatt - Margot Lux avec un large chapeau (vers 1902)
    Pastel sur papier gris-bleu collé sur carton

    Superbe ce contraste entre le visage abouti et l'entourage ébauché

    L'art du pastel - de Degas à Redon

    Toujours de Mary Cassatt - Sara avec son chien (vers 1901)

    L'art du pastel - de Degas à Redon

    Edgar Degas - Danseuse à l'éventail (vers 1876)
    Pastel et fusain sur papier vergé

    Dans les années 1880, le peintre obtient ses entrées à l'Opéra Garnier : il va dès lors nourrir son travail des gestes du quotidien et  de l'intimité des ballerines. Degas construit d'abord son dessin au fusain pour donner forme et volume, puis introduit la couleur avec de légères touches de pastel sur les épaules, les bras, l'éventail et les chaussons.

    L'art du pastel - de Degas à Redon

    LE PASTEL MONDAIN

    James Tissot - Berthe (vers 1882-1883)
    Crayon graphite et pastel sur papier gris collé sur toile

    Ce portrait d'une jeune fille accoudée sur un sofa s'inscrit dans le prolongement de la tradition des pastels du XVIIIème siècle.

    J'aime beaucoup.

    L'art du pastel - de Degas à Redon

    Pierre Carrier-Belleuse - Tendre aveu. Mlle Litini et Mlle Barriaux de l'Opéra (1894)
    Pastel sur toile

    On peut admirer la finesse de la collerette du Pierrot et la délicatesse du tutu de la danseuse.

    L'art du pastel - de Degas à Redon

    Emilie Guillaumot-Adan - Au soleil (vers 197)
    Pastel sur papier collé sur toile

    L'artiste privilégie, sur fond de verdure, l'intimité et l'introspection du modèle aux yeux mi-clos.

    L'art du pastel - de Degas à Redon

    Victor Prouvé - Etude de femme les yeux fermés (avant 1907)
    Pastel et fusain sur papier collé sur carton

    Il s'agit ici d'un dessin préparatoire à une commande de décor.

    J'aime bien ici aussi le côté inachevé du dessin.

    L'art du pastel - de Degas à Redon

    LE PASTEL SYMBOLISTE

    Le pastel est utilisé avec prédilection par les peintres symbolistes à la fois pour ses couleurs et pour sa matière vaporeuse. Les artistes expriment leurs sentiments, leurs rêves, et traduisent esthétiquement une réalité intérieure à la portée plus universelle que les portraits ou les paysages. Ils privilégient les climats de mystère et d'étrangeté propices à la rêverie et à idéal poétique...

     Lucien Lévy-Dhurmer - Portrait de Lise et Antoine Mayer (1828-1829)
    Pastel sur papier gris-bleu collé sur bois

    Très jolie cette évanescence

    L'art du pastel - de Degas à Redon

    Toujours de Lucien Lévy-Dhurmer - Grand nu de dos (non daté)
    Pastel sur papier gris-bleu collé sur toile

    Les portraits réalisés au pastel par Levy-Dhurmer remportent un vif succès auprès du public et des critiques. L'artiste utilise ici une méthode chromatique raffinée adaptée du divisionnisme de Georges Seurat.

    On pense à David Hamilton...

    L'art du pastel - de Degas à Redon

    Charles Léandre - Sur champ d'or (1897)
    Pastel sur toile

    Le modèle serait Fanny Zaessinger, actrice au Théâtre de l'Oeuvre et égérie montmartroise de la Belle Epoque. Le cadre votif monumental, conçu par l'artiste, participe aussi de la vénération pour son modèle.

    C'est cette toile qui, à juste titre, fait l'affiche de l'exposition.

    L'art du pastel - de Degas à Redon

    Odilon Redon - Anémones dans un vase bleu (après 1912)
    Pastel sur papier gris collé sur carton

    Les fleurs ont toujours été pour l'artiste un sujet d'étude et un objet de rêve. Il dépasse ici la stricte copie pour proposer une composition florale essentiellement suggestive et poétique.

    L'art du pastel - de Degas à Redon

    Toujours d'Odilon Redon - La naissance de Vénus (vers 1912)
    Pastel sur papier beige collé sur carton

    Contraste entre le fond diffus et la netteté du corps de la divinité aux contours précis, admirablement travaillé en réserve

    L'art du pastel - de Degas à Redon

    Alphonse Osbert - Le Lyrisme dans la forêt (1910)
    Pastel sur papier blanc collé sur carton

    Ce tableau constitue un archétype de la méthode du peintre : le paysage s'organise en bandes horizontales parallèles, correspondant aux différents éléments de la nature (la terre, l'eau, la forêt, le ciel), opposés à la verticalité des troncs d'arbres se prolongeant en dehors du tableau et des personnages féminins.

    L'art du pastel - de Degas à Redon

    Antoine Calbet - Parmi les roses (1917)
    Pastel et aquarelle sur papier collé sur carton

    Le peintre pastelliste est connu pour ses compositions très lumineuses et son talent de coloriste. 

    L'art du pastel - de Degas à Redon

    Maintenant, y a plus qu'à mettre en pratique !!!


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  • Aujourd'hui, nous avons appris par le Bien Public, le journal de la Côte d'Or, que le tableau de la chapelle Saint-Anne de Courcelles, déposé cet été pour être restauré à Dijon, avait été remis en place.

    Il s'agit d'une huile sur toile du Langrois Jean Tassel du deuxième quart du XVIIème siècle intitulée Présentation de la Croix à l'Enfant Jésus.

    Le tableau de la Chapelle Saint-Anne à Courcelles enfin restauré

    C'est l'Association "La Sauvegarde de l'art français" qui a lancé le projet du "Plus Grand Musée de France" qui vise à restaurer et faire connaitre des oeuvres d'art de proximité - tout en permettant à des étudiants d'acquérir de nouvelles compétences en participant à un projet formateur.

    J'avais fait à l'époque un petit post sur le sujet : ICI.

    Le devis, établi par la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC), s'élevait à 10.000 euros. La moitié des fonds a d'abord été collectée par les étudiants de Science Po, le reste n'ayant malheureusement pas pu être apporté par la municipalité. C'est donc encore grâce au mécénat que les étudiants de Science Po ont pu collecter la somme restante (nous y avons participé tous les deux dans une modeste mesure !).

    La restauration - effectuée à l'atelier dijonnais de Françoise Le Corre - a duré un mois et demi. L'essentiel du travail a été effectué autour de la couche picturale, un nouveau vernis ayant été également posé car l'ancien était très oxydé. Le cadre, quant à lui, a été restauré à l'atelier LP3 Conservation à Semur-en-Auxois : l'idée était de retourner à la couche originelle avec un faux marbre vert foncé, afin que cela soit plus cohérent avec le tableau.

    C'est Florence Harvengt et son collègue Benoît Jacob, employés de l'entreprise, qui ont reposé le tableau dans la chapelle mais celui-ci n'est actuellement pas bien mis en valeur car il se situe derrière le tabernacle...

    Le tableau de la Chapelle Saint-Anne à Courcelles enfin restauré

    La commune parle de déplacer celui-ci et de changer l'éclairage de la Chapelle afin de permettre aux visiteurs éventuels de mieux pouvoir l'admirer. La chapelle est bien sûr fermée mais une affiche sur la porte indique comment se les procurer.

    Affaire à suivre...


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  • Arlette, ma soeur, possède une carte pour des entrées illimitées au Louvre et les quinze premiers jours d'une exposition elle peut venir accompagnée de la personne de son choix.

    C'est ainsi que j'ai visité dernièrement l'exposition en cours intitulée François Ier et l'art des Pays-Bas.

    La bouche de métro donnant sur la Place Colette peut plaire - ou non - car elle est très clinquante tout de même : moi, je l'apprécie. Il s'agit d'une oeuvre d'art contemporain du plasticien français Jean-Michel Othoniel constituée par un ensemble de sphères d'aluminium et de perles en verre de Murano. Je viens d'apprendre par mon très cher ami "Wikipédia" qu'on l'appelle "le kiosque des noctambules".

    L'exposition se trouve en sous-sol : il faut passer par la pyramide de Pei pour y accéder.

    Eh oui... C'est pointu !

    L'affiche de l'expo est un portrait équestre de François Ier par Jean Clouet.

    Ce dernier est né à Bruxelles (la ville est située aux Pays-Bas bourguignons car la région appartient en ce temps là à la Bourgogne) en 1480. Il est issu d'une famille de peintres. En 1540, il obtient le titre de peintre du Roi François Ier. Pourtant, après sa mort il tombe dans un oubli à peu près complet pendant près de trois siècles, jusqu'en 1850, date à laquelle sont exhumés des documents prouvant son existence.

    Tout comme son fils, François Clouet que l'on connait mieux, c'est un portraitiste.

    L'exposition est très grande : on y voit beaucoup de peintures - je n'ai jamais vu autant de triptyques - mais elle comporte aussi des sculptures, des tapisseries, des vitraux et même des livres enluminés.

    Voici le triptyque de l'adoration des Mages par Jean de Beer sans doute assisté par le Maître d'Amiens.

    Sans doute peint pour le Couvent des Servites de Venise dont il provient, ce triptyque est le chef-d'oeuvre de Jean de Beer, figure centrale du maniérisme anversois. Il contient en germe les éléments de style que son élève supposé, le Maître d'Amiens, développa avec plus d'artifice. L'intervention de ce dernier est probable dans l'exécution des volets.

    De plus près, j'admire les détails de la toile...

    Voici un détail d'un autre triptyque intitulé "La mort de la Vierge".

    L'extravagance du peintre éclate dans son approche même du sujet : seuls sept apôtres assez hallucinés entourent la Vierge à l'agonie tandis que les cinq autres s'affairent au fond à des tâches domestiques. La palette et la lumière sont étranges et les expressions très outrées.

    L'exposition présente aussi des dessins tel celui-ci - à l'encre brune - représentant Aristote et Phyllis par le Maître d'Amiens.

    L'histoire est amusante : dommage que le Louvre n'ait pas pris la peine de nous l'expliquer.

    Aristote reprochait à son élève Alexandre de délaisser ses études pour l'amour d'une courtisane, Phyllis. Celle-ci se vengea en séduisant le philosophe et en se promettant à lui s'il se laissait chevaucher par elle. Il céda, et Phyllis prévint alors Alexandre en chantant un lai d'amour [petit poème narratif]. Ce dernier ne manqua pas de se moquer de son maître...

    François Ier et l'art des Pays-Bas au Louvre 

     Voici maintenant un vitrail de Engrand et Jean Le Prince (l'un a fait le dessin, l'autre est le maître-verrier).

    Ce vitrail - ainsi que plusieurs autres - a échappé à la destruction de l'église Saint-Vincent à Rouen en 1944 car ils avaient tous été déposés en 1939. Ils ont été depuis remontés dans l'église moderne Sainte-Jeanne-d'Arc située à sur la place du vieux marché à Rouen.

    François Ier et l'art des Pays-Bas au Louvre 

    L'ascension du Christ par le Maître de l'Ascension de Berlin (entourage du Maître d'Amiens)

    On ne voit que les pieds du Christ tout en haut du tableau...

     François Ier et l'art des Pays-Bas au Louvre

     Des sculptures maintenant : la Prudence et l'Espérance par Scipion Hardouin (peintre et sculpteur)

    Ces statues ornaient le buffet d'un orgue de la Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais et étaient destinées à être vues de loin. 

    François Ier et l'art des Pays-Bas au Louvre

    Sainte Marie-Madeleine par l'atelier Beauvaisien

    La sculpture beauvaisienne de la première moitié du XVIème siècle témoigne à la fois d'une richesse décorative comparable à la mode flamande contemporaine et d'une belle adaptation des techniques de polychromie brabançonne.

    Il est amusant de remarquer que sur ce genre de sculptures, la mode féminine est celle de l'époque de François Ier et non celle à laquelle ont vécu les personnages.

    François Ier et l'art des Pays-Bas au Louvre

    La circoncision (anonyme flamand)

    Probable production picarde des années 1525-1530

    François Ier et l'art des Pays-Bas au Louvre

    Détail : le bébé n'est pas le plus réussi...

    François Ier et l'art des Pays-Bas au Louvre

     Retable de la Passion (Noël Bellemare et son atelier)

    Les différents compartiments de ce retable - qui se trouvait au XVIème siècle dans l'église parisienne du Saint-Sépulcre (détruite) - sont très comparables aux miniatures orant les livres d'Heures enluminés par Noël Bellemare et ses assistants.

    François Ier et l'art des Pays-Bas au Louvre

    Le baiser de Judas

    François Ier et l'art des Pays-Bas au Louvre

    Jésus porte sa croix

    François Ier et l'art des Pays-Bas au Louvre

    La mise au tombeau

    François Ier et l'art des Pays-Bas au Louvre

    Triptyque de la vie de la Vierge (le panneau central a été perdu)

     La présentation de Jésus au Temple et la Naissance de la Vierge

    François Ier et l'art des Pays-Bas au Louvre

    Vitrail : La lamentation (Jean Chastelain et Noël Bellemare)

    François Ier et l'art des Pays-Bas au Louvre

    Vitrail : Le Jugement de Salomon

    Ici encore, Le Louvre fait confiance à la culture générale des visiteurs...

    Le différend opposa deux femmes ayant chacune mis au monde un enfant, mais dont l'un était mort étouffé. Elles se disputèrent alors l'enfant survivant. Pour régler le désaccord, Salomon réclama une épée et ordonna : « Partagez l'enfant vivant en deux et donnez une moitié à la première et l'autre moitié à la seconde ». L'une des femmes déclara qu'elle préférait renoncer à l'enfant plutôt que de le voir mourir. En elle, Salomon reconnut la mère. Il lui fit remettre le nourrisson et sauva donc la vie à l'enfant.

    François Ier et l'art des Pays-Bas au Louvre 

    On arrive alors à la série des portraits.

    Comme je l'ai dit précédemment, Jean Clouet est maître en la matière. En témoigne ce portrait de François Ier en tenue de grand apparat.

    J'ai remarqué que dans les portraits suivants les mains ont toutes un rôle à jouer, une manière de donner de la vie aux personnages.

    François Ier et l'art des Pays-Bas au Louvre

    Portrait de Marguerite d'Angoulême, Reine de Navarre

    Ce portrait fut sans doute exécuté en 1527 lors du second mariage de Marguerite, soeur de François Ier, avec Henri d'Albret, Roi de Navarre. Elle déclare alors prendre à son service le frère de Jean Clouet, peintre lui aussi.

    Je la trouve vraiment très élégante avec son petit doigt levé servant de perchoir à son perroquet.

    François Ier et l'art des Pays-Bas au Louvre

    Portrait d'Eléonore d'Autriche, seconde épouse de François Ier

    La Reine semble "ailleurs".Quel message veut-elle faire passer à la postérité... ? 

    François Ier et l'art des Pays-Bas au Louvre

    Portrait de François Ier par Joos Van Cleve

    Le peintre, peu habitué aux usages de la Cour, s'inspire ici de la disposition des mains adoptée précédemment par Jean Clouet.

    François Ier et l'art des Pays-Bas au Louvre

    Un objet soigneusement protégé par des vitres : le Livre d'Heures de François Ier est estimé à 10 millions d'euros...

    Il se présente dans une reliure en or émaillée garnie de rubis et de turquoises et de deux intailles en cornaline. Il est accompagné de son signet.

    François Ier et l'art des Pays-Bas au Louvre

    François Ier et l'art des Pays-Bas au Louvre

    L'arrestation du Christ par Grégoire Guérard

    Beaucoup de vie dans ce tableau très expressif à la palette très vive 

    François Ier et l'art des Pays-Bas au Louvre

    La Vierge à l'Enfant avec Saint Jean-Baptiste par Grégoire Guérard

    J'aime le contraste entre les personnages aux couleurs vives du premier plan et le paysage tout en nuances de gris et d'ocre à l'arrière-plan.

    François Ier et l'art des Pays-Bas au Louvre

    De plus près...

    François Ier et l'art des Pays-Bas au Louvre

    J'ai découvert lors de cette exposition des tableaux bien particuliers : ils sont peints recto-verso. La dernière salle leur est principalement consacrée.

    François Ier et l'art des Pays-Bas au Louvre

    Celui-ci représente Jésus parmi les docteurs et le Songe de Saint-Joseph par le Maître de Dindeville (Bartholomeus Pons).

    François Ier et l'art des Pays-Bas au Louvre

    Jésus parmi les docteurs : intéressante peinture en camaïeu de brun...

    François Ier et l'art des Pays-Bas au Louvre

    Le songe de Saint-Joseph

    François Ier et l'art des Pays-Bas au Louvre

    Epilogue

    A partir des années 1535-1540, l'essor du chantier décoratif du château de Fontainebleau qui donnera naissance à "l'Ecole de Fontainebleau" fait passer à l'arrière-plan le courant artistique issu du Nord. Celui-ci n'en coule pas moins de manière plus souterraine, prêt à resurgir de façon inattendue comme dans les deux dernières oeuvres - isolées - présentées ici.

    Un très beau tableau de L'enfant prodigue chez les courtisanes d'un Anonyme flamand

    Le thème du fils prodigue fut très prisé des artistes des Pays-Bas au XVIème siècle. Le fond précis de paysage parisien (on reconnait Notre-Dame de Paris) autorise à penser qu'elle fut peut-être peinte par un Flamand actif à Paris à la fin du règne de François Ier.

    Cliquez sur l'image pour la voir en grand : elle le mérite. 

    François Ier et l'art des Pays-Bas au Louvre 

    Triomphe exquis au Chevalier fidèle (1548) - Anonyme, Amiens (présenté en cours de restauration)

    Offert en 1548 à la Cathédrale d'Amiens par un prêtre, ce tableau célèbre sans doute l'édit de Blois pris contre les Luthériens hérétiques, par Henri II Roi de France depuis 1547.

    On peut remarquer un grand contraste entre la partie haute du tableau très italianisante (représentant le char triomphal de la Foi catholique) et la partie basse, plus austère (consacrée aux luthériens). 

    François Ier et l'art des Pays-Bas au Louvre 

    A Paris il y a toujours de belles choses à voir !

    L'exposition dure jusqu'au 15 janvier.


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