• J'avais vu au Grand Palais en 1967 (à tout juste 17 ans...) la toute première exposition consacrée à la découverte de la tombe du célébrissime pharaon d'Egypte, nous avons visité le musée du Caire tous les deux en 2005 lors de notre voyage en Egypte, mais cette nouvelle exposition organisée sous la Grande Halle de la Villette nous tentait bien encore : nous avons donc décidé d'y aller avant qu'elle ne se termine très bientôt et que tous ses trésors ne soient définitivement rapatriés au sein du tout nouveau musée du Caire dont l'ouverture est prévue en 2020.

    Elle nous a coûté cher car une mauvais manip de ma part en juin dernier voyait s'envoler nos deux billets : ce que c'est que de mal regarder sa boîte mail...

    Enfin, nous y sommes !

    Le trésor de Toutânkhamon à La Villette

    L'exposition s'ouvre sur une grande statue en diorite (de plus de deux mètres) représentant le dieu Amon protégeant Toutânkhamon. Elle provient du temple de Karnak à Louxor (un prêt du musée du Louvre).

    Les explications données par le commissaire de l'exposition nous donnent plein d'informations.

    C'est le visage intact d'Amon qui fait tout le prix de cette statue du règne de Toutânkhamon. Selon les conventions égyptiennes, les traits du dieu sont ceux du souverain, car le roi est l'émanation terrestre du pouvoir divin. Ainsi l'on reconnaît le visage de Toutânkhamon dans celui d'Amon.

    Toutânkhamon a été effacé de l'histoire par les pharaons qui l'ont suivi, sans doute à cause de son père, Akhenaton, considéré comme hérétique : promoteur du culte unique du dieu solaire Aton, Akhénaton avait interdit le culte des autres divinités et fait fermer leurs temples.

    Dans le texte sur le pilier dorsal, les prêtres et les scribes du règne de Toutânkhamon avaient manifesté pleinement le retour à l'orthodoxie voulue par l'entourage de l'enfant-pharaon.

     

    Le pharaon s'était pourtant démarqué de son père en revenant à l'orthodoxie, rouvrant et restaurant les anciens temples, en construisant de nouveaux et transformant son nom d'origine, Toutânkhaton ("l'image vivante d'Aton") en Toutânkhamon, "image vivante d'Amon", pour redonner une place prépondérant à ce dieu, un des plus importants du panthéon égyptien.

    Cela n'a pourtant pas suffi à le protéger d'Horemheb, général d'armée qui monta plus tard sur le trône. A leur tour, ses prêtres, scribes et graveurs, eurent la charge d'effacer le nom du roi.

    Ils oublièrent cependant deux minuscules cartouches, gravés sur le côté droit du pagne, laissant ainsi une chance supplémentaire à Toutânkhamon de traverser les siècles.

     

    L'exposition présente une sélection de plus de 150 objets originaux issus du tombeau du jeune souverain, parmi lesquels de nombreux objets personnels qui l'ont accompagné dans la vie et dans la mort : des bijoux en or, des sculpture ainsi que des objets rituels... 

    A l'image, deux jeux complets de Senet se trouvaient dans le tombeau. Cinq disques et cinq cônes devaient être déplacés sur le plateau en fonction du lancer d'astragales (dés en forme de bâtonnets). C'était un jeu très prisé de l'Egypte ancienne : des familles moyennes au plus riches pharaons, tout le monde y jouait.

    Voici la règle du jeu de Senet, à mi-chemin entre le jeu de l'oie et le jeu des petits chevaux.

    Ici, l'on voit Nefertari jouant au Senet (XIIIème siècle avant notre ère)

    Cet appui-tête en faïence égyptienne bleu-foncé est pour la première fois visible hors d'Egypte. Le bleu, couleur du ciel, est le symbole de la renaissance magique dans l'au-delà.

     Ces vases ont été utilisés pour la cérémonie d'ouverture de la bouche de Toutânkhamon, rituel qui permet au défunt de lui redonner la vue, l'odorat et l'ouïe dans le monde des morts.

    Vase en calcite sur socle arborant les cartouches de Toutânkhamon et de Ânkhesenamon, sa demi-soeur, qu'il a épousée, fidèle à la tradition des rois égyptiens pour continuer la dynastie.

    C'est la première fois que ce vase sort d'Egypte.

    Cartouches de Toutânkhamon

    Le trésor de Toutânkhamon à La Villette

    Le pharaon Aÿ accomplissant la cérémonie d'ouverture de la bouche par une herminette sur la momie de Toutânkhamon.

    Fauteuil de Toutânkhamon incrusté d'ébène et d'ivoire

    Les paysages en relief incrustés sur les panneaux d'or des bras de ce fauteuil (bouquetins bêlant et végétaux du désert) montrent bien l'influence des styles exotiques, populaires au cours de la XVIIIème dynastie.

    Nombre de bijoux et d'ornements ont été trouvés dans une boîte de marqueterie située à l'intérieur de ce coffret en bois incrusté en forme de cartouche (bois rouge, ébène, ivoire, feuille d'or).

    Cet étui à calames aurait appartenu au pharaon. Il a la forme d'une colonne architecturale surmontée d'un chapiteau en forme de palmier.

    De la nourriture pour le Ka du roi : ces récipients de forme ovoïde en bois peint contenaient différents morceaux de viande. On a cependant constaté des différences entre l'étiquette du contenant et la viande qu'ils contenaient.

    Voici le lit funéraire du roi : la structure en ébène est recouverte de feuille d'or. Au pied du lit sont représentées Bès, dieu des nouveaux-nés, et Taouret, la déesse-hippopotame qui protège le roi.

     

    Les nombreux modèles réduits d'embarcations présents dans la tombe de Toutânkhamon représentent la mobilité du pharaon dans l'au-delà à l'image des nombreux voyages qu'il effectua durant sa courte vie. Ces barques solaires, ici en bois, suggèrent la renaissance du roi défunt, assimilée à Ré, l'astre solaire.

    De jolies reproductions derrière les barques...

    Voici l'un des éventails de Toutânkhamon en plumes d'autruches : à l'origine il en comportait 30. Ces plumes provenaient de l'une de ses proies.

    Il est indiqué sur la hampe que le roi chassait en effet l'autruche près d'Héliopolis : la scène de chasse montre le pharaon se tenant, triomphant, au sommet d'un char tiré par des chevaux en pleine course.

    Figurine d'Horus sous les traits d'un faucon : pour la première fois visible hors d'Egypte, ce faucon en bois doré coiffé d'un disque solaire était monté sur la barre principale et faisait partie des ornements d'un char.

    Sur ce bouclier en bois doré, Toutânkhamon, sous la forme d'un sphinx, est en train de piétiner des ennemis nubiens : la délicatesse des ajours de cet ouvrage suggère qu'il s'agit ici d'un bouclier d'apparat et non d'un instrument servant à la guerre.

    Toujours dans le domaine de la guerre, voici un arc composite avec poignée et extrémités dorées. 

    Boomerangs : en raison de leurs courbures particulières (qui sont symboliques de la capacité du roi à triompher des forces du chaos qu'il ne manquera pas de rencontrer), aucun de ces boomerangs n'était capable de revenir vers son lanceur mais d'autres boomerangs trouvés dans le tombeau le pouvaient.

    Il ont été placés dans le tombeau du roi pour qu'il puisse continuer à exercer ce sport dans l'au-delà.

    Statuette en bois doré de Toutânkhamon harponneur : la croyance voulait que les images et les mots prissent vie dans l'au-delà. La proie du pharaon (l'hippopotame représentant la déesse Seth) était trop dangereuse pour que son image soit montrée...

     Statuette en bois doré de Horsemsou (Horus l'ancien) et statuette à tête de chacal de Douamoutef (Photo Blog "Des pierres et des papillons")

     Figurine prosternée et chaîne en or du roi Amenhotep III

    Une mèche de cheveux de l'épouse d'Amenhotep III, la reine Tiyi, grand-mère de Toutânkhamon, a été trouvée aux côtés de cette figurine.

    Cette photo (du blog "Dynamic Seniors") est superbe : s'il fallait venir voir l'exposition que pour une seule oeuvre, ce serait pour celle-là, d'une taille minuscule...

    On y voit bien le collier chebiou d'Amenhotep III, fait de perles de verre, qui proclame sa dévotion à Rê.

     

    Statue de Ptah en bois doré

    Ptah, démiurge de Memphis, dieu des artisans et des architectes et créateur de l'univers et de tous les autres dieux, porte une coiffe en verre bleu cobalt. Sur son spectre figurent trois hiéroglypes du signe de la vie (ânhk), de la stabilité (djed) et de la puissance (ouas). Ptah ouvre la bouche du défunt et lui permet ainsi de manger, boire et parler dans le monde des morts.

    Statue en bois du gardien du Ka du roi, portant la coiffe Némès : les yeux au regard perçant du gardien sont faits d'obsidienne volcanique. L'uraeus sur son front et les sandales sont en bronze.

    Le Ka de Toutânkhamon résidait dans sa momie que l'on devait garder intacte pour que la magie de la renaissance se produise lorsque le Ba du défunt reviendrait sous forme d'oiseau et fusionnerait avec le Ka : le défunt renaissait alors sous une forme encore plus réussie...

    Les prêtres momifiaient les défunts après leur mort. Ils débarrassaient minutieusement le corps de toute humidité et en extrayaient l'estomac, le foie, les poumons et les intestins avant de les conserver dans des vases canopes.

    Toutânkhamon avait quatre cercueils miniatures à son effigie, placés dans une coffre en calcite. Lors de la momification, les viscères furent traitées séparément du corps, embaumés, oints d'onguents et résines, enveloppés de bandelettes de lin puis placés dans ces canopes.

    Ce cercueil miniature canope était réservé au foie, organe placé sous la protection de la déesse Isis et du génie Amset.

    Les travailleurs de l'au-delà : un nombre exceptionnellement élevé de chaouabtis - 412 en tout - accompagnait Toutânkhamon dans son tombeau : 365 petits ouvriers, un pour chaque jour de l'année, 36 chefs d'équipe, de plus grande taille, environ un pour chaque semaine (la semaine de la haute Egypte comptait dix jours), 12 contremaîtres, c'est-à-dire un pour chaque mois.

     

    Grands chaouabtis en bois (à gauche, portant un Némès doré, un large collier et un fléau ; à droite, portant une perruque ronde en ébène et un collier en or)

    Des bijoux maintenant...

    Amulette en or en forme de serpent 

    Les embaumeurs plaçaient plusieurs colliers Ousekh entre couches de bandelettes de la momie. Ces colliers étaient aussi bien portés par les dieux que par les hommes et les femmes.

    Collier Ousekh en or avec contrepoids : vautour avec ailes déployées et uraeus

    Le faucon représente Horus, le dieu intimement lié au pharaon vivant. A la fois fils d'Osiris et de Rê, Horus montait en flèche dans le ciel comme le faisait le faucon dans l'ancienne mythologie égyptienne. Les fils d'or enfilés dans les trous au bout des ailes retiennent un contrepoids en fleur de lotus de forme allongée suspendu dans le dos du porteur, équilibrant le poids du pendentif.

    Uraeus en or à tête humaine

    Pectoral incrusté d'or en forme de Naos incluant un scarabée ailé en feldspath

    Pectoral incrusté d'or et de pierres avec un scarabée en lapis-lazuli représentant le nom royal de Toutânkhamon 

     

    Pectoral en forme d'oeil d'oudjat avec chaîne en or et en faïence égyptienne

    Le trésor de Toutânkhamon à La Villette

    Bracelet en or représentant l'oeil oudjat avec incrustations en lapis-lazuli et en obsidienne

    Le trésor de Toutânkhamon à La Villette

     

    Boîtier à miroir en forme d'Ânkh, en bois doré incrusté de verre bleu et de cornaline

    Le trésor de Toutânkhamon à La Villette

    Figurine osirienne en bois de Toutânkhamon allongé sur une bière : les différentes enveloppes funéraires et les bandelettes de la momie sculptée ainsi que la tête et les pattes de lion du lit protègent le personnage contre les forces surnaturelles.

    La crosse Héga et le fléau ont été découverts dans une boîte en forme de cartouche.

    Osiris est toujours représenté avec ces deux attributs, symboles de royauté. Au cours de cérémonies officielles, Toutânkhamon avait toujours en mains ces éléments importants de la tenue royale. Leur lien intime avec Osiris confirmait la nature divine de son autorité sur la Haute-Egypte.

    Le fléau tire peut-être son origine des chasse-mouches. Le dieu à tête de chacal, Anubis, est parfois représenté agitant un fléau sur son dos. Lorsque le roi tient la héga, inspirée de la crosse du berger, il devient lui-même un berger qui guide et protège ses sujets. Le hiéroglyphe représentant une crosse signifie "souverain".

     

    Coffre en ébène et en cèdre : sur le coffre figurent des inscriptions : noms et épitèphes du roi dont certains faisant référence à la réouverture par le roi des temples fermés pendant la période amarnienne.

    Le trésor de Toutânkhamon à La Villette

    Le trésor de Toutânkhamon à La Villette

    Naos en bois doré représentant des scènes de la vie de Toutânkhamon et d'Ânkhésenamon : les chapelles, les bateaux sacrés et les cercueils étaient tractés sur des traîneaux dans les sables du désert jusqu'aux tombeaux des rois.

    Le trésor de Toutânkhamon à La Villette

    Le trésor de Toutânkhamon à La Villette

    Coupe de Toutânkhamon en albâtre en forme de lotus ouvert avec deux boutons de fleurs : prenant la forme d'un lotus présentant sur chaque anse deux boutons prêts à éclore et flanqués de Heh, dieu de l'éternité, cette coupe est un puissant symbole de renaissance et de vie éternelle.

    Elle a été trouvée à l'entrée de la tombe, comme elle est mise en scène sur la photo ci-dessous.

     L'exposition se continue par des explications sur la découverte de la tombe de Toutânkhamon par Howard Carter, égyptologue anglais, en 1922 : l'exposition de La Villette fête le presque centenaire de la découverte.

    En voici le plan

    Le trésor de Toutânkhamon à La Villette

    On apprend que c'est un jeune porteur d'eau, Hussein Abdel-Rassoul, qui a découvert la première marche d'un escalier s'enfonçant dans le sol. Le lendemain, douze marches sont dégagées, laissant apparaître le haut d'une porte dont les sceaux sont estompés et peu lisibles.

    Il porte sur la photo suivante (prise par Harry Burton, photographe de l'expédition) le pectoral de Toutânkhamon représentant une barque en or et un disque lunaire en argent avec contrepoids et chaîne.

    Le trésor de Toutânkhamon à La Villette

    Le voici présenté à Paris (or, cornaline, lapis-lazuli, feldspath vert, verre)

    La photo a servi de gagne-pain à Hussein ABdel-Rassoul pour le reste de sa vie. En effet, il posait près du tombeau de Toutânkhamon, sa photo à la main, expliquant aux visiteurs qu'il était celui qui avait découvert le site. Après sa mort, son fils le remplaça dans la Vallée des Rois.

    Le trésor de Toutânkhamon à La Villette

     Voici la nouvelle résidence de Toutânkhamon à Gizeh au Caire : le musée fait face à Khéops dont il s'est inspiré.

    Le trésor de Toutânkhamon à La Villette

    Voici l'arbre généalogique du pharaon : les tests ADN révèlent qu'il est le fils d'Akhénaton et de "Younger Lady". Il a été marié à Ânkhésenamon, sa demi-soeur du côté de son père dont il a eu deux filles mortes-nées.

    Le trésor de Toutânkhamon à La Villette

    Sa momie repose encore dans son sarcophage à l'intérieur de son tombeau.

    Le trésor de Toutânkhamon à La Villette

    L'exposition se termine par une représentation colossale en quartzite du pharaon : la statue fait partie d'un couple de colosses qui se tenait probablement devant le temple funéraire de Toutânkhamon.

    Le trésor de Toutânkhamon à La Villette

    A l'origine, le nom du pharaon était gravé sur sa ceinture mais son successeur, Aÿ, fit graver son nom par-dessus. Peu de temps après, le nom d'Aÿ fut remplacé par celui d'Horemheb.Aujourd'hui, le nom de Toutânkhamon est prononcé partout dans le monde : lui qui tomba dans l'oubli pendant plusieurs millénaires, revit à jamais.

    Le trésor de Toutânkhamon à La Villette

     

    Une exposition qui m'a permis de me remémorer des souvenirs fort lointains et qui restera, je l'espère, dans ma mémoire fort longtemps car nous ne sommes pas prêts de retourner en Egypte je pense...

    Et pourtant, une nouvelle petite remontée du Nil ne serait pas pour me déplaire !


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  • Toujours avec mon amie Marie-France et sortant de la Mairie du 5ème, nous avons rejoint le jardin du Luxembourg pour aller visiter l'exposition Serge Mendjisky dont la Mairie du 5ème m'avait fait la publicité.

    C'est l'été à Paris : un parisien faitt du "bronzing" au jardin du Luxembourg près de la statue représentant "La Peinture"...

    L'exposition Serge Mendjisky à l'orangerie du Sénat

    Cette orangerie date de 1839 : elle abrite environ 180 plantes en caisse dont 60 agrumes, principalement des bigaradiers (oranges amères mais aussi palmiers-dattiers, des lauriers roses et des grenadiers). Certains arbres ont jusqu'à 250 à 300 ans !

    Les orangers et les palmiers profitent ce jour du soleil et de la chaleur.

    L'exposition Serge Mendjisky à l'orangerie du Sénat

    J'avais visité il y a quelques années le Musée Maurice Mendjisky-Ecoles de Paris consacré au père de l'artiste qui était également peintre : j'y avais vu son oeuvre mais aussi un tableau de son fils Serge : pour revoir ce post, cliquez ICI.

    L'Orangerie du Sénat présente une rétrospective complète de l'oeuvre de Serge Mendjisky en tant que peintre et photographe. On peut distinguer deux périodes dans son art : l'une avant 2000 et l'autre entre 2000 et son décès en 2017.

    La première période : c'est celle où il est "pointilliste".

    L'exposition Serge Mendjisky à l'Orangerie du Sénat

    Paris sera toujours Paris...

    L'exposition Serge Mendjisky à l'Orangerie du Sénat

    Le port de La Rochelle

    L'exposition Serge Mendjisky à l'Orangerie du Sénat

    Après 2000, le peintre, qui s'est toujours servi de la photographie pour peindre, utilise cette fois cet art mais en le désarchitecturant complètement à coup de cutter !

    Il est amusant de voir ci-dessous comment il traite le port de La Rochelle justement avec cette technique...

    L'exposition Serge Mendjisky à l'Orangerie du Sénat

    Venise...

    L'exposition Serge Mendjisky à l'Orangerie du Sénat

    Paris

    L'exposition Serge Mendjisky à l'Orangerie du Sénat 

    L'oeuvre, vue de plus près. 

    L'exposition Serge Mendjisky à l'Orangerie du Sénat

    Panoramique de la ville...

    L'exposition Serge Mendjisky à l'Orangerie du Sénat

    Une exposition qui m'a mieux fait connaître ce peintre. 


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  • Avec ma copine Marie-France, je me suis rendue hier après-midi à la Mairie du 5ème arrondissement : nous y sommes allées à pied en passant par l'avenue des Gobelins et la rue Mouffetard : une balade agréable par ce beau temps estival.

    Je reçois maintenant très régulièrement des invitations de la mairie de cet arrondissement pour diverses manifestations. Celle-ci s'intitulait "Forêt de dessins représentant Marianne" : pour une mairie, c'est de mise !

    Je ne connaissais pas cette mairie qui fait pendant à la Faculté de Droit (construite par Soufflot en 1770) formant un agréable arrondi face au Panthéon voisin.

    Sa construction est confiée en 1844 à Jean-Baptiste Guénepin, un architecte français, mais suite à une brouille avec l'administration, c'est Jacques Hittorff, l'un des plus grands architectes français de l'époque (à qui l'on doit la Gare du Nord, le Cirque d'Hiver ou encore les aménagements urbains des Champs-Elysées)  qui la termine en 1865.

    Une forêt de dessins de Marianne à la Mairie du 5ème

    Elle est très imposante...

    Une forêt de dessins de Marianne à la Mairie du 5ème

    L'escalier d'Honneur est l’un des plus beaux ensembles de la mairie.

    Une forêt de dessins de Marianne à la Mairie du 5ème

    La sculpture en marbre Le Paradis Perdu (1883) qui représente Adam et Ève après le péché originel est sans-doute le chef-d’œuvre de Jean Gautherin (1840-1890).

    Une forêt de dessins de Marianne à la Mairie du 5ème

    Le visage d’Ève, particulièrement expressif, en fait la réalisation la plus originale et la plus personnelle du sculpteur (qui est aussi l'auteur du monument à Denis Diderot situé sur le Boulevard Saint-Germain).

    Une forêt de dessins de Marianne à la Mairie du 5ème

    Avant de monter à l'étage voir l'expo nous avons fait un petit tour dans le jardin de la mairie qui est très sympa. Marie-France est une grande amie parisienne : avec elle je chante, je fais de l'aquagym et autrefois je faisais même avec elle des randonnées (elle a arrêté l'an dernier pour cause de fracture de fatigue...).

    Une forêt de dessins de Marianne à la Mairie du 5ème

    Une forêt de dessins de Marianne à la Mairie du 5ème

    Un monument aux morts entouré de verdure...

    Une forêt de dessins de Marianne à la Mairie du 5ème

    Une forêt de dessins de Marianne à la Mairie du 5ème

    Mais revenons à notre exposition...

    Dans la partie en hémicycle de la cage d’escalier, cinq grandes fresques d’Henri Martin (1860-1943) représentent le jardin du Luxembourg voisin.

    Ce polyptyque réalisé à la fin de sa carrière (1935) constitue un exemple abouti du mouvement pointilliste dont Henri Martin, grand maître de la lumière, est un des représentants les plus emblématiques.

    Une forêt de dessins de Marianne à la Mairie du 5ème

    Je les trouve vraiment très jolies. On voit encore de nos jours des enfants faire voguer les petits bateaux dans le bassin central...

    Une forêt de dessins de Marianne à la Mairie du 5ème

    Un joli vitrail dans la montée d'escalier

    Une forêt de dessins de Marianne à la Mairie du 5ème

    Les dessins de Liox (graphiste et peintre)

    sont présentés accrochés à la rampe de l'escalier d'Honneur. Formé à la célèbre École d'Arts Graphiques Corvisart, il a aussi intégré l'héritage pictural venant de grands artistes tels que keith Haring, Jean-Michel Basquiat et Andy Wharol.

    Mais son trait caractéristique, est au service d'un concept très précis : « J'aime un occident, ou le sacré, le sexe et la morale sont trois moteurs d'âme dissociés. Ou la femme, le handicapé, le fort, le faible, les humains, tous les humains, évoluent dans un monde qui ne les réduit ni ne les oublie » dit-il. Aussi sa peinture aborde ces trois thématiques avec une liberté absolue.

    En octobre 2007 Liox expose, à la mairie de Paris du 4e lors de la Nuit Blanche, deux mille sept dessins originaux, uniques, signés et représentant le symbole républicain : Marianne. Ces dessins sont pendus à des cordes toute la nuit et offerts à chaque visiteur, qui peut décrocher son œuvre, sa Marianne.

    Une partie d'entre eux sont exposés ici du 2 au 13 juillet.

    Une forêt de dessins de Marianne à la Mairie du 5ème

    Une forêt de dessins de Marianne à la Mairie du 5ème

    Quelques unes des Marianne...

    Marianne sulfureuse aux yeux comme des charbons ardents

    Une forêt de dessins de Marianne à la Mairie du 5ème

    Marianne réenchantée : on dirait qu'elle a un peu la varicelle, non ?

    Une forêt de dessins de Marianne à la Mairie du 5ème

    MAMA Marianne, la poitrine bien lourde...

    Une forêt de dessins de Marianne à la Mairie du 5ème 

    Marianne expérimentée, toute couturée ! 

    Une forêt de dessins de Marianne à la Mairie du 5ème

    Liberté Egalité Fraternité... Sexualités !

    Une forêt de dessins de Marianne à la Mairie du 5ème

    Une forêt de dessins de Marianne à la Mairie du 5ème

    Il y a même une Marianne Banania aux couleurs de la célèbre marque de chocolat en poudre.

    Une forêt de dessins de Marianne à la Mairie du 5ème

    La Marianne retraitée m'a fait beaucoup rire !

    Une forêt de dessins de Marianne à la Mairie du 5ème

    Drôle aussi cette Marianne Mère Noël...

    Une forêt de dessins de Marianne à la Mairie du 5ème

    Une forêt de dessins de Marianne à la Mairie du 5ème

    Retour à mon enfance avec cette Marianne Bécassine : traditionnellement l'héroïne de la BD n'a pas de bouche... mais ici Liox l'a remplacée par une cocarde...

    Une forêt de dessins de Marianne à la Mairie du 5ème

    Marianne Sphynx

    Une forêt de dessins de Marianne à la Mairie du 5ème

    Je n'ai pas résisté à prendre mon amie Marie-France en photo devant ces dessins de Liox, elle dont la fille s'appelle justement Marianne !

    Une forêt de dessins de Marianne à la Mairie du 5ème

    Une expo très sympa : merci la Mairie du 5ème !


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  • Dimanche dernier, nous sommes allés à Versailles : fidèles de Radio Classique que nous écoutons régulièrement quand nous sommes dans le bureau, j'avais reçu une invitation - via la newsletter de la chaîne musicale - pour aller écouter Franck Ferrand qui délocalisait son émission quotidienne "Franck Ferrand raconte" au théâtre Montansier.

    En arrivant devant le théâtre à 16h45 (l'entrée des spectateurs étant prévue à 17h30), je prends la queue tandis que Philippe trouve une borne accueillante pour poser son popotin : cela m'a valu d'être sur la photo prise par la chaîne, soucieuse de faire sa promotion, devant le théâtre tandis que la queue s'allongeait à vue d'oeil.

    Bon, d'accord, il faut le savoir mais tout de même...

    Franck Ferrand - et nous ! - au théâtre Montansier de Versailles

    Mais le théâtre, me direz-vous, à quoi ressemble-t-il ?

    C'est un bâtiment très classique né sous l’impulsion de Marguerite Brunet, dite Mademoiselle Montansier, qui rachète le terrain au frère du roi, le comte de Provence (futur Louis XVIII). Il a été inauguré le 18 novembre 1777, en présence de Louis XVI et Marie-Antoinette.

    Mademoiselle Montansier était une fort jolie femme et... elle eut beaucoup d'amants !

    Mlle Montansier 1790 - Londré 1991 p186.jpg

    Jean-François Heurtier, architecte du roi, est choisi pour faire les plans du théâtre, et les travaux sont menés par Boullet, machiniste de l’Opéra royal, en moins de dix mois.

    Franck Ferrand - et nous ! - au théâtre Montansier de Versailles

    Mais l'heure tourne et les portes du théâtre s'ouvrent à nous...

    Franck Ferrand - et nous ! - au théâtre Montansier de Versailles

    Joli, ce candélabre...

    Franck Ferrand - et nous ! - au théâtre Montansier de Versailles

    Franck Ferrand fait salle comble : étant parmi les premiers dans la file d'attente, nous avons pu nous asseoir à l'orchestre, au quatrième rang, suffisamment près pour bien voir l'historien.

    Franck Ferrand - et nous ! - au théâtre Montansier de Versailles

    Il y a du beau monde ce soir (même François-Xavier Bellamy nous dit Franck Ferrand dont il est l'ami). La soirée est présentée par Geneviève Dichamp, co-directrice du théâtre, en présence de François Mazières, Maire de Versailles (à gauche) et de Jean-Francis Pécresse, directeur de Radio-Classique.

    Franck Ferrand - et nous ! - au théâtre Montansier de Versailles

    Si l'émission de Radio Classique animée par Franck Ferrand se passe à Versailles aujourd'hui, c'est justement parce que l'historien a choisi de nous conter l'histoire de cette ville au fil des siècles. Cinq épisodes d'une trentaine de minutes chacun qui, enregistrés en direct ici, seront diffusés sur la chaîne dans la semaine du 10 au 14 juin prochains.

    Franck Ferrand - et nous ! - au théâtre Montansier de Versailles

    En entrant dans la salle, on est tout de suite ébloui par la magnificence du lieu : il s'agit d'un des plus anciens théâtres à l'italienne de France : il a été inauguré en 1777 en présence de Louis XVI et de Marie-Antoinette.

    Franck Ferrand - et nous ! - au théâtre Montansier de Versailles

    Le plafond est sublime.

    Franck Ferrand - et nous ! - au théâtre Montansier de Versailles

    C'est Charles Séchan, peintre décorateur connu pour avoir travaillé à l’Opéra de Paris, la Comédie Française, l’Assemblée Nationale, et à qui l’on doit le plafond du grand salon du château de Vaux le Vicomte, qui l'a réalisé en 1851 : il y a peint un treillis de fleurs.

    Franck Ferrand - et nous ! - au théâtre Montansier de Versailles 

    Vous vous demandez d'où j'ai bien pu prendre ces photos... ? C'est que pendant l'entracte, au lieu d'aller grignoter quelque chose au foyer, je suis allée me promener partout !

    Le théâtre est bleu, blanc et or, des tons très doux et reposants pour les yeux.

    Franck Ferrand - et nous ! - au théâtre Montansier de Versailles 

    Encadrant la scène, deux loges décorées de jolies cariatides

    Franck Ferrand - et nous ! - au théâtre Montansier de Versailles 

    Franck Ferrand - et nous ! - au théâtre Montansier de Versailles

    Franck Ferrand - et nous ! - au théâtre Montansier de Versailles

    Cet escalier dessert les étages, donnant accès aux trois balcons.

    Franck Ferrand - et nous ! - au théâtre Montansier de Versailles

    Au troisième balcon, une seule rangée de sièges mais la visibilité est bonne, du moins quand on est de face.

    Franck Ferrand - et nous ! - au théâtre Montansier de Versailles

    Franck Ferrand - et nous ! - au théâtre Montansier de Versailles

    Franck Ferrand a enregistré trois émissions avant l'entracte.

    Dans la première, il nous narre la signature du "Traité de Versailles", dont on fête cette année le centenaire : un traité de paix signé dans la Grande Galerie (la Galerie des Glaces actuelle) le 28 juin 1919 entre l'Allemagne et les Alliés et qui a mis fin à la première guerre mondiale.

    Description de cette image, également commentée ci-après

    Si vous écoutez l'émission (ci-dessous), vous verrez pourquoi Franck Ferrand fait maintenant son émission sur la chaîne musicale "Radio-Classique" : il y insère de temps à autres de courts extraits d’œuvres choisies, se rapportant généralement au sujet du jour comme ici ce morceau d'Albéric Magnard, un compositeur mort pendant les premiers jours de la guerre alors qu'il tentait lui-même de repousser avec son propre fusil les allemands de son manoir...

    La seconde émission enregistrée ce jour-là était consacrée au développement du bourg de Versailles. Le terme de "versail", daté du XI e siècle, aurait désigné à l'origine des terres labourées (retournées).

    Au début du XVIème siècle, Versailles n'est qu'un petit village de 400 habitants, situé au carrefour de voies de commerce, mais un certain Louis XIV va lui donner de l'importance dès le mois de mai 1671 en offrant aux habitants désireux d'y faire construire des maisons l'exemption de la servitude du "logement par la craie" pendant dix ans. Les fourriers des logis inscrivaient en effet un nombre d'hôtes - à la craie - sur les portes des logis, ce qui signifiait que les propriétaires de ces maisons devaient loger des courtisans quand ces derniers accompagnent le roi à Versailles, lors des grandes fêtes qui y étaient organisées.

    La construction des maisons (que l'on aperçoit autour de l'église à gauche) devait bien sûr respecter un programme architectural très strict (des briques, de la craie, des toits d'ardoise à pans coupés) à l'image du château royal.

    Le château de Versailles en 1668 par Pierre Patel

    Franck Ferrand - et nous ! - au théâtre Montansier de Versailles

     Pour écouter l'épisode, cliquez ci-dessous.

    La troisième émission enregistrée au théâtre Montansier était consacrée au départ du Roi pour Paris en conséquence de la Révolution : Versailles se retrouve du jour au lendemain vidée des courtisans au train de vie fastueux avec toutes les conséquences qu'on imagine pour les commerçants qui s'y étaient installés depuis de nombreuses années.

    Pour en savoir plus, cliquez ci-dessous.

    Quant à la quatrième émission, elle est consacrée à l'occupation prussienne (1871-1879).

    Après le désastre de Sedan du 3 septembre 1870, le nouveau Maire de la ville, Charles Rameau, décide, en liaison avec le Conservateur du Louvre, d'évacuer un certain nombre d’œuvres d'art inestimables à Paris, comme le tableau d'Eugène Delacroix "L'entrée des croisés à Constantinople".

    Franck Ferrand - et nous ! - au théâtre Montansier de Versailles

    Pendant ce temps la Galerie des Glaces (alors appelée Galerie Louis XIII) est transformée en ambulance militaire par les prussiens.

    Franck Ferrand - et nous ! - au théâtre Montansier de Versailles

     

    Occupation prussienne oblige, chaque dimanche un office luthérien est célébré dans la chapelle de Louis XIV, un comble pour le signataire de la révocation de l'édit de Nantes...

    Pour Noël, les prussiens s'étant bien installés en France, importent à Versailles dans toutes les maisons qu'ils occupent le fameux "sapin de Noël"...

    Franck Ferrand - et nous ! - au théâtre Montansier de Versailles

    A peine la guerre finie..., Versailles devient le point de mire de tout ce que la France compte d'important : les députés, précédemment exilés à Bordeaux, ont besoin de siéger à nouveau près de Paris : c'est Versailles qu'ils choisissent. C'est seulement le 22 juillet 1879, une fois l'insurrection terminée, qu'une loi fixe le retour des Chambres à Paris.

    L'ultime enregistrement était intitulée "Versailles vue par les écrivains". Pour l'écouter, cliquez ci-dessous.

    Franck Ferrand, à l'issue de trois heures d'enregistrement, a tombé la veste... : c'est quelqu'un de très accessible qui fait volontiers, hors antenne, de petits apartés concernant sa vie. Il nous a bien fait rire en nous disant que quand il était enfant il jouait à être Louis XIV !

    Franck Ferrand - et nous ! - au théâtre Montansier de Versailles

    Une très bonne après-midi culturelle


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  • Je viens d'écouter une émission sur Chérie 25 que je ne connaissais pas : elle s'appelle "Sous les jupons de l'histoire" et est animée par Christine Bravo qui s'entoure de trois historiens pour les besoins de son émission ainsi que d'une spécialiste de la mode et d'un chef cuisinier.

    Les jupons de l'histoire : Sarah Bernhardt

    L'émission est constituée d'une série de petites séquences faisant intervenir des petites marionnettes : elle est donc très ludique. Christine Bravo était aujourd'hui absolument passionnante dans l'émission consacrée à Sarah Bernhardt.

    Les jupons de l'histoire : Sarah Bernhardt

    J'ai appris beaucoup de choses sur la grande comédienne, et en particulier qu'elle avait bien d'autres dons que celui de jouer la tragédie : elle faisait en outre - et avec talent - de la sculpture et de la peinture.

    Sarah Bernhardt a fait des tournées dans le monde entier et - chose incroyable - elle jouait partout "en français"...

    J'ai aussi appris qu'à l'âge de 70 ans elle s'était fait amputer d'une jambe dont le genou la faisait énormément souffrir du fait d'une tuberculose osseuse - et ceci sans anesthésie - en solidarité avec les poilus de la guerre de 14-18... Voilà pourquoi, à la fin de sa carrière, elle jouait toujours assise, ce qui lui valut le nom de "La mère la chaise" !

    C'était aussi apparemment une femme très engagée.

    Si vous voulez en savoir plus..., l'émission est ICI : j'ai réussi à la trouver en streaming sur un blog spécialisé intitulé "Mes séries streaming" dont je remercie l'auteur au passage.


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