• Ce soir, c'est le 14 août, une date que j'attends avec impatience car la ville de Châtillon-sur-Seine a prévu ce soir un spectacle son et lumière : projeté sur la façade de la mairie, il permettra de donner un coup de projecteur sur le label "Ville impériale" que la cité où est exposé le vase de Vix a obtenu l’an dernier grâce à la richesse de son patrimoine et à un dossier qui a été examiné avec beaucoup de sérieux.

    Je viens juste de découvrir que la ville se trouve maintenant sur le site internet intitulé "ville-imperiale.com"..., un site où sont répertoriées toutes les villes impériales de France.

    Les vacances 2021 de Louis à Courcelles : le spectacle "Napoléon" à Châtillon-sur-Seine

    Lancée le 21 octobre 2011, au Château de la Malmaison, la marque "Ville Impériale" a été créée à l’initiative de la ville de Rueil-Malmaison, en partenariat avec les villes de Compiègne, Fontainebleau et Saint-Cloud. Avec la volonté de développer un véritable réseau à travers le territoire français, la marque "Ville Impériale" a pour objectif de donner une réelle visibilité historique et touristique aux villes adhérentes et de valoriser leur patrimoine lié au Premier et au Second Empire.

    La journée a été chaude et belle et nous sommes bien sûr au rendez-vous à 21 heures pétantes, juste à temps pour voir les musiciens de la formation des Grognards d'Epinal arriver tambour battant.

    Des chaises nous attendent et nous nous installons, presque au premier rang, alors que l'orchestre a déjà pris place au pied de l'escalier de la mairie magnifiquement éclairée.

    Les vacances 2021 de Louis à Courcelles : le spectacle "Napoléon" à Châtillon-sur-Seine

    Les vacances 2021 de Louis à Courcelles : le spectacle "Napoléon" à Châtillon-sur-Seine 

    Avez-vous vu les superbes géraniums "rois des balcons" qui décorent l'escalier de la mairie ?

    Les vacances 2021 de Louis à Courcelles : le spectacle "Napoléon" à Châtillon-sur-Seine

    Les cantinières sont présentes elles aussi, vendant CD, tee-shirts, stylos, etc...

    Les vacances 2021 de Louis à Courcelles : le spectacle "Napoléon" à Châtillon-sur-Seine

    Pierre Magès met toujours en valeur la ville de Châtillon : c'est un grand passionné de vidéo. Voici celle qu'il a faite du concert des Grognards.

    La nuit est maintenant tombée...

    Les vacances 2021 de Louis à Courcelles : le spectacle "Napoléon" à Châtillon-sur-Seine

    Place au spectacle de son et lumière sur Napoléon !

    Les vacances 2021 de Louis à Courcelles : le spectacle "Napoléon" à Châtillon-sur-Seine

    Tandis que deux acteurs en chair et en os tiennent respectivement, à gauche, le rôle du Général Marmont né à Châtillon-sur-Seine, et à droite celui d'un soldat de l'Empereur, on peut entendre Francis Huster qui prête sa voix à Napoléon.

    Pour ceux qui préfèrent les photos, voici les miennes

    Les vacances 2021 de Louis à Courcelles : le spectacle "Napoléon" à Châtillon-sur-Seine

    Au départ était le Premier consul...

    Les vacances 2021 de Louis à Courcelles : le spectacle "Napoléon" à Châtillon-sur-Seine

    C'est à cette époque qu'il entame la campagne d'Egypte.

    Les vacances 2021 de Louis à Courcelles : le spectacle "Napoléon" à Châtillon-sur-Seine

    La projection ayant lieu sur les deux murs constituant la mairie, nous n'étions pas très bien placés pour la voir de face mais tout de même nous étions assis alors qu'une foule nombreuse avait pris place derrière nous, pour la plupart debout.

    Les vacances 2021 de Louis à Courcelles : le spectacle "Napoléon" à Châtillon-sur-Seine

    Cette photo n'est pas nette mais elle est importante car elle montre l'héritage de Napoléon : le découpage de la France en département, la création de la Banque de France, celle de l'Ordre de la Légion d'honneur, le Code civil, les lycées, le baccalauréat, etc... Côté architecture et urbanisme, n'oublions pas l'Arc de triomphe du Carrousel, celui de l'Etoile, la colonne Vendôme, le Palais Brongniart (la Bourse), la numérotation pair-impair des rues de la capitale, la construction de trois ponts, l'aménagement du cimetière du Père Lachaise, l'aménagement de nombreux espaces verts (le Jardin des Plantes et l'embellissement de celui du Luxembourg) etc.

    Les vacances 2021 de Louis à Courcelles : le spectacle "Napoléon" à Châtillon-sur-Seine

    Pour ceux qui préfèrent visionner tout le spectacle (il dure environ 35 minutes), voici la vidéo de Pierre Magès.

    La soirée s'est terminée sur un feu d'artifice tiré depuis le stade. Nous l'avons regardé mais pas filmé...

    Merci à la ville de Châtillon pour cette éblouissante soirée

    Le maire de la ville, Hubert Brigand, a précisé que tous les ans aux alentours du 15 août (date de naissance de l'Empereur) il y aurait à Châtillon une soirée qui lui serait consacrée.

    Nous serons bien sûr au rendez-vous !


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  • J'avais scrupuleusement regardé le programme de l'Office de Tourisme de Châtillon en vue des vacances de Louis à Courcelles et vu avec intérêt qu'un conteur serait l'invité du Musée avec pour thème Merlin : un programme qui me plaisait bien !

    Nous sommes donc partis tous les deux vers 20h45 pour être à 21h au musée. Louis, qui était lui aussi très intéressé par cette sortie nocturne, m'a demandé plusieurs fois

    "On arrive bientôt au Château ?"

    A 21h pétantes, nous étions installés dans une petite salle de conférence (la conservatrice avait eu peur d'installer les spectateurs comme prévu en extérieur car ce jour-là il faisait un peu frisquet). Celle-ci réunissait la quarantaine de personnes (adultes seuls ou accompagnés d'enfants ou petits-enfants) qui s'étaient inscrite à cette manifestation.

    Louis a commencé la soirée assis sur une chaise et l'a terminée au premier rang, assis en califourchon pour mieux voir et écouter le conteur !

    Des contes sur Merlin l'Enchanteur au musée de Châtillon-sur-Seine

    Durant une heure, Kevin Nappey nous a fait découvrir les différentes étapes de la vie de Merlin l'Enchanteur à travers plusieurs contes. Cet artiste, originaire du Centre, a des attaches très fortes avec le Pays Châtillonnais et son musée, puisqu’il a pendant près de trois ans, été le chargé de communication de la Communauté de Communes.

    Il a participé à la création du nouveau musée. "Ce musée m’a toujours passionné, indique-t-il et c’est avec émotion que je reviens en Pays Châtillonnais. J’ai découvert le conte grâce à l’association “Une sorcière m’a dit”, avec laquelle je suis des cours une fois par mois. Il faut raconter sans lire et s’adapter au public" conclut Kévin Nappey.

    Il nous présente tout d'abord une carte de la Grande Bretagne celte au temps de Merlin l'Enchanteur (vers 1130) et c'est de ville en ville qu'il nous conte l'histoire de Merlin puis celle du Roi Arthur.

    Les vacances de Louis : Merlin l'Enchanteur au Musée de Châtillon-sur-Seine

    Louis et moi avons ainsi appris beaucoup de choses sur Merlin (magicien des légendes celtiques et du cycle d'Arthur que l'on situe vers le Moyen Age, au temps des Chevaliers) comme, par exemple, l'origine de sa naissance.

    Merlin, tel que représenté dans l'édition originale des Chroniques de Nuremberg d'Hartmann Schedel, 1493.

    Les vacances de Louis : Merlin l'Enchanteur au Musée de Châtillon-sur-Seine

    Merlin n'aurait pas existé si le Diable n'avait décidé un jour de jouer un mauvais tour aux mortels : il vint sur terre et prit forme humaine pour se faire aimer d'une jeune et belle princesse celte du comté de Dyfed (Pays de Galles) nommée Adrianne. Puis, il disparut sans laisser de trace. La jeune femme fut condamnée à mort pour avoir été enceinte hors mariage.

    Pourtant les juges décidèrent de sauver l'enfant, qui somme toute était innocent : ils enfermèrent la jeune fille jusqu'à l'accouchement. Le bébé fut un garçon vigoureux qu'on nomma Merlin. Il était velu à faire peur, si bien qu'aucune nourrice ne voulut l'allaiter. On le laissa donc à sa mère. Le jour sinistre arriva, où les juges voulurent exécuter la sentence. Ce fut alors que se produisit le premier prodige : Merlin (qui n'avait que huit mois) prit la parole, et devant les juges stupéfaits, il défendit sa mère avec éloquence. Peu après, tous deux quittèrent la prison sains et saufs.

    Durant sept années, Merlin grandit auprès de sa mère, étonnant son entourage en révélant de nouveaux talents prodigieux tels que celui de se transformerle don de lire dans les pensées des autres, ou celui de prédire l'avenir.

    Homme sauvage proche du monde animal, Merlin se retire régulièrement en forêt pour y rencontrer son scribe et confident Blaise.

    Son histoire connaît différentes fins selon les auteurs, la plus connue étant celle où il tombe éperdument amoureux de la fée Viviane, à laquelle il enseigne ses secrets de magicien. Celle-ci finit par l'enfermer à jamais dans une grotte ou une prison d'air, en usant de l'un de ses propres sortilèges.

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    La première apparition de Merlin est assez connue.

    Uther Pendragon, héritier légitime du trône de Bretagne (Grande-Bretagne actuelle), s’est enfuit en Petite Bretagne (Armorique) suite à une vaine tentative d’assassinat.

    Les vacances de Louis : Merlin l'Enchanteur au Musée de Châtillon-sur-Seine

    Vortigern, usurpateur qui convoitait le trône, craint une attaque d’Uther. Il décide donc de construire une tour dans laquelle il pourrait se réfugier en cas d’offensive. Cependant, la tour est démolie chaque nuit, effondrant le travail des ouvriers.

    Vortigern, énervé, fait alors appel à ses conseillers et leur demande de trouver une solution au problème sous menaces de mort. Effrayés par la colère de l’usurpateur, les conseillers inventent un moyen pour remédier à la situation : verser le sang d’un enfant âgé de sept ans, né sans père.

    Merlin est bien évidemment cet enfant.

    Lorsque les émissaires de Vortigern le découvrent, Merlin connaissait déjà la raison de leur venue et savait pourquoi la tour était démolie à chaque tentative de construction. Nous prenons alors connaissance de son don de divination. À sept ans, l’enfant est déjà très intelligent et rusé.

    Merlin présenté au Roi Vortigern

    Les vacances de Louis : Merlin l'Enchanteur au Musée de Châtillon-sur-Seine

    Amené à VortigernMerlin lui apprend que le poids de la tour dérange deux dragons qui vivent en dessous. Le sol retourné, les deux Dragons sortent de terre et se livrent une terrible bataille. L’un des Dragons est blanc, l’autre est rouge. Le Blanc tue le Rouge avant de succomber.

    Enluminure datant du XVème siècle : Merlin, Vortigern et les dragons

    Les vacances de Louis : Merlin l'Enchanteur au Musée de Châtillon-sur-Seine

    Merlin interprète alors ce qu’il s’est passé entre les deux dragons et explique à l’usurpateur que le Dragon rouge le représente (ainsi que les saxons) et que le Dragon blanc représente Uther (ainsi que les bretons), qu’Uther reviendra en Bretagne récupérer le trône qui lui appartient et que Vortigern mourra.

    Affolé par ces prédictions, Vortigern s’empresse de refaire construire la tour et s’y enferme. Uther revient accompagné d’une grande armée et assiège la tour. Il demande l’aide de Merlin car il ne sait pas comme tuer son ennemi. Merlin lui répond qu’il faut qu’il lance des flèches enflammées, ce que font les archers du roi.

    Vortigern meurt et Merlin et Uther Pendragon deviennent amis.

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    Dans un deuxième temps, Kevin Nappey nous a conté la légende du roi Arthur.

    Bâtisseur de Stonehenge, Merlin emploie ses sortilèges pour permettre la naissance du Roi Arthur (fils d'Uther Pendragon d'Ygerne de Tintagel) et son accession au pouvoir, grâce à l'épreuve de l'épée Excalibur et à la formation de la Table ronde. Conseiller du roi et de ses chevaliers, il prédit le cours des batailles, influe sur leur déroulement et entraîne la quête du Graal.

    Tout un programme que je ne raconterai pas !

    Une très agréable soirée en compagnie de Louis

    Merci au musée pour cette invitation...


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  • Suite à notre promenade dans le centre historique de Dijon (c'est ICI), nous sommes, Arlette et moi, allées visiter le musée des Beaux-Arts. Celui-ci est hébergé dans l'ancien Palais des Ducs de Bourgogne dont une aile se trouve dans la rue Rameau.

    Visite du musée des Beaux-Arts de Dijon

    On entre dans le palais ducal par la Cour de Bar dont l'entrée est richement décorée.

    Visite du musée des Beaux-Arts de Dijon

    La tour de Bar a été élevée entre 1366 et 1372. Il s'agit de la partie la plus ancienne du palais ducal.

    Visite du musée des Beaux-Arts de Dijon

     La galerie de Bellegarde (voir sur la photo ci-dessous) a été édifiée un siècle et demi plus tard.

    Visite du musée des Beaux-Arts de Dijon

     Entre les deux, l’escalier de Bellegarde est décoré dans le style de la Renaissance. Il avait son symétrique à l’autre extrémité de la galerie, jusqu’à la construction, au XVIIIe siècle, de l’aile est du palais, avec d’abord l’escalier du Prince, puis l’école de dessin.

    Au pied de l'escalier de Bellegarde, un monument à Claus Sluter, sculpteur ayant beaucoup travaillé pour les ducs de Bourgogne.

    Visite du musée des Beaux-Arts de Dijon

    Les sœurs Leconte...

    Visite du musée des Beaux-Arts de Dijon

    C'est pas beau de vieillir !

    Visite du musée des Beaux-Arts de Dijon

    De l'autre côté de la cour, un joli puits

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    Nous voici entrées dans le nouveau musée entièrement rénové il y a peu.

    Visite du musée des Beaux-Arts de Dijon

    Nous commençons par la peinture du Moyen-Age avec "Le couronnement de la Vierge" (1473 ou 1474) par Zanobi Machiavelli.

    Cet épisode qui suit l'Assomption est tiré des textes apocryphes et reste populaire à cette période. La composition chargée, aux couleurs grinçantes, laisse paraître une outrance et des bizarreries propres à l'œuvre tardive du peintre.

    Visite du musée des Beaux-Arts de Dijon

    "Le Christ et les apôtres" (Italie - première moitié du Vème siècle) - plaque en ivoire d'éléphant

    Cette scène représentant l'enseignement du Christ s'organise en cercles concentriques autour d'une boîte à rouleaux. Elle s'inscrit dans la tradition paléochrétienne (Christ imberbe). A l'origine ou en remploi, cette plaque peut avoir orné une reliure.

    Visite du musée des Beaux-Arts de Dijon

    "L'adoration des Mages" par Bragio d'Antonio (1446-1516) - Tempera et huile sur bois

    Cet élément, sans doute de prédelle, partie basse d'un retable, s'inspire d'un modèle de Mantegna. Sa restauration a révélé un repeint sur le visage du roi qui semblait noir pour s'adapter ultérieurement à la figuration des mages incarnant les trois continents.

    Visite du musée des Beaux-Arts de Dijon

    "Vierge à l'Enfant" - première moitié du XIVème siècle (Italie)

    Thème récurrent de l'iconographie chrétienne, le culte marial devient plus intime et tendre au XIVème siècle. Cette sculpture mêle les influences stylistiques du gothique, notamment français, et de la production siennoise.

     Visite du musée des Beaux-Arts de Dijon

    "Le Christ au tombeau" entre la Vierge, Saint Jean l'évangéliste, Sainte Catherine à gauche et Sainte Barbe à droite - Huile sur bois (vers 1443)

    La mise au tombeau est la dernière station du chemin de croix du Christ. L'œuvre témoigne des évolutions de la peinture flamande où la lumière donne du volume aux corps.

    Visite du musée des Beaux-Arts de Dijon

    Saint Sébastien - Volet de retable en bois (Suisse ou Allemagne du sud - début du XVIème siècle)

    Lors de la persécution des premiers chrétiens à Rome, saint Sébastien est arrêté par l'empereur Dioclétien pour avoir soutenu la foi chrétienne. Il est condamné à être criblé de flèches mais survit à ses blessures. Il sera finalement tué à coups de verge. 

    Visite du musée des Beaux-Arts de Dijon

    Visite du musée des Beaux-Arts de Dijon

    Saint Jean endormi attribué à Martin Hoffmann, natif de Bâle - tilleul avec traces de polychromie (vers 1515)

    Il s'agit probablement d'un fragment d'une composition représentant "La prière du Christ au Mont des Oliviers". La figure reprend le geste caractéristique de saint Jean dans le relief de même thème, à l'église Saint-Sebald de Nuremberg sculpté par Veit Stoss en 1499.

    Visite du musée des Beaux-Arts de Dijon 

    Saint Fridolin, accompagné du mort qu'il a ressuscité par le Maître à l'Oeillet de Baden (peintre actif à la fin du XVème et au début du XVIème siècle

    Saint Fridolin était l'abbé de Säckingen (Allemagne).

    Visite du musée des Beaux-Arts de Dijon

    Le Moyen-Age en Bourgogne au XVème siècle : à partir du XVème siècle sous le gouvernement des Ducs, la Bourgogne et la Flandre sont le centre d'une intense activité économique et culturelle dominée par une bourgeoisie entreprenante. Les peintres bourguignons s'ouvrent au nouveau style inventé en Flandre, où s'expriment un profond sentiment de la nature, un intérêt pour la perspective et un souci d'humanisation des figures.

    Voici en effet la carte des acquisitions des Ducs de Bourgogne...

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

     "La Nativité et l'Adoration des Bergers" par le Maître de Flémalle (probablement un des peintres de l'atelier de Robert Campin né en 1375 et actif à Tournai entre 1406 et 1444) - Huile sur bois

    Le tableau rassemble en une scène unique plusieurs épisodes de la Nativité du Christ : le récit de la naissance de Jésus dans la crèche et l'Adoration des Bergers est tiré des Evangiles. L'histoire des sages-femmes provient des Evangiles apocryphes.

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    "La Vierge allaitant l'Enfant Jésus" - copie d'après le Maître de Flemalle ? - Huile sur bois

    Le thème de la Vierge allaitante est à associer à l'iconographie de la Vierge de tendresse qui se développe à la fin du Moyen-Age. Les artistes tentent en effet de représenter le couple mère-enfant de manière plus humaine, en choisissant notamment ce moment d'intimité.

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    "Christ couronné d'épines" par Albrecht Bouts - Louvain (Belgique) 1549 - Huile sur bois

    Le panneau provient de l'ancienne Chambre des Comptes de Dijon. Au XIXème siècle, il était encastré dans une salle du Palais de Justice qui servait de prison. Au revers du panneau, le peintre a commencé une esquisse du visage du Christ.

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    Nous traversons une très belle salle au plafond en nef de bateau recouvert de lattes de bois.

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    Les fenêtres donnent d'un côté sur la place des Ducs de Bourgogne,

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    et de l'autre sur la cour de Bar.

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    Dans cette salle se trouve un retable absolument extraordinaire : "Le retable de la Crucifixion" de Jacques de Baerze (sculpteur actif à Termonde à la fin du XIVème siècle) et Melchior Broederlam (peintre actif à Ypres de 1381 à 1410) - bois doré et polychromé (1390-1399)

    Commandé pour la Chartreuse de Champmol en 1390, le retable fut réalisé en Flandre. Sculpté à Termonde en 1391 par Jacques de Baerze, peint et doré à Ypres de 1393 à 1399, il fut mis en place en 1399.

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    Il mérite d'être détaillé...

    Le retable s'ouvre sur plusieurs figures de saints : saint George, sainte Marie-Madeleine, saint Jean l'Evangéliste, sainte Catherine and saint Christophe.

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    Au centre, la Nativité et l'Adoration des Mages 

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    Suit, la Crucifixion

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon 

    Puis, c'est la Mise au Tombeau. 

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    Il se referme sur les figures de saint Antoine, sainte Marguerite, saint Louis, sainte Barbe et saint Joseph.

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    Dans la même salle, un autre très beau retable : "le Retable des Saints et Martyrs" des mêmes auteurs. Il a été exécuté entre 1389 et 1399.

    Il figure à la partie centrale les scènes de la vie de saint Jean-Baptiste, de sainte Catherine et de saint Antoine qui font écho aux dévotions personnelles de Philippe le Hardi. Contrairement au premier retable, celui-ci porte la marque de son commanditaire : sur le bandeau inférieur, alternent les initiales et les armoiries de Philippe le Hardi et de Marguerite de Flandre. Sur les volets latéraux des deux retables, se succèdent des effigies de saints et de saintes, en partie identifiables grâce à leurs attributs. Il s’agit essentiellement de saints intercesseurs particulièrement vénérés à cette époque.

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    Dans ce retable, des petits diables se cachent partout...

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    Nous voici maintenant arrivées dans la salle où sont exposés les tombeaux des Ducs de Bourgogne. On a une vue plongeante en montant un petit escalier conduisant à un balcon depuis lequel les musiciens jouaient à l'époque où cette pièce était une salle de réception. Des instruments de musique de l'époque y sont d'ailleurs présentés :

    Viole de gambe ténor et son archet : ce bas instrument à cordes frottées était tenu entre les jambes, ce qui explique son nom (ah, j'ai appris quelque chose !). Il domine la vie musicale européenne dès le XVème siècle et existe en plusieurs tailles : dessus, alto, ténor, basse à 6 ou 7 cordes. La présence de "frettes" qui divisent la touche le rapprochent du luth.

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    A droite du luth Renaissance, plusieurs instruments à vent (flûtes à bec)

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    Une cornemuse et un cornet

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    Vous remarquerez l'extraordinaire cheminée...

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    Les tombeaux de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur proviennent de la chartreuse de Champmol. Ils ont été magnifiquement restaurés après les vicissitudes de la Révolution française et installés en 1827 dans la grande salle du palais.

    Voici les deux gisants de Jean-sans-Peur et Marguerite de Bavière.

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    Quelle grâce dans ces petits anges !

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    Ces tombeaux sont surtout renommés pour leur cortège de pleurants enveloppés dans des manteaux aux généreux drapés qui portent le deuil éternel des souverains et expriment toute la variété des sentiments d'affliction et d'espoir.

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    L'autre tombeau est celui de Philippe le Hardi, le père de Jean-sans-Peur : le voici photographié du côté des petits anges.

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    Et voici un pleurant de son tombeau (photo du musée) : certains d'entre eux firent l’objet de discrets rehauts d’or et de couleurs par Jean Malouel, peintre officiel de la cour ducale, comme celui-ci...

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    Quatre pleurants néogothiques sont des acteurs de la restauration des tombeaux : voici celui de Claude Saint-Père (1777-1854), architecte et maître d'œuvre de l'opération. Il est représenté en redingote sous le manteau, portant le compas qui l'identifie.

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    Dans une  pièce voisine, on peut admirer des sculptures provenant de la Chartreuse de Champmol.

    En 1384, Philippe le Hardi fonde une Chartreuse au lieu-dit Champmol. Le décor est confié aux meilleurs peintres et sculpteurs issus du milieu parisien ou des riches villes des Pays-Bas et du nord de la France tel Claus Sluter à qui l'on doit les statues du Puits de Moïse.

    Il s'agit des bustes des prophètes et des anges du Puits de Moïse (1402-1403). Le puits de Moïse est le vestige d'un calvaire situé au milieu d'un puits autrefois au centre du grand cloître de la chartreuse de Champmol.

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    Vue sur le nouveau musée...

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    "Le Bon Larron et le Mauvais Larron" - Pays-Bas du sud (vers 1520-1525)

    Ces deux statuettes proviennent probablement d'un grand retable où elles figuraient de part et d'autre du Christ en croix, dans une scène de la Crucifixion qui devait être animée de nombreux personnages. Les deux Larrons partagent le supplice du Christ, mais sont traditionnellement représentés ligotés à une croix en forme de tau (T) les bras passés derrière la traverse. Le Bon Larron se trouve à la droite du Christ, calme et résigné. Il regarde le Sauveur avec confiance, tandis que le Mauvais Larron, à sa gauche, se tord dans ses liens et détourne la tête.

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    "Sainte Barbe" - Pays-Bas du sud Anvers ? (début du XVIème siècle)

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    Un aperçu sur la peinture italienne du Moyen-Age : le temps se fait long, il faudra revenir au musée...

    "Vierge à l'Enfant" (Renaissance peut-être ?)

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon 

    Plat : Actéon changé en cerf - Urbino (XVIème siècle)

    Tiré des "Métamorphoses" d'Ovide, ouvrage très en vogue à la Renaissance, le sujet représente Actéon, qui est changé en cerf après avoir surpris Diane au bain. Il sera dévoré par ses chiens représentés à côté de lui. 

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    Faïence à décor de grand feu : "L'Abondance" par Benedetto Buglioni (Florence 1461-1521) - vers 1500

    L'allégorie de l'Abondance, personnifiée par une jeune canéphore, se caractérise par la présence d'une corne d'où débordent fruits et fleurs. Selon la tradition, ces statues allégoriques étaient offertes par celui qui souhaitait transmettre ses vœux de prospérité à une maison amie.

    A côté de "L'Abondance", un vase balustre de Giovani Maria (vers 1520) et un vase de pharmacie en forme de cylindre (Italie - vers 1480)

     

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

    Nous quittons ce beau musée sur cette vue de la place de la Libération...

    Le Moyen-age au musée des Beaux-Arts de Dijon

     

    Une très belle visite mais il faudra y retourner...

    Le musée cache bien d'autres trésors !


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  • Bicentenaire de la mort de Napoléon oblige, nous avions réservé des billets il y a un bon moment pour aller visiter l'exposition en hommage au grand homme et, malgré la forte chaleur qui sévit ces jours-ci sur la France et à Paris en particulier, nous nous sommes rendus dans le nord de Paris, à la Porte de Pantin plus précisément, pour assister à la conférence proposée par Raphaëlle Frémont. 

    Celle-ci se tient dans la Grande Halle de La Villette où nous retrouvons un groupe d'une vingtaine de visiteurs, tous munis comme nous d'écouteurs, et presque aucun visiteur individuel.

    Le rêve !

    Visite guidée de l'exposition "Napoléon" à la Grande Halle de La Villette

    Raphaëlle Frémont est diplômée de l'Ecole du Louvre et guide-conférencière à la Réunion des Musées Nationaux : le must ! En prime, elle est fort sympathique et a rendu cette visite qui aurait pu être ennuyeuse, très vivante.

    Elle commence à nous conter la vie de Napoléon quand ce dernier n'est encore qu'un enfant - non plus corse, mais devenu français - et qu'il entre comme boursier du roi Louis XVI à l'école royale militaire de Brienne-le-Château (à l'est de Troyes dans l'Aube) où il restera cinq ans, de mai 1779 à octobre 1784 : il n'a alors que neuf ans. Il était en effet coutume à l'époque que les fils des gentilshommes de bonne famille soient préparés au métier des armes.

    Bronze argenté de Louis Rochet - 1857
    (musée national des Châteaux de Versailles et Trianon)

    La conférencière nous demande : "A quoi on voit-on qu'il s'agit d'une statue du futur empereur ?"

    La main dans le gilet, évidemment !

    Elle nous apprend par contre que cette attitude était très commune à cette époque car les hommes ne possédaient pas de poche à leur pantalon... Le livre dans la main gauche atteste, lui, que dès l'enfance Napoléon lisait énormément.

    Visite guidée de l'exposition "Napoléon" à la Grande Halle de La Villette

    On voit dans cette vitrine l'enfant en costume militaire à sa table de travail, plongé dans les livres. Il étudie avec soin la vie politique et les campagnes des grands capitaines de l'histoire mais aussi les chefs de guerre et les théoriciens militaires de son époque. Il s'intéresse également à la philosophie, à l'histoire et aux sciences naturelles.

    Le mobilier représenté est celui du lieutenant Bonaparte à Auxonne (années 1788-1791).

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    Brienne, c'est aussi la célèbre bataille de boules de neige dont voici une image conservée au musée de la maison Bonaparte à Ajaccio. L'exposition, elle, la présente sous la forme d'un extrait du célèbre film d'Abel Gance, Napoléon (1927).

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    Son entourage disait alors que Napoléon était très souvent harcelé par ses pairs (son français teinté d'accent corse n'aidant pas à l'intégration) mais lui ne s'en est jamais ouvert, même dans ses mémoires. Ce qui est certain, c'est que son caractère, à l'origine plutôt timide, s'est forgé à l'école de Brienne : il répond aux brimades par des réprimandes autoritaires et une assurance déconcertante.

    Le voici justement dirigeant ses soldats de l'Armée d'Italie, à cheval sur un cheval blanc évidemment, à la bataille du pont de Lodi - un tableau de Louis-François Lejeune

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    Notez que le bicorne n'est pas porté ici par Napoléon "en bataille" mais "en colonne" ! J'ai appris ce jour la différence de ces deux ports du fameux chapeau à deux cornes...

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    Napoléon a l’idée du tableau qui va commémorer une bataille. Il y a une maîtrise complète de ce qui doit être montré, c’est une des caractéristiques de l’Empire. C'est un excellent communiquant.

    De bataille en bataille, voici maintenant celle qui commémore la victoire du général Bonaparte au pont d'Arcole : on ne peut plus connu, le tableau montrant la fameuse écharpe...

    Bonaparte au pont d'Arcole par Antoine-Jean Gros (1796)

    C’est le premier portrait officiel de Bonaparte et tout est dit de ce que sera son parcours, son destin, comme si le jeune peintre avait senti face à lui, dès 1796, un personnage hors du commun.

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    Alors qu'il a bien failli y trouver la mort, le peintre représente Bonaparte triomphant de l'ennemi.

    Cela fait deux jours, en ce 27 brumaire de l’an 5, que les 19.000 hommes du Général Bonaparte piétinent devant 24.000 autrichiens. Ses lieutenants sont bloqués, Augereau devant le Pont d’Arcole et Masséna enlisé dans les marais. 

    Il faut impérativement passer le pont ! Bonaparte se saisit alors d’un drapeau tricolore, prend la tête de ses troupes et entraîne les grenadiers, qui l’accompagnent avec enthousiasme. La suite sera moins éclatante. Un feu de flanc fait rétrograder la troupe, Bonaparte tombe dans un marais. Son aide de camp, qui le couvre de son corps, est tué. C’est la confusion, mais Bonaparte, jamais à court d’idées va faire donner ses tambours à l’arrière des Autrichiens pour qu’ils se persuadent de l’arrivée imminente de renforts français. La ruse fonctionne et les Autrichiens se disloquent permettant ainsi aux Français de les anéantir. Il faudra encore quelques mois de batailles pour en libérer l’Italie mais Arcole restera dans l’imagerie populaire comme le symbole éclatant de sa conquête par les armées de la révolution.

    L’action du Général Bonaparte, il a alors 27 ans, est une grande leçon de détermination. Son courage n’est pas de la témérité. C’est l’expression d’un vrai leadership, la manifestation de son ascendant sur les hommes. Il sait que seul l’exemple lui permettra d’obtenir que ses troupes le suivent sous la mitraille de l’ennemi. Il fonce donc, tête baissée. Mais il a aussi le courage d’accepter l’échec puisque cette tentative héroïque se solde par un fiasco. C’est à ce moment qu’une résolution sans faille devient une qualité extraordinaire. Alors qu’il est passé dix fois à côté de la mort, sans même le temps de reprendre son souffle, il imagine cette ruse des tambours pour relancer l’offensive.

    Quand on parle du loup..., voici l'originale dans une vitrine, portée par Bonaparte pendant la campagne d'Egypte.

    Notre conférencière nous a expliqué qu'elle était en laine et cachemire mais que la laine était non seulement un isolant contre le froid mais également contre la chaleur.

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    La Campagne d'Italie terminée, Bonaparte se lance en effet dans la Campagne d'Egypte. On le voit ici, toujours sur son cheval blanc, diriger une armée française en ordre de bataille face à des mamelouks complètement désorganisés.

    Tableau panoramique de la Campagne d'Egypte par Louis-François Lejeune (1806)

    Visite guidée de l'exposition "Napoléon" à la Grande Halle de La Villette

    Visite guidée de l'exposition "Napoléon" à la Grande Halle de La Villette

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    Voici l'harnachement des dromadaires pendant la bataille

    Visite guidée de l'exposition "Napoléon" à la Grande Halle de La Villette

    Car il s'agissait bien de dromadaires, pour preuve celui-ci plus vrai que nature, qui ont permis aux soldats de remporter la victoire, les chevaux ne supportant pas le climat. Au passage, le bicorne porté par le soldat porte le traditionnel plumet tricolore : il est porté ici "en bataille".

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    Evidemment, l'art a commencé à s'inspirer de l'Orient, en témoignent ces deux candélabres en forme de scribe accroupi (là, j'ai un doute sur la forme mais je n'ai pas trouvé mieux !)

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    L'exposition présente également une reproduction de la pierre de Rosette qui permettra à Champollion de déchiffrer les hiéroglyphes. L'original est au British Museum.

    Visite guidée de l'exposition "Napoléon" à la Grande Halle de La Villette

    Ce fragment d’une stèle en granodiorite mesurant un peu plus d’1 mètre de haut, est découvert en 1799 près de la ville de Rosette dans le delta au nord de l’Égypte, à l’occasion de travaux. Son intérêt scientifique est immédiatement pressenti. Elle présente en effet, sur 3 registres, un même texte en égyptien et en grec, en 3 écritures différentes : le grec ancien qui seul peut être lu, le démotique et les hiéroglyphes. Le texte en grec est traduit. Il s’agit d’un décret du roi Ptolémée V, promulgué en 196 avant J.-C. L’inscription en démotique est rapidement identifiée comme une écriture dérivée des hiéroglyphes. Bonaparte annonce l’arrivée de la pierre de Rosette à Paris, plaçant ainsi l’événement au premier plan des résultats de son aventure égyptienne. Lors de la capitulation face aux anglais, la stèle est confisquée au même titre que les objets volumineux mis au jour par les Français et emportée en Angleterre pour être exposée au British Museum. Malgré les découvertes de l’anglais Young, c’est le français Jean-François Champollion qui, travaillant sur de simples relevés et n’ayant jamais vu la pierre originale, parvient à comprendre le système de l’écriture hiéroglyphique et la déchiffre dès 1821.

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    Napoléon a pris du galon : le voici ici en costume de Premier Consul. Remarquez que le visage est le même que celui du pont d'Arcole : Napoléon n'aimait pas poser...

    Napoléon porte ici l'épée du joailler Marie-Etienne Nitot qui sera le fondateur de la maison Chaumet, sertie du diamant "Le Régent" qu'il arborera à diverses occasions dont la cérémonie du sacre. Les documents qu'il désigne de sa main représentent les différents traités de paix qu'il a signés.

    Un tableau d'Antoine-Jean Gros (1802) 

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    Raphaëlle Frémont nous montre ensuite un panneau consacré à la modernisation de Paris.

    Napoléon accorde une grande importance à la capitale de la France, ordonnant la création de 8 marchés couverts, de 15 fontaines, de 3 ponts et du canal de l'Ourcq. Il fait également déplacer des cimetières et percer de  nouvelles rues. Plusieurs kilomètres de quais et des dizaines de kilomètres d'égouts sont aménagés. Les rues sont numérotées, l'éclairage public est amélioré. Les véhicules sont contraints de conduire à droite de la chaussée et les habitants de balayer devant leurs portes. Paris se couvre de monuments à la gloire de l'Empire.

    Saviez-vous que ce n'est que sous Napoléon que les habitants de Paris ont eu de l'eau courante au robinet ? Auparavant, il fallait aller à la fontaine.

    Napoléon entreprend également la modernisation de la France avec la création du Code Civil qui est encore aujourd'hui une référence : les règles juridiques de l'Ancien régime furent entièrement modifiées par l'institution de nouvelles lois.

    "Ma vraie gloire, ce n'est pas d'avoir gagné quarante batailles ; Waterloo effacera le souvenir de tant de victoires. Ce que rien n'effacera, ce qui vivra éternellement, c'est mon Code Civil." Napoléon à Saint-Hélène

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     Il crée aussi les départements qui remplacent les anciennes régions. Il nomme à la tête de chaque département un représentant de l'Etat, le préfet : celui-ci est chargé de l'administration et de faire appliquer les lois.

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    En 1800, il crée la Banque de France pour financer le commerce. En 1803, le franc germinal est créé et la Monnaie frappe de nouvelles pièces en or de 20 et 40 francs qui circulent en même temps que les billets de la Banque de France. Pour commémorer les grands événements de son règne, Napoléon fait frapper des médailles en or, en argent ou en bronze qu'il offre à ceux qu'il veut récompenser. La Banque de France conserve sa collection personnelle dont une partie est exposée dans cette vitrine.

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    Le jeton de présence octogonal de la Banque de France représente la Sagesse incarnée par Minerve qui retient la Fortune.

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    Napoléon crée aussi l'ordre de la Légion d'Honneur. Après les déchirures de la Révolution, cette décoration doit rassembler les français autour de valeurs et de talents comme le courage, l'inventivité au service des citoyens, l'art.

    Voici le Grand collier de la Légion d'Honneur du Maréchal Louis-Alexandre Berthier, vous savez le Maréchal des boulevards extérieurs...

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    Napoléon entreprend aussi de mettre un terme aux dissensions au sein de l'Eglise en signant avec le pape un Concordat qui précède la réorganisation de l'Eglise catholique en 1802.

    Allégorie de Bonaparte rendant la Religion à la France - anonyme - vers 1802

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    Bonaparte, Premier Consul, franchissant le Grand-Saint-Bernard le 20 mai 1800. Ce tableau de David fait l'affiche de l'exposition car c'est le tableau le plus emblématique de Bonaparte, chef de guerre "calme sur un cheval fougueux".

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    Dans le bas du tableau, le peintre a pris soin d'écrire à côté du nom de Bonaparte d'autres noms de grands chefs de guerre tels qu'Annibal ou Karolus-Magnus...

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    Mais le point faible des réformes de Napoléon est le rétablissement de l'esclavage dans toutes les colonies, aboli pendant la Révolution. Il faudra attendre Victor Schoelcher et 1848 pour qu'il soit définitivement aboli.

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    Nous voici arrivés en 1804 : c'est le 18 mai que Napoléon devient Empereur et Joséphine Impératrice. Un tableau archi connu de David l'a immortalisé (peint entre 1805 et 1807). Celui-ci est présenté au public sous la forme d'une projection mise en lumière détail après détail. 

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    La conférencière nous montre Napoléon en train de couronner Joséphine. Celle-ci porte un lourd manteau de velours pourpre semé d'abeilles et doublé d'hermine.

    Une anecdote : les sœurs de Napoléon, à gauche sur le tableau, étaient censées aider la future Impératrice à porter ce manteau en en tenant l'extrémité mais, comme elles n'appréciaient pas leur belle-sœur, elles ne l'ont pas fait !

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    Raphaëlle Frémont nous entraîne ensuite dans la salle où ont été réunis les insignes de l'Empire.

    Comme ce tapis décoré d'un grand N et brodé d'abeilles (symbole d'immortalité et de résurrection).

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    et bien sûr, le trône

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    Et voici l'épée du sacre avec le fameux diamant : Le Régent ! Elle a été prêtée par le Musée Napoléon du Château de Fontainebleau mais le véritable diamant est, lui, conservé au Musée du Louvre.

    A l'origine, il est acheté par Philippe, duc d'Orléans et régent de France, d'où son nom. Louis XV, Louis XVI, Marie-Antoinette le porteront. En 1792, il est volé mais est retrouvé l'année suivante. En 1797, il est mis en gage par le gouvernement pour financer la campagne d'Italie mais Bonaparte le rachètera quand il sera Premier Consul. Et son histoire est loin d'être terminée...

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    Voici un joli portrait de Joséphine, Impératrice des français, en costume de sacre (atelier de François Gérard - 1808)

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    Voilà à quoi pouvait ressembler le style Empire

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    En haut du vase de Sèvres, les médaillons de Napoléon et de Joséphine et au centre une fresque militaire encadrée par deux têtes casquées...

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    Service particulier de l'Empereur en porcelaine de Sèvres (Jean-François Robert)

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    Assiette "l'Autruche. Village de Nagadi dans le désert" (Jean-François Robert)

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    Assiette "La Manufacture de Sèvres" (Jean-François Robert)

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    Vitrine montrant un nécessaire à pique-nique et des tabatières

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    Bien évidemment, le pique-nique se faisait avec une voiture à cheval et non à pied... La lourdeur du "petit nécessaire" ne posait pas problème !

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    Cabaret des chasses impériales : un très élégant service à café (décor de Jean-François Robert)

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    Alors que peu de textiles nous sont parvenus de la fabuleuse journée du sacre de Napoléon, cette robe et cette traîne sont des témoins de la splendeur des costumes réalisés pour l'événement. Elles sont réalisées pour Claudine Elisabeth Bérenger (1773-1828), épouse du conseiller d'Etat Jean Bérenger (1767-1850).

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    Et voici la berline dite "La Victoire" dans laquelle Napoléon et Joséphine en 1804, puis Napoléon et Marie-Louise en 1810, ont pris place pour descendre les Champs-Elysées sous les vivats d'une foule en liesse.

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    Le sacre de Napoléon et de Marie-Louise : cette fois-ci, les sœurs tiennent la traîne...

    Une peinture de Georges Rouet (1810)

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    Un an après son mariage avec Napoléon, Marie-Louise lui donne un fils. La tête de l'enfant n'est pas celle d'un bébé mais se doit de bien ressembler à son géniteur !

    Le portrait a été peint par une élève de David, François Gérard.

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    L'impérial berceau est en loupe d'orme.

    De forme arrondie à chaque extrémité, il repose sur des pieds en X. La nacelle présente, dans ses parties haute et basse, des fleurettes et des rosaces en bronze doré finement ciselé.

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    Au dessus, une Victoire ailée, planant sur le monde, tient une double couronne d'étoiles et de lauriers d'où tombent les rideaux.

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    Et voici la belle Marie Walewska dont Napoléon va tomber amoureux (avant de connaître Marie-Louise) et qui lui donnera, elle aussi, un enfant, Alexande Colonna Walewski. Portrait exécuté en 1812 par Françoise Gérard. 

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    Notre conférencière poursuit la visite en nous faisant découvrir l'aspect militaire de l'exposition.

    Voici sa tenue de campagne : Napoléon se veut proche de ses soldats, il s'habille d'une simple redingote grise et du si célèbre chapeau en forme de bicorne.

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    Est également présentée dans l'exposition sa tente de campagne dans laquelle a été installé son lit de camp (à triple matelas), pliable : Raphaëlle Frémont nous a dit que c'était l'ancêtre du lit-parapluie de nos chers petits ! L'invention en a été faite en 1801 par le serrurier Desouches.

    "Mon intention est que ma tente soit toujours contenue dans un seul fourgon. C'est en cela que consiste l'art du Garde-Meuble. Dépensez le double s'il le faut, mais faites une chose commode, forte et légère."

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    Qui dit Campagne dit bataille : voici la bataille d'Eylau (en Russie) où Napoléon perdit tant d'hommes (dix-mille tués ou blessés parmi les français) dans des conditions climatiques extrêmes. Napoléon, très affecté par les pertes subies, et contrairement à sa stratégie habituelle, restera huit jours sur le champ de batille pour superviser les secours aux blessés.

    Au lendemain de la bataille, il décide d'organiser un concours de peinture pour représenter cet événement particulièrement meurtrier. L'esquisse de Charles Meynier montre Napoléon entouré de ses officiers visitant le champ de bataille. Il donne l'ordre au chirurgien Larrey, représenté à gauche tenant le bras d'un blessé, de s'occuper des russes abandonnés par les leurs.

    Ceci rend Napoléon un peu plus humain : on le traite si souvent de "boucher"...

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    Etendards et drapeaux 

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    Et voici l'ennemi numéro un de Napoléon, l'amiral Nelson (1758-1805)

    Il s'illustre pendant les guerres napoléoniennes par sa vision novatrice des combats sur mer. Contrairement aux amiraux français, il privilégie la manœuvre et le mouvement. A deux reprises, la flotte française est détruite à la bataille d'Aboukir (1798) puis à celle de Trafalgar (1805). Ces deux victoires assurent à la Grande-Bretagne sa suprématie sur les mers.

    Visite guidée de l'exposition "Napoléon" à la Grande Halle de La Villette

     

    La famille de Napoléon : vous savez que ce dernier a "placé" toute sa famille aux plus hauts postes dans toute l'Europe : son frère Joseph roi de Naples puis roi d'Espagne (où il est impopulaire car étranger), sa sœur Elisa grande duchesse de Toscane, son frère Louis roi de Hollande (la conférencière nous dit que pour se faire accepter de ses sujets, il apprit même le néerlandais !), sa belle-sœur Hortense de Beauharnais reine de Hollande etc...

     

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    Le début de la fin : la bataille de la Bérézina

     

    Lorsque débute la Campagne de Russie en 1812, Napoléon dispose de la plus puissante armée jamais rassemblée en Europe. L'armée russe bat en retraite et applique une stratégie de repli défensif et de terre brûlée qui entraîne la Grande Armée de Napoléon jusqu'à Moscou après avoir livré la sanglante bataille de la Moscowa. A l'approche de l'hiver, Napoléon se résigne à quitter la ville. La Grande Armée, harcelée par les russes, affaiblie par le froid, les maladies et les privations, échappe de peu à l'anéantissement. Forte de 440.000 hommes venus de toute l'Europe en juin 1812, renforcée par plus de 120.000 hommes pendant la Campagne, la Grande Armée n'en compte plus que quelques dizaines de milliers en état de combattre en décembre.

     

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    C'est Louis XVIII qui succédera à Napoléon en 1814 : le voici ici en costume de sacre

     

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    Après son abdication et son exil sur l'île d'Elbe, Napoléon tente un retour en France.

    Retour de l'Ile d'Elbe par Ambroise Louis Garneray (1837)

    Visite guidée de l'exposition "Napoléon" à la Grande Halle de La Villette

     

    Voici un prêt de l'Elysée : il s'agit de la table sur laquelle Napoléon signa, à l'Elysée, son abdication après les "Cent jours".

    Visite guidée de l'exposition "Napoléon" à la Grande Halle de La Villette

    Visite guidée de l'exposition "Napoléon" à la Grande Halle de La Villette

     

    Après la défaite de Waterloo en juin 1815, Napoléon est exilé par les anglais à Sainte-Hélène.

    Le voici dictant ses mémoires au général Gourgaud (lithographie de Zéphirin Belliard -19ème siècle)

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    Masques mortuaires de Napoléon

    Il existe de nombreux masques mortuaires de Napoléon. Celui-ci, qui est le masque officiel de l'Empereur, aurait été moulé par Antommarchi et/ou Burton à Sainte-Hélène le 7 mai 1821. Il a été présenté au public en 1833.

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    L'exposition se clôt sur cette sculpture de Napoléon à Saint-Hélène, assis dans un fauteuil, le poing crispé sur une carte de l'Europe, conquise par ses armées. Achetée par Napoléon III en 1867, l'œuvre appartient pleinement à la légende, par cette vision tout à fait idéalisée de l'Empereur en réalité très malade et méconnaissable au moment de sa mort (Napoléon est décédé d'un cancer de l'estomac en phase terminale).

     

    Visite guidée de l'exposition "Napoléon" à la Grande Halle de La Villette

     

    Un subtil jeu de glaces le fait apparaître à l'infini...

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    J'ai beaucoup aimé écouter Raphaëlle Frémont qui a su donner vie à ce personnage qui pourrait paraître tellement inaccessible...


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  • Le dé-confinement se profilant, le château de Versailles en profite pour présenter sa prochaine exposition qui sera consacrée à un grand peintre français du début du XVIIIème siècle, Hyacinthe Rigaud (1659-1743).

    La revue Beaux-Arts à laquelle je suis abonnée, en fait le portrait grâce à une vidéo mise en ligne sur Vimeo et une présentation de Malo Delarue.

    Lorsque le peintre originaire de Perpignan arrive à Paris en 1681, l’art du portrait est un genre qui attire déjà plusieurs grands artistes ; Hyacinthe Rigaud va le révolutionner. Rigaud a la réputation d’être un excellent physionomiste. Les décors et les costumes dans lesquels il peint ses modèles racontent leur identité et leur fonction : architectes, militaires, puissants… Surtout, il insuffle du mouvement dans chaque composition grâce à des postures dynamiques et des couleurs vives. Hyacinthe Rigaud se nourrit de tous les genres (paysages, peintures de batailles, natures mortes) pour donner à ses portraits une ampleur inédite, dans les arrière-plans, les accessoires et les décors.

    La vidéo ne fait que quelques minutes mais incite à en connaître d'avantage en se rendant sur place : peut-être une sortie pour le mois de juin ?

     

    Organisée selon un parti à la fois chronologique et thématique, l’exposition s’attachera à décrire la carrière de Hyacinthe Rigaud, de ses débuts en Catalogne jusqu'à sa consécration à Paris. Les autoportraits peints par l’artiste tout au long de sa vie seront particulièrement mis en valeur. Une section entière, spectaculaire, sera consacrée aux portraits de Louis XIV.

    Qui ne connaît pas ce portrait, en pied, du Roi-Soleil ? Le roi est alors âgé de 63 ans.

    Bientôt une nouvelle exposition au château de Versailles...

    Dans une autre partie, il sera proposé au visiteur de découvrir le processus de création des portraits, du choix de leurs formats à leur diffusion par la gravure auprès du plus grand nombre, en passant par la création de dessins et la présentation d'esquisses aux modèles. Les portraits exposés reflèteront toute la diversité de la clientèle de Rigaud, française et étrangère. Une belle place sera aussi faite à sa sensibilité pour la sculpture : en 1695, son dernier séjour en Catalogne est motivé par le désir de fixer les traits de sa mère, Mme Rigaud née Marie Serre, et de les faire traduire en marbre par le sculpteur Antoine Coysevox. 

     L’exposition Hyacinthe Rigaud (1659-1743) ou le portrait Soleil sera l’occasion de souligner l’exceptionnelle richesse des collections du château de Versailles, sans équivalent dans le monde, pour les portraits français des XVIIe et XVIIIsiècles. Longtemps dédaigné par l’histoire de l’art, ce genre est aujourd’hui mieux connu. Peintres moins proches de la Cour, François de Troy et Nicolas de Largillière ont déjà fait l’objet d’expositions monographiques : celle consacrée à Hyacinthe Rigaud ne pouvait se tenir qu’au château de Versailles tant son portrait de Louis XIV constitue aujourd’hui l’emblème du Grand Siècle.

    L'exposition se tiendra à Versailles de la réouverture (date non communiquée à ce jour) jusqu'au 13 juin 2021. 


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