• Consultant un peu au hasard le site de France Musique, je suis tombée il y a peu sur un reportage en vidéo retraçant l'histoire du French cancan, symbole d'un Paris frivole et festif annonçant les débuts de la libération sexuelle et de l'émancipation de la femme.

    Vous verrez, c'est intéressant.

    Alors que sont célébrés cette année le bicentenaire de la naissance d'Offenbach et les 130 ans du Moulin Rouge, intéressons-nous à la danse qui relie le compositeur et la célèbre salle parisienne : le French cancan !

    Contestataire et féministe, le cancan a pulvérisé tous les tabous de son époque.

    VIDEO - Aux origines du French cancan, une danse féministe et subversive
    Lilli, danseuse de cancan au Moulin Rouge, Paris, vers1880, © Getty / Imagno

    Avant de devenir une danse mondialement connue et inévitablement associée au Moulin Rouge, le French cancan est apparu à Paris, entre 1825 et 1900. Nadège Maruta, chorégraphe cancan et auteure de "L’incroyable histoire du cancan", revient sur son histoire mouvementée. 

    L’émancipation des femmes par le cancan

    Au XIXe siècle, la danse est très codifiée, on danse le quadrille en couple avec des figures précises.

    En 1825, dans les bals, les hommes s’octroient une minute d’extravagance, c’est le "cavalier seul" : "Ils improvisaient des mouvements comme se jeter par terre, traverser la salle de bal en glissant sur le ventre. Ils mettaient la tête en bas, les pieds en l’air" nous détaille Nadège Maruta.

    En 1829, les femmes vont s’autoriser à danser seules, sans être guidées par un homme. Assez rapidement, en 1831, ce cancan va être interdit. La police a l’ordre d’arrêter les danseurs et danseuses de cancan. A ce moment-là, comme le souligne Nadège Maruta, "la presse déverse une quantité incroyable d’injures sur le cancan et l’Eglise prêche contre le cancan". Cette diffamation va finalement se révéler positive, aiguisant les curiosités : "de partout on va accourir pour voir les danseuses de cancan, ces audacieuses qui osent braver l’autorité."

    En 1857, la danseuse Rigolboche, de son vrai nom Amélie Marguerite Badel, surnommée "la Huguenote" invente la série de battements qui consiste à lever et baisser la jambe.

    En 1860, le mouvement se professionnalise et les femmes sont mieux payées que les hommes.

    L’hymne du cancan

    Jacques Offenbach compose le "Galop infernal" de son opéra "Orphée aux enfers"Les danseuses de cancan font du "Galop" leur hymne. Pour Nadège Maruta, les danseuses portent le compositeur dans leur cœur car "dans son œuvre, Offenbach a toujours servi les femmes."

    Des personnalités avant tout 

    Particularité propre au French cancan, les danseuses se créent un personnage et un nom : Grille d’égout, Nini patte en l’air, La Goulue… Cette dernière a, selon l’auteur de "L’Incroyable histoire du cancan", "énormément été dénigrée (…) car c’était la star d’une danse prohibée : elle a révolutionné les codes de la séduction et elle a pulvérisé les tabous".

    A l’époque, il était interdit aux femmes d’entrer seules dans un bal, sans être accompagnées par un homme. Alors, la Goulue s’est présentée au Moulin Rouge avec un bouc "pour dire qu’elle était accompagnée et que le bouc sentait moins mauvais qu’un homme". 

    La libération des jambes

    Coup de cul, Cathédrale, Port d’armes, Guitare…  Les figures du cancan sont généralement transgressives et irrévérencieuses.

    Nadège Maruta est formelle : "La libération des femmes se devait de passer par la libération de leurs jambes puisque avant cela les femmes sont des femmes-tronc. Cette libération de leurs jambes est perçue par les hommes comme un appel au sexe".

    Plus tard, au Bal Tabarin, les femmes sont toutes habillées de la même façon, elles portent toutes le même costume et le soliste est entouré d’une horde de femmes.   

    Cette autre vidéo - de l'INA - montre les dessous du Moulin Rouge en 1951. 

    J'ai toujours rêvé - mais jamais mis ces rêves à exécution - de passer une soirée au Lido. Serais-tu partante avec Jacques, ma copine... ?

    Allez, après la Covid, on se paye ça !


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  • Nous sommes, comme d'habitude, allés passer nos vacances de février - ou du moins une partie d'entre elles - à Courcelles.

    J'ai pu faire quelques tours de vélo dont celui-ci qui m'a conduite de Courcelles à Vix, puis à Pothières pour continuer sur Bouix et finir par rentrer sur Courcelles en passant par Etrochey avant que ma batterie ne me lâche : j'essayais de tester sa durée de charge.

    22,3 kms tout de même !

    Il semble que j'aie encore pu faire peut-être entre 5 ou 10 kms en plus mais..., je n'en n'étais pas sûre et puis je commençais à avoir sacrément mal aux fesses par manque d'entraînement !

    Le monument aux martyrs du camp de Pothières

    Entre Pothières et Bouix, il y a une petite route qui monte jusqu'à la ferme de Beaujour qui est tristement restée dans l'histoire de la région.

    Le 1 er décembre 1943, des maquisards du groupe Tabou étaient capturés en forêt de Pothières, ils n’allaient jamais revenir ; le 14 janvier 1944, ils tombaient fusillés à Chaumont. Ce maquis, dénommé Tabou, s’était constitué en août 1942 avec une poignée d’hommes. En octobre 1943, ils étaient une vingtaine. Le 1er décembre 1943, dans l’après-midi, le camp Tabou est attaqué. L’ennemi semblant bien renseigné, les maquisards sont pris au dépourvu. Quelques-uns parviennent à s’échapper, les autres sont faits prisonniers. Après 44 jours d’interrogatoires, de tortures, ils sont fusillés le 14 janvier 1944 à Chaumont. Ces jeunes gens avaient choisi de lutter dans la clandestinité et ont perdu la vie pour avoir voulu défendre la liberté.

    Voici les noms de ces onze résistants morts pour la France

    Marcel Bribant de Châtillon, 21 ans, célibataire, jardinier, membre des FFI et du maquis Tabou

    Le lieutenant Martin Dosse de Liernais, 28 ans, marié, père d'un enfant, instituteur à Mauvilly, membre des FFI et du maquis Tabou

    Gaston Garnier de Courban, 21 ans, célibataire, cultivateur, réfractaire au STO, membre du maquis Tabou

    Gilbert Hézard de Châtillon, 19 ans, marié, plombier, réfractaire au STO, membre du maquis Tabou

    Maurice Marin de Châtillon, 21 ans, célibataire, boucher, membre du maquis Tabou

    René Marmeuse de l'AP, date de naissance inconnue, membre du maquis Tabou

    Eraldo Mongiat de Minot, 20 ans, membre du maquis Tabou

    Roger Mugnier de Boussenois, 21 ans, célibataire, commis de culture, membre du maquis Tabou

    Raymond Raillard de Châtillon, 21 ans, célibataire, boucher, réfractaire au STO, membre du maquis Tabou

    René Vandoeuvre de Mussy, membre du maquis Tabou

    Roger Veaux de Terrefondrée, 18 ans, célibataire, cultivateur, membre des FFI et du maquis Tabou

    Le monument aux martyrs du camp de Pothières

    J'ai ainsi découvert un monument aux morts que je ne connaissais pas, celui dit des martyrs du camp de Pothières depuis lequel on a une belle vue sur la vallée de la Seine

    (Photo Cristal de Saint-Mars)

    Le monument aux martyrs du camp de Pothières

    Le monument aux martyrs du camp de Pothières

    Le monument aux martyrs du camp de Pothières

     Pour redescendre de Bouix sur Etrochey, je me suis payée une super descente à 40 kms/heure (bon, j'avais un casque et serrai les fesses un max) en freinant bien pour ne pas me faire dépasser comme aurait dit Charles Trénet dans sa chanson ! (*)

    Que les martyrs du camp de Pothières me pardonnent cette plaisanterie douteuse !

    A la réflexion, je me suis dit que j'étais sacrément chanceuse d'avoir fait le parcours dans ce sens et non dans l'autre car, tout vélo électrique qui soit, je pense que j'aurais du appeler les secours pour rentrer à la maison et c'est Philippe qui aurait fait la tronche, ça c'est plus que sûr, hi hi hi...

    (*) A la porte du garage


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  • Le chanteur Mika a décidé de redonner vie aux colonnes Morris  et aux abribus de Paris qui n'affichent plus, depuis la crise de la Covid, que des publicités pour des films et des pièces de théâtre qui ne sortent pas ou pour des musées désespérément fermés. Il renoue ainsi avec la longue tradition des affiches artistiques de la Belle Époque, de Toulouse-Lautrec à Mucha.

     

    En voilà une idée qu'elle est bonne !

     

    Sa sœur, Paloma Penniman, et le directeur du musée des Arts décoratifs, Olivier Gabet, ont donné carte blanche à neuf artistes pour "redonner des couleurs à Paris", titre de cette exposition éphémère à ciel ouvert.

    Mika et son autre sœur, Yasmine Penniman en 2019

    Mika va redonner des couleurs à Paris

    Pour le rituel du printemps (2021)

    Il s’agit d’une danse célébrant le printemps, mais aussi une déclaration du besoin et du « droit » que nous avons de voir le printemps arriver. 6 hommes dansent et posent dans une formation circulaire, tous inspirés de photos de Mika en train de danser. Ils sont similaires, mais pas les mêmes... dansent-ils, se languissent-ils ? Ils semblent sensibles les uns aux autres, mais aucun ne se touche. Cette tendre danse entre 6 hommes, dans ce contexte urbain, est déstabilisante dans sa douceur. Le paysage urbain, presque non identifiable, est-ce Paris ou Brooklyn ? Que se passe-t-il quand la ville est vide, la ville est ses êtres, leur amour, leur peine, leur joie, leur peur. Nous savons que nous devons rester à la maison, à l’abri et saufs, mais nous devons aussi rester forts. Défier la gravité en restant de bonne humeur et en gardant nos cœurs chauds.

    Mika va redonner des couleurs à Paris

    Aurélia Durand est une artiste graphique de 28 ans métisse d’origine française et ivoirienne, dont le talent a été découvert grâce aux réseaux sociaux par la visibilité donnée par son travail aux personnes de couleurs. De ses années vécues à la Réunion, elle retient la culture métissée, entre influences françaises, africaines, indiennes et chinoises, la richesse des couleurs et des saveurs.

    Mika va redonner des couleurs à Paris

    Une soirée d'été à Paris (2021)

    À travers mon visuel, j’ai voulu transmettre le sentiment de liberté. Être libre de sortir le soir et de se balader dans les rues sans conditions. Un moment que nous partagions tous à Paris.

    Mika va redonner des couleurs à Paris

    Laurindo Feliciano est un artiste contemporain brésilien, illustrateur et directeur artistique vivant et travaillant en France depuis 2003. Inspiré par sa propre collection de livres vintage, magazines, cartes postales et lettres, il a créé une grande quantité d’œuvres d’illustration au fil des ans, en utilisant différentes techniques comme le collage et la peinture numérique . Toutes ses illustrations et affiches partagent un certain flair nostalgique et une grande passion pour le surréalisme.

    L'Hypothèse dualiste (2021)

    Sur l’œuvre L’hypothèse dualiste en discutant avec Mika nous avions évoqué la morosité dans laquelle se trouvaient les colonnes Morris, lieu d’affichage, et la façon dont la nature reprend sa place dans la ville. Donc, je me suis intéressé d’abord aux origines de la ville, Lutèce ou Lutetia, le nom romain donné à la région, aujourd’hui connue comme Paris. Il me semblait logique de représenter ça par une colonne, et donc, une colonne dans une autre colonne et dans la première l’évocation de nos mondes internes, représentés par des personnages dans la nature, à la fois submergés et à la fois en dehors, de l’eau. Plusieurs pistes et symboles sont dans l’œuvre, certains plus évidents que d’autres, et aussi libres d’être interprétés. Une œuvre qui évoque le surréalisme auquel cette pandémie nous a projeté.

    Mika va redonner des couleurs à Paris

    Ugo Gattoni est sorti diplômé en communication visuelle de l’EPSAA en 2010. Ne souhaitant pas aller en agence, il a préféré dessiner. Son premier projet dès la sortie de l’école était une fresque de 10mx120m, dessiné au rotring pendant 8 mois : un microcosme de détails relatant sa vie quotidienne, dans un univers fantastique. Cela a été son premier pas dans le monde de l’illustration.

    Mika va redonner des couleurs à Paris

    Nebula 001 (2021)

    Que sont ces sculptures intrigantes ? Qui représentent telles ? Probablement des divinités d’un monde fantasmagorique aux allures de crabe. Plus surréalistes qu’haussmanniennes ces statues sont une fenêtre sur un monde chaud et frais ou le lien et le fait de se tirer vers le haut est important, ensemble.

    Mika va redonner des couleurs à Paris

    Annick Kamgang est dessinatrice de presse et de bande dessinée en free-lance et sa signature est KAM. Elle aime aborder les sujets graves avec légèreté, et aussi traiter de sujets légers avec une pointe de militantisme.

    Mika va redonner des couleurs à Paris

    Papa (2021)

    J’ai voulu raconter la manière dont j’ai traversé l’année 2020. Cette année a été marquée par la disparition brutale de mon père qui vivait à Yaoundé. Elle a également été marquée par l’histoire que mon père m’a transmise sur la décolonisation du Cameroun qui n’est racontée dans aucun manuel scolaire et à laquelle il a participé enfant, quand le pays était sous administration française. Je vis dans un quartier populaire et multiculturel du 20e arrondissement de Paris, non loin du Palais de la Porte Dorée, un bâtiment du patrimoine culturel parisien qui témoigne de l’histoire coloniale française. J’ai donc choisi de représenter ce bâtiment en arrièreplan et de réinterpréter quelques détails de sa façade pour les mettre au service de l’histoire que mon regretté père m’a racontée.

    Mika va redonner des couleurs à Paris

    Marie-Anne Mohanna est née en 1992 à Paris, d’une mère d’origine tunisienne et d’un père venu de Syrie. Petite, elle se voyait égyptologue, mais, après des études de droit, elle bifurquera vers le graphisme et l’illustration. Après son diplôme, elle entreprend un grand voyage sabbatique, dont elle profitera pour commencer à écrire son premier roman graphique, Infiniment, qui paraîtra en 2017 chez Bang ediciones. Elle travaille à Paris comme illustratrice et directrice artistique.

    Mika va redonner des couleurs à Paris

    Célestes (2021)

    Pour mon illustration Célestes, j’ai souhaité créer une image empreinte d’une certaine nostalgie mais surtout remplie d’espoir. La culture est au centre de la composition, figurée par les 9 muses antiques des Arts. Cette célébration culturelle est aussi imagée par une parade colorée consacrant la ville de Paris comme capitale multiculturelle. Par cette image, j’ai souhaité insuffler, par une atmosphère colorée et douce, de la légèreté afin de rappeler aux parisiens que Paris doit, et va, rester une fête.

    Mika va redonner des couleurs à Paris

    Lamia Ziadé est une illustratrice et artiste franco-libanaise née le 11 août 1968 à Beyrouth. Elle a sept ans lorsque la guerre civile libanaise éclate en 1975. Elle reste à Beyrouth jusqu’à ses dix-huit ans, et l'obtention de son bac, malgré le conflit. Elle part ensuite poursuivre des études d’arts graphiques à Paris, à l'Ecole supérieure d'arts graphiques Penninghen, tout en revenant régulièrement au Liban, bien que son pays soit enlisé dans la guerre et que la vie y soit difficile. Le premier travail qu'elle obtient est chez Jean-Paul Gauthier où elle est dessinatrice de motifs et d'imprimés. Elle devient ensuite freelance, travaillant pour la pub, le cinéma, la mode et la presse, et dans l’illustration de livres pour enfants.

    Mika va redonner des couleurs à Paris

    Dieux et temple, oracles et orgies (2021)

    À l’intérieur de l’appartement, mon monde intime, mes objets et mes livres, le Liban, le Proche-Orient, des souvenirs, des fétiches. À l’extérieur, vu de la fenêtre, le Paris que j’aime et que j’habite, Montmartre, Pigalle, ses monuments, ses hôtels, ses néons. Ces deux mondes cohabitent dans la même image et sont mon autoportrait. Portrait d’une parisienne venue d’ailleurs. Ce sont les étrangers qui donnent des couleurs à Paris. Venus d’ailleurs, avec leur culture à laquelle ils tiennent, ce sont eux qui donnent des couleurs à Paris.

    Mika va redonner des couleurs à Paris

    Directeur artistique, scénographe, designer… Alexandre-Benjamin Navet est un artiste multiple - dessinateur brillant dont les traits naïfs aux couleurs vives figurent le plus souvent une collection de céramiques mises en scène dans un décor théâtral

    Mika va redonner des couleurs à Paris

    Retrouvailles au jardin (2021)

    L'affiche exprime l’envie de se retrouver ensemble bientôt. Les chaises et la table sont une invitation à partager de nouveau des moments d’échanges, en terrasse, au soleil avec ses proches…

    Mika va redonner des couleurs à Paris

    Florentine et Alexandre Lamarche-Ovize sont nés en 1978 et  1980 à Aubervilliers. Ce couple d'artistes présente un travail engagé, adoptant un langage singulier où la recherche plastique mêle peinture, sculpture, dessin et photographie. Leurs œuvres viennent comme une "force de proposition distante dans une époque de consommation, en questionnant l'univers de la ville, du laissé-pour-compte, de la mémoire, de la formulation".

    L'échappée du Moa (2021)

    Notre œuvre représente les bords du canal de l’ourq. Lors du premier confinement les animaux invisibles de la ville sont réapparus comme des ayants droits. Nous avons imaginé que ce temps d’arrêt pourrait nous permettre d’appréhender une nouvelle manière de vivre en altérité avec les autres espèces. Toutes les formes de vies sont fragiles, comme l’ombre du Moa célèbre oiseau géant éteint avec l’arrivée des occidentaux en Nouvelle-Zélande.

    Mika va redonner des couleurs à Paris

    Rosa Maria Unda Souki

    Rosa Maria UNDA SOUKI est une artiste vénézuélienne née à Caracas, en 1977, mais peut se considérer citoyenne du monde, tant par ses origines que par sa propre histoire. Son grand-père maternel est libanais, sa grand-mère, brésilienne, la famille de son père est d’origine basque. Elle a vécu dans quatre pays : le Venezuela, l’Angleterre, le Brésil et la France. Elle  elle expose régulièrement dans des galeries parisiennes. Son travail porte sur la maison, l’espace intime, la façon dont on s’approprie le chez soi et le forge à son image et à sa ressemblance. Si l’on ne voit pas des personnages dans ses tableaux, la présence humaine y est toujours présente par la disposition des meubles, des objets, des arrangements floraux… C’est comme si la maison se regardait elle-même, pour mieux connaître ses habitants.

    Mika va redonner des couleurs à Paris

    A cœur ouvert (2021)

    Les couleurs n’ont pas complètement disparu. Elles sont à peine cachées à  l’intérieur, chez chacun de nous. Je les révèle et les partage à travers ma peinture, les couleurs, mais aussi l’âme de l’espace intime qui n’est autre chose que le portrait en creux de ceux qui l’habitent.

    Mika va redonner des couleurs à Paris

    Cet article a été écrit en partie grâce au Communiqué de presse du Musée des Arts Décoratifs.

    J'ai vraiment hâte que cette exposition commence pour aller admirer ces œuvres in-situ et aussi peut-être dénicher des galeries dans lesquelles ces artistes exposent !

     


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  • Je sais, je suis un peu en retard : le Nouvel An chinois édition 2021 a eu lieu le 12 février en Chine et le 13 février en France, dates de la nouvelle Lune de Février.

    Mais je viens juste de consulter tous les sites que je connais qui donnent des idées pour "occuper" intelligemment les enfants pendant les vacances (nous avons Louis pour quelques jours avec nous à partir de demain...) et j'ai trouvé sur le site du Petit Palais un conte qui est à l'origine des cérémonies du Nouvel An chinois.

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    En Chine, chaque année, entre la mi-janvier et la mi-février, au changement de la lune, les chinois inscrivent des vœux sur des papiers de couleur rouge et les placent tout autour de la porte d'entrée de leur maison. Puis à l’aube, chacun fait exploser des pétards dans tous les recoins du pays. C’est la grande fête du Nouvel An, la plus importante du calendrier chinois.

    L’histoire qui va suivre raconte pourquoi les chinois fêtent ainsi le passage à la nouvelle année.

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    Boite en forme de poisson-dragon, XVIIe-XVIIIe siècle, Chine

    Histoire du Nouvel An chinois

    Ce conte est issu de la tradition orale chinoise.

    Il y a bien longtemps, quand de puissants dragons vivaient sur la terre et dans les mers, personne ne célébrait le nouvel an lunaire. Dans un certain village, ce jour était même le plus mauvais jour de l'année. Un habitant avait tué un dragon des mers. Tout le monde savait alors que c’était une chose terrible car le fantôme du dragon revenait hanter le village chaque année à l'aube du nouvel an.

    Assiette, décor famille verte, XVIIIe siècle, Chine

    A l'origine des cérémonies du Nouvel An chinois : un conte...

    Lorsqu’il apparaissait, il secouait son horrible tête et hurlait :

    - J'ai faim. Donnez-moi un fils premier-né à manger.
    - Non ! non ! Nous ne ferons pas ça ! répondaient les villageois en pleurs.
    - Nous ne vous donnerons pas d'enfant à manger !
    - Alors je vous tuerai tous !

    Et le fantôme du dragon soufflait son haleine puante et chaude en direction du village. La fumée s’insinuait partout et les villageois commençaient à tousser. Certains perdaient même connaissance.

    Un jour, avant qu’ils ne meurent tous, le vieux sage du village décida à contrecœur de donner un enfant nouveau-né afin de sauver le village. Il espérait qu’avec cette offrande, jamais plus le fantôme du dragon ne reviendrait. Mais année après année, le fantôme du dragon revenait et année après année, une famille devait sacrifier son fils premier-né pour satisfaire la voracité de l’animal.

    Une année, ce fut au tour de la jeune Veuve Teng de sacrifier son seul enfant, un beau garçon qui allait avoir cinq ans.

    Dame chinoise, décor famille rose, XVIIIe siècle, Chine

    A l'origine des cérémonies du Nouvel An chinois : un conte...

    Comme le voulait la tradition, quatre jours avant le nouvel an lunaire, le prêtre taoïste quittait le temple et s’en allait à travers le village jusqu’à la maison de l’infortunée qui devait sacrifier son premier enfant. Comme il marchait en direction de la crique où se trouvait la maison de la Veuve Teng, tous les villageois se demandaient avec hésitation :

    - Où va-t-il cette année ?
    - Chez la Veuve Teng. dit une femme
    - Oh non pas chez elle. C'est son seul enfant ! s’écria une autre.

    Les voisins de la Veuve Teng s’étaient rassemblés tout autour de sa maison. Ils s’attendaient à entendre des cris de douleur au moment où elle apprendrait la terrible nouvelle. Mais rien. Aucun son ne parvenait de sa petite maison. Lorsque le prêtre fut reparti, ils se précipitèrent pour voir ce qui se passait et la trouvèrent assise dans sa cuisine.

    -Le prêtre ne vous a pas dit la nouvelle ?
    - Si, il me l’a dite, répondit la veuve calmement.
    - Mais pourquoi ne pleurez-vous pas ?
    - Parce que je n'ai pas de temps pour pleurer, leur dit la Veuve Teng. Je pense à une façon de rouler le fantôme de dragon. Il n'aura pas mon fils.

    Enfant dansant, XVIIIe siècle, Meissen, Saxe

    A l'origine des cérémonies du Nouvel An chinois : un conte...

    Pendant trois jours et trois nuits, elle arpenta le sol de sa maison essayant d’échafauder un plan. De temps en temps, elle faisait une pause et regardait son fils qui jouait dans la cour. Elle priait aussi à l’autel de ses ancêtres et de tous les dieux dont elle connaissait le nom. Lorsque son fils s’endormait, elle s’asseyait à côté de lui et lui caressait doucement le visage. Elle alla même consulter la diseuse de bonne aventure et les prêtres. Mais aucun ne savait quoi faire. La situation semblait désespérée.

    Lasse de tant attendre, de tant marcher, de tant prier, elle s’endormit épuisée sur le sol de sa maison, devant l’autel des ancêtres de la famille. Son petit garçon se dit qu’il ne devait pas la réveiller car elle rêvait peut-être et il ne voulait pas interrompre son rêve.

    Bien lui en prit car effectivement sa mère rêvait. Comme elle n’avait pas dormi depuis trois jours, des rêves lui venaient en cascade. Elle voyait des dragons et des fantômes, la peur et la crainte, des enfants innocents et de la douleur, du sang et de grands bruits et puis de la joie, le tout tourbillonnait dans sa tête.

    Quelques heures avant l'aube, elle s’éveilla et secoua doucement sa tête encore douloureuse d’avoir tant rêvé. Alors, le miracle se produisit. Les images décousues des rêves s’assemblèrent et elle sut ce qu’il fallait faire.

    Bien que redoutables, les dragons de ses rêves avaient peur de deux choses : la vue du sang et les bruits violents.

    -Quand quelqu'un a peur, se dit-elle, il s’enfuit en courant. Mon plan est simple : je mettrai du sang sur ma porte et je ferai tant de bruit que le fantôme du dragon sera effrayé et partira en courant… Hélas, je suis si pauvre que je n'ai pas même un poulet à tuer pour prendre son sang.

    Courageuse et déterminée, elle prit son couteau le plus pointu et se coupa au doigt. Puis elle laissa couler son sang goutte à goutte sur un tissu jusqu'à ce que l’étoffe en soit totalement imbibée et toute rouge. Elle prit le tissu et l’accrocha sur la porte de la maison.

    -Pour les bruits violents, se dit-elle, les pétards seraient le mieux mais je n'en ai pas. Je suis si pauvre que je ne pourrai pas en acheter.

    Elle réfléchit et pensa aux bambous. Elle savait que lorsque des morceaux de bambou brûlent, ils se fendent dans un bruit épouvantable. Elle prit son couteau pointu et s’en alla dans le froid afin d’aller couper une douzaine de grands morceaux de bambou. De retour, elle les plaça en pyramide devant sa porte juste au-dessous du tissu rouge de sang. Ainsi disposés, ils brûleraient rapidement et éclateraient tous à la fois.

    Boite en forme de poisson-dragon, XVIIe-XVIIIe siècle, Chine

    Histoire du Nouvel An chinois

    -Quand devrais-je allumer le feu ? se dit-elle.
    Juste à temps. Ni trop tôt, ni trop tard.
    Afin qu'il éclate au visage du fantôme de dragon.

    A la nuit tombée, elle alluma une petite lanterne et s'accroupit dans l’embrasure de la porte attendant l'aube et la venue du fantôme de dragon.

    Elle attendit et attendit. Elle attendit tellement qu’il lui semblait que le soleil s’était figé au-dessous de l'horizon et que le jour ne se lèverait jamais. Tout était calme, si calme que le seul bruit qu’elle entendait était les battements de son cœur. Finalement la lune et les étoiles commencèrent à disparaître du ciel. D’abord faiblement, elle entendit le hurlement lointain du fantôme du dragon. Etait-il temps d’allumer le feu ? Non, le fantôme du dragon était trop loin.

    Chacun dans le village était tapi dans son lit, sous les édredons et les couvertures. Personne ne dormait sachant que la Veuve Teng attendait le fantôme de dragon. Seul son fils dormait d’un sommeil d’ange. Tout à coup, un hurlement. Le fantôme du dragon devait être en bas du village. Elle sentait la terre trembler sous le poids des pas du fantôme du dragon. Il avançait en direction de sa petite maison. Il descendait à présent sa ruelle, il s’approchait…

    Gourde, décor famille verte, XVIIe siècle, Chine

    A l'origine des cérémonies du Nouvel An chinois : un conte...

    Arrivé devant la maison de la veuve Teng, le fantôme du dragon s'arrêta net. Il était immense et terrifiant, sa gueule béante laissait entrevoir des dents aiguisées comme des couteaux. Ses yeux énormes et globuleux étaient plus noirs que l’abîme. La veuve Teng retint son souffle. Tout à coup, voyant le linge rouge de sang, l’horrible bête se mit à hurler si fort que tout le village trembla. C’est à ce moment que la veuve Teng jeta sa lanterne sur les bambous qui s’embrasèrent aussitôt et se mirent à éclater dans un fracas épouvantable. Dans un dernier hurlement, le fantôme du dragon s’enfuit en courant à travers le village. La queue basse et les pattes sur les oreilles pour ne pas entendre le bruit des bambous qui éclataient, et disparut piteusement dans le lointain.

    Les gens du village accoururent auprès de la veuve Teng qui tenait son petit dans ses bras et lui firent fête. Les cloches du temple se mirent à sonner et de tous les côtés, les gongs célébraient ce grand jour tandis que les pétards faisaient éclater la joie. Depuis ce jour, chaque année, dans chaque village, on accroche des papiers rouges couverts de vœux autour des portes et on allume des pétards bruyants à l'aube. On s’amuse même à fabriquer des dragons de papier que l’on promène à travers les rues, au bout de perches en bois.

    Et depuis lors, on n’a jamais plus revu le fantôme du dragon.

    Une belle histoire pour expliquer les traditions...


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  • J'ai découvert il y a peu de temps le petit dernier des "Tips" : il s'appelle Economitips. Les newsletters ne m'intéressent pas toujours mais celle-ci m'a amusée.

    On connaît le goût de la reine d'Angleterre, Elisabeth II, pour les ensembles plutôt flashy mais...

    Savez-vous pourquoi le violet a longtemps été l'apanage de la famille royale... ?

    Economitips vous l'apprend !

    Aujourd'hui : "T’as pris des couleurs !"
    Où l’on découvre une loi qui ne manque pas de pigment.

    Royaume-Uni, au 16e siècle : la reine Elizabeth Ière annonce une nouvelle loi. Elle interdit à ses sujets britanniques, quel que soit leur rang, de porter des vêtements composés de pigments violets ! Et la reine sait très bien ce qu’elle veut…

    La nouvelle règle qu’elle impose associe chaque couleur et matière textile à une couche sociale de la société britannique. Bien évidemment, les plus rares - et donc les plus chères - sont réservées à la haute noblesse.

    Portrait à l'hermine d'Elizabeth Ière, reine d'Angleterre, vers 1585
    attribué à William Segar, Huile sur toile, Hatfield House, Angleterre

    Par exemple, l’or et le velours sont interdits aux simples barons. Les personnes gagnant moins d'une certaine somme annuelle peuvent dire au revoir au satin… et pour la couleur violette, cela va encore plus loin !

    Satin violet, photo : snappygoat

    À l’époque, pour fabriquer du violet, on extrait un pigment pourpre de petits mollusques que l’on trouve uniquement au Liban. Et il n’en faut pas moins de 10 000 pour créer un seul gramme de pigment ! Sans oublier les coûts liés au transport...

    Un murex épineux (Bolinus brandaris),
    mollusque dont on extrayait du pourpre de Tyr, photo : DR

    C’est ainsi la "rareté" et le "travail" nécessaires à la fabrication de la couleur violette qui rendent sa valeur astronomique. Pour la reine, il n’est donc pas question que les riches nobles britanniques l’utilisent, au risque d’épuiser la ressource. C'est pourquoi elle réglemente la mode de son époque avec ce genre particulier de loi, appelé "loi somptuaire".

    Pour l’économiste anglais de la fin du 18e siècle David Ricardo "les marchandises tirent leur valeur d'échange de deux sources : leur rareté et la quantité de travail nécessaire pour les obtenir".

    David Ricardo par Thomas Phillips, 1821
    Huile sur toile, 91 x 71 cm, National Portrait Gallery, Londres

    Ainsi, par décret, le violet devient la couleur exclusive de la famille royale britannique : toute autre personne qui en porte s’expose à de lourdes peines de prison !

    George VI (père de la reine Elizabeth II), vers 1938-1945, par Sir Gerald Kelly
    Huile sur toile, 274 x 183 cm, Royal Collection, Angleterre

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    Aujourd’hui, pour faire du violet, c’est plus simple. Ainsi chacun peut imiter la reine d’Angleterre et porter un ensemble violet si cela lui chante... sans oublier le chapeau.

    La reine Elizabeth II habillée en mauve, 2019
    Photo : Sonja Nygaard-Joki

    Ah, cette reine d'Angleterre, quand elle aura disparu...,

    les grands couturiers perdront beaucoup !


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