• Et nous avons adoré !

    Ce film d'une cinéaste pakistano-norvégienne, Iram Haq, est tiré d'une expérience personnelle vécue il y a 25 ans. Peut-être est-ce pour cette raison qu'il sonne si juste...

    Iram Haq raconte :

    “À 14 ans, mes parents m’ont kidnappé et forcé à vivre un an et demi au Pakistan. J’ai attendu d’être prête, en tant que réalisatrice et en tant que personne, avant de partager cette histoire de manière sensée et intelligente ; c’est à dire sans que la fille apparaisse seulement comme la victime et ses parents comme les coupables. Je désirais que ce film représente l’amour impossible entre deux parents et leur enfant, sans dénouement heureux, car "l’écart entre les deux cultures demeure important".

    Nous avons vu "La mauvaise réputation"

     

    Nisha a 16 ans et c'est une adolescente heureuse, qui va au lycée avec ses camarades norvégiens et se font dans la masse. Mais à la maison, la tradition reprend le dessus... Impossible de fréquenter un garçon sans que celui-ci ne demande sa main à son père.

    Le père lui pourtant, entraîne parfois sa femme à danser alors qu'ils passent une soirée entre amis et... ça ne se fait pas, lui dit son épouse, la mère de Nisha, qui n'a vu son mari que le jour de son mariage.

    Un soir, son petit ami norvégien s'introduit par effraction dans la chambre de Nisha et les deux adolescents sont surpris en train de s'embrasser par le père de la jeune fille. Après avoir roué de coups le jeune homme, le père de Nisha prend une décision : il va laver la honte qu'il ressent (et pourtant il ne s'est rien passé de sérieux) en enlevant sa fille et en la conduisant dans sa famille restée au Pakistan.

    Là, la jeune fille sera surveillée de près par sa tante. Nisha vit très mal un nouveau mode de vie auquel elle n'était pas habituée mais peu à peu elle reprend le goût à la vie, en partie grâce à son cousin, Amir, qui s'éprend d'elle. Et c'est à nouveau la honte pour la famille...

    Iram Haq, la réalisatrice

    Nous avons vu "La mauvaise réputation"

    Quelques images du film

    Le père de Nisha c'est Mirza (joué par Adil Hussain) : un père aimant qui veut un bel avenir pour sa fille (il souhaite qu'elle fasse ses études de médecine). D'ailleurs s'il a quitté le Pakistan avec sa femme, c'est pour assurer à leurs enfants un avenir meilleur.

    Nous avons vu "La mauvaise réputation"

    La mère de Nisha, Najma, souhaite elle surtout marier sa fille, à l'image de ce qu'elle a vécu. Elle est jouée par Ekavali Khanna.

    Nous avons vu "La mauvaise réputation"

    C'est Maria Mozhdah qui joue le rôle de Nisha : elle est ici lycéenne en Norvège.

    Nous avons vu "La mauvaise réputation" 

    Dans un marché au Pakistan avec sa tante (Sheeba Chaddha)

    Nous avons vu "La mauvaise réputation" 

    Avec son cousin, Amir (Rohit Saraf) 

    Nous avons vu "La mauvaise réputation"

    Nous avons vu "La mauvaise réputation" 

    Ni les services sociaux, ni les amis de lycée de Nisha ne pourront aider la jeune fille. La réalisatrice, lors d'une interview dira : "La culture pakistanaise n'est pas la culture de la parole". 

    La bande-annonce qui donne envie, à juste titre, d'aller voir le film.

    Je recommande fortement.


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  • Hier je suis allée en compagnie de mon amie Michèle voir un film en avant-première au Centre Wallonie-Bruxelles près de Beaubourg. J'y suis invitée régulièrement et les spectacles sont toujours très intéressants et, ce qui ne gâte rien..., suivis d'un pot : une bonne bière ou un petit verre de vin !

    Les réalisateurs du film étaient présents : Jérémie et Yannick Renier. Les acteurs, si je ne me trompe, n'étaient pas dans la salle, occupés sur un tournage peut-être...

    "Carnivores" des frères Renier au CWB en avant-première...

    Carnivores, au pluriel, c'est le titre du film qui va sortir en salle le 28 mars prochain.

    L’histoire, c’est celle de Mona, interprétée par Leïla Bekhti, une jeune femme qui rêve de devenir comédienne. Alors qu’elle sort du Conservatoire, elle met tout en œuvre pour se faire une place dans le milieu du cinéma, mais c’est finalement sa petite sœur Sam, jouée par Zita Hanrot, qui devient une actrice de renom. Fatiguée et fragilisée par un tournage, Sam néglige peu à peu son travail, son mari et son fils. Elle finit par engager Mona comme assistante. Rapidement, cette dernière comprend que tout ce que sa sœur délaisse, elle veut s’en emparer. Un rapport très destructeur s’installe alors entre les deux jeunes femmes... Une relation dévastatrice portée à l’écran par Leïla Bekhti et Zita Hanrot, toutes les deux césarisées, dans une bande-annonce angoissante, intense et intrigante à la fois. Les deux jeunes femmes seront accompagnées à l’écran de l’actrice israélienne Hiam Abbass, qui incarnera leur mère.

    La mère entourée de ses deux filles

    (Hiam Abbass au centre, Leïla Bekhti à gauche et Zita Hanrot à droite)

    "Carnivores" des frères Renier au CWB en avant-première...

    La fin du film se passe en Andalousie où Sam s'est évaporée à l'issue du tournage de son film.

    "Carnivores" des frères Renier au CWB en avant-première...

    Mais pourquoi un "S" à Carnivores... ?

    La question m'a titillée à l'issue de la projection...

    Les critiques n'étant pas encore parues : c'est là un avis tout personnel que je vous soumets.

    Si le titre fait référence au rapport destructeur que les deux sœurs entretiennent entre elles, on ne peut pas rester indifférent à l'attitude du metteur en scène (magistralement joué par Johan Heldenberg) qui, pour obtenir le meilleur de son actrice, n'hésite pas à la mettre en grand danger en la harcelant sans pitié à coup de "reprends, reprends !).

    Ici, celui-ci supervise la coiffure de l'actrice dans sa loge tout en la pressant de mieux apprendre son texte, tandis que Mona, la soeur, assiste à la scène.

    "Carnivores" des frères Renier au CWB en avant-première...

    Le quotidien des acteurs peut parfois être très violent...

    La bande-annonce

    Quel plaisir de revoir Laïla Bekhti, découverte dans "Un prophète" de Jacques Audiard en compagnie de Tahar Rahim ! Je viens d'apprendre par le net qu'ils se sont rencontrés sur le tournage de ce film et qu'ils ont maintenant un petit garçon : un peu de people...

    Quant à Zita Hanrot, je ne la connaissais pas : elle a pourtant (tout comme Leïla Bekhti) reçu un César (celui du meilleur espoir féminin en 2016) pour son rôle dans "Fatima" de Philippe Faucon : un film qui mérite d'être vu d'après ce que j'en ai lu...

    Portrait de Zita Hanrot

    Merci le Centre Wallonie-Bruxelles !


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  • Un film qui ne commence pas dans la dentelle, c'est le moins qu'on puisse dire (un peu façon "Les Tuche"), mais qui réserve quelques bons moments de rires et pas mal d'émotion (vous savez que je suis un coeur d'artichaut...). La scène dans la salle de bains est excellente, à la Jacques Taty : ce n'est pas nouveau mais ça fait bien rire.

    L'hommage à Johnny Halliday par Pierre Richard : une performance de l'acteur - qui, à 84 ans chante "Allumez le feu" en ch'ti - à saluer

    Un bon moment de détente sans plus


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  •  Il s'agit du film éponyme du roman de Marguerite Duras "La douleur" paru en 1985, qui conte l'interminable attente que vit l'écrivaine depuis que son mari, résistant, a été arrêté par la Gestapo et déporté dans les camps de concentration nazis (à Dachau).

    Le cinéaste, Emmanuel Finkiel, restitue avec délicatesse les écrits de Marguerite Duras sur l’Occupation et la Libération.

    Mélanie Thierry joue avec beaucoup d'intensité le rôle de Marguerite, cette jeune femme d'une trentaine d'années rongée - presque jusqu'à la folie - par l'absence de son mari et qui tente de le sauver en acceptant une relation ambiguë avec un officier français de la Gestapo (Benoît Magimel qui excelle dans le rôle). Benjamin Biolay, lui, endosse avec sobriété à mon sens - c'est à souligner car il n'est pas vraiment habitué de la chose... - le rôle de l'amant de Marguerite Duras faisant partie du même réseau de résistance que son mari (elle l'épousera par la suite après avoir divorcé).

    Emmanuel Finkiel, le réalisateur, mêle avec de talent l'image et la voix-off, conjuguant ainsi cinéma et littérature. Parfois même, Marguerite se dédouble sur l'écran, le réalisateur nous la montrant à la fois actrice et spectatrice (par le biais de la voix-off) de son désespoir .

    Il connait bien le sujet de l'attente à travers le vécu de son père : ses parents et son frère ont été déportés sans retour, et, pourtant, toute sa vie, il les a attendus.

    Emmanuel Finkiel s'exprime à ce sujet : "On n’attend donc pas les vraies personnes quand on attend des morts, on les réinvente, on les fantasme. Ce sentiment, je peux en témoigner, se transmet aux générations suivantes".

    C'est d'ailleurs ce qui est arrivé à Marguerite Duras.

    La bande-annonce

    Un très beau film, d'une force incroyable.

    J'ai beaucoup aimé, Philippe moins... (trop dans l'écriture et pas assez dans l'action pour lui !)


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  • L'Université Paris-Diderot faisait son cinéma ce mercredi : au programme deux films sur la prise de risque, le sujet d'un débat ultérieur.

    Le premier film mettait en scène un jeune étudiant de l'Université en deuxième année de licence, Benjamin. Celui-ci a décidé de devenir végétarien et compte fêter l'événement lors de son anniversaire en famille (il va avoir 20 ans) : un vrai défi pour un jeune homme qui a toujours mangé de la viande jusqu'à ce jour...

    Le deuxième film, celui pour lequel nous étions venus, était un film documentaire - mais pas que -

    de Werner Herzog, Grizzly man.

    Grizzly man de Werner Herzog

    Il s'agit d'abord d'un portrait de ce personnage hors du commun, Timothy Treadwell, décédé à seulement 46 ans en 2003, dévoré (ainsi que sa petite amie du moment) par l'un des grizzlis dont il avait l'habitude de s'approcher et auquel il aimait tant parler. Parler à un ours, cela peut paraître bizarre et pour le moins enfantin mais le film le montre en long en large et en travers.

    Un enfant sans histoire à priori - c'est ainsi que le décrivent ses parents - mais un échec au cinéma (c'est un beau gosse) et le voilà tombant dans l'alcoolisme et la drogue : voulant couper avec tout ça, il change diamétralement de style de vie en partant en Alaska étudier les grizzlis et les protéger (c'est du moins ce qu'il pense faire mais ce n'est pas toujours l'avis des écologistes).

    Timothy Treadwell a passé 13 années (les trois mois d'été) parmi les grizzlis, sans arme. On pourrait parler d'un militant de la cause animale (il a tourné une centaine d'heures de pellicule et plaidé cette cause en se produisant auprès des enfants surtout) mais ce serait réduire le personnage à quelque chose de classique alors que Timothy Treadwell est tout sauf classique.

    Grizzly Man est tout d'abord la peinture d'une forme d'écologie radicale, illuminée, détachée des exigences de la réalité. Son aventure ressemble à une fuite de la civilisation, une recherche d'un univers préservé des hommes. Et pourtant, en se mettant en scène à de très nombreuses reprises, c'est bien avec l'humanité que Timothy Treadwell veut communiquer.

    Un très étrange personnage avec un ego énorme

    Le grizzli a été tué par  l'équipe de secours dépêchée sur place peu de temps après cet accident : il avait été recensé sous le numéro 141 mais pour Timothy Treadwell il avait sûrement un nom et c'était un ami...

    Un film qui se laisse regarder mais qui tire un peu en longueur à mon avis.


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