• Un film intéressant au Centre Wallonie-Bruxelles ce lundi soir : l'histoire d'une adolescente en quête d'identité qui s'adresse à un détective privé pour partir à la recherche de son père biologique.

    Tous les chats sont gris de Savina Dellicour

    Dorothy a 16 ans et vit avec ses parents et sa petite soeur, de 8 ans plus jeune qu'elle. Le père est gynécologue, la mère dirige une agence immobilière : des bruxellois bien-pensants.

    Paul, le détective privé, est célibataire malgré ses 40 ans passés et il est surtout anticonformiste. Christine, la mère de Dorothy, a eu une liaison avec lui avant de se marier : tous deux pensent que celle-ci est leur fille mais les aléas de la vie ont fait que Paul ne la connait pas. Depuis quelques années, il la regarde grandir, à distance, car Christine en refaisant sa vie a désiré faire place nette du passé.

    Tout va basculer pour l'adolescente et pour le quadragénaire quand leurs chemins vont se croiser...

    Paul est joué par l'excellent Bouli Lanners, acteur et réalisateur belge né en 1965.

    Tous les chats sont gris de Savina Dellicour

    Quant à Dorothy, c'est un premier rôle pour la jeune Manon Capelle qui a obtenu le Prix du meilleur espoir féminin aux Magritte 2016.

    Tous les chats sont gris de Savina Dellicour

    Anne Coesens est Christine, une mère qui parait dure : une façade qu'elle se donne de peur de perdre pied devant la quête de vérité de sa fille, une vérité qui la fait souffrir.

    Tous les chats sont gris de Savina Dellicour

    Même si, on l'apprendra en fin de film, Paul n'est finalement pas le père biologique de Dorothy, il se noue entre eux une vraie complicité qui sera salvatrice pour la jeune fille.

    Un film touchant et tout en finesse

     


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  •  Nous avons vu deux films très distrayants dernièrement ayant pour point commun le Salon de l'Agriculture, un sujet d'actualité tous les ans au mois de mars...

    Le premier est "La vache" de Mohamed Hamidi avec Jamel Debbouze et Lambert Wilson - pour ce qui est des acteurs que tout le monde connaît bien - ET un acteur français d'origine algérienne kabyle qui ne tardera pas à le devenir, Fatsah Bouyahmed.

    Celui-ci a été formé à Aubervilliers par la Compagnie de théâtre Etincelles au métier de comédien : il a joué au théâtre classique (diverses pièces dont "Les précieuses ridicules") mais a aussi fait du théâtre de rue, au cinéma (plusieurs films dont "Né quelque part" également de Mohamed Hamidi) et à la télévision (en particulier dans "Le Marrakech du rire" de Jamel Debbouze).

    Il vient d'être distingué pour son interprétation dans le film "La vache" au festival international du film de comédie de l'Alpe d'Huez par le Prix Michel Galabru.

    Une révélation pour moi

    Fatsah Bouyahmed incarne dans le film un paysan algérien, Fatah, qui va à la rencontre de la France avec sa vache, Jacqueline, (une Tarine : autrement dit une vache Tarentaise) qu'il rêve depuis des années de présenter au Salon de l'Agriculture.

    Fatah traverse ainsi la méditerranée et se rend à Marseille (sous la pression de sa femme) chez son beau-frère (joué par Jamel Debbouze). Celui-ci y vit avec femme et enfants mais... n'en n'a pas informé la famille restée au bled car il n'arrive pas à assumer d'avoir épousé une française...

    Quant à Lambert Wilson, le rôle d'aristocrate ruiné et dépressif lui va comme un gant. Il rencontre Fatah alors que Jacqueline s'est embourbée sur ses terres et il va, à plusieurs reprises, tirer son maître d'un mauvais pas tout en tissant avec lui des liens d'amitié : une rencontre plutôt inattendue...

    ◄►◄►◄►◄►

    A une époque où les gens ont plutôt tendance à se déchirer, voire à se tirer dessus à boulet de canon, c'est un film qui raccommode tout le monde grâce à la naïveté et à la bonhomie de son héros. Le film a, en outre, la grande qualité d'être très touchant. J'ai versé plus d'une larme...

    Un vrai moment de bonheur !

     

    Le deuxième film que nous avons vu se passe aussi, comme je vous l'ai annoncé, au Salon de l'Agriculture. Son titre : Saint-Amour, ses metteurs en scène : Benoît Delépine et Gustave Kervern.

    Son acteur "star" n'est autre que Gérard Depardieu... On peut critiquer celui-ci sur son physique (c'est un peu facile) ou sur ses idées politiques..., mais on ne peut nier que c'est, à mon sens, le meilleur acteur français de sa génération, capable de jouer tous les rôles depuis le petit malfrat des Valseuses jusqu'à Cyrano de Bergerac.

    C'est mon point de vue et je l'assume !

    Il est accompagné par l'excellent Benoît Poelvoorde, une référence également en matière de cinéma.

    Celui-ci dans le film c'est Bruno, le fils de Jean (Gérard Depardieu) : tous les deux sont agriculteurs. Tandis que Jean est au Salon pour présenter son taureau, Nabuchodonosor, Bruno fait la route des vins avec un copain sans sortir du salon... Jean, qui voudrait bien passer le relais de la ferme à son fils, comprend que depuis la mort de sa femme la communication ne passe plus entre lui et son fils : il recrute alors un chauffeur de taxi pour faire la vraie France des vins.

    Le troisième larron, c'est donc Mike, le chauffeur de taxi, pas vraiment franc du collier (joué par Vincent Lacoste : je ne le connaissais pas mais j'ai bien aimé son côté "pince-sans-rire").

    Ce road-movie qui va à la rencontre des vins du Beaujolais au Bordelais, va également à la recherche de la femme dont les trois larrons sont privés.

    Jean dont on comprend assez tard qu'il a perdu sa femme (même s'il a conservé son portable ce qui lui permet de l'appeler régulièrement pour entendre le son de sa voix... : "Allo ma douce ?"), Bruno parce qu'il essuie toujours des échecs de ce côté là en temps que "bouseux", et Mike qui se sent bien seul depuis qu'il a quitté sa dernière petite amie (devenue à posteriori tétraplégique).

    La femme, chacun va la trouver en la personne d'une mystérieuse amazone (jouée par Céline Sallette) rencontrée au hasard d'un chemin et qui va héberger les trois compères dans son gîte (constitué de cabanes dans les arbres...).

     Un film émouvant et généreux : nous avons bien aimé.

     


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  • En ce moment, c'est la semaine des cinémas étrangers à Paris. Le sport y est mis à l'honneur en lien avec l'Euro 2016 qui se tiendra en France en juin et juillet. C'est dans ce cadre que le Centre Wallonie-Bruxelles présentait hier soir en avant-première un premier long métrage de Guillaume Senez, jeune réalisateur belge.

    Synopsis

    Maxime et Mélanie s’aiment. Ensemble, ils explorent, avec amour et maladresse, leur sexualité. Un jour, Mélanie apprend qu’elle est enceinte. Maxime accepte mal la nouvelle mais peu à peu se conforte dans l’idée de devenir père. Il convainc alors Mélanie de garder l’enfant. C’est maintenant décidé, du haut de leurs 15 ans, Maxime et Mélanie vont devenir parents…

    ◘◘◘◘◘

    Le film se passe sur fond de stade de foot : Guillaume Senez a été entraîneur d'un club de jeunes avant de se lancer dans le cinéma suite à ses études à l'INRACI de Bruxelles.

    Quand le film a été tourné (fin 2014), les deux jeunes acteurs avaient à peu de chose près l'âge de leur rôle et pourtant, l'un comme l'autre ont déjà un long passé dans le monde du spectacle.

    Kacey Mottet Klein est né à Lausanne en 1998. Repéré lors d'un casting alors qu'il n'a que 10 ans, il a déjà tourné avec Isabelle Hupert, Léa Seydoux, Mathilde Seignier et Sandrine Kiberlain et avec des réalisateurs comme André Téchiné ou Patrice Leconte.

    Quant à Galatéa Belluggi, elle est née à Paris d'un père italien et d'une mère danoise. Elle fait ses premiers pas sur les planches du Théâtre du Soleil à 6 ans avec Ariane Mnouchkine et commence à la même époque à tourner au cinéma (elle a déjà tourné avec Tahar Rahim et Emmanuelle Seigner...).

    Kacey Mottet Klein et Galatéa Belluggi

    L'originalité du film de Guillaume Senez, c'est de faire appel à l'improvisation, exercice auquel il a habitué ses acteurs dans ses court-métrages précédents et auquel les acteurs de Keeper ont tous adhéré.

    Catherine Salée (qui joue la mère de Maxime, récemment divorcée) parle ici de son expérience d'improvisation sur le tournage du film. Son rôle auprès du jeune couple est très important car c'est chez elle que les jeunes habiteront pendant toute la grossesse de Mélanie à laquelle elle apportera son soutien.

    Les deux autres acteurs du film sont Sam Louwyck dans le rôle du père de Maxime (et qui l'entraîne au foot) et Laëtitia Dosch qui joue, elle, le rôle de la mère de Mélanie, une mère ayant elle-même eu sa fille très jeune et dans de mauvaises conditions - ce qui explique son refus de voir sa fille suivre le même chemin qu'elle.

    L'autre côté intéressant, c'est qu'au lieu de voir les choses du côté de la jeune-fille enceinte (future fille-mère le cas échéant...), le réalisateur prend le parti de les voir du côté du jeune-homme qui a un projet professionnel très ambitieux (il veut devenir footballeur professionnel) et qui, avec l'idéal de la jeunesse, pense pouvoir l'assumer en même temps que sa vie de couple avec un bébé... Par ailleurs, on sent très bien dans le film qu'il n'est que le spectateur du déroulé d'une grossesse qui reste l'entière possession de son amie : de même qu'au foot le gardien de but ne peut qu'influencer le match, ici Maxime ne peut qu'influencer Mélanie qui sera, au final, seule juge de ce qu'elle décidera de faire.

    Keeper en anglais, ça veut dire gardien de but...

    Plusieurs scénarios pouvaient être envisagés pour clôturer ce film qui dure le temps d'une grossesse et qui donne beaucoup à réfléchir : Guillaume Senez ne choisit pas le plus facile...

    J'ai beaucoup aimé ce film qui traite du thème délicat de la parentalité des adolescents avec beaucoup de sensibilité. J'ai aussi découvert avec plaisir un metteur en scène que je ne connaissais pas.

    L'équipe du film au Festival de Locarno où il a remporté le Label Europa Cinemas.

    Le film sort le 23 mars dans les salles obscures...


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  • J'ai vu hier un très beau film porteur de plusieurs messages : "Loin du paradis". Sorti en 2002, il retrace le quotidien d'un couple d'américains modèle des années 1950, Cathy et Franck Whitaker.

    Tout est parfait chez les Whitaker, la maison, le jardin, les robes de Madame (assorties aux couleurs de l'automne que le réalisateur a filmées), le costume de Monsieur, l'éducation des enfants : bref, une famille que toute l'Amérique admire et envie...

    au point de faire la Une de la gazette locale.

    Sauf qu'un jour, Cathy Whitaker découvre que son mari a une liaison... avec un homme !

    En bonne épouse, elle encaisse le coup (cachant tant bien que mal sa détresse à ses amies) et décide son mari à "consulter" : en effet, à cette époque cette "déviance" était considérée comme une maladie. Franck se soumet d'ailleurs à cette thérapie avec beaucoup de courage (du moins essaie-t-il...).

    Parallèlement à ceci, le film parle d'un autre mal qui ronge l'humanité depuis toujours : le racisme. Celui-ci est particulièrement développé dans l'Amérique de cette époque où blancs et noirs cohabitent...

    C'est, Raymond, son jardinier noir, qui réconfortera Cathy, en tout bien tout honneur, le jour où elle craque suite à une dispute avec son mari...

    "Loin du Paradis" aux Fauvettes

    Et quand elle le rencontre lors d'une exposition de peinture à laquelle elle s'est rendue, elle est tout d'abord surprise de le découvrir dans un tel lieu fréquenté par la bourgeoisie blanche locale mais elle va cependant lui serrer la main et parler avec lui, au grand dam de toutes ses amies.

    L'église en prend un coup aussi quand, Cathy s'étant confessée au prêtre de la paroisse, celui-ci la chasse ultérieurement d'une vente de charité...

    Un film très peaufiné et très bien interprété par Julianne Moore dans le rôle de Cathy, Dennis Quaid dans celui de Franck, et Dennis Haysbert dans le rôle du jardinier.

    Le film se joue actuellement au cinéma Les Fauvettes dans une version restaurée...


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  • Hier soir nous sommes allés à l'Alliance Française assister à la projection d'un "film sans image"...

    Oui oui : je dis bien SANS IMAGE !

    J'avais été attirée par un mail me proposant d'assister à une projection sur l'histoire de Louis Braille et, comme vous ne le savez peut-être pas..., Louis Braille pour moi cela représente vraiment quelque chose.

    Non pas que je sois mal voyante, non non grâce à Dieu je n'ai pas eu à souffrir de cécité, mais j'ai été confrontée dans ma vie d'enseignante à ce handicap au travers d'un de mes petits élèves de Grande Section : un petit Louis également... et cela m'a marquée pour la vie.

    Je prête donc toujours une oreille attentive à tout ce qui touche à ce domaine.

    Nous avons été accueillis à l'entrée du théâtre par Anne-Marie David qui a réalisé le scénario du film en collaboration avec Jean Musy qui en a assuré la musique et a prêté sa voix de narrateur.

    Mon cinéma sans image...

    Anne-Marie a distribué aux spectateurs qui le désiraient un masque fabriqué par sa maman (celle-ci a ainsi cousu quelques 400 masques...) et nous avons pris place dans les fauteuils rouges, prêts à entrer, plongés dans le noir, dans l'histoire de Louis Braille.

    Sur la scène du théâtre, des enceintes sophistiquées diffusent un son parfait.

    Mon cinéma sans image...

    Louis Braille est né en 1809 à Coupvray en Seine et Marne (à une quarantaine de kilomètres à l'est de Paris), dans une famille où le père est bourrelier. Louis est très souvent dans l'atelier de son père et un jour, alors qu'il n'a que 3 ans, il se blesse gravement à l'oeil avec une serpette. Hélas, l'infection gagne le deuxième oeil et Louis devient aveugle. A la maison, son père lui confie l'exécution de petits travaux -notamment la confection de franges pour les harnais - ce qui contribuera à développer sa dextérité manuelle.

    Mon cinéma sans image...

    Contacté par l'Abbé Palluy, le curé du village, l'instituteur du village, Antoine Bécheret, accepte tout de suite de prendre Louis à l'école et découvre un enfant avide de savoir et très intelligent : Louis est même le premier de sa classe. Une seule chose l'attriste : ne pas pouvoir apprendre à lire comme ses camarades.

    A l'âge de 10 ans, ses parents (qui savaient tous les deux lire et écrire et qui étaient conscients de l'importance de l'instruction pour leur enfant - les aveugles à l'époque étant souvent contraints à la mendicité...) l'inscrivent à l'Institution Royale des Jeunes Aveugles à Paris où il devient pensionnaire. Il s'agit d'une école fondée par Valentin Haüy. L'enfant à la santé fragile va se ressentir tragiquement des conditions de vie difficiles dans les bâtiments vétustes et humides de l'établissement (la tuberculose l'emportera d'ailleurs).

    Louis Braille est particulièrement doué pour les Sciences même s'il remporte moult prix dans tous les domaines, y compris la musique (il deviendra pianiste et même organiste). Rapidement, on lui confie certaines responsabilités d'enseignement et en 1828 il reçoit le titre de "répétiteur" qui se transforme ultérieurement en celui de "professeur".

    Il fût un aussi bon professeur qu'il avait été un bon élève.

    Deux ans après l'arrivée de Louis Braille à l'Institution, un nouveau directeur est nommé à la tête de l'établissement : il s'agit du Docteur Pignier. Ce dernier invite en 1821 le capitaine Charles Barbier de La Serre à venir exposer à l'école son système d'écriture des sons (la sonographie) utilisé par l'armée pour permettre aux militaires de communiquer la nuit. Louis Braille est très intéressé par ce procédé et propose des améliorations à Charles Barbier qui les refuse... C'est donc seul - mais encouragé par le Docteur Pignier - que Louis Braille continue ses recherches qui aboutissent en 1829 à une première édition de sa méthode de lecture : l'alphabet Braille est né.

    Il s'agit d'un système d'écriture tactile à points saillants (formé par deux colonnes de 3 points) permettant aux aveugles d'écrire et de lire. Il permet également de transcrire la ponctuation et l'écriture des partitions de musique.

    Mon cinéma sans image...

    La vie des aveugles du monde entier en a été transformée !

    Louis Braille est mort à Paris des suite de sa tuberculose le 6 janvier 1852. Inhumé à Coupvray, ses cendres seront transférées au Panthéon en 1952.

    J'ai éprouvé beaucoup d'émotion à l'écoute de ce "film sans image", grâce à la voix extrêmement radiophonique de Jean Musy, aux bruitages fort à propos (on "voit" l'atelier du père de Louis comme si on y était ainsi que la vie dans la campagne de l'époque), et grâce à la musique composée pour l'occasion par le même Jean Musy.

    Un débat a suivi, animé par Anne-Marie David.

    Interrogée par cette dernière sur mes impressions, je lui ai dit que cette écoute m'avait touchée en me faisant me souvenir des bonnes soirées passées en famille du temps de ma jeunesse (quand nous n'avions pas encore la télévision) et que nous écoutions ma sœur et moi dans le lit de mes parents "Les Maîtres du mystère", l'émission hebdomadaire de Pierre Billard, qui nous faisait trembler par son réalisme...

    Vincent Michel, le Président de la Fédération des Aveugles de France, est aussi intervenu pour rappeler que les aveugles continuent d'être exclus de la société et de subir des discriminations, notamment à l'ère du numérique...

    Une réussite !


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