• La Mairie de Châtillon nous a proposé cet été du cinéma en plein air : comme il a fait très beau, cela a été une vraie réussite d'autant plus que les films étaient variés.

    C'était deux jeunes qui s'occupaient de la projection, allant, je suppose, de de ville en ville.

    Nous avons manqué le premier film "The Artist" de Michel Hazanavicius du fait que nous avions le petit Louis en vacances à cette date. Qu'importe, nous l'avions déjà vu l'un et l'autre ! (mais c'est vrai que j'aurais eu beaucoup de plaisir à le revoir, surtout dans ces conditions...).

    Il y a eu ensuite "Le dîner de cons" de Francis Weber.

    Comme vous pouvez le voir, des chaises et un grand écran tendu dans les jardins de la Mairie permettaient aux spectateurs de voir le film dans de bonnes conditions.

    Un large public est venu rire au jeu des acteurs (Jacques Villeret est impayable en François Pignon).

    Nous aurions pu visionner la semaine suivante "Comme un avion" de Bruno Podalydès dont on m'avait dit beaucoup de bien, mais ce jour là la pluie nous a arrêtés : si nous avions su qu'en cas de pluie la séance avait lieu au Sélect... n'est-ce pas Christelle ! C'est vrai que c'est inscrit sur les affiches mais quand on n'habite pas Châtillon et qu'on se fie aux informations du Châtillonnais ou de l'Office de Tourisme, on l'a dans le baba !

    "La traversée de Paris" a été un vrai régal : normal avec Bourvil et Gabin ! (et non pas Fernand Raynaud comme l'a écrit le Bien Public...)

    Cinéma en plein air à Châtillon-sur-Seine

    Nous avons boudé le film de science-fiction proposé "Flash Gordon", peut-être à tort qui sait ?

    Enfin, la saison s'est terminée par un enregistrement à l'Opéra Bastille de "La traviata" (dirigée par Philip Jordan). Ici, Diana Damrau, une soprano allemande, dans le rôle de Violetta.

    Cinéma en plein air à Châtillon-sur-Seine

    Je ne vous dirai pas qu'il y avait autant de monde que d'habitude... mais en tout cas, moi, j'ai été ravie d'assister à la projection de ce drame écrit par mon auteur d'opéra préféré, Verdi.

    J'espère que cette bonne initiative sera reprise l'été prochain !


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  •  La critique est unanime 

    • Le film, puissant et d'un désenchantement frisant parfois la comédie, dit en cinq courtes histoires et en cinq quartiers d'Alger le désespoir d'un pays rongé par le mensonge, la misère et l'ignorance. Superbe (Sud-ouest)
    • Un portrait singulier d'Alger à travers ces terrasses suspendues telles les jardins de Babylone, entre ciel et terre, entre réalité étouffante et ouverture vers l'espoir (Les Inrocks)
    • ...Une remarquable réussite, comme spectacle et comme témoignage. Merzak Allouache retrouve le souffle, la finesse et l'émotion de ses plus grands films. (Projection Publique)
    • Merzak Allouache effectue un travail magistral de montage de cinq histoires éclatées et contées au rythme des cinq prières... (L'Humanité)
    • Âpre et terriblement vrai (Journal du Dimanche)
    • Un film plein de grâce (Europe 1)
    • Poétique, poignant... (Le Nouvel Obs)
    • Inspiré et fort (Télérama)
    • Un joyau d'Alger (Le Monde)

     Mon avis maintenant... 

    Je n'ai pas été déçue, bien au contraire, par ce film dont la bande annonce paraissait très prometteuse. Un film presque racinien où l'action se passe dans un seul lieu d'Alger, les terrasses (Casbah, Bab El Oued, Notre Dame d'Afrique, Telemly et Belcourt) et dans l'espace d'une seule journée, ponctuée par les cinq prières quotidiennes prescrites par l'Islam.

    Le film commence donc à l'aube pour se terminer à la nuit.

    Une superbe lumière sur Alger contraste avec la noirceur des événements qui s'y déroulent, tandis qu'au loin montent les bruits de la ville. Sur ces terrasses, on y vit, on y mange, on y dort, on y travaille, on y meurt même (beaucoup...) : elles sont le théâtre de véritables drames sociaux.

    J'ai adoré !

    Les Terrasses de Merzak Allouache

    Les Terrasses de Merzak Allouache

    Les Terrasses de Merzak Allouache

    Les Terrasses de Merzak Allouache

    La bande annonce pour vous donner envie d'y aller : oui oui, c'est encore possible sur Paris !


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  • J'ai fait fort cette semaine avec deux séances de cinéma presque consécutives : "Le dernier loup" de Jean-Jacques Annaud avec Philippe et "Timbuktu" d'Abderrahmane Sissako toute seule, Philippe boudant le sujet...

    Rien de comparable entre les deux films évidemment si ce n’est que les paysages y sont grandioses et filmés de façon à les sublimer, que ce soient ceux de la Mongolie-intérieure dans le film du réalisateur français ou ceux de son pays d'origine dans celui du réalisateur mauritanien.

    L'un est une fiction qui a pour fond une histoire appartenant au passé (celle de la Révolution culturelle chinoise des années 60-70) et l'autre, proche du documentaire (même s'il raconte une histoire) traite d'une actualité beaucoup plus récente, au point que le film a dû être tourné sous la protection de l'armée mauritanienne et loin de Tombouctou à l'époque où la ville était aux mains des djihadistes...

    Mais revenons au film de Jean-Jacques Annaud : 

    Tout comme dans "L'ours" et "Deux frères", c'est encore un animal qui tient la vedette dans le film de Jean-Jacques Annaud : entre la préparation et le tournage, il a fallu sept ans au metteur en scène pour mener à bien son projet. Par ailleurs, Andrew Simpson (un canadien) a vécu, lui, à Pékin pendant trois ans avec femme et enfants de façon à élever au biberon la trentaine de loups du film pour les habituer à l'homme. L'un d'eux (bien qu'adulte et chef de meute) a quasiment adopté le metteur en scène, dès la première rencontre...

    Une scène du film a été particulièrement difficile à tourner : c'est celle où les dirigeants chinois poursuivent les loups alors que ceux-ci attaquent un troupeau de chevaux. Ces deux animaux sont évidemment des ennemis farouches et il était impensable de les mettre en présence l'un de l'autre sans qu'une barrière les sépare : Jean-Jacques Annaud a travaillé cette scène de 6 minutes pendant 6 mois...

    Ecoutez-le en parler.

     

    La bande-annonce du film tout de même...

     

    Un beau film certes mais qui ne m'a pas vraiment touchée (je n'arrive pas à discerner exactement pourquoi mais une chose est sûre, la musique accompagnant les scènes de violence entre les animaux était trop "violente" à mon goût...

    Dans "Timbuktu", la musique se fait plus discrète (elle est d'une grande douceur en tout cas, comme si elle était là pour contrer l'inhumanité que le cinéaste veut dénoncer) ; il y a même des passages sans musique aucune et c'est bien. Ne croyez pas pour autant que j'adhère à la doctrine djihadiste qui interdit aux gens d'écouter ou de faire de la musique, tout comme il leur est interdit de jouer au foot ou de fumer... Non : c'est seulement que le silence est parfois plus fort que tout pour traduire la terreur que ces gens font régner sur les populations.

    Jugez plutôt...

     

    J'ai beaucoup aimé le film : le sujet , son traitement par le cinéaste, le message qu'il véhicule...


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  • Ce mercredi, je suis allée voir un très beau film à l'Université Paris-Diderot dans le cadre de son Ciné Club mensuel : il a obtenu, entre autres distinctions (plus de 30 récompenses), la Caméra d'Or au Festival de Cannes 2012 : "Les bêtes du sud sauvage" de Benh Zeitlin, un jeune cinéaste américain.

    Les bêtes du sud sauvage à CinéDiderot

    Synopsis

    Dans le bayou de Louisiane se trouve un village isolé appelé le "Bassin". C'est là que vit Hushpuppy, une petite fille de 6 ans, avec son père, Wink, un homme au caractère dur et à la santé fragile. A l'école, l'enfant apprend comment survivre dans un monde hostile, un savoir qu'elle va pouvoir mettre en pratique quand approche une violente tempête : l'eau monte, le vent dévaste les maisons et les habitants sont dispersés. Quand le temps se calme, Wink et Hushpuppy partent à la recherche des survivants. Pendant ce temps, dans l'Arctique, un troupeau d'aurochs, resté prisonnier des glaces pendant des siècles, est libéré : le "Bassin" va bientôt recevoir leur visite...

    ☼☼☼☼☼☼

    Il s'agit d'un film à petit budget dont la grande originalité réside dans le fait que tout est filmé caméra au poing et à hauteur d'enfant. La "voix off" de Hushpuppy la place au centre de l'histoire : la fillette crève littéralement l'écran (elle a d'ailleurs été choisie parmi 3500 candidats au tournage...) . Quant au personnage du père, il est lui aussi joué (avec beaucoup de vérité) par un acteur non professionnel, boulanger de métier.

    Une leçon d'humilité pour les écoles de théâtre...

    Hushpuppy est une petite fille dont la Nature, inhospitalière dans ce bidonville marécageux du sud de la Louisiane, a forgé le caractère : sa coiffure hirsute reflète d'ailleurs celui-ci. Son père l'a aussi élevée dans cette optique : pas d'amour apparent chez celui-ci (c'est l'enjeu de la la survie...) qui va jusqu'à la frapper quand elle devient rebelle (il faut dire que, dans un accès de colère, elle va jusqu'à mettre le feu à l'aide d'un chalumeau à la cabane qui lui sert de logement, se réfugiant alors innocemment à l'intérieur d'un carton vide !).

    Le film montre aussi l'état de dénuement de cette population qui vit dans des baraquements dont on se demande comment ils peuvent tenir debout, à la merci d'une inondation (l'ouragan Katrina d'août 2005 est encore dans tous les mémoires) : une digue protège en effet la ville voisine de Los Angeles afin de mettre ses habitants à l'abri du déchaînement des éléments.

    Mais il n'y  pas que les éléments qui menacent la population du "Bassin" : les structures gouvernementales sont aussi leur pire ennemi, elles qui veulent l'extraire de ce milieu inhospitalier pour héberger ses habitants dans des dortoirs aseptisés et sans âme. C'est sans compter sur la solidarité des habitants de ce bayou qui n'ont qu'un seul désir : vivre peut-être dans la mouise... mais CHEZ EUX.

    Le titre du film interroge, non ?

    Les bêtes, bien sûr ce sont tous les animaux qui vivent dans le bayou (poules, poussins, chiens, cochons...). Il y a aussi les poissons-chats, les crabes et les écrevisses qu'Hushpuppy et son père pèchent à main nue et "à la pelle" dans les eaux du Mississippi... Et c'est aussi ces aurochs préhistoriques qui resurgissent avec la fonte des glaces (impressionnante cette reconstitution de l'effondrement de la banquise) et qui déferlent sur le bayou comme pour prévenir d'une menace imminente.

    Il fait aussi (c'est une hypothèse de ma part) référence aux hommes qui y vivent telles des bêtes, contraints par le changement climatique à lutter quotidiennement pour leur survie.

    Une très belle musique cajun rythme le film.

    Que demander de plus ?


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  • Il s'agit du titre que les canadiens du Québec ont donné au dernier film de Woody Allen "Magic in the moonlight". Nous sommes allés le voir hier en VO mais moi aussi je préfère la poésie du titre en français.

    Difficile de ne pas plagier les auteurs des nombreuses critiques de cet excellent film : j'ai galéré à écrire un article tant soit peu original !

    Les séances de spiritisme étaient très en vogue dans les années 20 mais le pouvoir des médiums était à l'époque mis à mal par les magiciens, tel Harry Houdini, prestidigitateur américain d'origine hongroise, qui avait pris ce nom de scène en hommage au grand magicien français Robert Houdin.

    Houdini faisait disparaître sur scène un éléphant...

    La Magie du Clair de lune
    C'est par une scène semblable que Woody Allen commence son film.
     
    Ici, Colin Smith dans le rôle (très fugace) de Wei Lee Soo, magicien renommé 
     
    La Magie du Clair de lune 
     
    Stanley Crawford (alias Wei Lee Soo) incarne le personnage central du film : il est celui qui est chargé par son ami Howard, également magicien, de démasquer la supercherie d'une certaine Sophie Baker (Emma Stone à l'écran) qui campe une jeune fille issue d'un milieu modeste faisant tourner la tête d'un jeune homme de bonne famille ( et... riche de surcroît !) grâce à ses dons de médium.
     
    Woody Allen prête à son acteur des propos qu'il pourrait endosser :
     
    "Je suis un être de raison qui croit en un monde de raison ; toute autre voie mène à la folie".
     
    Le titre du film vient d'un passage où les deux héros vivent un moment très romantique : surpris par une pluie d'orage, ils se réfugient à l'intérieur d'un observatoire abandonné. Cela donne lieu à une très belle photo de Darius Khondji dont c'est la quatrième participation aux films de Woody Allen.
     
    Emma Stone et Colin Firth photographiés en contre-plongée
     
     
    Ici la caméra a été dirigée vers le ciel à l'image du regard des deux protagonistes...
     
    Magie au clair de lune 

     

    Le rôle de la tante de Stanley Crawford (joué par Eileen Atkins) est déterminant dans le film : en effet, loin de réduire celui-ci à un procès entre la magie et le spiritisme, Woody Allen va prêter à cette dernière la voix de la sagesse, avec des propos d'une mauvaise foi évidente.

    La tante Vanessa entre son neveu et Howard, l'ami magicien (un petit air de Woody Allen, non ?)

    La Magie du Clair de lune

    C'est en effet toujours à célébrer l'amour que le cinéaste nous invite.

    Un joli film servi par des photos mettant en valeur les paysages du sud de la France, de superbes costumes d'époque et du jazz en bande-son.

    Que demander de plus ?


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