• Prévoyant un confinement long, je suis allée il y a un bon mois à la bibliothèque où j'ai emprunté pas moins de 13 livres, tous très différents. Bon, j'ai été un peu optimiste sur mes capacités de lecture car j'ai aussi été pas mal prise par la refonte du site de Générations 13 mais tout de même, me voici à mon quatrième livre "Sale gosse" de Mathieu Palain, un livre qui m'a bien plu par son sujet - c'est pas tous les jours qu'on entre dans le milieu de la PJJ, entendez par là "Protection Judiciaire de la Jeunesse" - et son style (j'ai ainsi enrichi mon vocabulaire des mots "vénère (énervé), daronne (mère), bicrave (vendeur de drogue), feuj (juif), wesh (salut), un style dans lequel on entend des mots comme : j'sais ap, frère, fils, champion, chacal, meuf, rebeu, de ouf, genre, steuplaît, bouffon, iench, keufs, j'en passe et des meilleures...

    Ce qui ressort aussi de ce livre, c'est le travail d'équipe que font ces éducateurs, souvent payés au Smic, mais s'impliquant à fond dans leur travail : un métier pas facile mais sûrement très enrichissant sur le plan humain.

    Wilfried naît du mauvais côté de la vie. Sa mère, trop jeune et trop perdue, l'abandonne. Il est placé dans une famille d'accueil aimante. A quinze ans, son monde, c'est le foot. Il grandit balle au pied dans un centre de formation. Mais  une colère gronde en lui. Wilfried ne sait pas d'où il vient, ni qui il est. Un jour sa rage explose ; il frappe un joueur. Exclusion définitive. Retour à la case départ. Il retrouve les tours de sa cité, et sombre dans la délinquance. C'est là qu'il rencontre Nina, éducatrice de la Protection Judiciaire de la Jeunesse. Pour elle, chaque jour est une course contre la montre ; il faut sorti ces ados de l'engrenage. Avec Wilfried, un lien particulier se noue.

    D'une plume hyper-réaliste, Mathieu Palain, signe un roman percutant. Il nous plonge dans le quotidien de ces héros anonymes et raconte avec empathie une histoire d'aujourd'hui, vraie, urbaine, bouleversante d'humanité.

    L'interview de Mathieu Palain

    A lire absolument !


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  • Le dé-confinement se profilant, le château de Versailles en profite pour présenter sa prochaine exposition qui sera consacrée à un grand peintre français du début du XVIIIème siècle, Hyacinthe Rigaud (1659-1743).

    La revue Beaux-Arts à laquelle je suis abonnée, en fait le portrait grâce à une vidéo mise en ligne sur Vimeo et une présentation de Malo Delarue.

    Lorsque le peintre originaire de Perpignan arrive à Paris en 1681, l’art du portrait est un genre qui attire déjà plusieurs grands artistes ; Hyacinthe Rigaud va le révolutionner. Rigaud a la réputation d’être un excellent physionomiste. Les décors et les costumes dans lesquels il peint ses modèles racontent leur identité et leur fonction : architectes, militaires, puissants… Surtout, il insuffle du mouvement dans chaque composition grâce à des postures dynamiques et des couleurs vives. Hyacinthe Rigaud se nourrit de tous les genres (paysages, peintures de batailles, natures mortes) pour donner à ses portraits une ampleur inédite, dans les arrière-plans, les accessoires et les décors.

    La vidéo ne fait que quelques minutes mais incite à en connaître d'avantage en se rendant sur place : peut-être une sortie pour le mois de juin ?

     

    Organisée selon un parti à la fois chronologique et thématique, l’exposition s’attachera à décrire la carrière de Hyacinthe Rigaud, de ses débuts en Catalogne jusqu'à sa consécration à Paris. Les autoportraits peints par l’artiste tout au long de sa vie seront particulièrement mis en valeur. Une section entière, spectaculaire, sera consacrée aux portraits de Louis XIV.

    Qui ne connaît pas ce portrait, en pied, du Roi-Soleil ? Le roi est alors âgé de 63 ans.

    Bientôt une nouvelle exposition au château de Versailles...

    Dans une autre partie, il sera proposé au visiteur de découvrir le processus de création des portraits, du choix de leurs formats à leur diffusion par la gravure auprès du plus grand nombre, en passant par la création de dessins et la présentation d'esquisses aux modèles. Les portraits exposés reflèteront toute la diversité de la clientèle de Rigaud, française et étrangère. Une belle place sera aussi faite à sa sensibilité pour la sculpture : en 1695, son dernier séjour en Catalogne est motivé par le désir de fixer les traits de sa mère, Mme Rigaud née Marie Serre, et de les faire traduire en marbre par le sculpteur Antoine Coysevox. 

     L’exposition Hyacinthe Rigaud (1659-1743) ou le portrait Soleil sera l’occasion de souligner l’exceptionnelle richesse des collections du château de Versailles, sans équivalent dans le monde, pour les portraits français des XVIIe et XVIIIsiècles. Longtemps dédaigné par l’histoire de l’art, ce genre est aujourd’hui mieux connu. Peintres moins proches de la Cour, François de Troy et Nicolas de Largillière ont déjà fait l’objet d’expositions monographiques : celle consacrée à Hyacinthe Rigaud ne pouvait se tenir qu’au château de Versailles tant son portrait de Louis XIV constitue aujourd’hui l’emblème du Grand Siècle.

    L'exposition se tiendra à Versailles de la réouverture (date non communiquée à ce jour) jusqu'au 13 juin 2021. 


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  • Ce jeudi des vacances, nous sommes allés avec Arlette et Louis sur les Champs-Elysées où se tenait une exposition en plein air des sculptures réalisées par Philippe Geluck de son animal fétiche, le "Chat". Vingt sculptures de 2,7 mètres nous attendent dans la partie la plus jolie des Champs, celle qui est très arborée.

    « À travers ces vingt pièces, j’espère apporter au public de la joie, du rire et une certaine poésie surréaliste que nous affectionnons en Belgique », confie Philippe Geluck. Au même moment, des sculptures et des dessins préparatoires seront visibles dans la galerie Huberty & Breyne, avenue Matignon.

    Créé en 1983 par Philippe Geluck, le "Chat", anti-héros par excellence, s'est imposé comme l'animal préféré de la bande dessinée européenne. Actualité, philosophie, vie quotidienne, arts-plastiques..., aucun sujet ne lui échappe. A coup de maximes acérées, d'aphorismes et de mises en abîme, Geluck et son Chat commentent la marche du monde, avec flegme et insolence.

    L'exposition "Le Chat déambule" aux Champs-Elysées avec Louis

    Philippe Geluck n'est pas le premier dessinateur à devenir peintre et pas le premier peintre à devenir sculpteur. Tout a d'ailleurs commencé dans sa tête à l'âge de 8-9 ans, lorsqu'il commettait ses premiers croquis, tableaux et objets étranges. Il commence à publier ses cartoons à 16 ans et ne lâchera plus jamais crayons, pots de peinture et terre à modeler.

    L'exposition "Le Chat déambule" aux Champs-Elysées avec Louis

    L'exposition "Le Chat déambule" aux Champs-Elysées avec Louis

    C'est à la fonderie Van Geert à Alost, en Belgique, qu'à été réalisée la version monumentale de ces sculptures. Il aura fallu deux ans de travail à plus de soixante personnes pour aboutir à ces gigantesques chats de bronze, et plus de vingt étapes de fabrication.

    L'exposition "Le Chat déambule" aux Champs-Elysées avec Louis

    Commençons par l'expo des Champs-Elysées...

    Le docteur : attention à la fourchette, Philippe !

    L'exposition "Le Chat déambule" aux Champs-Elysées avec Louis

    Comme vous pouvez le remarquer, les sculptures ont un nom, en français et en anglais, car l'exposition tournera dans le monde entier pendant plusieurs années.

    L'exposition "Le Chat déambule" de Philippe Geluck aux Champs-Elysées

    Le parleur

    "Rodin a choisi la facilité avec son Penseur,
    Geluck met la barre plus haut avec son Parleur."

    L'exposition "Le Chat déambule" aux Champs-Elysées avec Louis

    Le martyre du Chat : Avec l'humour de Geluck, les crayons ont remplacé les flèches.

    L'exposition "Le Chat déambule" aux Champs-Elysées avec Louis

    Joli, le petit oiseau posé sur le crayon !

    L'exposition "Le Chat déambule" aux Champs-Elysées avec Louis 

    Le Chaltérophile : joli jeu de mots !

    L'exposition "Le Chat déambule" aux Champs-Elysées avec Louis

    Roméo et Juliette : l'échelle a remplacé le balcon...

    L'exposition "Le Chat déambule" aux Champs-Elysées avec Louis 

    L'autre discobole

    La palette du peintre et son pinceau en guise de disque

    L'exposition "Le Chat déambule" aux Champs-Elysées avec Louis

    Le juste retour des choses

    "Pour une fois, c'est une voiture qui s'est fait écraser par une chat"

    L'exposition "Le Chat déambule" de Philippe Geluck aux Champs-Elysées

    Le golfeur

    L'exposition "Le Chat déambule" aux Champs-Elysées avec Louis

    C'est l'oiseau qui ramasse la balle !

    L'exposition "Le Chat déambule" aux Champs-Elysées avec Louis

    Sur le fil

    L'exposition "Le Chat déambule" aux Champs-Elysées avec Louis

    Le chat a la bouche grande ouverte bien sûr...

    L'exposition "Le Chat déambule" aux Champs-Elysées avec Louis

    Le Chat au journal

    L'exposition "Le Chat déambule" aux Champs-Elysées avec Louis

    Rawajpoutachah : j'adore !

    L'exposition "Le Chat déambule" de Philippe Geluck aux Champs-Elysées

    Ouille ouille ouille...

    L'exposition "Le Chat déambule" aux Champs-Elysées avec Louis

    Le Dieu du stade

    Evidemment, il y a de la triche...

    L'exposition "Le Chat déambule" de Philippe Geluck aux Champs-Elysées

    J'ai les boules Y'a de quoi...

    L'exposition "Le Chat déambule" de Philippe Geluck aux Champs-Elysées

    Une photo prise par Louis !

    L'exposition "Le Chat déambule" aux Champs-Elysées avec Louis

    Singin' in the rain

    L'eau coule du parapluie !

    L'exposition "Le Chat déambule" de Philippe Geluck aux Champs-Elysées

    Tutu et Grosminet : trop drôle, le cric ! 

    L'exposition "Le Chat déambule" aux Champs-Elysées avec Louis

    Le charmeur d'eau : On ne le voit pas ici mais un jet d'eau monte du panier.

    L'exposition "Le Chat déambule" de Philippe Geluck aux Champs-Elysées

    On en a plein le dos : ce sont des bouteilles en plastique écrasées qui tiennent lieu de terre.

    L'exposition "Le Chat déambule" aux Champs-Elysées avec Louis

    L'exposition "Le Chat déambule" aux Champs-Elysées avec Louis

    Geluck ne l'a pas nommée : on pourrait dire C'est qui le plus fort ?

    L'exposition "Le Chat déambule" aux Champs-Elysées avec Louis

    Pipi et grobidet

    L'exposition "Le Chat déambule" de Philippe Geluck aux Champs-Elysées

    Flûte à bec : très joli...

    L'exposition "Le Chat déambule" aux Champs-Elysées avec Louis

    Philippe Geluck a mis ses sculptures en vente : au prix de 300.000 euros chaque et en en ayant déjà vendu 16, il compte utiliser la somme pour financer le musée qu'il a prévu d'ouvrir à Bruxelles. On ira le voir, naturellement, histoire de faire une petite balade !

    Et maintenant, l'exposition de la galerie Huberty & Breyne, en virtuel pour l'instant, les galeries étant fermées actuellement.

    Cliquez ICI pour la découvrir.

    Cliquez ICI pour écouter et voir l'interview de Philippe Geluck.

    Nous avons tous été ravis de cette belle promenade.

    Un musée à ciel ouvert en cette période de pandémie, quelle bonne idée Monsieur Geluck !


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  • Les podcasts sont très à la mode, pour mon plus grand plaisir. Cette fois-ci, c'est la Philharmonie qui met en ligne une série de dix podcasts qui s'intitule "Conte-moi la musique".

    Les podcasts de la Philharmonie pour les petits de 3 à 8 ans

    Une histoire courte (5-6 mn pas plus) est contée aux enfants sur fond d'extraits musicaux.

    Louis, qui est habitué aux Histoires en musique d'Elodie Fondacci sur Radio-Classique (on les écoute souvent en voiture sur la route de Courcelles), aimera-t-il celle-ci... ?

    La réponse à partir de mercredi.

    Voici le premier d'entre eux, intitulé "Le grand amour du Roi".

    Les podcasts de la Philharmonie pour les petits de 5 à 8 ans

    Cliquez ICI pour écouter...

    Il y a longtemps, très longtemps, vivait un roi puissant dans un château immense qui brillait de mille feux. Le château de Versailles.

    Ce roi s’appelait Louis XIV, on l’appelait aussi le roi soleil !

    Rien n’est trop beau pour ce roi-là. À Versailles, on trouve des jardins magnifiques aussi précis que des dessins, des murs habillés de miroirs, des fontaines et des jeux d’eau.

    Le Roi Soleil aime la musique et la danse. C’est simple : il ne peut s’en passer. Il n’y a pas un jour sans qu’on entende de la musique. Le roi se réveille, se couche en musique.

    Il est lui-même musicien, il joue lui-même de la guitare...

    Depuis quelques temps, le Roi est de mauvaise humeur. Il est amoureux mais rien ne se passe comme il voudrait.

    Parmi tous ceux qui l’entourent, des serviteurs aux seigneurs de la cour, il y a une belle dont les yeux ont encore plus d’éclat que le ciel, et dont la vue a fait battre son cœur.

    Mais la demoiselle, elle, ne n’aime pas le roi. Elle le dit, elle le répète, et elle tient tête au roi.

    Le roi est furieux, malheureux, mais il n’abandonne pas. Il cherche un moyen de lui plaire, de l’impressionner.

    Ce moyen ce sera… la musique ! Mais oui ! Chacun sait que la musique a des pouvoirs magiques.

    Tout d’abord, il faut que la belle réalise qu’il est un très grand roi.

    Et pour cela il y a la musique de la Grande écurie. Musique militaire, ou musique de plein air ! Grandes occasions ou temps de guerre !

    À la chasse ou à la guerre !

    À cheval ou bien sur terre !

    Fanfares et sonneries accompagnent toujours le Roi.

    Que les trompettes scintillent, que les timbales rugissent !

    Qu’elles rappellent à la belle que celui qui l’aime n'est pas n'importe qui, c’est LE ROI !

    Alors quoi ? La belle admire les musiciens de la Grande écurie. Mais la belle n’écoute que ce que dit son cœur et son cœur ne parle pas au roi.

    Comment ? se dit le Roi, la Grande écurie ne suffit pas ? J’ai dû lui faire peur. Il me faut une toute autre musique, qui lui dise mon amour avec plus de douceur pour qu’elle sache que même les rois ont un cœur et que parfois ils pleurent. Ce soir je ferai jouer les musiciens de la Chambre. Je mettrai ma plus jolie perruque, le parfum le plus rare. Oui, ce soir j’en suis sûr, la belle m’aimera !

    C'est le soir. Nous voici à la cour : belles coiffures, brillants bijoux, perruques poudrées, tout le monde sourie et murmure : « Le Roi est fou d’amour. Il demande à la musique de dire ses sentiments. Qui peut mieux le faire que les musiciens de la chambre du Roi ?»

    Violes et violons, flûtes à bec et bassons, instruments à cordes ou instruments à vents, voici ceux qui accompagnent le divertissement et qui chantent si bien l’amour!

    Mais tout à coup voici que s’élève un chant doux, émouvant …

    La belle soupire en entendant ce chant. Que cet air est tendre et charmant ! Elle fredonne en même temps.

    Le roi tout-à-coup comprend : la belle aime un autre que lui !

    Que peut-il faire à présent ? Se lamenter ? Se fâcher ? Gémir, trépigner ?

    Rien de tout cela se dit le roi ! L’amour reviendra.

    Et surtout… la musique sera toujours là !

    Rien ne compte plus pour moi ! Oui, la musique est le plus grand amour du roi.

    Alors Le roi s’avance. Son cœur est réparé. Il sourit à la belle : « Soyez donc mon amie, à défaut de m’aimer Accordez-moi au moins le plaisir de danser ! »

    En entendant le roi, tous ont des fourmis dans les pieds.

    Au son des flûtes et des violons, l’on danse bourrées et rigaudons, menuets et gavottes joyeuses, sarabandes majestueuses.

    Voilà le Roi-soleil, Louis XIV roi de France. À cet instant-là, le Le Roi embrasse la vie. Il danse et tous dansent avec lui. 

    Extraits musicaux :
    Clavecin : Clavecin de Ioannes Couchet, Anvers/ Belgique/ Europe, 1652 (Musée de la musique) : Louis Couperin, Suite en la mineur - 7. Prélude.  Christophe Rousset, clavecin (Harmonia Mundi 2018). Guitare seule : guitare Jean Baptiste dit Jean Voboam, Paris, 1708 (Musée de la musique). François Campion, Allemande. Gérard Rebours (Musée de la musique 2001). La Grande Écurie :  Michel Richard Delalande, Concert de trompettes (Prélude).  La Simphonie du Marais, Hugo Reyne, dir. (Harmonia Mundi 1990). MusicieAns de La Chambre :  François Couperin,  Premier concert royal. Concert enregistré à la Philharmonie de Paris le 15 décembre 2015 par  Les Arts Florissants, William Christie (dir.). Chant doux et émouvant :  Michel Lambert, "Ombre de mon amant" extrait des Airs à une, II, III et IV parties.  Concert enregistré à la Salle Pleyel le 8 septembre 2008 par  Les Arts Florissants, William Christie (dir.)  ; Anne Sofie von Otter, mezzo-soprano.  Les sarabandes : clavicorde anonyme, école germanique, XVIIIe siècle (Musée de la musique), Dietrich Buxtehude, Sarabande de la Suite n° 3. Jocelyne Cuiller, Musée de la musique, 2004.

    Conte N°2 : Les sortilèges de la claveciniste : ICI

    Conte N°3 : Au diapason ! : ICI

    Conte N° 4 : L'ogre et le musicien : ICI

    Conte N° 5 : Le musicien à l'instrument invisible : ICI

    Conte N°6 : Le singe sonneur : ICI

    Conte N°7 : Comment Issunboshi épousa la princesse : ICI

    Conte N°8 : La grenouille qui avait bu toute l'eau : ICI

    Conte N°9 : Le souffle et le vent : ICI

    Conte N°10 : Cache-cache au musée : ICI

    Quand nous étions petites, Arlette et moi, Maman nous emmenait régulièrement écouter Bernard Gavoty au Théâtre des Champs-Elysées, dans le cadre d'une émission intitulée "Les Musigrains", une association parisienne de concerts-conférences pédagogiques destinés aux scolaires. Nous aimions bien l'écouter parler de tous les instruments...

    Nostalgie, nostalgie...


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  • La semaine dernière, je suis allée avec ma sœur (elle était en manque de sorties culturelles et accusait le coup...) suivre une visite guidée proposée par le site "Sous les pavés". Celle-ci était conduite par Delphine Lanvin que j'avais déjà eue comme guide pour une visite du quartier de Montparnasse et que j'avais bien appréciée. Cette fois-ci encore, grâce à une foule d'anecdotes toutes plus croustillantes les unes que les autres, elle a su rendre son récit tellement vivant que nous n'avons pas vu passer les 2h30 de visite qu'a duré la promenade.

    L'intitulé de la visite était "Les couples célèbres des îles Saint-Louis et de la Cité" et nous nous sommes retrouvées (avec trois autres personnes inscrites à la visite, respectant ainsi la loi...) devant les grilles du Palais de Justice, résidence des rois de France du Xème au XIVème siècles.

    On aperçoit ici, derrière les imposantes grilles dorées à l'or fin qui donnent sur le boulevard Saint-Michel, la flèche de la Sainte-Chapelle, édifiée à partir de 1242 à la demande de Louis IX (Saint Louis) pour abriter les reliques du Christ rapportées des croisades.

    Visite guidée au centre de Paris : les couples célèbres de l'île de la Cité et de l'île Saint-Louis

    Notre guide nous parle, devant ce lieu chargé d'histoire, de Louis IX et de sa femme, Marguerite de Provence. Fils de Blanche de Castille, Saint-Louis, comme on ne tardera pas à l'appeler, reçoit de sa mère une éducation très stricte et très pieuse. Marié à Marguerite de Bourgogne pour raison d'état (cette union a été concoctée par sa mère, qui est «restée aux affaires» après la majorité de Louis et souhaite ainsi étendre l’autorité royale sur le sud de la France.), il n'en est pas moins très amoureux de sa femme : une chance pour le jeune couple...

    Lors de son mariage, le roi a 20 ans et Marguerite seulement 13 ans. Selon Guillaume de Saint-Pathus, confesseur et confident de la reine, Louis ne consomme pas son mariage pendant la nuit de noces mais il passe ses trois premières nuits de jeune marié à prier, respectant les « nuits de Tobie » recommandées par l'Église.

    Mariage de Louis IX avec Marguerite de Provence (Vie et miracles de St-Louis - Guillaume de St-Pathus - 1330-1340)

    Visite guidée au centre de Paris : les couples célèbres de l'île de la Cité et de l'île Saint-Louis

    Cultivée, spirituelle et enjouée, Marguerite est à l’opposé de son austère belle-mère, Blanche de Castille. Elle est très proche du roi qui partage sa couche avec plaisir et doit se cacher de sa mère quelque peu abusive pour passer de doux moments avec elle, nous raconte notre guide.

    En août 1248, Louis IX part pour la septième croisade en compagnie de sa jeune femme et d'une grande partie de ses proches, laissant les rênes du Royaume à sa mère, Blanche de Castille. Ils seront ainsi absents du royaume de France pendant six ans.

    Visite guidée au centre de Paris : les couples célèbres de l'île de la Cité et de l'île Saint-Louis

    Nous nous arrêtons au passage devant la plus ancienne horloge publique de France qui a été offerte aux parisiens par Charles V en 1371. A la révolution française, l’horloge a été considérablement endommagée. Le cadran a été reconstruit en 1849 et la dernière restauration date de 2012.

    Visite guidée au centre de Paris : les couples célèbres de l'île de la Cité et de l'île Saint-Louis

     Sur un fond de manteau royal bleu azur fleurdelisé, on remarque dans la partie haute deux angelots qui tiennent un bouclier portant deux blasons : l'un de la Couronne de France et l'autre de celle de la Pologne (Henri III était souverain de ces deux états). 

    Nous prenons ensuite le Pont au Change pour avoir une vue d'ensemble sur la Conciergerie : le Palais royal de la Cité a été converti en prison d'Etat en 1370. La Conciergerie occupait le rez-de-chaussée du bâtiment bordant le quai de l’Horloge et les deux tours jumelles ; l’étage supérieur était réservé au Parlement. Les locaux abritaient jusqu'à récemment l'ensemble des différentes cours du Palais de Justice jusqu'au déménagement du Tribunal de Grande Instance aux Batignolles.

    Visite guidée au centre de Paris : les couples célèbres de l'île de la Cité et de l'île Saint-Louis

    A gauche, la Tour de l'Horloge, puis deux tours jumelles - la Tour d'Argent et la Tour César - et enfin la Tour Bon-Bec qui est crénelée. 

    Visite guidée dans le centre de Paris : les couples célèbres de l'île de la Cité et de l'île Saint-Louis

    Avant de quitter la Conciergerie, Delphine Lanvin nous raconte une histoire incroyable, celle du Tribunal de l'Impuissance : nous faisons ainsi un bond dans l'histoire pour nous reporter au XVIIème siècle. A cette époque, les mariages étaient encore très souvent des mariages arrangés qui permettaient d'obtenir fortune ou titres de noblesse.

    C'est ainsi qu'un certain René de Cordouan, alias marquis de Langey, dut épouser une jeune aristocrate dont il n'était pas épris, son cœur étant déjà engagé ailleurs... Fidèle à son amante, le marquis refusa d'honorer sa femme, tant et si bien que des années après le mariage nulle descendance ne s'annonçait. La marquise, blessée dans son orgueil, porta l’affaire devant les prélats et obtint la création d’un Congrès le 8 février 1659 destiné à juger les capacités maritales de son mari (le manquement au devoir conjugal était en effet sévèrement puni par l'église : il pouvait vous en coûter un divorce et des dommages et intérêts très très salés...).

    Le Congrès de 1659 aboutit à la création du Tribunal de l'Impuissance : il s'agissait d'une assemblée de médecins, d'hommes de droit, d'Eglise et de matrones, devant laquelle l’homme devait faire acte de chair en public ("Dresser, entrer, mouiller") ! Le résultat de la copulation était vérifié au doigt et à l’œil, selon la formule juridique en vigueur.

    Visite guidée dans le centre de Paris : les couples célèbres de l'île de la Cité et de l'île Saint-Louis

    Le pauvre marquis passa ainsi son test conjugal et, l'examen n'ayant pas été concluant, humilié, il perdit le divorce, quelques-uns de ses biens et se vit interdire le mariage jusqu’à la mort de son ex-épouse. Comble de l’histoire, quelques années plus tard, le marquis de Langey rencontra une autre femme avec qui il eut six enfants, prouvant à qui voulait bien le croire qu’il était normalement constitué. Le scandale lié à l’erreur judiciaire du tribunal fut tel qu’il aboutit à un arrêt du 18 février 1677 du parlement de Paris qui supprima la réunion du Congrès et démontra l’impuissance de cette procédure. Dès lors et jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, un simple examen de l’appareil génital suffisait à prouver sa bonne foi.

    Ouf !

    Nous passons ensuite devant le Tribunal de Commerce où notre guide nous raconte encore une autre histoire mais..., je l'ai oubliée !

    Visite guidée dans le centre de Paris : les couples célèbres de l'île de la Cité et de l'île Saint-Louis

    Puis, c'est le marché aux fleurs. Bien que nous soyons aujourd'hui dimanche, pas de vente d'oiseaux : un décret de février 2021 en a désormais interdit le commerce.

    Visite guidée dans le centre de Paris : les couples célèbres de l'île de la Cité et de l'île Saint-Louis

    Visite guidée dans le centre de Paris : les couples célèbres de l'île de la Cité et de l'île Saint-Louis

     Delphine Lanvin nous fait ensuite passer le long de l'Hôtel-Dieu et nous signale qu'il s'étendait autrefois beaucoup plus près de la Seine.

    Visite guidée dans le centre de Paris : les couples célèbres de l'île de la Cité et de l'île Saint-Louis

    Et voici les tours de Notre-Dame qui ont miraculeusement échappé à l'incendie du 15 avril 2019.

    Visite guidée dans le centre de Paris : les couples célèbres de l'île de la Cité et de l'île Saint-Louis

    C'est l'histoire des mariages qui se sont passés dans la Cathédrale que nous conte maintenant notre guide, à commencer par celui de Marie Stuart avec François II, le fils aîné de Henri II et de Catherine de Médicis, qui eut lieu le 24 avril 1558.

    François II et Marie Stuart - Livre d'Heures de Catherine de Médicis

    Visite guidée dans le centre de Paris : les couples célèbres de l'île de la Cité et de l'île Saint-Louis

    "Plusieurs observateurs notèrent une grande différence dans le physique des deux époux, considérant parfois que cela conférait un côté « grotesque » à la cérémonie. En effet, Marie fit forte impression aux côtés de François, de santé fragile et de stature plus légère que son épouse, dont la tenue était particulièrement riche :

    « [Sa] robe blanche était couverte de bijoux et décorée avec des broderies blanches, tandis que sa longue traîne de velours gris était tenue par deux jeunes filles. À son cou se trouvait un pendant étincelant orné de bijoux, un cadeau de son beau-père, et sur sa tête une couronne en or spécialement commissionnée, émaillée de rubis, saphirs et perles ; la rumeur disait que la pierre imposante au centre avait coûté la somme énorme de plus d'un demi-million de couronnes. »

    Après la cérémonie, la procession traversa les rues de Paris jusqu'au Palais de Justice, où eut lieu un grand banquet."

     Il y eut aussi le 18 août 1572, le mariage d'Henri de Navarre avec Marguerite de Valois, sœur catholique du roi de France. Ce mariage était considéré comme un geste fort de réconciliation entre catholiques et protestants. Henri IV, protestant, ne pouvant entrer dans l’église pour participer à la messe de mariage, recevra donc la bénédiction sur le parvis. Il finira par abjurer le 25 juillet 1593 et sera sacré à Chartres le 27 février 1594 (et non à Reims, la ville habituelle du sacre, encore aux mains des ligueurs).

    Visite guidée dans le centre de Paris : les couples célèbres de l'île de la Cité et de l'île Saint-Louis

    Enfin, Napoléon Ier organisa lui-même la cérémonie de son couronnement à Notre-Dame de Paris le 2 décembre 1804. Celle-ci, célébrée par le Pape Pie VII, dura près de cinq heures. Le peintre Jacques-Louis David immortalisa l'événement (entre 1805 et 1807) dans un tableau resté célèbre où l'on voit l'empereur couronner lui-même son épouse, Joséphine de Beauharnais.

    Visite guidée dans le centre de Paris : les couples célèbres de l'île de la Cité et de l'île Saint-Louis

    Chemin faisant, nous arrivons à la rue Chanoinesse.

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    La série des petites maisons pourvues de lucarnes est un vestige du passé clérical du quartier : de nombreux chanoines, membres du clergé attachés au service de la Cathédrale Notre-Dame, y logeaient en effet autrefois.

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    Jolie glycine...

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    Ayant emprunté la rue de la Colombe, notre guide nous montre une plaque attestant de la présence ici autrefois d'une enceinte gallo-romaine.

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    Son emplacement est matérialisé au sol par un pavage différent.

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    Au bout de la rue, une colombe sur le mur indique ici l'emplacement d'un ancien cabaret "Le cabaret de la Colombe" qui vit débuter 200 artistes dont Guy Béart, Anne Sylvestre, Jean Ferrat ou encore Georges Moustaki.

    Nostalgie, nostalgie...

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    La maison, datée du XIIIème siècle, sur laquelle a été sculptée une colombe (au-dessus de la porte d'entrée au N°4) abrite actuellement un bar à vins.

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    Dans la rue des Ursins voisine, au N° 17 une maison a retenu toute notre attention : elle est habitée par des membres du clergé comme l'attestent les interphones situés devant la grille qui en ferme l'entrée.

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    On y remarque sous les fenêtres une frise dorée sur fond bleu qui porte les initiales ND pour Notre-Dame.

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    Jusqu’au XVIIIe siècle, de très nombreux édifices religieux aujourd’hui disparus ont peuplé l’île de la Cité. On connaît très peu de choses de ces églises si ce n’est la simple preuve de leur existence. Actuellement, la Chapelle Saint-Aignan représente le seul vestige des 23 églises et chapelles que comportait la Cité au XIIème siècle. Fondée vers 1116 par Etienne de Garlande, doyen de Saint-Aignan d'Orléans et chancelier du roi Louis VI le gros, deux chanoines la desservaient. On dit que saint Bernard y venait prier, ainsi qu’Abélard.

    Elle est bien difficile d’accès ! Il faut se rendre entre la rue des Ursins et la rue Chanoinesse, au fond de la cour du 24 pour admirer ce qu’il reste de ce seul témoin de l’architecture romane.

    La chapelle comportait trois travées, une pour le chœur et deux pour la nef, soit à peu près 10 m x 5. Le chœur a disparu, restent une travée et demie avec l'une des portes d'entrée.

    C'est un pur hasard si nous avons pu la visiter car la chapelle Saint-Aignan est située au fond d'une cour (un prêtre, arrivant justement en moto pour s'y garer, nous y a gentiment donné accès).

    C'aurait été dommage de rater ça !

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    Chapiteau mur nord

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    Chapiteau mur sud, vu du nord-est

    CVisite guidée dans le centre de Paris : les couples célèbres de l'île de la Cité et de l'île Saint-Louis 

    Vierge du XVème siècle 

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    Dans la sacristie, un plan de l'île de la Cité permet de voir la situation de la chapelle (point rouge). Delphine Lanvin nous montre aussi jusqu'où s'étendait l'ancien Hôtel-Dieu.

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    Nous voici maintenant arrivé près du Quai aux Fleurs au niveau de la rue des Ursins.

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    Il paraît que c'est dans cette maison qu'habite par intermittence l'Aga-khan IV.

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    Même si les fenêtres du rez-de-chaussée sont à meneaux et accolades, il semble que ce soit plutôt une reconstitution plus ou moins récente.

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    Lors de la crue de la Seine de 1910, la rue a été submergée par plus de 1,5 m d'eau, comme le montre la plaque apposée sur le mur.

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    C'est ici qu'habitèrent autrefois Héloïse et Abélard, au N°9 du Quai aux Fleurs.

    Maintes fois contée, l’histoire d’Héloïse et d’Abélard a élevé ses acteurs au rang de personnages mythiques. Ces Roméo et Juliette parisiens se connurent dans l’île de la Cité.

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    Nantais d’origine, Abélard gagna Paris en 1100 pour y suivre l’enseignement de Guillaume de Champeaux. Devenu lui-même professeur de renom, il accéda bien volontiers à la requête d’un chanoine de Notre-Dame, Fulbert, lui demandant de donner quelques leçons à sa nièce, Héloïse.

    La jeune fille était alors âgée de 18 ans alors qu’Abélard en avait 39, mais cela n’empêcha pas l’élève et son professeur de tomber éperdument amoureux l’un de l’autre. Redoutant la fureur du chanoine, les amants s’enfuirent en Bretagne, où Héloïse donna naissance à un fils, puis ils revinrent à Paris.

    Fulbert préparait sa vengeance. Des hommes de main envoyés par lui s’emparèrent d’Abélard et le châtrèrent. Désormais Abélard se consacra à des activités purement spirituelles. Il devint moine et fonda l’oratoire du Paraclet. Héloïse prit le voile à Argenteuil.

    Lorsque Abélard s’éteignit en avril 1142, à Chalon-sur-Saône, au couvent de Saint-Marcel, Héloïse fit transporter secrètement sa dépouille au Paraclet. Elle-même disparaîtra vingt-deux ans plus tard et rejoindra Abélard dans son cercueil. Le scandale traversa les siècles puisqu’en 1630, une abbesse s’avisa de trier soigneusement puis de séparer les ossements des amants. Ils sont aujourd’hui ensemble au cimetière du Père-Lachaise.

    Les deux portes donnant accès à l'immeuble sont surmontées d'un médaillon représentant, l'un Héloïse et l'autre Abélard.

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    Leurs visages ne sont que pures suppositions... Ici, celui d'Héloïse,

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    et là, celui d'Abélard.

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    De même, ces deux petits macarons qui ornent les grilles en fer forgé de la porte.

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    Depuis le Quai aux Fleurs, on a une jolie vue sur la pointe de l'île Saint-Louis.

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    Un dernier regard sur Notre-Dame, toute encapuchonnée d'échafaudages...

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    Le Pont Saint-Louis fait communiquer les deux îles entre elles.

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    Nous empruntons la rue Saint-Louis en l'île (rue principale de l'île) puis la rue Le Regrattier portant le nom de celui qui fut chargé du lotissement de l'île-Notre-Dame, aujourd'hui devenue île Saint-Louis.

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    La rue Le Regrattier portait vers 1710 le nom de "rue de la Femme-sans-Teste" : on en aperçoit ici encore la gravure dans la pierre, sous la statue décapitée.

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    En réalité, la statue ne représentait pas une femme sans tête : il s'agissait d'une statue de Saint-Nicolas, patron d'un certain Nicolas de Jassaud et aussi de la confrérie des mariniers, qui habitait un hôtel particulier situé dans cette rue. A l'époque de la Révolution, la statue a été vandalisée par un sans-culotte appelé Couffignal qui exigea qu'on détruise la statue qui représentait un signe religieux.

    L’ancien nom de la rue vient d’une enseigne, située dans la rue, représentant une femme sans tête, tenant un verre à la main, avec comme devise : « Tout est bon », sous-entendant, qu’une femme sans tête ne pouvait être qu’une très bonne femme...

    Pour la petite histoire, c'est au N°6 de la même rue que Baudelaire habita chez une certaine Jeanne Duval, célèbre "Vénus noire" immortalisée par Edouard Manet.

    Jeanne Duval par Edouard Manet, 1862

    Nous parvenons Quai de Bourbon où, au N°19, se tient l'hôtel particulier où habita et travailla Camille Claudel avant son enfermement.

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    Bâti en 1635, il fait face à la Seine.

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    Une plaque, apposée au rez-de-chaussée, le rappelle.

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    Camille Claudel (photographie prise vers 1883) a été l'élève, l'assistante, la maitresse et la muse d'Auguste Rodin.

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    La passion amoureuse que Camille eut pour le maître sera toutefois contrariée par l'attachement que Rodin avait pour celle avec laquelle il partageait sa vie, Rose Beuret. Camille fera un bronze intitulé "L'âge mur" qui représente Rodin (d'âge mûr) tiraillé entre Rose (représentée comme une sorte de vieille sorcière) et Camille (représentant la jeunesse) qui le supplie de l'aimer.

    Une œuvre très forte que l'on peut aller admirer au Musée Rodin (sous forme de plâtre) ou au Musée Camille Claudel de Nogent-sur-Seine (sous forme de bronze).

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    La balade se termine au N°17 du Quai d'Anjou où se trouve un superbe hôtel particulier construit entre 1657 et 1658 par l'architecte français Charles Chamois. Il fut acheté et habité en 1682 par le duc de Lauzun.

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    Son balcon en fer forgé est particulièrement remarquable.

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    Antoine Nompar de Caumont, marquis de Péguilhem, puis duc de Lauzun, eut une destinée singulière : Cadet de Gascogne, sans biens, sans véritable esprit, sans talents supérieurs, il fut pourtant adulé par les femmes. Il fit de nombreuses conquêtes, dont une en particulier, Anne-Marie Louise d'Orléans, petite-fille d'Henri IV. La Grande Mademoiselle, comme on l'appelait alors, n'a pas hésité à tenir tête à son père et au Roi Soleil au sujet des mariages qu'ils voulaient lui imposer ou de sa colossale fortune qu'elle tenait à gérer depuis sa majorité, devenant une redoutable femme d'affaires. Louis XIV, son cousin germain, refusa tout d'abord cette union sous la pression de la cour et de Madame de Montespan.

    Madame de Sévigné a écrit au sujet de ce mariage qui faisait parler le "tout Versailles", une lettre adressée à son amie intime, Madame de Coulanges.

    "Je m'en vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus étourdissante, la plus inouïe, la plus singulière, la plus extraordinaire, la plus incroyable, la plus imprévue, la plus grande, la plus petite, la plus rare, la plus commune, la plus éclatante, la plus secrète jusqu'aujourd'hui, la plus brillante, la plus digne d'envie : enfin une chose dont on ne trouve qu'un exemple dans les siècles passés, encore cet exemple n'est-il pas juste ; une chose que l'on ne peut pas croire à Paris (comment la pourrait-on croire à Lyon ?) ; une chose qui fait crier miséricorde à tout le monde ; une chose qui comble de joie Mme de Rohan et Mme d'Hauterive ; une chose enfin qui se fera dimanche, où ceux qui la verront croiront avoir la berlue ; une chose qui se fera dimanche, et qui ne sera peut-être pas faite lundi. Je ne puis me résoudre à la dire ; devinez-la : je vous le donne en trois. Jetez-vous votre langue aux chiens ? Eh bien il faut donc vous la dire : M de Lauzun épouse dimanche au Louvre, devinez qui ? je vous le donne en quatre, je vous le donne en dix, je vous le donne en cent. Mme de Coulanges dit : " Voilà qui est bien difficile à deviner ; c'est Mme de la Vallière. - Point du tout, Madame. C'est donc Mlle de Retz ? -. Point du tout, vous êtes bien provinciale. - Vraiment, nous sommes bien bêtes, dites-vous, c'est Mlle Colbert. - Encore moins. - C'est assurément Mlle de Créquy. - Vous n'y êtes pas. Il faut donc à la fin vous le dire : il épouse, dimanche, au Louvre, avec la permission du Roi, Mademoiselle de..., Mademoiselle.... devinez le nom : il épouse Mademoiselle, ma foi par ma foi, ma foi jurée, Mademoiselle, la grande Mademoiselle ; Mademoiselle, fille de feu Monsieur ; Mademoiselle, petite-fille de Henri IV ; Mlle d'Eu, Mlle de Dombes, Mlle de Montpensier, Mlle d'Orléans, Mademoiselle, cousine germaine du Roi ; Mademoiselle, destinée au trône ; Mademoiselle, le seul parti de France qui fût digne de Monsieur."

    "Voilà un beau sujet de discourir. Si vous criez, si vous êtes hors de vous-même, si vous dîtes que nous avons menti, que cela est faux, qu'on se moque de vous, que voilà une belle raillerie, que cela est bien fade à imaginer ; si enfin vous nous dites des injures : nous trouverons que vous avez raison ; nous en avons fait autant que vous."

    Elle est dite ici par Gisèle Casadesus.

    Peu après le mariage, le 25 novembre 1671, Lauzun est arrêté dans sa chambre du château de Saint-Germain sur ordre du roi. Il est alors conduit et emprisonné par d'Artagnan - escorté de cent mousquetaires - dans la forteresse de Pignerol. Il y retrouve Fouquet, "locataire" du lieu depuis dix ans. Mademoiselle est inconsolable.

    Les historiens ne sont pas certains des raisons de son arrestation : soit parce qu’il avait épousé secrètement Mademoiselle de Montpensier (la Grande Mademoiselle), soit sur l’intervention de Madame de Montespan sur qui il avait tenu des propos outrageants. Un autre historien, Jean-Christian Petifils avance une autre raison possible (mais pas incompatible avec celles déjà énoncées) : il aurait (par vengeance ?) renseigné les Hollandais sur les velléités de guerre de Louis XIV en Flandres.

     Il demeure à Pignerol jusqu’en 1681, date à laquelle Mademoiselle de Montpensier obtient sa libération contre la promesse de céder au duc du Maine, bâtard légitimé de Louis XIV, le comté d'Eu et la principauté de Dombes.

    Il est probable que les deux amants se marièrent, mais ils se séparèrent dès 1684.

    Quel bouffée d'oxygène que cette vraie visite guidée ! Un avant-goût de la "vie d'après" peut-être... Il est préférable de voir la vie du bon côté, non ?


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