• Mettre ses pas dans ceux de Gauguin, de Picasso, de Giacometti : tout un programme !
     
    C'est celui qu'Anne-Marie nous a proposé ce vendredi, autrement dit, suivre les traces des peintres qui ont fréquenté Montparnasse au début du 20ème siècle : ils formèrent ce qu'on appela "L'Ecole de Paris".
     
    Jusqu'à la première guerre c'était à Montmartre que ces artistes se retrouvaient pour pratiquer leur art (en particulier au Bateau-Lavoir) mais très vite le quartier devient connu et les prix montent : ils quittent alors le 18ème pour élire domicile à Montparnasse.
     
    ◄►◄►◄►◄► 
     
    Nous avons rendez-vous au Musée Bourdelle dans la rue du même nom, proche de la gare. A travers les grilles, on peut apercevoir quelques unes des sculptures de l'artiste comme ce grand cheval.
     
    C'est en 1885 - à 24 ans - qu'Antoine Bourdelle s'installe à Montparnasse au 16 impasse du Maine (actuelle rue Antoine-Bourdelle). Il fut un élève de Rodin avec lequel il collabora harmonieusement avant de prendre son essor.

    Le Montparnasse des peintres

    Non loin de là, au 21 avenue du Maine, se trouve une impasse : la Villa Vassilieff.

    Le Montparnasse des peintres

    Le Montparnasse des peintres

    Les couleurs chatoyantes de l'automne mettent en valeur les bâtiments construits avec des matériaux de récupération de l'exposition universelle de 1900. Cette trentaine d'ateliers d'artistes et d'artisans devient vite un paradis pour les premiers peintres fauchés trop heureux de trouver un toit et une bonne lumière. 

    Le Montparnasse des peintres

    Le Montparnasse des peintres

    Marie Vassillieff tient de 1915 à 1918 sa célèbre "cantine des artistes" où tous les grands "montparnos" viendront manger pour quelques sous : Picasso, Braque, Modigliani, Fernand Léger, Max Jacob, Jean Cocteau, Matisse, Foujita et bien d'autres mais aussi Trotsky et Lénine.

    Le Montparnasse des peintres

    ◄►◄►◄►◄►

    Sur le Boulevard du Montparnasse, trois grandes brasseries ont été fréquentées par les artistes de Montparnasse. Il s'agit de La Coupole,

    Le Montparnasse des peintres

    La Rotonde (on reprochera à Emmanuel Macron dans l'entre-deux tours d'y avoir emmené dîner son équipe de campagne : la jalousie est un vilain défaut !), et le Sélect.

    Le Montparnasse des peintres

    A l'angle du Boulevard du Montparnasse et du Boulevard Raspail, la statue de Balzac par Rodin.

    On dit que l'artiste s'est inspiré, entre autres, d'une caricature parue dans le Charivari qui représente le grand homme dans sa tenue de travail habituelle, une robe de chambre blanche de dominicain.

    Le Montparnasse des peintres

     Parallèlement à cette commande, Rodin fera beaucoup d'études de nus de Balzac - qui seront très critiquées pour leur aspect inachevé - ce qui fait que entre la date de la commande et l'inauguration officielle du monument sur le terre-plein du Boulevard Raspail le 1er juillet 1939, il va s'écouler plus de cinquante ans : Rodin était mort depuis vingt ans...

    Le Montparnasse des peintres

    Au N°26 de la rue Vavin, un immeuble Art Nouveau très original, à gradins. Il date de la période de "l'hygiénisme" : en faisant rentrer air et lumière naturelle à flots dans les appartements, les architectes s’étaient donnés pour mission de faire disparaître le bacille de Koch et la tuberculose, responsables de plus de 10 000 décès par an dans la capitale.

    Il est l'oeuvre des architectes Henri Sauvage et Charles Sarrazin. A l'origine destiné à être une HLM, il fut finalement vendu à des particuliers car le coût de construction s'avéra beaucoup plus élevé que prévu.

    Le Montparnasse des peintres

    Revêtement de faïence, façon couloirs de métro

    Le Montparnasse des peintres

    Nous voici maintenant dans la rue de la Grande-Chaumière qui tire son nom du célèbre bal de barrière ouvert sur la rive gauche entre 1788 et 1853. C'est là que Clara Fontaine créa le célèbre Cancan...

    Le Café de Paris par Jean Béraud

    Le Montparnasse des peintres

    Dans l'esprit de la liberté de création, l'académie de la Grande-Chaumière - au N°14 - a été fondée en 1904. Ossip Zadkine, Antoine Bourdelle, Maurice Denis, Fernand Léger, André Lhote y exercèrent en tant que professeurs.

    Le Montparnasse des peintres

    Parmi les élèves les plus connus, on compte Joan Miro, Alexandre Calder, Balthus, Louise Bourgeois, Eugène Dabit, Serge Gainsbourg, Serge Rezvani, Germaine Richier, Jérôme Savary, Zao Wou-Ki, Amedeo Modigliani, Tamara de Lempicka, Alberto Giacometti et bien d'autres ainsi que le montre la plaque ci-dessous.

    Le Montparnasse des peintres

    En fouillant un peu sur le net, j'ai ainsi découvert la peinture de Xavier Prinet avec cette toile intitulée "Plage de Cabourg"

    Le Montparnasse des peintres

    et celle de Lucien Simon avec celle-ci intitulée "Du côté de Penmarc'h".

    Le Montparnasse des peintres

    Passé le Restaurant Wadja - gargote à prix réduit fréquentée par les peintres dans les années 1930 - et qui perdure à ce jour,

    Le Montparnasse des peintres

    une plaque indique qu'au N°8 logèrent Paul Gauguin à son retour de Tahiti ainsi que Modigliani et sa compagne Jeanne Hébuterne (qui se suicidera).

    Femmes à Tahiti - Paul Gauguin (1891)

    Le Montparnasse des peintres

    Jeanne Hébuterne par Modigliani

    Le Montparnasse des peintres

    Un peu plus loin, un immeuble possédant de grandes baies vitrées et de jolis vitraux : ce sont sûrement encore des ateliers d'artistes...

    Le Montparnasse des peintres

    Le Montparnasse des peintres

    La rue se termine par la boutique du marchand de couleurs Sennelier qui fut fournisseur et référence de nombreux artistes à Montparnasse à l'époque.

    Le Montparnasse des peintres

     Au bout de la rue, l'architecture de cet immeuble du N°79 de la rue Notre -Dame-des-Champs (Art-Déco peut-être ?) a attiré mon attention.

    Le Montparnasse des peintres

    Un peu plus loin, au N°82 un immeuble haussmannien est pourvu d'impressionnantes cariatides.

    Le Montparnasse des peintres

    Trop jolis les angelots en forme de console qui soutiennent le balcon !

    Le Montparnasse des peintres

    ◄►◄►◄►◄►

    Empruntant la rue d'Assas, nous voici arrivés au Musée Zadkine.

    Ossip zadkine, sculpteur d'origine russe, s'est installé à Paris en 1910. Il s'installe à cette adresse en 1928. Le musée regroupe les sculptures et les œuvres sur papier de l'artiste, de sa période de jeunesse à sa participation au mouvement cubiste. Il comprend également des œuvres de Valentine Prax, son épouse.

    Une des particularités de ce musée consacré à l'œuvre sculptée est de permettre aux mal-voyants et aux non-voyants de toucher les œuvres, en toute légitimité (il s'agit d'exaucer le vœu d'Ossip Zadkine lui-même).

    Devant le musée, une sculpture de l'artiste

    Girouette - Zadkine (1965)

    Le Montparnasse des peintres 

    ◄►◄►◄►◄►

    Nous avons maintenant rejoint l'avenue de l'Observatoire qui mène au Jardin du Luxembourg.

    L'Institut d'Art et d'Archéologie a été construit par Paul Bigot entre 1925 et 1930. L'ossature en béton est revêtue de briques rouges, mélange d'influences siennoise, florentine et d'Afrique noire musulmane.

    Le Montparnasse des peintres

    La frise archéologique de moulages en terre cuite de sculptures grecques, romaines, médiévales et Renaissance a été réalisée par la Manufacture de Sèvres.

    Le Montparnasse des peintres

     Cela fait un moment que nous tournons autour de la Faculté de Pharmacie : Annie, qui y a fait ses études, me l'a signalé... Sa façade donne sur l'avenue de l'Observatoire.

    Le Montparnasse des peintres

    Le Montparnasse des peintres

    Un peu plus loin, l'Ecole Nationale d'Administration (la célèbre ENA) est actuellement abritée dans les anciens locaux de l'Ecole Nationale de France d'outre-mer, bâtiment édifié en 1895 par l'architecte Yvon.

    On y reconnait l'art mauresque de la fin du siècle dernier adapté à son usage.

    Le Montparnasse des peintres

    ◄►◄►◄►◄►

    En face de nous, les Jardins de l'Observatoire forment depuis Port-Royal une belle enfilade jusqu'au Jardin du Luxembourg.

    Le Montparnasse des peintres

    Je ne sais pas pourquoi cette statue se nomme "Le Jour"... ? Je l'aurais plus volontiers nommée "La Source" ! Elle est de Jean-Joseph Perraud (1875)

    Le Montparnasse des peintres

     Le clou de l'enfilade est certainement la Fontaine des Quatre Parties du Monde qui la clôt au niveau de la station de RER Port-Royal.

    Dans ce sens, elle est déjà jolie...

    Le Montparnasse des peintres

    mais dans l'autre sens, face au soleil couchant, alors là elle est sublime !

    Le Montparnasse des peintres

    Il s'agit d'une oeuvre collective.

    Sur un socle flanqué de chevaux marins (oeuvres d'Emmanuel Frémiet), un groupe de quatre femmes représentant l'Afrique, l'Asie, l'Amérique et l'Europe (oeuvre de Jean-Baptiste Carpeaux - 1872) porte un globe orné des signes du zodiaque, oeuvre d'Eugène Legrain.

    Le Montparnasse des peintres

    Voici deux des quatre femmes soutenant le globe terrestre : le sculpteur leur a donné une position qui laisse penser que la terre tourne.

    L'Amérique avec sa coiffure à plumes...

    Le Montparnasse des peintres

    L'Afrique qui a encore des chaînes aux pieds...

    Le Montparnasse des peintres

    ◄►◄►◄►◄►

    Nous voici maintenant devant la Closerie des Lilas au Carrefour de l'Observatoire.

    François Bullier (1796-1869), un ancien employé de la Grande Chaumière reprit en 1843 la succursale du bal du Prado avenue de l'Observatoire hors la barrière en 1847, il le transforma en plantant 1000 pieds de lilas pour lui donner le nom de "Closerie des Lilas ", mais, c’est sous l’appellation de Bal Bullier en été, et Prado en hiver que sera connu l’endroit surtout fréquenté au départ par des étudiants.

    L’établissement ouvre ses portes le 9 mai 1847.

    On y dansait le quadrille et la valse, puis la mazurka et les scottishs et enfin la polka.

    A la Closerie des Lilas de Charles Vernier (1831-1887)

    Le Montparnasse des peintres

     Dès 1883, ce café est devenu le rendez-vous des artistes : on peut y croiser Zola, Cézanne, Théophile Gautier, les frères Goncourt ou Paul Verlaine.

    Au début du 20ème siècle, Paul Fort y dispute des parties d'échecs avec Lénine et Guillaume Apollinaire ou Alfred Jarry sont des habitués du lieu. L'intelligentsia américaine aime s’y retrouver, notamment Hemingway, Fitzgerald, Miller… 

    Modigliani, André Breton, Aragon, Picasso, Jean-Paul Sartre, André Gide, Paul Eluard, Oscar Wilde, Samuel Beckett et Man Ray figurent aussi parmi les artistes et les écrivains qui ont fréquenté la Closerie.

    ◄►◄►◄►◄►

    Juste devant la Closerie, se tient la statue du Maréchal Ney, une sculpture de François Rude (1853).

    Le Maréchal Ney a été fusillé le 7 décembre 1815 pour avoir rejoint Napoléon durant les Cent-Jours : Louis XVIII l'accusait d'avoir attenté à la sûreté de l'état...

    Le Montparnasse des peintres

    Un Américain du nom de Peter Stuart Ney, mort le 15 novembre 1846 en Caroline du Nord au sud des Etats-Unis, a prétendu être le maréchal Ney...

    Sur son lit de mort, Peter Ney se serait exclamé : « By all that is holy, I am Marshal Ney of France ! » (Par tout ce qui est saint, je suis le maréchal Ney de France !).

    Ney aurait pu bénéficier de complicités maçonniques haut-placées pour que son exécution soit simulée et qu’il puisse s’exiler discrètement en Amérique, pays pour lequel Fouché lui avait établi un passeport après la défaite de Waterloo. Plusieurs témoignages semblent confirmer cette simulation et cette fuite.

    Si cette éventualité d'une seconde vie en Amérique, faisant suite à un simulacre d'exécution, peut paraître séduisante, elle n’est toutefois pas reconnue par la plupart des historiens car elle ne s'appuie sur aucune preuve irréfutable. Seules des analyses scientifiques pratiquées sur les restes ensevelis au Père-Lachaise d'une part (en supposant que la sépulture ne soit pas vide), et à Third Creek Church de l'autre, pourraient lever définitivement le doute.

    ◄►◄►◄►◄►

     Au N°9 de la rue Campagne-Première se trouve une "pelle Starck" : elle parle d'une maison édifiée à la fin du 19ème siècle à partir de matériaux de récupération provenant de l'Exposition Universelle de 1889. Cette maison abrite une centaine d'ateliers d'artistes.

    Le Montparnasse des peintres

    Ici habitèrent les peintres Othon Friesz (inspiré par Gauguin et Van Gogh) et Giorgio De Chirico ainsi que l'écrivain Rainer Maria Rilke qui y survivait plutôt avant de devenir le secrétaire particulier de Rodin.

    Le Montparnasse des peintres

    Je ne connaissais pas ce peintre, Othon Friesz, que je trouve intéressant.

    Le port d'Anvers (1906)

    Le Montparnasse des peintres

     Les baigneuses des Andelys (1908)

    Le Montparnasse des peintres

     ◄►◄►◄►◄►

    Voici le Passage d'Enfer et l'arrière d'un immeuble créé en 1911 par l'architecte André Arfvidson : sur la façade des céramiques et grès flammé d'Alexandre Bigot.

    Le Montparnasse des peintres

    Au sortir du passage, sur le Boulevard Raspail, une maison où habita Picasso.

    Le Montparnasse des peintres

    et puis, la merveille d'architecture : le recto de l'immeuble d'André Arfvidson, tout en céramiques également, donnant sur le square Yves Klein.

    Le Montparnasse des peintres

    Yves Klein est un artiste peintre qui est connu pour son "bleu"qu'il a appliqué sur de nombreuses oeuvres.

    Le Montparnasse des peintres

    Il utilisait des modèles femmes dont il enduisait le corps de peinture et les faisait ensuite se rouler par terre...

    On appelle ça de l'art : j'avoue que je suis très moyennement enthousiaste.

    Le Montparnasse des peintres

    Mais revenons à notre immeuble en céramique.

    Le Montparnasse des peintres

     

    J'avoue être beaucoup plus sensible à cet art là... On est classique ou on ne l'est pas !

    Le Montparnasse des peintres

    Man Ray, le célèbre photographe, habita l'immeuble.

    Le Montparnasse des peintres

    Et Kiki de Montparnasse, sa compagne, habita l'Hôtel Istria voisin avec lui.

    Elle était le modèle préféré du peintre qui trouve son physique "de la tête aux pieds, irréprochable".

    Le Montparnasse des peintres

     

    Alice Ernestine Prin était surnommée "la Reine de Montparnasse" : elle fut le modèle, la muse et parfois l'amante d'artistes célèbres. Elle était également chanteuse, danseuse, gérante de cabaret, peintre et actrice de cinéma, et anima le quartier du Montparnasse durant l'entre-deux-guerres (1921-1939).

    Elle adopte la coiffure au bol, les yeux abondamment soulignés de khôl, les lèvres peintes de rouge vif et le pseudonyme Kiki.

    Il l'a photographiée notamment de dos, nue, pour un célèbre cliché auquel il ajouta deux ouïes de violon et qu'il intitula Le Violon d'Ingres.

    Le Montparnasse des peintres

    Merci à Anne-Marie pour cette agréable promenade culturelle

    Le Montparnasse des peintres


    votre commentaire
  •  Pour cette première promenade de rentrée, Anne-Marie nous avait donné rendez-vous au métro Volontaires situé non loin de Montparnasse dans le quinzième arrondissement.

    Le nord du quinzième arrondissement

    Quand je suis arrivée sur les lieux, il y avait déjà un bon petit attroupement autour d'Anne-Marie : ses visites sont prisées des adhérents de G13 et le temps, quoiqu'un peu maussade, promettait de ne pas nous apporter la pluie.

    Le nord du quinzième arrondissement

    Anne-Marie nous fait passer un plan montrant les transformations subies par la Capitale en 1860. Vaugirard et Grenelle, au sud, font partie des banlieues annexées que nous allons visiter cet après-midi.

    En rose au centre, le Paris d'avant le Baron Haussman

    Le nord du quinzième arrondissement

    Après avoir longé cet immeuble assez original de la rue des Volontaires, notre premier arrêt est pour le Bal Blomet, au 33 de ladite rue.

    Le nord du quinzième arrondissement

    Anciennement Bal nègre - ce vocabulaire est maintenant bien sûr banni de la langue française -, le Bal Blomet est une ancienne ferme du XIXème siècle transformée en cabaret dansant antillais et club de jazz du Paris des années folles. Jean Rézard des Wouves, candidat antillais à la députation, installe d'abord son QG de campagne au N°33 de la rue Blomet puis, pour attirer et retenir le maigre auditoire à ses meetings politiques, il se met au piano et joue avec grand succès la musique de ses origines.

    C'est Robert Desnos qui le baptisa ainsi...

    « Dans l’un des plus romantiques quartiers de Paris, où chaque porte cochère dissimule un jardin et des tonnelles, un bal oriental s’est installé. Un véritable bal nègre (…) où l’on peut passer, le samedi et le dimanche une soirée très loin de l’atmosphère parisienne. C’est au 33 de la rue Blomet, dans une grande salle attenante au bureau de tabac Jouve, salle où, depuis bientôt un demi-siècle, les noces succèdent aux réunions électorales. »

    Le bâtiment actuel vient d'être rénové en vue de sa réouverture en tant que salle de concert (jazz, comédie musicale, musique classique) de près de trois cent places, ambitionnant de renouer avec l'esprit du Bal Nègre de la grande époque.

    Le nord du quinzième arrondissement

    Entre les lettres du bandeau, le visage de Joséphine Baker qui fréquentait assidûment le bal.

    Le nord du quinzième arrondissement

     Sur le rideau de fer, un "tag" de la grande époque représentant les artistes qui fréquentèrent ce lieu, tant comme spectateurs que comme artistes. On y reconnait Foujita, Jean-Paul Sartre, Kiki de Montparnasse et Sidney Bechet, entre autres. 

    Le nord du quinzième arrondissement

    Voici la salle de spectacle actuelle : cliquez ICI pour accéder au site internet.

    Le nord du quinzième arrondissement

     Prenant la rue Lecourbe, nous arrivons au N°91 où se trouve une église orthodoxe russe, Saint-Séraphin de Sarov. Il faut vraiment savoir qu'il y a une église derrière cette austère porte cochère...

    Le nord du quinzième arrondissement

    Mais dès que l'on entre, on découvre un havre de paix : la campagne à Paris.

    Le nord du quinzième arrondissement

    L'église se trouve au fond de la cour.

    Le nord du quinzième arrondissement

    Elle a été construite grâce aux dons, souvent très modestes, des émigrés "russes blancs" vivant nombreux dans ce quartier autrefois populaire.

    Le nord du quinzième arrondissement

    Grâce à mon ami internet, on peut ici avoir un aperçu de son intérieur que nous n'avons malheureusement pas pu voir, la grille étant cadenassée...

    Le nord du quinzième arrondissement

    Un peu plus loin, une jolie devanture de fleuriste...

    Le nord du quinzième arrondissement 

    Un peu partout dans le quartier de beaux étals de fruits et légumes avec des coloquintes en particulier : l'automne n'est pas loin d'arriver !

    Le nord du quinzième arrondissement 

    Le nord du quinzième arrondissement 

    Le N°18 de la rue du Général Beuret a attiré mon attention : il s'agit d'un très bel immeuble Art Nouveau.

    Le nord du quinzième arrondissement 

    Le nord du quinzième arrondissement

    C'est surtout la porte, circulaire, qui est d'une grande originalité. Son architecte est Eugène Petit (celui du cimetières des chiens à Asnières).

    Le nord du quinzième arrondissement

    Nous voici devant le Square de Vergennes qui prend dans la rue de Vaugirard au niveau du N°279 et qui se termine en impasse.

    Le nord du quinzième arrondissement

    Un très joli bananier a l'air de bien y prospérer.

    Le nord du quinzième arrondissement

    Le nord du quinzième arrondissement

    Au bout de l'impasse, un immeuble - maison et atelier du maître-verrier Louis Barillet - construit en 1932 par l'architecte Robert Mallet-Stevens, contemporain et concurrent de Le Corbusier.

    Le nord du quinzième arrondissement

    Anne-Marie nous a expliqué qu'il avait eu moins de succès que ce dernier du fait qu'il s'était plutôt adressé à une clientèle riche alors que Le Corbusier a fait des immeubles d'habitation pour les classes populaires.

    Le nord du quinzième arrondissement

    Il me semblait bien avoir reconnu dans cet immeuble le "Musée Mendjisky-Ecoles de Paris" que j'avais visité lors de son ouverture en 2014. J'apprends par le net qu'il est définitivement fermé.

    What a shame...

    J'avais fait à l'époque un petit post sur ce très intéressant musée : si ça vous intéresse, c'est ICI.

    Le nord du quinzième arrondissement

    Le musée Mendjisky devrait réouvrir dans des locaux moins onéreux à la location... mais quel devenir pour l'immeuble de Mallet-Stevens... ? That is the question.

    Le nord du quinzième arrondissement

    Une petite halte réparatrice dans le Square de la rue Adolphe-Chérioux coincé entre la rue de Vaugirard et la rue Blomet, tout à côté de la Mairie du XVème.

    Le nord du quinzième arrondissement

    Le nord du quinzième arrondissement

    Une belle maternité d'Adolphe-Amédée Cordonnier

    Le nord du quinzième arrondissement

    Plus académique L'Histoire inscrivant le centenaire, sculpture commémorant la Révolution d'Emile-François Chatrousse 

    Le nord du quinzième arrondissement

    Empruntant la rue Bausset, nous nous dirigeons vers l'église de Vaugirard.

    Mais d'où vient le nom de Vaugirard... ?

    Au XIIIème siècle, 300 habitants s'étaient rapprochés des terres cultivées par les moines. En mémoire de l'abbé Gérard de Moret, prieur de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés sous Saint-Louis, cet endroit jusqu'alors dénommé vallées des étables, devient le val Gérard puis Vaugirard.

     

    Le nord du quinzième arrondissement

    Au passage, un immeuble intéressant : pour son architecture Art moderne

    Le nord du quinzième arrondissement

    Le nord du quinzième arrondissement

    En voyant l'église Saint-Lambert de Vaugirard (qui date de 1853), on s'aperçoit que l'automne a pointé le bout de son nez...

    Le nord du quinzième arrondissement

    Du temps, lointain maintenant, où j'exerçais encore..., cela signifiait la rentrée des classes et les enfants qui arrivaient à l'école les mains pleines de châtaignes !

    Le nord du quinzième arrondissement

    Sur le parvis de l'église, Anne-Marie nous fait remarquer des empreintes de coquillages... Ici a été tournée une célèbre scène du film "La mariée était en noir" de François Truffaut.

    Le nord du quinzième arrondissement

    Au-dessus du porche, une sculpture en ronde-bosse représente le Christ entouré de la Vierge et d'un ange.

    Le nord du quinzième arrondissement

    Autour du clocher - d'une hauteur de 50 mètres - les trois évangélistes

    Le nord du quinzième arrondissement

    Vue la position élevée de ces évangélistes, j'ai dû chercher sur le net pour trouver cette photo de Saint Marc (Photo TripAdvisor)

    Le nord du quinzième arrondissement

    et de Saint Matthieu si je ne me trompe (Photo TripAdvisor)

    Le nord du quinzième arrondissement

    Elévations néo-romanes du choeur

    La croix de Saint-Lambert, en premier plan, est une oeuvre de Mireille Bouchard créée pour le Jubilé de l'an 2000 : elle est en bois doré recouvert de feuilles d'or.

    Le nord du quinzième arrondissement

    Au sortir de l'église, une belle vue sur notre tour nationale

    Le nord du quinzième arrondissement

    Le monument aux morts du XVème et au fond la Mairie

    Le nord du quinzième arrondissement

    Le panonceau du square Saint-Lambert où nous sommes maintenant nous en apprend un peu plus sur le Saint du même nom.

    Le nord du quinzième arrondissement

    Il rappelle la triste fin de Lambert, qui lutta toute sa vie contre les pratiques païennes, ce qui lui valut d'être transpercé par un javelot, alors qu’il était en prière dans sa chambre, en 705. Il est le protecteur des personnes atteintes de la maladie de la pierre et de hernies.

    Autrefois s’élevaient ici les anciennes usines à gaz de Vaugirard, qui s’étendaient sur près de six hectares. Elles ont fonctionné de 1835 jusqu’au début du 20e siècle. Les usines ont cédé la place à ce vaste jardin en 1933, à l’instar de nombreux immeubles que vous apercevez du jardin, d’un style typique des années 30. Ici, nous faisons face au Lycée Camille Sée.  Il est nommé ainsi en l'honneur de l'homme politique Camille Sée qui entreprit des réformes en faveur de l'éducation des jeunes filles sous la Troisième République.

    Le nord du quinzième arrondissement

    Le nord du quinzième arrondissement

    Ce chien-loup est l'oeuvre de René Paris (1928)

    Le nord du quinzième arrondissement

    et ces oursons, celle de Victor Peter (1928)

    Le nord du quinzième arrondissement

    Trop craquants, non ?

    Le nord du quinzième arrondissement

    Au bout du square, le bas-relief d'Auguste Guénot : La Jeunesse (1934) 

    Le nord du quinzième arrondissement 

    Le nord du quinzième arrondissement 

    Joli magasin de Bonsaï rue de la Croix-Nivert

    Le nord du quinzième arrondissement

     Cette voie prit le nom de rue des Entrepreneurs du fait qu'elle fut lotie et bâtie sous l'impulsion d'entrepreneurs de l’ancien village de Grenelle du XIXème siècle qui possédaient les terrains bordant la rue et qui permirent leur développement, en particulier Jean-Léonard Violet et Alphonse Letellier.

    Le nord du quinzième arrondissement

    Harmonieuses rondeurs dans ces bow-windows...

    Le nord du quinzième arrondissement

    Au carrefour de la rue des Entrepreneurs et de la rue Mademoiselle, l'église Saint-Jean-Baptiste de Grenelle, au coeur du nouveau village de Grenelle créé par Jean-Baptiste Violet. C'est "Mademoiselle", la petite fille de Charles X qui - à 8 ans - en posa la première pierre en 1827.

    Le nord du quinzième arrondissement

    Un peu plus loin, au métro Félix Faure, un immeuble qui ne peut pas laisser indifférent...

    Le nord du quinzième arrondissement

    Il se situe au 24 place Etienne Pernet et date de 1905.

    Le nord du quinzième arrondissement

    Pour trouver plus Art nouveau, il faut se lever de bonne heure ! 

    Le nord du quinzième arrondissement

    Nous voici maintenant arrivés dans le square qui rend hommage à Jean-Léonard Violet, le bâtisseur du village de Grenelle. Ci-dessous, la maison qu'il s'est fait construire : on n'est jamais si bien servi que par soi-même, non ?

    Le nord du quinzième arrondissement

    De superbes arbres y déploient leur ramure automnale.

    Le nord du quinzième arrondissement

    Un kiosque à musique, détruit lors de la tempête du 26 décembre 1999 a été reconstruit à l'identique.

    Le nord du quinzième arrondissement

    L'immeuble donnant sur la Place Jean-Léonard Violet : une très belle architecture, je trouve. 

    Le nord du quinzième arrondissement

    Sur la Place du Commerce, l'ancienne Mairie du village de Grenelle

    Le nord du quinzième arrondissement

    Son petit jardin sert de laboratoire aux enfants des écoles.

    Le nord du quinzième arrondissement

    Une étonnante échoppe dans la rue du Commerce : "Lulu dans ma rue", c'est le nom de cette enseigne.

    Lulu dans ma rue, c'est l'histoire d'un quartier... Un quartier optimiste qui croit en l'avenir, un quartier qui a très envie de remettre de l'humain dans son quotidien et du lien entre ses habitants. Un quartier qui pense que lutter contre le chômage peut commencer ici et maintenant en créant de l'activité à l’échelle locale. Un quartier où les compétences et les talents de chacun sont valorisés.

    Le nord du quinzième arrondissement

    Le nord du quinzième arrondissement 

    Une petite vidéo pour mieux découvrir cette amusante invention. 

    Rue du Théâtre : j'ai pris la photo pour le chien dans le caddie de sa maîtresse !

    Le nord du quinzième arrondissement

    Dommage : j'ai loupé le moment où il me regardait...

    Le nord du quinzième arrondissement

    Située dans le nouveau lotissement de Grenelle, la salle de spectacle du théâtre de Grenelle est inaugurée en 1828. Du fait de la médiocrité des spectacles proposés, le théâtre périclite rapidement et ferme définitivement en 1929, année au cours de laquelle il est entièrement démoli.

    Le nord du quinzième arrondissement

    Il est alors remplacé par un immeuble de logement avec bow-windows et parements de briques rouges avec, en rez-de-chaussée, une salle de cinéma, le "Palace Croix-Nivert", inauguré en décembre 1931.

    Un temps utilisé comme salle municipale pour diverses activités culturelles - musicales notamment -, le bâtiment à la façade miraculeusement conservée intacte abrite maintenant un lieu de prière pour les ismaéliens de Paris (une secte chiite apparemment). 

    Le nord du quinzième arrondissement

    Plan du parcours

    47 minutes (sans s'arrêter...) et presque 4 kilomètres

    Le nord du quinzième arrondissement : les villages de Vaugirard et de Grenelle

    Merci Anne-Marie de nous avoir guidés une fois de plus


    5 commentaires
  • Le jeudi de l'Ascension était une journée très chaude.

    Anne, qui encadre les Dmarcheurs, nous a proposé de nous faire découvrir le quartier de la Mouzaïa situé dans le 19ème arrondissement.

    De butte en butte avec Dmarche

    Rendez-vous nous était donné à la station "Butte du Chapeau Rouge" du tram T3b.

    De butte en butte avec Dmarche

    Nous traversons tout d'abord le Parc de la Butte-du-Chapeau-Rouge qui tire son nom d'une guinguette qui animait au début du 20ème siècle la plaine du Pré Saint-Gervais,

    De butte en butte avec Dmarche

    et découvrons une statue assez colossale intitulée "L'enfance de Bacchus", due à Pierre Traverse celui qui a fait "L'homme" du Palais de Chaillot) et date de 1938.

    De butte en butte avec Dmarche

    De face on voit bien qu'il s'agit d'un Bacchus.

    De butte en butte avec Dmarche

    Le parc d'une surface de 4,7 hectares a été ouvert en 1939. Son architecture, oeuvre de Léon Azéma, est d'un style néo-classique typique des années 30 : escaliers, mails, statues, abris, fontaine en cascades se succèdent en donnant à ce parc un charme incomparable..

    ◄►◄►◄►

    Cet arbre s'appelle peut-être un "frêne commun" mais il est tout de même exceptionnel. Sur la petite étiquette on peut lire qu'il vient du Caucase, qu'il mesurait 30 mètres de haut avec un tronc de 3,65 mètres de circonférence en 2011... 

    De butte en butte avec Dmarche

    Hélas la photo ne rend pas compte de l'immensité de ses ramures dont l'ombre est spécialement appréciée en ce jour de grande chaleur.

    De butte en butte avec Dmarche

    Depuis le haut du parc, on jouit d'une très belle vue sur Le Pré-Saint-Gervais, de l'autre côté du périphérique. Anne nous explique que les bancs de bois, peints en blanc au premier plan (oeuvre de Bert Theis) sont symboles de paix : ils font référence au discours pacifiste prononcé par Jean Jaurès le 25 mai 1913 sur le site. L'homme politique sera assassiné un an plus tard par Raoul Villain au café "Le Croissant" situé au 146 rue Montmartre.

    De butte en butte avec Dmarche

    Jean Jaurès prononçant son discours au Pré Saint-Gervais devant 150.000 personnes.

    De butte en butte avec Dmarche

    En bas, une fontaine monumentale, surmontée d'une statue d'Eve par Raymond Couvègnes (1938)

    De butte en butte avec Dmarche

    Monument en marbre aux victime d'Afrique du Nord par Eugène Dodègne (1995)

    Celui-ci a été influencé par Brancusi et Giacometti. La sculpture n'a pas forcément plu : difficile de contenter tout le monde...

    De butte en butte avec Dmarche

    On aperçoit ici l'église portugaise Fatima, voisine de l'Hôpital Robert Debré, qui accueillit au début du mois de mai un millier de personnes venues faire une veillée dédiée aux apparitions de Fatima un siècle plus tôt (de mai à octobre 1917, trois petits bergers rencontrèrent la Vierge par six fois...).

    De butte en butte avec Dmarche

    Le Pape se rendit d'ailleurs à Fatima pour célébrer le centenaire de cette apparition et faire saints deux de ces petits bergers, Jacinta et Francisco.

    De butte en butte avec Dmarche

    Le parc est agréablement fleuri.

    De butte en butte avec Dmarche

    De butte en butte avec Dmarche

     Une dizaine de "Villas" - petites rues étroites pavées, se terminant parfois en impasse, bordées de maisons ne dépassant pas un étage - donnent dans la rue de Mouzaïa. Ce nom vient de celui d'une ville algérienne où des combats eurent lieu en 1839-1840 pendant la conquête du pays par la France, opposant les zouaves et les tirailleurs de Vincennes.

    Le terrain gypseux est à l'origine de la construction de ces maisons basses qui, au 19ème siècle, étaient habitées par la population ouvrière qui travaillait sur les carrières du quartier.

    De butte en butte avec Dmarche

    Ainsi, la Villa Félix Faure

    De butte en butte avec Dmarche

    De butte en butte avec Dmarche

    De butte en butte avec Dmarche

    la Villa Sadi Carnot, qui jouxte le précédente.

    De butte en butte avec Dmarche

    De butte en butte avec Dmarche

    Et voici la Villa de Bellevue

    De butte en butte avec Dmarche

    De butte en butte avec Dmarche

    De butte en butte avec Dmarche

    Retour rue de Mouzaïa,

    De butte en butte avec Dmarche

    avec l'église Saint-François-d'Assise dans laquelle Anne nous invite à entrer. Cette église a été construite entre 1914 et 1926 pour commémorer les sept cents ans de la création de l'ordre de Saint- François.

    De butte en butte avec Dmarche

    La charpente est en béton armé imitant le bois et contraste agréablement avec la blancheur des murs.

    De butte en butte avec Dmarche

    Dans le bas-côté gauche, une série de vitraux modernes met en valeur une représentation de la Vierge à l'enfant.

    De butte en butte avec Dmarche 

    Icône de "La mère de Dieu à l'enfant, en prière" (Photo Maryannick)

    De butte en butte avec Dmarche

    De butte en butte avec Dmarche

    Le choeur est superbe de sobriété malgré la présence d'une immense fresque.

    De butte en butte avec Dmarche

    Le maître-autel est en pierre, orné de mosaïques. 

    De butte en butte avec Dmarche

    Sur le chevet plat du choeur de l'église, la mosaïque de style byzantin a été réalisée par la maison Mauméjean, maîtres verriers et mosaïstes depuis trois générations.

    De butte en butte avec Dmarche

    Sur l'arc triomphal, se trouvent des fresques réalisées par Charles Bouleau : le Christ, dans une mandorle, tient saint François dans son sein. Les symboles des Évangélistes entourent l'ensemble avec des anges affichant les vertus de saint François.

    A droite l'aigle de Jean et le taureau ailé de Luc, à gauche le lion ailé de Marc et l'ange de Matthieu.

    De butte en butte avec Dmarche

    Autour du Christ en croix se trouvent Marie et l'apôtre Jean. Au pied, saint François, agenouillé, reçoit les stigmates, tandis qu'une vieille femme en noir rappelle que la vocation des franciscains est de secourir les pauvres. L'ensemble est enrichi par la présence de grands saints franciscains : sainte Claire et saint Bonaventure (à droite), saint Louis et sainte Elisabeth de Hongrie (à gauche).

    De butte en butte avec Dmarche

    L'orgue de tribune est dû à Rochesson et date de 1951 : moderne, il s'harmonise très bien avec la sobriété de l'église.

    De butte en butte avec Dmarche 

    Nous voici arrivés à l'entrée du Parc des Buttes-Chaumont. Anne nous rappelle que cet endroit s'appelait autrefois la colline du Mont Chauve et que le parc (de 25 hectares) a été construit sur des remblais de carrières de gypse (exploitées depuis la révolution française et jusqu'en 1860). L'état fait en 1863 l'acquisition du terrain et Napoléon III décide d'y créer le grand parc de l'Est parisien, l'un des plus spectaculaires de la capitale : il est inauguré en 1867.

    De butte en butte avec Dmarche

     

    Waaaaoooouuuuuhhhhh ! Y'a du monde sur les pelouses aujourd'hui...

    De butte en butte avec Dmarche

     

    Sur la promenade circulaire du parc, une statue de Sylvain Kingsburger (1933) : Le gouffre (parfois nommé Le grimpeur)

    De butte en butte avec Dmarche

    Une sorte de canard (?) s'est perché sur sa tête !

    De butte en butte avec Dmarche

     

    Maryannick, elle, a vu cet oiseau : est-ce le même... ? Je ne crois pas.

    De butte en butte avec Dmarche

    Le lac du parc avec la passerelle suspendue qui conduit sur l'île centrale

     

    De butte en butte avec Dmarche.

     

    Une photo de Maryannick

    Les promeneurs recherchent la fraîcheur due à la proximité du plan d'eau...

     

    De butte en butte avec Dmarche

    D'autres ont dû se pommader avec de la crème solaire avant de s'exposer car le soleil est vraiment fort ! (bravo pour le réglage de l'appareil, Maryannick)

    De butte en butte avec Dmarche

    La passerelle suspendue a une portée de 65 mètres.

    De butte en butte avec Dmarche

     

    De butte en butte avec Dmarche

     

    Les immeubles du fond ont une jolie vue sur le parc : ça doit coûter bonbon d'y habiter !

     

    De butte en butte avec Dmarche

     

    Le temple de la Sybille se trouve au point culminant de l'île.

     

    De butte en butte avec Dmarche

     

    Ses chapiteaux d'ordre corinthien ont été inspirés de ceux du temple de Vesta à Tivoli.

    (Photo de Maryannick)

     

    De butte en butte avec Dmarche

     

    Depuis le temple, on jouit d'une très belle vue sur le Sacré-Cœur.

     

    De butte en butte avec Dmarche

     

    Ma promenade s'est achevée là : j'ai déclaré forfait à cause de la chaleur et du populo...

    Merci beaucoup à Anne qui a préparé cette belle promenade.


    votre commentaire
  • Anne-Marie nous avait donné rendez-vous cet après-midi là sur la place des Ternes pour une visite du quartier du même nom.

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Comme d'habitude, le public est venu nombreux (même si la promenade a été proposée à deux reprises).

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Au milieu de la place, un marché aux fleurs : "que vais-je prendre ?", se dit cette dame perplexe devant le large choix proposé...

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie 

    Anne-Marie commence par nous présenter une carte du Paris d'avant 1860

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    C'est à cette époque que la capitale engloba une partie de Neuilly et justement, le quartier des Ternes.

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    De très jolis immeubles Haussmanniens bordent la place des Ternes.

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Au numéro 7 de la rue des Renaudes voisine, un immeuble dont je ne saurais dire le style (Art Déco peut-être ?) porte une plaque au-dessus de son porche avec l'inscription :

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Ici vécut, de 1928 à sa mort, le capitaine Alfred Dreyfus (1859-1935)

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Le caricaturiste Caran d'Ache (anti-Dreyfusard) publia un dessin dans le Figaro du 14 février 1898.

    En haut : "Surtout ne parlons pas de l'affaire Dreyfus !"

    En bas : "... Ils en ont parlé...".

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Nous voici maintenant dans la rue Poncelet où les commerces de bouche sont touche-touche : le marché Poncelet est très réputé.

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Derrière ce marchand de légumes, au numéro 6 de la rue, un porche derrière lequel Anne-Marie nous fait découvrir de curieux bas-reliefs...

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Voyez-vous cet homme à tête de dauphin... ?

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    La célèbre boucherie chevaline du numéro 3 : il paraîtrait d'ailleurs qu'elle ne serait plus si chevaline que ça : sans doute BB est-elle passée par là !

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Ici foie-gras frais toute l'année...

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    28 euros le kilo tout de même la vulgaire crevette grise (même si c'est excellent) !

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Tout près d'ici, la place Boulnois : un havre de paix... qui se paye cher : 8 à 10000 euros le m².

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie 

    Quand y'en n'a plus, y'en a encore !

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Au 16 avenue des Ternes se trouve la Maison Pou, un traiteur renommé installé ici depuis 1830, l'une des plus vieilles enseignes de France.

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Rue de Montenotte, on trouve l'arrière de la célèbre Salle Wagram (le plus ancien lieu de fête parisien).

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Sur l'Avenue des Ternes, aux numéros 29-31, une plaque indique qu'ici vécut et travailla Zénobe Gramme, l'inventeur de la dynamo (en 1871).

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    La Fnac fait l'angle entre l'avenue des Ternes et l'avenue Niel. C'était autrefois l'enseigne des Magasins réunis.

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    On retrouve le nom de l'ancien grand magasin au niveau de la lanterne de style Art Nouveau.

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Fleurs et vitraux décorent agréablement le bâtiment. 

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie 

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Anne-Marie nous propose d'entrer dans le magasin pour découvrir les vitraux du maître-verrier, créateur de l'Ecole de Nancy, Jacques Grüber (datant de 1924). Tout en haut de l'escalator qui dessert les étages, a été installé le décor de l'émission "Apostraphes" qui fit la renommée de Bernard Pivot.

     

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Ici c'est l'étage des tout-petits...

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    C'est à l'extrémité du passage Doisy, au niveau du 55 avenue des Ternes, que Roland Peugeot remit au ravisseur la somme de 50 millions de francs, en billets, le 14 avril 1960, surlendemain du rapt de son fils Éric.

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    L'orientation au nord du passage en fait un lieu idéal pour les ateliers d'artistes.

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Au 32 de la rue d'Armaillé, un bel ensemble actuellement occupé par une Start-Up informatique.

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Un buste de Tristan Bernard se trouve sur la place éponyme tournant le dos à l'église Saint-Ferdinand.

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    L'auteur dramatique est célèbre pour ses mots d'esprit. Quelques uns d'entre eux sont gravés sur le socle de la statue.

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Et voici le Château des Ternes percé en son centre, donnant accès à l'actuelle rue Bayen.

    En 1548, Pierre Habert, homme de lettres originaire d’Issoudun, achète la « Ferme Esternes» qu’il aménage en une demeure plus vaste, flanquée de deux tourelles et d’un pont-levis. Son petit-fils Isaac en devient propriétaire, et seigneur reconnu lorsque Louis XIII érige « La Maison des Ternes » en fief. En 1715, Mirey de Pomponne, conseiller du roi, rebâtit le château sous la forme d’un manoir entouré d’un parc, qui prend son apparence actuelle en 1779. L’architecte Samson-Nicolas Lenoir, alors propriétaire, fait construite une muraille divisant la demeure en quatre parcelles. Un passage est percé de part et d’autre du château : la rue de l’Arcade est née. Elle devient rue Bayen en 1864. 

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    La Promenade Pereire est un lieu très agréable : elle suit le tracé de la Petite Ceinture.

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    C'est la saison des roses...

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Alors que nous sommes bien installés sur des bancs, Anne-Marie nous parle des frères Pereire.

    Emile-Jacob et Isaac Pereire, banquiers et parlementaires, après avoir créé, en 1835 la première ligne de chemin de fer en France (Paris – Saint-Germain-en-Laye), fondèrent en 1851 la Société Concessionnaire du chemin de fer d’Auteuil. Les villes de Neuilly et des Batignolles leur offrirent gracieusement quatre hectares (entre la rue de Saussure et la Porte Maillot) nécessaires à la construction du chemin de fer à la seule condition d’exécuter un boulevard de 10 mètres de large de chaque côté de la trouée des voies. 

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Rue Roger Bacon (du nom d'un anglais bien sûr !) : des ateliers d'artistes

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Rue Guersant...

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Reliant la rue Guersant à l'Avenue des Ternes, la Villa des Ternes est bordée de maisons particulières toutes plus belles les unes que les autres.

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

     

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    J'ai l'impression (?) que ce sont les arts qui sont représentés sur la frise.

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Nous voici arrivés au terme de cette promenade, près de de la Porte Maillot.

    L'église Notre-Dame-de-Compassion a été construite en 1843 selon les plans de l'architecte du roi Louis-Philippe, Pierre-François-Léonard Fontaine, à l'emplacement de la maison où mourut le prince Ferdinand-Philippe d'Orléans, à la suite d'un accident de voiture (il fut éjecté d'une calèche dont les chevaux s'étaient emballés) dans lequel il perdit la vie le 13 juillet 1842.

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Cette chapelle — appelée alors la chapelle Saint-Ferdinand - fut construite dans un style néo-byzantin en forme de croix - rappelant celle des anciens tombeaux.

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    L'église fermant..., nous n'avons pu apercevoir que de loin la belle descente de croix de Henry de Triqueti.

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    et pas du tout (car il se trouve dans le transept sud), le cénotaphe du prince d'Orléans du même sculpteur, pourtant fort beau.

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Lors de la construction du Palais des Congrès de la porte Maillot en 1974, l'édifice a été déplacé d'une centaine de mètres et reconstruit pierre par pierre au no 25 du boulevard Pershing, sur la place du Général-Koenig à la porte des Ternes.

    Le quartier des Ternes avec Anne-Marie

    Merci Anne-Marie pour cette agréable promenade culturelle.


    votre commentaire
  •  En prenant le métro Place d'Italie pour me rendre aux Halles, j'admire au passage les superbes paulownias en fleurs qui l'encerclent.

    Le quartier Montorgeuil avec Anne-Marie

    Anne-Marie Guérin, parallèllement à sa nouvelle fonction de Présidente de Générations13, continue d'animer tous les quinze jours ses petites balades dans Paris. Elle nous a donné rendez-vous aujourd'hui à l'angle des rues Montorgueil et de Turbigo, en plein quartier des Halles.

    Le quartier Montorgeuil avec Anne-Marie

    La brasserie "La Pointe Saint-Eustache" possède une jolie fresque.

    Le quartier Montorgeuil avec Anne-Marie

    C'est non loin de là, rue Pirouette (actuelle rue Mondétour), que se tenait autrefois le Pilori des Halles - encore appelé Pilori du Roi - qui punissait les criminels, voleurs, assassins, blasphémateurs en leur faisant faire "la pirouette"...

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Gravure ancienne présentée par Anne-Marie

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Il fut construit sous Saint-Louis (réglementé en 1347 sous Philippe VI le Valois) et fût aboli un peu avant la Révolution.

    ◄►◄►◄►◄►

    Mais d'où vient ce nom de "pilori" ?

    Différents historiens ont donné plusieurs étymologies de ce nom mais celle qu'en donne Henri Sauval, historien français du XVIIème siècle, est plus vraisemblable que toutes les autres. En 1295, était un puits appartenant à un bourgeois du nom de Lori et un gibet placé à côté en prit le nom. On construisit sur l'emplacement du puits Lori comblé, une tour de pierre octogonale d'environ 3 mètres de haut, dont l'étage supérieur était percé de grandes fenêtres sur toutes ses faces. Au milieu de cette tour était une roue en bois, tournant sur pivot et percée de trous par lesquels on faisait passer la tête et les bras de la personne condamnée.

    On l'exposait ainsi aux regards, aux quolibets et aux insultes de la foule pendant trois jours consécutifs de marché, durant l'espace de deux heures et, de demi-heure en demi-heure, on faisait tourner la roue, afin que le malheureux exposé put être vu de tous côtés. Il était permis de lui jeter de la boue et des ordures, mais non des pierres et autres objets de nature à le blesser. Les prisonniers restaient ensuite au pain et à l'eau. S'il s'agissait d'un récidiviste, il était mis au pilori une journée entière un jour de marché important et on lui fendait la lèvre supérieure... Une manière intéressante de traiter la petite et moyenne délinquance… mais tellement hors de notre temps !

    Sur ce tableau de Philibert-Louis Debucourt (Réjouissances données par la ville de Paris à l'occasion de la naissance du Dauphin), on peut voir le Pilori des Halles (1782).

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    En France, le pilori porte aussi le nom d'échelle, notamment dans des régions proches de Paris où certaines communes possèdent encore une « rue de l'échelle » perpétuant ce souvenir. Le condamné, pour accéder au plancher où il est exposé au public, devait emprunter une échelle d'où le nom de ce tourment.

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    A Paris la rue de l'échelle relie la rue de Rivoli à l'avenue de l'Opéra.

    ◄►◄►◄►◄►

    Les pavillons Baltard et l'église Saint-Eustache au XIXème siècle

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Les halles le matin devant l'église Saint-Eustache (carreaux de céramique peints du restaurant "Le Cochon à l'Oreille" au 15 rue Montmartre)

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    La végétation débutante laisse entrevoir le chevet de l'église Saint-Eustache.

    Le quartier Montorgeuil avec Anne-Marie

    L'intérieur est très riche : cliquez sur l'image pour la voir en grand.

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    La chapelle de la Vierge se trouve au centre du déambulatoire.

    Outre les fresques de Thomas Couture sur le thème de la Vierge, elle renferme une sculpture très expressive de Jean-Baptiste Pigalle.

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    La Vierge à l'enfant (Pigalle)

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Autre sculpture remarquable, celle du mausolée de Colbert par Antoine Coisevox (1640-1720) d'après des dessins de Charles Le Brun.

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    La statue de Jean-Baptiste Colbert agenouillé et priant

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    est entourée de deux autres sculptures : La Fidélité

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    et la Piété ou l'Abondance (oeuvre de Jean-Baptiste Tuby)

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Dans la Chapelle Saint-Vincent-de-Paul se trouve un triptyque dû à Keith Haring intitulé "La Vie du Christ".

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    En continuant à déambuler..., on peut voir dans la Chapelle des Pélerins d'Emaüs, une oeuvre de Raymond Mason, sculpteur d'histoire.

    Le 28 février 1969, il met en chantier cette oeuvre monumentale, "Le Départ des fruits et légumes du coeur de Paris", à laquelle il se consacre jusqu'en 1971. A l'étrangeté du thème, Mason ajoute celle d'une polychromie intense, si vive que l'on n'avait sans doute rien vu de tel depuis la sculpture médiévale.

    Les halles s'installeront à Rungis en banlieue sud un mois plus tard.

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Nous voici maintenant en vue des grandes orgues qui ont rendu l'église célèbre pour ses concerts presque gratuits du dimanche après-midi. On voit ici que la console de l'organiste est complètement décalée de l'instrument (elle est reliée aux orgues par un système électrique et protégée en dehors des messes et des concerts par une cage de verre).

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Waaaooouuuh...

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    C'est ainsi que ce dimanche 14 mai à 17h30  il y aura une audition d'orgue par Thomas OSPITAL, titulaire, avec au programme :

    Francois COUPERIN (1668-1733), Offertoire sur les Grands Jeux
    (extrait de la messe des paroisses)

    Anonyme, Trois Danses

    Carl Philipp Emanuel BACH (1714-1788), Sonate en Fa majeur Wq 70, 3
    Allegro
    Largo
    Allegretto

    ◄►◄►◄►◄►

    En vue du choeur...

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Une jolie crucifixion, malheureusement en contre-jour...

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Les chapelles latérales ont été décorées au XIXème siècle.

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Au sortir de l'église, le Pied de Cochon, célèbre Brasserie parisienne au service continu 24h/24 et 7jours/7. Cette année, la Brasserie fêtera ses 70 ans.

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Les clochards disposaient, à l'époque des halles de Baltard, du « coin des cloches » et se régalaient tous les soirs d’une soupe à l’oignon qui leur était offerte par Clément Blanc, le propriétaire des lieux.

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Pour lire le menu..., cliquez sur l'image.

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Le groupe devant la Bourse du Commerce

    Cliquez !

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    La Bourse du Commerce au XIXème siècle

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    La Bourse du Commerce remplace depuis 1888 l'ancienne Halle aux blés. Contre elle, se situe une colonne dorique cannelée très célèbre, la colonne de Catherine de Médicis, seul reste de l'Hôtel de Soissons bâti en 1573. La colonne, qui communiquait avec les appartements de la Reine, était principalement destinée à son astrologue florentin, Côme Ruggieri, pour qu'il puisse y faire des observations du ciel et des prévisions...

    Pour la petite histoire, Anne-Marie nous raconta que celui-ci aurait prédit à la Reine qu'elle mourrait « près de Saint-Germain ». Catherine de Médicis, très superstitieuse, s'éloigna alors de tous les endroits rappelant de près ou de loin « Saint-Germain », pensant ainsi échapper à la funeste prédiction. Ainsi, par exemple, elle fit interrompre la construction du Palais des Tuileries dépendant de la paroisse de Saint-Germain-l'Auxerrois et s'installa précipitamment en 1572 dans ce qui allait devenir l'Hôtel de la Reine, dépendant de la paroisse de Saint-Eustache. Elle refusa également de se rendre au château royal de Saint-Germain-en-Laye. Mais le destin la rattrapa, et sur son lit de mort, lorsqu'elle demanda son nom au confesseur appelé auprès d'elle pour lui porter l'extrême-onction, celui-ci répondit : Julien de Saint-Germain...

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13 

    A mi-hauteur de la colonne, le monogramme de Catherine de Médicis et de Henri II dont les lettres sont enlacées est gravé dans la pierre : les deux C et le H forment un double D rappelant la favorite, Diane de Poitiers...

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    La colonne creuse de 30 m de haut et de 3 m de large comporte un escalier à vis. Elle a été restaurée une première fois en 1888-1889 ce qui a entraîné la disparition d'un des cadrans solaires les plus originaux jamais construit.

    Le cadran de Pingré au XIXème siècle

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    A l’occasion de la rénovation du jardin des Halles, il semble opportun de réhabiliter cet exceptionnel cadran solaire, unique au monde. Cela consiste dans un premier temps à rendre à nouveau lisse une partie de la colonne, à installer 15 styles droits puis à tracer le cadran, soit en le gravant, soit en le peignant, en ne perdant pas de vue que ce tracé doit résister aux outrages du temps. Au pied de la colonne, à l’usage du public, il serait nécessaire qu’une plaque donne les indications relatives à sa lecture. La Ville de Paris pourrait alors s’enorgueillir de posséder un cadran solaire unique, constituant pour le public une attraction à la fois pédagogique et scientifique.

    Sur les palissades actuellement en place autour du bâtiment se trouvent des panonceaux dans plusieurs langues expliquant au passant le devenir proche de ce monument. 

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Voilà ce qu'on pourra admirer quand le Musée de M. Pinault sera ouvert au public fin 2018. Cinq peintres (Laugée, Luminais, Mazerolle, Clarin et Lucas) ont chacun exécuté, en 1886, une fresque sur plus de 1400 m2 symbolisant le commerce international : l'idée était de louer les bienfaits du commerce et de traiter de son histoire avec les cinq continents.

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Continuons notre promenade...

    Nous voici maintenant rue du Jour devant la façade de l'Hôtel de Royaumont avec en arrière-plan l'église Saint-Sulpice.

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    L'Hôtel particulier est maintenant occupé par agnès b.

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

     En face, au numéro 25, se trouve l'ancien Hôtel de la Porte actuellement Musée du Barreau de Paris.

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    La rue du Jour était traversée autrefois par l'enceinte de Philippe Auguste.

    Plan de Braun et Hogenberg (vers 1530)

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Au 30 de la rue Montmartre se trouve une plaque indiquant qu'ici se trouvait la Porte Montmartre. Celle-ci fût démolie vers 1550.

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Nous traversons la rue Montorgueil au niveau de "L'escargot Montorgueil", un restaurant de cuisine traditionnelle qui pouvait s’enorgueillir d’une clientèle venue du monde des arts, des lettres et du spectacle, notamment Sarah Bernhardt, Marcel Proust, Sacha Guitry, Georges Feydeau, Cécile Sorel, Charlie Chaplin, Mistinguett, Jean Cocteau, Picasso, Salvador Dali…

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Sa marquise de fer et de verre et son enseigne datent de 1900.

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Au 38 de la rue Mauconseil, un trumeau apposé au-dessus d'une porte cochère rappelle qu'ici se trouvait (du XVIème et au XVIIIème siècles) le théâtre de l'Hôtel de Bourgogne (il s'agissait de la porte du parterre tandis que l'accès principal se situait rue Neuve-Saint-François ou rue Française - ainsi baptisée en l'honneur de François Ier).

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13 

    Une "pelle" Starck située au 20 rue Etienne Marcel dit que "Sur un terrain situé à lest de cette voie, les Confrères de la Passion font construire une salle de spectacles inaugurée le 30 août 1548. Devenue en 1629 le théâtre de l’hôtel de Bourgogne, sa troupe rivalisait avec les comédies de Molière".

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Une plaque apposée au 29 de la rue Etienne Marcel le commémore.

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    La Tour Jean-Sans-Peur située rue Etienne Marcel est le seul vestige subsistant aujourd'hui de l'Hôtel de Bourgogne.

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Non loin de là, la Place Goldoni du nom du célèbre auteur italien présente un mur décoré de ballons et une inscription : "On raconte que les vibrations dues aux ballons lancés contre ce mur peuvent réveiller des racines d'arbustes qui sommeillaient sous la terre depuis parfois des siècles. Peut-être n'est-ce qu'un simple hasard mais lorsqu'ils atteignent les traces laissées par les ballons qui leur ont rendu la vie, la plupart des arbustes trouvent leur taille adulte. Certains au contraire, cherchent d'autres points de repère pour avoir une raison de grandir encore un peu".

    Ce mur aveugle a ainsi retrouvé un peu de vie...

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    C'est sur cette place qu'Anne-Marie rappelle à ceux qui ne le savent pas déjà l'origine du nom de la rue voisine (Marie-Stuart), un temps appelée rue Tire-Vit (vit est synonyme de pénis, du latin vectis, soit une barre ou un levier) puis rue Tire-Boudin pour ne pas offusquer la souveraine franco-anglaise.

    La rue était alors très fréquentée par ces dames... depuis qu'un décret de Saint-Louis en 1256 interdisait la prostitution dans Paris alors limité par l'enceinte de Philippe Auguste.

     

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    La rue Marie-Stuart assurait au XVIIIème siècle le débouché des Messageries du Grand Cerf.

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Le Passage du même nom se trouve juste en face.

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    C'est au numéro 5 de la rue Marie-Stuart qu'un jeune homme, "Chef à domicile" de la Société Chef-Service, nous harponne très gentiment au passage en nous proposant de goûter à des insectes grillés.

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Avouez qu'il a un beau sourire !

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Nous voici arrivés rue Montorgueil : le Café "Le Compas" y fait l'angle avec la rue Marie Stuart.

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Anne-Marie nous explique qu'au XVIème siècle se trouvait ici une auberge nommée Le Compas d'Or. La cour comportait un ancien et vaste hangar abritant les diligences pour Dreux, Creil et Gisors.

    C'est dans l'un des logements situés au fond de la cour que Pierre François Lacenaire et son complice Victor Avril tentèrent d'assassiner un garçon de recettes. Fort heureusement, celui-ci se défendit... si bien que les deux lascars se virent obligés de s'enfuir assez piteusement.

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Lacenaire, un inquiétant personnage qu’il valait mieux avoir en peinture que comme voisin de palier… Les bourgeoises et les bourgeois de l’époque en frissonnent encore… 

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Saviez-vous que Pierre François Lacenaire était aussi un poète et un écrivain ? Contrairement à son comparse Avril, ce dandy attirait paradoxalement la sympathie des foules...

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    La figure de Lacenaire est sortie de l'ombre grâce aux Enfants du paradis de Prévert et Carné (ici joué par Marcel Herrand, à droite d'Arletty).

    Le quartier Montorgueil avec Générations13

    Une belle enseigne de pharmacie au 49 de la dite rue Montorgueil

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Et puis il y a un peu plus loin la fameuse Pâtisserie Stohrer...

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    L'immeuble, de la fin du XVIIIème siècle, comporte un curieux linteau surmontant le portail : un globe terrestre entouré des attributs des Arts et des Lettres. C'est l'architecte Charles Rohault de Fleury dont c'était la maison qui l'avait fait sculpter. Il a réalisé par ailleurs les serres du Jardin des Plantes.

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Marie Leczynska, à l'occasion de son mariage avec Louis XV,

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    vint à Paris en emmenant avec elle le pâtissier-cuisinier de son père, Monsieur Stohrer. Cinq ans plus tard, celui-ci s'installait rue Montorgueil et ouvrait une pâtisserie avec pour spécialités les "babas" et les "puits d'amour".

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Le puits d'amour est un gâteau rond en pâte feuilletée ou en pâte à chou décoré de sucre glace et dont le centre évidé (le puits) est fourré à la crème pâtissière ou à la confiture.

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Jolie enseigne que celle de ce café !

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Sympa aussi celle de ce Palais du Fruit...

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Une très belle façade d'immeuble : Au Rocher de Cancale

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Balzac, Alexandre Dumas père, Théophile Gautier, Eugène Sue, les frères Goncourt, Baudelaire, Gavarni… y venaient déguster ses célèbres huîtres.

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    A la Mère de Famille : la plus ancienne chocolaterie de Paris (depuis 1761)

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Un peu plus loin, une plaque commémorant un bien triste événement... Une époque révolue heureusement.

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Une jolie mosaïque fait l'enseigne de ce café.

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Nous passons aux numéros 11-12 devant cette vitrine apparemment sans beaucoup d'intérêt mais...

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    si on lève les yeux, au premier étage se trouve une peinture colonialiste représentant un serviteur noir qui sert un café à son maître : il s'agit de l'enseigne d'un ancien magasin de torréfaction. Un peu dérangeante pour la société qui est la nôtre, Wikipédia a poussé le détail jusqu'à la flouter...

    Heureusement que je l'avais repérée !

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Nous voici arrivés à l'extrémité de la rue Montorgueil qui débouche sur la rue Réaumur au niveau du métro Sentier. Une jolie arche de jardin agréablement couverte de végétation marque l'entrée de ce "marché" où la circulation est très réduite, ce qui n'est pas pour déplaire à la touriste que je suis.

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Pour se repérer...

    Le quartier Montorgeuil avec Générations13

    Merci beaucoup à Anne-Marie
    qui m'a fait découvrir plein de lieux que je ne connaissais pas, et pourtant je suis une pure parisienne !


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique