• L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

     Il y a 150 ans, le gouvernement républicain se repliait à Versailles. Abandonné à lui-même, le peuple de Paris se constituait en Commune et tentait de réaliser l'utopie communiste tout en luttant contre les troupes gouvernementales et les armées allemandes qui assiégeaient encore la capitale.

    Le résumé en vidéo sur le site de Hérodote.net

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    Le graphiste illustrateur Dugudus qui vit et travaille à Paris se passionne pour la représentation de l’image sociale et politique française. Il a réalisé pour commémorer les 150 ans de la Commune de Paris 50 figures parmi la foule des insurgés. Ces œuvres sont exposées sur les grilles de l'Hôtel de Ville de Paris et nous sommes allés, Arlette, Philippe et moi, à leur rencontre cette semaine.

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Dugudus, de son vrai nom Régis Léger, est un artiste très engagé. Il a fait ses études dans notre quartier à l'école Estienne puis à l'école de l'image Gobelins. Il commence à militer au sein du Mouvement des Jeunes Communistes et devient chargé de communication de la fédération de Paris. Il poursuit son parcours à Cuba en 2010 au sein de l’ISDi (Instituto Superior de Diseño) à la Havane. Il travaille aux côtés des plus grands graphistes cubains et apprend à imprimer ses propres images en sérigraphie.

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

     

    C'est Hugo Rousselle qui a rédigé les textes accompagnant les silhouettes des 50 communards.

    Hugo Rousselle né en 1991 est doctorant en Histoire du droit. Après des études de droit à la Sorbonne et à Assas, il entame une thèse sur l’histoire des droits sociaux fondamentaux économiques, sociaux et culturels et donne des cours de travaux dirigés dans plusieurs universités d’Île-de-France.

    Il est également président de la Fédération Francophone de Débat qui organise des championnats de débat, des grands procès historiques et populaires et milite pour la démocratisation de l’art oratoire et la défense de la francophonie.

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

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    "Nous la Commune" et le nom donné à ce projet. Le "nous" de ces cinquante silhouettes et le "nous" de celles et ceux qui prennent part, au quotidien, à cette histoire.

    Qui sont-elles, comment sont-ils ? Redonner un visage aux insurgés n'est pas chose aisée. S'appuyant sur leurs portraits photographiques - quand ils existent - et sur un travail iconographique rigoureux, c'est à partir de traces plus ou moins ténues que Dugudus relie, complète et donne corps à ces noms. Véritable enquête visuelle, ce travail d'assemblage de photographies d'époque, de caricatures et de descriptions est traduit par le trait de l'artiste, permettant de découvrir ces cinquante portraits d'insurgés.

    L'exposition se tient conjointement à la mairie du 3ème arrondissement, puis elle sera affichée sur les grilles de la Gare de l'Est et enfin sur celles des Buttes-Chaumont.

    Découvrons !

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    On a beaucoup tiré au canon, des deux côtés, pendant la Commune de Paris...

    La Commune de Paris fête ses 150 ans

     Les personnages et leurs figurines

    Albert Theisz : Ouvrier ciseleur sur bronze & Directeur des Postes sous la Commune
    (1839-1881 / 32 ans - Membre de la Garde nationale - Internationaliste - Exilé

    La Commune de Paris fête ses 150 ans

    Instruit à l'école chrétienne et fils de gendarme, Albert Theisz est arrivé au socialisme en pratiquant le métier de bronzier. Les bronziers sont en effet à l'avant-garde du mouvement mutuelliste. En 1864, année de la reconnaissance du droit de grève et de la création de l'Internationale, le "Manifeste des soixante" réclame des candidatures ouvrières. Ce renouveau voit émerger de nouveaux militants à l'exemple de Theisz qui devient un pilier de l'AIT et participe à la grande grève des bronziers. Il se distingue en assumant la défense collective de l'Internationale à son troisième procès en 1870.

    Sous la Commune, il prend la direction générales des Postes, réorganise le service et augmente les salaires. Pendant la semaine sanglante, il sauve l'Hôtel des Postes de l'incendie puis réussi à gagner Londres.

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    Victorine Brocher : Piqueuse de bottines (Ouvrière cousant à la main (piquant) les morceaux de cuir pour en faire des bottines) & Cantinière au bataillon des Défenseurs de la République pendant la Commune
    1839-1821 /(32 ans) - Membre de la Garde nationale - Internationaliste - Exilée

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    Issue d'une famille parisienne républicaine, l'enfance de Victorine Brocher est marquée par la révolution de 1848. Elle est une des premières femmes à adhérer à l'Internationale et prend part à la fondation de la boulangerie coopérative du quartier de la Chapelle en 1867. Elle établit également des groupes d'études sociales en vue d'adoucir le sort des travailleurs.

    Le 20 mars 1871, avec son mari, elle accepte de rejoindre le bataillon des Défenseurs de la République. Victorine Brocher subit le manque cruel de matériel lors de la bataille du fort d'Issy. Une nuit d'avril, elle est réveillée par ses collègues. Dans sont état de grande fatigue, elle n'a pas remarqué qu'un obus a éclaté à côté d'elle la recouvrant de terre. Elle participe aux derniers combats de la rue Haxo et, mort dans l'âme, brûle le drapeau de son bataillon. Elle parvient à gagner la Suisse où elle s'exile.

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    Emile Digeon : Entrepreneur, journaliste & Chef provisoire de la Commune de Narbonne
    1822-1894 / (49 ans) - Républicain radical - Militant des droits des femmes

    La Commune de Paris fête ses 150 ans

     

    Emile Digeon est issu d'une famille républicaine proscrite après le coup d'état de 1851. A la chute de Napoléon III en septembre 1870, les villes du midi comme Narbonne s'émancipent et se joignent à Lyon afin de constituer un Comité central de défense dont Digeon est le délégué. Celui-ci participe également à la création de la Ligue du Sud-Ouest.

    Le 12 mars 1871, Digeon est invité à prendre la parole dans une réunion du Club Lamourguier qui rassemble les "rouges". Il s'en prend au gouvernement, défend le droit des femmes au travail et fait l'apologie du drapeau rouge du sang des martyrs. Chef provisoire, il tente de faire en sorte que le mouvement fasse tache d'huile mais Adolphe Tiers appelle à la répression le 28 mars. Digeon fait alors produire un manifeste dans lequel il est dit : "Que d'autres consentent à vivre éternellement opprimés ! Qu'ils continuent à être le vil troupeau dont on vend la laine et la chair !" Le 31, la Commune narbonnaise est mâtée.

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    Hortense Machu : Brossière (personne tenant une brosserie - qui fait ou vend des brosses) & Cantinière pendant la Commune - 1835-? / (36 ans) - Patriotisme populaire - Emprisonnée

    La Commune de Paris fête ses 150 ans

    Mère de deux enfants, Hortense Machu prend fait et cause pour la Commune. Elle revêt des vêtements de marin en guise d'uniforme. On la retrouve place de la Concorde, sur les barricades, manœuvrant les canons, ou encore sous les voûtes du ministère de la Marine. Elle est condamnée le 16 avril 1872 aux travaux forcés à perpétuité par le 4ème conseil de guerre (accusée à tort d'avoir fait partie des "pétroleuses" à l'origine de l'incendie des Tuileries et de la rue Royale).

    Durant le siège, les équipages de la flotte sont amenés à la hâte à Paris. Evacués au moment de l'armistice, certains marins restent à Paris où ils sont traités en héros. Le 30 mars 1871, le 224e bataillon fédéré se saisit du ministère de la Marine. Les insurgés ne disposent que de quatorze canonnières mouillées près du Pont-Neuf. Le colonel d'état-major Auguste Durassier, nommé commandant de la flottille fédérée de la Seine, tente de réquisitionner les marins, mais parmi ses cent-vingt hommes, bien peu sont aguerris. La gestion de la flotte reste incertaine ; ceux qui s'y succèdent se révèlent presque toujours inefficaces.

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    Napoléon Gaillard : Cordonnier & Directeur général des barricades - 1815-1900 / (56 ans)
    Colonel dans la Garde nationale - Néo babouviste (philosophie communiste radicale) - Exilé

    La Commune de Paris fête ses 150 ans

    Napoléon Gaillard se définit comme "artiste chaussurier". Ce nîmois à l'accent méridional se fait connaître à Paris en 1868 en devenant un orateur populaire comme en atteste son journal "L'Orateur des clubs". Fervent partisan des conceptions communistes égalitaires de Gracchus Babeuf (1760-1797), athée, il défend la libre-pensée et fustige les institutions bourgeoises du mariage et de la propriété.

    Il est nommé, le 30 avril, directeur général des barricades, commandant le bataillon spécial des barricadiers. Pour lui, "Les barricades doivent être étudiées méthodiquement et exécutées révolutionnairement." C'est donc avec méthode que plus de cinq cents barricades sont élevées, chacune dotée d'un fossé de deux mètres de profondeur à l'avant. C'est la première fois qu'on inscrit un objet politique hautement symbolique dans la stratégie générale de défense d'une ville. Quant à Napoléon Gaillard, après son exil genevois, le "révolutionnaire incorrigible" demeure fidèle à l'art de la chaussure, au communisme égalitaire et aux barricades jusqu'à son dernier souffle.

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    Jaroslaw Dombrowski : Commandant du 11ème bataillon de la Garde nationale & Général de la Commune - 1836-1871 / (35 ans) - Commandant de la Garde nationale - mort au combat

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

     

    Issu de la noblesse polonaise, le capitaine Dombrowski est affecté en Pologne lorsqu'il se jette à corps perdu dans l'action révolutionnaire. Il participe à l'insurrection de Janvier 1863 qui revendique l'indépendance de la Pologne, la réforme agraire et la fin du servage. Condamné au bagne, il s'évade et rejoint la France avec son frère Ladislas. Il se lie aussitôt au mouvement ouvrier français.

    Pendant le siège, les deux frères proposent sans succès la création d'une légion polonaise. La Commune, internationaliste et consciente de la rareté des militaires de carrière dans ses rangs, nomme Dombrowski commandant de la place de Paris et général. Thiers tente de l'acheter pour un million et demi de francs : son messager est fusillé. Doté du grade de général, il meurt sur les barricades lors de l'assaut des Versaillais. Il est inhumé au Père-Lachaise, revêtu de son uniforme et enveloppé du drapeau rouge.

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    Nathalie Le Mel : Libraire, ouvrière relieuse & Fondatrice pour l'Union des femmes pour la Défense de Paris - 1826-1921 / (35 ans) - Socialiste révolutionnaire - Militante des droits des femmes - Exilée

    La Commune de Paris fête ses 150 ans

    Originaire de Brest, elle se distingue à Paris pendant la grève des relieurs de 1865 où elle obtient la parité entre les salaires masculins et féminins. Avec Eugène Varlin, elle ouvre "La Marmite", un restaurant communautaire rapidement associé par la police à une ramification de l'Internationale. Pendant le siège, elle contribue à former la nouvelle Union des femmes qui revendique la suppression de la distinction entre enfants naturels et légitimes, ou encore la reconnaissance d'un enseignement professionnel destiné aux femmes.

    Nathalie Lemel est arrêtée le 21 juin 1871 et condamnée à la déportation en Nouvelle-Calédonie. Elle embarque sur la frégate "La Virginie" accompagnée d'Henri Rochefort et de Louis Michel. 

    Il lui faut attendre la loi d’amnistie de 1880 avant d’être libérée et de revenir en métropole. Elle trouve un emploi au journal "L’Intransigeant" et poursuit la lutte pour la condition féminine. Elle meurt dans la misère et atteinte de cécité en 1921 à l’hospice d’Ivry-sur-Seine.

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    Elisée Reclus : Géographe, aérostier & au 119ème bataillon de la Garde nationale sous la Commune - 1830-1903 / (41 ans) - Garde nationale - Anarchiste - Franc-maçon - Emprisonné

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Elisée Reclus est l'un des principaux théoriciens de l'Anarchisme au côté de Bakounine et de Kropotkine. L'Anarchie, il la définit comme la plus haute expression de l'ordre, le moment où l'humanité ayant atteint l'ultime degré de solidarité universelle ne connaîtra ni misère ni guerre et n'aura plus besoin de la tutelle d'un gouvernement. Selon lui, l'émancipation doit abolir la lutte des classes et redonner sa souveraineté à l'individu.

    En septembre 1870, il écrit à Nadar pour lui demander de rejoindre le bataillon des aérostiers. Celui-ci le conduit à Montmartre et, après l'avoir initié, il fait grimper le "doux entêté de vertu" dans la nacelle de son ballon. Elisée Reclus s'improvise aérostier et y met ses talents de géographe au service de la défense de Paris. Le 4 avril 1871, il tombe dans une embuscade des Versaillais à Châtillon. L'expérience communarde confirme son anarchisme communiste et libertaire pour lequel il milite jusqu'à sa mort. De 1876 à 1894, il rédige la "Nouvelle géographie universelle" qui totalise vingt volumes.

    Sous l'influence de son frère et l'appui de la communauté intellectuelle britannique, sa peine de déportation en Nouvelle-Calédonie est commuée en bannissement.

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    Louis Rossel : Colonel de l'armée française & Délégué à la Commission de la guerre sous la Commune - 1844-1871 / (27 ans) - Patriotisme populaire - Mort au combat

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Louis Rossel est issu d'une famille de militaires républicains. C'est en tant que capitaine du génie qu'il combat à Metz. En 1870, il assiste, désespéré, à la trahison du général Bazaine. En réaction à la capitulation, il se range du côté de ceux qui refusent la paix.

    Le 19 mars 1871, alors qu'il rejoint Paris insurgé, Rossel est nommé chef de la 17e légion de la Commune. Lorsqu'on l'interroge sur ses motivations, il répond : "En haine de ceux qui ont livré ma patrie, en haine du vieil ordre social, je suis venu me ranger sous le drapeau des ouvriers de Paris." Il cherche à restaurer une discipline militaire qui se heurte à une organisation approximative des troupes. Doté de remarquables qualités militaires, Rossel succède le 30 avril au général Cluzeret comme délégué à la guerre. Une partie de la presse le soutient mais le 9 mai, ne supportant plus l'indiscipline, il démissionne avec fracas. Les Versaillais l'arrêtent et Thiers lui propose l'exil. Impassible, il assume préférer la mort : il est fusillé le 28 novembre à Satory.

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    Gustave Courbet : Peintre & Président de la Fédération des artistes de Paris -
    1819-1877 / (52 ans) - Elu du VIe - Proudhonien - Exilé

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Gustave Courbet est un artiste qui engage politiquement son art. Partageant les idées de Proudhon, son objectif est de faire "entrer le peuple dans l'art". Président de la Commission des musées sous le siège, il soutient la Commune. Le 6 avril 1871, il en appelle à l'intelligence , au sentiment et à la reconnaissance des artistes pour Paris. Le 13 avril 1871, en présence de quatre cents artistes invités à prendre la direction des musées et des collections d'art, la Fédération des artistes est constituée. Ses principes sont la libre expression de l'art affranchi de toute tutelle gouvernementale et la défense du "luxe communal" dont l'objectif est de conserver le passé, mettre en lumière le présent et régénérer l'avenir par l'enseignement.

    On y retrouve des artistes comme Manet, Corot ou Daumier. C'est sur une proposition de Félix Pyat qu'est votée la destruction de la colonne Vendôme alors que Courbet n'est pas encore élu. Le peintre, qui voulait déplacer et non démanteler la colonne, est pourtant condamné à payer sa reconstruction et doit s'exiler (ce sera en Suisse) pour échapper à cette sentence.

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    Cosette et Gavroche : Enfants de la Commune - Patriotisme populaire

    Dès le siège, les enfants des classes populaires se trouvent livrés au vagabondage et au marché noir. A partir d'octobre 1870, on les enrôle en leur donnant un uniforme et une solde, et en leur assignant des rôles d'auxiliaires au service des dépêches ou à l'édification des barricades. Les "Vengeurs de Flourens" sont principalement constitués de "gavroches" âgés de quinze à dix-sept ans. Le bataillon des Pupilles de la Commune regroupe des enfants de onze à seize ans, presque tous orphelins.

    Au cours de la semaine sanglante, Paul Verlaine évoque des "gamins dans les 15-16 ans, vêtus en chasseurs à pied de la Garde impériale, costume noir et vert, culottes de zouaves, large ceinture blanche et l'air crâne, mais qui se firent tuer jusqu'aux derniers."

    Le 25 mai 1871, ce sont les pupilles qui emportent le corps blessé du général Brunel sur un brancard. 651 enfants de 7 à 16 ans sont arrêtés et jugés. 56 sont condamnés à l'enfermement en maison de correction jusqu'à leurs vingt-et-un ans, 5 sont jetés en prison tandis que l'un d'entre eux est déporté en Nouvelle-Calédonie.

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    Eugène Varlin : Ouvrier relieur & Commandant du 193e bataillon de la Garde nationale -
    1839-1871 / (32 ans) - Elu du VIe - Commandant de la Garde nationale - Militant droits des femmes - mort au combat

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Issu d'une famille de paysans pauvres, Eugène Varlin est ouvrier relieur. Il prend part au mouvement des sociétés de secours mutuels et combat la spécialisation du travail qu'il perçoit comme une perte d'indépendance de l'ouvrier. Il milite pour le droit au travail des femmes, organise des grèves en faveur de  l'enseignement professionnel, de la réduction du temps de travail et de l'augmentation des salaires.

    "Tant qu'un homme pourra mourir de faim à la porte d'un palais où tout regorge, il n'y aura rien de stable dans les institutions humaines."

    Son combat pour apporter un peu de confort aux ouvriers, Varlin le concrétise en ouvrant des coopératives et cantines populaires comme "La Marmite". Sous la Commune, il siège aux Finances où ses collègues demeurent sages et légalistes par rapport à la Banque de France. En revanche, les objets de première nécessité gagés par le peuple au Mont-de-Piété sont restitués. Reconnu par un prêtre le 28 mai 1871, Varlin qui avait cependant tout fait pour sauver les prêtres otages, est lynché, éborgné et fusillé sur le Mont des Martyrs.

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    Louise Michel : Institutrice privéeAmbulancière au 61e bataillon de la Garde nationale -
    1830-1905 / (41 ans) - Garde nationale - Anarchiste - Militante droits des femmes - Déportée

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    "La révolution sera la floraison de l'humanité comme l'amour est la floraison du cœur" affirmait Louise Michel. Institutrice et poétesse née en Haute-Marne, elle noue un échange épistolaire avec Victor Hugo. Installée à Paris, elle milite pour l'éducation intégrale et laïque et ouvre des externats, notamment à Montmartre. En uniforme de la Garde nationale, elle participe à la journée révolutionnaire du 22 Janvier 1870.

    Louise Michel est sur la butte Montmartre le 8 mars 1871. Ambulancière, elle participe le 3 avril, à l'offensive sur Versailles au sein du 61e bataillon. Combattante acharnée, elle préserve son humanité, soigne les Versaillais blessés et sauve même un chat sur une barricade. Le 24 mai, elle accepte de se rendre pour faire libérer sa mère. Emprisonnée, elle écrit "Les œillets rouges", un poème d'adieu à Théophile Ferré. A son procès, elle assume pleinement ses actes et dit appartenir toute entière à la révolution sociale. Hugo compose alors "Viro major" (plus grande qu'un homme) en son honneur. Déportée en Nouvelle-Calédonie, elle est l'une des rares à soutenir le soulèvement kanak d'Ataï en 1878.

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    "Viro major" de Victor Hugo (décembre 1871)

    Ceux qui savent tes vers mystérieux et doux,
    Tes jours, tes nuits, tes soins, tes pleurs donnés à tous,
    Ton oubli de toi-même à secourir les autres,
    Ta parole semblable aux flammes des apôtres ;
    Ceux qui savent le toit sans feu, sans air, sans pain,
    Le lit de sangle avec la table de sapin,
    Ta bonté, ta fierté de femme populaire,
    L’âpre attendrissement qui dort sous ta colère,
    Ton long regard de haine à tous les inhumains,
    Et les pieds des enfants réchauffés dans tes mains ;
    Ceux-là, femme, devant ta majesté farouche,
    Méditaient, malgré l’amer pli de ta bouche,
    Malgré le maudisseur qui, s’acharnant sur toi,
    Te jetait tous les cris indignés de la loi,
    Malgré la voix fatale et haute qui t’accuse,
    Voyaient resplendir l’ange à travers la Méduse.

    Jules Vallès : Journaliste révolutionnaire & Fondateur du "Cri du Peuple" - 1832-1885 / (39 ans) -
    Elu du XVe - Proudhonien - Franc-maçon - Exilé

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Fils d'instituteur, élève brillant, Jules Vallès fréquente la Sorbonne. Il se passionne pour les idées de Proudhon et met sa plume au service de ses idées. A l'élection du corps législatif de 1869, il se revendique avocat des pauvres, candidat du travail et député de la misère. Dans la nuit du 5 au 6 janvier 1871, il fait partie des rédacteurs de la célèbre "Affiche rouge" et trouve la conclusion : "Place au peuple ! Place à la Commune !"

    Il fonde alors le quotidien "Le Cri du Peuple" tiré à cent mille exemplaires dont la vocation est de parler du peuple au peuple, de redonner une histoire aux déshérités tout en propageant le patriotisme, le fédéralisme et l'idée de République sociale.

    "Embrasse-moi camarade, qui as comme moi les cheveux gris, et toi, marmot, qui joue aux billes derrière la barricade, viens que je t'embrasse aussi [...] Fils des désespérés, tu sera un homme libre !" écrit-il le 28 mars.

    Pendant la terreur tricolore, Vallès réussit à se cacher puis à gagner Londres. Après l'amnistie, il fait renaître de ses cendres "Le Cri du Peuple".

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Anne-Marie Ménand : Vendeuse de journaux, prostituée & Pétroleuse - 1837-? / (34 ans) -
    Patriotisme populaire - Déportée

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Anne-Marie Ménand est l'une de ces parisiennes qui cumule les petits métiers de misère. Cuisinière, vendeuse de journaux, elle vit surtout de la prostitution. Pendant le siège, dans un contexte de privations, beaucoup de parisiennes s'y résignent. Louise Michel, entre autres, dénonce l'exploitation commerciale de créatures humaines par d'autres créatures humaines. La Commune mène une politique ambiguë à ce sujet : les maisons de tolérance sont empêchées dans le XIème arrondissement, le Bureau des mœurs est fermé. La société est même déclarée responsable et solidaire des désordres engendrés par la prostitution. Cependant, les prostituées de rue sont menacées d'arrestation. 

    Anne-Marie Ménand sera accusée d'avoir participé aux incendies de la rue Royale. Le mythe de la pétroleuse, répandu par la propagande versaillaise, peint les femmes comme des furies incendiaires. On sait désormais que la majorité des feux furent provoqués par les bombes versaillaises ou le résultat d'un choix stratégique de la Garde nationale.

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Emile Duval : Ouvrier fondeur & Général de la Commune - 1840-1871 / (32 ans)
    Elu du XIIIe - Garde nationale - Blanquiste - Mort au combat

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

     

    Enfant naturel d'une mère blanchisseuse du XIIIe, Emile Duval devient fondeur à quinze ans. Rapidement, il dirige une société de prévoyance de sa corporation. Il se rapproche des milieux blanquistes et adhère à l'Internationale. Duval en est la cheville ouvrière de la grande grève des fondeurs de 1870. Influencé par les idéaux de  1793, son patriotisme le pousse à s'enrôler pendant le siège comme garde national au 176e bataillon.

    Avec Emile Eudes, Jules Bergeret et le "chevalier rouge", Gustave Flourens, Duval fait partie des chefs militaires blanquistes que les insurrections du 31 octobre 1870 et 22 janvier 1871 mettent sur le devant de la scène. Il prend possession de la rive gauche le 18 mars. Devenu Général de la Commune, il participe à l'offensive catastrophique lancée en avril contre Versailles. Le 3 avril, Flourens est tué à coup de sabre à Chatou. Le lendemain, Duval est capturé sur le plateau de Châtillon par le général Pellé qui lui promet la vie sauve. Cependant, lorsque le général Vinoy le rejoint, celui-ci fait fusiller Duval qui crie "Vive la Commune !"

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    Edouard Vaillant : Ingénieur des arts et manufactures & Délégué à la Commission de l'Enseignement - 1840-1915 / (31 ans) - Elu du VIIIe - Capitaine dans la Garde nationale - Blanquiste - Franc-maçon

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Issu de la jeunesse contestataire du Quartier Latin, c'est Edouard Vaillant qui informe Marx par télégraphe de la chute de l'Empire. Blanquiste, il organise les journées révolutionnaires du 31 octobre 1870 et du 22 janvier 1871. Homme d'ordre, élu dans le VIIIème, il affirme la nécessité pour la Commune de frapper la propriété de décrets socialistes. Délégué à l'Instruction publique, il œuvre à la laïcisation de l'éducation. Le 2 avril, la Commune vote la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Dans la continuité de ce décret, Vaillant réorganise l'école.

    Son action a pour but le droit à l'éducation intégrale et l'instruction laïque, gratuite et obligatoire pour tous, filles et garçons. Ses réformes portent ainsi sur l'enseignement technique et professionnel, la démocratisation de l'enseignement médical et la laïcisation du personnel de l'enseignement municipal. L'égalité salariale pour les instituteurs et les institutrices est promulguée et les salaires sont augmentés.

    Amateur d'art, il rattache la gestion des théâtres à ses attributions tout en prêchant leur réorganisation sur un mode associatif.

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    Paule Minck : Directrice d'école & Journaliste révolutionnaire - 1839-1901 / (32 ans)
    Socialiste révolutionnaire - Franc-maçon - Militante droits des femmes - Exilée

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Paule Minck, de son vrai nom Paulina Merkaska, est une polonaise de noble extraction dont le père a participé à l'insurrection polonaise de 1830 avant de s'installer en France. A la fin du second Empire, elle anime des conférences. Si elle repousse la notion de "lutte des sexes", préférant celle de tous les opprimés, elle se bat néanmoins pour que les femmes aient le droit à la parole au nom de l'égalité.

    Son sens de la formule en fait une oratrice convaincante. A l'éloge de la femme au foyer, elle oppose l'indépendance et le droit au travail pour les femmes. Elle est à Auxerre pendant le siège mais revient à Paris après le 18 mars. Elle fonde alors une école libre de jeunes filles à Montmartre et s'investit dans les Clubs. Toujours armée de son revolver nommé "la Joséphine", elle prêche la lutte à outrance contre Versailles. Après la Commune, elle est fidèle à ses idées féministes et publie des articles dans la presse socialiste sans jamais rentrer dans des querelles de chapelle. Son enterrement rassemble toutes les mouvances du mouvement ouvrier.

    Elle s'exile en Suisse mais est condamnée par contumace à la déportation. Elle ne reviendra en France qu'à l'amnistie des Communards.

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Arthur Rimbaud : Poète & Vagabond - 1854-1891 / (17 ans)
    Squatte chez Henri Gill au 89, rue d'Enfer, actuelle rue Henri-Barbusse (5e)

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

     

    Le jeune poète est profondément marqué par la guerre de 1870 pendant laquelle il fugue par trois fois de chez ses parents. Le 25 février 1871, il s'installe à Paris avant de partir vagabonder sur les routes le 10 mars. La légende le veut revenu à Paris et engagé aux "Tirailleurs de la Révolution". Mythe, réalité ? On sait du moins que le Paris insurgé, qu'il célèbre dans ses vers, le remplit d'enthousiasme. Le 13 mai 1871, il écrit à son maître, Georges Izambard :

    "Je serai un travailleur ; c'est l'idée qui me retient quand les colères folles me poussent vers la bataille de Paris."

    La Commune déchaîne la hargne de nombreux écrivains qui assimilent les révoltés à une immonde populace exaltés par des brigands stupides, formant "la franc-maçonnerie du crime". Edmond de Goncourt se pose en victime des révolutions et érige, avec Flaubert et Renan l'inégalité en loi naturelle. Théophile Gauthier craint les "gorilles de la Commune", George Sand les "saturnales de la folie", Anatole France les "fripouillards". Dumas fils et Maxime Ducamp sont les plus véhéments et applaudissent la répression.

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Maxime Lisbonne : Acteur de théâtre & Colonel de la Xème Légion fédérée de la Garde nationale - 1839-1905 / (32 ans) - Colonel de la Garde nationale - Patriotisme populaire - Déporté

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Fils d'une modiste et d'un artiste peintre juif d'origine portugaise et ancien soldat, Maxime Lisbonne s'engage comme mousse à quinze ans et prend part à la guerre de Crimée, puis participe à la campagne d'Italie. Noceur et bagarreur, on l'affecte aux fusiliers de discipline. En  1864, il décide de devenir acteur. Il s'engage pendant le siège au 24e bataillon de la Garde nationale et est élu membre du Comité central du Xe arrondissement le 14 mars 1871.

    Détaché auprès du chef de la Garde nationale, on le surnomme le "D'Artagnan de la Commune". Il est nommé commandant puis colonel de la Xe légion. Caracolant sur un cheval arabe en habit flamboyant, cette fantaisie fait de lui une cible de choix. Il est d'ailleurs blessé à la jambe le 25 mai et il est déporté en Nouvelle Calédonie. Après l'amnistie, il devient directeur des Bouffes du Nord et monte des pièces de Louise Michel et de Victor Hugo. Ses cartes de visite le présentent en "ex-forçat", et il se ruine après avoir ouvert des cabarets comme la "Taverne du bagne" où les grooms sont déguisés en forçats.

    Arrêté, il passe devant un conseil de guerre qui le condamne à la peine de mort, mais un second conseil commue la peine en travaux forcés en Nouvelle-Calédonie. Après l'amnistie de 1880, il revient en France.

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    Lucien Combatz : Journaliste & Directeur général des Télégraphes de la Commune de Paris -
    1837-1903 / (36 ans) - Garde nationale - Garibaldien - Franc-maçon - Exilé

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Lucien Combatz participe à différentes campagnes militaires pour l'unité italienne aux côtés de Guiseppe Garibaldi. Il rejoint la France et rentre dans l'administration de la télégraphie. Renvoyé en 1863, il écrit dans la presse et dessine pour "l'Illustration" mais retourne bientôt à sa vie de révolutionnaire itinérant auprès de Garibaldi.

    Guérillero en Amérique du sud, combattant de la guerre de sécession américaine et de l'unité italienne, l'infatigable Garibaldi écrit à Gambetta en 1870 :

    "Ce qui reste de moi est à votre disposition. Disposez."

    En octobre 1870, il prend la tête de l'armée des Vosges et inflige plusieurs défaites aux prussiens. Le 15 mars, la Garde nationale le désigne comme général en chef mais il en refuse la fonction. Certains garibaldiens sont cependant d'éminents communards, dont Combatz, alors nommé directeur des Télégraphes. Après la Commune, il participe à la révolution cantonaliste espagnole.

    Après la défaite de la Commune, Lucien Combatz réussit à fuir. Le 16 décembre 1872, le 6e conseil de guerre le condamna par contumace à la déportation dans une enceinte fortifiée.

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    Madame Faure : Lieutenant de la Garde nationale - Patriotisme populaire (?)

    Au banquet des invisibles, les femmes occupent une place de choix : des photos sans noms, des noms sans photos, des biographies lapidaires. La socialiste Flora Tristan dira qu'elle sont "le prolétaire du prolétaire même". Qui sont la "lieutenant Faure" et Madame "Jules Faure" ? Un même nom et pourtant deux personnes.

    Nous ne savons presque rien sur la "lieutenant Faure" sinon ce que nous dit une photographie la représentant, rue Mirha, en uniforme de fédérée. Les informations sur Madame Eugénie de Castellane, mieux connue sous le nom de son mari en tant que Madame "Jules Faure", nous manquent également. Cette dernière compose en 1866 "Mes idées, poésies diverses", mais c'est surtout elle qui rédige "la Marseillaise de la Commune". En voici le refrain :

    "Chantons la liberté,
    Défendons la cité,
    Marchons, marchons, sans souverain,
    Le peuple aura du pain."

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Mohamed Ben Ali : Tirailleur algérien & Ordonnance du Colonel Lisbonne - (?)-1871 -
    Patriotisme populaire - Mort au combat

    C'est pour la ressemblance de leur tenue avec celle des Turcs que les tirailleurs algériens sont surnommés "turcos". Ils sont 9.000 à prendre part à la guerre franco-prussienne. La plupart sont rapatriés dès le 15 mars mais une poignée, parmi lesquels Mohamed Ben Ali, rejoignent la Commune. La figure de Ben Ali est présentée dans "l'Insurgé" de Vallès ainsi que dans les "Mémoires" de Louise Michel. Originaire du sud de l'Algérie, il devient le 21 mars 1871, l'ordonnance de Maxime Lisbonne. Il participe au front d'Issy jusqu'à sa chute en mai.

    Le turco a droit a sa représentation héroïque dans "le Turco Ben-Kaddour au combat de Lorcy", une œuvre de 1870 signée par le peintre Jules Monge. On le voit armer un fusil malgré son bras gauche en écharpe. Il fait également l'objet de caricatures aux accents coloniaux et racistes.

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Pendant la Semaine sanglante, un parlementaire versaillais demande à discuter avec Maxime Lisbonne à la barricade de la rue Lecourbe (XVe). Mohamed Ben Ali et un officier de l'état-major partent en reconnaissance... Ils n'en sont jamais revenus.

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Louis-Augustin Rogeard : Professeur de rhétorique & Artilleur - 1820-1896 / (51 ans) -
    Elu du VIe - Républicain radical - Exilé

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Louis-Augustin Rogeard est un opposant virulent à Napoléon III. La radicalité de ses pamphlets le contraint à quitter la France pour ne revenir qu'après le 4 septembre. Pour lui, la Commune doit combattre la magistrature et sa censure, l'administration centralisée et budgétivore, l'armée permanente, le clergé salarié et sa propagande, la police politique et sa répression, la prostitution et le paupérisme organisé.

    Pendant le siège, Rogeard est artilleur et écrit dans le journal de Félix Pyat "Le Vengeur". Dans son style reconnaissable, il y prêche la souveraineté populaire, la révocation des élus, l'application du principe électif à l'ensemble des pouvoirs publics et célèbre la Commune, comme ici le 30 mars 1871.

    "Salut à toi et sois bénie, Révolution communale de Paris !... Fais-nous de bonnes lois [...], à toi le soin de nous guérir par la justice sociale, à toi la gloire de garder fidèlement la République des travailleurs."

    En cohérence avec ses convictions, il refuse de siéger à la Commune, son élection dans le VIème arrondissement ayant recueilli un nombre de voix qu'il juge insuffisant.

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Anna Jaclard : Journaliste révolutionnaire à "La Sociale" & Membre du Comité de vigilance de Montmartre - 1836-1871 / (35 ans) - Internationaliste - Militante droits des femmes - Exilée

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Aristocrate de Saint-Pétersbourg et fille d'un lieutenant général d'artillerie, Anna Vassilievna Korvin-Krukovskaja aurait inspiré le sulfureux personnage d'Aglaïa Ivanovna Epantchine dans "L'Idiot" de Dostoëvsky. Elles s'intéresse aux idées sociales avancées et part pour Genève et Paris en 1868 où elle se lie au milieu révolutionnaire. Elle y rencontre et épouse le militant blanquiste Victor Jaclard, professeur de mathématiques et membre de l'Internationale.

    A Paris, Anna Jaclard travaille dans une imprimerie et traduit en russe des textes de l'Internationale. Elle devient membre du Comité de vigilance de Montmartre pendant le siège. Elle est sur la butte le 18 mars. Alors que son marie coordonne la Commune de Lyon et de Paris, elle s'engage dans l'action et le journalisme et fonde, avec André Léo, le journal "La Sociale". Elle est surtout déléguée aux hôpitaux et ambulances, et membre de la commission instituée pour organiser et surveiller l'enseignement dans les écoles de filles. Le couple Jaclard arrive à s'enfuir en Russie et revient en France après l'amnistie de 1880. 

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Félix Tournachon : Photographe, caricaturiste & Aéronaute - "Nadar" - 1820-1911 / (51 ans)
    Patriotisme populaire

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Victor Tournachon, plus connu sous le nom de "Nadar", est caricaturiste engagé et photographe reconnu. Passionné par l'aérostation, il réalise les premières photographies aériennes. Durant le siège, il réunit une compagnie d'aérostiers au pied de la butte Montmartre : espionnage de l'ennemi, cartographie militaire mais aussi transport de courrier sont assurés par ses soixante-sept ballons. C'est à bord de l'un d'entre eux que Gambetta, ministre de l'intérieur, part pour Tours le 7 octobre 1870, ou encore que des tracts bilingues incitant les prussiens à se mutiner sont diffusés.

    Il se met à disposition de la Commune, mais, fatigué et malade, ce sont ses ballons qui seront mobilisés : outre la projection de tracts, on envisage de former un carrousel aérien pour lutter contre la famine provoquée par le blocus ordonné par Thiers. Les photographes ne sont pas si nombreux. Bruno Braquehais, l'un des premiers représentants du photojournalisme, est l'un des rares à prendre sur le vif environ cent-cinquante clichés qui feront de lui le grand photographe de la Commune.

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Louis Debock : Typographe, poète & Directeur de l'Imprimerie nationale - 1822-1892 / (49 ans)
    Lieutenant dans la Garde nationale - Proudhonien - Exilé

    Ce fils de tisserand lillois, proche des idées de Proudhon, est imprimeur, agitateur syndical et poète engagé. Il est proche de l'Internationale et écrit pour "La Tribune ouvrière". Pendant la guerre franco-prussienne, il est lieutenant au 160ème bataillon de la Garde nationale.

    Le 18 mars, Debock et son collègue Jean-Louis Pindy s'emparent de l'Imprimerie nationale au nom du Comité central. Debock en assure la direction avec son fils et l'ouvrier typographe André Alavoine. Il intervient dans la rédaction des textes, fait élire les chefs par les ouvriers, garantit les salaires et supervise la fabrication des affiches qui permettent d'informer, mais également de diffuser ordres et directives. Entre le 19 mars et le 25 mai, 399 affiches sont imprimées : cinq à six affiches chaque jour en moyenne. Leur diffusion est assuré par un service dédié qui les placarde jour et nuit. On doit à Debock que les Archives Nationales soient épargnées par les flammes lors de la semaine sanglante.

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Joséphine Marchais : Ouvrière agricole & Franc-tireur au bataillon des "Enfants perdus" -Patriotisme populaire - Exilée - 1840-1874 / (31 ans)

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Animés par un fort sentiment patriotique, les francs-tireurs prêtent efficacement main-forte à l'armée face aux Prussiens.

    Dans un courrier du 12 novembre 1870, un officier allemand s'inquiète : "La question des approvisionnements deviendra très grave pour nous si les francs-tireurs réussissent à détruire les lignes de chemin-de-fer que nous avons occupées."

    Chaque groupe a son identité vestimentaire se rapportant souvent à une région. Il n'y a pas d'unité idéologique mais les francs-tireurs sont parfois l'antichambre armée de la Commune révolutionnaire. Les femmes y sont présentes et occupent parfois des fonctions d'officiers. Joséphine Marchais, vivandière au bataillon des "Enfants perdus", incite son amant, le boucher Guy Jean, à s'y battre en tant que garde. Les noms que portent ces compagnies égalent en originalité la tenue des combattants. Joséphine Marchais, par exemple, est coiffée d'un chapeau tyrolien. De nombreuses photos de protagonistes posant dans une attitude revancharde, fusil en main, témoignent de cette grande diversité vestimentaire.

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Henry Champy : Ouvrier coutelier & 203e bataillon de la Garde nationale - 1846-1902 / (25 ans) -
    Elu du Xème - Garde nationale - Socialiste révolutionnaire - Déporté

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Durant le siège, les éléphants du Jardin d'Acclimatation (Castor et Polux) sont abattus et on prépare de la terrine d'antilope, du chameau rôti ou du civet de kangourou dans les restaurants chics. Pour les autres, c'est du chien, du chat, du rat que l'on mange. Le maire est surnommé "Ferry famine". Des boucheries municipales sont ouvertes, affichant des prix régulés par les pouvoirs municipaux. Elles sont fermées le 2 mars 1871.

    La Commune nomme Henry Champy à la Commission des Subsistances. Cet orateur disert, fils de maçon et de sage-femme, rétablit les boucheries municipales. Son collègue, François-Louis Parisel, milite pour un contrôle sanitaire rigoureux. Des cantines municipales sont créées, Paris est correctement approvisionné et les prix maîtrisés. La halle aux blés, les abattoirs et marchés aux bestiaux de la Villette, et les sept grandes criées des Halles fonctionnent de façon pleine et régulière. Les intermédiaires sont supprimés, les prix fixés pour les denrées de première nécessité. La vie commerciale bénéficie du soutien des pouvoirs publics.

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Jean-Baptiste Clément : Chansonnier, poète & maire du XVIIIème arrondissement -
    1836-1903 / (35 ans) - Elu du XVIIIe - Socialiste révolutionnaire - Franc-maçon - Exilé

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Les écrits du chansonnier bohême montmartrois Jean-Baptiste Clément sont un cri du coeur contre la misère dédiés au rêve d'une société égalitaire libérée des contraintes de la morale religieuse et bourgeoise. Sa défense de l'amour libre se reflète dans sa chanson "Le temps des cerises" écrite en 1866 et qu'il dédie plus tard à Louise, ambulancière de la Commune. Ses écrits politiques lui valent la prison mais la chute de l'Empire lui rend la liberté et il s'engage au 129ème bataillon.

    "Le temps des cerises" chanté par Mouloudji et Nana Mouskouri

    Aux élections du 26 mars 1871, "L'artiste", comme on le surnomme, est le premier élu du XVIIIe et y assume également la fonction de maire. Du pain, des logements et du travail, telles sont les priorités des familles. Dans son article pour le Journal Officiel, "Les rouges et les pâles", il s'en prend aux défaitistes. Sa verve est au service d'une définition socialiste de la Commune. Il milite pour l'éducation intégrale et bouillonne d'agir pour les démunis. Pendant la Semaine sanglante il se bat sur la dernière barricade et réussit à se cacher. Il écrit "La Semaine sanglante", un chant poignant.

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris 

    Raoul Rigault : Délégué à la Commission de sureté générale & Procureur de la Commune -
    1846-1871 / (25 ans) - Elu du VIIIe - Néo- - Franc-maçon - Mort au combat

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

     Raoul Rigault entre en politique en fréquentant la jeunesse estudiantine du Quartier latin que la grande Révolution fascine. Il imagine déjà une contre-police pour préparer le Grand soir, ce qui fait dire à Blanqui :

    "L'homme n'est qu'un gamin.
    Mais le commissaire et un homme."

    Au sentimentalisme, il oppose la violence pour mettre à bas la tyrannie des "riches égoïstes". Le 18 mars 1871, il s'installe à la Préfecture et libère tous les prisonniers politiques. Il prône, sans relâche mais sans succès, la guerre à outrance contre Versailles. Des mesures d'hygiène, de régulation des boissons et des maisons de jeux, protectrices des consommateurs, sont imposées. Autoritaire et anticlérical, il souhaite contrôler la presse et procède à des arrestations arbitraires. N'est-il pas le procureur de la Commune ? Il fait ainsi fusiller les otages que Versailles refuse d'échanger contre la libération de Blanqui. Avant de l'exécuter, les versaillais lui ordonnent de crier "Vive Versailles !", il répond avant que sa tête ne pleure le sang "Vous êtes des assassins ! Vive la Commune !". Il avait vingt-cinq ans.

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    André Léo : Ecrivaine, journaliste à "La Sociale" & Présidente de la Commission d'Enseignement des jeunes-filles - 1824-1900 (47 ans) - Anarchiste - Militante droits des femmes - Exilée

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    L'écrivaine Victoire Léodile Béra Champseix prend pour pseudonyme les noms de ses deux jumeaux, André et Léo. Dans les années 1860, elle se lie au militantisme républicain mais aussi à la première vague féministe. Dans la revue "La Coopération", elle plaide pour la création d'associations ouvrières et fonde l'Association pour l'amélioration de l'enseignement des femmes. Partisane de l'amour libre, elle le pratique avec le socialiste Benoît Malon.

    Le 18 septembre 1870, André Léo est arrêtée dans une manifestation en compagnie de Louise Michel avec laquelle elle allège au Comité de vigilance de Montmartre. Sa plume est au service de la patrie et du socialisme dans les journaux qu'elle crée : "La République des travailleurs" et "La Sociale". Dans ce dernier, elle publie un appel diffusé par ballon aux travailleurs des campagnes. Elle participe aussi à la Commission instituée pour organiser et surveiller l'enseignement dans les écoles de filles. Après la Semaine sanglante, elle parvient à s'enfuir en Suisse où elle prononce son célèbre discours au Congrès de la Paix de 1871 : "La guerre Sociale".

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Eugène Protot : Avocat & Délégué à la Commission de la Justice - 1839-1921 / (32 ans)
    Elu du XVe - Blanquiste - Franc-maçon - Exilé

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    L'avocat Eugène Protot incarne, pendant la Commune, le respect des formes procédurales et des libertés individuelles face aux excès. Elu sur un programme de justice gratuite et accessible à tous et d'humanisation du système pénitentiaire, Protot interdit les arrestations et perquisitions arbitraires.

    Le contexte ne permet pas l'élection de juges, l'un des points phares de son programme ; en revanche, la liberté de la défense est octroyée. La gratuité de la justice est appliquée aux testaments, à la reconnaissance des enfants naturels, aux mariages, aux adoptions et aux actes notariés de donations. Les serments politiques et professionnels sont abolis. Il était également envisagé de rétablir le divorce, de simplifier la procédure de mariage, de reconnaître les enfants illégitimes et même d'abolir les droits héréditaires, majorats et titres de noblesse. Blessé au combat pendant la Semaine sanglante, Protot parvient néanmoins à s'enfuir. La réaction ne lui pardonnera jamais ses engagements, et il ne sera pas réintégré au barreau après l'amnistie de 1880.

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Jean-Baptiste Dumay : Ouvrier tourneur & Représentant de la Commune du Creusot -
    1841-1926 / (31 ans) - Socialiste révolutionnaire - Exilé

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Comprendre la Commune du Creusot, c'est comprendre la vie de Jean-Baptiste Dumay, fils posthume d'un ouvrier mort à la suite d'un accident du travail dans les mines de charbon Schneider. Les Schneider ont la mainmise politique et économique sur le Creusot, qui compte environ 10.000 ouvriers en 1870. Entre janvier et mars, métallurgistes et mineurs y déclenchent des grèves. Les revendications portent sur l'amélioration des conditions et des heures de travail. Contre le lock-out général, les Schneider font envoyer la troupe.

    Dumay se distingue comme candidat ouvrier aux élections au Conseil d'Arrondissement. Il devient maire à la chute de l'Empire. Le 12 mars 1871, il refuse l'injonction qui lui est faire d'envoyer un commissaire qui a officié sous l'Empire. Le préfet tente de le renvoyer mais le 26 mars Dumay proclame la Commune et proteste contre les versaillais et leurs prétentions à s'ériger en Constituante. Il réclame la nationalisation des usines, des ateliers de charité pour les chômeurs et un crédit pour le pain des ouvriers. La Commune est cependant balayée le 28 mars.

    Il s'exile en Suisse mais est condamné par contumace aux travaux forcés à perpétuité. Il rentre en France en 1879.

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Gaston Crémieux : Avocat, poète & Représentant de la Commune de Marseille -
    1836-1871 / (36 ans) - Républicain radical - Franc-maçon - Mort au combat

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Gaston Crémieux est une figure de proue de l'opposition radicale marseillaise. Le 8 août 1870, la première tentative pour mettre en place une Commune révolutionnaire se matérialise par une manifestation de 40.000 personnes avec Crémieux et Gustave Naquet à sa tête et la présence du poète Clovis Hugues. Elle est dispersée par la police.

    Le 7 septembre, Crémieux accueille Alphonse Esquiros qui épure l'armée et la magistrature puis le nomme au poste de procureur de la République. Les tensions avec le gouvernement font renaître des velléités d'autonomie régionaliste qui aboutissent à la création de la Ligue du Midi pour la défense de la République. Présidée par Esquiros, celle-ci organise les combats. Le 22 mars 1871, Crémieux prononce un discours et déclare "Vive Paris !". Le lendemain, il prend la tête de la Commission insurrectionnelle mâtée le 4 avril par les canons du général Espivent. En prison, Crémieux rédige une pièce sur Robespierre louée par Victor Hugo. Le 30 novembre, il dit avant d'être fusillé au Pharo : "Visez à la poitrine, ne frappez pas la tête. Feu ! Vive la Répu..." 

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    Alix Payen : Infirmière & Brancardière au 153e bataillon de la Garde nationale -
    1843-1903 / (28 ans) - Garde nationale - Socialiste utopiste - Militante droits des femmes

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Alix Payen est issue d'une famille bourgeoise républicaine acquise aux idées du Socialisme utopique de Charles Fourier. Elle bénéficie d'une instruction institutionnelle religieuse et d'une éducation parentale socialiste. Arrivée à Paris, elle se rapproche de la communauté fouriériste "La Colonie" dont le phalanstère est situé en forêt de Rambouillet. Elle y laisse son marie lorsqu'éclate la guerre de 1870 pour revenir à Paris. Elle y fabrique des passe-montagnes pour les troupes.

    Sous la Commune, son frère intègre le 1er bataillon du génie, son mari est sergent au 153e bataillon de la Xe légion. Alix Payen obtient son brevet d'ambulancière afin d'être affectée le 16 avril 1871 au même bataillon que celui de son mari. Sa correspondance permet de mesurer son indignation face aux bourgeois "francs-fileurs" qui abandonnent la Capitale. Elle éclaire également sur la dureté des conditions de l'armée et des combats d'Issy, de Clamart, de Levallois et de Neuilly. Son mari ayant été blessé, elle s'occupe exclusivement de lui jusqu'à sa mort, le 29 mai, des suite de ses blessures.

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

     Théophile Ferré : Comptable & Délégué à la Commission de Sureté générale -
    1846-1871 / (25 ans) - Elu du XVIIIe - Garde nationale - Néo-Hébertiste - Mort au combat

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Théophile Ferré est un méridional installé à Paris en 1964. Avec Raoul Rigault et Louise Michel, ils forment un trio très soudé que Jules Favre, le futur ministre versaillais, serre dans ses bras à la chute de l'Empire. Membre du Comité de Vigilance de Montmartre, il participe à la journée du 18 mars et fait libérer les prisonniers quand il apprend que les Fédérés ont fusillé Lecomte. 

    Austère et rigoureux, ce jeune élu de la Commune siège à la Commission de Sureté générale, d'abord comme substitut de Rigault qu'il remplacera bientôt. Il défend une ligne dure et s'engage sur l'assurance chômage et l'assurance maladie pour les travailleurs. Il cherche à améliorer les technique de police (patrouilles nocturnes, photos des malfaiteurs recherchés envoyées au mairies, refuges en cas d'incendie) et se montre impitoyable envers les agents publics corrompus. Ferré incendie la Préfecture le 24 mai après avoir fait évacuer les quatre cent cinquante détenus. A son procès, il refuse de se défendre. Malgré l'acharnement de Louise Michel pour le faire libérer, il est fusillé à Satory le 28 novembre.

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

     Léo Frankel : Ouvrier orfèvre & Délégué à la Commission de Travail et d'Echange -
    1844-1896 / (27 ans) - Elu du XIIIe - Internationaliste - Exilé

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    C'est en 1867 que Léo Frankel adhère à l'Association internationale des travailleurs (AIT). Partisan de l'abolition du salariat, il intervient souvent au Club de la Reine-Blanche et fait partie des quarante-trois socialistes révolutionnaires présentés aux élections législatives du 8 février. Il est finalement élu le 26 mars 1871 dans le XIIIe.

    Nommé à la Commission du Travail le 29 mars, il en devient le délégué le 20 avril. Le 16 mai, un décret demande aux chambres syndicales ouvrières de dresser l'inventaire des ateliers abandonnés afin de confier leur exploitation à l'association coopérative des ouvriers et des employés. La Commission supprime le travail de nuit et interdit les retenues patronales sur les salaires. Si Frankel vote pour le Comité de salut public, il signe la déclaration de la minorité contre la dictature de celui-ci. Amoureux éconduit d'Elisabeth Dmitrieff, elle le sauve sur les barricades où il est blessé pendant la Semaine sanglante.

     Il réussit à échapper aux soldats versaillais, se réfugie en Suisse puis en Angleterre. Le 19 octobre 1872, le sixième Conseil de guerre le condamne à mort par contumace.

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Elisabeth Dmitrieff : Journaliste révolutionnaire & Fondatrice de l'Union des Femmes pour la Défense de Paris - 1851-1910 (? (19 ans) - Internationaliste - Militante droits des femmes - Exilée

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris 

    A dix-neuf ans, Elisabeth Dmitrieff a déjà parcouru l'Europe : incarcérée à Saint-Pétersbourg pour son activisme socialiste en 1863, codirigeante du journal "La cause du peuple" en Suisse en 1868, envoyée à Londres à la rencontre de Marx en 1870... Ce dernier l'envoie en observation à Paris : le 25 mars 1871, elle rejoint la capitale française.

    Pour elle, la Commune n'est qu'une étape vers la révolution mondiale qui doit soustraire "le travail au joug du capital exploiteur". Ceinte d'une écharpe rouge à franges d'or dans laquelle elle range ses pistolets, elle défend le droit au travail, la diminution du temps de travail, "l'anéantissement de toute concurrence entre travailleurs des deux sexes" et leur égalité salariale.

    Avec Nathalie Le Mel, elle fonde l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés. Lors de la Semaine sanglante, elle combat sur la barricade de la Bastille.

    Elisabeth Dmitrieff finit ses jours en Sibérie à une date inconnue.

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Jean Allemane : Ouvrier typographe & Caporal du 59e bataillon de la Garde nationale, Délégué adjoint à la mairie du Vème - 1843-1935 / (28 ans) - Caporal Garde nationale - Socialiste révolutionnaire - Déporté

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    Arrivé à l'âge de dix ans à Paris, Jean Allemane devient typographe et s'engage très jeune dans le mouvement ouvrier. A dix-neuf ans, déjà syndiqué, il est emprisonné pour fait de grève. Le 18 mars 1871, lorsque l'armée veut récupérer le canon du 59ème bataillon situé place des Vosges, Allemane s'y oppose et déclare : "Ce canon appartient au peuple et je le reprends." Ce jour-là, il sonne le tocsin à l'église Saint-Nicolas du Chardonnet. Anticlérical, il assiste à la cérémonie de la croix du Panthéon par le drapeau rouge. Il se désole de l'irrésolution et du verbalisme trop prononcé de la révolution communaliste mais croit profondément en ses bienfaits.

    Jean Allemane fait la chasse aux mouchards de Versailles et veille dans son arrondissement à la création de cantines scolaires, de maisons de secours, de retraites et d'orphelinats. Actif aux barricades du Panthéon, il est arrêté et déporté en Nouvelle-Calédonie. Il décrit les souffrances du bagne dans son livre "Mémoires d'un communard". Après l'amnistie, il fonde son parti et appelle au principe de grève générale.

    L' exposition de Dugudus à l'Hôtel de Ville marque les 150 ans de la Commune de Paris

    J'ai beaucoup appris sur la Commune grâce à cette exposition.

    Je ne me souviens pas qu'à l'école (ou au lycée ?) on m'ait parlé de cet épisode de la vie des parisiens... ???


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