• Aux origines du French Cancan : une vidéo de France Musique

    Consultant un peu au hasard le site de France Musique, je suis tombée il y a peu sur un reportage en vidéo retraçant l'histoire du French cancan, symbole d'un Paris frivole et festif annonçant les débuts de la libération sexuelle et de l'émancipation de la femme.

    Vous verrez, c'est intéressant.

    Alors que sont célébrés cette année le bicentenaire de la naissance d'Offenbach et les 130 ans du Moulin Rouge, intéressons-nous à la danse qui relie le compositeur et la célèbre salle parisienne : le French cancan !

    Contestataire et féministe, le cancan a pulvérisé tous les tabous de son époque.

    VIDEO - Aux origines du French cancan, une danse féministe et subversive
    Lilli, danseuse de cancan au Moulin Rouge, Paris, vers1880, © Getty / Imagno

    Avant de devenir une danse mondialement connue et inévitablement associée au Moulin Rouge, le French cancan est apparu à Paris, entre 1825 et 1900. Nadège Maruta, chorégraphe cancan et auteure de "L’incroyable histoire du cancan", revient sur son histoire mouvementée. 

    L’émancipation des femmes par le cancan

    Au XIXe siècle, la danse est très codifiée, on danse le quadrille en couple avec des figures précises.

    En 1825, dans les bals, les hommes s’octroient une minute d’extravagance, c’est le "cavalier seul" : "Ils improvisaient des mouvements comme se jeter par terre, traverser la salle de bal en glissant sur le ventre. Ils mettaient la tête en bas, les pieds en l’air" nous détaille Nadège Maruta.

    En 1829, les femmes vont s’autoriser à danser seules, sans être guidées par un homme. Assez rapidement, en 1831, ce cancan va être interdit. La police a l’ordre d’arrêter les danseurs et danseuses de cancan. A ce moment-là, comme le souligne Nadège Maruta, "la presse déverse une quantité incroyable d’injures sur le cancan et l’Eglise prêche contre le cancan". Cette diffamation va finalement se révéler positive, aiguisant les curiosités : "de partout on va accourir pour voir les danseuses de cancan, ces audacieuses qui osent braver l’autorité."

    En 1857, la danseuse Rigolboche, de son vrai nom Amélie Marguerite Badel, surnommée "la Huguenote" invente la série de battements qui consiste à lever et baisser la jambe.

    En 1860, le mouvement se professionnalise et les femmes sont mieux payées que les hommes.

    L’hymne du cancan

    Jacques Offenbach compose le "Galop infernal" de son opéra "Orphée aux enfers"Les danseuses de cancan font du "Galop" leur hymne. Pour Nadège Maruta, les danseuses portent le compositeur dans leur cœur car "dans son œuvre, Offenbach a toujours servi les femmes."

    Des personnalités avant tout 

    Particularité propre au French cancan, les danseuses se créent un personnage et un nom : Grille d’égout, Nini patte en l’air, La Goulue… Cette dernière a, selon l’auteur de "L’Incroyable histoire du cancan", "énormément été dénigrée (…) car c’était la star d’une danse prohibée : elle a révolutionné les codes de la séduction et elle a pulvérisé les tabous".

    A l’époque, il était interdit aux femmes d’entrer seules dans un bal, sans être accompagnées par un homme. Alors, la Goulue s’est présentée au Moulin Rouge avec un bouc "pour dire qu’elle était accompagnée et que le bouc sentait moins mauvais qu’un homme". 

    La libération des jambes

    Coup de cul, Cathédrale, Port d’armes, Guitare…  Les figures du cancan sont généralement transgressives et irrévérencieuses.

    Nadège Maruta est formelle : "La libération des femmes se devait de passer par la libération de leurs jambes puisque avant cela les femmes sont des femmes-tronc. Cette libération de leurs jambes est perçue par les hommes comme un appel au sexe".

    Plus tard, au Bal Tabarin, les femmes sont toutes habillées de la même façon, elles portent toutes le même costume et le soliste est entouré d’une horde de femmes.   

    Cette autre vidéo - de l'INA - montre les dessous du Moulin Rouge en 1951. 

    J'ai toujours rêvé - mais jamais mis ces rêves à exécution - de passer une soirée au Lido. Serais-tu partante avec Jacques, ma copine... ?

    Allez, après la Covid, on se paye ça !


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