• Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Ce vendredi 13 mars, je ne me doutais pas que je faisais, grâce à Générations 13, ma dernière sortie dans Paris avant longtemps : personne n'avait vraiment pris conscience ce jour-là que notre vie allait radicalement changer et ceci pour des semaines durant...

    Anne-Marie, qui nous avait donné rendez-vous à 14h30 au métro Cardinal Lemoine (au carrefour entre la rue du même nom et la rue Monge), commence par un petit cours d'histoire.

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     Au XIIe siècle, les premières écoles se créent dans l’Ile de la Cité autour de Notre Dame, sous le contrôle de l'évêque. L’augmentation du nombre d’étudiants, la volonté d’échapper à la censure de l’église ainsi qu’aux querelles théologiques et pédagogiques font émigrer clercs et étudiants sur la rive gauche alors peu peuplée.

    Au début l’enseignement se fait en plein air autour de la place Maubert, rue Galande, rue du Fouarre derrière le square Viviani, et les étudiants sont logés chez l’habitant.

    Mais bientôt, pour loger ces étudiants souvent pauvres et quelque fois venus de l’étranger, de grands personnages vont fonder des pensions dénommées "Collegium" en latin : ces collèges n'étaient pas des lieux d'enseignement mais tenaient lieu de dortoirs et de réfectoires.

    En un siècle, de 1250 à 1350, un grand nombre de collèges vont ainsi se créer à proximité et en relation souvent avec des grands ordres monastiques qui s’installent dans le quartier : Dominicains (Jacobins), Franciscains (Cordeliers), Carmélites et Bernardins (Cisterciens). Fondations religieuses ou caritatives destinées au logement des étudiants pauvres, ils deviendront peu à peu des lieux d’enseignement disposant d’une assez large autonomie.

    Au Moyen-Age, Paris comptait une quarantaine de collèges, alors que les universités d’Oxford et de Cambridge n’en totalisaient qu’une vingtaine.

    Les noms des collèges proviennent des noms de leurs fondateurs (tel le Collège de Navarre qui a été fondé par Jeanne de Navarre, épouse de Philippe le Bel en 1305) ou de la région dont viennent les étudiants (Collège des Danois, des Ecossais, des Irlandais).

    Plusieurs matières y étaient enseignées : la théologie, le droit et la médecine.

    Les maîtres

    Ce sont toujours des religieux et ils se font rémunérer par leur élèves. Franciscains et Dominicains fournissent quelques maîtres : Maître Albert (Saint Albert le Grand), Thomas d’Aquin, Pierre Abélard.

    Abélard, vous le connaissez sûrement à cause de sa liaison tragique avec son élève, Héloïse...

    Nous sommes sous le règne du roi Louis VI. Pierre Abélard, issu de la noblesse, est un brillant intellectuel. Destiné au métier des armes, il embrasse pourtant la philosophie et la théologie qu'il enseigne brillamment à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Le chanoine Fulbert lui confie l'éducation de sa nièce, Héloïse, âgée de 17 ans. L'écolâtre, réputé aussi pour son caractère peu commode, en a 36. Il est rapidement subjugué par sa nouvelle élève, qui a été instruite à l'abbaye d'Argenteuil, un établissement réservé aux femmes... Héloïse et Abélard vont vivre une passion charnelle à l'opposé de l'éducation qu'ils ont reçue.

    Résultat : Héloïse tombe enceinte ; les deux amants se réfugient en Bretagne où naît leur fils, Astrolabe. La jeune femme l'abandonne à ses beaux-parents avant de rejoindre le monastère de son enfance. Les deux amants se marient toutefois secrètement.

    Apprenant cette trahison envers l'église, le chanoine Fulbert est fou de rage : Abélard doit payer au prix fort : il est émasculé par deux hommes de main engagés par le courroucé ecclésiastique.

    Les deux amants sont maintenant réunis dans une même tombe depuis 1817, au cimetière du Père-Lachaise.

    Pierre Vaneck et Ludmila Mikaël incarnent les deux amoureux au cinéma dans un film de Jacques Tréboula sorti en 1973 : deux immenses acteurs aujourd'hui disparus.

    Les étudiants : les clercs

    Ce sont tous des hommes et ils sont tous membres du clergé et pauvres.

    Les statuts limitent au maximum le vagabondage des clercs, les portes des collèges restent fermées la nuit avec défense absolue d’en sortir sans autorisation. Pourtant, les clercs mènent souvent joyeuse vie : en témoigne le mot "bordel" qui vient du fait que les femmes de "petite vertu" étaient reléguées au "bord" des villes (sous Saint-Louis).

    C'est également là que se tenaient les duels (d'où l'expression "pré aux clercs").

     Le pré aux clercs, au bord de la Seine, sur un plan de 1550

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    En 1200, Philippe Auguste réorganise un peu ce foutoir (dixit Anne-Marie !).

    Les écoles reconnues par le roi sont appelées Universitas parisienisis magistrorum et scholarum. Il s'agit là de l'ensemble parisien des maîtres et des écoles : le mot Université est né. Philippe Auguste donne des statuts et des privilèges à l’université de Paris. Ces statuts seront confirmés par la suite par différents papes, ce qui confère à cette université une autorité toute particulière notamment en théologie. Un recteur, élu pour une durée limitée, représente l’institution universitaire. Dans les grands collèges plusieurs matières sont enseignées : Arts (correspondant à notre enseignement secondaire : mathématiques, latin…) théologie, droit, médecine

    La Sorbonne, créée en 1257, l’illustre parfaitement, puisque ce simple collège devint, au XVIème siècle, le symbole même de la faculté de théologie, puis de l’université tout entière, à partir du XIXe siècle.

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    Après cette introduction historique, nous commençons notre promenade en remontant la rue du cardinal Lemoine, arrivant ainsi au Collège des Ecossais, construit entre 1662 et 1665. En 1685, le comblement des fossés entre les portes Saint-Victor et Saint-Jacques a entraîné un abaissement allant jusqu'à 5 mètres à certains endroits. Le collège des Écossais a dû être repris en sous-œuvre. Un rez-de-chaussée lui a été ajouté lui donnant l'aspect bizarre qu'on peut voir aujourd'hui. Il a fonctionné du 12ème au 16ème  siècle avec des boursiers venus de toute l’Europe.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Dans sa chapelle (que nous ne verrons pas) se trouve le cénotaphe de Jacques II d’Angleterre mort à Saint Germain en Laye en 1701.

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    Nous arrivons ensuite à la rue Clovis où se trouve un morceau de l’enceinte de Philippe Auguste construite avant le départ pour la troisième croisade en 1190.

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    Anne-Marie nous fait entrer dans la cour de l'immeuble qui l'abrite pour nous en expliquer la construction qui s'acheva en 1210 : Cette muraille, surmontée d'un chemin de ronde, faisait 5 kilomètres de circonférence et définissait une capitale de 250 hectares renfermant le Palais, le trésor et les archives.

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    En face, se trouve le collège de Navarre, fondé en 1304 sous l'impulsion de Jeanne Ière de Navarre, épouse de Philippe le Bel. L'entrée en était ouverte, sans condition de naissance, de famille ou d'âge, à tout français pauvre qui se destinait à l'étude de la grammaire, de la logique ou de la théologie (à l’exclusion de la médecine et du droit).

    L’établissement est dirigé, dès les origines, par un grand maître supervisant les études des pensionnaires. En janvier 1475, une bourse fut attribuée à l'un des enfants de chœur de la cathédrale de Paris.

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    L’Ecole Polytechnique qui s'était installée dans ses locaux en 1804 a été délocalisée à Palaiseau en 1976, laissant la place au Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche.

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    Détail des attributs représentant les sciences et techniques

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Au numéro 34 de la rue de la Montagne Sainte-Geneviève se trouve le Collège des trente-trois fondé en 1633 par le père Claude Bernard, disciple de Saint Vincent de Paul, pour 5 écoliers indigents (les 5 plaies du Christ) ayant fait la promesse de devenir ecclésiastiques. Ce nombre passa à 12 en l’honneur des 12 apôtres puis à 33 (nombre d'années de vie de Jésus) en 1638. Le collège, installé au cours des premières années dans plusieurs collèges de la montagne Sainte-Geneviève, s’établit en 1654 dans un hôtel qui appartenait jusqu’en 1540 à la famille d’Albiac, de la rue des Carmes, s’étendant de l’impasse des Bœufs au 34, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève.

    Anne d'Autriche, régente du royaume, fit donner à la communauté 33 livres de pain, libéralité ensuite commuée en une pension de 900 livres. En 1657, le collège devient un séminaire ecclésiastique en restant dans les bâtiments anciens de l’hôtel d’Albiac. Le séminaire, devenu payant en 1738, est fermé en 1791 et vendu comme bien national.

    L’immeuble a été restauré en 1973.

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    Nous rejoignons la rue Laplace non sans passer près de l'église Saint-Etienne du Mont.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

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    Au numéro 12 de la rue Laplace, se trouve l'emplacement de l'ancien collège des Grassins. Il a été fondé en 1569 par Pierre Grassin, conseiller au parlement de Paris, originaire de Sens. Il eut comme célèbre professeur irlandais, Michael Moore, qui y enseignait la philosophie et qui devint recteur de l'Université de Paris en 1701.

    Ses bâtiments furent démantelés en 1844 pour permettre l'ouverture de la rue de l'Ecole polytechnique : seule reste l'ancienne porte du collège.

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    La porte de l'immeuble voisin, restée ouverte, nous permet de jeter un coup d’œil sur une jolie montée d'escalier.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

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    Au 21 de la rue Valette, se trouvait le Collège Fortet (fondé en 1394 par Pierre Fortet, chanoine et chancelier de Notre Dame de Paris) qui pouvait accueillir 8 étudiants pauvres originaires pour moitié d'Aurillac et pour moitié de Paris. Il en subsiste une tour, nommée tour Calvin en l'honneur de Jean Calvin, théologien français qui, encore étudiant et menacé d'être arrêté avec un ami suspecté d'avoir tenu des propos suspects, s'enfuit par là.

     

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    Dans la cour, c'est le printemps à cette fenêtre...

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    et les cerisiers sont en fleurs.

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    C'est au Collège Fortet qu'en 1585 se réunit la Sainte Ligue qui livra la capitale aux partisans du duc de Guise, farouche partisan du catholicisme : le roi Henri III est en effet jugé trop mou avec les protestants (on lui reproche de vouloir mettre sur le trône Henri de Navarre, le futur Henri IV qui est protestant...).

    Le 12 mai 1588 eut lieu à Paris la journée des barricades : il s'agit d'un soulèvement populaire mené sous l'impulsion du duc de Guise que l'on voit ici en train de commander l'insurrection.

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    Henri de Guise fait par la suite signer à Henri III un édit qui oblige le roi à ne jamais conclure aucun pacte ou trêve avec les hérétiques mais en décembre 1588, il est assassiné d'une trentaine de coups d'épée au Château de Blois par les hommes d’Henri III.

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    Henri III ne perdra rien pour attendre : il sera lui même assassiné un an plus tard par un moine fanatique, Jacques Clément, désirant venger le duc de Guise...

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    On assassinait beaucoup en ce temps-là, vous ne trouvez pas... ?

    France 2 vient de passer (hier 7 avril) le magnifique film de Bertrand Tavernier intitulé "La princesse de Montpensier" (avec Lambert Wilson et Mélanie Laurent) dans lequel évoluent tous ces personnages sur fond de guerre civile. Je l'ai regardé avec d'autant plus de plaisir que nous avions fait cette promenade avec Anne-Marie...

    Nous restons rue Valette, avec au numéro 2-4 le Collège sainte Barbe ouvert en 1640 : y ont étudié Ignace de Loyola et François Xavier, futurs fondateurs de l’ordre des jésuites.

    Après la révolution, il devient un collège des Sciences et des Arts. Michelet (sa statue se trouve dans la cour mais nous ne pourrons y entrer) y enseigna l’histoire de 1822 à 1826.

    Aujourd’hui, c’est une bibliothèque universitaire.

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    Sur la façade, deux médaillons représentent deux anciens directeurs du collège : Victor de Lanneau et Alexandre Labrouste.

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    Le Panthéon n'est pas loin...

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    Nous voici en vue de du Lycée Henri IV, ancienne abbaye de Sainte-Geneviève (à droite sur la photo), ici voisinant l'église Saint-Etienne-du-Mont.

    En 1110, Etienne Ier de Garlande est nommé doyen de l’abbaye et cette nomination inaugure des temps nouveaux : le nouveau doyen, par ailleurs évêque, chancelier, et garde du sceau royal, permet l’ouverture d’une école de rhétorique et de théologie ouverte aux laïcs qui échappe à la main mise de l’évêque de Paris.

    Dès lors, on assiste à un prodigieux engouement pour l’étude : partout sur la colline fleurissent des collèges qui servent d'hébergement aux étudiants. L'enseignement, lui, se fait à l’extérieur, dans les rues et sur les places. C'est à cette époque que le maître Pierre Abélard est appelé à professer en ces lieux : il en fait non plus une école purement religieuse mais il ouvre les esprits à la philosophie.

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    Nous voici maintenant dans l'impasse Chartière où se trouve une plaque signalant l'emplacement de l'ancien Collège Coqueret fondé au milieu du XVème siècle par un prêtre d'Amiens et dans lequel Ronsard et du Bellay furent élèves. Louis Braille a aussi habité le quartier

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Deux portes métalliques encadrent cet immeuble : elles ont été décorées par l'artiste urbain C215 et font partie de sa série entourant le Panthéon nommée "Illustres".

    L'une représente René Cassin, l'un des auteurs de la Déclaration des Droits de l'Homme.

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    Sur l'autre est représenté Antoine de Saint-Exupéry.

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    Dans le même ordre d'idée, voici la boîte aux lettres du 23 rue Jean de Beauvais pochoirisée par C215 représentant Louis Braille.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

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    Avant de rejoindre le Collège de France, petit passage par le square Auguste-Mariette-Pacha où se trouve un buste de Ronsard.

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    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Le Collège de France a été créé par François 1er en 1530 sur les conseils de Guillaume Budé : des humanistes payés par le roi sont chargés d’enseigner des disciplines que l’université de Paris ignore.

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    Ce penseur appuyé sur une tête pharaonique est l'oeuvre de Bartholdi : il représente Champollion. La statue, initialement destinée à Figeac, la ville natale de Chapollion,  en marbre fut représentée au salon de 1875.

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    Petite pause dans le square Paul Painlevé, faisant face à la Sorbonne.

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    Une intéressante décoration remplace les traditionnelles pelouses mais annonce néanmoins le printemps.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

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    Anne-Marie profite de cette halte pour nous faire un topo sur l'ancien Collège de la Sorbonne fondé au XIIIème siècle par Robert de Sorbon, chapelain de Saint-Louis, collège consacré à la théologie. 

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    A l'intersection de la rue des Ecoles et de la rue Jean de Beauvais se trouve la statue du poète roumain Mihai Eminescu : l'oeuvre de Ion Vlad a été inaugurée le 15 juin 2009 en l'honneur du centenaire de la mort du poète.

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    La statue de bronze, lyrique, montre le visage du poète tourné vers le ciel et l'inspiration, livres sous un bras et pieds nus (symbolisant l'humilité).

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    Un peu plus loin, voici l'église orthodoxe roumaine - l'église des Saints-Archanges - autrefois église du Collège de Dormans fondé en 1370 par Jean de Dormans, évêque de Beauvais.

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    C'est dans ce collège que Cyrano de Bergerac fit ses études avant de s'illustrer au combat.

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    Au 14 rue des Carmes (l'ordre des Carmes est apparu aux XVème-XVIème siècle.) se trouvait le Collège de Presles dont il subsiste la chapelle du XVIème siècle, de style gothique. Elle a été construite après la construction du collège fondé en 1314 par Guy de Laon et Raoul de Presles.

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    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Du Collège des Danois fondé en  1275 par Jean de Danemark, il ne reste que cette plaque apposée au dessus du restaurant vietnamien de la rue des Carmes.

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    La Place Maubert s'apprête à recevoir le marché du samedi.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Anne-Marie, devant la pelle Stark qui en indique son emplacement, nous rappelle que son nom provient sans doute de la contraction du nom d'Aubert, abbé de Sainte-Geneviève en 1161, qui créa les étals de bouchers sur ce site ou bien encore de Maître Albert le Grand, dominicain allemand qui y professa avant la création de la Sorbonne. Rappelez-vous qu'au Moyen-Age les cours sont donnés dans la rue ou sur les places et que les seules fonctions des "collèges" sont l'hébergement et la restauration des étudiants.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Malgré plusieurs ordonnances rendues, en particulier de 1348 à 1350, les voituriers vidaient leurs tombereaux à l'intérieur de la ville, au milieu des places un peu vastes au lieu de conduire les ordures dans les champs. Ainsi, à la fin du XIVème siècle, la place Maubert était tellement encombrée d'ordures et infectée, que les marchands des Halles cessèrent d'y venir, chassés par la puanteur. Plusieurs maisons devinrent inhabitées et dans d'autres régnaient des maladies pestilentielles. En 1389, la place fut déblayée. En 1392, une ordonnance interdira, sous peine d'une amende de 40 sous, de porter sur la place de Grève, pendant la nuit et d'y amasser « les fientes des latrines et les boues des égouts". En 1395, le corps des voituriers est créé. Ces voituriers sont chargés d'enlever, dans des tombereaux, les immondices de Paris et de les conduire aux différentes voiries.

    Marché au pain au Moyen-Age, ce fut ensuite un lieu d'exécutions publiques, surtout au XVème siècle sous François Ier et aussi au XVIème siècle où de nombreux protestants, dont le libraire humaniste Etienne Dolet, ami des poètes (photo ci-dessous), y furent étranglés puis brûlés vifs avec leurs livres.

    Une statue d'Etienne Dolet existait autrefois sur la place mais elle a été fondue par les allemands. Ici, une gravure du libraire décédé à l'âge de 35 ans : il faisait plus, non ?

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Au XIXème siècle, la place abrite une myriade de petits métiers : fripiers, rempailleurs de chaises, fabricants d'arlequins, qui accommodaient les restes, chiffonniers qui faisaient commerce de tabac récupéré sur les mégots, ou ravageurs, qui écumaient la boue des ruisseaux. Elle a été largement défigurée au XIXème siècle.

    Nous voici arrivés au Square Danielle Mitterand, situé rue de Bièvres à côté de l'Hôtel particulier qu'habitait le couple présidentiel.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

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    Cet immeuble du numéro 7 de la rue de Bièvre possède, nous a dit Anne-Marie, des rambardes de balcons ornées du monogramme de Madame de Maintenon. Curieusement, je n'ai rien trouvé sur le net à ce sujet... La maîtresse de Louis XIV aurait-elle habité ce lieu ?

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    En face, un immeuble présente sur sa façade une statue de l'Archange Saint-Michel terrassant le dragon. Il était autrefois le siège du Collège Saint-Michel qui fonctionna de 1348 à 1763..

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

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    Au numéro 26, c'est une maison du XVIIème siècle qui est passée dans l'histoire : elle a été habitée par la Brinvilliers (1630 1667), empoisonneuse de son père, de ses deux frères, de sa sœur, et  même de son amant qui avait - bien mal lui en prit - appris à fabriquer des poisons par un compagnon de cellule à la prison de la Bastille.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Au bout de la rue, à l'angle avec le quai de la Tournelle, une ancienne plaque semble indiquer que la rue portait autrefois le nom de "rue de Bieure" . Quant à son nom actuel, il provient du canal alimenté par les eaux de la Bièvre qui passait autrefois à cet emplacement.

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    Le 55 du quai de la Tournelle abrite l'Hôtel de Nesmond de Miramon, autrefois musée de l’Assistance Publique.

    Successivement Hôtel particulier (ayant servi au XIVème siècle de demeure à Robert de Mahaud, grand panetier de Philippe le Bel, puis au XVIIème siècle à François-Théodore de Nesmond, président du Parlement de Paris), au XVIIIème siècle résidence d'un maître de danse, fabrique de boissons au XIXème siècle (avant l'interdiction de la consommation de l'absinthe : la maison Joanes) et enfin garage, l'Hôtel de Nesmond a été entièrement restauré et a retrouvé sa fonction première.

    Datant essentiellement du XVIIème siècle, il fut le premier hôtel particulier de Paris à porter son nom sur son fronton : on peut y lire "Hôtel ci-devant de Nesmond".

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Au numéro 17 de la rue des Bernardins, voisine, se trouve l'emplacement de l'ancien Hôtel de Faur. De nos jours, c'est un immeuble de rapport en brique grise construit en 1890 par l'architecte Jean-Marie Boussard. L'immeuble se distingue des constructions traditionnelles d'époque et annonce les prémices de l'Art Nouveau. Le dernier étage possède un balcon avec arcades mauresques. Les autres étages sont garnis de balcons en fer forgé reliés entre eux.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Le dessous des balcons est recouvert de briques émaillées

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Nous voici maintenant arrivés en vue de l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, principal lieu depuis 1977 du culte parisien du mouvement catholique traditionaliste (on parle aussi d'église intégriste) : les prêtres ont gardé la soutane de mon enfance et la messe y est dite en latin.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    L'église, reconstruite sous le règne de Louis XIV, possède la particularité d'être orientée Nord-Sud au lieu de Ouest-Est. C'est Charles Lebrun, enterré ici, qui en a dessiné la façade ouest. Son style est celui de la Contre-Réforme, jésuite, très classique.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    A l’intérieur, on peut voir au sein d'une chapelle, le tombeau de Charles Lebrun,

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    ainsi que le monument que le peintre a dessiné pour celui de sa mère.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    La mère du peintre y apparaît le jour du jugement dernier, sortant du tombeau en implorant le salut, alors qu’au-dessus d’elle un ange sonne la trompette et lui indique le ciel.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Le visage de la mère est particulièrement expressif.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Ici s'arrête ma propre balade, un rendez-vous de fin d'après-midi m'appelant à l'extérieur. Anne-Marie a continué quant à elle la promenade par la visite intérieure du Collège des Bernardins qui constituait, je pense, le "clou" de cette visite guidée. Si le cœur vous en dit, vous pouvez aller en voir les images sur le site de G13 où Monick a posté sa chaîne Youtube : c'est ICI.

    A bientôt j'espère, après le déconfinement, pour d'autres découvertes de notre chère capitale... 


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  • Commentaires

    1
    J
    Mercredi 8 Avril à 11:30

    Bravo pour ce reportage très complet et superbement illustré comme d'habitude

    Féliciatations

    2
    Annie B
    Mercredi 8 Avril à 14:35

    merci pour  cette restitution très bien documentée et illustrée de notre dernière balade avant confinement

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      • Jeudi 9 Avril à 09:45

        Merci Annie (le B est Brulfert ? mais je ne crois pas que celle-ci ait fait la visite...)

    3
    MONICK
    Jeudi 9 Avril à 06:49
    MONICK

    Merci C'est super beau et bon reportage comme d'habitude Bravo !

     

      • Jeudi 9 Avril à 09:43

        Merci Monick. Un petit bonjour de Bourgogne... Prends bien soin de toi.
        Amicalement, Claire

    4
    Anne Viala
    Vendredi 10 Avril à 10:10

    Claire, je n'ai pas pu faire la visite bis à cause du confinement ; avec ton reportage complet , je suis comblée d'autant que je connais déjà les Bernardins, le seul lieu manquant ; si tu retiens tout ça , tu seras encore plus savante qu 'Héloïse à son époque ! Bravo pour l'extrait de film qui agrémente le reportage . à bientôt??? en tout cas on se retrouveras dans la joie .

      • Vendredi 10 Avril à 10:42

        Bonjour Anne et merci pour ton petit message. Le compte-rendu de notre notre promenade m'a bien occupée en ces temps de confinement ! Je regarde régulièrement les échanges par mail entre les gens du groupe de Jacqueline et je vois que tu y participes souvent. Bonne continuation à toi... Bien amicalement, Claire

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