• Aujourd'hui Anne-Marie nous a donné rendez-vous au métro Rambuteau, près de Beaubourg, pour une après-midi de promenade à travers les passages couverts peu connus des 2ème et 3ème arrondissements de la Capitale.

    Nous commençons la balade par le jardin Anne Franck que je ne connaissais pas. A l'entrée, on y trouve un petit marronnier : c'est un rejet de celui qu'Anne Franck aimait à regarder par une lucarne depuis l'immeuble où elle et sa famille se cachaient. Ce marronnier d'Amsterdam, âgé de 160 à 180 ans, a malheureusement été cassé par une tempête en 2010 mais il revit ici depuis 2007...

    Les passages couverts peu connus

    Le jardin d'Anne Franck se tient à l'emplacement des anciens jardins de l'Hôtel Saint-Aignan, maintenant occupé par le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme.

    Les passages couverts peu connus

     Comme d'habitude, Anne-Marie a beaucoup aficionados femmes et... un aficionado (c'est un fait avéré que les hommes sont plus casaniers que ces dames !)

    Les passages couverts peu connus

    Le défenseur du temps : ainsi se nomme l'horloge à automates située dans le Quartier de l'Horloge près du Centre Pompidou. Elle mériterait un petit coup de plumeau (au minimum) car pour l'instant elle est couverte de fientes de pigeons et elle ne fonctionne plus depuis 2003.

    Les passages couverts peu connus

    Si vous voulez la voir fonctionner, cliquez ICI sur le site de Jacques Monestier, son créateur.

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    Nous voici maintenant dans le vif du sujet avec le Passage Molière qui relie la rue Saint-Martin à la rue Quincampoix. Il a été ouvert vers 1791 et a pris ce nom du fait de sa proximité avec l'ancien théâtre Molière voisin. Précédemment il s'appelait "Passage des nourrices" en raison de l'existence d'un bureau de placement pour la profession.

     Les passages couverts peu connus

    Etant en travaux actuellement..., c'est une photo empruntée au net qui vous en donne une idée.

    Les passages couverts peu connus

    Dans le passage, la Maison de la Poésie a remplacé l'ancienne "entrée des artistes" du théâtre Molière. On y trouve aussi quelques restaurants et des petits commerces sympathiques comme cet artisane en chaussures qui travaille "en vitrine" !

    Les passages couverts peu connus

    Deux statues ornent l'angle des rues Saint-Denis et Etienne Marcel.

    Je suppose que celle-ci représente Saint-Denis bien qu'il ne porte pas sa tête...

    Les passages couverts peu connus

    Celui-ci, portant les clefs de la ville, est assurément Etienne Marcel, le premier Prévost des marchands de Paris.

     Les passages couverts peu connus

    Anne-Marie a apporté de la documentation sur les enceintes de Paris : celle de Philippe Auguste, créée en 1200, est en bleu sur la photo tandis que l'enceinte de Charles V (construite plus d'un siècle plus tard) ne concerne que la rive droite de la Seine (à gauche sur la photo). Le plan est ici orienté Est-Ouest au lieu de la représentation classique Nord-Sud.

    Cette carte date de 1572 : elle a été établie par Sébastian Münster.

    Les passages couverts peu connus

    A l'intersection de la rue Saint-Denis et de la rue de Turbigo, il y a une brèche entre deux immeubles : c'est l'impasse des peintres, tracée à l'extérieur de l'enceinte de Philippe Auguste créée en 1200. On est ici à la porte Saint-Denis, première du nom.

    Les passages couverts peu connus

    Une plaque sur l'immeuble en face le confirme.

     Les passages couverts peu connus

     Chemin faisant nous arrivons dans la rue du Bourg-l'Abbé où se trouvaient autrefois les Bains Guerbois, des thermes créés en 1885 pour une clientèle raffinée et fortunée (un mélange d'intellectuels et d'artistes).

    Les passages couverts peu connus

    Une plaque en bas de l'immeuble rappelle le passé de cet établissement devenu depuis cette année un Hôtel de luxe, doublé d'une boîte à la mode et d'un restaurant.

    Les passages couverts peu connus

    Anne-Marie s'arrête maintenant rue Saint-Martin devant l'une des "pelles Starck" comme on les appelle communément : ces panneaux indicateurs qui racontent l'histoire de Paris sont en fait en forme de rame pour rappeler la devise de la ville "Fluctuat nec mergitur".

    Rassurez-vous, je viens de l'apprendre grâce à Wikipédia... Les balades d'Anne-Marie ont ça de bon qu'elles m'obligent à fouiller sur le net (impossible de tenir crayon et papier quand on a déjà en main un appareil photos...).

    Les passages couverts peu connus 

    Celle-ci raconte l'invention des fiacres : tout est parti de Nicolas Sauvage, maître des coches d'Amiens qui en 1612 loua ici, rue Saint-Martin (ou rue Saint-Antoine : il y a un doute...) une grande maison à l'enseigne de Saint-Fiacre. Ce dernier avait en effet prédit à Anne d'Autriche qui désespérait d'avoir un héritier mâle, qu'elle aurait un fils (comment le fit-il à plusieurs siècles d'écart, l'histoire ne le dit pas...). La vénération du Saint était si grande que tous les cochers collèrent sur leur voiture l'effigie du bienheureux, comme garantie contre les accidents.

    Depuis ce temps, les carrosses de louage s'appellent des fiacres.

    A l'heure actuelle, pour se protéger des accidents c'est plutôt à Saint-Christophe qu'on se voue... et Saint-Fiacre, lui, est plus connu comme le Patron des jardiniers : c'est en tout cas ainsi que le présente l'iconographie.

    Les passages couverts peu connus

    A la veille de la Révolution, il y a en environ 800, répartis en 33 stations, plus 650 carrosses de remise. Les cochers ont une réputation détestable et la Préfecture de Police tente d'exercer sur eux un contrôle très strict: chaque voiture doit posséder son numéro, acheté fort cher à la Ville, son livret de maître et son permis de station et de circulation. A son apogée vers 1900, le fiacre connaît ensuite un déclin rapide, concurrencé par le véhicule à traction automobile, vite appelé "taxauto" puis "taxi", par abréviation de taximètre.

    Nous voici au 223, rue Saint-Martin : ici, on peut entrer dans le Passage de l'Ancre.

    Les passages couverts peu connus

    C'est un havre de paix dont on ne peut absolument pas se douter de l'existence en passant devant la porte cochère. C'est là que Nicolas Sauvage remisa en 1637 dans l'Auberge du Grand Saint-Pierre les vingt premiers fiacres.

    Annette était de la balade !

    Les passages couverts peu connus

    La campagne à Paris... Beaucoup de bureaux se cachent derrière ces façades arborées.

    Les passages couverts peu connus

    Une exception : l'enseigne de PEP'S qui est un magasin de réparation de parapluies, ombrelles et cannes. Son activité est unique en France : installé depuis les années 60 dans le "quartier du parapluie" du Sentier de Paris, le magasin a été au service des professionnels, puis maintenant de tous les particuliers amoureux de leurs parapluies.

    Une belle enseigne en tout cas

    Les passages couverts peu connus

    Le Passage de l'Ancre ressort sur la rue de Turbigo.

    Les passages couverts peu connus

    A deux pas d'ici, dans le IIème arrondissement cette fois-ci, nous arrivons devant l'entrée du Passage Bourg-l'Abbé côté rue Palestro.

    Les passages couverts peu connus

      Les deux cariatides qui encadrent l’entrée, sculptées par Aimé Millet sont des allégories du Commerce (à gauche) et de l'Industrie (à droite).

    Les passages couverts peu connus

    Au centre, un médaillon représente une ruche, symbole de l'activité économique.

    Les passages couverts peu connus

    Le passage communique de l'autre côté avec la rue Saint-Denis.

    Les passages couverts peu connus

    Côté rue de Palestro, un joli baromètre

    Les passages couverts peu connus

     Les passages couverts peu connus

    Traversant la rue Saint-Denis, nous nous dirigeons vers le Passage du Grand Cerf

    Les passages couverts peu connus

    Il fait communiquer la rue Saint-Denis avec la rue Marie Stuart.

    Les passages couverts peu connus

    Ce n'est pas à cause de ce cerf qu'un café a pris pour enseigne que le passage est ainsi appelé mais parce qu'il a été construit à l'emplacement de la "Maison du roulage du Grand Cerf" qui était le terminus des Messageries Royales.

    Les passages couverts peu connus

    Il est réputé pour la hauteur de sa verrière (11,80 mètres), la plus haute de tous les passages couverts parisiens.

    Les passages couverts peu connus

    Les commerces du passage du Grand Cerf sont principalement ceux de designers et de créateurs (bijoux, artisanat, mobilier…). Autant dire que le flâneur peut se régaler !

    Les passages couverts peu connus

    Les passages couverts peu connus

    Les passages couverts peu connus

    Au débouché de la rue Marie Stuart, une pelle sur l'Histoire de Paris concernant ladite rue.

    Les passages couverts peu connus

    La rue Marie-Stuart était située en deçà de l'enceinte de Philippe Auguste : elle s'appelait à cette époque la "rue Tire-Vit" (vit étant synonyme de pénis en latin). C'est là, au bord de la ville, que Saint-Louis, par un édit de 1256, avait fait refouler les femmes de petite vertu.

    On en tirera le nom de "bordel".

    Un petit dessin sans équivoque au centre de la pelle rappelle ce passé.

    Les passages couverts peu connus

    Dans la seconde moitié du XIVème siècle, l'enceinte de Charles V intègre le quartier à la Ville ; la rue change peu de temps après de nom pour prendre celui moins vulgaire de "rue Tire-Boudin".

    Peu après, la jeune épouse de François II, Marie Stuart, passant par là, en demanda le nom : comme il n’était pas honnête à prononcer, on en changea la dernière syllabe et ce changement a subsisté jusqu'en 1809 où le nom actuel fût donné à la rue par décision ministérielle.

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    Nous voici maintenant dans l'impasse Saint-Denis.

    Les passages couverts peu connus

     Les enseignes de la rue sont sans équivoque : c'est bien ici que se trouve l'un des quartiers les plus "chauds" de la Capitale !

    Les passages couverts peu connus

    La rue Saint-Denis croise la rue Réaumur : on y trouve quelques belles façades post haussmanniennes, telle que celle de cet ancien magasin de nouveautés "Au Réaumur" inauguré en 1897. Le magasin a fermé dans les années 60. L'horloge en mosaïque était à l'origine éclairée...

    Les passages couverts peu connus

    Cet immeuble du 63 de la même rue fût construit vers 1900. Il est remarquable par son "porche" gothique pourvu d'une immense horloge.

    Les passages couverts peu connus

    Nous dirigeant toujours vers le nord, nous passons près d'une "pelle" qui rappelle l'histoire de la rue du Ponceau : un petit pont sur la rue Saint-Denis permettait de traverser le grand égout à ciel ouvert. En 1605, ce cloaque qui empuantissait les environs fut couvert aux frais du Prévost des marchands, François Miron, entre les rues Saint-Martin et Saint-Denis. Ceci permit de créer la rue de l'Egout-du-Ponceau, devenue rue du Ponceau.

    A l'intersection entre la rue du Ponceau et la rue Saint-Denis se tenait autrefois une fontaine qui a été déplacée au 142 rue Saint-Denis. Mais oh... surprise : ici la fontaine a également disparu !

    Les passages couverts peu connus

    Le Passage du Caire fut édifié en 1798 après la campagne d'Egypte de Napoléon Ier. Les galeries sont au nombre de trois : la galerie Saint-Denis, la galerie Sainte-Foy et la galerie du Caire. Avec ses 370 mètres de longueur, le passage du Caire est le plus long de Paris. En revanche, avec ses galeries de 2,70 mètres de largeur moyenne, il est aussi un des plus étroits.

    Mon amie Marie-France fait elle aussi partie des accros des visites guidées d'Anne-Marie.

    Les passages couverts peu connus

    La principale industrie de ce passage au XIXème siècle était l'imprimeriela lithographie et la fabrication des chapeaux de paille. Actuellement, c'est principalement la fabrication de mannequins pour vitrines de magasins de mode.

    C'est un passage sans aucun décor qui n'a rien à voir avec celui du Grand Cerf où il fait bon flâner...

    Les passages couverts peu connus

    Les passages couverts peu connus

     Entrés par la rue Saint-Denis, nous en ressortons par la Place du Caire qui mérite vraiment d'être connue. Pour moi, c'est une découverte : eh oui, Paris me réserve encore bien des surprises...

    La Place triangulaire se situe à l'emplacement de l'ancienne Cour des miracles ainsi appelée parce que le soir les mendiants (handicapés le jour) retrouvaient la santé comme par miracle... Elle fut, pendant le XIXème siècle, le domaine des cardeuses de matelas.

    Les passages couverts peu connus

    Après le percement du passage dès 1798 sur l'emplacement du Couvent des Filles-Dieu, l'immeuble de cinq étages qui en constitue l'entrée sur la place du même nom fut décoré dans un style "retour d'Égypte" en 1828 par l'architecte Berthier. Les sculptures sont de Joseph Garraud. Un café égyptien s'établit au rez-de-chaussée en 1805 tandis que l'actuel café a pour nom "Le Champollion"...

    Les passages couverts peu connus

     La façade comporte trois effigies de la déesse Hathor, reconnaissable à ses oreilles de vache. Sur les étages supérieurs, on quitte l’Egypte antique pour le Moyen-Age dans un style néogothique pour l’ornementation des fenêtres.

    Les passages couverts peu connus

    La frise pseudo-égyptienne illustre des scènes de bataille.

    Les passages couverts peu connus

    Tout en haut, une caricature du peintre Henri Bougenier. C'était un élève qui travaillait dans l’atelier du peintre Antoine-Jean Gros au début du XIXe siècle et dont le nez était la cible de ses camarades. Un jour il en eut assez, et se fâcha. Pour le punir, ses condisciples crayonnèrent son nez sur tous les murs de Paris !

    On parle du "nez de Bouginier"

    Les passages couverts peu connus

    Empruntant la rue d'Aboukir puis la rue d'Alexandrie (l'Egypte a envahi le quartier...), nous revenons sur la rue Saint-Denis où une sculpture rappelle qu'ici, au coin de la rue de Tracy, est né l'historien Jules Michelet dans un immeuble ayant remplacé en 1775 la Maison des Filles-Saint-Chaumond.

    Les passages couverts peu connus

    Je n'arrive pas à me souvenir comment nous sommes rentrés dans cette cour d'immeuble traversante... mais avouez que cela aurait été dommage de la manquer.

    Les passages couverts peu connus

    Les passages couverts peu connus

    Le Passage Lemoine débouche dans le Boulevard de Sébastopol. C'est une succession de couloirs étroits qui s'élargissent par endroits pour former des courettes.

    Les passages couverts peu connus

    Les passages couverts peu connus 

    Notre promenade s'achève à la Porte Saint-Denis...

    Les passages couverts peu connus

    Le sentier est bien présent ici avec l'agitation des camions de livraison et ses livreurs conduisant des diables.

    Les passages couverts peu connus

    Les passages couverts peu connus

    L'Arc de triomphe a été construit en 1672 par l'architecte François Blondel et le sculpteur Michel Anguier à la gloire de Louis XIV (celui-ci vient de remporter des victoires en Hollande et sur le Rhin). Il est situé à l'emplacement d'une porte médiévale de l'ancienne enceinte de Charles V.

    C’était par cette porte que les rois mais aussi des personnages importants se présentaient devant Paris pour faire une entrée somptueuse.

     

    Les passages couverts peu connus

    Les passages couverts peu connus

    La face Sud qui fait face à la rue Saint-Denis représente le passage du Rhin mettant en déroute les troupes ennemies. Observez à gauche l'originalité de la tête de l'homme mort qui sort du cadre du bas-relief.

    Les passages couverts peu connus

     Nous sommes arrivés au métro Strasbourg Saint-Denis : fin de la promenade...

    Merci Anne-Marie pour cette belle balade.


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    Pour cette après-midi des "Petites promenades dans Paris" Anne-Marie nous a donné rendez-vous au métro Ranelagh dans le 16ème arrondissement.

    Non loin de là, l'Avenue des Chalets abrite de très jolies villas.

    Il s'agit en réalité d'une impasse privée.

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

     La rue du Ranelagh n'a rien à envier à l'Avenue des Chalets : elle abrite aussi de très jolies constructions comme celle-ci où Alain Peyrefitte, l'homme d'état et l'écrivain, habita les vingt-cinq dernières années de sa vie.

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

    Pas désagréable non plus cette maison au balcon garni de pots de fleurs en porcelaine émaillée...

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

    Quant à l'Ambassade du Suriname, elle crèche ici, au numéro 94.

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

    Nous voici maintenant sur l'ancienne petite ceinture : une voie ferroviaire de 32 kms construite dans la deuxième moitié du XIXème siècle afin de relier les gares parisiennes. La voie, désaffectée en 1993, a été reconquise par la flore et par la faune. Elle a été aménagée en promenade de façon à préserver la biodiversité et est désormais sous la protection des parisiens.

    Mais oui : on est à Paris !

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

    Prenant la rue de l'Assomption, nous empruntons la rue Blanche pour rejoindre la rue Mallet-Stevens du nom du grand architecte français de l'entre-deux guerres.

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

    La rue a pour origine un lotissement : l'achat des terrains et les permis de construire s’échelonnent de 1925 à 1926. Cinq immeubles sont construits : l'un d'eux est réservé à la famille de Robert Mallet-Stevens. La structure des édifices est en béton armé et les éléments de confort et d’hygiène (éclairage, chauffage, terrasses…) sont privilégiés. Pour l’aménagement intérieur des hôtels, Mallet-Stevens fait appel à des décorateurs du Mouvement moderne.

    L’inauguration de la rue, le 20 juillet 1927, est filmée par les actualités cinématographiques. Cette rue porte dès sa création le nom de l’architecte, à la demande de ses habitants.

    Voici l'immeuble qu'il a créé pour loger sa famille.

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

    Nous rejoignons ensuite le Boulevard de Beauséjour : au N°47 une plaque indique qu'Henri Bergson habita l'immeuble jusqu'à sa mort en 1941.

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

     Anne-Marie nous fait une petite piqûre de rappel...

    Brillant élève de l'actuel Lycée Condorcet puis brillant professeur au Lycée Henri IV, il fût nommé Professeur au Collège en France en 1900...

    D'origine juive, il est tenté de ses convertir au catholicisme mais y renonce quand il pressent la montée de la vague d'antisémitisme qui déferle sur le monde dans les années 30.

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

     Plus loin, c'est au N°21 que nous faisons halte : ici habita Jacques-Henri Simon alias "Sermoy" dans la Résistance. Représentant de l'Organisation Civile et Militaire au Conseil National de la Résistance, il fait partie du réseau "Centurie" mais est arrêté en avril 1944 par la police secrète militaire allemande (la GFP) et on perd alors sa trace... On pense qu'il a été fusillé à la Citadelle d'Arras.

     Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

    L'immeuble d'à côté est également célèbre : c'est ici qu'a vécu le Président Albert Lebrun (de 1932 à 1940), pendant les 5 dernières années de sa vie.

    Albert Lebrun a fait deux mandats en tant que Président de la République : lors de son deuxième mandat, il est partisan du départ pour l'Afrique di Nord et opposé à l'armistice. Il est néanmoins conduit à nommer le Maréchal Pétain Président du Conseil et le regretta par la suite quand il vit le tournant que prit l'histoire.

     Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

    La chance !

    Grâce à une aimable jeune femme (qui rentrait ici et nous a laissé la porte ouverte...), nous accédons maintenant à un domaine très privé : celui de la Villa de Beauséjour.

    La Russie était l'un des invités d'honneur de l'Exposition Universelle de Paris en 1867. Un village russe avait été aménagé qui fut remonté dans le quartier de la Muette une fois l'exposition terminée. Ces petites maisons existent toujours...

     Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

     Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

    On le voit mal sur la photo mais ce toit est en tuiles vernissées.

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13 

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13 

    L'autre isba est en travaux actuellement mais son toit promet d'être remarqué par les couleurs vives de ses tuiles vernissées.

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

    Nous voici tout doucement arrivés à la Gare de la Muette qui, avec son horloge, est classée aux Monuments Historiques.

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

    La bâtisse de la Gare de Passy-La-Muette construite en pont sur les voies de la Petite Ceinture a reçu les premiers voyageurs de la ligne d’Auteuil, reliant la gare Saint-Lazare à la gare d’Auteuil-Boulogne en 1854. La ligne, définitivement abandonnée en 1985, reste sans vie pendant 10 ans. La concession renaît en 1995 en accueillant un restaurant de style colonial.

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

    Et voici les Jardins du Ranelagh : Lord Ranelagh, d'origine irlandaise, aurait fait édifier une rotonde à musique avec bal public dans son parc de Chelsea au 18e siècle, à la suite de quoi un aménagement de même nature fut introduit sur la pelouse du château de la Muette en 1774, et resta à la mode sous le Directoire, l'Empire et la Restauration.

    En 1860, le Baron Haussmann qui est préfet de Paris charge Jean-Charles Alphand de le redessiner.

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

     

    Plusieurs statues dans les jardins du Ranelagh

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

     

    La méditation par Tony Noël (1882)

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

     

    Plus connu, le Monument à La Fontaine

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    L'écrivain regarde avec attendrissement les héros de sa fable.

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

     

    Le corbeau

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     et le renard alléché par l'odeur du fromage...

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

     

    Ce pêcheur tenant la tête d'Orphée est d'Eugène Longepied (1883)

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

    Anne-Marie nous rappelle qu'ici se tient le manège de chevaux de bois le plus ancien de Paris : il se tourne à la manivelle ! Aujourd'hui, il n'est pas en fonctionnement : dommage...

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

    Elle nous dit aussi que c'est d'ici que partit le 15 octobre 1783 le premier vol en ballon libre monté de Pilâtre de Rozier et du marquis d'Arlandes qui s'envolèrent dans leur montgolfière de papier chauffée au feu de paille pour se poser 25 minutes plus tard à la Butte aux Cailles, entre deux moulins.

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

     

    Notre balade se termine par la découverte des bâtiments de l'OCDE situés rue André Pascal (en haut de cette carte).

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

     

    Encore quelques belles architectures avant d'y arriver

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

     

    Prenons de la hauteur pour mieux comprendre la géographie des lieux...

     

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

     

    L'OCDE (ou Organisation de coopération et de développement économiques) publie régulièrement des études économiques et des statistiques concernant ses états membres.

    Le Centre de conférences de l'OCDE a ouvert ses portes en 2008.

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

    Son siège se trouve au Château de la Muette : le bâtiment actuel, construit dans le style du XVIIIème siècle, a été édifié par Henri de Rothschild sur des plans de l'architecte Lucien Hesse, au début des années 1920.

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

    C'est devant le Monument à Victor Hugo évoquant "La légende des siècles" que nous nous séparerons.

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

    Les jardins du Ranelagh avec Générations 13

     Merci beaucoup à Anne-Marie pour cette sympathique après-midi de découverte de Paris. 


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  •  Ce vendredi, nous avons commencé la balade du "Paris de la Grande Guerre" à la Gare de l'Est. Mes amies Marie-France et Élisabeth étaient de la partie avec leurs parapluies (assortis par le plus grand des hasards...) car cette fois-ci les prières d'Anne-Marie pour avoir du beau temps n'avaient pas été exaucées !

    Depuis que la gare a été rénovée en l'honneur de l'arrivée du TGV Est Européen, la grande fresque d'Albert Herter, peintre américain décédé en 1950, a pris position à l'extrême gauche dans le Hall Alsace, celui des départs : on la voit donc dès qu'on entre dans la gare.

     Elle s'intitule "Le départ des poilus, Août 1914" et représente un train à l'arrêt devant lequel se presse une foule d'hommes, de femmes et d'enfants venus accompagner les conscrits qui partent au front. Au centre du tableau, un jeune homme brandit, dans une attitude courageuse, d'une main un képi et de l'autre un fusil au canon fleuri : l'idée d'une "guerre éclair" est dans tous les esprits même si les anciens se souviennent encore de la guerre de 70...

    Il s'agit en fait du fils du peintre, Everit Harper, décédé au cours de la bataille du bois de Belleau à la fin de la guerre. Albert Herter s'est aussi représenté sur la toile, à droite, un bouquet à la main, sa femme se tenant sur la gauche du tableau : quand il a peint cette toile en 1926, il y a rassemblé en même temps l'insouciance de la jeunesse et la sagesse mêlée de tristesse des anciens.

    Cliquez sur l'image pour l'agrandir...

    Le fils du peintre "la fleur au fusil"

    Le peintre, un bouquet à la main

    La femme du peintre, les mains jointes

    Au sortir de la gare, la pluie a cessé fort heureusement et nous rejoignons en métro la Place de l’Étoile où se trouve le tombeau du Soldat inconnu. Sous l'Arc de Triomphe, Anne-Marie nous explique qu'il est possible d'assister à la cérémonie de ravivage de la flamme qui a lieu chaque jour à partir de 18h00. Par contre, je suppose que la liste d'attente est longue...

    Afin d’éviter que le tombeau du Soldat inconnu ne sombre dans l’oubli, le journaliste Gabriel Boissy suggère en 1923 qu’une Flamme du Souvenir veille nuit et jour sur la tombe sacrée. Le 11 novembre 1923, la Flamme est allumée par André Maginot, alors ministre de la Guerre.

    Depuis cette date, elle ne s’est jamais éteinte, même sous l’Occupation.

    Une plaque de cuivre au sol rappelle que l'Alsace-Lorraine n'a été rendue à la France qu'en 1918.

    J'ai trouvé un schéma qui montre le déroulé de la cérémonie avec les places protocolaires de chacune des parties. Il y a d'abord le dépôt de gerbe (1), puis c'est le ravivage de la flamme par les associations d'anciens combattants (2), suivi par la salutation des invités (3) et enfin la signature du Livre d'Or (4).

    C'est à pied que nous descendons les Champs Élysées pour rejoindre le Rond-Point du même nom où se trouve la statue de Georges Clémenceau.

    Pas le temps (ni l'argent !) de faire les boutiques mais une petite photo au passage tout de même : les illuminations vont bientôt battre leur plein (il paraît que c'est Omar Sy qui sera chargé cette année d'appuyer sur le bouton magique...).

    Des chrysanthèmes : en veux-tu en voilà ! Ils décorent harmonieusement la statue en hommage au "Père la Victoire" érigée, nous dit Anne-Marie, sur un bloc de grès provenant de la forêt de Fontainebleau.

    La gerbe du Président de la République (au premier plan) ne "botte" pas trop Annette : tout comme moi, elle préfère celle de LA Maire de Paris (au second plan) qui ne comporte pas de fleurs teintes...

    Joli bronze de François Cogné (inauguré le 24 novembre 1932, jour anniversaire de la mort du "Tigre")

    Ne m'étant pas bien positionnée par rapport à la statue, je n'avais pas compris l'explication d'Anne-Marie sur le mouvement du cache-col du grand homme (le sculpteur s'étant inspiré de la Victoire de Samothrace) mais, grâce à mon ami internet, me voici au parfum : l'écharpe vole bien au vent !

    Un peu plus loin, sur le Cours-La-Reine, se trouve le monument érigé en 1938 par la France en l'honneur du Roi des Belges, Albert 1er, décédé accidentellement dans un accident d'escalade quatre ans plus tôt, et surnommé "le roi-soldat" par son peuple qui lui voue une grande admiration. En effet, tandis que le gouvernement s'exile à Sainte-Adresse, près du Havre, le roi reste en Belgique (il établit son état-major dans la ville de Furnes) pour commander ses troupes.

    La statue équestre est d'Armand Martial.

    Tout autour du socle de la statue se trouvent des blasons représentant les dix provinces belges. Tout à fait par hasard, j'ai photographié un blason flamand et un blason wallon !

    Celui-ci est celui de la Province d'Anvers (en Flandres).

    Cet autre est celui de la Province du Brabant Wallon.

    De part et d'autre du socle de la statue se trouvent de fort beaux bas-reliefs.

    L'un évoque le martyre des villes belges : il est daté de 1914.

    Sur l'autre, c'est la victoire de 1918 qui est commémorée.

    Longeant la Seine, nous passons devant l'Assemblée Nationale,

    et longeons la Grande Roue de Marcel Campion : celle-ci possède maintenant des nacelles fermées alors que je la connaissais il y a une bonne dizaine d'années "à tout vent" : j'en ai des souvenirs cuisants par un mois de décembre... mais, la vue d'en haut en valait la chandelle !

    La Place Louis XV ainsi qu'elle était nommée jusqu’en en 1792 (elle prit ensuite le nom de Place de la Révolution puis de Place de la Concorde), est de forme octogonale. Elle est l’œuvre d'Ange-Jacques Gabriel, architecte du Roi ( à ne pas confondre avec l'Ange du même nom...!). Celui-ci y fit construire 8 guérites (qu'on appellera logiquement plus tard "les guérites de Gabriel") pour en marquer les 8 angles. C'est au-dessus de ces 8 guérites que l'architecte de Louis-Philippe, Jacques Ignace Hittorff, érige des statues représentant les plus grandes villes de France (à l'époque).

    Deux d'entre elles sont à l'effigie des villes de l'est de la France : celle de la Ville de Strasbourg et celle de la Ville de Lille.

    La statue de la Ville de Strasbourg aurait bien besoin d'un petit nettoyage...

    Cette statue a été drapée de noir pendant toute la période où l'Alsace-Lorraine était allemande (donc de 1871 à 1918) mais, tout comme Anne-Marie, je n'ai pas trouvé sur le net la moindre photo y faisant référence...

    Merci Photoshop !

    La statue de la Ville de Lille, tout comme celle de Strasbourg, est ceinte d'une couronne de remparts et est munie d'un sceptre.

    Nous enfournant dans le métro, nous débouchons sur les Grands Boulevards à la recherche de la rue du Croissant : c'est en effet dans cette rue et dans un café portant le même nom que Jean Jaurès fût assassiné le 31 juillet 1914 par Raoul Villain, un jeune homme de 29 ans peut-être un peu simple d'esprit mais surtout ultra-nationaliste. Il reproche en particulier à Jaurès son antimilitarisme (celui-ci avait fait l'année précédente un discours devant 150000 personnes au Pré Saint-Gervais pour argumenter contre "la loi des trois ans" qui augmentait d'un an la durée du service militaire)...

    Jaurès fût assassiné par 2 balles tirées à bout portant alors qu'il dînait à une table du café, dos à la fenêtre ouverte en raison de la chaleur, avec plusieurs de ses collaborateurs.

    Sur la devanture de la Taverne du Croissant (c'est son nom actuel), une plaque de marbre a été apposée pour commémorer l'événement.

     

    A l'intérieur, dans un petit coin du café, un espace est réservé aux journaux de l'époque.

    Merci beaucoup Anne-Marie d'avoir préparé et accompagné cette promenade.


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  • Pour faire la visite du quartier du Gros Caillou situé dans le 7ème arrondissement de Paris, Anne-Marie nous avait donné rendez-vous ce vendredi après-midi à deux pas de la tour Eiffel, devant le Kiosque d'entrée de la visite publique des Égouts de Paris.

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Ce n'est que sous Philippe Auguste, vers 1200, que Paris se dote de pavés avec, en leur milieu, une rigole d'évacuation. Les eaux sales sont rejetées sur la rive droite dans le ruisseau de Ménilmontant tandis que la Bièvre accueille celles de la rive gauche, le tout se déversant, au final..., dans la Seine. Il faudra attendre 1850 et le Baron Haussmann pour que se développe le réseau d'égouts actuel.

    Il existait autrefois dans ce quartier une manufacture de tabacs, la Manufacture du Gros Caillou. Elle se situait rue Jean Nicot, une rue donnant sur le quai d'Orsay et employait près de 2000 ouvriers (payés 3 francs par jour pour les hommes et 2 francs pour les femmes, les femmes étant préférées aux hommes car elles ont de plus petites mains pour rouler les cigarettes...).

    La manufacture a été fermée en 1904 puis démolie quatre ans plus tard.

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    L'intérieur de la manufacture

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Nous commençons la visite du quartier par cet immeuble Art déco du 91-93 quai d'Orsay construit en 1930 par Léon Azéma. Des motifs en écaille de poisson ornent sa façade et des balcons triangulaires en pierre lui donnent un petit air de proue de navire, un motif cher aux architectes de l'époque. Les garde-corps du bâtiment formant l'angle avec l'Avenue Bosquet sont ornés de ferronneries en forme de damier.

    Un style à la fois sobre et élégant

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Tournant dans la rue Cognacq-Jay, nous apercevons l'ancien siège des studios de la télévision.

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    L'immeuble abrite actuellement différentes chaînes de télévision mais pas les plus grandes : on y trouve entre autres les chaînes "Voyage", "LCP", "Public Sénat"...

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    L'histoire de cet immeuble est intéressante : Anne-Marie nous la raconte avec documentation et images à l'appui.

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    A sa place se trouvait autrefois le Magic City, premier parc d'attractions de France, qui a ouvert de 1900 à 1934. Principalement destiné à une clientèle d'adultes, il regroupait spectacles, attractions foraines, restaurant, salle de bal pouvant recevoir 3000 personnes et réputée pour accueillir une clientèle gay, skating, palais persan, curiosités, représentations "d’indigènes"  (ceux-ci étaient originaires des Philippines).

    On a du mal à croire qu'il y a moins de 100 ans il existait un public pour ce genre de spectacle mais, à tout bien réfléchir, je me souviens avoir vu étant petite, à la Foire du Trône, la femme à barbe... et n'en n'avoir pas été plus choquée que ça !

    Autres temps, autres mœurs...

    A partir de 1920 , il y fût organisé chaque année le bal travesti de la Mi-Carême : en effet, le Magic City était le phare des nuits homosexuelles de Paris comme le montre cette photo de Brassaï (1931).

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Il fût fermé le 6 février 1934 par décision des autorités. Néanmoins, la grande salle de bal sera conservée (la salle continue à être utilisée pour des événements) et c'est là que s'installeront les premiers studios de télévision...

    En effet, en 1942 les autorités allemandes la réquisitionnent et, après restauration, la transforment en studio TV : la chaîne allemande Fernsehsender Paris est destinée à distraire les blessés de guerre dans les hôpitaux. Elle diffusera ses émissions (après que l'émetteur de la tour Eiffel saboté par la résistance ait été remis en service) du 7 mai 1943 au 12 août 1944.

    La salle de bal avant restauration

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    La salle de bal après sa transformation en studio TV

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    A la fin de la guerre, Kurt Hinzmann , le directeur artistique de "Fernsehsender Paris", après avoir refusé de détruire l'émetteur de télévision de la Tour Eiffel..., laisse ainsi à la France une station de télévision intacte et totalement opérationnelle, parmi les plus performantes du monde.

    Les studios Cognacq-Jay fonctionneront jusqu'en 1963, date de l'ouverture de la Maison de l'ORTF.

    Non loin de là, au 182 de la rue de l'Université, un bel immeuble haussmannien : c'est là que Rodin avait installé son atelier de taille de pierre (au Dépôt des marbres)...

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Empruntant le Passage Landrieu, nous rejoignons ensuite la rue Saint-Dominique et l'Eglise qui porte le nom du quartier. Mais, me direz-vous, qu'est-ce donc que ce "Gros Caillou" ?

    Anne-Marie nous apprend qu'au milieu du premier millénaire, l’abbaye de Saint-Germain des prés partageait les terrains de la plaine de Grenelle avec celle de Sainte Geneviève et qu'une borne en pierre (située à l'actuel emplacement de l'église) séparait les deux propriétés.

    Je n'ai trouvé que ce plan datant de 1700 pour vous situer à la fois la plaine de Grenelle et ce fameux quartier du "Gros Caillou".

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Il est amusant de comparer ce plan avec un plan établi en 1900... Vous avez vu : l'île des cygnes (ainsi nommée parce qu'une ordonnance royale de 1676 y a placé ces animaux à plumes...) a disparu, mangée par le 7ème arrondissement (depuis la fin du XVIIIème siècle) !

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    A l'époque où le quartier du Gros Caillou se développa, il devint nécessaire de construire une église pour suppléer à Saint-Sulpice : ainsi est née Saint-Pierre du Gros Caillou.

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    L'intérieur de l'église est sobre.

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    On y trouve un plaque qui rappelle le passé révolutionnaire de la France : le premier Maire de Paris (éminent scientifique), Jean-Sylvain Bailly, y fût enterré après avoir été guillotiné pour avoir déposé en faveur de Marie-Antoinette...

    Autres temps, autres mœurs... Décidément, je me répète !

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Derrière le chœur se trouve un accès à une chapelle qui possède de jolis vitraux modernes.

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Mais ce qui frappe surtout dans cette chapelle c'est une frise de branchages qui en fait le tour, rappelant la couronne d'épines du Christ.

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Admirez le réalisme de cette crucifixion !

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Au sortir de l'église, on trouve une boutique qui porte un nom évocateur : Aux Merveilleux de Fred

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Sur les murs de cette belle boutique, une fresque rappelle cette mode extravagante que suivaient les Me'veilleuses et les Inc'oyables en réaction à la sombre période de la Terreur.

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Fred, le patron, a créé "les Merveilleux" et les a déclinés en 6 parfums : le Merveilleux, l'Incroyable, l'Impensable, l'Excentrique, le Magnifique et... le Sans-Culotte ! Il s'agit d'une meringue enrobée de crème fouettée... Alléchant, non ?

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Mais nous ne sommes pas là pour faire du lèche-vitrines car j'ai encore plus de 25 photos à vous montrer comme ce bel Hôtel Particulier de la rue de l'Exposition (l'Hôtel de Béhague), occupé par les locaux de l'Ambassade de Roumanie à Paris.

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Les lourdes portes en bois sont ornées de poignées de bronze très élégantes.

    Une Vénus pudique...

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    De Vénus, nous passons à Mars avec cette fontaine où un bas-relief représente Hygie, la déesse de la Santé, offrant de l'eau au dieu de la Guerre. Au passage, j'apprends l'origine du mot Hygiène !

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Et la fontaine fonctionne : pour preuve, ce mascaron de bronze !

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Ce café n'a pas cherché midi à quatorze heures pour trouver le nom de son enseigne !

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Tiens : en parlant d'heure, Anne-Marie nous montre une horloge (située à l'entrée de la rue de l'Exposition) : elle indiquait l'heure aux ouvriers qui travaillaient dans ce quartier industrieux... Aujourd'hui, c'était une horloge de patron !!!

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Un peu plus loin dans la rue Saint-Dominique, le Collège italien Leonardo da Vinci a belle allure.

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Il est signé de l'architecte Jules Lavirotte, l'un des maîtres de l'Art nouveau et date de 1899.

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Et celui-ci, qu'en pensez-vous ? Il est signé, deux ans après, du même architecte et était habité par Alexandre Bigot, son propriétaire, qui en avait fait la vitrine de son métier : céramiste. Délirant, non ? En même temps, les deux hommes ont dû se faire plaisir !

    Aucune symétrie sur la façade : tout est basé sur le déséquilibre...

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    La porte cochère est joliment mise en valeur par les sculptures de Jean-Baptiste Larrivé.

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Adam ?

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    et Eve, sans doute...

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    La signature de l'architecte

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    A deux pas de là, le square Rapp fait face à la Tour Eiffel.

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Sur la droite, un immeuble en brique et pierre a fière allure : il s'agit du Théâtre Fadyar.

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Sur la gauche, un immeuble assez extraordinaire aussi, toujours de Lavirotte (1903).

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Une très jolie grille en fer forgé précédée d'une fontaine clôt ce petit espace.

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    On sent que le Champ de Mars n'est pas loin : en témoigne cette Tour Eiffel en macarons...

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    et ce café situé au coin de... la rue du Gros Caillou.

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Nous voici maintenant dans la rue de Grenelle, vous savez : la rue de mon Ministère !

    Plusieurs vitrines amusantes : ici, un cordonnier...

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Là, un pharmacien

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Et cette crèche dont le bâtiment (ancien tout de même ) n'est pas extraordinaire mais qui a une histoire : c'est l'ancienne crèche de la Croix-Rouge où les ouvrières de la Manufacture de Tabac du quai d'Orsay venaient déposer leurs enfants avant d'aller travailler.

    Le quartier du Gros Caillou avec Générations 13

    Anne-Marie nous a lu un passage d'un livre qui dénonce le mauvais état de santé des enfants des manufacturières à cette époque là (Intervention du Dr Goyard lors du Congrès international d'hygiène tenu à Paris en 1878) :

    "L'enfant nicotinisé dès le sein de sa mère, et qui arrive pourtant à terme dans des conditions de viabilité, ne fait jamais du moins une brillante entrée dans le monde. D'après le témoignage des sage-femmes qui accouchent les ouvrières de la manufacture du Tabac, ces enfants naissent faibles et misérables et restent tels encore pendant des mois, parfois des années, surtout s'ils sont allaités par leur propre mère. Ils se distinguent de leurs petits compagnons par un teint pâle et blême, des formes exigües, un ensemble qui fait naître la pitié et la tristesse."

    Celles-ci étaient en effet souvent atteintes d'emphysème ou de cancer du poumon et les enfants trinquaient !

    La boucle est bouclée !

    Merci Anne-Marie pour cette agréable promenade


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  •   Déjà un mois que nous avons visité avec Anne-Marie le quartier des Batignolles et je trouve seulement aujourd'hui le temps d'en relater le déroulement. Identifier les photos, leur donner un nom, puis les retoucher parfois avant de finalement les mettre dans ce blog avec quelques mots autour, cela prend du temps finalement et..., en ce moment je cours sans cesse après !

    Le rendez-vous était donné au métro La Fourche que nous avons rejoint, Évelyne et moi, pour 14h30 pétantes : l'heure, c'est l'heure... Anne-Marie recense son petit monde dans le Square Ernest Chausson : nous sommes une petite vingtaine aujourd'hui : cool !

     0 - Square Ernest Chausson

     Et c'est le départ pour une balade de deux heures environ. Premier arrêt : la Cour Saint-Pierre, une impasse prenant sur le boulevard de Clichy et un vrai havre de paix dans ce quartier plutôt animé.

     1 - Cour Saint-Pierre

     1 bis - Cour Saint-Pierre internet

     Nous rejoignons ensuite la Cité Lemercier qui donne dans la rue du même nom.

     2 - Cité Lemercier

     C'est au N°11 que Jacques Brel séjourna à son arrivée à Paris, dans un petit hôtel où il resta jusqu'à son départ pour les Iles Marquises. Une plaque en cuivre le rappelle au visiteur curieux.

     3 - 11 Cité Lemercier - Hôtel de Jacques Brel

     L'immeuble ne présente guère d'intérêt architectural par ailleurs.

     2-ter---La-Cite-Lemercier-N-11---Hotel-de-Jacques-Brel.JPG

     Mais l'ensemble des petits immeubles clos par de jolies grilles en fer forgé est plaisant.

     4 - Cité Lemercier - Hôtel de Jacques Brel

     5 - Cité Lemercier

    Un petit détour par la rue de la Condamine pour admirer un bel immeuble haussmannien.

     6 - Immeuble rue de la Condamine

     Et cette petite maison, coincée entre deux immeubles, n'a-t-elle pas du charme... ?

     7 - Petite maison

     Qu'a dit Anne-Marie sur celui-ci ? Je ne sais pas car, comme toujours, je suis à la traîne... En tout cas, il surprend le passant.

     8 - 62 rue Lemercier - Immeuble moderne

     Une très jolie boutique de fleuriste, rue Legendre.

     9 - Fleuriste rue Legendre

     Au fait, voici le plan (très approximatif) de la balade que nous avons faite.

      En sillonnant ce quartier, je repense avec émotion à ma tante Léa (une grand-tante) qui a d'abord été femme de ménage à la Gare Saint-Lazare puis concierge au 14, rue de Bizerte et dont le petit-fils (Guy, un garnement qui faisait damner sa mère et ses grands-parents) deviendra plus tard Directeur de la Gare... Comme quoi, il ne faut jamais désespérer. J'ai marqué d'une flèche l'immeuble dans lequel elle habitait et où je venais souvent déjeuner avec mes parents étant petite...

     00---Plan-de-la-balade-approximatif.jpg

     Au 76 de la rue Nollet se trouve un immeuble de pierre et de brique fort élégamment sculpté. Je ne vous dis pas le prix que cela devait représenter... En tout cas, l'architecte s'est fait plaisir.

     12 - 76 rue Nollet

     10 - 76 rue Nollet

     11 - 76 rue Nollet

     C'est le cas aussi de cet immeuble situé au 43 de la rue du même nom.

    13 - Rue Nollet

     14 - 49 rue Nollet

     Chemin faisant nous arrivons devant l'ancienne usine électrique de la rue des Dames.
    Cette usine de production d'électricité fonctionnait au moyen de machines à vapeur. Le bâtiment inscrit aux Monuments historiques abrite désormais des services EDF-GDF.

     16 - Ancienne usine électrique des Dames

     On continue avec l'architecture avec cet immeuble à oeil de boeuf du 7 rue Bridaine.

     18 - 7 Rue Bridaine

     Mais quel est la raison de cet attroupement ?

     19 - Rue Lamandé 13-15

     C'est qu'ici, au 13-15 de la rue Lamandé, se trouve l'ancienne école polonaise des Batignolles comme le suggère l'aigle de la grille en fer forgé qui la clôture.

     20 - détail

     L'Ecole a été fondée en 1842 à l'initiative de l'émigration massive qui suivit la guerre polono-russe de 1830. Les bâtiments qui la composent entourent une élégante courette.

     21 - Détail

     L'Eglise Sainte-Marie des Batignolles se trouve au bout de la rue du même nom. Elle a la forme d'un temple grec et son fronton triangulaire est soutenu par quatre colonnes. C'est l'une des rares églises à ne pas posséder de clocher. Sa construction commence en 1828 grâce à des dons du Roi Charles X et de la comtesse d'Angoulême.

     22 - L'église des Batignoles

     Chemin faisant, nous arrivons Place du Docteur Félix Lobligeois : ici se trouve une très jolie fontaine Wallace, la véritable comme nous apprend Anne-Marie (que l'on reconnait à l'anneau qui permettait d'accrocher une timbale autrefois). Comme il fait beau, celle-ci a été une providence pour les "randonneuses" que nous sommes ! Contrairement à ce que je pensait, leur "architecte" n'est pas du tout Sir Richard Wallace (qui les finança) mais Charles-Auguste Lebourg : l'argent a fait la différence...

     23 - Fontaine Wallace Place du Dr Félix Lobligeois

     Tout à côté se trouve le Square des Batignolles.

     34 - Square des Batignoles

     Que fait cet oranger tout seul dans cette serre ? Il doit s'ennuyer je pense...

     25 - Le kiosque du Jardin des Batignoles

     26 - Le kiosque du Jardin des Batignoles

     Tout comme le Parc Montsouris, le Parc Monceau ou encore les Buttes-Chaumont, il possède sa rivière, sa cascade, son lac et sa grotte. A cette époque, on aimait le romantisme...

     28 - Jardin des Batignoles

     et tout comme dans ces autres parcs créés par Jean-Charles Alphand, les balustrades sont en ciment imitant le bois : un style à la mode au XIXème siècle.

     30 - Evelyne au Jardin des Batignoles

     La pièce d'eau comporte une sculpture en pierre noire de Volvic.

     Les Vautours de Louis Monard (1930).

     32 - Jardin des Batignoles - les rapaces

     Un arbre qui a dû voir passer beaucoup de monde...

    31 - Jardin des Batignoles

     Une des allées du Square porte le nom de la chanteuse qui le traversait autrefois : Barbara l'a en effet immortalisé dans sa très belle chanson "Perlimpinpin".

    32 - Jardin des Batignoles - Allée Barbara

    Au sortir du Square, des hommes "tapent le carton"...

     36 - Joueurs de carte aux Batignoles

     En face se trouve le chantier du nouveau quartier des Batignolles qui accueillera d'ici à les nouveaux locaux du Quai des Orfèvres :  la cité judiciaire de 160 m de haut, imaginée par l'architecte Renzo Piano (vous savez : l'architecte du Centre Pompidou) est attendue pour 2017. Que va nous réserver l'architecte italien cette fois-ci... ?

     35 - En direction du chantier des Batignoles

     Nous rejoignons la rue Brochant : c'est dans cet immeuble qu'est justement née Barbara, de son vrai nom Monique Andrée Serf.

     37 - 6 rue Brochant - naissance de Barbara

     38 - Plaque Barbara - Monique Serf

     En enfilant  la rue Brochant jusqu'au métro du même nom, nous arrivons à la Cité des Fleurs. Il s'agit d'une voie privée donnant sur le Boulevard de Clichy et débouchant sur la rue de la Jonquière au nord. L'accès au public n'est possible que de jour, un peu comme dans les parcs parisiens.

     51---Entree-Cite-des-Fleurs.jpg

    42---Cite-des-Fleurs-copie-1.JPG

     Il est 17 heures : nous avons donc tout le temps d'y faire un petit tour et d'écouter les explications que nous en donne Anne-Marie.

     44 - Cité des Fleurs

     Ce véritable "village dans la ville" date de 1847. La Cité des Fleurs possède en effet une église, une école, une crèche (à l'époque c'était celle de la Compagnie des Chemins de Fer de l'Ouest) et même une clinique (Catherine Deneuve et Françoise Dorléac y sont nées).

     Son origine remonte à la création par Ernest Goüin en 1846 de la première société de construction de machines ferroviaires à Paris (dans le village des Batignolles).  Celui-ci se spécialise dans la construction de locomotives et de machines de filature et sa société ne cesse de s’accroître employant rapidement 2 000 personnes (qu'il faut loger...). Plus tard la fabrique des Caramels Valentin-Picards puis la fabrique des Poupées Gerb's s'implanteront également dans ce quartier avec leur personnel.

     La Cité des Fleurs est constituée d'une voie centrale  bordée de maisons et d'hôtels particuliers, rythmée par trois placettes circulaires.

     Les conventions passées en 1847 et 1850 entre les fondateurs pour être appliquées par chaque acquéreur des lots de terrain sont particulièrement détaillées : leurs statuts définissent, entre autres :

      l'alignement des façades

      le nombre d'étages constructibles

      la hauteur des murs mitoyens

      la disposition des cours et des jardins

      les arbres obligatoires

      la présence de murets surmontés de grilles de clôture entre les pilastres en pierre de taille, toujours placés en vis-à-vis de part et d'autre de la voie et surmontés d'un vase Médicis d'un modèle unique.

     Ils contiennent aussi les droits et devoirs applicables aux propriétaires, aux habitants et au public ainsi qu'en témoigne encore cette pancarte.

     43 - Cité des Fleurs règlement de copropriété

     C'est là où je regrette de n'avoir pas plus grandi ! Les grilles sont hautes et gardent bien l'intimité de leurs habitants... (heureusement)

     45 - Cité des fleurs

     Les fameux vases Médicis

     46 - Cité des fleurs

     Arrondi d'une placette

     47 - Cité des fleurs

     Des trésors d'architecture se cachent derrière ces hautes grilles.

     49 - Cité des fleurs

     Le métro Guy Mocquet n'est pas loin... Prochain rendez-vous pour la prochaine balade d'Anne-Marie (mon Dieu mais c'est demain : j'espère qu'il fera beau !) "Les derniers jours de la Commune de Paris".


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