• Anne-Marie nous propose aujourd'hui une visite guidée : celle de la Fondation Eugène Napoléon sise au 254, rue du faubourg Saint-Antoine dans le 12ème.

    Cette histoire commence en 1851, année pendant laquelle la comtesse de Montijo s’installe avec sa fille Eugénie au 12 place Vendôme. Les deux femmes sont régulièrement invitées aux cérémonies officielles données par le Prince-Président Louis Napoléon Bonaparte qui, à 44 ans, s'éprend rapidement de la belle Eugénie qui n'en n'a que 25...

    "J'ai préféré une femme que j'aime et que je respecte à une femme inconnue dont l'alliance aurait eu des avantages mêlés de sacrifices" dira-t-il pour justifier son choix.

    Eugénie est ici peinte par Franz Xaver Winterhalter en 1857 qui fût le portraitiste attitré du gotha européen durant le deuxième tiers du XIXème siècle.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Le 26 janvier 1853, la Commission municipale de Paris "vote une somme de 600 000 francs or pour l'acquisition d'un collier de diamants" destiné à l'impératrice Eugénie, à l'occasion de son mariage avec Napoléon III. Cependant, deux jours plus tard celle dernière refuse le collier, souhaitant qu'avec cet argent soit créé "un établissement d'éducation gratuite pour les jeunes filles pauvres", ce qu'entérine une seconde délibération de la Ville.

    La somme servira à la construction des bâtiments actuels situés sur les dépendances de l'ancien marché aux fourrages du Faubourg Saint-Antoine comme nous l'explique notre guide.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Le terrain, situé entre la rue du faubourg Saint-Antoine et le boulevard Diderot est signalé sur le plan ci-dessous par les pointillés rouges.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    En hommage au geste généreux de l'impératrice, l'architecte Jacques Ignace Hittorff concevra un établissement de plan octogonal calqué sur la forme d'un collier dont le salon d'apparat sert de fermoir et la chapelle de pendentif.

    Terminée l’année de la naissance du jeune Prince impérial en 1856 (il naît le 16 mars 1856), l’institution prend le nom de « Maison Eugène-Napoléon ». Elle ouvre ses portes le 1er janvier 1857. L'oeuvre est confiée aux Sœurs de la Charité de Saint-Vincent de Paul qui resteront présentes sur le site jusqu'en 1976. La Fondation s’ouvre à la mixité en 1984, mais doit fermer son internat, les locaux n’étant plus aux normes, en 1994. Après douze années de combat difficile, un nouveau projet se met en place, avec l’aide de la Région, de la Mairie de Paris, des Petits Chanteurs à la Croix de Bois et de la Congrégation Notre Dame.

    Paris doit à Hittdorff, architecte de la Ville et du gouvernement, l'église Saint-Vincent de Paul, l'ancienne gare du nord, le cirque d'hiver, et les aménagements de la place de la Concorde, des Champs-Elysées et du bois de Boulogne.

    Entrée principale à l'angle du faubourg Saint-Antoine et de la rue de Picpus

     A partir de 2007 la Fondation cède l'entretien de ses jardins à la Ville de Paris qui en ouvre l'accès à tous.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Sur le fronton, le nom de l'institution et celui de sa fondatrice

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Nous sommes une bonne vingtaine à nous être inscrits à cette visite qu'Anne-Marie a dû "doubler" en raison du grand nombre de demandes...

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Nous entrons dans l'institution en passant sous le passage couvert en fer forgé situé sur le côté droit.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Voici le hall lors d'une exposition d'orchidées

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Nous sommes ici dans le fermoir du collier !

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Le hall donne accès au Salon de l'impératrice dans lequel nous prenons place autour de l'immense table en palissandre. Cette pièce est toujours dans son état d'origine : les lourdes tentures de velours de soie cramoisi et la moquette très "anglaise" n'ont pas été changés depuis le XIXème siècle paraît-il.

    De larges baies vitrées en font une pièce très bien éclairée.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Le mobilier (12 fauteuils et 12 chaises) est à l'effigie de Napoléon et d'Eugénie.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Encadrant la porte d'entrée, deux portraits en pied des souverains par Franz Walter Winterhaler.

    Il s'agit de copies exécutées par A. Hansmann car les originaux ont été vendus (en 2003 lors d'une liquidation judiciaire) pour payer les dettes de la Fondation... Le terrain et les constructions qui y ont été élevées ont en effet été concédés à perpétuité à la Fondation moyennant leur entretien et... cela coûte cher ! 

    D'un collier de diamants à un collier de pierre... 

    L'impératrice Eugénie

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Napoléon III, Empereur des français

    D'un collier de diamants à un collier de pierre... 

    Les superbes cadres en bois doré mettant en valeur ces portraits sont surmontés du blason de la famille impériale : on y voit l'aigle impérial, au centre d'une croix formée par le sceptre et la main de justice. Une couronne surmonte l'ensemble.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Le style Louis XVI domine dans cette élégante pièce servant de lieu de réception et de repos à l'Impératrice. Les trumeaux des portes sont ornés d'un médaillon contenant les initiales des deux souverains, lequel médaillon est surmonté d'une couronne. En outre, une très élégante frise orne le plafond.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    On dirait bien qu'au plafond il manque quelque chose !

    Eh oui : le lustre en cristal a été vendu lui aussi lors d'une vente aux enchères en 2003...

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Une cour sépare le Pavillon d'Eugénie - abritant le salon de l'impératrice - de la chapelle, placée par l’impératrice sous la protection de la Vierge. On laisse derrière soi un bâtiment auquel l'architecte, Hittorff - qui était allé en Sicile et y avait constaté une antiquité colorée très différente de la perception monochrome du Premier Empire - a voulu donner un peu de couleur par le mariage de la pierre et de la brique.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Une statue de Saint-Vincent de Paul, patron des associations charitables, fait face à la chapelle.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

     

    Trois statues ornent la façade : L'Espérance, la Foi et la Charité.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

     

    La Charité est traditionnellement représentée par une femme tenant un bébé dans ses bras tandis qu'elle s'occupe tendrement d'un ou deux autres.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Entrons...

     

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    On est tout de suite interpellés par le plafond à caissons. A nef unique, il est composé de caissons ornés de peintures sur toiles marouflées représentant des lys, des roses, des croix, des couronnes, des monogrammes de Marie (AM pour Ave Maria) et d’Eugénie (EM pour Eugénie de Montijo) dans des soleils sur fond bleu.

     

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    La fresque du chœur (de Félix Joseph Barrias) évoque l’origine de l’œuvre : L’impératrice offre symboliquement son collier à la Vierge en présence des orphelines de sa Fondation et des Sœurs de Saint-Vincent de Paul.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

     

    Dans sa peinture, Barrias a représenté l’impératrice agenouillée en orante devant la Vierge en Majesté.  Cette position de prière (bras ouverts, paumes vers les cieux et doigt écartés) est celle des premiers chrétiens.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Dans la partie haute de la fresque, on voit Marie et l’enfant trônant, entourés de Sainte-Catherine et de Saint-Vincent de Paul. La tonalité jaune du ciel remplace le fond d’or des mosaïques byzantines habituellement utilisé dans les sujets sacrés pour illustrer la présence divine.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

     

    L’impératrice est représentée en robe de mariée avec dans sa main gauche un collier. On peut penser que ce collier est celui que Napoléon III envisageait d’offrir à son épouse.

     

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Cette robe était « en velours épinglé blanc, constellée de pierreries. Le corsage montant avait de grandes basques rondes garnies de volants d’Angleterre et de deux rangées de diamants. Le devant du corsage, orné également de point d’Angleterre, coquillé droit, était enrichi depuis le haut jusqu’en bas d’épis en diamants formant brandebourg, au centre desquels brillait une étoile en guise de bouton. Les larges manches « pagodes » étaient décorées de quatre rangées de point d’Angleterre et entre chaque rangée scintillaient des diamants. […] La jupe et la robe étaient en demi-queue traînante, toute recouverte de point d’Angleterre.

    Barrias a pris soin de ne pas mettre en avant les bijoux portés par l’impératrice. Les diamants ont disparu dans le blanc de la robe. Il a bien représenté à la ceinture l’étoile qui sert de bouton mais ne lui a donné aucun éclat.

    Derrière l’impératrice, sont représentées des mères qui confient leurs filles à l’institution. L’une d’elles exprime sa reconnaissance en embrassant la robe d’Eugénie. Une autre, qui tient sa fille dans ses bras, invoque la Vierge en levant son doigt au ciel.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Au second plan, à l’extrême droite de la peinture, nous apercevons l'architecte Hittorff : il arbore sur sa veste, bien visibles, ses différentes décorations dont la légion d’honneur. Barrias s’est lui aussi représenté : c’est d’ailleurs l’un des rares portraits qu’on ait de lui à l’âge de 34 ans. Il porte, par dessus de son costume, sa blouse bleue de peintre et tient dans sa main la casquette des plâtriers, peintres en bâtiments et à fresque.

     

    À gauche de la fresque se tiennent des jeunes filles déjà accueillies par l’institution. Elles sont habillées uniformément : robes de mérinos gris aux cols blancs, liserés bleus retenant des médailles de la Vierge et bottines grises. Leurs cheveux sont couverts d’un bonnet de dentelles noires (réservé pour les cérémonies religieuses). Deux sœurs de Saint-Vincent de Paul les encadrent. Au second plan, assisté de deux enfants de chœur, un prêtre tient une bible.

    Les pensionnaires prient pour leur bienfaitrice et deux d’entre elles répandent à ses pieds des roses – attribut de la Vierge –, rappel du jeté de pétales de roses effectué lors des processions de la Fête-Dieu.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

     

    Deux statues dans le choeur

    Celle-ci représente Saint-Napoléon.

     

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

     

    L'autre représente Saint-Eugène.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

     

    La statue de la Vierge située à droite du choeur rappelle que la chapelle lui est consacrée.

     

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    La cour de récréation des élèves donne sur l'arrière de la chapelle.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

     

    Depuis plus d’un siècle et demi, malgré les aléas de l’histoire, en adaptant son projet aux nécessités du temps et grâce aux efforts conjugués des autorités civiles et de l’Eglise, l’œuvre de l’impératrice se poursuit avec des moyens adaptés à son temps. A l'heure actuelle, elle abrite une école primaire, un collège et un lycée d'enseignement supérieur (BTS) ainsi qu'une résidence pour étudiantes d'une capacité de 87 chambres.

    La Fondation ouvre son site au quartier et aux Parisiens par un programme d’activités culturelles proposées par la Ville de Paris, la mairie du XIIe et son conservatoire, par ses propres manifestations musicales et artistiques, des conférences ou des expositions et par l’ouverture au public du jardin de la rue Picpus (il était ce jour en pleine restructuration).

    Merci d'avoir choisi cette visite Anne-Marie qui, je suppose, était une découverte pour tous et toutes.


    2 commentaires
  • Ce post est le fruit des photos que j'ai prises en visitant le quartier avec Générations 13 sous la houlette d'Anne-Marie, ainsi que de mes recherches sur le net.

    J'ai ainsi beaucoup consulté (et parfois emprunté...) à :

    Parisienne curieuse,

    Patryst, la culture à la carte,

    Un jour de plus à Paris,

    Paristoric,

    Paris secret,

    et d'autres encore...

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    La "pelle" sur la rue Réaumur indique que la rue fut ouverte entre les rues Saint-Denis et Notre-Dame-des-Victoires en 1895-1896 : elle relie le Sentier au boulevard de Sébastopol.

    Tout tout tout, vous saurez tout sur... l'architecture de la rue Réaumur !

    C'est au 51 de la rue Réaumur qu'Anne-Marie nous donne rendez-vous cet après-midi pour une visite architecturale du quartier de ladite rue.

    Et c'est au scientifique et naturaliste René-Antoine Ferchault de Réaumur que la rue rend hommage. J'ai vu sur le net que cet homme était une vraie encyclopédie à lui tout seul, s'intéressant aussi bien à la reproduction des écrevisses qu'aux toiles d'araignée ou à la fabrication de la porcelaine etc etc... Il est aussi l'inventeur du thermomètre à alcool !

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur, atlantes et caryatides 

    Un autre homme qui laissera son nom à la postérité, le célèbre épicier Félix Potin, inventeur de la vente dite "à la gâche" (on "gâchait" un article afin de pouvoir en placer cent autres à des prix moins attrayants). Le Siège Social de son épicerie, devenue célèbre depuis sa création en 1844, se situe justement à l'angle du Boulevard de Sébastopol et de la rue Réaumur.

    C'est Charles-Henri Camille Lemaresquier (1870-1972) qui en a été l'architecte. Celui-ci édifie en 1910 un immeuble néo-baroque du goût de la Belle Epoque à celle où fleurit plutôt l'art nouveau ou l'art déco.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Des guirlandes de fruits en ronde-bosse mettent en valeur la rotonde d'angle polychrome de cet immeuble cossu, image de la réussite de l'entreprise.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Les trois oriels de la rotonde sont surmontés d'une sculpture portant un caducée (bâton d'olivier ou de laurier surmonté de deux ailes et entouré de deux serpents) et des cornes d'abondance.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Nous voici maintenant au 3 de la rue de Palestro (qui fait l'angle avec la rue de Turbigo). On peut y voir la monumentale entrée du Passage du Bourg l'Abbé encadré par deux colonnes doriques surmontées d'imposantes cariatides. Le passage relie la rue de Palestro à la rue Saint-Denis.

    NB : L'équivalent féminin de l'atlante est la cariatide : il s'agit d'une statue de femme généralement vêtue d'une longue tunique soutenant un entablement sur sa tête. Le nom vient de celui des habitants de Caryes, situé en Laconie (dans le Péloponèse), qui s'étaient alliés aux Perses lors de l’invasion des Grecs. Ces derniers les exterminèrent et réduisirent leurs femmes en esclavage, les condamnant à porter les plus lourds fardeaux.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Au centre, un cartouche garni d'une ruche, emblème de l'activité économique

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Les cariatides ont été sculptées par Aimé Millet : ce sont des allégories du Commerce et de l'Industrie, symbolisés respectivement par l'ancre, attribut de la marine marchande, et par les pièces de machines.

    "Le Commerce" est symbolisé par un mètre étalon sur lequel la cariatide s'appuie et un ballot de marchandises.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    "L'Industrie" s'appuie sur un marteau ; une roue crantée rappelle la mécanique.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Entrons dans le passage...

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    A l'intérieur, de jolies vitrines revêtues de bois comme ici celle de ce menuisier-ébéniste.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Avouez que les devantures ont "de la gueule" !

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    On sort du passage par la rue Saint-Denis, juste en face du Passage du Grand Cerf.

    Amusant, ce nom de restaurant !

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

     A l'angle de la rue Saint-Denis et de la rue Réaumur (N)82-96) se trouve l'ancien immeuble des magasins Réaumur : il date de 1897.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur 

    Son horloge en mosaïque, autrefois éclairée, m'a tapé dans l'oeil !

    Le magasin appartenait autrefois à Jean-Baptiste Gobert-Martin comme le montre l'inscription. Wikipédia signale que le jeu de mots "Arrêt au mur"... à une époque ou le calembour était signe de joie de vivre et de bonne humeur n'est pas le signe du hasard.

    Remarquez les caducées sur les colonnettes encadrant la mosaïque : on fait ici du commerce (celui du prêt-à-porter de qualité et de la vente par correspondance).

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Plus loin, au 61-63 rue Réaumur, se trouve l'un des plus beaux immeubles de la rue. Sa façade néo-gothique est surmontée d'une horloge monumentale : on aime beaucoup les horloges à la fin du XIXème ! Au centre, le "portail" de cette véritable cathédrale cache un escalier qui dessert les étages.

    Il est d'ailleurs un véritable hymne au temps qui passe, puisque les douze mois de l'année y sont représentés ainsi que les signes du zodiaque et les quatre saisons.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    L'horloge où sont inscrits les mois de l'année 

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Sous l'horloge, la représentation des douze signes du zodiaque et des quatre saisons.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Anne-Marie nous fait remarquer au-dessus du portail d'entrée une sculpture qui représente deux têtes d'hommes - très barbus ! - se tournant le dos (affrontés) : j'ai oublié leur signification...

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Peut-être s'agit-il de la signature des deux architectes... ?

    Que nenni ! Christiane, qui a fait la même balade et que je remercie, m'indique qu'il s'agit d'une tête de Janus, divinité romaine à double visage (biffrons), autre symbole temporel : tourné vers le passé et regardant l'avenir...

    Janus a donné son nom au mois de Janvier qui initie l'année.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    En face, un autre immeuble attire notre regard.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Mais continuons notre ballade : nous avons encore beaucoup de pain sur la planche...

    Ce magasin de mode, Best Mountain, a choisi d'orner sa devanture d'impressionnants atlantes venus d'ailleurs. Je n'ose pas vous parler de ce qui a été dessiné à la craie par les passants sur le pagne de celui de droite... !

    NB : En architecture, l’équivalent masculin de la cariatide est l'atlante. Le terme dérive du nom du titan grec Atlas (en grec ancien « le porteur »), condamné par Zeus à soutenir les cieux jusqu’à la fin des temps.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Au 94-96 rue Réaumur se trouve le deuxième immeuble de "A Réaumur" : il a été construit dans les années 1930 et offrait 3500 m² de surface consacrées à la vente de prêt-à-porter et à la vente par correspondance.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Ses grandes baies vitrées sont surmontées de sculptures représentant des têtes d'homme dont la barbe bouclée est en harmonie avec les guirlandes de fleurs...

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Pour ce qui est des têtes de femmes, elles portent un collier à la place de la barbe !

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Homme ou femme... ? That is the question... En tout cas, je sais que je n'aimerais pas avoir de pareilles oreilles : un peu pointues non, comme celles d'un diable !

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Juste à coté, au numéro 100, un immeuble qui a abrité la rédaction de plusieurs quotidiens : d'abord l'Intransigeant, puis Pariser Zeitung (un journal en  langue allemande) sous l'Occupation, puis plusieurs journaux issus de la résistance (dont Combat) et enfin France-Soir dirigé par Pierre Lazareff jusqu'à son départ en 1998 pour Aubervilliers.

    Sa façade très classique est ornée de deux frontons triangulaires représentant, l'un l'équipe de la rédaction, l'autre l'équipe des typographes.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Les rédacteurs (on y voit une femme.)

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Les typographes sont entre hommes.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur 

    Le portail d'entrée en fer forgé

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Une mosaïque portant le nom du Journal décore le sol du hall.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Dans le hall, caché dans un petit coin, se trouve une inscription relative à l'ancienne cour des miracles. Ma photo est très mauvaise mais personne d'autre sur le net n'en n'a fait de meilleure...

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Il existait en effet une cour des miracles principale à l'emplacement actuel de la Place du Caire mais il y en avait plusieurs autres, secondaires, dont celle-ci située rue Réaumur. L'origine du nom est bien sûr dû au fait que tous les éclopés qui mendiaient dans la journée retrouvaient la santé le soir !

    La cour des miracles par Brueghel

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

     L'immeuble possède de très belles portes en ferronnerie ornées de médaillons dorés représentant des moyens de locomotion faisant référence à la vitesse.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Un steamer : sympas les vagues !

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Une voiture de course

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Un ballon-dirigeable

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Un aéroplane

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    J'ai loupé deux médaillons : Anne-Marie a un horaire à respecter... Je les ai trouvés sur le net, très bien photographiés (et donc mis en valeur) par PHB.

    Une locomotive à vapeur

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Une montgolfière

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Très difficile de prendre une bonne photo du 97 de la rue Réaumur : dans cette rue du quartier du Sentier, la circulation est intense...

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Par contre, les larges surfaces vitrées de ces immeubles à vocation industrielle et commerciale offrent de beaux reflets. A noter également les deux oriels en bossage ornés de guirlandes de fleurs et surmontés de frontons brisés.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Les trois travées centrales portent au premier étage de jolis mascarons.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Charmant ce balcon art déco en fer forgé !

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Et curieux cet immeuble d'angle (N°101 de la rue Réaumur) : pas facile à meubler ! Il 'est vrai qu'à cette époque les canapés étaient de taille modeste et en arrondi...

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Superbe, ce balcon, non ?

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Pour la sobriété, on repassera ! Mais avouez que l'ensemble est magnifique tout de même. A part ça, soit les heures des tailleurs de pierre n'étaient pas chères payées, soit l'architecte disposait d'un budget énaaaauuuurme (?)

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    De jolies cariatides engainées supportent l'un des balcons de l'immeuble.

    NB : on dit d'un atlante ou d'une cariatide que la statue est engainée quand on ne représente que le haut du corps, le bas étant "gaîné" dans une colonne.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    L'entrée de cet autre immeuble se situe toujours sur la rue Réaumur, au numéro 116.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Le portail d'entrée est surmonté de deux imposants atlantes dont le bas du corps se fond dans une sorte de colonnette enguirlandée de fleurs : Art Nouveau oblige.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Sur le fronton triangulaire, Diane accompagnée de deux amours

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Au niveau des ornementations des balcons d'angle, on peut voir caducées et cornes d'abondance représentatives de l'activité commerciale du quartier.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    L'immeuble voisin, au 118, a été construit en 1906 pour un usage commercial ainsi qu'en témoignent ses larges baies vitrées. Celles-ci n'ont rien de froid car l'architecte les a agrémentées d'un décor de feuillages et de volutes inspirées de l'Art-Nouveau.

    Il a été primé au concours des façades de la ville de Paris.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    De la sobriété dans l'art-Nouveau pour cet immeuble situé au 124 de la rue Réaumur. Avouez qu'il se remarque dans le paysage avec sa structure métallique !

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Trois bow-windows au quatrième étage rompent la monotonie de sa façade et autorisent les balcons du cinquième : astucieux !

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Quittons un instant la rue Réaumur pour emprunter la rue Montmartre.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Au Numéro 142 se tient l'immeuble édifié en 1883 pour abriter le siège du journal "La France".

    Deux atlantes, très réalistes et revêtus d’une dépouille de lion, et deux figures de cariatides symbolisant, à gauche le Journalisme et à droite la Typographie, mettent en valeur l’enseigne du journal située sous le balcon du premier étage.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Au rez-de-chaussée de l'immeuble une plaque rappelle l'Histoire.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Jolies ces décorations de balcons, non ?

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Que de souffrance dans le visage de cet atlante engainé qui peine à soutenir sa charge... La signature du sculpteur (Louis Lefèvre) est inscrite dans la pierre.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    "Le Journalisme" tient la plume de l'écrivain...

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    "La Typographie", elle, est accompagnée du matériel adéquat.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    C'est en sortant du Journal pour aller déjeuner avec ses amis que Jaurès a été assassiné dans ce café (appelé à l'époque "A la chope du croissant") le 31 juillet 1914. Un plaque le rappelle sur la devanture qu'Anne-Marie nous commente.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Beaucoup de ressemblances entre le 130 rue Réaumur et le N°97 vu plus haut. Sa structure métallique et ses larges baies vitrées intercalées entre des pilastres à chapiteaux composites confèrent à l'immeuble une très grande légèreté.

    Tout, tout, tout vous saurez tout sur la rue Réaumur... et son architecture !

    C'est depuis l'extrémité de la rue Léon Cladel qu'on en a la plus jolie vue car il s'agit d'un immeuble d'angle orné d'une rotonde. 

    Tout, tout, tout vous saurez tout sur la rue Réaumur... et son architecture !

    Caducées... En veux-tu en voilà !

    Tout, tout, tout vous saurez tout sur la rue Réaumur... et son architecture !

    Cet immeuble en pierre de taille avec dôme et horloge (au N° 132-134) a été construit en 1899-1900 pour une banque. Immeuble primé au Concours des façades de la ville de Paris.

    Tout, tout, tout vous saurez tout sur... la rue Réaumur et son architecture !

    En face, au 121, ce n'est que dômes et courbes : les règlements d'urbanisme de 1884 et 1902 poussent au gonflement des toits ; en 1893 l'autorisation des bow-windows entraîne l'ondulation des surfaces pour le plus grand plaisir de nos yeux qui s'écarquillent...

    Tout, tout, tout vous saurez tout sur... la rue Réaumur et son architecture !

    Admirez l'élégance de ce petit clocheton dont la toiture est en écailles... 

    Tout, tout, tout vous saurez tout sur... la rue Réaumur et son architecture !

    Chemin faisant, nous voici arrivés à la Bourse : on est bien ici dans le quartier des affaires.

    Tout, tout, tout vous saurez tout sur... la rue Réaumur et son architecture !

    Au 2, rue du Quatre Septembre (rue qui prolonge la rue Réaumur) se trouve un immeuble dont le porche est muni de cariatides engainées dues au ciseau d'Aimé Millet.

    Tout, tout, tout vous saurez tout sur... la rue Réaumur et son architecture !

    Un peu plus loin, au numéro 12, le sculpteur (le même Aimé Millet) a choisi de les travailler en pied et de les pourvoir d'ailes ! Elles étendent le bras et la main chargée d’épis vers le motif couronnant l’arcade.

    Tout, tout, tout vous saurez tout sur... la rue Réaumur et son architecture !

    Au 18 de la rue du Quare Septembre se trouve un immeuble qui occupe tout un pâté de maisons. Il s'agit de la succursale parisienne du Crédit Lyonnais construite dans le dernier quart du XIXème siècle.

    Le 5 mai 1996 il est l'objet d'un très grave incendie qui mobilise 600 pompiers : le feu est maîtrisé au bout de 19 heures mais les dégâts sont très importants et la banque doit revendre l'immeuble à un grand groupe d'assurances américain.

    Tout, tout, tout vous saurez tout sur... la rue Réaumur et son architecture !

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    L'immeuble s'appelle maintenant "Le Centorial", ce qui a permis de respecter le sigle CL sculpté dans la pierre...

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    Faisant le tour du pâté de maison, nous arrivons sur le Boulevard des Italiens, devant le Gaumont Opéra, qui, une fois de plus offre à nos yeux une très jolie coupole.

    Tout, tout, tout vous saurez tout sur... la rue Réaumur et son architecture !

    Dès le début des années 1900, les exploitants de cinéma avaient compris le parti qu’ils pouvaient tirer de l’installation en façade d’atlantes ou de cariatides, et ainsi trouvaient là le moyen d’élargir leur public en attirant une clientèle plus huppée. Cette démarche détermine une politique de séduction utilisant les ressources de la sculpture afin d’annoncer le luxe du décor de la salle en évoquant celui des plus grands théâtres du boulevard.

    Tout, tout, tout vous saurez tout sur... la rue Réaumur et son architecture !

    A l’étage supérieur, quatre cariatides symbolisant la Folie, la Comédie, la Satire et la Musique sont dues au sculpteur Jules Salmson.

    Tout, tout, tout vous saurez tout sur... la rue Réaumur et son architecture !

    Je suppose que celle-ci est celle représentant la Comédie...

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    Notre balade architecturale se termine au 3, rue de la Chaussée d'Antin : on y trouve (encore !) un balcon soutenu par un atlante et deux cariatides.

    NB : Un site sur le net répertorie presque toutes les cariatides et les atlantes de Paris : ICI.

    Tout, tout, tout vous saurez tout sur... la rue Réaumur et son architecture !

    Allez, un petit Quizz pour terminer : ces cariatides sont-elle engainées... ?

    La réponse est dans le texte ! Il suffit de le lire...

    Bon courage à vous !


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  • En ce vendredi plutôt clément, nous sommes allés à la rencontre d'Hector Guimard guidés par Anne-Marie qui nous avait donné rendez-vous sur la place de la Porte de Saint-Cloud.

    Les deux fontaines qui ornent la place datent de l'Exposition internationale des Arts et Techniques de 1937 qui laissera dans Paris de nombreux témoignages comme le Palais de Tokyo ou le nouveau Palais de Chaillot.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Elles sont l'oeuvre de Paul Landowski (1936) et ont pour titre "Les sources de la Seine". L'une représente la vie citadine et l'autre la vie à la campagne comme ci-dessous.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Dommage qu'elles soient maintenant devenues stériles même si c'est pour de bonnes raisons (des raisons de préservation). Les voici en fonctionnement dans les années 1930.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Non loin de là, le Hameau Michel-Ange ouvert en 1883 tout près de la rue du même nom.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Au fond, un immeuble Art déco.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Quel havre de paix en plein Paris !

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Nous voici maintenant dans l'avenue de la Frillière : avouez que c'est top !

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Au numéro 9, un immeuble construit par Hector Guimard pour la "Société des immeubles propres à l'Education et à la Récréation de la Jeunesse" : il s'agit de l'ancienne école du Sacré-Cœur. Il constitue un tournant entre son oeuvre de jeunesse et sa première période Art Nouveau.

    Avant que le rez-de-chaussée ne soit fermé par des vitrages, il constituait la cour de récréation des enfants.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Cet immeuble est à rapprocher de cette "Vue d'un marché avec salle au-dessus" de Viollet-le-Duc.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Au numéro 10, juste en face, se trouve la Villa Claude Lorrain, fermée par un code bien sûr.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Tournant à droite au bout de l'avenue de la Frillière, on arrive à l'Avenue Georges Risler : Même si le vocable d'avenue semble un peu pompeux..., il n'en demeure pas moins que celle-ci vaut le détour, donnant accès à deux Villas pleines de charme.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    A l'entrée, l'église de tous les saints de la terre Russe : une petite chapelle orthodoxe en fait

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13 

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Où va se nicher la végétation tout de même...

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13 

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Au 77 rue Boileau, une façade élégante Art Nouveau datant de 1902

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13 

    L'ancien atelier de Jean-Baptiste Carpeaux se trouve au 39 Boulevard Exelmans. Une "pelle" en raconte l'histoire. 

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Deux statuettes en pierre rappellent sur la façade le métier de l'artiste.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Le pêcheur à la coquille, l'une des oeuvres les plus renommées du sculpteur

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Et cette jeune fille avec la main dans les cheveux dont je n'ai pas trouvé trace sur le net.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Si certains en doutaient, la signature fait foi !

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13 

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Rejoignons l'avenue de Versailles, le 142 plus précisément qui fait l'angle avec la rue de Lancret : ici se trouve un immeuble dit "de rapport" d'Hector Guimard dans le style Art Nouveau (l'immeuble Jassedé, Louis Jassedé étant un promoteur).

    Il a beaucoup de "gueule" je trouve (j'adore la forme des mansardes).

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13 

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13 

    La porte d'entrée principale de l'immeuble (Photo Lonzac) 

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13 

    Le côté rue de Lancret, même s'il ne constitue pas la façade principale de l'immeuble a été soigné également comme le montre cette photo d'une bouche d'aération.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Le groupe devant l'Hôtel Deron Levent (Guimard - 1905- 1907) situé, comme le montre la photo, au sein de la Villa de la Réunion : Charles Deron Levent était un négociant en textiles.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Juste à côté se trouve l'Hôtel Jassedé (1893) qui ne manque pas d'allure lui aussi. Guimard y a associé la pierre à la céramique et opté pour une franche dissymétrie.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Élégance de la grille de fermeture ornée de scarabées 

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    La plaque de rue en céramique

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    En direction de la rue Jouvenet

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Encore un bel immeuble au Numéro 39 de la dite rue : Art Déco celui-là sans conteste,

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Même si le numéro de la rue est encore influencé par l'Art Nouveau.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    On débouche alors sur la rue Boileau.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    L'ambassade d'Algérie y a élu domicile au Numéro 40 : il s'agit de l'Hôtel Danois qui a été bâti en béton en 1908 par l'architecte Joachim Richard dans un style orientalisant.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Juste à côté, le Hameau Boileau ainsi appelé du fait que l'écrivain y habita.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

     Boileau dans la cour de son jardin à Auteuil : la campagne près de Paris...

    Boileau a vécu presque 25 ans à Auteuil : en 1685, il achète au 26 de la rue des Garennes (actuelle rue Boileau) une maison à un étage tapissée de vigne dont le jardin atteint l'entrée de l'actuel hameau. Plus tard, après sa mort, la maison fût fréquentée par Voltaire, ami de son nouveau propriétaire.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    L'endroit n'a pas trop changé.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Pour mémoire, Boileau a écrit dans "De l'Art poétique" des vers que tout le monde connait bien.

    Avant donc que d'écrire, apprenez à penser.
    Selon que notre idée est plus ou moins obscure,
    L'expression la suit, ou moins nette, ou plus pure. 
    Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
    Et les mots pour le dire arrivent aisément.

    C'est également Boileau qui a figé la forme actuelle de l'expression "appeler un chat un chat" dans un vers de sa première Satire : "J'appelle un chat un chat et Rollet un fripon" (ce Rollet était un procureur véreux)...

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13 

    Anne-Marie se repère dans sa documentation...

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13 

    Nous sommes au pied de l'ancienne Auberge du Mouton Blanc où Molière, Racine, Boileau et La Fontaine tenaient table parfois en compagnie de Ninon de Lenclos ou de la Champmeslé, fameuse tragédienne française (c'est pour celle-ci que Racine, amant de l'actrice, écrivit ses plus grandes pièces).

    Avez-vous remarqué que maintenant Anne-Marie se munit d'un

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Sympa !

    On l'entend mieux parmi le bruit de la circulation parisienne.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Une maison du XIXème siècle : on peut la reconnaître à ses volets en bois et y voir, comme nous l'a fait remarquer Anne-Marie, une poulie destinée à hisser des matériaux à l'étage.  

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    La grille d'Honneur du Lycée Jean-Baptiste Say :  à l'origine les bâtiments servaient à une manufacture de laine et de cachemire (à la mode depuis la campagne d'Egypte) appartenant à M. Ternaux Roussseau.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Au 6 de la rue du Buis se trouve un petit immeuble dans lequel habita Olympe de Gouges.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Auteur de nombreux romans et pièces de théâtre, elle s’engage dans des combats politiques en faveur des Noirs et de l’égalité des sexes. Son écrit politique le plus célèbre est la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (septembre 1791), véritable manifeste du féminisme adressé à Marie-Antoinette.

    Dans le camp des Girondins, elle prend la défense de Louis XVI en tant qu'homme et accuse Robespierre et les Montagnards de vouloir instaurer la dictature par la violence.

    Arrêtée le 20 juillet 1793, elle sera jugée sommairement (sans avocat) le 2 novembre et exécutée le lendemain (alors qu'elle était probablement enceinte) sur l'échafaud.

    Elle n'avait que 45 ans...

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Il y a eu un débat récemment qui la concernait : François Hollande a choisi cette année 4 résistants au nazisme (2 hommes et 2 femmes) pour entrer au PanthéonOlympe de Gouges, pourtant arrivée en tête de la consultation sur internet organisée par le Centre des Monument Nationaux, aura peut-être sa chance l'an prochain... ?

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Détail de la façade

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

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    Edicule Guimard pour la station de métro Eglise d'Auteuil

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

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    L'église d'Auteuil, la voici : elle est de style romano-byzantin et date des années 1890. Le village d'Auteuil ayant été rattaché à Paris en 1860, la ville participa à sa construction.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    En témoigne le blason de Paris situé sur le côté de l'église

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    Il est battu par les flots mais ne sombre pas !
    (autrement dit : Fluctuat nec mergitur !)

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Notre Dame d'Auteuil : Vierge à l'Enfant de Henri-Charles Maniglier (1882)

    Pour la petite histoire, à l'origine trouvée gênante car au milieu du porche, elle fût déplacée dans le jardin du presbytère et ne retrouva sa place, sur le côté du porche cette fois-ci, qu'en 1988...

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    A l'angle de la rue d'Auteuil, un plaque commémore l'emplacement d'une ancienne maison de campagne de Molière. Cliquez sur l'image pour la voir mieux. 

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    Et encore un immeuble Art Nouveau... Un ! (rue du Père Brottier)

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

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    Nous avons maintenant rejoint la rue Jean de La Fontaine : au numéro 60, on trouve l'Hôtel particulier construit par Hector Guimard pour Paul Mezzara, industriel du textile et créateur de modèles de dentelles. Il s'agit là, parait-il, d'une de ses réalisations les plus réussies.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Quelle élégance dans la ferronnerie du balcon !

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    La porte d'entrée est en "faux bois" peint, typique de l'Art Nouveau.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Admirez la finesse de la grille donnant sur la rue.

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    Un peu plus loin dans la rue, voici la Fondation des orphelins apprentis d'Auteuil créée en 1866 par l'Abbé Louis Roussel. Fondation catholique, sous tutelle du Ministère de l'Intérieur, de l'Archevêché de Paris et de la Congrégation du Saint-Esprit, elle se consacre à l'accueil, la formation et l'aide à l'insertion des jeunes en difficultés sociales.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

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    Qui dit édifice religieux dit cloître...

    Gagné !

    Il se trouve derrière cette colonnade... Si vous cliquez, vous verrez le nid !

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Au fond de la cour, la Chapelle dédiée à Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, que le Père Daniel Brottier, co-fondateur de la Fondation, choisit pour être la protectrice de ses orphelins.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

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    Notre promenade tire maintenant à sa fin : ce très bel immeuble se situe rue Agar, du nom d'une tragédienne de la fin du XIXème siècle aussi célèbre que Rachel ou Sarah Bernhardt.

    Moi, je connaissais les deux autres ! (je n'ai pas d'actions dans ce pressing, la photo n'était tout simplement pas facile à prendre...).

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

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    La plaque de rue, en harmonie avec le style de l'immeuble, Art Nouveau...

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Et encore un !

    N'en jetez plus : la cour est pleine...

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Gouttières décorées : jusqu'où va le détail !

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Le bouquet final

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Le Castel Béranger occupé par Hector Guimard lui-même (au rez-de-chaussée)

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Le Hameau Béranger puise son inspiration dans le Moyen-Age et dans la nature.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    En levant les yeux, un drôle de chat...

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Un clin d'oeil à lui-même : Guimard s'est représenté sous la forme de ces masques décorant le balcon.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    L'architecte conçoit des hippocampes en ferronnerie, sortes de gargouilles sans fonction autre que décorative.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Superbe, non ?

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Un autre animal bizarre...

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Revenons sur terre avec ce portail d'entrée à la grille ondulante.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Le vestibule est tapissé de panneaux de grès vernissés d’Alexandre Bigot, aux tonalités cuivrées et aux formes étranges.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Nous ne sommes pas loin de la Tour Eiffel mais surtout tout à côté de la Maison de la Radio.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Fin de la ballade...

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    ou presque : juste un dernier coup d'oeil sur ce curieux immeuble du 18 de la rue de l'Assomption, construit en 1925 par Charles Lemaresquier.

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Étonnante sculpture d'un Bacchus "vomissant" (il y avait beaucoup de vignes autrefois dans l'arrondissement) : est-ce la raison de cette sculpture... ?

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    Un grand merci Anne-Marie 

    Sur les traces d'Hector Guimard à Auteuil avec Générations 13

    pour ton guidage super efficace


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  • Dimanche dernier, j'ai fait une visite guidée fort intéressante proposée par Anne-Marie : celle de l'hôtel particulier de la Païva situé sur les Champs-Elysées au numéro 25. Il a été construit entre 1856 et 1865 par l'architecte Pierre Manguin pour Esther Lachmann, une aventurière russe d'origine polonaise.

    L'hôtel appartient au Travellers Club depuis 1903 : il s'agit d'un club privé exclusivement masculin réservé à ses membres et à leurs seules épouses. Le Club qui l'a fait classer aux monuments historiques depuis 1980 en assure l'entretien et la restauration.

    Esther Lachmann est née le 7 mai 1819 à Moscou de parents juifs polonais (son père est tisserand). A 17 ans elle est mariée à un tailleur d'habits français, ancien soldat de Napoléon resté en Russie, François Hyacinthe Antoine Villoing. Rebutée par la vie modeste qu'il lui fait vivre, elle le quitte rapidement, juste après la naissance de leur fils Antoine en 1837. Elle assurera cependant toujours l'éducation de ce dernier mais ne le verra jamais plus...

    La Païva en 1860

    Visite guidée de l'hôtel de la Païva avec G13

    Arrivée à Paris, elle s'installe dans le quartier de l'église Notre-Dame-de-Lorette où elle s'introduit dans le milieu de la prostitution, seule solution pour elle qui est arrivée sans le sou... (on appelait d'ailleurs à cette époque les courtisanes "débutantes" qui partageaient leurs faveurs entre plusieurs amants des Lorettes). Elle prend, sur les conseils de ses amies, le prénom de Thérèse et pendant une dizaine d'années collectionne ainsi les amants (elle a même une fille de l'un d'eux, Heinrich Henz, jeune pianiste-compositeur qui l'introduit auprès de ses amis écrivains et musiciens : c'est là qu'elle va devenir une "mondaine" accomplie).

    Heinrich Herz en 1832

    Elle le trompe allègrement quand celui-ci, ruiné, se voit obligé de partir en Amérique pour une tournée de 5 ans. C'est alors qu'elle rencontre le Marquis Aranjo de Païva, portugais né à Macao qui, en l'épousant, lui donne un nom.

    C'est tout ce qu'elle cherchait ! Après la nuit de noces, elle lui signifie son congé...

    Le destin met alors sur sa route le jeune (il a 11 ans de moins qu'elle) et beau Comte Guido Henckel von Donnersmarck, cousin de Bismarck, qui tombe fou amoureux d'elle. Celui-ci est de plus la plus grande fortune allemande après Krupp... Elle demande alors à Rome l'annulation de son mariage et l'obtient. Entre-temps, Païva, qui a perdu tout son argent au jeu, se suicide : elle peut donc épouser son Comte...

    Le Comte Guido Henckel von Donnersmarck en 1871

    Elle a maintenant tout loisir de se faire construire, avec l'argent de son mari..., le plus somptueux hôtel particulier de Paris sur les Champs-Elysées, un rêve qu'elle caresse depuis qu'elle est toute jeune.

    L'appétit de richesse de la marquise passant par sa petite vertu fera dire au Figaro : "Bien que l'Hôtel ne soit pas encore aménagé, Madame la Marquise de Païva peut s'y installer ; le trottoir vient d'être terminé."

    ◄◄◄↕►►►

    Sur la façade de l'hôtel, un fronton portant un macaron représente la Païva, les yeux baissés.

    On la reconnait d'ailleurs toujours à ses yeux baissés comme sur ces ferrures dorées ornant le portail d'entrée.

    Sur les piliers encadrant le portail, des lions symbolisant la force mais peut-être aussi la richesse de cette femme devenue une vraie courtisane, une "lionne" comme on aimait à le dire à l'époque.

    Une petite pièce fait communiquer le hall d'entrée avec le grand salon : ici, tout est luxe et volupté...

     Le grand salon

    Les deux miroirs situés de part et d'autre du salon renvoient la lumière des lustres à l'infini.

    Visite guidée de l'hôtel de la Païva avec G13

     Visite guidée de l'hôtel de la Païva avec G13

     La cheminée monumentale est en marbre rouge de Carrare. Elle est parée de deux statues de femme en marbre blanc par Eugène Delaplanche.

    Visite guidée de l'hôtel de la Païva avec G13

    A gauche, l'Harmonie

    Visite guidée de l'hôtel de la Païva avec G13

    A droite, la Musique : à ses yeux baissés, on reconnait la Païva.

    Visite guidée de l'hôtel de la Païva avec G13

    Au-dessus de la cheminée, les initiales G et B entrelacées : le G pour Guido Henckel von Donnersmarck et le B pour Blanche, le troisième prénom de la Païva.

    Visite guidée de l'hôtel de la Païva avec G13

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    Au plafond, une superbe peinture de Paul Baudry représentant "le jour poursuivant la nuit". La marquise aurait servi de modèle au nu de la Nuit... C'est à ce peintre que Napoléon III avait confié la décoration du Foyer de l'Opéra de Paris.

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    Dans les angles, la Païva est représentée, toujours avec les yeux baissés...

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    Au plafond, des angelots tiennent une couronne : celle de Comte, probablement en hommage au titre de son mari. Ils sont l'oeuvre de Jules Dalou.

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    La terrasse attenant au grand salon permet la vue sur l'avenue des Champs-Elysées...

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    Une lourde tenture rouge sépare le grand salon du salon de musique attenant.

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    La cheminée de marbre blanc, située sous la fenêtre, est décorée de deux têtes de lionnes dorées (la lionne, symbole des courtisanes). 

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    avec des attributs fort féminins !

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    On continue la visite par celle de la salle à manger : c'est ici que la marquise recevait ses amis de marque et cultivait son cercle littéraire exclusivement masculin : elle redoutait la concurrence certes mais il est vrai qu'aucune dame n'a jamais consenti à franchir le seuil de l'Hôtel...

    Elle y accueillit les Goncourt, Théophile Gauthier, Gambetta, Ernest Renan, Franz Liszt, Richard Wagner...

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    Bien qu'étant les hôtes de la marquise, les Goncourt ne l'épargnèrent guère

    « (…) je la regarde, je l’étudie. Une chair blanche, de beaux bras et de belles épaules se montrant par-derrière jusqu’aux reins, et le roux des aisselles apparaissant sous le relâchement des épaulettes ; de gros yeux ronds ; un nez en poire avec un méplat kalmouk au bout, un nez aux ailes lourdes ; la bouche sans inflexion, une ligne droite, couleur de fard, dans la figure toute blanche de poudre de riz. Là-dedans des rides, que la lumière, dans ce blanc, fait paraître noires, et, de chaque côté de la bouche, un creux en forme de fer à cheval, qui se rejoint sous le menton qu’il coupe d’un grand pli de vieillesse. Une figure qui, sous le dessous d’une figure de courtisane encore en âge de son métier, a cent ans et qui prend, par instants, je ne sais quoi de terrible d’une morte fardée. »

    Bonjour l'amitié !

    La pièce possède une cheminée monumentale en marbre de Carrare richement décorée : on peut y voir deux faunes musiciens en guise d'atlantes et au dessus deux lionnes couchées (toujours un rappel à la "position" de courtisane de la marquise) encadrant une très jolie bacchante également de Jules Dalou à la manière du "Jeune Pêcheur à la Coquille" de Carpeaux.

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    J'ai adoré !

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    Toujours avec les yeux baissés... La Païva avait une Ego très développé !

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    Le plafond de la salle à manger est très travaillé : la Païva y est représentée à ses quatre angles enserrant au centre une peinture représentant Diane chasseresse, une référence à celle de Benvenuto Cellini au Château d'Anet.

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    Les quatre portes de la salle à manger sont surmontées de trumeaux ornés d'allégories représentant la chasse, la pêche, les vendanges...).

    On voit ici la pêche par Gabriel Ranvier surmontée d'un tournesol.

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    Dans le bar attenant (aménagé par ailleurs par le Traveller's Club pour ses membres) deux jolies fontaines.

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    Un coup d'oeil sur le jardin où la marquise conservait ses plantes l'hiver venant.

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    C'en est fini du rez-de-chaussée... Un superbe escalier taillé dans l'onyx donne l'accès à l'étage.

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    Le groupe en monte les degrés tout en suivant les commentaires de la guide.

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    Celle-ci nous fait remarquer le blason sous l’escalier: c'est celui de la Païva. On le reconnait à l'initiale B de son troisième prénom. Elle avait changé de prénom lors de son mariage avec le Comte Guido Henckel von Donnersmarck, sans doute pour se refaire une virginité...

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    Remarquez aussi la forme ronde de l'escalier soulignée par le carrelage au sol. Quant aux candélabres, ils sont en bronze doré.

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    A la mitan de l'escalier un superbe bas-relief de marbre blanc représente Amphitrite chevauchant un poisson à la queue très fantaisiste... Une représentation de la Païva naturellement puisque la jolie déesse a les yeux baissés !

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    La coupole possède un orifice octogonal et éclaire ainsi avantageusement les marches de l'escalier. Elle est décorée par des allégories de Rome, Venise, Naples et FLorence.

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    Nous voici arrivés en haut de l'escalier éclairé par une fenêtre ornée de jolis vitraux en grisaille.

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    Dans la garde-robe de la marquise, un bronze argenté de Albert Carrier-Belleuse représentant une "femme à l'enfant". Remarquez la lionne qui orne la vasque...

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    La garde-robe donne accès à la chambre de la marquise. Ici encore une cheminée assez exceptionnelle flanquée de deux nymphes en bronze doré.

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    Elle est pourvue d'un médaillon représentant un nu de femme : la Païva à coup sûr !

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    Le plafond à caissons n'a rien à lui envier...

    Visite guidée de l'hôtel de la Païva avec G13

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    La visite se termine par celle de la salle de bains mauresque, l'orientalisme étant très à la mode à cette époque. Elle est revêtue d'onyx dans sa partie basse tout comme la baignoire qu'elle renferme.

    Visite guidée de l'hôtel de la Païva avec G13

    Un joli plafond...

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    et des céramique d'Iznik

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    La cuve de la baignoire est tapissée de bronze argenté et elle est pourvue de trois robinets.

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    Une légende court sur internet comme quoi l'un aurait distribué l'eau tiède, l'autre du lait d'ânesse et le troisième du champagne : c'est faux bien entendu ! Notre guide nous a expliqué qu'il s'agissait plus probablement d'un robinet destiné à réguler l'écoulement des eaux usées.

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    On aime ou on n'aime pas cette débauche d'art de la Renaissance italienne qui, il faut l'avouer, m'étoufferait s'il fallait que j'y vive  (il n'en n'est pas question heureusement !) mais il reste que la Païva nous laisse ici un musée d'une richesse incroyable.

    L'Hôtel particulier a coûté la bagatelle de 10.000 francs or de l'époque : une vraie fortune et pour le visiter, je n'ai dépensé que 10 euros !

    Merci Anne-Marie pour cette brillante idée de visite.

     

     


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  • Aujourd'hui Anne-Marie nous a donné rendez-vous au métro Rambuteau, près de Beaubourg, pour une après-midi de promenade à travers les passages couverts peu connus des 2ème et 3ème arrondissements de la Capitale.

    Nous commençons la balade par le jardin Anne Franck que je ne connaissais pas. A l'entrée, on y trouve un petit marronnier : c'est un rejet de celui qu'Anne Franck aimait à regarder par une lucarne depuis l'immeuble où elle et sa famille se cachaient. Ce marronnier d'Amsterdam, âgé de 160 à 180 ans, a malheureusement été cassé par une tempête en 2010 mais il revit ici depuis 2007...

    Les passages couverts peu connus

    Le jardin d'Anne Franck se tient à l'emplacement des anciens jardins de l'Hôtel Saint-Aignan, maintenant occupé par le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme.

    Les passages couverts peu connus

     Comme d'habitude, Anne-Marie a beaucoup aficionados femmes et... un aficionado (c'est un fait avéré que les hommes sont plus casaniers que ces dames !)

    Les passages couverts peu connus

    Le défenseur du temps : ainsi se nomme l'horloge à automates située dans le Quartier de l'Horloge près du Centre Pompidou. Elle mériterait un petit coup de plumeau (au minimum) car pour l'instant elle est couverte de fientes de pigeons et elle ne fonctionne plus depuis 2003.

    Les passages couverts peu connus

    Si vous voulez la voir fonctionner, cliquez ICI sur le site de Jacques Monestier, son créateur.

    ○ ○ ○ ○ ○ ○

    Nous voici maintenant dans le vif du sujet avec le Passage Molière qui relie la rue Saint-Martin à la rue Quincampoix. Il a été ouvert vers 1791 et a pris ce nom du fait de sa proximité avec l'ancien théâtre Molière voisin. Précédemment il s'appelait "Passage des nourrices" en raison de l'existence d'un bureau de placement pour la profession.

     Les passages couverts peu connus

    Etant en travaux actuellement..., c'est une photo empruntée au net qui vous en donne une idée.

    Les passages couverts peu connus

    Dans le passage, la Maison de la Poésie a remplacé l'ancienne "entrée des artistes" du théâtre Molière. On y trouve aussi quelques restaurants et des petits commerces sympathiques comme cet artisane en chaussures qui travaille "en vitrine" !

    Les passages couverts peu connus

    Deux statues ornent l'angle des rues Saint-Denis et Etienne Marcel.

    Je suppose que celle-ci représente Saint-Denis bien qu'il ne porte pas sa tête...

    Les passages couverts peu connus

    Celui-ci, portant les clefs de la ville, est assurément Etienne Marcel, le premier Prévost des marchands de Paris.

     Les passages couverts peu connus

    Anne-Marie a apporté de la documentation sur les enceintes de Paris : celle de Philippe Auguste, créée en 1200, est en bleu sur la photo tandis que l'enceinte de Charles V (construite plus d'un siècle plus tard) ne concerne que la rive droite de la Seine (à gauche sur la photo). Le plan est ici orienté Est-Ouest au lieu de la représentation classique Nord-Sud.

    Cette carte date de 1572 : elle a été établie par Sébastian Münster.

    Les passages couverts peu connus

    A l'intersection de la rue Saint-Denis et de la rue de Turbigo, il y a une brèche entre deux immeubles : c'est l'impasse des peintres, tracée à l'extérieur de l'enceinte de Philippe Auguste créée en 1200. On est ici à la porte Saint-Denis, première du nom.

    Les passages couverts peu connus

    Une plaque sur l'immeuble en face le confirme.

     Les passages couverts peu connus

     Chemin faisant nous arrivons dans la rue du Bourg-l'Abbé où se trouvaient autrefois les Bains Guerbois, des thermes créés en 1885 pour une clientèle raffinée et fortunée (un mélange d'intellectuels et d'artistes).

    Les passages couverts peu connus

    Une plaque en bas de l'immeuble rappelle le passé de cet établissement devenu depuis cette année un Hôtel de luxe, doublé d'une boîte à la mode et d'un restaurant.

    Les passages couverts peu connus

    Anne-Marie s'arrête maintenant rue Saint-Martin devant l'une des "pelles Starck" comme on les appelle communément : ces panneaux indicateurs qui racontent l'histoire de Paris sont en fait en forme de rame pour rappeler la devise de la ville "Fluctuat nec mergitur".

    Rassurez-vous, je viens de l'apprendre grâce à Wikipédia... Les balades d'Anne-Marie ont ça de bon qu'elles m'obligent à fouiller sur le net (impossible de tenir crayon et papier quand on a déjà en main un appareil photos...).

    Les passages couverts peu connus 

    Celle-ci raconte l'invention des fiacres : tout est parti de Nicolas Sauvage, maître des coches d'Amiens qui en 1612 loua ici, rue Saint-Martin (ou rue Saint-Antoine : il y a un doute...) une grande maison à l'enseigne de Saint-Fiacre. Ce dernier avait en effet prédit à Anne d'Autriche qui désespérait d'avoir un héritier mâle, qu'elle aurait un fils (comment le fit-il à plusieurs siècles d'écart, l'histoire ne le dit pas...). La vénération du Saint était si grande que tous les cochers collèrent sur leur voiture l'effigie du bienheureux, comme garantie contre les accidents.

    Depuis ce temps, les carrosses de louage s'appellent des fiacres.

    A l'heure actuelle, pour se protéger des accidents c'est plutôt à Saint-Christophe qu'on se voue... et Saint-Fiacre, lui, est plus connu comme le Patron des jardiniers : c'est en tout cas ainsi que le présente l'iconographie.

    Les passages couverts peu connus

    A la veille de la Révolution, il y a en environ 800, répartis en 33 stations, plus 650 carrosses de remise. Les cochers ont une réputation détestable et la Préfecture de Police tente d'exercer sur eux un contrôle très strict: chaque voiture doit posséder son numéro, acheté fort cher à la Ville, son livret de maître et son permis de station et de circulation. A son apogée vers 1900, le fiacre connaît ensuite un déclin rapide, concurrencé par le véhicule à traction automobile, vite appelé "taxauto" puis "taxi", par abréviation de taximètre.

    Nous voici au 223, rue Saint-Martin : ici, on peut entrer dans le Passage de l'Ancre.

    Les passages couverts peu connus

    C'est un havre de paix dont on ne peut absolument pas se douter de l'existence en passant devant la porte cochère. C'est là que Nicolas Sauvage remisa en 1637 dans l'Auberge du Grand Saint-Pierre les vingt premiers fiacres.

    Annette était de la balade !

    Les passages couverts peu connus

    La campagne à Paris... Beaucoup de bureaux se cachent derrière ces façades arborées.

    Les passages couverts peu connus

    Une exception : l'enseigne de PEP'S qui est un magasin de réparation de parapluies, ombrelles et cannes. Son activité est unique en France : installé depuis les années 60 dans le "quartier du parapluie" du Sentier de Paris, le magasin a été au service des professionnels, puis maintenant de tous les particuliers amoureux de leurs parapluies.

    Une belle enseigne en tout cas

    Les passages couverts peu connus

    Le Passage de l'Ancre ressort sur la rue de Turbigo.

    Les passages couverts peu connus

    A deux pas d'ici, dans le IIème arrondissement cette fois-ci, nous arrivons devant l'entrée du Passage Bourg-l'Abbé côté rue Palestro.

    Les passages couverts peu connus

      Les deux cariatides qui encadrent l’entrée, sculptées par Aimé Millet sont des allégories du Commerce (à gauche) et de l'Industrie (à droite).

    Les passages couverts peu connus

    Au centre, un médaillon représente une ruche, symbole de l'activité économique.

    Les passages couverts peu connus

    Le passage communique de l'autre côté avec la rue Saint-Denis.

    Les passages couverts peu connus

    Côté rue de Palestro, un joli baromètre

    Les passages couverts peu connus

     Les passages couverts peu connus

    Traversant la rue Saint-Denis, nous nous dirigeons vers le Passage du Grand Cerf

    Les passages couverts peu connus

    Il fait communiquer la rue Saint-Denis avec la rue Marie Stuart.

    Les passages couverts peu connus

    Ce n'est pas à cause de ce cerf qu'un café a pris pour enseigne que le passage est ainsi appelé mais parce qu'il a été construit à l'emplacement de la "Maison du roulage du Grand Cerf" qui était le terminus des Messageries Royales.

    Les passages couverts peu connus

    Il est réputé pour la hauteur de sa verrière (11,80 mètres), la plus haute de tous les passages couverts parisiens.

    Les passages couverts peu connus

    Les commerces du passage du Grand Cerf sont principalement ceux de designers et de créateurs (bijoux, artisanat, mobilier…). Autant dire que le flâneur peut se régaler !

    Les passages couverts peu connus

    Les passages couverts peu connus

    Les passages couverts peu connus

    Au débouché de la rue Marie Stuart, une pelle sur l'Histoire de Paris concernant ladite rue.

    Les passages couverts peu connus

    La rue Marie-Stuart était située en deçà de l'enceinte de Philippe Auguste : elle s'appelait à cette époque la "rue Tire-Vit" (vit étant synonyme de pénis en latin). C'est là, au bord de la ville, que Saint-Louis, par un édit de 1256, avait fait refouler les femmes de petite vertu.

    On en tirera le nom de "bordel".

    Un petit dessin sans équivoque au centre de la pelle rappelle ce passé.

    Les passages couverts peu connus

    Dans la seconde moitié du XIVème siècle, l'enceinte de Charles V intègre le quartier à la Ville ; la rue change peu de temps après de nom pour prendre celui moins vulgaire de "rue Tire-Boudin".

    Peu après, la jeune épouse de François II, Marie Stuart, passant par là, en demanda le nom : comme il n’était pas honnête à prononcer, on en changea la dernière syllabe et ce changement a subsisté jusqu'en 1809 où le nom actuel fût donné à la rue par décision ministérielle.

    ○ ○ ○ ○ ○

    Nous voici maintenant dans l'impasse Saint-Denis.

    Les passages couverts peu connus

     Les enseignes de la rue sont sans équivoque : c'est bien ici que se trouve l'un des quartiers les plus "chauds" de la Capitale !

    Les passages couverts peu connus

    La rue Saint-Denis croise la rue Réaumur : on y trouve quelques belles façades post haussmanniennes, telle que celle de cet ancien magasin de nouveautés "Au Réaumur" inauguré en 1897. Le magasin a fermé dans les années 60. L'horloge en mosaïque était à l'origine éclairée...

    Les passages couverts peu connus

    Cet immeuble du 63 de la même rue fût construit vers 1900. Il est remarquable par son "porche" gothique pourvu d'une immense horloge.

    Les passages couverts peu connus

    Nous dirigeant toujours vers le nord, nous passons près d'une "pelle" qui rappelle l'histoire de la rue du Ponceau : un petit pont sur la rue Saint-Denis permettait de traverser le grand égout à ciel ouvert. En 1605, ce cloaque qui empuantissait les environs fut couvert aux frais du Prévost des marchands, François Miron, entre les rues Saint-Martin et Saint-Denis. Ceci permit de créer la rue de l'Egout-du-Ponceau, devenue rue du Ponceau.

    A l'intersection entre la rue du Ponceau et la rue Saint-Denis se tenait autrefois une fontaine qui a été déplacée au 142 rue Saint-Denis. Mais oh... surprise : ici la fontaine a également disparu !

    Les passages couverts peu connus

    Le Passage du Caire fut édifié en 1798 après la campagne d'Egypte de Napoléon Ier. Les galeries sont au nombre de trois : la galerie Saint-Denis, la galerie Sainte-Foy et la galerie du Caire. Avec ses 370 mètres de longueur, le passage du Caire est le plus long de Paris. En revanche, avec ses galeries de 2,70 mètres de largeur moyenne, il est aussi un des plus étroits.

    Mon amie Marie-France fait elle aussi partie des accros des visites guidées d'Anne-Marie.

    Les passages couverts peu connus

    La principale industrie de ce passage au XIXème siècle était l'imprimeriela lithographie et la fabrication des chapeaux de paille. Actuellement, c'est principalement la fabrication de mannequins pour vitrines de magasins de mode.

    C'est un passage sans aucun décor qui n'a rien à voir avec celui du Grand Cerf où il fait bon flâner...

    Les passages couverts peu connus

    Les passages couverts peu connus

     Entrés par la rue Saint-Denis, nous en ressortons par la Place du Caire qui mérite vraiment d'être connue. Pour moi, c'est une découverte : eh oui, Paris me réserve encore bien des surprises...

    La Place triangulaire se situe à l'emplacement de l'ancienne Cour des miracles ainsi appelée parce que le soir les mendiants (handicapés le jour) retrouvaient la santé comme par miracle... Elle fut, pendant le XIXème siècle, le domaine des cardeuses de matelas.

    Les passages couverts peu connus

    Après le percement du passage dès 1798 sur l'emplacement du Couvent des Filles-Dieu, l'immeuble de cinq étages qui en constitue l'entrée sur la place du même nom fut décoré dans un style "retour d'Égypte" en 1828 par l'architecte Berthier. Les sculptures sont de Joseph Garraud. Un café égyptien s'établit au rez-de-chaussée en 1805 tandis que l'actuel café a pour nom "Le Champollion"...

    Les passages couverts peu connus

     La façade comporte trois effigies de la déesse Hathor, reconnaissable à ses oreilles de vache. Sur les étages supérieurs, on quitte l’Egypte antique pour le Moyen-Age dans un style néogothique pour l’ornementation des fenêtres.

    Les passages couverts peu connus

    La frise pseudo-égyptienne illustre des scènes de bataille.

    Les passages couverts peu connus

    Tout en haut, une caricature du peintre Henri Bougenier. C'était un élève qui travaillait dans l’atelier du peintre Antoine-Jean Gros au début du XIXe siècle et dont le nez était la cible de ses camarades. Un jour il en eut assez, et se fâcha. Pour le punir, ses condisciples crayonnèrent son nez sur tous les murs de Paris !

    On parle du "nez de Bouginier"

    Les passages couverts peu connus

    Empruntant la rue d'Aboukir puis la rue d'Alexandrie (l'Egypte a envahi le quartier...), nous revenons sur la rue Saint-Denis où une sculpture rappelle qu'ici, au coin de la rue de Tracy, est né l'historien Jules Michelet dans un immeuble ayant remplacé en 1775 la Maison des Filles-Saint-Chaumond.

    Les passages couverts peu connus

    Je n'arrive pas à me souvenir comment nous sommes rentrés dans cette cour d'immeuble traversante... mais avouez que cela aurait été dommage de la manquer.

    Les passages couverts peu connus

    Les passages couverts peu connus

    Le Passage Lemoine débouche dans le Boulevard de Sébastopol. C'est une succession de couloirs étroits qui s'élargissent par endroits pour former des courettes.

    Les passages couverts peu connus

    Les passages couverts peu connus 

    Notre promenade s'achève à la Porte Saint-Denis...

    Les passages couverts peu connus

    Le sentier est bien présent ici avec l'agitation des camions de livraison et ses livreurs conduisant des diables.

    Les passages couverts peu connus

    Les passages couverts peu connus

    L'Arc de triomphe a été construit en 1672 par l'architecte François Blondel et le sculpteur Michel Anguier à la gloire de Louis XIV (celui-ci vient de remporter des victoires en Hollande et sur le Rhin). Il est situé à l'emplacement d'une porte médiévale de l'ancienne enceinte de Charles V.

    C’était par cette porte que les rois mais aussi des personnages importants se présentaient devant Paris pour faire une entrée somptueuse.

     

    Les passages couverts peu connus

    Les passages couverts peu connus

    La face Sud qui fait face à la rue Saint-Denis représente le passage du Rhin mettant en déroute les troupes ennemies. Observez à gauche l'originalité de la tête de l'homme mort qui sort du cadre du bas-relief.

    Les passages couverts peu connus

     Nous sommes arrivés au métro Strasbourg Saint-Denis : fin de la promenade...

    Merci Anne-Marie pour cette belle balade.


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