• Anne-Marie, pour la visite du quartier Picpus, nous avait donné rendez-vous ce vendredi là au métro Bel-Air. Comme vous pouvez le constater, le beau temps était une nouvelle fois au rendez-vous.

    Visite du quartier Picpus avec Générations 13

    Empruntant la rue Santerre, nous longeons l'Hôpital Rothschild

    Un premier hôpital est fondé au XIXe siècle par le baron James de Rothschild, au n° 76 de la rue de Picpus auquel est adjoint un hospice pour les personnes âgées. Il a pour vocation de soigner les personnes de confession juive. Entre 1912 et 1914, un nouvel hôpital est construit à l’initiative du baron Edmond de Rothschild (1845-1934) avec la même vocation.

    L'architecte en est Lucien Bechmann (1880-1968) : il travaille en collaboration avec le médecin-chef et décide ainsi d’édifier de petites unités autonomes, afin de maintenir l’isolement des malades et de limiter les risques de contagion.

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    L'extension de l'hôpital a été construite en parements de briques et en pierre pour rappeler l'architecture de l'ancien hôpital. Celui-ci est devenu aujourd’hui l’hôpital parisien de référence du handicap, des besoins du grand âge et de l’odontologie.

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    Nous voici maintenant dans la rue de Picpus, voisine. Il y a plusieurs hypothèses sur l'origine du nom de cet ancien village dont l'orthographe varie. On trouve ainsi : Picpus, Piquepuce, Piquepus, Picpuce, Picpusse... 

    Plusieurs historiens ont donné au nom du village de Pique-Puce une étymologie qui n'est pas du tout garantie mais qui est amusante.

    Un mal épidémique se manifesta dans les environs de Paris, vers le milieu du XVIème siècle. On voyait sur les bras des enfants et des femmes de petites tumeurs rouges qui présentaient les caractères de plusieurs piqûres faites par des insectes qui s'attaquaient de préférence aux mains douces et blanches des jeunes dames. On rapporte qu'un frère du couvent de Franconville, près de Beaumont, diocèse de Beauvais, avait été envoyé à cette époque par ses supérieurs à l'effet de chercher un emplacement convenable pour établir une seconde maison de leur ordre près de la capitale. On ajoute que le frère était jeune, d'une figure très agréable, et qu'il avait même quelques connaissances médicales. Un jour il se présenta chez une jeune abbesse qui souffrait de l'épidémie, appliqua sur le bras quelques gouttes d'une liqueur parfumée ; le lendemain, la guérison était complète. On cria au miracle... Le nouveau docteur devint à la mode, se fixa dans ce village, qui prit le nom de pique-puce. puis fit venir quelques années après plusieurs religieux qui formèrent bientôt un nouvel établissement.

    Le grand chemin qui traversait le village fut nommé "rue de Picpus".

    Au N°35 se trouve l'entrée du cimetière de Picpus : sur le mur, une plaque rappelle les événements tragiques qui s'y sont déroulés.

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    A la Révolution, la guillotine qui était installée initialement sur la Place de la Révolution (ancienne Place Louis XV et actuelle Place de la Concorde) a été déplacée au moment de la Grande Terreur (due aux Montagnards sous l'impulsion de Robespierre) sur la Place du Trône Renversé (actuelle Place de l'île de la Réunion près de la Place de la Nation) car les riverains se plaignaient du spectacle qu'offrait la vue des charrettes pleines de cadavres montant au cimetière des Errancis.

    A nouveau lieu, nouveau cimetière : ce fut celui de Picpus.

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    La guillotine sur la Place de la Révolution : la statue de Louis XV a été déboulonnée de son piédestal...

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    En entrant dans la cour où se trouve la loge du gardien du cimetière - on entre ici moyennant une obole de 2 euros quand on est un groupe -, on se trouve tout de suite face à la chapelle Notre-Dame-de-la-Paix qui rend hommage aux guillotinés.

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    Devant la chapelle, un vieux puits : il fait, nous a dit le gardien, 30 mètres de profondeur.

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    C'est la pleine époque des roses...

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    Passée la lourde porte en fer, on débouche sur un vaste espace joliment arboré.

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    De l'autre côté du jardin, une superbe allée d'arbres pleureurs.

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    C'est là qu'Anne-Marie nous explique l'histoire du cimetière.

    Il s'agit d'un cimetière privé situé sur le domaine de l'ancien couvent des chanoinesses de Saint-Augustin (installé en 1640 par Louis XIII), chanoinesses qui en avaient été chassées deux ans plus tôt par la Révolution. Trois fosses communes vont être creusées ici et les corps décapités y seront jetés : nobles, nonnes, marchands, soldats, artisans, ouvriers, aubergistes, etc... indistinctement.

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    Le portail d'entrée donne accès à l'espace des fosses communes.

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    A droite du portail, une plaque

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    Dans l'espace des fosses communes, sur la plaque de verre, sont inscrits ces simples mots : "Fosse N°2 - 304 martyrs décapités Place du Trône en juin 1794 reposent ici dans l'attente de la Résurrection."

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    La tombe de Gilbert du Motier, plus connu sous le nom de Marquis de La Fayette, se trouve juste à côté du portail donnant accès aux fosses communes.

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    C'était en effet son souhait d'être enterré aux côtés des ancêtres de sa femme, née Adrienne de Noailles, guillotinés en 1794.

    Son cercueil est recouvert avec la terre qu'il a ramenée de Brandywine, dans le Maryland. Un drapeau américain, qui flotte en permanence au-dessus de sa tombe, est renouvelé tous les 4 juillet, date anniversaire de l'Indépendance des États-Unis. L'ambassadeur des États-Unis vient lui rendre hommage ainsi que des représentants de la Ville de Paris, du Sénat et des communautés d'amitié du "héros des deux Mondes".

    Selon la légende, durant l'Occupation, les Allemands ont laissé le drapeau américain flotter au-dessus de sa tombe, malgré leur état de guerre avec les États-Unis...

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    Bien d'autres personnes sont aussi enterrées ici, descendantes des victimes de la Révolution.

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    Retour vers la Chapelle

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    toujours parmi les roses...

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    L'intérieur de la Chapelle est très sobre.

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    Dans le choeur, un beau Christ en bois sculpté.

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    Les deux bras du transept sont réservés à la mémoire des 1306 victimes de la Terreur.

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    Cliquez sur l'image pour l'agrandir et voir les origines diverses des victimes,

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     tandis qu'une statue de Notre-Dame de la Paix est déposée dans un petit oratoire voisin.

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    Cette statue en bois brun foncé, haute de 33 cms, finement sculptée dans le style de la Renaissance, date du XVIème siècle (1530 plus précisément). Elle faisait partie du patrimoine de la famille de Joyeuse établie dans le Languedoc. Elle sera une des Madones les plus vénérées de Paris jusqu'à la Révolution.

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    Non loin de là, le bâtiment de l'Office national des forêts fait l'angle entre la rue de Picpus et l'avenue de Saint-Mandé.

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     Le groupe y fait une petite halte...

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    le temps pour Anne-Marie de se repérer et de nous conter la suite.

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    Dans l'avenue du Bel Air - quel beau nom ! - de jolis immeubles : celui-ci se trouve au N°13.

    Dans son Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, Félix Lazare indique que l'avenue du Bel-Air porte ce nom parce que « sa position un peu élevée et découverte lui a fait donner le nom qu'elle porte ».

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    et celui-là au N°17 : l'architecte en est Jean Falp.

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    Superbe décor Art Nouveau pour cette porte cochère

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    Regardez comme les balcons en fer forgé sont joliment galbés...

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    On change de rue : nous voici maintenant rue Fabre d'Eglantine au sein de laquelle j'ai vécu les quinze premières années de ma vie...

    Pas vilain non plus cet immeuble (du N°7 bis), surtout avec la végétation que les habitants y ont plantée...

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    Un peu plus loin, au N°9, un immeuble construit en 1896 par l'architecte G. Lobbée en style éclectique : il possède une façade en briques et pierres rappelant le style Louis XIII, tandis que la riche décoration est nettement néogothique.

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    Le rez-de-chaussée en pierre de taille est séparé du premier étage par une étroite frise sculptée de grotesques.

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    Les fenêtres du deuxième au cinquième étage des deux travées centrales, en légère saillie, sont encadrées de motifs sculptés variés : les consoles sous le deuxième étage sont ornées d'animaux mythologiques, et leur linteau d'une tête de fou.

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    La porte d'entrée en bois qui possède une imposte en anse de panier, est percée de longues ouvertures rectangulaires à sommet trilobé, vitrées et protégées par des grilles en fer forgé. La porte est surmontée d'un tympan à arc en tiers-point, soutenu de part et d'autre de la porte par une colonne cylindrique à chapiteau à feuillage, et décoré d'un bas-relief.

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    Celui-ci représente un alchimiste méditant, un chien à ses pieds, devant une cornue en train de chauffer.

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    L'immeuble est inscrit sur la liste des « protections patrimoniales » du 12ème arrondissement.

    Personnellement, même si cet immeuble est "remarquable", je lui préfère de loin celui de l'Avenue du Bel-Air en style Art Nouveau.

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    Encore un immeuble construit par Jean Falp, à l'angle de la rue Dorian et de la rue de Picpus.

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    Etrange, cet étage mansardé crénelé...

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    Au N°15 de la même rue, l'architecte de l'Art Nouveau a encore frappé ! C'est un nom que je vais essayer de retenir mais... je ne promets rien.

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    Toujours rue Dorian, au N°7

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    Nous voici arrivés à l'Ecole Boule (école supérieure qui dispense des formations aux métiers de l'art, du design et des techniques industrielles) : elle crèche au 6 rue Pierre Bourdin.

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    La façade en briques du bâtiment est ornée de mosaïques portant des noms propres et je me suis renseignée grâce à mon ami internet : il s'agit des noms d'ébénistes français comme Martin Carlin, Claude-Charles Saulnier, du sculpteur et orfèvre florentin Benvenuto Cellini et de l'orfèvre parisien Claude Ballin.

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    Benvenuto Cellini est aussi un Opéra d'Hector Berlioz...

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    Anne-Marie a ensuite la bonne idée de nous conduire dans le petit jardin de la Fondation Eugène Napoléon que nous avons visitée l'an dernier, qui nous offre des bancs et un peu d'ombre.

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    Elle en profite pour nous donner moult informations sur le lieu : créée par Napoléon III et son épouse, Eugénie de Montijo, pour veiller à l'éducation des enfants pauvres.

    Cliquer ICI pour relire mon laïus de l'époque.

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    La voici qui nous montre "L'affiche rouge" : il s'agit d'une affiche de propagande placardée en France à plus de 15 000 exemplaires par le régime de Vichy et l'occupant allemand, dans le contexte de la condamnation à mort de 23 membres du Groupe Manouchian (Francs-Tireurs et Partisans - Main-d'Oeuvre Immigrée (FTP-MOI), résistants de la région parisienne. Ils seront fusillés le 21 février 1944.

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    Elle est rouge car cette couleur représente le sang et la mort.

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    En effet, Marcel Rayman, l'un d'entre eux, a habité non loin d'ici, au N°1 de la rue des Immeubles Industriels.

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    La dite rue donnant sur la rue du Faubourg Saint-Antoine, porte bien son nom : elle est entièrement constituée de petits immeubles de trois étages seulement, tous identiques les uns aux autres. Le rez-de-chaussée et l'entresol étaient autrefois utilisés comme ateliers par les artisans du meuble, le reste consistait en des appartements qui bénéficiaient d'un très bon confort pour l'époque : gaz, eau chaude et eau froide.

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    Une machine à vapeur de 200 chevaux située au sous-sol d'un immeuble au milieu de la rue, fournissait l'énergie, distribuée par arbres, aux 230 ateliers qui occupaient jusqu'à 2 000 personnes. Les deux côtés de la rue étaient desservis grâce à un tunnel.

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     Nous terminerons notre petite randonnée par la Place de la Nation : en son centre, une magnifique sculpture d'Eugène Dalou représentant le Triomphe de la République.

    Debout sur un char tiré par deux lions, symboles de la force populaire, et conduit par le Génie de la Liberté éclairant la route de son flambeau, la République est entourée des allégories du Travail (le forgeron, un marteau sur l'épaule), de la Justice (une femme tenant un manteau d'hermine et la main de justice), et de la Paix (dite aussi l'Abondance, répandant des fleurs).

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    Le Génie de la Liberté chevauchant un lion

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    L'allégorie du Travail

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    Au fond de la Place, se trouve l'ancienne barrière d'octroi de l'enceinte des Fermiers Généraux, construite en 1787 sur les plans de l'architecte Claude Nicolas Ledoux. Elle comportait deux guérites encadrant une grille d'environ 60 mètres et servant de piédestal à deux colonnes de 28 mètres de haut. Seule, la grille a disparu. Les guérites sont maintenant occupées par des logements sociaux.

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    En haut des deux colonnes, deux Rois très différents : Louis IX (plus connu sous le vocable de
    Saint-Louis) et Philippe Auguste.

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    En bas des colonnes, le blason de Paris

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    Du temps de Nicolas Ledoux, les statues des deux rois n'étaient pas présentes : elles n'ont été ajoutées qu'en 1845.

    Philippe Auguste, épée levée est un roi combattant.

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    Saint-Louis, très pieux, par contre est représenté épée baissée...

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    Notre promenade s'achève par un pot au "Dalou", une brasserie qui fait l'angle de l'avenue du Trône et de la place de la Nation. Une plaque est apposée près du bar sur laquelle on peut lire que la première bouteille de champagne a été débouchée ici même pour fêter l'arrivée de la 2ème DB en août 1944.

     

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    Merci Anne-Marie pour cet accompagnement très instructif.


    2 commentaires
  • Ce vendredi après-midi il faisait un soleil radieux pour la balade intitulée "Belleville la rouge" des "Petites promenades dans Paris"du vendredi.

    Anne-Marie qui l'organisait m'a rappelé que j'avais déjà fait cette promenade précédemment et que je l'avais relatée dans mon blog à l'époque : c'est vrai qu'au fil de la promenade j'ai retrouvé des lieux connus !  La ballade s'intitulait alors "Les métallos de Belleville".

    Je fais donc un copier-coller en ajoutant quelques photos de la sortie de 2018.

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    Le rendez-vous était donné au métro Parmentier

    Belleville la rouge

    Dans la rue Jean-Pierre Timbaud où nous démarrons notre circuit se trouve une ancienne cité ouvrière , "la cité d'Angoulême". Au rez-de-chaussée les ateliers et dans les étages les habitations des ouvriers des fonderies et du travail du cuir au XIXème siècle.

    Belleville la rouge

     Au bout de la cité, on débouche, dans une cour, sur un bâtiment à l'élégante architecture : il s'agit d'une ancienne manufacture (celle des frères Dutertre, peintres et décorateurs sur porcelaine) qui abrite actuellement les ateliers de Jean Nouvel. J'ai gardé pour mémoire ma photo de la promenade précédente car je me suis aperçue que l'horloge avait été restaurée depuis notre passage...

    Belleville la rouge

    5 - Cité d'Angoulême

    Belleville la rouge

    Nous continuons notre ballade en empruntant le passage de la fonderie, un vrai havre de paix à l'heure actuelle, mais qui devait retentir du bruit assourdissant des forges et du passage des clients à l'époque.  Comme vous pouvez le constater, les habitants ne sont pas avares de végétation.

    Belleville la rouge

    Au bout du passage, la cour a été réaménagée avec des logements modernes fort élégants.

    Belleville la rouge

    10 - Passage de la Fonderie

    La curieuse fresque mi-animal mi-végétal qui fait penser à la fable du corbeau et du renard date de 1992 et a été exécutée par J. Servières. je n'ai rien trouvé sur cet artiste sur le net...

    Belleville la rouge

    Belleville la rouge

     Empruntant la rue Saint-Maur puis la rue Jean-Pierre Timbaud, nous arrivons à la Maison des métallos. Face à elle, la statue de Jules Pendariès (1925) intitulée "le répit du travailleur" a été bâillonnée : est-ce par rapport aux événements actuels... ? Cela se pourrait bien !

    A la découverte de Belleville

    Initialement manufacture mondialement connue, fabriquant des instruments de musique en cuivre, puis haut lieu du syndicalisme et actuellement Etablissement Culturel de la Ville de Paris (théâtre, cinéma, conférences, expositions, danse...), la Maison des métallos a surtout le projet d'allier exigences artistiques et préoccupations sociétales. 

    20- Maison des métallos

    Anne-Marie nous fait remarquer la lyre qui se trouve en haut de la grille en fer forgé donnant accès à la cour, rappelant l'ancienne vocation musicale du lieu.

    Belleville la rouge

     

    Belleville la rouge

    Dans la cour intérieure de l'ancienne usine, une plaque rappelle que Jean-Pierre Timbaud, métallurgiste parisien et syndicaliste CGT, a été fusillé par les nazis en 1941 en tant que communiste suite à l'attentat perpétré par la branche armée du PCF contre le Feldkommandant Karl Hotz.

    A la découverte de Belleville

     Au 98 de la rue Jean-Pierre Timbaud se trouve un immeuble de briques rouges tout à fait banal mais si on s'aventure derrière la grille qui en ferme l'entrée on découvre une succession de trois cours possédant des petits ateliers d'artistes bien sympathiques. Ici, le temps semble s'être arrêté...

    21 - 98 rue Jean-Pierre Timbaud

     tout comme au 154 de la rue Oberkampf voisine où se trouve une cité d'artistes dont les maisonnettes, prêtes à tomber, tranchent avec les constructions modernes qui les surplombent. Je ne donne pas cher de cet endroit dans un avenir pas si lointain... !

    Belleville la rouge

    Belleville la rouge

     Non loin de là l'église Notre Dame de la Croix de Ménilmontant s'élève en haut des 54 marches de l'escalier qui en permet l'accès : la rue de Ménilmontant grimpe sec en effet.

    Belleville la rouge

    Regardez le beau soleil dont nous avons bénéficié...

    Belleville la rouge

    Ici ce panneau rappelle que c'est des hauteurs de Belleville que viennent les eaux ayant alimenté les premières fontaines parisiennes à partir de la fin du XIXème siècle. 

    36 - Place des Sources du Nord

     Le chemin de fer de la Petit Ceinture servait autrefois de liaison aux voyageurs désireux de se rendre d'une gare à l'autre dans Paris. Elle faisait le tour de Paris (32 kms) à l'intérieur des boulevards des Maréchaux et ceci jusqu'en 1934. Désertée par les parisiens qui lui préfèrent ensuite le métro, elle sert alors au trafic des marchandises et est définitivement fermée dans les années 90.

     La passerelle ayant desservi l'ancienne gare de Ménilmontant, aujourd'hui disparue

    Promenade du côté de Belleville avec Générations 13

    Heureusement, il en existe encore des cartes postales...

    Belleville la rouge

    Anne-Marie, un brin nostalgique du passé (!), nous fait écouter la chanson de Charles Trénet "Ménilmontant".

     Pour franchir les côteaux de Belleville et de Charonne, deux tunnels ont été creusés.

     38---Le-chemin-de-fer-de-la-petite-ceinture.jpg

    Après avoir emprunté la rue de la Mare, nous arrivons rue des Cascades dont le nom comme celui des Savies indique une fois de plus l'existence de sources à Belleville. Au Moyen-âge, les religieux du Prieuré Saint-Martin des Champs captèrent en effet une partie de cette rivière pour s'alimenter en eau. A cette époque, l'approvisionnement de Paris était essentiellement assuré par la Seine et par quelques puits, souvent peu salubres. Les "regards", petits bâtiments destinés à protéger les sources, sont les derniers vestiges conservés de ces travaux.

    Voici le regard Saint-Martin - encore appelé "regard des petites rigoles" : il est situé au 42 de la rue des Cascades.

    Belleville la rouge

    En haut du bâtiment, une inscription en latin qu'internet a gentiment traduite :

    « Fontaine coulant d'habitude pour l'usage commun des religieux de Saint-Martin de Cluny et de leurs voisins les Templiers. Après avoir été trente ans négligée et pour ainsi dire méprisée, elle a été recherchée et revendiquée à frais communs et avec grand soin, depuis la source et les petits filets d'eau. Maintenant enfin, insistant avec force et avec l'animation que donne une telle entreprise, nous l'avons remise à neuf et ramenée plus qu'à sa première élégance et splendeur. Reprenant son ancienne destination, elle a recommencé à couler l'an du Seigneur 1633, non moins à notre honneur que pour notre commodité. Les mêmes travaux et dépenses ont été recommencés en commun, comme il est dit ci-dessus, l'an du Seigneur 1722 ».

    Un écusson est visible sur une pierre située en haut à gauche de la porte. Selon M. Louis Tesson, il représenterait un saint Martin déchirant son manteau. Il affirme également qu'un deuxième écusson était placé de l'autre côté de la porte.

    Belleville la rouge

    En continuant la rue des cascades, une très jolie maison

    Belleville la rouge

    Sur le côté, une fresque florale avec "l'homme blanc" de Jérôme Mesnager

    Belleville la rouge

    La rue des Cascades débouche sur la place Henri Krasucki, syndicaliste français membre du PCF et Secrétaire Général de la CGT.

    Belleville la rouge

    Belleville la rouge

    Par un escalier nous arrivons sur la rue des Pyrénées ainsi nommée en raison de son aspect escarpé, particulièrement du côté des Buttes-Chaumont.

    43---Montee-vers-la-rue-des-Pyrenees.jpg

    Bien qu'elle soit très passagère, on y trouve encore des îlots de verdure...

    44---Rue-des-Pyrenees.jpg

    Comme ici, la Villa de l'Ermitage

    Belleville la rouge

    avec ses amusantes fenêtres décorées par les riverains

    Belleville la rouge

    Belleville la rouge

    et son concours d'épouvantails !

    Belleville la rouge

    La Cité Leroy un peu plus loin

     45---Cite-Leroy.jpg

     Avouez qu'on ne se croirait pas à Paris...

     48--Cite-Leroy.jpg

    49---Cite-rue-des-Pyrenees.jpg

     Donnant sur la rue de Ménilmontant, le Jardin du Carré de Baudoin avec sa "folie". Témoin authentique et unique des maisons de campagne édifiées au XVIIIème siècle pour les aristocrates et les bourgeois enrichis, cette maison fut construite en 1770, pour Nicolas Carré de Baudoin puis apartint à la famille Goncourt. A partir de 1836 les soeurs de Saint-Vincent de Paul y fondèrent dans le bâtiment adjacent un orphelinat "L'asile des petits orphelins". Racheté par la Ville de Paris, c'est aujourd'hui un espace culturel.

     Belleville la rouge

     Si vous avez le vertige, passez vite sur la photo qui suit : elle a été prise depuis le haut de la rue de Ménilmontant. Au loin, la tour Saint-Jacques et le Centre Pompidou.

     55---Vue-sur-Beaubourg-depuis-la-rue-de-Menilmontant.jpg

     Aux 19-21 de la rue Boyer, on trouve un bâtiment riche d'une histoire ancienne qui l'ancre dans la mémoire ouvrière. Il s'agit de "la Bellevilloise".

     56 - La Bellevilloise

     Wikipédia explique...

    En 1877, les ouvriers bellevillois fondent un petit dépôt d'épicerie au 10 de la rue Chevreau ouvert deux soirs par semaine. Il devient bientôt une coopérative ouvrière et celle-ci fonctionne jusqu'en 1936 (elle ferme avec la chûte de la BOP : Banque Ouvrière et Paysanne). La coopérative propose à ses adhérents des produits de consommation courante (pain, viande, charcuterie, épicerie, charbon, ameublement, habillement) à prix réduit ; les achats en grosses quantités auprès des producteurs, souvent des coopératives ouvrières de production, et la limitation des marges lui permettent de toucher une large clientèle, qu’elle associe aux bénéfices de l’entreprise : en 1912, elle compte 9 000 sociétaires, réalise 5 MF de chiffre d’affaires annuel et dispose de plusieurs dizaines de magasins de vente, ou « répartitions », dans les 19ème et 20ème arrondissements ; en 1929, elle compte 15 000 sociétaires.

     À partir de 1900, sa prospérité commerciale lui permet de financer diverses œuvres sociales très actives. Elle ajoute alors à sa vocation consumériste une mission éducatrice et sociale qui repose sur 

    1- Le patronnage laïque : il a pour mission « de soustraire les enfants, garçons et filles, aux mauvaises fréquentations de la rue, en leur créant un centre d’éducation et de distraction les dimanche, et en leur permettant de suivre divers cours existants »,

     2 - l'Université populaire de la Semaille : celle-ci met à la disposition des coopérateurs une bibliothèque particulièrement riche et éclectique, donne des conférences gratuites et des cours, organise des sorties, anime un club scientifique ouvrier… À partir de 1930, elle propose un cinéma d'art et d'essai, le Cinéma de la Bellevilloise.

     3- La musique et le théâtre : le goût pour la pratique musicale est alors très répandu dans les milieux populaires et la Bellevilloise subventionne plusieurs groupes musicaux amateurs.


    En juillet 1905, la Bellevilloise crée une société de secours mutuels, la Solidarité mutuelle des coopérateurs de la Bellevilloise, exclusivement réservée à ses adhérents. Celle-ci gère d’abord une pharmacie, puis, à partir de 1913, un puis plusieurs dispensaires.


    La "forteresse coopérative", comme on l’a appelée, a été aussi un instrument de socialisation politique, participant activement à la lutte des classes. Servant de soutien logistique, elle ouvrait largement ses salles aux manifestations des organisations ouvrières de diverses obédiences, puis, à partir des années 1920, principalement communistes : permanences, réunions internes, fêtes, meetings, congrès. La façade comporte d'ailleurs sur son fronton la faucille et le marteau...

     
    La_Bellevilloise.jpg


    En 1908-1910, la Bellevilloise édifie sa "Maison du Peuple", aux N°s 19-21 de la rue Boyer, confiée à l’architecte Emmanuel Chaine, dans l’esprit de la Maison du Peuple de Horta, à Bruxelles. Il s'agit d'un vaste ensemble en béton armé et remplissage de briques avec ornementation de mosaïques et de céramique émaillée qui abrite un grand magasin de vente au public, bureaux, café, salles de répétition, salle des fêtes de 500 m²...

    Pendant près de soixante ans, la Bellevilloise a joué un rôle déterminant dans la vie économique et sociale de l’Est parisien. Actuellement, c'est un lieu de culture multidisciplinaire : concerts, spectacles, expos, défilés mais aussi café : La Bellevilloise reste un lieu de brassage, de rencontres et d'échanges qui s'ouvre à tout public.

     C'est là que se termine notre ballade. Le métro Gambetta n'est pas très loin.

     Mine de rien, on en a fait du chemin...


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  • Ce vendredi, nous avions rendez-vous avec Anne-Marie au métro Louvre-Rivoli : c'est ici qu'a débuté notre promenade parisienne sur les traces laissées par la muraille construite à la fin du XIIème siècle (de 1190 à 1210) par le Roi Philippe Auguste (*).

    Sacre du Roi Philippe Auguste à Reims le 1er novembre 1179 (Chroniques de France - XIVème siècle)

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    (*) On voit bien sur les deux cartes qui suivent que Philippe II - Philippe Auguste pour les intimes - a considérablement accru le domaine royal, le prénom d'Auguste lui ayant été donné par le moine Rigord en référence directe aux conquêtes des empereurs romains.

    Au début de son règne, la France présente cette physionomie : autrement dit..., les anglais sont à nos portes !

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Philippe Auguste, pressentant le danger venant de l’Angleterre, initie les travaux de construction de la forteresse du Louvre, destinée à protéger la ville de Paris dont il veut faire sa capitale.

    Anne-Marie nous a dit qu'elle possède une profusion de livres sur Paris : elle nous montre ici l'un d'entre eux où l'on trouve une gravure du Louvre de Philippe Auguste.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Le donjon (appelé Grosse-Tour) est large de 15 mètres et mesure 30 mètres de haut : il est entouré par un fossé sec, lui-même ceint d'une enceinte très épaisse côté ouest (celui par où l'ennemi risque d'arriver), plus légère côté est.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Sur cette autre iconographie il est intéressant de remarquer le bateau tendant des chaînes en travers de la Seine afin d'en empêcher l'accès : Anne-Marie nous en avait parlé. 

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Après avoir précédemment parcouru lors d'une autre promenade la partie sud de l'enceinte (longue de 2600 mètres), Anne-Marie nous entraîne aujourd'hui sur sa partie nord (qui fait 2800 mètres), encore appelée "enceinte rive droite".

    L'enceinte de Philippe Auguste était constituée d'une muraille haute de 9 mètres et épaisse de 3 mètres à sa base avec des créneaux et un chemin de ronde ainsi que des tours de défense à distance régulière (60 mètres soit : 2 fois 30 mètres, portée de tir d'une arbalète) et comprenant des portes lourdement fortifiées (elles étaient munies de herses) pour garder les entrées de Paris.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    C'est à l'emplacement de cette cour - la Cour carrée - que se situait le donjon du premier Louvre : le pavage en marque l'emplacement.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Empruntant la rue de Rivoli voisine, nous longeons le Temple protestant de l'Oratoire du Louvre où se trouvait autrefois la Porte Saint-Honoré. Devant le temple, le monument à l'amiral Gaspard de Coligny assassiné lors de la Saint-Barthélémy.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Dans la cave qui se trouve sous la grande sacristie, il existe parait-il un mur arrondi fait de grosses pierres taillées, reste de ces tours de 6 mètres de diamètre qui protégeaient la muraille.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    L'enceinte se prolongeait dans la direction des cheminées ci-dessous.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Au 11 rue du Louvre se trouvent les restes d'une des tours,

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    avec, dans la partie basse, un ancien puits.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite 

    Le parcours de l'enceinte emprunte ensuite la rue du Jour où se trouve un très bel Hôtel particulier abritant la maison de couture agnès b. 

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Juste en face, une caserne de pompiers à remplacé la maison champêtre (qui comprenait un manège et des écuries) que Charles V s'y était fait construire, appelée "Le séjour du Roi". La rue prit alors le nom de rue du Séjour, puis de rue du Jour.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Au 30 de la rue Montmartre, une plaque est accolée au mur de l'immeuble : elle marque l'emplacement de l'ancienne Porte Montmartre.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Tandis qu'au 29 de la rue Etienne Marcel voisine se trouve une autre plaque rappelant l'emplacement de l'ancien théâtre de l'Hôtel de Bourgogne dont la troupe rivalisait avec celle de Molière.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Construite en 1408 par le Duc Jean-sans-Peur, cette tour (du même nom) est l'unique vestige du palais parisien des Ducs de Bourgogne. Elle est donc postérieure à la construction de l'enceinte de Philippe Auguste mais a été construite en s'appuyant dessus.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Tiens tiens, la haie est habitée par ce beau jour printanier...

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Nous voici maintenant dans la rue Tiquetonne qui joint la rue Saint-Denis à la rue Montmartre en empruntant le parcours de la muraille dont elle était le chemin de ronde extérieur. Son côté impair était presque entièrement dévolu à l'Hôtel de Bourgogne.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Un peu plus loin, une plaque apposée dans la rue Saint-Denis rappelle qu'ici se trouvait autrefois la Porte du même nom, dite aussi Porte aux peintres du fait de sa proximité avec l'impasse des Peintres voisine.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite 

    Voisin de la rue Beaubourg, le Jardin Anne Frank où nous nous reposons un petit peu tandis qu'Anne-Marie reprend ses explications.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Un peu plus loin, au 55 de la rue des Francs-Bourgeois, la cour du Crédit municipal de Paris (aussi connu sous le nom de "Mont-de-Piétée ou "chez ma tante") recèle les bases d'une des tours de l'enceinte (qui a été surmontée d'une tourelle en briques plus récente). On la nomme Tour Pierre-Alvart : je n'ai pas trouvé pourquoi...

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    On remarque au sol (devant la porte) un pavage délimitant une large bande suivant le tracé de l'ancienne enceinte.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Les aménagements du Jardin des rosiers-Joseph Migneret mettent en valeur les restes d'une autre tour.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Notre promenade touche à sa fin... Nous voici arrivés rue Charlemagne dans le 4ème.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Un charmante fontaine a retenu mon attention (elle est bien sûr totalement hors sujet !).

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Au coin de la rue des Jardins Saint-Paul et de la rue Charlemagne, une tour.

    Encore une me direz-vous !

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Elle porte le nom de tour Montgomery en vertu de la tradition qui veut que Gabriel de Montgomery y fût enfermé pour avoir provoqué involontairement la mort d'Henri II après l'avoir blessé d'un coup de lance dans l'oeil lors d'un tournoi le 30 juin 1559. Le Roi avait organisé un tournoi pour célébrer les mariages de sa fille avec le Roi d'Espagne et de sa soeur avec le Duc de Savoie. Pas de chance : dix jours d'agonie...

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Anne-Marie nous a réservé le "clou" de la balade : un pan entier de l'enceinte avec deux tours (Photos tirées d'internet : cet espace est maintenant dévolu aux jeunes qui y jouent au basket...).

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Et voilà le Quai des Célestins, terme de notre promenade

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Une pelle Stark indique qu'ici se tenait la tour Barbeau où s'achevait, pour la rive droite, l'enceinte de Philippe Auguste édifiée aux frais des bourgeois de la ville avant le départ du Roi pour la croisade. Par temps de troubles, elle était reliée à une autre tour, dite tour Loriaux, située dans l'île, elle-même reliée au Château de la Tournelle, sur la rive gauche, par des chaînes qui reposaient sur des radeaux amarrés à des pieux profondément enfoncés dans le fleuve.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Sur le plan de Braun ci-dessous, on voit bien l'emplacement de la tour de Barbeau et le Château de la Tournelle. Vous remarquerez qu'à cette date l'île Saint-Louis actuelle est constituée de deux îles (l'île aux vaches et l'île Notre-Dame).

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Merci beaucoup Anne-Marie pour ce voyage dans le temps.


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  •  Paris a mis son blanc manteau... 

    Souvenez-vous, il avait neigé sur Paris la veille (une chance, sinon la sortie aurait été annulée !). Terminée l'époque des mobylettes : place aux Gobeebikes ! l'un d'eux a été déposé au bout du Champ de Mars en toute légalité : le principe est de le laisser là où on veut...

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Cliquez sur la  pelle Starck du Champ de Mars  pour lire le texte.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Faisant écran à la tour, le  "mur pour la Paix"  (originellement inspiré du "mur des Lamentations") élevé ici par l'architecte Clara Halter en l'honneur des célébrations de l'an 2000 : originellement installé pour une période de trois ou quatre mois, il est resté malgré les controverses tant sur sa valeur artistique que sur son emplacement et la légalité de son installation.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    La  "Dame de fer"  a été "chantée" par nombre de poètes dont  Maurice Carême .

    Mais oui, je suis une girafe,
    M’a raconté la tour Eiffel,
    Et si ma tête est dans le ciel,
    C’est pour mieux brouter les nuages,
    Car ils me rendent éternelle.
    Mais j’ai quatre pieds bien assis
    Dans une courbe de la Seine.
    On ne s’ennuie pas à Paris :
    Les femmes, comme des phalènes,
    Les hommes, comme des fourmis,
    Glissent sans fin entre mes jambes
    Et les plus fous, les plus ingambes
    Montent et descendent le long
    De mon cou comme des frelons
    La nuit, je lèche les étoiles.
    Et si l’on m’aperçoit de loin,
    C’est que très souvent, j’en avale
    Une sans avoir l’air de rien.

     Anne-Marie  nous a donné rendez-vous aujourd'hui au pied de la  statue du Maréchal Joffre , vainqueur de la bataille de la Marne, faisant face à l'Ecole militaire.

    Visite guidée de l'Ecole militaire 

    C'est là que nous retrouvons notre guide habituel,  Monsieur Obel  , qui, non économe de son temps, nous gardera près de trois heures...

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Visite guidée de l'Ecole militaire 

    Se tournant vers le monument, il nous en fait  l'historique .

    Visite guidée de l'Ecole militaire 

    L'Ecole militaire se trouve sur  l'ancienne plaine de Grenelle  dont l'essentiel des terrains appartenait à l'abbaye Saint-Geneviève depuis sa fondation par Clovis. On y construisit autrefois un château - appelé   le château de Grenelle  - dont voici une gravure datant de 1702.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Le château de Grenelle fut transformé en  manufacture de poudres  sous la Révolution et fut très endommagé le 31 août 1794 par une explosion qui fit un millier de morts parmi les employés et la population voisine, les alentours subissant également des dommages considérables.

    Gravure du XIXème siècle

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Pendant plus de dix ans, le château servit de bureau d'étude à  l'architecte de l'École Militaire Ange-Jacques Gabriel  (les Gabriel étaient maîtres maçons, entrepreneurs et architectes de père en fils au point qu'on les distinguait souvent par un numéro : on appelait ainsi son père Jacques V Gabriel !)

    L'Ecole militaire vue du Champ de Mars

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Malheureusement des travaux de ravalement nous empêchent aujourd'hui d'admirer la façade dans son intégralité mais, grâce aux moyens modernes, l'échafaudage a été personnalisé, nous permettant d'en imaginer la façade.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    La voici d'ailleurs, trouvée sur le net.

    Après l'échec de la guerre de succession d'Autriche et le choix de Madame de Pompadour - roturière née Jeanne Antoinette Poisson - pour maîtresse,  Louis XV a besoin de redorer son blason  : c'est ainsi qu'il confie à Jacques Ange Gabriel la construction d'une Ecole royale militaire destinée à former 500 jeunes gentilshommes à "toutes les sciences convenables et nécessaires à faire de bons officiers". Les travaux commencent en 1753 et il faudra plus de vingt ans à l’architecte pour les achever au cours desquels les problèmes de financement bouleversent le projet initial.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     Le fronton est accompagné par  quatre statues La Victoire sous les traits de Louis XV (à gauche) appartient à un ensemble de quatre statues de marbre qui l'encadrent deux à deux. Les trois autres figures représentent La FranceLa Paix et La Force sous la figure d’Hercule. On attribue ces quatre allégories à Louis-Philippe Mouchy ou à Jean-Baptiste Cyprien Dhuez. Les statues originales, très ruinées, ont été remplacées par des copies.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

      L'horloge de Lepaute , horloger du Roi, est flanquée de deux génies (le Temps et l'Astronomie) : une sculpture de Jean-Philippe Mouchy - vers 1780 - portant les armes de Louis XV.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Voici la façade intérieure du  "Château" .

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     Plan de l'Ecole Royale militaire  : nous nous dirigeons maintenant vers  la Rotonde Gabriel  (tout à fait à gauche du plan).

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Celle-ci abrite le Cercle mixte de la garnison de Paris.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     

     Elégance du plafond... 

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Notre guide nous fait remarquer la très grande finesse de l'architecture intérieure.

     Multiplicité des moulures... 

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     Chapiteaux ioniques  accompagnés de guirlandes...

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Nous sommes autorisés à "jeter un coup d'oeil" dans  un salon privé  (qui attend visiblement trois invités pour le dîner...) dont le plafond vaut vraiment la peine d'être vu. Vous n'en verrez pas plus...

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    La visite se poursuit par celle des  écuries  : l'Ecole militaire est réputée pour sa cavalerie.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Visite guidée de l'Ecole militaire 

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Trouvez la Tour Eiffel !

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     Les écuries 

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Nous entrons ensuite dans  la sellerie  où sont présentées plusieurs selles ayant une particularité.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     Celle-ci, nous dit notre guide, a appartenu au Maréchal Juin , l'un des grands chefs de l'armée de libération en 1943-1944.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     Cette autre est une selle d'amazone , réservée aux dames...

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    On reconnait celle-ci grâce à sa couleur :  elle a été chevauchée par un Spahi  (*).

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Cette autre est  une selle du Cadre noir de Saumur  (*).

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Nous voici revenus près du Champ de Mars.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     La Tour Eiffel, toujours la Tour Eiffel ! 

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     Une très belle colonnade d'ordre dorique 

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Coup de projecteur sur la neige...

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    A l'intérieur de la colonnade

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Visite guidée de l'Ecole militaire 

    Notre guide nous montre  la statue de Louis XV  qui s'y trouve.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Visite guidée de l'Ecole militaire 

    Le nez des Bourbon, on ne le renie pas !

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     Soleil couchant à l'intérieur de la colonnade 

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Au fond de la cour,  le bâtiment de l'Unesco 

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Nous nous dirigeons maintenant vers  la Chapelle de l'Ecole  qui est  consacrée à Saint-Louis , le saint patron des armées. Saccagée sous la Révolution, elle est transformée en cantine puis en dépôt de fourrage et d'armes. Son mobilier est alors dispersé. A l'occasion des funérailles du maréchal Joffre en 1931, la chapelle est définitivement libérée de tout ce qui l'encombrait. Elle récupère son mobilier dans les années 30 avant d'être ré-ouverte au culte catholique en 1951.

    Ici les colonnes ont été mises à l'intérieur contrairement à certaines églises (La Madeleine par exemple) où elles encadrent l'édifice.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Ce sont  des colonnes aux chapiteaux corinthiens  très ouvragés.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Au-dessus de l'autel,  un superbe tympan  représentant l'agneau pascal.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     Le choeur 

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Dans le choeur, un tableau de Hallé (1773) représentant  Saint-Louis transportant la couronne d'épines à la Saint-Chapelle 

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    La chapelle est en effet décorée de  neuf toiles , illustrant des épisodes de la vie de Saint Louis (représenté sous les traits de Louis XV...).

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    La plus connue est celle qui surplombe le maître-autel :  La Dernière Communion de Saint Louis , par Gabriel-François Doyen.

    Superbe, non ?

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Cet autre représente  La remise de la Régence du Royaume par Saint-Louis à sa mère . Il a été peint par Joseph-Marie Vien en 1773.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Le voici de face

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     La porte d'entrée de la Chapelle  est richement décorée.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Les serrures sont ornées, nous montre notre guide, de  l'aigle impérial  : l'Ecole a formé le jeune  Napoléon Bonaparte . Entré à l'École Militaire en octobre 1784, il en sort en octobre 1785, peu après avoir reçu la Confirmation dans la chapelle de l'institution.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    En face de l'entrée de la Chapelle se trouve  l'escalier d'honneur  : nous ne pourrons pas y accéder mais seulement y jeter un coup d'oeil à travers la porte vitrée...

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     Superbe rampe en fer forgé 

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Internet, c'est magique !

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Et maintenant, direction  La Bibliothèque  : au passage, lumière du soir sur l'arrière de l'Ecole donnant sur la Place de Fontenoy

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     La Bibliothèque  est  située dans le "Château" et est constituée d'une enfilade d'anciens salons de réception. C'est, je trouve,  une vraie merveille . Initialement aux Invalides, elle s’est installée ici en 1878, en même temps que l’École Supérieure de Guerre.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     Le fonds de la Bibliothèque de l'Ecole militaire est très riche : il compte actuellement près de 100.000 volumes, dont 140 manuscrits, 400 périodiques français et étrangers, 3.000 cartes et plans ainsi qu’une importante documentation spécialisée. 

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Zoom sur  un autographe de Bonaparte... 

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Dans l'un des salons, une jolie cheminée en marbre possédant  une plaque en fonte intéressante  : elle montre un jeune gentilhomme destiné à la carrière militaire (un cadet).

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     Une photo de Patrick Manglier 

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Dans le dernier salon, on peut voir  un miroir impacté par une balle  le 25 août 1944 lors de la libération de Paris par la Deuxième DB et les FFI.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    A côté, un livre également touché...

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Le groupe en train de regarder  le plan perspectif de l'Ecole royale militaire et du Champ de Mars par Louis Nicolas de Lespinasse  que nous montre Monsieur Obel.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Pas de Tour Eiffel ni de Trocadéro : des champs, quelques maisons, point de voitures et des mouvements de troupes sur le Champs de Mars !

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     Fin de cette visite guidée 

    Merci à  Anne-Marie  de l'avoir organisée.


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  • C'est bien au 123 boulevard de Port-Royal et non au même numéro du boulevard de Montparnasse qu'Anne-Marie nous avait donné rendez-vous pour une visite de l'abbaye de Port-Royal...

    Quelle étourdie !

    Arrivée un petit peu en retard donc - mais pas trop - j'ai pu très vite reprendre le cours de la visite qui débutait dans le cloître. Le groupe écoute déjà religieusement - cela s'impose - le guide choisi par Anne-Marie, un monsieur que nous connaissons déjà pour avoir eu l'occasion de l'écouter dans d'autres visites guidées.

    Il nous a prévenus, à juste titre : nous allons sans doute avoir besoin de Doliprane ! Je ne vous dis pas le mal que j'ai eu à écrire ce petit post car l'histoire qui va suivre est un tantinet compliquée...

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    L'abbaye cistercienne de Port-Royal a été fondée en 1204 par Mathilde de Garlande, une femme de la grande noblesse proche de la famille royale (d'où le nom de "Royal"). On l'appelle alors Port-Royal des Champs car elle est située dans la vallée de Chevreuse.

    En 1625, sous le règne de Louis XIII, une "annexe" - Port-Royal de Paris - est créée tant à cause de l’exiguïté des bâtiments que pour sauver les religieuses de Port-Royal des Champs décimées à la suite d'une sévère épidémie de paludisme liée au caractère marécageux du site.

    C'est cette abbaye parisienne que nous visitons aujourd'hui.

    Visite guidée de l'abbaye de Port-Royal

    Le cloître n'a que trois côtés car la chapelle est adossée au quatrième.

    Visite guidée de l'abbaye de Port-Royal 

    Profitons vite du jardin avant que n'arrive la pluie...

    Visite guidée de l'abbaye de Port-Royal

    A la mort de Pierre Lescot (l'architecte de l'aile Renaissance du Louvre), c'est son neveu Léon qui hérite de l'Hôtel de Clagny construit par celui-ci entre 1566 et 1569 au Faubourg Saint-Jacques à Paris.

    Par acte du 19 juillet 1624, Léon échange l’hôtel de Clagny avec Angélique Arnauld, abbesse de Port Royal des Champs depuis son plus jeune âge (à 11 ans pour être précise : contrainte et forcée par sa famille, elle ne trouva réellement la vocation que bien plus tard), contre une rente de 1500 livresLes religieuses s’installent ainsi dans l'Hôtel de Clagny qui, après avoir subi quelques transformations, devient l’Abbaye de Port-Royal.

     En 1630, Angélique Arnauld décide de placer sa communauté dans le giron janséniste, en offrant à sa communauté l’abbé de Saint-Cyran comme directeur de conscience. La communauté devient ainsi le haut-lieu du Jansénisme (nom formé à partir de celui du théologien hollandais Cornélius Jansen dont la doctrine est dérivée des thèses de Saint-Augustin). Je dirai - pour faire simple - que selon les thèses jansénistes l’homme ne tient son salut que de la grâce divine, dont il doit cependant se montrer digne en vainquant sa propre concupiscence.

    La Mère Angélique Arnauld par Philippe de Champaigne

    Visite guidée de l'abbaye de Port-Royal

    Outre le caractère réfractaire des croyances jansénistes, l'abbaye abrite aussi à l'époque un lieu d'enseignement, une sorte d'école où les Solitaires participent aux prières des religieux, reçoivent et donnent un enseignement. Dans ce qui s'appela les "petites écoles", Racine en fut l'un des élèves et Pascal l'un des professeurs.

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    La construction de la chapelle de Port-Royal de Paris fut confiée à un tout jeune architecteAntoine Le Pautre (1621-1679), dont ce fut le premier chantier. Il est également l'architecte du très bel l'Hôtel de Beauvais dans le Faubourg Saint-Antoine ainsi que de la Cascade du Parc de Saint-Cloud.

    Visite guidée de l'abbaye de Port-Royal

    La rigueur du Jansénisme ne lui permit malheureusement pas de s'exprimer comme il l'aurait souhaité : il ne put réaliser en particulier le portique décoré de balustrades ni le riche décor architectural (avec les statues) qu'il avait prévus... Notre guide nous a fait passer une documentation où l'on peut comparer les projets de l'architecte avec la réalisation finale.

    Visite guidée de l'abbaye de Port-Royal

    Le projet

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    La réalisation

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    Dans le cloître, deux statues assez jolies : l'une d'elles représente un grand prêtre israélite et pour l'autre je n'ai pas trouvé. Le guide a parlée de prophètes...

    Visite guidée de l'abbaye de Port-Royal 

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    Dans les locaux de l'abbaye, deux escaliers en bois à balustre rampante dont un en forme de poire, d'époque bien sûr. Ma photo ne rend malheureusement pas l'explication que le guide nous en a donné...

    Visite guidée de l'abbaye de Port-Royal

    Visite guidée de l'abbaye de Port-Royal

    Voici la salle capitulaire (ou salle du chapitre) : il s'y trouve une reproduction du tableau de la Mère Angélique Arnauld par Philippe de Champaigne.

    Visite guidée de l'abbaye de Port-Royal

    Visite guidée de l'abbaye de Port-Royal

     

    En 1662, l'abbaye de Port-Royal de Paris fut le siège d'un miracle.

    La fille de Philippe de Champaigne (peintre de la Royauté), Catherine, qui avait pris le voile à l'abbaye de Port-Royal de Paris en 1656 sous le nom de soeur Catherine de Sainte-Suzanne, était paralysée des jambes depuis deux ans. Elle dit avoir été guérie spontanément le 6 janvier 1662, au terme d’une ultime neuvaine.

    Pour remercier les religieuses, Philippe de Champaigne leur offrit un tableau représentant Soeur Catherine de Sainte-Suzanne, assise jambes étendues, à côté de la nouvelle abbesse, mère Agnès Arnauld (il s'agit de la soeur d'Angélique Arnauld décédée l'année précédente). Ce tableau porte le nom d'Ex-voto de 1662, un ex-voto qui pourrait apaiser les menaces pesant sur le couvent (voir plus bas)...

    L’humilité, le dépouillement et l’austérité du lieu répondent à celles des moniales, qui ont consacré leur vie à Dieu : robe de bure, plancher cloué, mur nu, fissure au mur. Le mobilier est très simple et composé d’un fauteuil, d’un tabouret et d’une chaise, sur laquelle repose un livre, probablement le livre de prière de sœur Catherine.

    Visite guidée de l'abbaye de Port-Royal

    Notre visite s'est terminée par celle de la chapelle - d'une grande sobriété - dans l'esprit de Port-Royal, dont nous voyons ici la nef unique. 

    Visite guidée de l'abbaye de Port-Royal

    Derrière le rideau, une grille...

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    Pour en terminer avec l'histoire de Port-Royal, il faut dire que cela se passa assez mal pour les religieuses. L'Etat n'accepta pas leurs idées car leur caractère dissident rappelle, entre autres, l'époque des Guerres de religion.

    Louis XIV obligea les religieux, les clercs et les maîtres d'école à imposer leur signature au bas de ce texte :

    « Je me soumets sincèrement à la Constitution du pape Innocent X du 31 mai 1653, selon son véritable sens, qui a été déterminé par la Constitution de notre Saint-Père le pape Alexandre VII du 16 octobre 1656. Je reconnais que je suis obligé en conscience d'obéir à ces Constitutions, et je condamne de cœur et de bouche la doctrine des Cinq propositions de Cornelius Jansenius contenues dans son livre intitulé Augustinus, que ces deux papes et les évêques ont condamnée ; laquelle doctrine n'est point celle de saint Augustin, que Jansenius a mal expliquée, contre le vrai sens de ce saint docteur. »

    En 1709, Louis XIV ordonnera la destruction de l'abbaye, mettant fin au Jansénisme. Une des plus grandes crises spirituelles de l'Ancien Régime prend fin.

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    Après la Révolution, l'abbaye devint une prison (entre 1790 et 1795) : la prison de Port-Libre. L'on y enferma en particulier les vingt-sept fermiers généraux (qui prélevaient l'impôt), Malesherbes le botaniste et homme politique proche de Louis XVI, Le Chapelier (vous savez, celui de la loi), le garde des sceaux Miromesnil, et même le scientifique Lavoisier qui - ayant demandé un sursis afin de terminer une expérience - il fut répondu : "la République n'a pas besoin de savants ni de chimistes". Il finira guillotiné...

    Honoré Riouffe, historien et homme politique incarcéré en 1793, fait paraître une relation de son incarcération, Mémoires d'un détenu, qui connaît un grand succès.

    « Rien ne ressemblait moins à une prison : point de grilles, point de verrous, les portes n'étaient fermées que par un loquet. De la bonne société, excellente compagnie, des égards, des attentions pour les femmes. On aurait dit qu'on n'était qu'une même famille réunie dans un vaste château. C'était le rendez-vous de la gaieté. On s'y retirait après l'appel, et on y prenait le frais jusqu'à onze heures du soir. »

    Mais, après la loi du 22 prairial, Port-Libre devint, comme les autres prisons, « l'antichambre de la Conciergerie et du tribunal révolutionnaire. » La plupart des détenus n'en sortirent que pour aller à l'échafaud.

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    En 1795 , l'ancienne abbaye fut transformée en "maison d'allaitement" pour enfants abandonnés qui devint en 1801 l'Hospice de la Maternité auquel fut adjoint un hôpital d'accouchement en 1814.

    C'était l'un des plus tristes asiles de la misère humaine : il renfermait cinq cent quinze lits et recevait annuellement deux mille femmes enceintes. On l’appelait vulgairement la Bourbe, à cause du nom ancien de la rue voisine, absorbée aujourd'hui dans le boulevard de Port-Royal.

    A cet hôpital fut annexée une école pratique d'accouchement, où quatre-vingts élèves recevaient au XIXe siècle l'instruction nécessaire à la profession de sage-femme.

    Le lieu correspond aujourd'hui à la maternité Port-Royal (Clinique Baudelocque).

    That's all folks !


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