• Anne-Marie, qui anime l'atelier "Petites promenades dans Paris", nous a proposé pour terminer en beauté cette année un peu compliquée une visite guidée du château de Vincennes par l'association "Paris - Art et Histoire".

    C'est à la tour du Village que Monsieur Obel, notre guide pour cette visite, nous accueille : elle constitue l'entrée actuelle du château. Avec ses 42 mètres de haut, son architecture et son décor sculpté d'une qualité exceptionnelle, c'est la plus importante du mur d'enceinte de Charles V et la seule à subsister aujourd'hui dans son élévation d'origine, les huit autres tours ayant été arasées au cours des siècles. 

    Visite guidée du Château de Vincennes avec l'association "Paris - Art et Histoire"

    Ou la la... C'est haut !

    Visite guidée du Château de Vincennes avec l'association "Paris - Art et Histoire"

    On voit ici le mur d'enceinte percé, dans un premier temps de meurtrières (pour les mousquets), puis de plus grandes ouvertures (pour les canons). Le fossé, profond de 4 mètres de plus que l'actuel engazonné, était rempli d'eau formant des douves infranchissables.

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    Nous entrons dans l'enceinte du château par le porche pourvu d'un pont-levis dont on voit ici les flèches et les chaînes. La façade est élégamment décorée de petites niches devant abriter autrefois, je suppose, des statuettes aujourd'hui disparues.

    Visite guidée du Château de Vincennes avec l'association "Paris - Art et Histoire"

     A l'entrée, un plan du château pour se repérer : la tour du Village en bas, le Donjon et le Pavillon du roi à droite, la Sainte-Chapelle et le Pavillon de la reine à gauche, là est le principal.

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     En jetant un coup d'œil circulaire à la cour intérieure, on aperçoit d'abord, à l'arrière, les casemates : n' oublions pas que le château a servi de caserne pendant un temps. 

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     Puis, l'œil s'arrête sur le Pavillon des armesle Pavillon du Génie et la Sainte-Chapelle.

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    On voit au premier plan une fontaine : elle fut construite au XIIIème siècle et demeure le seul vestige visible de l'ancien manoir capétien. Cette dernière fut la résidence préférée de Saint-Louis pour accueillir les événements importants de la famille royale.

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    La chapelle du château est une Sainte-Chapelle car elle a abrité les reliques de la Passion (un morceau de la "vraie croix" et une "épine de la couronne du Christ").

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    Nous en approchant, nous écoutons notre guide nous parler de sa construction qui commença en 1379 dans le style gothique flamboyant selon le modèle de la Sainte-Chapelle de Paris : une nef unique et de puissants contreforts à l’extérieur permettent à l’édifice de supporter la hauteur des baies vitrées (plusieurs mètres !). Dans un premier temps, c'est le chœur qui est achevé : on peut ainsi remarquer que l'armature des vitraux de la nef est beaucoup plus ouvragée, formant en quelque sorte une dentelle, que celle du chœur qui est beaucoup plus simple.

    Est-ce que je me fais bien comprendre...?

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    La façade est très élégante.

    Visite guidée du Château de Vincennes avec l'association "Paris - Art et Histoire"

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    Finesse des détails...

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    Des séraphins encadrent une représentation de la Trinité.

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    Sur les côtés du porche, de très élégantes sculptures végétales et animales : avez-vous vu le petit escargot... ? Le sculpteur s'est amusé !

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    En passant le porche, on retrouve un peu la même impression d'immensité que dans la Sainte-Chapelle de Paris : les baies vitrées en sont responsables.

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    Monsieur Obel nous entraîne tout de suite dans le chœur où se trouvent, depuis que l'édifice a été récemment restauré, deux maquettes du château.

    Celle-ci représente le château au XVIème siècle.

    A l'intérieur de l'enceinte de Charles V se trouvaient : 

    1 - Le manoir des Capétiens (résidence de Saint-Louis, aujourd'hui disparu)
    2 - Le manoir de Louis XI, englobé par Le Vau au XVIIème siècle dans le Pavillon du roi
    3 - La Sainte-Chapelle en construction, sous François Ier
    4 - Le Donjon de Charles V

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    La deuxième maquette représente le château au XVIIème siècle après les travaux de Le Vau. On y voit surtout à gauche l'adjonction du Pavillon du roi et du Pavillon de la reine. C'est à peu près l'état dans lequel il se trouve de nos jours.

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    Notre guide nous montre ici les sculptures de la porte de l'oratoire du roi.

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    On y voit deux anges porter un blason (celui du roi) décoré d'un côté des fleurs de lys de la couronne et de l'autre d'une sorte de damier dont j'ai oublié totalement la signification...

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    En 1369, le campanile qui surmonte la terrasse du châtelet accueille la première horloge publique française. Cette innovation coûteuse annonce les horloges municipales qui apparaîtront dans les grandes villes européennes à partir de la fin du XIVème siècle. Le campanile actuel, restitué en 2000, abrite une copie de la cloche dont l'originale est conservée ici, dans la Sainte-Chapelle. C'est la seule cloche subsistant de toutes les horloges installées par Charles V dans ses résidences parisiennes. L'horloge, située au-dessus du cabinet de travail du roi, dans le châtelet et au même niveau que sa chambre du deuxième étage du donjon, rythmait sa vie selon les heures canoniales, marquant les offices quotidiens consacrés à la prière. La cloche porte une inscription indiquant que sa fonte fut ordonnée par Charles V :

    CHARLES PAR LA GRACE DE DIEU, ROY DE FRANCE, FILS DU ROY JEHAN, ME FIST FAIRE L'AN DE GRACE MILCCLVXIX. JEHAN JOUVENTE M'A FASONNEE POUR ORLOGE. SUIS ORDENNEEE NTENTE LE HEURES.

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    Les vitraux du chœur

    Les anges exterminateurs, les sauterelles, l'obscurcissement des astres, l'incendie des arbres et des plantes, la mer changée en sang, les trompettes annonçant la fin du monde… : l'Apocalypse selon Saint-Jean se retrouve dans toute sa splendeur sur les sept baies composants le vitrail de la baie d'axe.

     Ces vitraux ont été créés en 1559 par Nicolas Beaurain.

    Visite guidée du Château de Vincennes avec l'association "Paris - Art et Histoire"

     Plusieurs baies ont malheureusement disparu à la suite de la tempête de 1999, et ont bénéficié heureusement d’une rénovation.

    Visite guidée du Château de Vincennes avec l'association "Paris - Art et Histoire"

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    Vue sur la rose de la façade

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    Malheureusement, cette photo n'est pas de moi (Wikimedia) !

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    Notre guide nous montre ensuite les petits oratoires par lesquels le roi et la reine pouvaient assister à la messe sans être vus. On aperçoit à l'intérieur de celui-ci (celui du roi) des statues en pierre qui n'étaient pas là à l'époque de Charles V : je vous dirai plus bas pourquoi.

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    Comment s'appelle cette fente dans la pierre vous mettant à l'abri des regards indiscrets ? Si quelqu'un en connaît plus que moi en architecture, je lui serais reconnaissante de me le dire car cela m'échappe totalement...

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    Une corniche au décor de feuillage fait le tour de la chapelle : elle est ornée de douze consoles représentant la lutte du Bien et du Mal. Des moines, des évêques et des rois combattent des figures démoniaques. La fluidité des gestes et des drapés est saisissante.

    Visite guidée du Château de Vincennes avec l'association "Paris - Art et Histoire"

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    Je vous avais dit que je vous en dirais plus à propos des statues de l'oratoire...

    Louis-Antoine de Bourbon-Condé, duc d'Enghien, est accusé à tort d'être à la tête d'un complot royaliste. Un procès expéditif est préparé. Le 20 mars 1804, peu avant minuit, le duc fait face à un premier interrogatoire au château de Vincennes ; à une heure du matin le 21 mars, il est traduit devant un conseil de guerre. Ce conseil a pour ordres de juger rapidement de la cause, et la condamnation à mort est déjà prévue dans l'arrêté pris par Bonaparte. Tout en se déclarant l'ennemi du gouvernement, il rejette les accusations de participation au complot royaliste en cours ; par contre, il précise qu'il attendait à Bade les instructions du gouvernement britannique qui devait sous peu faire appel à ses services dans cette région. En présence de Savary, envoyé par le Premier Consul, le conseil délibère rapidement : à deux heures du matin, le duc est condamné à mort à l'unanimité ; il est fusillé peu après, dans les fossés du château. Son corps est jeté dans une tombe creusée à l'avance au pied du Pavillon de la reine.

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    Dans l'Oratoire du roi, se trouve maintenant un monument à la mémoire du duc d'Enghien : il a été sculpté par Louis Pierre Deseine (en 1825) sur ordre de Louis XVIII qui a tenu à réhabiliter la mémoire du duc après avoir fait exhumer son corps qui repose désormais ici et élever une colonne pour marquer l'emplacement de l'assassinat dans le fossé côté bois.

    On peut voir au fond le duc d'Enghien secouru par la Religion qui le guide vers son destin (remarquez que cette dernière a des allures de statue de la Liberté : qui sait, Bartholdi s'en est peut-être inspiré ?). Les deux autres figures allégoriques représentent la France, éplorée, enchaînée, et le Crime, entouré de ses serpents et muni d’un poignard.

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    Nous montons ensuite les 68 marches conduisant à la tribune côté façade pour admirer l'église vue d'en haut.

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    Ceci permet de se rendre compte que les vitraux latéraux ne sont pas colorés. J'ai oublié si c'est d'origine ou dû aux dégradations du temps...

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    Une jolie exposition mêlant art contemporain et antiquités s'y tient en ce moment. 

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    Les voici les 68 marches !

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    Vase avec la figure d'un paysan labourant
    (Bela Palinkas - 1920 - Musée de Budapest)

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    Michèle Papadopoulos - Service Haviland "Gourmet Pop"

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     Plateau faisant partie d'un ensemble - Service à café avec des scènes de Balatonfüred et Tifahy

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    Le tea time - Florence Lemiègre (2016)

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    Centre de table : meuble d'écriture en forme de tiroirs pliants - Budapest (1781) 

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    Et maintenant, où allons-nous ?

    Un petit plan pour se repérer...

    Nous allons maintenant nous diriger vers le Pavillon du roi et celui de la reine, en passant sous une sorte d'arc de triomphe (vous le voyez juste à côté de l'entrée de la Sainte-Chapelle).

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    De là, on a une vue sublime sur l'église et le soleil s'étant levé ne gâche rien au plaisir.

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    Depuis cet endroit, on jouit d'une belle vue sur le Pavillon du roi qui vient de finir d'être restauré. Les allemands y avaient mis le feu à la fin de la guerre, ce qui a détruit définitivement ses intérieurs peints... Il sert maintenant d'espace d'exposition lui aussi.

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    Pour le Pavillon de la reine, il faudra attendre les crédits...

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    Plus jolie de ce côté là que de l'autre, je trouve : l'élégant portique la met en valeur. 

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    Ah... Enfin le Donjon !

    C'est souvent à lui qu'on pense quand on parle du château.

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    Avant de le rejoindre, notre guide nous conduit jusqu'aux douves pour nous montrer l'endroit où fut exécuté le duc d'Enghien : une colonne en marque l'emplacement.

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    Vue sur le Pavillon du roi et le Donjon : remarquez les jolis pots-à-feu sur la toiture.

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    L'entrée donnant accès au Donjon est défendue par un Châtelet auquel on accède par un pont-levis.

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    Vue sur le Pavillon du roi depuis les douves du donjon 

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    La passerelle en bois que vous apercevez sur cette photo était le seul moyen d'accès au donjon au Moyen-Age : elle relie le Châtelet (qui défend l'entrée au donjon) au Donjon lui-même.

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    Impressionnant, non ?

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    A l'entrée du Donjon, une coupe de ce dernier montre les différentes affectations des étages.

    Au sein du donjon, le roi se déplaçait entre les deux premiers étages par un escalier en vis (2), de plan octogonal, aménagé dans une des tourelles d'angle. Cet escalier lui permettait ainsi une circulation confortable entre la grande salle du conseil (3) au premier étage et ses appartements privés au deuxième étage (4). Un escalier secondaire placé dans l'épaisseur du mur sud, dessert tous les niveaux, du rez-de-chaussée à la terrasse.

    On voit bien ici, en gris, le châtelet et le chemin de ronde cernant le donjon.

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    C'est cet autre petit escalier, largement ouvert sur l'extérieur (il est éclairé par cinq baies superposées) que nous empruntons pour accéder à la passerelle de bois donnant accès au premier étage du Donjon : il est situé dans le Châtelet.

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    Mais avant d'accéder au Donjon, le circuit - fléché pour les visiteurs - nous fait faire le tour du chemin de ronde (un carré de cinquante mètres de côté construit en 1370) que le roi empruntait pour se promener : à l'époque, il n'était pas couvert, en témoignent les trous percés dans le sol servant à la récupération des eaux de pluie dirigées vers des citernes dans la cour du donjon. Le chemin de ronde a été couvert d'une toiture en ardoise au début du XVIIème siècle.

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    Par les fenêtres, on a une super vue sur la Sainte-Chapelle.

    Visite guidée du Château de Vincennes avec l'association "Paris - Art et Histoire"

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    Nous faisons ainsi tout le tour du chemin de ronde.

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    Ceci est une reconstitution datant de 1930 (aquarelle de Louis Bertin Moreau) de son décor peint au début du XVIIème siècle.

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    De place en place des plans tels que celui-ci qui date de 1688.

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    On tourne, on tourne...

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    Une vue peu commune de l'enceinte du château

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    Une fois fini le tour, on accède au Donjon en empruntant la passerelle de bois.

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    La première pièce que nous visitons est le Cabinet de travail de Charles V. Le roi venait séjourner à Vincennes deux à trois mois par an et c'est depuis cette pièce qu'il dirigeait son royaume. C'est un espace très petit qui ne permet pas le recul pour la photo.

    Voici donc son plafond

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    Un document mis à disposition des visiteurs permet de se rendre compte qu'au Moyen-Age il était lambrissé (cela permettait une isolation contre le froid et la chaleur) et qu'il était peint.

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    Ces deux autres documents reconstituent le cabinet de travail du roi : on y voit qu'il possédait tout le confort dû à un grand monarque. La reconstitution a été permise grâce à l'inventaire des objets conservés dans cette pièce (1380), à d'autres sources écrites concernant des édifices analogues, à l'examen du Donjon et aux résultats des fouilles archéologiques conduites ailleurs dans le château.

     Visite guidée du Château de Vincennes avec l'association "Paris - Art et Histoire"

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    Charles V dans son Cabinet de travail

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    A chaque étage du château se trouvait une chapelle et un oratoire attenant depuis lequel le roi et la reine assistaient aux offices (quand ils ne se passaient pas dans la Sainte-Chapelle), pièce si petite qu'une fois de plus la photo n'est possible qu'au plafond : celui-ci était également lambrissé.

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    Sur les murs, des restes de peinture : ils sont le fait des prisonniers qui, dès le XVIème siècle séjournèrent dans le Donjon, en particulier dans ces petites tourelles d'angle. 

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    Doués, les prisonniers !

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    Sous l'Ancien Régime, les grandes fenêtres des trois premiers étages ont été murées pour adapter le Donjon à son usage carcéral, ne laissant filtrer la lumière du jour que par une fente. Les traces de cette transformation sont ici visibles.

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    Nous voici maintenant arrivés dans la salle du Conseil (photo internet) : il aurait été intéressant de s'asseoir sur les bancs pour suivre l'animation vidéo proposée par le château mais..., la visite de Monsieur Obel dure déjà depuis deux bonnes heures et nous n'avons pas fini !

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    Elle est cette fois si grande que j'en ai photographié seulement le plafond autrefois lambrissé (en témoignent les crochets qui restent fixés dans la pierre). 

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    Notre guide nous montre les sculptures des angles représentant les quatre évangélistes.

    Voici le lion de Saint Marc

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    Le bœuf ailé de Saint Luc

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    L'aigle de Saint Jean

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    et enfin l'ange de Saint Matthieu

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    La pièce est éclairée par de grandes fenêtres à meneaux et possède des "coussièges" permettant de profiter de la lumière du jour.

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    Elle était chauffée grâce à l'existence d'une grande cheminée. Remarquez le joli carrelage...

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    Et maintenant, direction la chambre du roi : Monsieur Obel que l'on voit ici nous montre sur le mur les traces de la transformation de cette ancienne pièce en escalier. 

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    Le deuxième étage est celui des appartements privés du roi. On y trouve la chambre du roi, la chapelle royale, la garde robe, la salle du trésor, l'étude et les latrines. Les étages supérieurs accueillaient les chambellans, ses proches et serviteurs ainsi que des réserves domestiques et militaires, comme l'approvisionnement des machines de guerre disposées sur la terrasse.

    Concernant la chambre du roi, il faut s'imaginer quelque chose dans ce style, donc : beaucoup de couleurs et un château meublé. Le coffre, dans l'embrasure de la fenêtre, à gauche de la cheminée, renfermait des manuscrits religieux, dont deux psautiers ayant appartenu à Saint-Louis.

    En 1461, les ambassadeurs florentins découvrent avec admiration le raffinement de son décor.

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    La voici de nos jours (photo Montjoye.net) avec son pilier central et sa cheminée à hotte.

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    Décoration d'angle de la cheminée

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    On retrouve au niveau du plafond les restes de peinture et les crochets ayant servi à fixer les lattes de bois servant à l'isolation. Figurez-vous que notre guide nous a dit que ces chênes, alors âgés de 250 ans quand ils ont été abattus entre 1367 et 1371, provenaient de Lituanie...

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    On y trouve de jolis culs-de-lampe à la base des arcatures de colonnes. 

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    Est-ce un apôtre qui tient ce phylactère... ?

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    Nous passons ensuite dans la petite salle attenante, la garde robe du roi qui renfermait des coffres dans lesquels le roi conservait son linge de corps, de table et de literie. Ses serviteurs – en particulier son chambellan –, issus de la haute noblesse, dormaient ici. 

    On voit très bien ici les petites lattes de bois qui recouvrent la toiture et les crochets sur les murs destinés à en recevoir d'autres.

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    Ici se trouvent des sculptures originales d’anges musiciens qui, au XIVème siècle, décoraient les culots à la base de l’encadrement des fenêtres de la façade du donjon (des copies les remplacent). 

    Les anges jouent des instruments de musique du Moyen-Âge (que l'on peut écouter en appuyant sur un bouton) : La cornemuse, 

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    la vielle à roue,

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    et l'orgue portatif.

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    La salle du trésor était strictement réservée au roi : en son absence, la porte est fermée et cachetée à la cire. Il est le seul à en posséder la clé. A partir de 1367, la salle conserve l'or du royaume ainsi qu'une partie de la collection de manuscrits et d'objets d'art du roi.  Charles V souhaite disposer en permanence, dans ses principales résidences, d'une importante quantité d'argent et il fait de Vincennes le lieu de dépôt du trésor du royaume. Les "coffres" pouvaient contenir jusqu'à 20% du budget annuel des dépenses royales.

    Voici le plafond de la salle du trésor : idem pour les lambris évidemment

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    et la cheminée qui la chauffait. 

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     Nous terminons la visite de ce deuxième étage par celle de l'étude du roi Charles V. Le roi avait souhaité disposer d'un lieu confortable pour lire, travailler et conserver ses documents et objets précieux. Ce petit espace, facile à chauffer, est bien éclairé par une large fenêtre permettant de contempler Paris. Il était entièrement lambrissé, meublé d'étagères remplies de livres précieux, d'objets, de reliquaires, de bijoux. 

    Le roi travaillait au centre d'un décor sculpté, signe de sa religiosité : les quatre évangélistes représentés aux consoles,

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    et une Trinité à la clef de voûte.

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    Le Père et le Fils, pas de problème pour les voir mais le Saint-Esprit... plus difficile : remarquez la colombe en haut de la croix.

    Le château de Vincennes en 100 photos avec l'association "Paris - Art et Histoire"

    Pour redescendre, nous empruntons un escalier à vis assez raide, celui des serviteurs dit-on (bonjour l'étroitesse pour passer les plats !).

    Visite guidée du Château de Vincennes avec l'association "Paris - Art et Histoire"

    L'escalier débouche sur le rez-de-chaussée du donjon.

    Visite guidée du Château de Vincennes avec l'association "Paris - Art et Histoire"

     On peut voir un puits : celui-ci était ainsi à l'abri des empoisonnements qui auraient obligé le roi et sa cour à évacuer le château.

    Visite guidée du Château de Vincennes avec l'association "Paris - Art et Histoire" 

    Au rez-de-chaussée, se trouve une petite exposition concernant tous les prisonniers célèbres du Donjon de Vincennes. 

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    C'est ainsi qu'on apprend que le futur Henri IV y fut emprisonné accompagné de son frère le duc d'Alençon pendant les guerres de religion jusqu'à la mort de Charles IX en 1574.

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    Il y eut aussi l'abbé de Saint-Cyran, défenseur de Jansenius, condamné par Richelieu sous prétexte d'hérésie.

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    Le grand Condé y séjourna pendant la Fronde en 1650 ainsi qu'un autre grand frondeur, le cardinal de Retz.

    Visite guidée du Château de Vincennes avec l'association "Paris - Art et Histoire"

    Louis XIV fut d'une rare sévérité avec Nicolas Fouquet, son surintendant des finances qui fut arrêté en 1661 pour malversations : vous savez, l'histoire de Vaux-le-Vicomte, ce château lui appartenant, plus beau que celui du roi !

    Visite guidée du Château de Vincennes avec l'association "Paris - Art et Histoire"

    Au siècle d'après, Denis Diderot est enfermé en 1749 par lettre de cachet pour sa "Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient" jugée contraire à la religion et ses "Bijoux indiscrets" contraires aux bonnes mœurs.

    Visite guidée du Château de Vincennes avec l'association "Paris - Art et Histoire"

    Auguste Blanqui n'y coupa pas lui non plus, ayant initié les émeutes de 1848 (il passera 36 ans dans diverses prisons...).

    Visite guidée du Château de Vincennes avec l'association "Paris - Art et Histoire"

    François-Vincent Raspail est lui aussi arrêté et conduit à Vincennes en 1848.

    Visite guidée du Château de Vincennes avec l'association "Paris - Art et Histoire"

     

    Enfin, parmi les prisonniers de marque, on trouve le marquis de Sade, condamné pour ses écrits anticléricaux. Sade a trente-huit ans. Il restera onze ans enfermé, d'abord au donjon de Vincennes puis à la Bastille où il est transféré le 29 février 1784, le fort de Vincennes devant être désaffecté en tant que prison d'État. À Vincennes, il est « enfermé dans une tour sous dix-neuf portes de fer, recevant le jour par deux petites fenêtres garnies d’une vingtaine de barreaux chacune ». Il devient pour ses geôliers Monsieur le 6, d'après son numéro de cellule (que l'on visite encore aujourd'hui) selon l’usage dans les forteresses royales.

    Visite guidée du Château de Vincennes avec l'association "Paris - Art et Histoire"

    Là se termine cette très intéressante visite guidée du Château de Vincennes : pas moins de 2h30 d'écoute attentive qui m'a permis (avec l'aide trouvée sur le net, il est vrai) de la restituer, je l'espère, sans trop d'erreurs...

    Visite guidée du Château de Vincennes avec l'association "Paris - Art et Histoire"

    Merci à Anne-Marie de nous l'avoir réservée et à Monsieur Obel pour sa prestation toujours aussi professionnelle.


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  • Ce vendredi 13 mars, je ne me doutais pas que je faisais, grâce à Générations 13, ma dernière sortie dans Paris avant longtemps : personne n'avait vraiment pris conscience ce jour-là que notre vie allait radicalement changer et ceci pour des semaines durant...

    Anne-Marie, qui nous avait donné rendez-vous à 14h30 au métro Cardinal Lemoine (au carrefour entre la rue du même nom et la rue Monge), commence par un petit cours d'histoire.

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     Au XIIe siècle, les premières écoles se créent dans l’Ile de la Cité autour de Notre Dame, sous le contrôle de l'évêque. L’augmentation du nombre d’étudiants, la volonté d’échapper à la censure de l’église ainsi qu’aux querelles théologiques et pédagogiques font émigrer clercs et étudiants sur la rive gauche alors peu peuplée.

    Au début l’enseignement se fait en plein air autour de la place Maubert, rue Galande, rue du Fouarre derrière le square Viviani, et les étudiants sont logés chez l’habitant.

    Mais bientôt, pour loger ces étudiants souvent pauvres et quelque fois venus de l’étranger, de grands personnages vont fonder des pensions dénommées "Collegium" en latin : ces collèges n'étaient pas des lieux d'enseignement mais tenaient lieu de dortoirs et de réfectoires.

    En un siècle, de 1250 à 1350, un grand nombre de collèges vont ainsi se créer à proximité et en relation souvent avec des grands ordres monastiques qui s’installent dans le quartier : Dominicains (Jacobins), Franciscains (Cordeliers), Carmélites et Bernardins (Cisterciens). Fondations religieuses ou caritatives destinées au logement des étudiants pauvres, ils deviendront peu à peu des lieux d’enseignement disposant d’une assez large autonomie.

    Au Moyen-Age, Paris comptait une quarantaine de collèges, alors que les universités d’Oxford et de Cambridge n’en totalisaient qu’une vingtaine.

    Les noms des collèges proviennent des noms de leurs fondateurs (tel le Collège de Navarre qui a été fondé par Jeanne de Navarre, épouse de Philippe le Bel en 1305) ou de la région dont viennent les étudiants (Collège des Danois, des Ecossais, des Irlandais).

    Plusieurs matières y étaient enseignées : la théologie, le droit et la médecine.

    Les maîtres

    Ce sont toujours des religieux et ils se font rémunérer par leur élèves. Franciscains et Dominicains fournissent quelques maîtres : Maître Albert (Saint Albert le Grand), Thomas d’Aquin, Pierre Abélard.

    Abélard, vous le connaissez sûrement à cause de sa liaison tragique avec son élève, Héloïse...

    Nous sommes sous le règne du roi Louis VI. Pierre Abélard, issu de la noblesse, est un brillant intellectuel. Destiné au métier des armes, il embrasse pourtant la philosophie et la théologie qu'il enseigne brillamment à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Le chanoine Fulbert lui confie l'éducation de sa nièce, Héloïse, âgée de 17 ans. L'écolâtre, réputé aussi pour son caractère peu commode, en a 36. Il est rapidement subjugué par sa nouvelle élève, qui a été instruite à l'abbaye d'Argenteuil, un établissement réservé aux femmes... Héloïse et Abélard vont vivre une passion charnelle à l'opposé de l'éducation qu'ils ont reçue.

    Résultat : Héloïse tombe enceinte ; les deux amants se réfugient en Bretagne où naît leur fils, Astrolabe. La jeune femme l'abandonne à ses beaux-parents avant de rejoindre le monastère de son enfance. Les deux amants se marient toutefois secrètement.

    Apprenant cette trahison envers l'église, le chanoine Fulbert est fou de rage : Abélard doit payer au prix fort : il est émasculé par deux hommes de main engagés par le courroucé ecclésiastique.

    Les deux amants sont maintenant réunis dans une même tombe depuis 1817, au cimetière du Père-Lachaise.

    Pierre Vaneck et Ludmila Mikaël incarnent les deux amoureux au cinéma dans un film de Jacques Tréboula sorti en 1973 : deux immenses acteurs aujourd'hui disparus.

    Les étudiants : les clercs

    Ce sont tous des hommes et ils sont tous membres du clergé et pauvres.

    Les statuts limitent au maximum le vagabondage des clercs, les portes des collèges restent fermées la nuit avec défense absolue d’en sortir sans autorisation. Pourtant, les clercs mènent souvent joyeuse vie : en témoigne le mot "bordel" qui vient du fait que les femmes de "petite vertu" étaient reléguées au "bord" des villes (sous Saint-Louis).

    C'est également là que se tenaient les duels (d'où l'expression "pré aux clercs").

     Le pré aux clercs, au bord de la Seine, sur un plan de 1550

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    En 1200, Philippe Auguste réorganise un peu ce foutoir (dixit Anne-Marie !).

    Les écoles reconnues par le roi sont appelées Universitas parisienisis magistrorum et scholarum. Il s'agit là de l'ensemble parisien des maîtres et des écoles : le mot Université est né. Philippe Auguste donne des statuts et des privilèges à l’université de Paris. Ces statuts seront confirmés par la suite par différents papes, ce qui confère à cette université une autorité toute particulière notamment en théologie. Un recteur, élu pour une durée limitée, représente l’institution universitaire. Dans les grands collèges plusieurs matières sont enseignées : Arts (correspondant à notre enseignement secondaire : mathématiques, latin…) théologie, droit, médecine

    La Sorbonne, créée en 1257, l’illustre parfaitement, puisque ce simple collège devint, au XVIème siècle, le symbole même de la faculté de théologie, puis de l’université tout entière, à partir du XIXe siècle.

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    Après cette introduction historique, nous commençons notre promenade en remontant la rue du cardinal Lemoine, arrivant ainsi au Collège des Ecossais, construit entre 1662 et 1665. En 1685, le comblement des fossés entre les portes Saint-Victor et Saint-Jacques a entraîné un abaissement allant jusqu'à 5 mètres à certains endroits. Le collège des Écossais a dû être repris en sous-œuvre. Un rez-de-chaussée lui a été ajouté lui donnant l'aspect bizarre qu'on peut voir aujourd'hui. Il a fonctionné du 12ème au 16ème  siècle avec des boursiers venus de toute l’Europe.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Dans sa chapelle (que nous ne verrons pas) se trouve le cénotaphe de Jacques II d’Angleterre mort à Saint Germain en Laye en 1701.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Nous arrivons ensuite à la rue Clovis où se trouve un morceau de l’enceinte de Philippe Auguste construite avant le départ pour la troisième croisade en 1190.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Anne-Marie nous fait entrer dans la cour de l'immeuble qui l'abrite pour nous en expliquer la construction qui s'acheva en 1210 : Cette muraille, surmontée d'un chemin de ronde, faisait 5 kilomètres de circonférence et définissait une capitale de 250 hectares renfermant le Palais, le trésor et les archives.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    En face, se trouve le collège de Navarre, fondé en 1304 sous l'impulsion de Jeanne Ière de Navarre, épouse de Philippe le Bel. L'entrée en était ouverte, sans condition de naissance, de famille ou d'âge, à tout français pauvre qui se destinait à l'étude de la grammaire, de la logique ou de la théologie (à l’exclusion de la médecine et du droit).

    L’établissement est dirigé, dès les origines, par un grand maître supervisant les études des pensionnaires. En janvier 1475, une bourse fut attribuée à l'un des enfants de chœur de la cathédrale de Paris.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    L’Ecole Polytechnique qui s'était installée dans ses locaux en 1804 a été délocalisée à Palaiseau en 1976, laissant la place au Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Détail des attributs représentant les sciences et techniques

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    Au numéro 34 de la rue de la Montagne Sainte-Geneviève se trouve le Collège des trente-trois fondé en 1633 par le père Claude Bernard, disciple de Saint Vincent de Paul, pour 5 écoliers indigents (les 5 plaies du Christ) ayant fait la promesse de devenir ecclésiastiques. Ce nombre passa à 12 en l’honneur des 12 apôtres puis à 33 (nombre d'années de vie de Jésus) en 1638. Le collège, installé au cours des premières années dans plusieurs collèges de la montagne Sainte-Geneviève, s’établit en 1654 dans un hôtel qui appartenait jusqu’en 1540 à la famille d’Albiac, de la rue des Carmes, s’étendant de l’impasse des Bœufs au 34, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève.

    Anne d'Autriche, régente du royaume, fit donner à la communauté 33 livres de pain, libéralité ensuite commuée en une pension de 900 livres. En 1657, le collège devient un séminaire ecclésiastique en restant dans les bâtiments anciens de l’hôtel d’Albiac. Le séminaire, devenu payant en 1738, est fermé en 1791 et vendu comme bien national.

    L’immeuble a été restauré en 1973.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Nous rejoignons la rue Laplace non sans passer près de l'église Saint-Etienne du Mont.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

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    Au numéro 12 de la rue Laplace, se trouve l'emplacement de l'ancien collège des Grassins. Il a été fondé en 1569 par Pierre Grassin, conseiller au parlement de Paris, originaire de Sens. Il eut comme célèbre professeur irlandais, Michael Moore, qui y enseignait la philosophie et qui devint recteur de l'Université de Paris en 1701.

    Ses bâtiments furent démantelés en 1844 pour permettre l'ouverture de la rue de l'Ecole polytechnique : seule reste l'ancienne porte du collège.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    La porte de l'immeuble voisin, restée ouverte, nous permet de jeter un coup d’œil sur une jolie montée d'escalier.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Au 21 de la rue Valette, se trouvait le Collège Fortet (fondé en 1394 par Pierre Fortet, chanoine et chancelier de Notre Dame de Paris) qui pouvait accueillir 8 étudiants pauvres originaires pour moitié d'Aurillac et pour moitié de Paris. Il en subsiste une tour, nommée tour Calvin en l'honneur de Jean Calvin, théologien français qui, encore étudiant et menacé d'être arrêté avec un ami suspecté d'avoir tenu des propos suspects, s'enfuit par là.

     

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Dans la cour, c'est le printemps à cette fenêtre...

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    et les cerisiers sont en fleurs.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    C'est au Collège Fortet qu'en 1585 se réunit la Sainte Ligue qui livra la capitale aux partisans du duc de Guise, farouche partisan du catholicisme : le roi Henri III est en effet jugé trop mou avec les protestants (on lui reproche de vouloir mettre sur le trône Henri de Navarre, le futur Henri IV qui est protestant...).

    Le 12 mai 1588 eut lieu à Paris la journée des barricades : il s'agit d'un soulèvement populaire mené sous l'impulsion du duc de Guise que l'on voit ici en train de commander l'insurrection.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Henri de Guise fait par la suite signer à Henri III un édit qui oblige le roi à ne jamais conclure aucun pacte ou trêve avec les hérétiques mais en décembre 1588, il est assassiné d'une trentaine de coups d'épée au Château de Blois par les hommes d’Henri III.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Henri III ne perdra rien pour attendre : il sera lui même assassiné un an plus tard par un moine fanatique, Jacques Clément, désirant venger le duc de Guise...

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    On assassinait beaucoup en ce temps-là, vous ne trouvez pas... ?

    France 2 vient de passer (hier 7 avril) le magnifique film de Bertrand Tavernier intitulé "La princesse de Montpensier" (avec Lambert Wilson et Mélanie Laurent) dans lequel évoluent tous ces personnages sur fond de guerre civile. Je l'ai regardé avec d'autant plus de plaisir que nous avions fait cette promenade avec Anne-Marie...

    Nous restons rue Valette, avec au numéro 2-4 le Collège sainte Barbe ouvert en 1640 : y ont étudié Ignace de Loyola et François Xavier, futurs fondateurs de l’ordre des jésuites.

    Après la révolution, il devient un collège des Sciences et des Arts. Michelet (sa statue se trouve dans la cour mais nous ne pourrons y entrer) y enseigna l’histoire de 1822 à 1826.

    Aujourd’hui, c’est une bibliothèque universitaire.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Sur la façade, deux médaillons représentent deux anciens directeurs du collège : Victor de Lanneau et Alexandre Labrouste.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Le Panthéon n'est pas loin...

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Nous voici en vue de du Lycée Henri IV, ancienne abbaye de Sainte-Geneviève (à droite sur la photo), ici voisinant l'église Saint-Etienne-du-Mont.

    En 1110, Etienne Ier de Garlande est nommé doyen de l’abbaye et cette nomination inaugure des temps nouveaux : le nouveau doyen, par ailleurs évêque, chancelier, et garde du sceau royal, permet l’ouverture d’une école de rhétorique et de théologie ouverte aux laïcs qui échappe à la main mise de l’évêque de Paris.

    Dès lors, on assiste à un prodigieux engouement pour l’étude : partout sur la colline fleurissent des collèges qui servent d'hébergement aux étudiants. L'enseignement, lui, se fait à l’extérieur, dans les rues et sur les places. C'est à cette époque que le maître Pierre Abélard est appelé à professer en ces lieux : il en fait non plus une école purement religieuse mais il ouvre les esprits à la philosophie.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Nous voici maintenant dans l'impasse Chartière où se trouve une plaque signalant l'emplacement de l'ancien Collège Coqueret fondé au milieu du XVème siècle par un prêtre d'Amiens et dans lequel Ronsard et du Bellay furent élèves. Louis Braille a aussi habité le quartier

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Deux portes métalliques encadrent cet immeuble : elles ont été décorées par l'artiste urbain C215 et font partie de sa série entourant le Panthéon nommée "Illustres".

    L'une représente René Cassin, l'un des auteurs de la Déclaration des Droits de l'Homme.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Sur l'autre est représenté Antoine de Saint-Exupéry.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Dans le même ordre d'idée, voici la boîte aux lettres du 23 rue Jean de Beauvais pochoirisée par C215 représentant Louis Braille.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Avant de rejoindre le Collège de France, petit passage par le square Auguste-Mariette-Pacha où se trouve un buste de Ronsard.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Le Collège de France a été créé par François 1er en 1530 sur les conseils de Guillaume Budé : des humanistes payés par le roi sont chargés d’enseigner des disciplines que l’université de Paris ignore.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Ce penseur appuyé sur une tête pharaonique est l'oeuvre de Bartholdi : il représente Champollion. La statue, initialement destinée à Figeac, la ville natale de Chapollion,  en marbre fut représentée au salon de 1875.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Petite pause dans le square Paul Painlevé, faisant face à la Sorbonne.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Une intéressante décoration remplace les traditionnelles pelouses mais annonce néanmoins le printemps.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Anne-Marie profite de cette halte pour nous faire un topo sur l'ancien Collège de la Sorbonne fondé au XIIIème siècle par Robert de Sorbon, chapelain de Saint-Louis, collège consacré à la théologie. 

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    A l'intersection de la rue des Ecoles et de la rue Jean de Beauvais se trouve la statue du poète roumain Mihai Eminescu : l'oeuvre de Ion Vlad a été inaugurée le 15 juin 2009 en l'honneur du centenaire de la mort du poète.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    La statue de bronze, lyrique, montre le visage du poète tourné vers le ciel et l'inspiration, livres sous un bras et pieds nus (symbolisant l'humilité).

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    Un peu plus loin, voici l'église orthodoxe roumaine - l'église des Saints-Archanges - autrefois église du Collège de Dormans fondé en 1370 par Jean de Dormans, évêque de Beauvais.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    C'est dans ce collège que Cyrano de Bergerac fit ses études avant de s'illustrer au combat.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Au 14 rue des Carmes (l'ordre des Carmes est apparu aux XVème-XVIème siècle.) se trouvait le Collège de Presles dont il subsiste la chapelle du XVIème siècle, de style gothique. Elle a été construite après la construction du collège fondé en 1314 par Guy de Laon et Raoul de Presles.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Du Collège des Danois fondé en  1275 par Jean de Danemark, il ne reste que cette plaque apposée au dessus du restaurant vietnamien de la rue des Carmes.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    La Place Maubert s'apprête à recevoir le marché du samedi.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Anne-Marie, devant la pelle Stark qui en indique son emplacement, nous rappelle que son nom provient sans doute de la contraction du nom d'Aubert, abbé de Sainte-Geneviève en 1161, qui créa les étals de bouchers sur ce site ou bien encore de Maître Albert le Grand, dominicain allemand qui y professa avant la création de la Sorbonne. Rappelez-vous qu'au Moyen-Age les cours sont donnés dans la rue ou sur les places et que les seules fonctions des "collèges" sont l'hébergement et la restauration des étudiants.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Malgré plusieurs ordonnances rendues, en particulier de 1348 à 1350, les voituriers vidaient leurs tombereaux à l'intérieur de la ville, au milieu des places un peu vastes au lieu de conduire les ordures dans les champs. Ainsi, à la fin du XIVème siècle, la place Maubert était tellement encombrée d'ordures et infectée, que les marchands des Halles cessèrent d'y venir, chassés par la puanteur. Plusieurs maisons devinrent inhabitées et dans d'autres régnaient des maladies pestilentielles. En 1389, la place fut déblayée. En 1392, une ordonnance interdira, sous peine d'une amende de 40 sous, de porter sur la place de Grève, pendant la nuit et d'y amasser « les fientes des latrines et les boues des égouts". En 1395, le corps des voituriers est créé. Ces voituriers sont chargés d'enlever, dans des tombereaux, les immondices de Paris et de les conduire aux différentes voiries.

    Marché au pain au Moyen-Age, ce fut ensuite un lieu d'exécutions publiques, surtout au XVème siècle sous François Ier et aussi au XVIème siècle où de nombreux protestants, dont le libraire humaniste Etienne Dolet, ami des poètes (photo ci-dessous), y furent étranglés puis brûlés vifs avec leurs livres.

    Une statue d'Etienne Dolet existait autrefois sur la place mais elle a été fondue par les allemands. Ici, une gravure du libraire décédé à l'âge de 35 ans : il faisait plus, non ?

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    Au XIXème siècle, la place abrite une myriade de petits métiers : fripiers, rempailleurs de chaises, fabricants d'arlequins, qui accommodaient les restes, chiffonniers qui faisaient commerce de tabac récupéré sur les mégots, ou ravageurs, qui écumaient la boue des ruisseaux. Elle a été largement défigurée au XIXème siècle.

    Nous voici arrivés au Square Danielle Mitterand, situé rue de Bièvres à côté de l'Hôtel particulier qu'habitait le couple présidentiel.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

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    Cet immeuble du numéro 7 de la rue de Bièvre possède, nous a dit Anne-Marie, des rambardes de balcons ornées du monogramme de Madame de Maintenon. Curieusement, je n'ai rien trouvé sur le net à ce sujet... La maîtresse de Louis XIV aurait-elle habité ce lieu ?

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

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    En face, un immeuble présente sur sa façade une statue de l'Archange Saint-Michel terrassant le dragon. Il était autrefois le siège du Collège Saint-Michel qui fonctionna de 1348 à 1763..

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

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    Au numéro 26, c'est une maison du XVIIème siècle qui est passée dans l'histoire : elle a été habitée par la Brinvilliers (1630 1667), empoisonneuse de son père, de ses deux frères, de sa sœur, et  même de son amant qui avait - bien mal lui en prit - appris à fabriquer des poisons par un compagnon de cellule à la prison de la Bastille.

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    Au bout de la rue, à l'angle avec le quai de la Tournelle, une ancienne plaque semble indiquer que la rue portait autrefois le nom de "rue de Bieure" . Quant à son nom actuel, il provient du canal alimenté par les eaux de la Bièvre qui passait autrefois à cet emplacement.

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    Le 55 du quai de la Tournelle abrite l'Hôtel de Nesmond de Miramon, autrefois musée de l’Assistance Publique.

    Successivement Hôtel particulier (ayant servi au XIVème siècle de demeure à Robert de Mahaud, grand panetier de Philippe le Bel, puis au XVIIème siècle à François-Théodore de Nesmond, président du Parlement de Paris), au XVIIIème siècle résidence d'un maître de danse, fabrique de boissons au XIXème siècle (avant l'interdiction de la consommation de l'absinthe : la maison Joanes) et enfin garage, l'Hôtel de Nesmond a été entièrement restauré et a retrouvé sa fonction première.

    Datant essentiellement du XVIIème siècle, il fut le premier hôtel particulier de Paris à porter son nom sur son fronton : on peut y lire "Hôtel ci-devant de Nesmond".

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    Au numéro 17 de la rue des Bernardins, voisine, se trouve l'emplacement de l'ancien Hôtel de Faur. De nos jours, c'est un immeuble de rapport en brique grise construit en 1890 par l'architecte Jean-Marie Boussard. L'immeuble se distingue des constructions traditionnelles d'époque et annonce les prémices de l'Art Nouveau. Le dernier étage possède un balcon avec arcades mauresques. Les autres étages sont garnis de balcons en fer forgé reliés entre eux.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Le dessous des balcons est recouvert de briques émaillées

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Nous voici maintenant arrivés en vue de l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, principal lieu depuis 1977 du culte parisien du mouvement catholique traditionaliste (on parle aussi d'église intégriste) : les prêtres ont gardé la soutane de mon enfance et la messe y est dite en latin.

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    L'église, reconstruite sous le règne de Louis XIV, possède la particularité d'être orientée Nord-Sud au lieu de Ouest-Est. C'est Charles Lebrun, enterré ici, qui en a dessiné la façade ouest. Son style est celui de la Contre-Réforme, jésuite, très classique.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    A l’intérieur, on peut voir au sein d'une chapelle, le tombeau de Charles Lebrun,

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    ainsi que le monument que le peintre a dessiné pour celui de sa mère.

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    La mère du peintre y apparaît le jour du jugement dernier, sortant du tombeau en implorant le salut, alors qu’au-dessus d’elle un ange sonne la trompette et lui indique le ciel.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Le visage de la mère est particulièrement expressif.

    Histoire des collèges de la montagne Sainte-Geneviève avec Générations 13

    Ici s'arrête ma propre balade, un rendez-vous de fin d'après-midi m'appelant à l'extérieur. Anne-Marie a continué quant à elle la promenade par la visite intérieure du Collège des Bernardins qui constituait, je pense, le "clou" de cette visite guidée. Si le cœur vous en dit, vous pouvez aller en voir les images sur la chaîne Youtube de Monick : c'est ICI.

    A bientôt j'espère, après le déconfinement, pour d'autres découvertes de notre chère capitale... 


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  • Anne-Marie avait réservé ce matin auprès de Monsieur Obel de "Paris-Art et Histoire" que nous connaissons bien maintenant, une visite guidée de l'Hôtel de Beauvais situé au 68 rue François Miron dans le Marais (antérieurement rue Saint Antoine).

    Un aparté : vous vous demandez peut-être qui était François Miron ?

    Surnommé "le Père du Peuple", il a été prévôt des marchands (l'équivalent de maire) de 1604 à 1609 et a sa statue sur la façade de l'Hôtel de Ville de Paris.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Anne-Marie avait eu la présence d'esprit de nous dire qu'en cette période de grève des transports nous pourrions nous y rendre par les deux lignes automatiques (la ligne 14 et la ligne 1) mais, à ma grande surprise, le matin la ligne 7 fonctionnait, ce qui m'a permis de me rendre sur place rapidement. D'autres ont suivi le conseil d'Anne-Marie ou sont même venues en bus, ce qui fait qu'à 10 heures pétantes nous étions au complet ou presque (19 personnes sur les 20 prévues) devant le métro Saint-Paul.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Monsieur Obel nous parle d'abord du quartier du Marais (en blanc sur la photo), situé entre les places de la Bastille, de la République et les Halles.

    Cliquez sur l'image pour la voir en grand.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Comme vous le savez, les marécages ont été asséchés dès le Moyen-Age ; au XVIIème siècle, les aristocrates y ont fait construire leurs maisons de ville ou hôtels particuliers.

    Quant à l'Hôtel de Beauvais, il prend son origine dans une maison de ville construite au début du XIIIème siècle pour les abbés de Chaalis dont l'abbaye était située dans la forêt d'Ermenonville, donc loin de Paris, et qui avaient besoin d'un point de chute dans la capitale.

    Nous voici donc devant le n°68 de la rue François Miron : impossible dans cette rue étroite de prendre le recul nécessaire pour photographier l'intégralité du bâtiment qui porte les drapeaux de la République puisqu'il est maintenant le siège de la Cour administrative d'appel de Paris.

    Les quatre ouvertures au rez-de-chaussée correspondent à d'anciennes boutiques surmontées d'un entresol ayant servi de logements.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Notre guide nous montre les différents étages de la construction qui n'a pas toujours été telle qu'on la trouve aujourd'hui : en effet, au XIXème siècle - quand le bâtiment a été transformé en maison de rapport et découpé en logements - un étage intermédiaire a été construit entre le 1er et le 2ème étages (dénaturation rendue possible par la hauteur sous plafond de 7 mètres).

    La façade actuelle a été rétablie au début des années 90 pour ressembler à ce qu'elle était au XVIIIème siècle lors du passage du roi Louis XIV et de l'infante Marie-Thérèse tout juste mariés. On y compte donc seulement quatre étages y compris celui des mansardes.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Il nous fait remarquer aussi l'alternance des balcons en pierre et en fer forgé, décorés par des mascarons de pierre.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Avant d'entrer pour faire la visite, Monsieur Obel nous montre la forme biscornue du terrain, étroit par ailleurs, dont Antoine Le Pautre, l'architecte choisi par Pierre de Beauvais qui se rend propriétaire de l'hôtel dès 1654 (il l'achète à l'épouse de Nicolas Fouquet), a su tirer profit pour construire cet Hôtel.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Derrière la lourde porte en bois, on nous demande nos cartes d'identité : il s'agit d'un bâtiment du ministère de la Justice, il faut montrer patte blanche comme dirait notre célèbre fabuliste...

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    On accède alors à la grille en fer forgé séparant la voûte d'entrée de la cour intérieure.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    La jolie rotonde est décorée au plafond de triglyphes et de métopes représentant des têtes d'animaux morts, des boucliers et des petites formes ailées (je ne me souviens plus exactement de ce que Monsieur Obel nous a dit à ce sujet...).

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Avouez que cette entrée est grandiose !

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Les chaises à porteur, très en vogue au XVIIème et XVIIIème siècles, entraient y déposer leur riche et noble clientèle...

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    tandis que de très élégants chasse-roues protégeaient les murs des détériorations dues au passage des carrosses. 

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Le plan de la cour est constitué d'un rectangle prolongé d'un trapèze auquel est accolé un demi-cercle.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Au rez-de-chaussée, les cinq portes vitrées en arc-de-cercle étaient les anciennes écuries. La chapelle, au premier étage sert actuellement de cuisine au Président de la cour...

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Monsieur Obel nous emmène maintenant dans les sous-sols de l'Hôtel où se trouvent les restes de la construction du Moyen-Age entreprise par les moines de l'abbaye de Chaalis. 

     Dans cette petite pièce circulaire, des plans de la façade de l'Hôtel aux différentes époques. Je n'ai pas eu le temps de les prendre correctement en photo... 

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    On y découvre une salle voûtée au décor très sobre : l'abbaye de Chaalis obéissait à la règle de Saint-Benoit, très stricte, observée dans les abbayes cisterciennes.

    Cette salle servait d'entrepôt aux moines ; elle est actuellement utilisée pour des manifestations festives comme en témoignent les petites tables qui y ont été installées.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Les seuls décors sont ceux de ces chapiteaux ornés de feuilles de roseau et de feuilles de chêne, une végétation présente près de l'abbaye de Chaalis nous a dit Monsieur Obel.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Celui-ci nous explique que l'état actuel de la cave date des années 2000 lors de la dernière restauration : les murs de soutènement qui avaient été construits au XVIIème siècle lors de la construction de l'Hôtel ont été détruits et remplacés par une chape de béton armé. Un exemple de ces murs de soutien sert de témoin du passé.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

     Nous voici remontés dans la cour de l'Hôtel dont nous voyons ici l'autre façade.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

     Tout autour de la coursive qui fait le tour de la cour, une frise de triglyphes et de métopes.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Elle rend hommage à Louis XIV par les lions et à la propriétaire de l'Hôtel, Catherine Bellier, l'épouse de Pierre de Beauvais par les béliers.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    On peut aussi observer de ce de là les initiales entrelacées de Pierre de Beauvais et de Catherine Henriette Bellier (P-B-C-H-B)

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

     Au fond de la cour, sous les cinq œils-de-boeuf surmontant les portes des anciennes écuries, des mascarons très originaux.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Au centre, un faune avec ses cornes et ses oreilles pointues...

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    A sa gauche, une figure féminine portant de lourds pendants d'oreille qui pourrait représenter Anne d'Autriche : Catherine Bellier était sa dame de compagnie, elle était suffisamment proche de la reine-mère pour lui administrer ses clystères et avait par ailleurs été chargée par celle-ci de "déniaiser" le jeune Louis XIV âgé de 14 ans... On dit d'ailleurs que les fonds nécessaires à l'achat de l'Hôtel de Beauvais par Pierre de Beauvais pour son épouse seraient en partie venus de la reine-mère... Comme quoi, les délits d'initié, ce n'est pas nouveau ! En fait non : il s'agissait là d'un remerciement pour services rendus au Roi...

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Tout à fait à gauche, un pierrot pleureur de la Comedia dell'Arte

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Il fait face au mascaron du maître de maison, Pierre de Beauvais, un souriant moustachu (mais peut-être s'agit-il ici également d'un personnage de la Comedia dell'Arte... ?)

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Juste à côté, le dernier mascaron représenterait Catherine Bellier, dite Cateau-la-Borgnesse en raison de sa laideur légendaire (elle était borgne et Anne-Marie me signale que dans le téléfilm "La prise du pouvoir par Louis XIV" de Roberto Rossellini, elle portait un bandeau). J'ose espérer que les outrages du temps sur la pierre ont encore contribué à enlaidir cette femme dont on dit par ailleurs (Saint-Simon) qu'elle était très instruite et très intelligente.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Avant de quitter cette jolie cour pour monter à l'étage, une photo de la plaque apposée ici par les allemands : elle rappelle que Mozart séjourna dans cette "maison" pendant cinq mois de l'année 1763, il avait à l'époque 7 ans (son père, conscient qu'il avait un enfant prodige, le faisait se produire à cette époque dans toutes les cours d'Europe). L'Hôtel fut en effet loué à cette époque par le comte Maximilien Emmanuel Franz van Eyck (1711-1777), ambassadeur de l'électeur de Bavière, qui l'acheta par la suite.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Un aller-retour maintenant à l'étage par l'escalier situé dans la cour, uniquement pour le plaisir de découvrir ce superbe escalier de pierre orné d'une belle rampe en fer forgé qui dessert le premier étage.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Vue sur le porche d'entrée de l'Hôtel depuis l'étage

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Au niveau de la voûte d'entrée, une porte donne accès à l'étage par un escalier monumental. Cette porte a son pendant juste en face, en trompe l'œil, rien que pour respecter la symétrie de l'édifice.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Le décor intérieur de la cage d'escalier est somptueux.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Superbes, ces chapiteaux corinthiens décorant les colonnes de soutien de l'escalier !

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    L'escalier donnait autrefois directement sur la cour : les fenêtres ont été installées ultérieurement pour le confort des magistrats de la Cour.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    C'est dans ce petit espace que les porteurs de chaise déposaient leur "voiture" en prenant soin d'en retirer les bâtons pour ne pas se les faire voler.

    Une expression bien connue en découle peut-être : "mener une vie de bâtons de chaise".

    « Ces bâtons de chaise, ôtés, remis, pliant sous la charge et servant à l’occasion d’armes offensives et défensives, avaient en effet une existence tourmentée… Et les porteurs donc ! » (Claude Duneton)

     D'autres hypothèses ont été faites sur l'origine de cette expression mais celle-ci me plait.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    En prenant de la hauteur...

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13 

    On accède à un palier où Monsieur Obel nous rassemble pour nous conter l'histoire de l'entrée à Paris du Roi Louis XIV de retour de Saint-Jean-de-Luz où il vient d'épouser l'infante Marie-Thérèse d'Autriche. Le Roi entre dans Paris par la place du Trône (actuelle place de la Nation) où ont été installés deux trônes pour les époux royaux. Le cortège se dirige ensuite vers l'Hôtel de Beauvais où Anne d'Autriche, la reine-mère, a pris place au balcon pour voir arriver son royal rejeton.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Un tableau représente l'Hôtel à cette époque.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Il surmonte une frise réalisée dans du cuivre représentant tout le cortège en accordéon : il y a du monde ce jour-là...

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    On peut y voir "le Roy" à cheval

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    et "le carrosse du corps de la Reine"

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    La pièce voisine qui sert d'accueil à la Cour d'appel offre une belle vue sur l'arrière de l'Hôtel.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    On voit bien ici que l'Hôtel est contigu avec des bâtiments plus ordinaires : Monsieur Obel nous a expliqué en effet que c'est le cas des hôtels particuliers du Marais contrairement au très riche 7ème arrondissement où ils sont sont touche-touche.

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    La salle d'audience se trouve juste à côté. Curieusement des chaises y sont installées alors que les jugements se rendent par écrit nous dit notre guide... Nous en avons profité pour nous y asseoir en l'écoutant nous expliquer brièvement le fonctionnement de la Cour !

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Visite de l'Hôtel de Beauvais avec Générations 13

    Merci à Monsieur Obel pour cette visite tout à fait passionnante et à Anne-Marie pour nous l'avoir proposée...


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  • Pendant la période d'hiver, Anne-Marie privilégie les visites en intérieur : elle nous a proposé ce vendredi une visite guidée de la Bibliothèque François Mitterand. Malgré la grève des transports, nous étions une trentaine de courageux à être venus à pied jusqu'à son site des bords de Seine.

    Visite guidée de la Bibliothèque François Mitterand

    Notre guide nous explique qu'il faut attendre le règne de François Ier pour qu'une ordonnance du 28 décembre 1537 enjoigne aux imprimeurs et aux libraires de déposer à la librairie du château de Blois tout livre imprimé mis en vente dans le royaume. L'objectif est d'une part de repérer les ouvrages dignes de mémoire et d'autre part de contrôler la diffusion d'idéologies dissidentes. Cette obligation, appelée dépôt légal, constitue une étape fondamentale pour la Bibliothèque.

    Le dépôt légal s’étend aux livres, périodiques, documents cartographiques, musique notée, documents graphiques et photographiques, mais aussi aux documents sonores, vidéogrammes, documents multimédias, et depuis 2006 aux sites web et aux documents dématérialisés (logiciels, bases de données).

    Rapatriés de Blois, les documents prennent d'abord place rue de Richelieu dans l'ancien palais de Mazarin mais, quand on parle de la BnF (Bibliothèque Nationale de France), c'est de quatre bibliothèques dont il est question aujourd'hui.

    La bibliothèque Richelieu où sont conservés tous les écrits manuscrits, estampes et photographies, Monnaies, médailles et antiques, Arts du spectacle et Musique.

    La bibliothèque de l'Arsenal, ancienne résidence des grands maîtres de l'artillerie, où sont conservés plus d'un million de documents (livres, revues, manuscrits, estampes, cartes et plans, musique...).

    La bibliothèque-musée de l'Opéra qui conserve toutes les archives de l'Opéra.

    La bibliothèque Jean Vilar à Avignon où sont conservés livres et revues en arts du spectacle ainsi que les archives du Festival.

    ► Enfin, la bibliothèque François-Mitterand qui nous intéresse aujourd'hui et qui est composée de deux bibliothèques : une bibliothèque tous publics et une bibliothèque de recherche. Y sont réunies les collections d'imprimés et de périodiques, les collections sonores et audiovisuelles.

    La Très Grande Bibliothèque comme on l'appelait autrefois a été voulue par François Mitterand mais ce n'est pas le seul édifice que le président laissera de ses 14 ans d'exercice à l'Elysée. Grand bâtisseur, il a aussi fait édifier la Pyramide du Louvre, l'Opéra Bastille, la Grande Arche de la Défense, le Monument aux Droits de l'Homme, les colonnes de Buren...

    L'engorgement progressif des magasins issu du renforcement du dépôt légal (loi du 19 mai 1925), le nombre croissant des lecteurs (dû au développement du nombre des étudiants), les problèmes de conservation de plus en plus aigus et l'arrivée des nouvelles technologies ont pour conséquence la nécessité d'une mutation profonde de la Bibliothèque Nationale.

     Le 14 juillet 1988, François Mitterand annonce à la presse lors de son traditionnel entretien dans les jardins de l'Elysée "la construction et l'aménagement de l'une ou de la plus grande et la plus moderne bibliothèque du monde....(qui) devra couvrir tous les champs de la connaissance, être à la disposition de tous, utiliser les technologies les plus modernes de transmission de données, pouvoir être consultée à distance et entrer en relation avec d'autres bibliothèques européennes." (Yves Mourousi pour TF1 le 14 juillet 1988)

     C'est le projet de l'architecte Dominique Perrault qui est retenu en juillet 1989. Les travaux durent de 1990 à 1995 et la Bibliothèque ouvre au public le 20 décembre 1996.

     La Bibliothèque se présente sous la forme de 4 tours aux parois de verre (avec l'idée de rendre le savoir transparent et accessible à tous) simulant des livres ouverts. Chaque tour porte un nom selon le type de livres qu'elle contient : il y a la Tour des Temps, la Tour des Lois, la Tour des Nombres et la Tour des Lettres.

    Son architecture permet à la bibliothèque d'être un vraie lieu de passage, vivant.

     Bibliotheque-Francois-Mitterand.JPG

    Nous parcourons ensuite les couloirs qui donnent accès aux salles de lecture. Dans l'aménagement des espaces intérieurs, l'architecte joue sur les quatre matériaux élémentaires de la Bibliothèque, l'acier, le béton, le verre et le bois.

     Ici le hall Ouest (qui a son pendant à l'Est) : ses murs sont tapissés de "cottes de maille d'acier" (pour l'isolation phonique) mais le mobilier en bois exotique et la moquette rouge (un code-couleur signifiant qu'il s'agit d'un espace ouvert à tous) réchauffent son aspect volontairement froid qui invite à un recueillement propice à la lecture et à l'étude.

    Hall.jpg

    Puis, nous partons à la découverte des "coulisses" de la bibliothèque non sans passer devant des affiches syndicales qui rappellent l'actualité...

    Visite guidée de la Bibliothèque François Mitterand

     Ici, les rails permettent aux documents d'être véhiculés par l'intermédiaire de nacelles suspendues jusqu'aux salles de lecture : le pilotage se fait par informatique grâce à un réseau couvrant l'ensemble du bâtiment.

    Visite guidée de la Bibliothèque François Mitterand

    Au passage nous voyons que la bibliothèque est une véritable ville dans la ville puisqu'elle a même une "rue" qui en fait le tour, permettant la circulation des véhicules d'une tour à l'autre.

    Visite guidée de la Bibliothèque François Mitterand

    Un ascenseur ultra rapide nous conduit ensuite au 18ème étage de la Tour des Lois, un étage réservé aux réunions ou aux réceptions. Les volets de bois qui ont été installés dès le début de l'ouverture de la bibliothèque pour la protéger des rayons du soleil peuvent ici rester ouverts.

    Visite guidée de la Bibliothèque François Mitterand

    Visite guidée BNF F. Mitterand (4)

    Le guide nous explique que les "colonnes" d'acier que l'on peut voir le long des fenêtres servent à cacher les gaines d'aération du système de refroidissement permettant à la bibliothèque de conserver hiver comme été une température constante de 18°C.

    Ils sont un réemploi de silos défectueux.

    Visite guidée de la Bibliothèque François Mitterand

    De même, les toiles tendues au plafond sont des voiles de catamaran recyclées.

    Visite guidée de la Bibliothèque François Mitterand

    Ecolo, la bibliothèque !

    Depuis ce belvédère, on jouit de jolis points de vue sur la capitale vers l'Ouest et sur la banlieue vers l'Est.  

    Depuis la tour des Lois, vue sur le jardin de la BnF François Mitterand : aujourd'hui le temps est brouillardeux malheureusement...

    12000 m²plantés de pins provenant de la forêt de Bord en Normandie : je l'ai appris dans une précédente visite mais rassurez-vous, ces pins devaient disparaître car situés sur l'emplacement d'une future carrière.

    Visite guidée de la Bibliothèque François Mitterand

    Une jolie vue sur la Seine et la banlieue

    Visite guidée de la Bibliothèque François Mitterand

    Des immeubles d'habitation pas désagréables du tout avec leurs terrasses arborées

    Visite guidée de la Bibliothèque François Mitterand

    De l'autre côté, vue sur la passerelle Simone de Beauvoir, le POPB et le ministère des Finances

    Visite guidée de la Bibliothèque François Mitterand

     Nous reprenons l'ascenseur pour aller voir encore une fois les coulisses de la bibliothèque : cette fois-ci nous pouvons voir circuler les navettes.

    Visite guidée de la Bibliothèque François Mitterand

    Visite guidée de la Bibliothèque François Mitterand

     A l'intérieur, des dossiers permettent de séparer les documents qui seront livrés à domicile aux lecteurs de la bibliothèque.

    Visite guidée de la Bibliothèque François Mitterand

    Il nous faut maintenant nous rendre à l'étage de la bibliothèque de recherche en prenant cet escalator.

     Escalator.jpg

    Nous n'entrerons pas dans le Saint des Saints, nous contentant de l'apercevoir ici ou là. Il s'agit d'une immense salle de lecture décloisonnée (de 2000 places) qui est réservée aux personnes justifiant d'un projet de recherche.

    Visite guidée de la Bibliothèque François Mitterand

    Notre guide nous montre les systèmes de chauffage et d'éclairage, toujours en métal pour une bonne insonorisation des lieux.

    Visite guidée de la Bibliothèque François Mitterand

    Il nous explique aussi que l'architecte a pensé "livres" en créant dans les couloirs cette décoration de bois - qui doit aussi contribuer à l'isolation phonique - sous forme d'étagères.

    Visite guidée de la Bibliothèque François Mitterand

    De l'autre côté du couloir, c'est le jardin où l'on voit beaucoup d'arbres haubanés (le ré-enracinement est délicat avec des sujets adultes).

    Visite guidée de la Bibliothèque François Mitterand

      Tout au long de notre visite, nous avons vu ou entraperçu des oeuvres d'art contemporain.

     Créé en 1951, le « 1% » est un dispositif qui consiste à consacrer, à l’occasion de la construction, de la réhabilitation ou de l’extension d’un bâtiment public, un financement représentant un pour cent du coût des travaux à la commande ou à l’acquisition d’une ou de plusieurs œuvres d’art spécialement conçues par des artistes vivants pour être intégrées au bâtiment considéré ou à ses abords.

     Deux d'entre elles sont placées dans les espaces publics comme :

     "Toi et moi" de Louise Bourgeois (sculpture en aluminium poli). La moquette "rouge" se reflète dans l'aluminium en lui donnant de belles couleurs.

    Visite guidée de la Bibliothèque François Mitterand

    "Water lilies" de Roy Lichtenstein (tapisserie d'Aubusson - 1996)

    Visite guidée de la Bibliothèque François Mitterand

    Nous rejoignons le haut-de-jardin pour aller voir les fameux Globes de Coronelli offerts à Louis XIV par le Cardinal d'Estrées, ambassadeur de Louis XIV auprès du Saint-Siège.

    Visite guidée de la Bibliothèque François Mitterand

    L'un d'eux représente la terre et l'autre le ciel. Les globes ont beaucoup voyagé depuis leur création mais il semble que la BnF soit leur destination finale. Faits d'une armature en bois recouvert d'une toile plâtrée, ils possèdent de petits trous (à droite sur le globe terrestre) permettant au bois de respirer...

     Visite-guidee-BNF-F.-Mitterand--Globes-de-Coronelli-.JPG

    Si le globe céleste orné de 2000 étoiles regroupées en 70 constellations (il représente l'état du ciel à la naissance de Louis XIV le 5 septembre 1638) n'a pas posé de problème au souverain, il n'en est pas de même du globe terrestre qui comportait des lacunes : leur fabrication a demandé en effet deux ans de travail à Coronelli mais leur installation sur des supports capables de les soutenir a pris du temps... 

    Visite guidée de la Bibliothèque François Mitterand

    Notre guide nous a montré un endroit particulièrement croustillant du globe : celui où l'on voit la population indigène s'emparer d'un homme blanc puis le mettre à rôtir sur une broche ! Comme quoi le racisme a non seulement de beaux jours devant lui mais il ne date pas d'hier : l'inconnu fait toujours peur...

    Visite guidée de la Bibliothèque François Mitterand

    Un grand merci à Anne-Marie pour avoir eu l'idée de cette visite guidée fort intéressante.


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  • Aujourd'hui j'ai rendez-vous avec Anne-Marie, la présidente de Générations 13, pour une promenade culturelle et historique dans le 5ème arrondissement. Il fait un temps superbe : Anne-Marie fait toujours les choses au mieux !

    Le rendez-vous a été donné aux arènes de Lutèce qui se trouvent au 49 de la rue Monge.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Anne-Marie nous fait remarquer le casque romain sculpté dans la pierre au dessus du porche.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Elle nous réunit ensuite sur les gradins pour nous expliquer l'historique des arènes.
    (photo pelle Starck)

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Les arènes qui datent du Ier siècle après Jésus-Christ ont subi les dommages successifs des invasions barbares au IIIème siècle puis le ré-emploi de ses pierres sous les gallo-romains. Connues au Moyen-Age sous le nom de "Clos aux arènes", elles ont été redécouvertes en 1869 à l'ouverture de la rue Monge, sur l'emplacement d'un terrain acquis par la Compagnie Générale des Omnibus qui fut autorisée à y installer ses véhicules et ses écuries.

    Le 27 Juillet 1883, le président du conseil municipal reçut une lettre de protestation Victor Hugo.

    Monsieur le président                                                                                  Paris 27 Juillet 1883

      Il n'est pas possible que Paris la ville de l'avenir renonce à la preuve vivante qu'elle a été la ville du passé. Le passé amène l'avenir. Les arènes sont l'antique marque de la grande ville. Elles sont un monument unique. Le conseil municipal qui les détruirait se détruirait en quelque sorte lui-même. Conservez les arènes de Lutèce. Conservez-les à tout prix. Vous ferez une action utile, et, ce qui vaut mieux, vous donnerez un grand exemple. Je vous serre les mains.

          Victor Hugo

    Le président répondit rapidement à cette missive et le conseil municipal décida d'acquérir les vestiges de cet amphithéâtre gallo-romain qui furent classés à l'inventaire des monuments historiques. Un square fut établit sur le site afin de le valoriser.

    La restauration dans l'état actuel date de 1917.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Anne-Marie nous présente un plan de Lutèce datant du Bas Empire, établi au 19ème siècle, montrant les arènes : elles se trouvent en bas de l'image.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Les arènes, situées à l'est de la ville, offraient au public des spectacles de gladiateurs, de combats d'animaux ou de danse. On voit sur cette photo les deux ouvertures donnant accès aux fauves dans l'arène.

    Brrrrrrrrrrr....

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Les arènes pouvaient accueillir à l'époque jusqu'à 17.000 personnes !

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Nous prenons ensuite la direction du Square Capitan voisin,

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    non sans jeter un dernier coup d’œil sur les arènes.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Avoir Marie-France en premier plan d'une photo, c'est un vrai bonheur pour le photographe !

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Très joli, ce square : je ne le connaissais pas.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Au sortir du square Capitan, une maison Renaissance

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    La tour de Jussieu veille sur les arènes...

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    Anne-Marie nous montre au loin l'emplacement de l'ancienne prison Sainte-Pélagie située dans la rue du Puits de l'Ermite. C'était à l'origine un couvent ouvert par Madame Beauharnais de Miramion qui recevait les filles débauchées pour les remettre sur une meilleure voie...

    En 1792 la Révolution ferme le couvent Sainte-Pélagie et convertit tous les bâtiments en prison recevant tous les exclus de la Révolution avec en premier les royalistes, puis les révolutionnaires et en dernier les républicains. Environ 350 hommes et femmes sont enfermés dans de petites cellules sombres , humides et malsaines de six pieds carrés éclairées par une étroite fenêtre garnie de barreaux. Une paillasse jonchée d'un matelas accompagné d'une misérable couverture en lambeaux servent de meuble.

    Elle devint prison départementale à partir de 1811.

    Parmi ses pensionnaires célèbres : Françoise de Beauharnais (belle soeur de Joséphine), la Comtesse du Barry, le peintre Hubert Robert, la maîtresse de Marat, Raspail, Proudhon, Barbès, Jules Vallès, Arago, Courbet, Armand Carrel, Auguste Blanqui, Clémenceau, Honoré Daumier, Aristide Bruant, Gérard de Nerval et Vidocq parmi tant d'autres.

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    Gustave Courbet, accusé d'avoir activement participé à la Commune, d'avoir usurpé des fonctions publiques en tant qu'élu au Conseil de la Commune (16 avril 1871) et de s'être rendu complice de la destruction de la colonne Vendôme, votée le 12 avril et renversée le 8 mai, Gustave Courbet (1819-1877) est arrêté le 7 juin 1871 et emprisonné le 2 septembre à Sainte-Pélagie. Il y restera 6 mois.

    Il y peindra cet autoportrait, un tableau où son foulard rouge noué en cravate revêt un éclat que l'on peut apparenter à une proclamation de l'artiste : la revendication de son engagement dans les rangs de la Commune.

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    En continuant notre promenade : la rue de Navarre,

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    où une jolie fleur de la Passion cherche le soleil derrière des grilles.

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    Nous voici revenus devant l'entrée du métro Monge (de style Art Nouveau) : bonjour les escaliers pour sortir du métro !

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Juste en face de la rue de Navarre, se trouve l'une des plus petites places de Paris, la place Benjamin Fondane (poète et philosophe roumain, naturalisé français en 1938, déporté et assassiné à Auschwitz).

    On y accède par des petits escaliers, donnant sur la rue Monge,que je n'ai malheureusement pas réussi à photographier... Mon ami internet m'a permis d'en retrouver une image vous montrant comme ils ont bien été mis en valeur grâce à des petits pots pouvant contenir diverses plantes vertes. Une jolie petite fontaine en décore le bas.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    En prenant la rue Rollin, au N°4 on trouve un porche devant lequel on pourrait passer sans en connaître l'histoire mais - heureusement - Anne-Marie est là pour nous la raconter. C'est là, au 4ème étage, qu'habita Jacques Henri Bernardin de Saint-Pierre de 1781 à 1786 : il y écrivit le début de "Paul et Virginie". La Mairie de Paris n'a pas jugé bon de le signaler.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Anne-Marie nous montre une photo de sa statue au Jardin des Plantes.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

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    Le N°6 est tristement célèbre : c'est là qu'habita Benjamin Fondane et qu'il fut arrêté en 1944. Il mourra dans les chambres à gaz, victime de la barbarie nazie.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Décidément, la rue Rollin - que je ne connaissais pas - est riche d'histoire : nous voici arrêtés devant le N° 14 où habita le philosophe Descartes.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    J'ai lu récemment un livre qui m'a passionnée sur la vie de Descartes : il a été écrit par une femme, Guinevere Glasfurd et s'intitule "Des mots entre mes mains". Il traite d'une période de la vie d'une jeune servante hollandaise employée chez un libraire anglais installé en Hollande, qui a été amenée à rencontrer le philosophe René Descartes séjournant chez ce libraire pour quelques temps. Ils eurent une fille que Descartes reconnut et dont il s'occupa de l'éducation...

    Si vous voulez lire mon petit post, c'est ICI.

    Nous quittons la rue Rollin pour rejoindre la rue du Cardinal Lemoine mais avant, un coup d’œil sur ce curieux immeuble qui la termine...

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Nous marchons toujours sur les pas des écrivains avec ici Ernest Hemingway.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Dans les années 1920, Paris est l'eldorado des Américains. Le coût de la vie est moindre, le taux de change des dollars avantageux et ici pas de prohibition. Les États-Unis ne symbolisent plus la liberté alors que Paris devient la capitale de la modernité.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Un peu plus loin, une jolie devanture de café "L'Euridyce", tripot littéraire et artistique

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Au N°73 de la rue du Cardinal Lemoine se trouve l'Hôtel des Grandes Ecoles : un havre de paix en plein Paris...

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Magnificence des couleurs de l'automne

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Au N°71 voisin, deux plaques : l'une dédiée à Valéry Larbaud, poète, Romancier, essayiste et traducteur, qui habita un logement au premier étage de cette cour. L'autre à James Joyce, écrivain britannique d'origine irlandaise, auquel il prêta ce logement en 1921 et où ce dernier acheva son roman "Ulysse".

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Encore une petit cour sympa mais... un peu sombre à mon goût.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Le Collège des Ecossais, situé au 65 de la même rue, a cette particularité que son rez-de-chaussée est devenu son premier étage suite au creusement de la rue dont la pente était trop sévère. Cette transformation eut lieu en 1685 suite à la démolition des portes Saint-Marcel et Saint-Victor faisant partie de l'enceinte de Philippe Auguste ayant eu pour résultat un abaissement jusqu'à 5 mètres à certains endroits...

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Le Collège des Ecossais faisait partie de l'Université de Paris. Dans sa chapelle se trouve un mausolée où sont conservés les restes du coeur de Jacques II d'Angleterre.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Au-dessus du portail, une inscription à l'ancienne : Collège des Escossois

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    Un superbe heurtoir de porte en ferme l'entrée.

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    Quand on parle du loup, il montre le bout de son nez !

    Anne-Marie s'arrête ici pour nous montrer les restes de l'enceinte de
    Philippe Auguste.

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    En 1190, avant de partir pour la troisième croisade, Philippe Auguste demande aux habitants de contribuer à la sécurité de la ville par la construction d'une muraille d'environ 5 kms achevée vers 1210. Cette courtine, haute de dix mètres et couronnée d'un chemin de ronde crénelé est percée d'une dizaine de portes. 

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Elle définit une capitale de 250 hectares qui met à l'abri le palais, le trésor et les archives, même si le roi n'y réside pas toujours.

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    Nous avons maintenant rejoint le ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation : j'ai une pensée émue en le photographiant...

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    L'artiste C 215 (pseudonyme de Christian Guémy), que nous connaissons bien maintenant grâce à Anne-Marie, a beaucoup travaillé dans ce quartier.

    Ici, un pochoir de Victor Schoelcher, connu pour avoir agi en faveur de l'abolition de l'esclavage.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Juste en face, l'Hôtel du Duc d'Orléans, petit-fils de Louis XIV et arrière grand-père de
    Louis Philippe : autant son père était débauché, autant il était pieux...

    Cet hôtel sert maintenant de presbytère à l'église Saint-Etienne-du-Mont voisine.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    L'église Saint-Etienne-du-Mont se trouve à l'arrière de la place du Panthéon. On aperçoit à gauche un petit clocheton, vestige de son passé : autrefois s'élevait ici l'abbaye Sainte-Geneviève.

    Même si j'ai dû reprendre mes photos qui étaient mal sorties, dû sans doute à un mauvais réglage, (elles étaient toutes bleues !), sa façade ensoleillée reste une vraie merveille.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Le premier niveau de la façade est coiffé d'un fronton triangulaire orné d'une résurrection.  

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Anne-Marie nous signale à l'intérieur, en particulier, le jubé, l'orgue de tribune et le tombeau de Sainte-Geneviève.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Mais l'ensemble de l'église est un véritable chef-d'oeuvre et mériterait qu'on s'y attarde plus longtemps : ici, une vue du sommet de la nef

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    C'est vrai que le jubé (1530-1540) est particulièrement élaboré. Il est le seul à subsister à Paris. La tribune, de neuf mètres de long est soutenue par une voûte en anse de panier qui culmine à quatre mètres. On ressent un style empreint d'une influence mauresque dans la décoration.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    L'orgue de tribune date du début du 17ème siècle : c'est l'un des chefs-d'oeuvre de l'église. Sa beauté saute aux yeux quand on se retourne vers le fond de l'église.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Le Christ ressuscité sur la tourelle centrale (1631)

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    Harpie soutenant la tourelle sud (1631)

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    En 451, les armées d’Attila envahissent la France. Par sa prière, Geneviève persuade les Parisiens de ne pas fuir, car les Huns ne vont pas attaquer Paris. En effet, ils se dirigent vers Orléans et seront vaincus aux Champs Catalauniques.

    Le tombeau de Sainte-Geneviève, patronne de Paris, exhumé du sous-sol de l'église après la Révolution. A droite, une phalange de la sainte... 

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Auprès du tombeau, un vitrail représente l'église Saint-Etienne-du-Mont.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    A côté de l'entrée du Lycée Henri IV,

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    un autre pochoir de C 215 représentant l'abbé Grégoire, l'une des principales figures de la Révolution française.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Non loin de là, encore un pochoir de C 215, représentant Toussaint Louverture : il joue un rôle historique de premier plan en tant que chef de la Révolution haïtienne (1791-1802) et devient l'une des grandes figures des mouvements anticolonialiste, abolitionniste et d'émancipation des Noirs.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

     Sur cet immeuble du 25 rue Descartes, une plaque indique qu'ici s'élevait le Cabaret "A l'enseigne du roi Clovis" où Bories, Goubin, Pommier et Raoulx - les quatre sergents de La Rochelle - membres de la charbonnerie, préparèrent le complot qui devait les mener à l'échafaud le 21 septembre 1822.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Les quatre sergents (âgés de 20 à 25 ans), appartenant au 45ème Régiment d'infanterie, récemment déplacé de Paris à La Rochelle à cause de son mauvais esprit, furent accusés sous la Restauration de Louis XVIII d'avoir voulu renverser la monarchie.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Les quatre sergents de La Rochelle peu avant leur exécution

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    A l'angle des rue Descartes et Clovis, une fresque de Pierre Alechinsky "L'arbre bleu" qui célèbre la puissance de l’imaginaire et la sérénité d’une nature de plus en plus rare en ville.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Cachée derrière la terrasse de ce café, une plaque commémore le décès ici de Paul Verlaine.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Ici, une autre plaque indique l'ancien emplacement de la Porte Saint-Marcel (dite Porte Bordet ou encore Porte Bordelle) de l'enceinte de Philippe Auguste.

    Elle était ainsi nommée parce qu'elle menait au Bourg Saint-Marcel, hors de l'enceinte de Paris, là où ces dames étaient priées de rester... Serais-ce l'origine du mot "bordel"... ? 

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Sur la place de la Contrescarpe...

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    On a beau effacer les traces du passé...,

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    Il resurgit tout de même, grâce à internet...

    Cette enseigne publicitaire en bois peint d'un ancien magasin de café dérangeait le bon ordre moral. Elle a été supprimée du 14 de la rue Mouffetard en 2018.

    Dommage...

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    En descendant la rue Mouffetard, au N° 23 une plaque commémorative d'un ancien cabaret : le cabaret des chiffonniers rassemblait, sous l’Empire, une clientèle de traîne-ruisseaux, décrit en 1910 par Léon Daudet dans "Paris vécu".

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Je ne connaissais pas le square Marius Constant : il honore la mémoire du compositeur français décédé en 2004.

    L'occasion de se reposer un petit peu les gambettes !

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Anne-Marie nous y conte l'histoire du "Trésor de la rue Mouffetard" : c'est le nom donné à la découverte fortuite en 1938 d'un important lot de 3 210 monnaies d'or du règne de Louis XV au n°53 de la rue Mouffetard. 

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Le 24 mai 1938, des terrassiers italiens travaillent à la démolition d'un immeuble aux n°51 et 53 de la rue Mouffetard. Ils mettent à jour une cachette aménagée dans un mur, contenant de nombreux rouleaux de monnaies enveloppés dans des morceaux de toiles et accompagnés d'un testament rédigé par Louis Nivelle, « Écuyer, Conseiller, Secrétaire du Roi, Audiencier en la Chancellerie du Palais » destinant le magot à sa fille Anne-Louise-Claude Nivelle. Malheureusement, il décède subitement en 1757 avant de l'avoir prévenue (les circonstances de son décès sont obscures et son corps ne sera jamais retrouvé...).

    Alors que dans un premier temps un ouvrier qui avait ramené chez lui quelques "piécettes" qu'il croyait en cuivre et sans valeur, les avait données à son fils pour jouer aux billes, un passant se rend compte de leur valeur et en informe l'ouvrier.

    Un jugement du 2 juin 1949 en fait la répartition en trois parts entre les découvreurs, la ville de Paris - propriétaire actuel de l'immeuble - et les héritiers attestés d'Anne Nivelle, soit 82 personnes retrouvées.

    La plus grande partie du trésor a été mise en vente.

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    Le "Louis Mouffetard"

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    L'actuel 53 de la rue Mouffetard est occupé par une librairie "L'arbre du voyageur".

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    Un petit détour par la rue Tournefort pour voir un petit immeuble où habita Prosper Mérimée.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Une plaque y est apposée.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    La Bibliothèque Mohammed Arkoun se trouve au N° de la rue Mouffetard.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Elle occupe l'emplacement de l'ancienne "Maison pour tous" détruite en 1978. Ce lieu fraternel, foyer d'action sociale et culturelle, intégra peu à peu : Université populaire, cours du soir, aide aux devoirs, bibliothèque, chorales, tables familiales, caravanes, cinéma, communauté théâtrale de l'Epée de bois, colonies de vacances, éclaireuses, éclaireurs de France, amis de la nature, sorties, sports, aide aux jeunes chômeurs (1936), aide aux familles juives (940-1945)...

    Un peu l'ancêtre de nos Maisons de la Culture, en mieux.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Mais pourquoi regarder ainsi en l'air alors que rien ne parait intéressant ici hormis les commerces de bouche qui nous chatouillent les papilles... ?

     Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Une balade à la loupe ! 

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Anne-Marie nous montre une plaque apposée sur ce petit immeuble du 103 de la rue Mouffetard (datant de 1626) indiquant qu'ici eut le 16 janvier 1871 le Siège de Paris par les armées allemandes à la suite de la capitulation de Sedan par Napoléon III.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    On ne peut pas passer ici sans remarquer ce café "Le Mouffetard" orné d'une superbe poutre de bois sculpté portant des pampres de vigne.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Ratée, la photo...

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    En bas de la rue Mouffetard, une jolie décoration d'immeuble.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Gravés dans du ciment, on y retrouve de très beaux décors représentant faune et flore. Autrefois maison de ville d'un grand charcutier Parisien (Facchetti), c'est son propriétaire qui aurait contacté Eldi Gueri, peintre italien en 1930, pour se démarquer de la concurrence.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    Juste en face s'élève l'église Saint-Médard qui date des XVème au XVII siècles.

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    A l'intérieur (très très sombre...), on peut voir une plaque mentionnant le baptême de Marin Marais, gambiste et compositeur français de la période baroque 1656-1728).

    Promenade autour de la rue Mouffetard avec Générations 13

    J'adore Marin Marais ! Ecoutez comme c'est reposant...

    Je terminerai ici cette jolie balade que je qualifierai d'historico-littéraire.

    Merci Anne-Marie pour cette excellente après-midi. 


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