• Cet après-midi Anne-Marie Guérin avait réservé une visite guidée auprès de l'association Paris Art-et-Histoire et c'est Michèle Mazure, l'une de ses guides, qui nous a accompagnés pour une visite très exhaustive de l'ancienne abbaye royale du Val-de-Grâce. 

    Le rendez-vous était donné sur la place Alphonse Laveran, très joliment formée de deux arrondis donnant sur la rue Saint-Jacques.

    Visite guidée du Val de Grâce

    C'est tout près d'ici, au N°284 de la rue Saint-Jacques que Louise de La Vallière entra au Carmel le 21 avril 1674 : le quartier est en effet à l'époque truffé de couvents (Les Ursulines, Les Jacobins, des Bénédictins anglais, des Grands Carmes, des Carmélites de l'Incarnation).

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    Devant le Val-de-Grâce, deux fontaines modernes décorent la place.

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    Les monogrammes de Louis XIII et d'Anne d'Autriche décorent les grilles en fer forgé.

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    La façade est de style classique : colonnes à chapiteaux corinthiens, frontons triangulaires, tout y est. La croix que l'on aperçoit au sommet est celle du dôme. Celui-ci présente la particularité de n'être visible que lorsqu'on voit l'église de loin : plus on se rapproche, plus il disparaît...

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    De part et d'autre du portail, deux statues dans des niches, ornées d'une jolie coquille

    L'une représente Sainte Thérèse-d'Avila,

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    et l'autre Saint-Benoit.

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    Derrière la façade classique, un dôme imposant

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    C'est Anne d’Autriche, reine de France, qui pose le 3 juillet 1624 la première pierre de l’abbaye destinée à accueillir des bénédictines de l’ abbaye du Val-Profond à Bièvres. Pour remercier le ciel de lui avoir accordé un enfant (qui deviendra Louis XIV) après 23 ans de mariage, elle fit de cette église un ex-voto en l'honneur de la Vierge Marie.

    La dédicace sur le fronton du porche est facilement compréhensible : « IESU NASCENTI VIRGINIQ(UE) MATRI », c'est-à-dire « (cette église est dédiée) à Jésus naissant et à sa mère la Vierge ». On remarque l'insistance sur le fait que Jésus est honoré comme enfant attendu qui est enfin né (comme Louis XIV) et Marie comme mère (comme Anne d'Autriche).

    Sur le fronton triangulaire inférieur, les monogrammes de Louis et d'Anne entrelacés : bien que n'ayant pas choisi son mari et malgré un mariage plutôt malheureux, Anne d'Autriche a tenu à avoir ici, surmonté de la couronne royale, ce symbole de son union avec Louis XIII.

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    Sur le fronton supérieur, on trouve deux anges encadrant un médaillon aux armes de la reine.

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    Dans la cour qui précède l'église, un cadran solaire et une statue du baron Dominique-Jean Larrey, médecin et chirurgien militaire français, père de la médecine d'urgence

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    Le cadran solaire (de l'après-midi) indique les heures de 10h30 à 16h. 

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    La statue est de David d'Angers.

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    Nous entrons ensuite dans l'enceinte de l'ancienne abbaye et la guide nous rassemble devant la maquette du site où l'on voit à droite l'église et son cloître mais aussi l'hôpital moderne inauguré en 1979 par Valéry Giscard-d'Estaing, aujourd'hui fermé (car trop vétuste) et voué à une reconversion non encore bien définie. Ce dernier avait été construit sur les terrains de l'ancien potager de l'abbaye.

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    Notre premier arrêt est pour la salle capitulaire qui était probablement lambrissée et ornée de portraits de la famille d'Orléans. Restent les portraits de Louis XIII et d'Anne d'Autriche.

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    Ils sont l'oeuvre de Philippe de Champaigne ou de son atelier.

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    Mais ce n'est pas sur ces portraits que notre guide s'arrête mais plutôt sur la stéréotomie des voûtes d'arête du plafond.

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    La tapisserie de Beauvais (XVIIIème siècle) qui décore la salle est intitulée "Tapisserie du malade imaginaire".

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    Notre guide nous conduit maintenant vers le cloître qui se situe au rez-de-chaussée bien sûr, près d'un superbe escalier sur lequel je reviendrai plus tard.

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    Le cloître est fermé par des fenêtres de sorte que les religieuses pouvaient y déambuler au chaud...

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     Les deux premiers niveaux sont très largement vitrés tandis que celui du dessus, qui était réservé aux dortoirs, possède de petites fenêtre surmontées d'un "œil-de-bœuf". Encore au-dessus, les fenêtres "à la Mansart" sont munies d'un fronton triangulaire, sauf aux angles où elles sont arrondies, le détail qui tue... !

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    Notre guide nous fait remarquer les lettres A et L entrelacées sur les portes en bois donnant accès au cloître.

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    La galerie occidentale du grand cloître est décorée de bustes, posés sur des piédestaux (eh oui, j'ai vérifié : un piédestal, des piédestaux !) et environnés de couronnes de chêne et de laurier, traversées de palmes.

    Visite guidée du Val de Grâce

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    Au registre inférieur, des plaques commémoratives, autrefois disséminées dans toutes les galeries, rappellent les noms des médecins et pharmaciens tués aux armées lors des grandes campagnes de l’Empire. Sur celle-ci, on peut voir quelle était la renommée du Dr Larrey cité précédemment.

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    Une jolie sculpture de caducée

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    Nous voici maintenant dans le "sas" d'accès à la chapelle : c'est là que se tenaient les religieuses, le public étant de l'autre côté de cette belle grille. Notre guide nous a expliqué qu'elles recevaient la communion (seulement à l'occasion de Noël et de Pâques) à travers une petite trappe...

    Dans cette pièce, une exposition explique le travail actuel de restauration des génies et des anges qui ont été déposés du dôme car abîmés par les ans.

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    Voici un modèle grandeur nature en mousse de polyuréthane ayant servi de prototype en vue de la restauration des statues. A l'issue de la restauration des génies et de la repose des copies sur le dôme, huit génies originaux prendront place dans cette salle.

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    Nous voici de l'autre côté de la grille...

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    et là, c'est l'extase, on ne sait pas où donner de la tête tellement il y a d'endroits à admirer ! Sculptures et peintures rivalisent entre elles pour rendre ce lieu absolument sublime.

    C'est là qu'on est bien content d'avoir pris une visite guidée !

    A droite, un majestueux baldaquin à colonnes de marbre torsadé, oeuvre de Gabriel Le Duc (un élève du Bernin) d'après les plans de François Hardouin-Mansart, abrite le maître-autel.

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    Anges et angelots en décorent agréablement le faîte.

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    De chaque côté du baldaquin, les deux tribunes à balcons dorés ne sont là que pour l'esthétique.

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    Au sommet, la colombe du Saint-Sacrement en bois doré illumine l'ensemble.

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    Elle est accompagnée par deux anges qui tiennent une banderole sur laquelle sont écrit les mots "In terra pax hominibus bonae voluntatis" : et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté.

    Adorable ce petit détail...

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     Regardez le travail de décoration des colonnes : le marbre vert est rehaussé de placages en bronze doré du plus bel effet.

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    Sur le Maître-autel, le groupe de la Nativité (de Michel Anguier - 1665) est une copie - commandée par Napoléon III - de celle conservée à l'église Saint-Roch. Notre guide nous a expliqué qu'à la Révolution les oeuvres d'art ont été mises à l'abri et qu'après on ne savait plus très bien d'où elles étaient issues...

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     La guide nous parle de l'attitude de Joseph, particulièrement déférent devant ce nouveau né qui est le fils de Dieu...

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    Jésus, lui, n'est pas représenté tel un nouveau né mais ceci est assez général dans la sculpture ou la peinture.

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    Marie est, naturellement comme toutes les mères, en admiration devant son enfant...

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    Si l'on lève les yeux maintenant vers le ciel..., on peut apercevoir la célèbre fresque en coupole peinte par Pierre Mignard en seulement deux mois et regroupant quelques 200 personnages.

    Elle s'intitule "La Gloire des Bienheureux"

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    Je ne me suis pas lassée de la photographier...

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    Michèle Mazure nous en a expliqué chaque partie en détails.

     Voici tout en haut Dieu le Père (qui tient le globe du monde entre ses mains) avec, à main droite, Notre Seigneur Jésus-Christ lui présente les élus ; au-dessus d'eux, la colombe du Saint-Esprit.

    Qu'il est joli ce nuage supporté par des chérubins !

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    En-dessous, la croix et la couronne d'épines sont portées par cinq anges.

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    Encore en-dessous, un grand ange tient dans ses mains le Livre scellé des sept sceaux où sont inscrits le nom des élus.

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    Enfin, tout en bas, l’Agneau immolé et le chandelier à sept branches, attirent les premiers regards.

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    Il y a aussi, sur la gauche, Anne d'Autriche et Louis XIII vêtus de manteaux royaux : c'est Sainte-Anne qui conduit la reine. Celle-ci, voulant remercier Dieu de lui avoir donné un enfant, tient dans ses mains une maquette du Val-de-Grâce (c'est un ex-voto) et le roi Louis XIII tient son sceptre dans la main.

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     Je ne pense pas me tromper en vous disant qu'on voit ici Marie avec son manteau bleu et Marie Madeleine tenant le suaire du Christ entre ses mains...

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    Vers la droite, Saint Jean-Baptiste, représenté un peu dévêtu...

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    Saint-Augustin et le pape Saint-Grégoire...

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    Saint-Ambroise et Saint-Jérôme

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    Autour de la coupole, les quatre évangélistes

    Saint Mathieu et son ange

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    Saint Marc et son lion

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    Saint Luc et son taureau qui est ici représenté avec un grand tableau placé sur un chevalet (le portrait de Marie) : Luc avait en effet ajouté à sa pratique des langues, du droit et de la médecine, le talent de la peinture. Il est ainsi le saint patron des peintres et des sculpteurs.

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    Saint Jean et son aigle

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    Sous chacun des évangélistes, d'adorables petits anges soutiennent le blason d'Anne d'Autriche et la couronne royale.

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    Avez-vous vu le magnifique dallage de marbre devant le maître-autel... ?

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    Il est bien sûr orné du monogramme d'Anne d'Autriche et de Louis XIII. Les lettres sont ceintes d'une couronne de palmes qui rejoint la couronne royale ; tout autour, des fleurs de lys...

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    Nous voici maintenant devant la chapelle Sainte-Anne : elle se trouve sur la droite du choeur.

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    C'est là où ça commence à être macabre !

    C’est dans la chapelle Sainte-Anne du Val-de-Grâce que furent conservés de nombreux cœurs de princes et princesses de la famille royale de France, Bourbons et Bourbon-Orléans.

    Le premier fut celui de la fille de Louis XIV, Anne-Elisabeth de France, morte le 13 décembre 1662 âgée d’à peine quelques mois. Anne d’Autriche, grand-mère de l’enfant, porta elle-même le petit cœur à l’abbesse du Val-de-Grâce, la mère Dufour de Saint-Bernard. Elle lui dit : « Ma mère, voilà un cœur que je vous apporte pour le joindre bientôt au mien. » La reine-mère mourut en 1666.

    En 1793, lors de la profanation de la chapelle Sainte-Anne, Louis-François Petit-Radel (architecte et dessinateur français), par ordre du Comité de Salut Public, fut chargé de détruire les 45 cœurs des princes et princesses de la Maison de France, mais il donna un coup de canif au contrat...

    C'est ainsi que les cœurs de treize souverains ou personnages princiers (Anne d'Autriche, Marie-Thérèse d'Espagne, la Grande Mademoiselle,…) furent vendus ou échangés contre des tableaux, à des peintres qui recherchaient la substance issue de l'embaumement ou "mummie" (substance très rare et hors de prix, résultat d'un mélange d'une matière organique, le cœur, macérée dans de l'alcool, et d'aromates) : une fois mêlée à de l'huile, elle était réputée donner un glacis incomparable aux tableaux.

    L'un de ces cœurs entra ainsi en possession du peintre Martin Drolling qui l'aurait utilisé pour peindre son Intérieur d'une cuisine.

    La cuisine par Martin Drolling (Musée du Louvre)

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    En pendant de l'autre côté du choeur, se trouve une chapelle abritant un orgue Cavaillé-Coll, installé ici en 1891, orgue qui provient de l'église Sainte Geneviève transformée en Panthéon, ayant donc perdu sa vocation d'église (Photo internet).

    Visite guidée du Val de Grâce

    On ne sait rien de l'orgue qui se trouvait au Val-de-Grâce avant la Révolution - durant laquelle il fut démonté et dispersé - sinon le nom de l'auteur du buffet, Germain Pilon. Le Val-de-Grâce étant abbaye royale, les plus éminents musiciens s'y produisirent : Lully dirigea l'office des ténèbres du vendredi Saint et Moulinié fut l'un des maîtres de chapelle.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Notre guide nous entraîne maintenant dans la nef de l'église, séparée du choeur par une élégante grille en fer forgé.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Visite guidée du Val de Grâce

     La nef possède deux bas-côtés séparés du vaisseau central par d'imposants pilastres cannelés à chapiteaux corinthiens. 

    Visite guidée du Val de Grâce

     En levant les yeux, on peut admirer le superbe plafond entièrement sculpté : la voûte de la nef, en berceau, est entièrement décorée de caissons à frise d’entrelacs, sculptés d’anges porteurs de candélabres ou de phylactères.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Six grands médaillons sont décorés d’effigies de saints et de saintes : la Vierge Marie et Joseph, sainte Anne et saint Joachim, sainte Élisabeth et saint Zacharie, sortis du ciseau de Michel Anguier.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Visite guidée du Val de Grâce

    Visite guidée du Val de Grâce

    Au-dessus d'une corniche à modillons, les larges baies vitrées de l'étage laissent pénétrer la lumière naturelle. Des angelots, porteurs de couronnes et de fleurs, encadrés de feuilles d'acanthe et de rosaces, occupent les voussures des baies vitrées.

    Visite guidée du Val de Grâce

     

    L'ancienne abbaye du Val de Grâce en 100 photos avec Générations 13

    Entre chacun des pilastres, des bas-reliefs, toujours sculptés par Anguier, représentent les Vertus (La Tempérance et la Force, La Religion et la Piété, La Foi et la Charité, La Prudence et la Justice, La Bonté et la Bénignité, L'Humilité et la Virginité).

    Je ne me souviens plus de quelles Vertus il s'agit ici...

    Visite guidée du Val de Grâce 

    Ici, il s'agit de La loi et La charité.

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    Une bien belle maternité

    L'ancienne abbaye du Val de Grâce en 100 photos avec Générations 13

    Les bas-côtés n'ont pas été oubliés par Anguier.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Au fond de la chapelle, deux tableaux de Philippe de Champaigne peints avant 1636 pour l'église du Carmel du Faubourg Saint-Jacques, et acquis en 1991 par le ministère de la Défense suite à un don de Karl Lagerfeld.

    Les photos qui suivent sont tirées d'internet car il y avait une vitre devant les tableaux qui reflétait le flash...

    L’ascension

    Visite guidée du Val de Grâce

    La Pentecôte (détail)

    Avez-vous remarqué les petites flammes de feu sur la tête des disciples et de Marie ? C'est le signe que le Saint-Esprit est descendu sur les apôtres ce jour-là.

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    Tout près de là, deux petites portes pourvues de séraphins ou de chérubins (je ne sais plus...). Les séraphins et les chérubins sont loin, parait-il, devant les anges dans la hiérarchie céleste... 

    Visite guidée du Val de Grâce

    Visite guidée du Val de Grâce

    Visite guidée du Val de Grâce

    Dans un autre bas-côté, deux autres tableaux de Philippe de Champaigne

    Visite guidée du Val de Grâce

    L'entrée du Christ à Jérusalem à gauche et Le Christ et la Cananéenne à droite

    Visite guidée du Val de Grâce

    Voici le superbe escalier qui dessert l'étage : Michèle Mazure nous montre tout particulièrement les piliers de la balustrade : ceux-ci ont été sculptés de façon à rester verticaux malgré le rampant de l'escalier...

    Visite guidée du Val de Grâce

    Le long des "voûtes" interrompant la balustrade, les piliers ont été coupés à moitié.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Le détail qui tue !

    Avez-vous remarqué cette toute petite ébauche de pilier à droite de la photo... ?

    Visite guidée du Val de Grâce

    Nous voici en vue du premier étage : on peut y admirer encore de belles voûtes d'arêtes.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Visite guidée du Val de Grâce

    C'est là que se trouve le Musée du Service de santé des armées qui renferme la collection du docteur Debat que nous allons visiter.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Il y a surtout une apothicairerie qui est reconstituée avec, dans ses rayonnages, de superbes pots à onguents.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Visite guidée du Val de Grâce

    Ces  microscopes verticaux (XVIIIème siècle) ont attiré mon attention.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Ces superbes majoliques sont des "albarelles" (ou pots à onguents).

    Visite guidée du Val de Grâce

    Vase à deux anses en forme de dragon (médaillon représentant Saint Jean-Baptiste)

    Visite guidée du Val de Grâce 

    On y voit aussi une belle collection de mortiers,

    Visite guidée du Val de Grâce

    et ce curieux objet de la fin du XVIIIème siècle (provenance Angleterre)

    Il s'agit d'un crachoir en bois exotique en forme de dauphin supportant une coquille. Il est actionné par une tige coulissant dans le manche.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Le soleil décline en cette fin d'après-midi d'hiver, jouant harmonieusement avec la couleur des pierres du Val-de-Grâce.

    L'abbaye du Val de Grâce en 100 photos avec Générations 13

    Une visite, comme toujours, passionnante : merci Anne-Marie de nous l'avoir proposée.


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  • Hier nous avons suivi l'une des visites guidées de l'association "Paris - Art et Histoire" à laquelle Anne-Marie Guérin s'adresse parfois, celle du Lycée Henri IV, le lycée de France le mieux coté où il faut arriver avec un 19,5/20 au bac pour entrer dans les classes préparatoires...

    Comme vous le savez sans doute, il est situé dans les beaux quartiers, juste derrière le Panthéon qui, à cette heure de l'après-midi, était éclairé par un beau soleil d'automne.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    En vue de l'église Saint-Etienne-du-Mont

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Saint-Etienne-du-Mont à gauche ◄       ► la tour Clovis du Lycée Henri IV à droite

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    On voit bien sur cette gravure du XVIIème siècle que les deux édifices étaient côte à côte.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    La tour Clovis, derrière la façade du Lycée donnant sur la rue du même nom, est le seul vestige de l'abbaye Sainte-Geneviève (dédiée aux apôtres Pierre et Paul) fondée en 507 par Clovis et son épouse Clothilde. La tour, bien qu'ayant perdu la flèche de son clocher, a encore fière allure.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Devant le Lycée, une oeuvre de "street art" de C215 (Illustres autour du Panthéon) représentant l'Abbé Grégoire, député de la Convention nationale pendant la Révolution. Il était en faveur de l'abolition de l'esclavage et de l'abolition de la peine de mort. Depuis 1989, ses cendres reposent au Panthéon voisin.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    L'entrée du Lycée se trouve au 23 rue Clovis.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Sous le porche d'entrée une jolie grille en fer forgé donne accès au cloître.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Le cloître date du XVIIIème siècle, mais des fouilles récentes ont pu mettre à jour les vestiges de l'ancien cloître datant du XIIIème siècle.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    La tour Clovis est romane dans sa partie basse (qui date de Philippe Auguste) et gothique dans les parties élevées (premier et deuxième étage). La balustrade flamboyant fut ajourée lors des travaux de reconstruction au XVIIème siècle. La flèche, endommagée par la foudre, fut détruite en 1764.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

     Sous les voûtes du cloître, des bas-reliefs en plâtre moulé sont des copies de marbres de Phidias (Ve siècle avant J.C)

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Il semble bien ici que des élèves soient en train de lire un parchemin : ce lieu reçoit en effet maîtres et étudiants depuis le milieu du Moyen-Age...

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Les restes du réfectoire du cloître datant du XIIIème siècle

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Notre guide nous conduit ensuite dans la Chapelle, située en bordure du cloître : elle fut installée au début du XIXe siècle dans l'ancien réfectoire de l'abbaye Sainte-Geneviève, après la suppression de celle-ci et sa transformation en lycée.

    Cinq travées, voûtées sur croisées d'ogives aux nervures élégantes, témoignent d'une architecture gothique déjà bien affirmée. Cependant, l'épaisseur des murs et l'étroitesse des baies suggèrent la réutilisation d'un édifice antérieur (un vestige du précédent réfectoire roman datant de la reconstruction du XIème siècle ?)

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    La tribune située à gauche en entrant témoigne de la vocation de cette pièce : un moine y lisait chaque jour le chapitre pendant les repas de la communauté. 

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Tandis que les clefs de voûte sont toutes ornées de couronnes de feuillage, celle-ci présente, en sus, un "singe tenant des noix" nous a dit notre guide.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

     Prés du choeur, une réplique de la statue de Sainte-Geneviève conservée au Louvre, provenant du trumeau du portail central de la façade occidentale de l'ancienne église : la sainte, qui se rend la nuit à Saint-Denis tient un livre de prières dans la main droite et un cierge (manquant) dans la mains gauche. Sur son épaule gauche subsistent les pattes fourchues d'un diablotin qui tente d'en éteindre la flamme tandis qu'à droite un petit ange le rallume.

    Il faut bien avoir un guide pour pouvoir apprécier la statue à sa juste valeur !

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Notre guide nous conduit ensuite en sous-sol dans ce qui constituait les anciennes cuisines ou bien le cellier (là où les moines entreposaient les biens tirés des vastes domaines de l'abbaye) : Je n'ai pas bien compris...

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Philippe donne l'échelle...

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Nous voici maintenant dans la Cour des Externes où se trouve un bâtiment dédié à la remise des diplômes (anciennement Chapelle de la Miséricorde). Ignace de Loyola et Saint François-Xavier, étudiants au collège voisin de Montaigu, y reçurent leur maîtrise. Après le baccalauréat, les étudiants de l'époque obtenaient leur maîtrise puis leur doctorat tout comme de nos jours.

    Des étudiants y recevaient justement leur diplôme du bac et à cette occasion, un petit buffet avait été organisé : le Lycée soigne ses étudiants...

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Des fouilles archéologiques récentes (2001-2006) effectuées dans cette pièce montrent des bases de colonnes engagées, portées par des culots, datant du XIIIème siècle.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Dans cette même Chapelle - qui servait de sépulture aux abbés et même à certains laïcs et dont le plancher peut être découvert lors des Journées du Patrimoine - se trouvent des pierres tombales très ouvragées qui rappellent le rôle funéraire du lieu.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Nous sommes maintenant dans la "Cour du Méridien" qui sert de terrain de jeux aux élèves : il s'y trouve une sphère armillaire qui comporte un cercle parallèle à l'équateur et un cercle vertical positionné dans le plan du méridien avec des repères pour les équinoxes et les solstices.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Nous allons maintenant nous rendre dans les étages supérieurs en empruntant un somptueux escalier de pierre, avec des voûtes portées par d'épaisses colonnes. Il est appelé "Escalier des Prophètes" pour les statues en marbre des prophètes de l'Ancien Testament qui en gardent l'entrée.

    C'est un chef-d'oeuvre du père Claude-Paul de Creil, qui a réussi à placer un vestibule et un escalier monumental dans un espace relativement réduit.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    La première volée centrale de l'escalier, bordé d'une belle rampe à entrelacs, se divise ensuite en deux volées divergentes. Celle de droite ne conduit qu'à une petite pièce obscure aujourd'hui murée, tandis que celle de gauche qui menait aux dortoirs, se continue en un escalier excentré.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Côté vestibule

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Quatre prophètes (non identifiés) sont représentés en bas de l'escalier.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    L'escalier est aussi parfois dénommé "Escalier de la Vierge" pour la statue de la Madone à l'enfant située dans une niche au palier de l'escalier.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Le visage de la Vierge a malheureusement dû être martelé à la Révolution...

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Voici la pièce qui était l'Oratoire du Père Abbé.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Elle a gardé son décor d'origine et notamment les pilastres corinthiens, aux bases en cuivre et chapiteaux peints couleur bronze, entre lesquels s'intercalent des niches décorées d'angelots.Avant la révolution, elles abritaient des bas-reliefs en plomb, peints eux aussi couleur bronze et représentaient des prophètes et pères de l'Eglise.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Une corniche débordante, portés par des modillons, supporte un plafond à caissons d'un dessin très original.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    L'autel est surmonté d'un fronton triangulaire au centre duquel des angelots présentent un triangle, symbole de la Trinité, dans lequel et inscrit en hébreu le nom de Dieu.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Le dessin du dallage originel montre, en son milieu, une ligne d'ostensoirs qui conduisait à l'autel.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Nous montons ensuite un escalier très banal pour accéder à la coupole où se trouve la Bibliothèque. Le père-architecte avait un autre projet - celui d'un magnifique escalier à ciel ouvert sur la coupole - mais malheureusement le "vandalisme" des années 1990 en a eu raison : l'escalier a été détruit si j'ai bien compris...

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Mais que regarde donc notre guide... ?

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    La coupole, qui est malheureusement protégée actuellement par un filet en attendant des travaux de restauration à venir, ce qui nous empêchera de l'admirer pleinement.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    La voici, grâce au net, telle qu'elle devrait apparaître bientôt, une fois restaurée : la fresque centrale représentera l’Apothéose de Saint-Augustin enlevé par les anges et brûlant les livres des hérétiques.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Comme on le voit sur la photo précédente, le dôme est soutenu par quatre piliers en forme de palmiers dont les troncs sont décorés de guirlandes de fleurs.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Quatre ailes identiques à celle-ci forment une immense croix : deux d'entre elles servent de salles d'examens, une autre abrite la bibliothèque des lycéens et la dernière celle des classes préparatoires.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Le pavage, abîmé par sa transformation en dortoirs au XIXème siècle, a été reconstitué à l'identique. Il est vraiment très joli.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Elle possède un joli plafond.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    La Bibliothèque possédait avant la Révolution un fonds de 60.000 ouvrages. Son contenu est aujourd'hui conservé à la Bibliothèque Sainte-Geneviève voisine.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Par les fenêtres, on peut voir le cloître et apercevoir l'église Saint-Etienne-du-Mont voisine.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Nous ressortons de la Bibliothèque en empruntant une porte en bois sculpté très impressionnante.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Notre guide nous en montre le décor central où des fleurs de lys ont échappé aux révolutionnaires...

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    La serrure est particulièrement belle.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    La porte donne sur le palier de l'Escalier des Grands Hommes côté Panthéon.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Tomettes et parquet au sol, du plus bel effet

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    J'ai lu sur le net que le vide central de l'escalier est de forme "barlongue" : deux petits côtés et deux grands... Je ne connaissais pas ce terme.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Le vestibule et le bas de l'escalier des Grands Hommes (Photo inventaire.iledefrance.fr)

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Et voilà, la boucle est bouclée !

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

     

    Quelques données sur le Lycée

    Le devise du lycée est Domus Omnibus Una (« Une maison pour tous »), est celle des moines augustiniens, dont le bâtiment était le siège.

    On désigne l'établissement par la périphrase « le lycée sur la montagne » pour sa situation dominante sur la montagne Sainte-Geneviève et par l'abréviation « H4 ». Les élèves et professeurs du lycée se surnomment les « ashquatriens ».

    Les professeurs ou les élèves célèbres

    Léon Blum, André Gide, Alfred de Musset, Guy de Maupassant, Prosper Mérimée, Pierre Puvis de Chavannes, Ferdinand de Lesseps, Alfred Jarry, Emmanuel Macron, Georges Pompidou, Guy Béart, Patrick Bruel, Simone Veil, Jean d'Ormesson, André Vingt-Trois, Eric Rohmer, Agnès Jaoui etc. etc.

    Une visite d'une heure et demie qui nous a bien intéressés.


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  • Anne-Marie nous a fait remonter le temps pour cette après-midi de promenade dans le quartier du Luxembourg : elle nous conte aujourd'hui l'histoire - compliquée - de l'invention du mètre étalon, sur les traces de Delambre et Méchain, deux astronomes chargés de le définir.

    Delambre, à gauche, Méchain, à droite

    L'aventure du mètre étalon

    Avant la Révolution, il existait pléthore d'unités de poids et de mesures (250.000) ! Chaque pays, chaque région, et même parfois chaque village, avait les siennes... En 1790 l’Assemblée nationale - désireuse d'effacer toute trace du passé - décide d’établir un système de mesure unique.

    Mais comment définir le mètre ?

    Un choix arbitraire ne permettrait pas d’obtenir un consentement universel.

    Le projet est confié à des savants de renom (Borda, Condorcet, Lagrange, Lavoisier et Monge) qui proposent de définir le mètre comme le dix millionième du quart du méridien terrestre. Le fait de se référer à la Terre, permet l'immuabilité et l’universalité de la mesure.

    Il reste donc à déterminer la longueur exacte du méridien.

    Le premier a en avoir fait une approche scientifique est le Grec Eratosthène en 250 avant J-C, qui arrive au résultat de 39 300 kilomètres ce qui est très proche de la mesure exacte et ceci avec des moyens très simples. En 1670, le français Jean-Félix Picard - dit l'Abbé Picard -, en utilisant la triangulation, arrive au résultat de 40 036 kilomètres.

    L'Assemblée nationale quant à elle charge deux astronomes - en pleine terreur -, Jean-Baptiste Delambre et Pierre Méchain, de mesurer ce méridien.

    Ceux-ci n’effectueront les mesures que sur un arc suffisamment long de ce méridien. Par proportionnalité ils pourront alors calculer la longueur totale. Cet arc appelé méridienne s’étend sur près de 1100 kilomètres de Dunkerque à Barcelone.

    Méchain part vers le Sud et Delambre vers le Nord.

    Cette double expédition durera jusqu’en 1799 à cause des événements politiques mais aussi des difficultés quotidiennes. En effet, il faut monter le matériel en haut des clochers, franchir des montagnes, braver le froid puis les fortes chaleurs ou les pluies.

     Il n'est évidemment pas question de déplacer des règles entre ces deux villes : outre que le travail aurait été fastidieux, la géographie ne l'aurait pas permis. La méthode consiste donc à commencer par mesurer une base d'environ onze kilomètres entre Melun et Lieusaint.

    Delambre dispose à cette fin de quatre règles de platine (chacune de deux toises de long), ces règles "numérotées" étant portées par des pièces de bois peintes de couleurs différentes avec des trépieds que des vis permettent de caler.

    La base est alors l'origine d'une opération de triangulation plane : à partir des extrémités de cette base, Delambre vise la ville de Malvoisine qui est à portée de vue. De la mesure des angles, il déduit la distance Lieusaint-Malvoisine et celle-ci constitue la base d'un nouveau triangle dont le sommet sera Montlhéry. Des triangles formeront ainsi une chaîne ininterrompue le long de la méridienne.

    C'est tout simple en fait mais... il fallait y penser !

    L'aventure du mètre étalon

    La méthode de la triangulation utilisée par Delambre et Méchain : en imaginant beaucoup d'autres triangles, il suffit à la fin de mesurer la longueur du point F (hypothétiquement Dunkerque) au point H (hypothétiquement Barcelone) et le tour est joué !

    L'aventure du mètre étalon

    La mesure des angles était effectuée par les astronomes à l'aide du cercle répétiteur inventé par Borda et Lenoir dont le principe est de pouvoir répéter autant de fois que l'on veut la même mesure sans revenir à zéro. L'erreur diminue avec le nombre de visées qui sont parfois répétées plus d’une centaine de fois.

    L'aventure du mètre étalon

    Le voyage de Méchain (ainsi que celui de Delambre) est semé d’incidents car la Révolution éclate le jour même de leur départ : ils ont été parfois emprisonnés et accusés d’être des espions, des royalistes ou des sorciers car on les voyait utiliser des instruments complexes...

    Finalement Méchain arrive à Barcelone le 23 juillet où des émissaires du Roi d’Espagne l’accueillent chaleureusement et lui apportent son soutien. Cependantle 21 janvier 1793, Louis XVI ayant été guillotiné, l’Espagne entre en guerre contre les révolutionnaires français. Une armée de catalans du sud envahit le Roussillon espérant reconstituer le royaume des Baléares antérieur au traité des Pyrénées. Méchain se retrouve bloqué à Barcelone : il se rend alors au Montjuic (un quartier de Barcelone) et y poursuit ses mesures. Il sera gravement accidenté et devra passer de longs mois de convalescence chez un médecin barcelonais. Après son rétablissement, il reprend ses mesures et constate horrifié qu’il y a un petit écart avec les premières mesures.

    Il est extrêmement découragé mais en avril 1795 il réussit à embarquer pour Gênes et en juillet 1795 il accoste à Marseille, bien décidé à reprendre ses mesures suite à l’erreur constatée à Barcelone.

    Au final, le mètre est trop court de 0.2 mm puisque le quart de méridien mesuré n'est pas de 10.000 kilomètres mais de 10.002 kilomètres...

    De son côté Delambre, lui aussi reconnu par ses pairs, forme une équipe composée d'un artisan orfèvre et d'un cocher. En août 1792 les Autrichiens envahissent le Nord-Est de la France, les troupes révolutionnaires résistent comme elles peuvent. Delambre se cantonne à étudier des points de Paris. Le 21 septembre, la première République est proclamée et les déplacements sont difficiles. Finalement en avril 1793 Delambre obtient les laissez-passer nécessaires et peut se déplacer vers Dunkerque.

    Cette même année Delambre apprend la suppression de l’Académie des sciences de laquelle il a été destitué avec cinq autres académiciens pour avoir soutenu Lavoisier qui, en tant que fermier général récoltait les impôts, fut menacé de la guillotine...

    Ce dernier, ayant demandé un sursis à son exécution pour pouvoir terminer une expérience, se verra répondre par le Président du Tribunal révolutionnaire : "La république n'a pas besoin de savants, ni de chimistes ; le cours de la Justice ne peut être suspendu".

    L'arrestation de Lavoisier (par Ludwig Van Langenmantel - 1876)

    L'aventure du mètre étalon

    Cocorico !

    Le mètre (institué comme unité de mesure de longueur depuis le 7 avril 1795) est une découverte française adoptée par pratiquement tous les pays du monde.

    L'aventure du mètre étalon

    Pour permettre aux français de se familiariser avec cette nouvelle mesure, surtout réclamée par les commerçants, il sera décidé d'en distribuer partout dans le pays. A Paris, seize mètres étalons furent installés dans la ville entre février 1795 et décembre 1797.

    Pour terminer cette visite, Anne-Marie nous emmène dans la rue de Vaugirard où au N°36, face au Musée du Luxembourg, se trouve l'un des deux derniers exemplaires de "mètre étalon".

    Malheureusement, des travaux de ravalement ne nous permettront pas de le voir...

    L'aventure du mètre étalon

    De nos jours, le mètre correspond à la distance parcourue par la lumière dans le vide en 1.299.792.458 fractions de seconde.

    Voici une vidéo extrêmement bien faite qui résume tout ceci. N'hésitez pas, à la fin, à cliquer sur le lien suivant pour en visionner la fin...

    J'espère avoir à peu près retracé ce qu'Anne-Marie nous a conté... Il est vrai que cette fois-ci j'aurais pu prendre des notes puisque je n'ai pas fait de photos - le sujet ne s'y prêtant pas - mais le courage me manquait et puis... j'ai toujours le secours de mon ami internet !

    Merci à Anne-Marie de nous avoir rendus un peu moins ignares. J'ai beaucoup appris en une après-midi et... quelques heures de recherches !


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  • C'est la rentrée des "Petites promenades dans Paris", l'atelier qu'anime Anne-Marie à Générations 13. Celle-ci nous convie aujourd'hui à un promenade autour du Parc Monceau situé non loin de l'Etoile.

    La sortie s'annonce agréable car le beau temps est au rendez-vous et nous ne sommes pas trop nombreuses (comme très souvent lors de ces visites, seules les femmes arpentent le pavé !).

    Anne-Marie fait en effet en sorte de dédoubler ses sorties afin de les rendre plus agréables.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    La plaine-Monceau(x) tire son nom d'une petite butte (ou de plusieurs d'où le x) où se situait un lieu-dit tirant son nom soit de "Mons Calvus" (mont chauve, désert), soit de "Monticellum" (petit mont), soit de "Muscelli", (terrain couvert de mousse), tous noms qui formèrent "Mousseaux", "Monceaux", puis "Monceau".

    Anne-Marie nous explique que nous sommes ici sur l'ancien terrain que le duc de Chartres (Philippe Egalité après 1792) avait acheté pour s'y faire construire une folie.

    Remise des clefs au duc de Chartres par Louis Carmontelle, l'architecte et le paysagiste du domaine édifié entre 1769 et 1773.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Tout à côté, l'une des entrées du parc : la barrière de Chartres, du nom du duc.

    Il s'agit d'une rotonde construite par Claude-Nicolas Ledoux qui constituait l'un des quatre pavillons d'octroi de l'enceinte des Fermiers généraux. 

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Le mur des fermiers généraux (en bleu sur la carte) a été construit juste avant la Révolution entre 1784 et 1790. On voit bien ici la situation du Parc Monceau et la séparation entre les communes voisines de Monceau et des Batignolles matérialisée par la ligne de chemin de fer du Havre (en vert) qui conduisait à Saint-Germain-en-Laye.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Empruntant la rue Georges Berger, nous voici arrivés sur la place du Général-Catroux où se trouve un superbe hôtel particulier, l'Hôtel Gaillard, construit entre 1878 et 1882 par l'architecte Jules Février pour abriter les collections d'art du banquier Emile Gaillard.

    Le bâtiment a la forme d'un U comme le montre la photo ci-dessous.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Voici à quoi ressemblait à l'époque la salle des coffres qui se développe sur deux niveaux : protégée par des douves en eau et accessible par un pont roulant, ce lieu secret était l'un des endroits les plus singuliers de Paris.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Balcons et pinacles en dentelle de pierre, clochetons en ardoise et fonte ajourée, nous sommes ici en présence du style néo-gothique/néo-Renaissance.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    La façade fait alterner la pierre et la brique en y mêlant harmonieusement une alternance de couleurs rouge et noire.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Les fenêtres "à meneaux" sont ornées d'animaux fantastiques ou de figues humaines.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Le portail d'entrée est également décoré de deux marmousets.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Celui de gauche représente l'architecte et ses instruments,

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    tandis que celui de droite évoque le banquier avec sa bourse.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Les travaux de restauration de l'hôtel (commencés en 2015) devraient se terminer dans l'année. La Banque de France à laquelle appartient le bâtiment a pour projet d'en faire la Cité de l'économie et de la monnaie : un futur Musée pédagogique visant à à rendre la culture économique accessible à tous. C'est Yvonne qui va être contente !

    C'est Marc Strauss-Kahn, le frère de l'autre..., qui est à l'origine de ce projet.

    La statue de Sarah Bernhardt, située devant l'Hôtel, était encapuchonnée en raison des travaux.

    La voici grâce à Wikipédia : la fameuse comédienne est ici représentée en Phèdre.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

     Trois autres monuments sur la place, autrefois surnommée "la place des Trois Dumas".

    Voici celui honorant la mémoire d'Alexandre Dumas fils (le père de la Dame aux Camélias), érigé en 1906 par René de Saint-Marceaux. L'écrivain est ici, au milieu d'un superbe parterre de fleurs, entouré de muses dansantes.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Le monument au Général Alexandre Dumas (par Alphonse de Perrin de Moncel), le grand-père du précédent, ancien esclave, a disparu en 1943 (il a été fondu par les collaborateurs sous le gouvernement de Vichy).

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    En remplacement, se trouve une sculpture moderne "Fers" évoquant l'esclavage. Oeuvre de Driss Sans-Arcidet, elle représente deux fers d'esclaves de 2,6 tonnes chacun et 5 mètres de haut, dont les chaînes se sont rompues.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Enfin, un troisième monument aux Dumas a été érigé sur cette place : c'est celui rendant hommage au grand Alexandre Dumas, celui des "Trois mousquetaires".

    Tandis que l'écrivain trône en haut du monument, habillé d'une simple robe de chambre et la plume à la main, attributs traditionnels du génie littéraire en action, un groupe de lecteurs feuilletant l'un de ses livres est représenté en partie basse.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    De l'autre côté du monument se trouve D'Artagnan, l'épée hors du fourreau.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Une plaque rappelle le nom des principales oeuvres de l'auteur : Les trois mousquetaires, Vingt ans après, Le comte de Monte-Cristo, Le vicomte de Bragelone. Il s'agit de l'ultime création de Gustave Doré.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Avant de quitter la place, un coup d'oeil sur ce bel immeuble néo-gothique doté de balcons de pierre sculptés.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    A noter, sous le balcon, la présence de jolis médaillons.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

     Au 43 de l'avenue de Villiers se trouve le Musée Jean-Jacques Henner. Le musée est l'un des reres témoignages accessibles au public de l'architecture privée sous la IIIème République. Il s'agissait en effet de la demeure et de l'atelier du peintre Guilluame Dubufe (neveu de Charles Gounod) qui l'avait acheté en 1878.

    Possédant la plus importante collection d'oeuvres de Jean-Jacques Henner existante, le musée présente une sélection représentative des différentes périodes de la vie de l'artiste, de sa jeunesse en Alsace à ses dernières années en passant par son séjour à la Villa Médicis.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Sa dernière oeuvre, un Atala, est restée inachevée à son décès en 1905.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Nous avons maintenant rejoint la rue Fortuny : ici, on ne sait pas où donner de la tête tant elle constitue à elle seule un vrai musée à ciel ouvert. Prix moyen au m² d'un appartement : 10700 euros, d'une maison : 12200 euros (source Meilleurs Agents).

    La rue a été ouverte en 1876 sur des terrains appartenant au peintre animalier Louis-Godefroy Jadin, chroniqueur des scènes de chasse de Napoléon III. 

    Au N°35 un Hôtel particulier où habita Sarah Bernardt. Il a été acheté en 2012 par Dominique de Villepin : moralité, la politique, ça paye bien !

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

     Détail de la gouttière

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

     Une participante à la promenade m'a fait remarquer les petits rats qui courent le long de la façade...

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Voici la façade néo-Renaissance du N°42 : elle est très largement vitrée car c'était l'Hôtel du maître-verrier Joseph-Albert Ponsin (il pouvait y exercer son activité professionnelle et y exposer ses oeuvres) construit par Boland en 1879.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Sur le fronton du porche, les instruments de dessin du maître-verrier.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Ces cariatides encadraient à l'époque l'une des verrières de Ponsin.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Le médaillon (difficile à photographier...) situé en haut de l'Hôtel est un hommage à Bernard Palissy, grand précurseur des émaux et des faïences.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    C'est au 27 rue Fortuny qu'habitait "La belle Otero", l'une des plus célèbres courtisanes de la Belle Epoque.

    Elle possédait un véritable talent de danseuse, cultivé depuis son plus jeune âge. Caroline Otero, née d'une mère gitane et de père inconnu, vit en effet une enfance et une adolescence marquées par la misère et la violence ; pour oublier ses peines et subvenir à ses besoins, elle danse dans les rues et les auberges, puis dans les petits cabarets, en Espagne et au Portugal.

    Elle séduisit des rois (Edouard VII, Léopold II), des aristocrates russes ou britanniques (le duc de Westminster, le grand-duc Nicolas), des financiers, des écrivains (Gabriele d'Annunzio), des ministres (Aristide Briand)...

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    La façade, très lumineuse, est composée de trois travées décorées de carreaux en céramique turquoise.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Au N°21 encore un Hôtel néo-Renaissance en brique et pierre. De jolies colonnes doriques encadrent ses fenêtres au premier étage.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    La corniche (à consoles et coquilles) sous le toit est surmontée de hautes lucarnes sculptées. On peut déplorer la présence de Velux dans la toiture mais après tout il faut bien vivre avec son temps...

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Un des plus curieux Hôtels de la rue se situe au N°9. Il est construit dans le style éclectique et fait référence aux périodes médiévale, Renaissance et XVIIIème tout en utilisant des techniques décoratives (céramique, terre cuite, briques) contemporaines.

    Une vraie merveille !

    Pour l'anecdote, j'ai lu que la Région allait revendre cet immeuble (de 1150 m²) loué à très bas prix (300 euros la semaine) depuis 2012 à la Société de production de l'acteur Albert Dupontel...

    Il n'a pas mauvais goût l'Albert !

    Anne-Marie me signale que Dupontel et la rue Fortuny, c'est une longue histoire : il y a tourné une partie du film "Neuf mois ferme" avec Sandrine Kiberlain.

    Le site abrite aujourd'hui une école professionnelle d'esthétique et de couture.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Le deuxième étage dispose d'une loggia. Une grande frise en faïence (créée par le céramiste Jules Loebnitz) forme une ligne turquoise et rouge.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    On y trouve aussi un très bel oriel dont la toiture est pourvue de décorations en fonte découpée.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Alors là, on change drastiquement de style pour cet Hôtel particulier situé au N°8 de la même rue : une maison en colombages, c'est déjà rare à Paris mais toute blanche de surcroît c'est même rare en province !

    Il s'agit ici du style Troubadour qui consiste à recréer au XIXème siècle l’atmosphère moyenâgeuse.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    La sobriété de l'immeuble n'est qu'apparente car elle recèle nombre de sculptures en pierre très délicates à commencer par l'encadrement de la porte cochère.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    La signature des architectes, Alfred Boland et Auguste Latapy , est insérée entre deux sculptures très fines.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Au N°9 de la rue Médéric voisine, l'église suédoise de Paris : il s'agit d'une église de confession protestante dont la paroisse a été fondée en 1626. L'église de construction typiquement suédoise est en briques rouges. Elle est connue pour son fameux Marché de Noël durant le week-end du 6 décembre.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Son porche d'entrée a retenu mon attention : il est fait de belles mosaïques multicolores.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Le N°85 de la rue de Courcelles présente un très bel immeuble Art Nouveau. Il est l'oeuvre de l'architecte Chesnay et date de 1908. Tout l'effort de décoration a été porté sur les 4ème et 5ème étages  : c'est en effet à ces niveaux que se situent des loggias aux colonnes recouvertes de céramique. Ces dernières sont ornées en partie basse de fines sculptures en bas-relief.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    C'est dans la rue Daru que se situe l'église russe de Paris, la Cathédrale Saint-Alexandre-Nevski. En face, un restaurant russe "A la ville de Petrograd" est à vendre... Les critiques sur le net ne sont guère élogieuses, dommage !

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Les relations entre la France et la Russie remontent au XIème siècle au temps où Anne de Kiev épouse Henri Ier, roi de France, mais il faudra attendre le décret du tsar Alexandre Ier en 1816 pour qu'existe de façon ininterrompue une église russe à Paris.

    Au XIXème siècle la population russe ne cesse d'augmenter à Paris et c'est Napoléon III qui donne l'aval final à sa construction qui a été l'affaire de tous : orthodoxes de Russie et de Paris, mais aussi protestants et catholiques, jusqu'au tsar Alexandre II qui donne, sur sa cassette personnelle, 150.000 francs or. Consacrée en 1861, cette cathédrale est destinée non seulement aux russes mais à toute la communauté orthodoxe de Paris.

    L'église est en pierres de taille blanches, dans le style russo-byzantin. Les architectes, les iconographes et les artistes du tsar qui y ont travaillé se sont inspirés des documents établis à l'occasion des grands travaux de restauration en 1847 de la basilique Sainte-Sophie de Constantinople, ce qui explique l'appellation "russo-byzantin" du style.

    L'église a une forme de croix grecque et est surmontée de pyramides de pierre surmontées de bulbes dorés à l'or fin. (Photo Wikimedia)

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Je n'ai trouvé qu'une photo sur le net de son intérieur (l'étage haut que nous avons pu voir mais qui est interdit aux photos). Nous ne sommes pas restées très longtemps à l'intérieur car il y avait un baptême... L'église possède aussi une crypte.

    Photo mathieulustrerie.com

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Voici à nouveau les belles grilles du parc qui se profilent : nous sommes ici dans la rue Alfred de Vigny.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Au N°10 de la rue, se trouve l'Hôtel Emile Pereire (vous savez, les frères Pereire qui furent de sacrés promoteurs immobiliers en lotissant les terrains qu'ils avaient rachetés à la ville de Paris) où s'est établie en 1975 la Fondation Simone et Cino Del Duca (mécénat dans le domaine des arts, des lettres et des sciences). Evidemment, l'autre façade donne sur le parc...

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    Quant au N°8, il abrite l'Hôtel Henri Menier, une grande demeure construite dans le style néo-gothique/néo-Renaissance, pour l'un des fils d'Emile-Justin Menier, l'inventeur de la célèbre tablette de chocolat.

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    L'Hôtel a été construit en 1880 par l'architecte Henri Parent.

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    On aperçoit ici, depuis la Fondation Simone et Cino Del Duca, la jolie corniche de pierre sculptée qui orne la partie arrière de l'Hôtel donnant sur le N°5 de l'avenue Van Dick et les fenêtres à meneaux qu'elle encadre.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Il faut faire le tour et entrer dans le parc (attention les yeux, ça brille !),

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    pour pouvoir voir l'autre côté.

    Waoouuuh... !

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    J'ai oublié le nom de cet autre Hôtel particulier qui est son voisin mais il a aussi fière allure.

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    Rue Murillo : au N°19 un immeuble de briques et pierre décoré de quatre médaillons en céramique peinte représentant de gauche à droite Michel-Ange, Murillo, Raphaël et Rubens. Mais pourquoi avoir perché si haut de si jolis portraits... ?

    Heureusement qu'Anne-Marie était là pour nous les signaler.

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    Michel-Ange

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    Murillo

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    Raphaël

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    Rubens

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    Nous terminons cette superbe balade par un petit tour dans le Parc Monceau qui est agrémenté de statues en marbre d'écrivains et de musiciens.

    Des bancs récupérateurs pour écouter les explications d'Anne-Marie

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

    Voici le monument à Charles Gounod : le buste du compositeur est accompagné de statues d'héroïnes de ses oeuvres. 

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    Alfred de Musset est ici accompagné d'une muse. La sculpture a été commencée par Falguière et terminée par Antonin Mercié.

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    Un joli monument en hommage à Frédéric Chopin représenté ici au piano avec à ses pieds Jenny Lind, la soprano la plus célèbre de toute l'Europe.

    Balade architecturale autour du Parc Monceau avec Générations 13

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    Monument à Guy de Maupassant

    L'élégante accoudée au pied du monument à Guy de Maupassant incarne à la fois l'héroïne du roman "Fort comme la mort", paru en 1889, et une lectrice anonyme, pensive à l'évocation des vies gâchées et des destins brisés décrits dans les ouvrages de l'auteur.

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    Le bassin de la Naumachie

    Ces colonnes sont le vestige du monument funéraire qu'avait imaginé Catherine de Médicis pour son époux Henri II. Placé à l'extérieur de la Basilique de Saint Denis, l’ensemble inachevé sera démonté en 1719 avant d’être récupéré par Philippe Egalité, au fait de son délire baroque pour sa “Folie de Chartres”. A la mort de celui ci en 1793, l’endroit sera réquisitionné par l’état. Alphand choisira de préserver l’ouvrage lors de la création du parc en 1861.

    Le nom de Naumachie renvoie aux bassins accueillant des combats navals dans l’Antiquité.

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    L'ancien Hôtel de ville de Paris construit sous François Ier a été incendié pendant la semaine sanglante de la Commune en 1871. Il a été reconstruit en 1882.

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    Voici l'une de ses arcades qui proviendrait sans doute du rez-de-chaussée de la façade principale.

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    Il faudrait passer plus de temps dans le parc Monceau pour le connaître à fond : ce sera pour une autre fois...

    Mine de rien nous avons fait du chemin (6 kms environ) : en voici le trajet.

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    Merci à Anne-Marie pour la préparation qu'elle a faite de cette balade architecturale qui a enchanté, je crois, toutes les participantes. 

    Fin de cette jolie balade

     


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  • Anne-Marie, pour la visite du quartier Picpus, nous avait donné rendez-vous ce vendredi là au métro Bel-Air. Comme vous pouvez le constater, le beau temps était une nouvelle fois au rendez-vous.

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    Empruntant la rue Santerre, nous longeons l'Hôpital Rothschild

    Un premier hôpital est fondé au XIXe siècle par le baron James de Rothschild, au n° 76 de la rue de Picpus auquel est adjoint un hospice pour les personnes âgées. Il a pour vocation de soigner les personnes de confession juive. Entre 1912 et 1914, un nouvel hôpital est construit à l’initiative du baron Edmond de Rothschild (1845-1934) avec la même vocation.

    L'architecte en est Lucien Bechmann (1880-1968) : il travaille en collaboration avec le médecin-chef et décide ainsi d’édifier de petites unités autonomes, afin de maintenir l’isolement des malades et de limiter les risques de contagion.

    Visite du quartier Picpus avec Générations 13

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    L'extension de l'hôpital a été construite en parements de briques et en pierre pour rappeler l'architecture de l'ancien hôpital. Celui-ci est devenu aujourd’hui l’hôpital parisien de référence du handicap, des besoins du grand âge et de l’odontologie.

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    Nous voici maintenant dans la rue de Picpus, voisine. Il y a plusieurs hypothèses sur l'origine du nom de cet ancien village dont l'orthographe varie. On trouve ainsi : Picpus, Piquepuce, Piquepus, Picpuce, Picpusse... 

    Plusieurs historiens ont donné au nom du village de Pique-Puce une étymologie qui n'est pas du tout garantie mais qui est amusante.

    Un mal épidémique se manifesta dans les environs de Paris, vers le milieu du XVIème siècle. On voyait sur les bras des enfants et des femmes de petites tumeurs rouges qui présentaient les caractères de plusieurs piqûres faites par des insectes qui s'attaquaient de préférence aux mains douces et blanches des jeunes dames. On rapporte qu'un frère du couvent de Franconville, près de Beaumont, diocèse de Beauvais, avait été envoyé à cette époque par ses supérieurs à l'effet de chercher un emplacement convenable pour établir une seconde maison de leur ordre près de la capitale. On ajoute que le frère était jeune, d'une figure très agréable, et qu'il avait même quelques connaissances médicales. Un jour il se présenta chez une jeune abbesse qui souffrait de l'épidémie, appliqua sur le bras quelques gouttes d'une liqueur parfumée ; le lendemain, la guérison était complète. On cria au miracle... Le nouveau docteur devint à la mode, se fixa dans ce village, qui prit le nom de pique-puce. puis fit venir quelques années après plusieurs religieux qui formèrent bientôt un nouvel établissement.

    Le grand chemin qui traversait le village fut nommé "rue de Picpus".

    Au N°35 se trouve l'entrée du cimetière de Picpus : sur le mur, une plaque rappelle les événements tragiques qui s'y sont déroulés.

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    A la Révolution, la guillotine qui était installée initialement sur la Place de la Révolution (ancienne Place Louis XV et actuelle Place de la Concorde) a été déplacée au moment de la Grande Terreur (due aux Montagnards sous l'impulsion de Robespierre) sur la Place du Trône Renversé (actuelle Place de l'île de la Réunion près de la Place de la Nation) car les riverains se plaignaient du spectacle qu'offrait la vue des charrettes pleines de cadavres montant au cimetière des Errancis.

    A nouveau lieu, nouveau cimetière : ce fut celui de Picpus.

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    La guillotine sur la Place de la Révolution : la statue de Louis XV a été déboulonnée de son piédestal...

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    En entrant dans la cour où se trouve la loge du gardien du cimetière - on entre ici moyennant une obole de 2 euros quand on est un groupe -, on se trouve tout de suite face à la chapelle Notre-Dame-de-la-Paix qui rend hommage aux guillotinés.

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    Devant la chapelle, un vieux puits : il fait, nous a dit le gardien, 30 mètres de profondeur.

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    C'est la pleine époque des roses...

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    Passée la lourde porte en fer, on débouche sur un vaste espace joliment arboré.

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    De l'autre côté du jardin, une superbe allée d'arbres pleureurs.

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    C'est là qu'Anne-Marie nous explique l'histoire du cimetière.

    Il s'agit d'un cimetière privé situé sur le domaine de l'ancien couvent des chanoinesses de Saint-Augustin (installé en 1640 par Louis XIII), chanoinesses qui en avaient été chassées deux ans plus tôt par la Révolution. Trois fosses communes vont être creusées ici et les corps décapités y seront jetés : nobles, nonnes, marchands, soldats, artisans, ouvriers, aubergistes, etc... indistinctement.

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    Le portail d'entrée donne accès à l'espace des fosses communes.

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    A droite du portail, une plaque

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    Dans l'espace des fosses communes, sur la plaque de verre, sont inscrits ces simples mots : "Fosse N°2 - 304 martyrs décapités Place du Trône en juin 1794 reposent ici dans l'attente de la Résurrection."

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    La tombe de Gilbert du Motier, plus connu sous le nom de Marquis de La Fayette, se trouve juste à côté du portail donnant accès aux fosses communes.

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    C'était en effet son souhait d'être enterré aux côtés des ancêtres de sa femme, née Adrienne de Noailles, guillotinés en 1794.

    Son cercueil est recouvert avec la terre qu'il a ramenée de Brandywine, dans le Maryland. Un drapeau américain, qui flotte en permanence au-dessus de sa tombe, est renouvelé tous les 4 juillet, date anniversaire de l'Indépendance des États-Unis. L'ambassadeur des États-Unis vient lui rendre hommage ainsi que des représentants de la Ville de Paris, du Sénat et des communautés d'amitié du "héros des deux Mondes".

    Selon la légende, durant l'Occupation, les Allemands ont laissé le drapeau américain flotter au-dessus de sa tombe, malgré leur état de guerre avec les États-Unis...

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    Bien d'autres personnes sont aussi enterrées ici, descendantes des victimes de la Révolution.

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    Retour vers la Chapelle

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    toujours parmi les roses...

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    L'intérieur de la Chapelle est très sobre.

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    Dans le choeur, un beau Christ en bois sculpté.

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    Les deux bras du transept sont réservés à la mémoire des 1306 victimes de la Terreur.

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    Cliquez sur l'image pour l'agrandir et voir les origines diverses des victimes,

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     tandis qu'une statue de Notre-Dame de la Paix est déposée dans un petit oratoire voisin.

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    Cette statue en bois brun foncé, haute de 33 cms, finement sculptée dans le style de la Renaissance, date du XVIème siècle (1530 plus précisément). Elle faisait partie du patrimoine de la famille de Joyeuse établie dans le Languedoc. Elle sera une des Madones les plus vénérées de Paris jusqu'à la Révolution.

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    Non loin de là, le bâtiment de l'Office national des forêts fait l'angle entre la rue de Picpus et l'avenue de Saint-Mandé.

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     Le groupe y fait une petite halte...

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    le temps pour Anne-Marie de se repérer et de nous conter la suite.

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    Dans l'avenue du Bel Air - quel beau nom ! - de jolis immeubles : celui-ci se trouve au N°13.

    Dans son Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, Félix Lazare indique que l'avenue du Bel-Air porte ce nom parce que « sa position un peu élevée et découverte lui a fait donner le nom qu'elle porte ».

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    et celui-là au N°17 : l'architecte en est Jean Falp.

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    Superbe décor Art Nouveau pour cette porte cochère

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    Regardez comme les balcons en fer forgé sont joliment galbés...

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    On change de rue : nous voici maintenant rue Fabre d'Eglantine au sein de laquelle j'ai vécu les quinze premières années de ma vie...

    Pas vilain non plus cet immeuble (du N°7 bis), surtout avec la végétation que les habitants y ont plantée...

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    Un peu plus loin, au N°9, un immeuble construit en 1896 par l'architecte G. Lobbée en style éclectique : il possède une façade en briques et pierres rappelant le style Louis XIII, tandis que la riche décoration est nettement néogothique.

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    Le rez-de-chaussée en pierre de taille est séparé du premier étage par une étroite frise sculptée de grotesques.

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    Les fenêtres du deuxième au cinquième étage des deux travées centrales, en légère saillie, sont encadrées de motifs sculptés variés : les consoles sous le deuxième étage sont ornées d'animaux mythologiques, et leur linteau d'une tête de fou.

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    La porte d'entrée en bois qui possède une imposte en anse de panier, est percée de longues ouvertures rectangulaires à sommet trilobé, vitrées et protégées par des grilles en fer forgé. La porte est surmontée d'un tympan à arc en tiers-point, soutenu de part et d'autre de la porte par une colonne cylindrique à chapiteau à feuillage, et décoré d'un bas-relief.

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    Celui-ci représente un alchimiste méditant, un chien à ses pieds, devant une cornue en train de chauffer.

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    L'immeuble est inscrit sur la liste des « protections patrimoniales » du 12ème arrondissement.

    Personnellement, même si cet immeuble est "remarquable", je lui préfère de loin celui de l'Avenue du Bel-Air en style Art Nouveau.

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    Encore un immeuble construit par Jean Falp, à l'angle de la rue Dorian et de la rue de Picpus.

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    Etrange, cet étage mansardé crénelé...

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    Au N°15 de la même rue, l'architecte de l'Art Nouveau a encore frappé ! C'est un nom que je vais essayer de retenir mais... je ne promets rien.

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    Toujours rue Dorian, au N°7

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    Nous voici arrivés à l'Ecole Boule (école supérieure qui dispense des formations aux métiers de l'art, du design et des techniques industrielles) : elle crèche au 6 rue Pierre Bourdin.

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    La façade en briques du bâtiment est ornée de mosaïques portant des noms propres et je me suis renseignée grâce à mon ami internet : il s'agit des noms d'ébénistes français comme Martin Carlin, Claude-Charles Saulnier, du sculpteur et orfèvre florentin Benvenuto Cellini et de l'orfèvre parisien Claude Ballin.

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    Benvenuto Cellini est aussi un Opéra d'Hector Berlioz...

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    Anne-Marie a ensuite la bonne idée de nous conduire dans le petit jardin de la Fondation Eugène Napoléon que nous avons visitée l'an dernier, qui nous offre des bancs et un peu d'ombre.

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    Elle en profite pour nous donner moult informations sur le lieu : créée par Napoléon III et son épouse, Eugénie de Montijo, pour veiller à l'éducation des enfants pauvres.

    Cliquer ICI pour relire mon laïus de l'époque.

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    La voici qui nous montre "L'affiche rouge" : il s'agit d'une affiche de propagande placardée en France à plus de 15 000 exemplaires par le régime de Vichy et l'occupant allemand, dans le contexte de la condamnation à mort de 23 membres du Groupe Manouchian (Francs-Tireurs et Partisans - Main-d'Oeuvre Immigrée (FTP-MOI), résistants de la région parisienne. Ils seront fusillés le 21 février 1944.

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    Elle est rouge car cette couleur représente le sang et la mort.

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    En effet, Marcel Rayman, l'un d'entre eux, a habité non loin d'ici, au N°1 de la rue des Immeubles Industriels.

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    La dite rue donnant sur la rue du Faubourg Saint-Antoine, porte bien son nom : elle est entièrement constituée de petits immeubles de trois étages seulement, tous identiques les uns aux autres. Le rez-de-chaussée et l'entresol étaient autrefois utilisés comme ateliers par les artisans du meuble, le reste consistait en des appartements qui bénéficiaient d'un très bon confort pour l'époque : gaz, eau chaude et eau froide.

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    Une machine à vapeur de 200 chevaux située au sous-sol d'un immeuble au milieu de la rue, fournissait l'énergie, distribuée par arbres, aux 230 ateliers qui occupaient jusqu'à 2 000 personnes. Les deux côtés de la rue étaient desservis grâce à un tunnel.

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     Nous terminerons notre petite randonnée par la Place de la Nation : en son centre, une magnifique sculpture d'Eugène Dalou représentant le Triomphe de la République.

    Debout sur un char tiré par deux lions, symboles de la force populaire, et conduit par le Génie de la Liberté éclairant la route de son flambeau, la République est entourée des allégories du Travail (le forgeron, un marteau sur l'épaule), de la Justice (une femme tenant un manteau d'hermine et la main de justice), et de la Paix (dite aussi l'Abondance, répandant des fleurs).

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    Le Génie de la Liberté chevauchant un lion

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    L'allégorie du Travail

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    Au fond de la Place, se trouve l'ancienne barrière d'octroi de l'enceinte des Fermiers Généraux, construite en 1787 sur les plans de l'architecte Claude Nicolas Ledoux. Elle comportait deux guérites encadrant une grille d'environ 60 mètres et servant de piédestal à deux colonnes de 28 mètres de haut. Seule, la grille a disparu. Les guérites sont maintenant occupées par des logements sociaux.

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    En haut des deux colonnes, deux Rois très différents : Louis IX (plus connu sous le vocable de
    Saint-Louis) et Philippe Auguste.

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    En bas des colonnes, le blason de Paris

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    Du temps de Nicolas Ledoux, les statues des deux rois n'étaient pas présentes : elles n'ont été ajoutées qu'en 1845.

    Philippe Auguste, épée levée est un roi combattant.

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    Saint-Louis, très pieux, par contre est représenté épée baissée...

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    Notre promenade s'achève par un pot au "Dalou", une brasserie qui fait l'angle de l'avenue du Trône et de la place de la Nation. Une plaque est apposée près du bar sur laquelle on peut lire que la première bouteille de champagne a été débouchée ici même pour fêter l'arrivée de la 2ème DB en août 1944.

     

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    Merci Anne-Marie pour cet accompagnement très instructif.


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