• En cette belle après-midi ensoleillée du mois de mai, je me suis rendue au métro Cité où Anne-Marie Guérin nous avait donné rendez-vous, dans le cadre de ses "Petites promenades dans Paris", pour une visite de l'ancien Palais de Justice.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Nous étions une quinzaine à nous y retrouver.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    En attendant les derniers inscrits, un petit tour dans le marché au fleurs voisin

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    C'est la saison des hortensias : ceux-ci, à fleurs plates, sont très originaux.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Annie nous dirait sûrement quelles sont ces fleurs qui m'ont tapé dans l’œil...

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Dès le départ très intéressée par cette visite, j'ai été plus que comblée par celle que nous a proposée Bernadette Verdeil, la guide-conférencière choisie par M. Obel (de l'Association Art et Histoire) qui, extrêmement agréable, n'a pas été avare de son temps pour nous faire découvrir ce lieu chargé d'histoire.

    La voici qui rejoint le groupe au niveau de la rue de Lutèce.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Elle nous montre ici un plan de l'ensemble des bâtiments du Palais où l'on voit bien la partie récupérée par le Tribunal de Cassation depuis le déménagement de certaines des instances du Palais au sein du nouveau bâtiment construit par Renzo Piano aux Batignolles.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    La Sainte-Chapelle est actuellement encastrée dans les bâtiments du Palais de Justice qui forment un angle en retour.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Ce n'était pas le cas au XVIIème siècle comme le montre cette gravure.

    Édifiée par Saint-Louis pour servir d'écrin aux reliques rapportées des croisades par le Roi en 1239, elle est devenue un musée qu'il faut absolument visiter, quoiqu'en soit la file d'attente quotidienne, car c'est une vraie merveille.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Pour l'anecdote, Bernadette nous explique que si l'achat des reliques coûta 135.000 livres tournois (l'équivalent de 3 millions d'euros) au roi, il lui en coûta 100.000 pour faire fabriquer la châsse et seulement 40.000 pour la construction la Sainte-Chapelle...

    Nous étant approchés du Boulevard du Palais, nous voici devant les grilles dorées qui ceignent la cour du Mai (ainsi nommée parce que les Clercs du Palais y plantaient avant la Révolution, chaque année au moi de mai, un arbre de cinquante pieds de haut - d'environ 15 mètres - chargé de fleurs et d'écussons, l'occasion d'une grande fête).

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Le portail central est surmonté d'un fronton doré portant la couronne et les fleurs de lys de la Royauté tandis que, de chaque côté, des faisceaux de licteurs arborent les deux symboles des sentences appliquées autrefois aux justiciables : la hache (pour la décapitation) et les verges (pour la flagellation).

    Dans la Rome antique, les licteurs étaient chargés de protéger les magistrats ainsi que d'appliquer leurs sentences.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Bernadette nous entraîne ensuite vers la tour de l'Horloge située à l'angle du boulevard du Palais et du quai de l'Horloge. La plus ancienne horloge publique de Paris a été commandée en 1370 par Charles V à un horloger lorrain, Henri de Vic.

    Les arbres qui bordent le boulevard du Palais empêchent parfois l'été certains de la remarquer, ce qui est dommage car elle est absolument magnifique.

     Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Sur un fond de manteau royal bleu azur fleurdelisé, on remarque dans la partie haute deux angelots qui tiennent un bouclier portant deux blasons : l'un de la Couronne de France et l'autre de celle de la Pologne (Henri III était souverain de ces deux états).

    En-dessous, une inscription en latin peut être traduite ainsi : « Celui qui lui a déjà donné deux couronnes lui en donnera une troisième ».

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Le cadran doré date de 1585. Dans sa partie basse, deux statuettes : la Loi à gauche (avec sceptre, tablette et faisceau de licteur) et la Justice à droite (avec balance et épée).

    L'inscription en latin peut se traduire par : « Cette machine qui fait aux heures douze parts si justes enseigne à protéger la Justice et à défendre les lois ».

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Tournant le dos à la tour de l'Horloge et à son lanternon,

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    nous longeons maintenant le quai de l'Horloge en direction de l'entrée de la Cour de cassation. C'est par là (le clou de la visite, selon notre guide...) que nous allons commencer la visite du Palais de Justice.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Voici les tours jumelles (eh oui, nous en avons aussi !) : la tour de César (ainsi nommée parce que bâtie sur des fondations romaines) et la tour d'Argent (où était conservé le trésor de la Couronne).

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Tout au bout du Palais, la tour Bonbec (ou Bon-bec) : c'est en son sein que se tenait la "Question" obligeant les suppliciés à parler...

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Bernadette possède une riche iconographie : cette image montre qu'autrefois le Palais des rois de France était ceint de murailles au pied desquelles se trouvait le Jardin du Roi.

    Le Mois de juin, calendrier des Très Riches Heures - à Paris, 1414-1416, Frères Limbourg, (Chantilly, Musée Condé)

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Voici le fronton marquant l'entrée de la Cour de cassation au numéro 5 du quai de l'Horloge.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Après contrôle (au moyen d'un portique), le groupe s'arrête au pied de l'escalier d'Honneur.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Bernadette nous fait remarquer la belle rampe en fer forgé et la tapisserie des Gobelins (d'après un carton de François Boucher).

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Adorables ces petits anges, si caractéristiques de la peinture de l'artiste...

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Nous montons au premier étage...
    (Photo empruntée au site de la Cour de Cassation)

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Le couloir d'accès à la Chambre du Conseil

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Bernadette va alors nous expliquer par le menu
    le fonctionnement de la justice en France.

    Il y a trois niveaux de jugements : le Premier jugement qui juge les litiges "simples" et les crimes, l'Appel (au cas où la partie civile ou la partie adverse contestent le premier jugement) et le Pourvoi en cassation (la Cour de cassation ne rejuge pas l'affaire mais vérifie que le jugement est bien conforme à la loi).

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Au fond de la pièce, un buste d'Athéna symbolise la Justice.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Astucieux, ces petits tiroirs qui permettent de loger le matériel numérique des magistrats...

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Bernadette nous montre aussi les décorations de la pièce avec, en particulier, les fresques murales représentant les différents Parlements (de Paris et des provinces). Elles ont été peintes d'après des dessins d'Albert Girard (1884).

    Il faut savoir que les Parlements ont été supprimés à la Révolution.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Le Parlement de Paris dans l'île de la Cité au XVème siècle

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    On y voit Notre-Dame et les ponts de Paris alors couverts d'habitations.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Comme je suis attachée à la Bourgogne, j'ai photographié son Parlement !

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    De plus près...
    (Photo du site de la Cour de cassation)

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Mes racines étant normandes, voici celui de Rouen.
    (Photo du site de la Cour de cassation)

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Le plafond de cette Chambre est aussi remarquable avec, en son centre, les tables de la Loi portant les lettres JVS (Jus en latin : le droit) dans un soleil rayonnant.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Bernadette nous a aussi montré au plafond ce cartouche avec un bouclier portant un serpent en son centre (signe de la force sûrement) flanqué d'une main de Justice.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13 

    La main de Justice est un insigne du pouvoir royal en France utilisé depuis le XIIIème siècle lors du sacre. Symbole de l'autorité judiciaire, Il consiste en un sceptre terminé par une main dont les trois premiers doigts sont ouverts.

    Sceptre et main de Justice de Charles V

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Sur cet autre cartouche, un lion - autre signe de puissance - et un glaive, autre emblème de la Justice.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Nous rejoignons ensuite une autre pièce de cette prestigieuse institution qu'est la Justice, la Grande-Chambre aux dimensions impressionnantes : 23 m sur 13 m et  9 m 50 de hauteur.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Le plafond attire le regard : plus chargé que ça tu meurs !
    Quand on parle des "ors de la République"...

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Au fond, une tapisserie des Gobelins dans un cadre doré intitulée "La France" sur un carton de Georges Rouget (1825)

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Au centre du plafond, une très belle peinture commandée à Paul Baudry qui travailla aussi à la décoration du Foyer de l'Opéra. Elle représente "La glorification de la loi".

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    De plus près...
    (photo du site de la Cour de cassation)

    La grande figure assise sur le piédestal à l’ombre des plis flottants de l’étendard national, représente la Loi. Au-dessus d’elle, deux figures allégoriques brandissent les attributs de la justice (main de justice, balance et glaive). A gauche du socle, l’Autorité s’appuie sur la hampe du drapeau, tandis que la jurisprudence lève un regard soumis vers la Loi qui lui intime une directive. Sur la droite, un magistrat en grand costume exprime le respect de la Cour en retirant sa toque. A ses pieds règnent la Paix et la Concorde.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Aux angles, quatre médaillons représentent les souverains qui ont marqué l'histoire du droit : ici, Charlemagne voisine avec une horloge assez remarquable.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Photo du site de la Cour de cassation

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Ici, Saint-Louis 

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Les sièges des magistrats...

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Nous avons dû entrer par une autre porte ?

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Le hall de la Chambre Civile présente les portraits de différents magistrats (en retraite).

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    La Galerie Saint-Louis porte ce nom en raison d'une sculpture représentant le roi Louis IX rendant la justice au pied de son chêne.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    La galerie est de style "Troubadour" : faux-plafond à caissons, colonnes peintes etc. lui donnent un petit air moyenâgeux.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Bernadette nous explique que le 1er janvier 1975 une bombe posée (par des corses il me semble me souvenir... ?) endommagea la statue qui... perdit la tête et la main droite ! Les réparations effectuées depuis ne rendent parait-il pas bien compte de ce qu'elle était auparavant.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    De part et d'autre de la statue, deux tableaux peints par Luc Olivier Merson entre 1876 et 1877, représentent des scènes de la vie du Roi.

    Le premier représente Louis IX punissant l'un de ses sujets, Enguerrand IV de Coucy (accusé d'avoir fait pendre sans jugement trois jeunes flamands qui avaient chassé sur ses terres)

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Ah... là, c'est mieux, non ?
    (Photo empruntée au site de la Cour de cassation)

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Sur l'autre, on voit le jeune Louis IX qui - à l’occasion de son avènement (1227) - fait délivrer des prisonniers (signé et daté 1876). 

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Photo empruntée au site de la Cour de cassation...

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    La galerie donne sur la Chambre criminelle voisine par de larges fenêtres, ce qui donne de jolis reflets grâce aux vitraux multicolores lui faisant face. On aperçoit, grâce à ces ouvertures, le plafond doré de l'architecte Duc.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    On retrouve ici, sur un bouclier maintenu par des angelots, les emblèmes de la Justice : la main de Justice, le glaive et le mot LOI.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Voici maintenant la Chambre criminelle de la Cour de cassation : un drôle de mot me direz-vous... C'est là que sont jugées les infractions pénales (crimes, délits, contraventions)

    Comme vous le voyez, sa taille est assez réduite.  

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Le plafond doré supporte des lustres assez sobres en fer forgé qui sont d'origine.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Il me semble avoir compris qu'en haut des lustres une décoration, également en fer forgé, simule le chapeau des magistrats.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Au plafond également, un rappel de la fonction de cette Chambre avec une Pelta (bouclier des Amazones en forme de croissant) portant une main de Justice et une torche (signifiant que la Justice permet de faire la lumière sur la vérité...).

    Cette arme défensive est le symbole de la protection que garantit au peuple le maintien de l'ordre social.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Un petit résumé en images sur la Cour de cassation...

    Nous quittons l'espace dédié à la Cour de cassation en empruntant la Galerie des Prisonniers par laquelle plus aucun prévenu ne passe plus désormais. On y voit de nombreux braseros : c'est vrai que l'hiver ces grands couloirs doivent être difficiles à chauffer !

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Et maintenant, direction la Cour d'Assises

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Voici la Chambre de la Cour d'assises que l'on voit régulièrement à la télévision lors des grands procès. Cette chambre statue en Premier jugement sur les affaires pénales les plus graves que la loi qualifie de "crimes".

    Sont qualifiés de "crimes" : le viol, le meurtre (qui consiste à donner la mort volontairement) et l'assassinat (où la notion de préméditation est retenue) mais aussi les actes de torture, le vol avec l'usage d'une arme, les actes de terrorisme, le trafic de stupéfiants...

    La photo est prise ici dans la direction de l'endroit où le Président de la Cour d'Assises et ses assesseurs siègent, entourés par les jurés.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Une vue vers le fond de la salle : au premier plan, la vitrine destinée à recevoir les pièces à conviction.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    On remarque immédiatement le décor sur le mur : on peut y voir le roi Louis XIV (?) sur un "lit de justice". On appelait lit de justice dans l’ancienne monarchie une séance solennelle du Parlement où le roi siégeait sur une pile de coussins, entouré des grands du royaume et des ducs et pairs.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Bernadette nous explique le fonctionnement d'une séance de Cour d'assises : on voit juste en face les vitres blindées derrière lesquelles se trouvent les accusés.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    L'espace pour le public, derrière la grille

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    C'est dans cette urne - que nous présente notre guide - que les magistrats tirent au sort les 6 jurés (+ 3 suppléants) parmi 36 noms inscrits sur de petite plaques. Il faut avoir plus de 23 ans et moins de 70 ans pour pouvoir participer à un jury d'assises et naturellement avoir un casier judiciaire vierge.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    L'accusé (ou son avocat) peut décider de récuser 4 jurés tirés au sort (5 en appel). L'avocat général peut lui en récuser 3 (4 en appel). Les jurés récusés ne participeront pas au jury.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

     Notre dernière salle, celle des délibérés où se trouvent entassés des cartons renfermant les dossiers des affaires en cours. Le Président de la Cour, ses deux assesseurs, et les jurés s'y enferment pendant le temps nécessaire pour obtenir un vote à l'unanimité :

    Le premier vote porte sur la culpabilité ou non de l'accusé, présumé innocent jusqu'à la sentence.

    Le deuxième vote s'attache à la peine infligée et à sa durée.

    Et cela peut prendre longtemps, du coup des assesseurs vous servent le café : la Justice chouchoute les jurés, elle en a besoin...

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Nous avons eu la grande chance d'y voir passer un Président de Cour d'Assises, qui s'est rendu très disponible : nous avons pu lui poser toutes les questions qui nous venaient à l'esprit.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Trois témoignages d'anciens jurés interviewés sur France-Culture : intéressant

    Un petit résumé sur le fonctionnement de la Cour d'assises

    Nous voici maintenant dans le Vestibule de Harlay qui donne accès aux deux salles de la Cour d'assises.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Cette entrée est monumentale et doit impressionner les prévenus...

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Au centre, l’Équité est entourée de deux cariatides qui représentent les magistrats. Au-dessus, l'urne dans laquelle les jurés sont tirés au sort.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    A l'autre extrémité du Palais, voici la Salle des pas perdus : sous Philippe IV le Bel (au XIIIème) siècle il s'agissait de la plus belle salle du Palais.

    Pour l'anecdote, c'est dans cette salle que fut créée la Farce de Maître Pathelin, première pièce comique du théâtre français.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Cette grande salle possédait une charpente en bois qui brûla en 1644, suite à quoi la voûte fut reconstruite en pierre. Bernadette nous en montre le dessin.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    La charpente en bois de la Salle des pas perdus

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    L'heure tourne...

    Avant de quitter la salle des pas perdus, Bernadette nous montre ce monument à l'avocat Berryer, réputé sous la Révolution pour son éloquence.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Une petite chose amusante : on voit représentée, sous le pied de l’Éloquence, la lenteur de la Justice personnifiée par... une petite tortue !

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Nous terminons cette passionnante visite par la visite de la Grand-Chambre du Parlement de Paris (devenue sous la Révolution tribunal révolutionnaire) qui se trouve entre la tour César et la tour d'Argent, dans laquelle Marie-Antoinette fut entendue le 14 octobre 1793 et condamnée à la guillotine.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Le groupe est assis sur les sièges réservés aux magistrats, faisant face aux accusés.

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Une documentation que nous montre Bernadette : Séance royale dans la Grand-Chambre du Parlement de Paris sous Philippe d'Orléans

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    En couleurs maintenant...

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Marie-Antoinette sortant du Palais de Justice à l'issue de son procès : la charrette l'attend en haut des marches...

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Et justement, les marches les voilà !

    Visite de l'ancien Palais de Justice avec Générations13

    Un grand merci à Bernadette Verdeil pour sa gentillesse et sa disponibilité. J'ai vraiment adoré cette visite qui m'a beaucoup appris. 


    8 commentaires
  • Ce vendredi là le soleil illuminait de tous ses rayons notre bel arrondissement : Anne-Marie avait commandé le beau temps sans doute pour se faire pardonner le mauvais temps de la précédente balade ! Au programme, une balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème.

    Rendez-vous avait été donné au métro Olympiades où je me suis rendue à pied depuis chez nous. La marche, c'est bon pour la santé...

    La première oeuvre qu'elle nous montre se trouve au coin de la rue Baudricourt : elle s'intitule "Lettres" et a été peinte en 1988 par Jacques Villeglé, l'un des précurseurs de cet art urbain, également connu pour ses affiches lacérées.

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    La dalle des Olympiades où nous allons maintenant monter a été construite à l'emplacement de l'ancienne gare des Gobelins reliée à la Petite Ceinture (reconstruite en sous-sol comme le montre cette photo).

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Le village des Olympiades a été construit entre 1968 et 1975 par l'architecte Michel Holley. L'objectif du projet "Italie 13" était de transformer en profondeur certains îlots insalubres du 13ème arrondissement en faisant entrer la lumière dans les logements, d'où l'idée de construire des tours d'habitation accompagnés de commerces.

    C'est le nom de ces tours (Mexico, Sapporo, Athènes, Cortina, Tokyo, Helsinki, Rome, Squaw Valley, Anvers, Grenoble et Londres...), toutes villes ayant accueilli les Jeux Olympiques, qui a donné au quartier ce nom d'Olympiades.

    Le 13ème arrondissement possède un quartier chinois : c'est justement ici qu'il se trouve ou du moins dans les alentours de la dalle. Les toits des boutiques - qui ont étrangement un petit air de pagodes - sont là pour le rappeler...

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13 

    Le premier immeuble vers lequel nous nous dirigeons s'appelle "Grenoble" en hommage aux Jeux Olympiques d'hiver de 1968. Il possède sur sa façade toute une série de mosaïques sur le thème des jeux.

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13 

    Ici, un skieur fend la neige...

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Ici, j'en vois un autre qui se sert de ses bâtons.

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Tandis que ce dernier fait un magnifique saut à ski.

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Le ski de fond, plus "plan plan" ?

    Que nenni, il est beaucoup plus fatigant !

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    11000 habitants vivent ici sur la dalle...

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Nous voici redescendus sur le plancher des vaches avec cette fresque intitulée "Jeune femme" du 63 rue Nationale de Jorge Rodriguez-Geralda (artiste cubain élevé aux Etats-Unis) datant de 2015. Il crée principalement son travail dans des espaces urbains à grande échelle.

    Pour la petite histoire, trois projets avaient été proposés au vote des habitants du quartier (ce portrait de jeune femme, celui d'un enfant et un autre d'un homme).

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Celui qui a été retenu est le visage de la femme du peintre...

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Un peu plus loin sur la dalle, une fresque de Moussa Roumane, la louve romaine (2004) en hommage aux Jeux Olympiques de Rome sans doute.

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    et le chien de la villa d'Orphée à Pompéi. L'inscription "Cave Canem" sur l'original signifie "Prenez garde au chien".

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Sur le mur d'entrée du Stadium, Anne-Marie nous montre le pochoir de C215 représentant Céline Doumerc, basketteuse.

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Christian Guémy - c'est son nom - signe toujours ses oeuvres d'un cube contenant le code "C215". Le C correspond à son prénom, et 215 au numéro de la chambre dans laquelle il a décidé ce qu'il ferait de son avenir...

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Nous quittons les sommets pour redescendre dans l'avenue d'Ivry où des affiches publicitaires annoncent le prochain défilé du Nouvel An pour le lendemain.

    Cette année, c'est le cochon qui est à l'honneur, un signe heureux parait-il. La fontaine Wallace en arrière plan n'est pas trop de mon goût ainsi peinte en rouge mais ce n'est pas la seule à avoir perdu sa couleur d'origine plus discrète. Pourquoi le rouge ici ? La couleur de la Chine peut-être...

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Nous sommes ici juste en face du célèbre supermarché chinois : j'ai nommé Tang Frères.

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13 

    C'est ici que fleurissent les petits vendeurs à la sauvette... que j'ai photographiés de dos. 

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13 

    On peut ici faire son marché d'herbes aromatiques... 

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13 

    Nous voici presque arrivés à la Porte d'Ivry : ici se trouve la Villa d'Este, un bien grand mot si on connait celle du lac de Côme..., mais qui cache une très belle fresque de Street Art. 

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13 

    Il s'agit de la Mona Lisa d'Okuda (de son vrai nom Oscar San Miguel Erice) réalisée en 2017. Elle mesure 50 mètres de haut par 15 mètres de large.

    Avez-vous remarqué qu'on voit ses jambes... ?

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

     

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Le jardinier du square Ulysse Trélat a fait ici un clin d'oeil aux Jeux Olympiques.

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    En face du square, un immeuble en briques réhabilité après la fermeture des anciennes usines de Panhard et Levassor.

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Et nous voici arrivés à la Porte d'Ivry.

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Juste en face, une oeuvre de Didier Faustino, un artiste franco-portugais. Il s'agit d'un totem de 17 m de haut et de 1 m² à la base représentant un appartement pour célibataire.

    Son titre : 1SQMH pour One Square Meter House (2006)

    Il parait qu'il est plus beau de nuit quand il est éclairé !

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Ayant traversé le boulevard extérieur, nous voici rue Dieudonné Costes avec ce graffiti de Takt.

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Revenant sur le boulevard Masséna, Anne-Marie nous montre la fresque du brésilien Claudio Ethos intitulée "L'Automne".

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Elle a malheureusement - c'est le lot de toutes les oeuvres de Street Art - été en partie recouverte...

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    La voici comme elle était à l'origine

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Sur l'avenue de Choisy, en vue de "Metapisica" de Pantonio (de son vrai nom Antonio Correia), un artiste portugais (2014)

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    La plus haute fresque d'Europe représente un gigantesque tourbillon de poissons. Le monde animal est celui que peint le plus souvent l'artiste.

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Juste à côté, le "Héron bleuté" de Stew (2014) de la Galerie Itinerrance est la deuxième plus haute façade d'Europe jamais peinte .

    Son directeur, Medhi Ben Cheikh, œuvre pour réconcilier l’art de la rue avec celui des galeries. Il a mis en œuvre un partenariat avec Jérôme Coumet, le maire du 13ème, afin que les artistes puissent prolonger les expositions « hors les murs », et mettre des fresques au regard des passants qui souvent ne poussent jamais la porte d’un musée ou d’une galerie. 

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    En face, l'église Notre-Dame-de-Chine possède aussi des murs décorés.

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Nous passons devant des vitrines alléchantes... Ça sent le canard laqué ou le petite cochon grillé !

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Je vous l'avais dit : c'est l'année du cochon.

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13 

    Les étals regorgent de fruits plus ou moins exotiques. 

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13 

    "Le barbu" : un portrait au pochoir de C215 (2015)

    Magnifique, je trouve.

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13 

    Dans la rue Caillaux voisine, voici Tony Estanguet (champion de canoë) par C215 également (2017) malheureusement dégradé par un tag...

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13 

    Contraste d'architectures... 

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Un peu plus loin, toujours rue Caillaux, en bas d'un mur et presque hors de portée de la vue..., des pochoirs de la célèbre Miss Tic.

    D'où vient le nom Miss Tic ? C'est le personnage de la sorcière un brin diabolique nommée Miss Tick du Journal de Mickey qui inspirera directement l'artiste.

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Nous voici maintenant arrivé sur l'avenue d'Italie qui est l'objet de gros travaux (d'où de nombreuses grues) actuellement en vue de la prolongation de la ligne 14 jusqu'à l'aéroport d'Orly.

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Nous n'y restons pas heureusement puisque Anne-Marie nous emmène maintenant dans le Jardin du Moulin de la Pointe voisin où se trouve une très belle fresque de Tore, graffiti-activiste sur lequel il est très difficile d'obtenir des renseignements même sur le net.

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Photo de famille !

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Très expressifs les visages

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Au fond du jardin on débouche sur la Place des 44 enfants d'Izieu, tristement rendue célèbre pendant la deuxième guerre mondiale.

    On peut y admirer un beau tigre au pochoir par Mosko. Membre fondateur du collectif Mosko et associés, Gérard Laux commence son activité de peintre urbain en 1989 dans le quartier de la Moskowa (Paris 18ème) – d’où Mosko. 

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    ainsi qu'une fresque représentant les quatre saisons, d'un auteur non identifié.

    Ici le printemps et l'été...

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Un peu plus loin, l'automne et l'hiver

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

     Une plaque à côté de la plaque de rue rappelle le nom des 44 enfants déportés et assassinés par les nazis sous le seul prétexte qu'ils étaient juifs.

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    En direction de la Poterne des Peupliers, un pochoir de Rost

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Passage le long de la Petite Ceinture par le Jardin de la Poterne des Peupliers

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Boulevard Kellerman : Fresque en hommage à Desty Corleone du Réservoir Dogues (rappeur)

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Il y a tellement de gens dans le monde du Street Art... C'est signé V13.

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Le Jardin Charles Trénet borde la rue Brillat-Savarin (avocat, gastronome et auteur culinaire).

    C'est là que mon chemin bifurque car je suis pratiquement arrivée chez moi !

    Balade Street Art dans le sud et l'ouest du 13ème avec Générations 13

    Merci à Anne-Marie pour son accompagnement
    à la découverte du Street Art du  13ème.


    votre commentaire
  • Cet après-midi Anne-Marie Guérin avait réservé une visite guidée auprès de l'association Paris Art-et-Histoire et c'est Michèle Mazure, l'une de ses guides, qui nous a accompagnés pour une visite très exhaustive de l'ancienne abbaye royale du Val-de-Grâce. 

    Le rendez-vous était donné sur la place Alphonse Laveran, très joliment formée de deux arrondis donnant sur la rue Saint-Jacques.

    Visite guidée du Val de Grâce

    C'est tout près d'ici, au N°284 de la rue Saint-Jacques que Louise de La Vallière entra au Carmel le 21 avril 1674 : le quartier est en effet à l'époque truffé de couvents (Les Ursulines, Les Jacobins, des Bénédictins anglais, des Grands Carmes, des Carmélites de l'Incarnation).

    Visite guidée du Val de Grâce

    Devant le Val-de-Grâce, deux fontaines modernes décorent la place.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Les monogrammes de Louis XIII et d'Anne d'Autriche décorent les grilles en fer forgé.

    Visite guidée du Val de Grâce

    La façade est de style classique : colonnes à chapiteaux corinthiens, frontons triangulaires, tout y est. La croix que l'on aperçoit au sommet est celle du dôme. Celui-ci présente la particularité de n'être visible que lorsqu'on voit l'église de loin : plus on se rapproche, plus il disparaît...

    Visite guidée du Val de Grâce

    De part et d'autre du portail, deux statues dans des niches, ornées d'une jolie coquille

    L'une représente Sainte Thérèse-d'Avila,

    Visite guidée du Val de Grâce

    et l'autre Saint-Benoit.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Derrière la façade classique, un dôme imposant

    Visite guidée du Val de Grâce

    C'est Anne d’Autriche, reine de France, qui pose le 3 juillet 1624 la première pierre de l’abbaye destinée à accueillir des bénédictines de l’ abbaye du Val-Profond à Bièvres. Pour remercier le ciel de lui avoir accordé un enfant (qui deviendra Louis XIV) après 23 ans de mariage, elle fit de cette église un ex-voto en l'honneur de la Vierge Marie.

    La dédicace sur le fronton du porche est facilement compréhensible : « IESU NASCENTI VIRGINIQ(UE) MATRI », c'est-à-dire « (cette église est dédiée) à Jésus naissant et à sa mère la Vierge ». On remarque l'insistance sur le fait que Jésus est honoré comme enfant attendu qui est enfin né (comme Louis XIV) et Marie comme mère (comme Anne d'Autriche).

    Sur le fronton triangulaire inférieur, les monogrammes de Louis et d'Anne entrelacés : bien que n'ayant pas choisi son mari et malgré un mariage plutôt malheureux, Anne d'Autriche a tenu à avoir ici, surmonté de la couronne royale, ce symbole de son union avec Louis XIII.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Sur le fronton supérieur, on trouve deux anges encadrant un médaillon aux armes de la reine.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Dans la cour qui précède l'église, un cadran solaire et une statue du baron Dominique-Jean Larrey, médecin et chirurgien militaire français, père de la médecine d'urgence

    Visite guidée du Val de Grâce 

    Le cadran solaire (de l'après-midi) indique les heures de 10h30 à 16h. 

    Visite guidée du Val de Grâce 

    La statue est de David d'Angers.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Nous entrons ensuite dans l'enceinte de l'ancienne abbaye et la guide nous rassemble devant la maquette du site où l'on voit à droite l'église et son cloître mais aussi l'hôpital moderne inauguré en 1979 par Valéry Giscard-d'Estaing, aujourd'hui fermé (car trop vétuste) et voué à une reconversion non encore bien définie. Ce dernier avait été construit sur les terrains de l'ancien potager de l'abbaye.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Notre premier arrêt est pour la salle capitulaire qui était probablement lambrissée et ornée de portraits de la famille d'Orléans. Restent les portraits de Louis XIII et d'Anne d'Autriche.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Ils sont l'oeuvre de Philippe de Champaigne ou de son atelier.

    Visite guidée du Val de Grâce 

    Mais ce n'est pas sur ces portraits que notre guide s'arrête mais plutôt sur la stéréotomie des voûtes d'arête du plafond.

    Visite guidée du Val de Grâce

    La tapisserie de Beauvais (XVIIIème siècle) qui décore la salle est intitulée "Tapisserie du malade imaginaire".

    Visite guidée du Val de Grâce

    Notre guide nous conduit maintenant vers le cloître qui se situe au rez-de-chaussée bien sûr, près d'un superbe escalier sur lequel je reviendrai plus tard.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Le cloître est fermé par des fenêtres de sorte que les religieuses pouvaient y déambuler au chaud...

    Visite guidée du Val de Grâce

     Les deux premiers niveaux sont très largement vitrés tandis que celui du dessus, qui était réservé aux dortoirs, possède de petites fenêtre surmontées d'un "œil-de-bœuf". Encore au-dessus, les fenêtres "à la Mansart" sont munies d'un fronton triangulaire, sauf aux angles où elles sont arrondies, le détail qui tue... !

    Visite guidée du Val de Grâce

    Notre guide nous fait remarquer les lettres A et L entrelacées sur les portes en bois donnant accès au cloître.

    Visite guidée du Val de Grâce

    La galerie occidentale du grand cloître est décorée de bustes, posés sur des piédestaux (eh oui, j'ai vérifié : un piédestal, des piédestaux !) et environnés de couronnes de chêne et de laurier, traversées de palmes.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Visite guidée du Val de Grâce

    Au registre inférieur, des plaques commémoratives, autrefois disséminées dans toutes les galeries, rappellent les noms des médecins et pharmaciens tués aux armées lors des grandes campagnes de l’Empire. Sur celle-ci, on peut voir quelle était la renommée du Dr Larrey cité précédemment.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Une jolie sculpture de caducée

    Visite guidée du Val de Grâce

    Nous voici maintenant dans le "sas" d'accès à la chapelle : c'est là que se tenaient les religieuses, le public étant de l'autre côté de cette belle grille. Notre guide nous a expliqué qu'elles recevaient la communion (seulement à l'occasion de Noël et de Pâques) à travers une petite trappe...

    Dans cette pièce, une exposition explique le travail actuel de restauration des génies et des anges qui ont été déposés du dôme car abîmés par les ans.

    Visite guidée du Val de Grâce 

    Voici un modèle grandeur nature en mousse de polyuréthane ayant servi de prototype en vue de la restauration des statues. A l'issue de la restauration des génies et de la repose des copies sur le dôme, huit génies originaux prendront place dans cette salle.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Nous voici de l'autre côté de la grille...

    Visite guidée du Val de Grâce

    et là, c'est l'extase, on ne sait pas où donner de la tête tellement il y a d'endroits à admirer ! Sculptures et peintures rivalisent entre elles pour rendre ce lieu absolument sublime.

    C'est là qu'on est bien content d'avoir pris une visite guidée !

    A droite, un majestueux baldaquin à colonnes de marbre torsadé, oeuvre de Gabriel Le Duc (un élève du Bernin) d'après les plans de François Hardouin-Mansart, abrite le maître-autel.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Anges et angelots en décorent agréablement le faîte.

    Visite guidée du Val de Grâce

    De chaque côté du baldaquin, les deux tribunes à balcons dorés ne sont là que pour l'esthétique.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Au sommet, la colombe du Saint-Sacrement en bois doré illumine l'ensemble.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Elle est accompagnée par deux anges qui tiennent une banderole sur laquelle sont écrit les mots "In terra pax hominibus bonae voluntatis" : et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté.

    Adorable ce petit détail...

    Visite guidée du Val de Grâce

     Regardez le travail de décoration des colonnes : le marbre vert est rehaussé de placages en bronze doré du plus bel effet.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Sur le Maître-autel, le groupe de la Nativité (de Michel Anguier - 1665) est une copie - commandée par Napoléon III - de celle conservée à l'église Saint-Roch. Notre guide nous a expliqué qu'à la Révolution les oeuvres d'art ont été mises à l'abri et qu'après on ne savait plus très bien d'où elles étaient issues...

    Visite guidée du Val de Grâce

     La guide nous parle de l'attitude de Joseph, particulièrement déférent devant ce nouveau né qui est le fils de Dieu...

    Visite guidée du Val de Grâce

    Jésus, lui, n'est pas représenté tel un nouveau né mais ceci est assez général dans la sculpture ou la peinture.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Marie est, naturellement comme toutes les mères, en admiration devant son enfant...

    Visite guidée du Val de Grâce

    Si l'on lève les yeux maintenant vers le ciel..., on peut apercevoir la célèbre fresque en coupole peinte par Pierre Mignard en seulement deux mois et regroupant quelques 200 personnages.

    Elle s'intitule "La Gloire des Bienheureux"

    Visite guidée du Val de Grâce

    Je ne me suis pas lassée de la photographier...

    Visite guidée du Val de Grâce

    Michèle Mazure nous en a expliqué chaque partie en détails.

     Voici tout en haut Dieu le Père (qui tient le globe du monde entre ses mains) avec, à main droite, Notre Seigneur Jésus-Christ lui présente les élus ; au-dessus d'eux, la colombe du Saint-Esprit.

    Qu'il est joli ce nuage supporté par des chérubins !

    Visite guidée du Val de Grâce

    En-dessous, la croix et la couronne d'épines sont portées par cinq anges.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Encore en-dessous, un grand ange tient dans ses mains le Livre scellé des sept sceaux où sont inscrits le nom des élus.

    Visite guidée du Val de Grâce 

    Enfin, tout en bas, l’Agneau immolé et le chandelier à sept branches, attirent les premiers regards.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Il y a aussi, sur la gauche, Anne d'Autriche et Louis XIII vêtus de manteaux royaux : c'est Sainte-Anne qui conduit la reine. Celle-ci, voulant remercier Dieu de lui avoir donné un enfant, tient dans ses mains une maquette du Val-de-Grâce (c'est un ex-voto) et le roi Louis XIII tient son sceptre dans la main.

    Visite guidée du Val de Grâce

     Je ne pense pas me tromper en vous disant qu'on voit ici Marie avec son manteau bleu et Marie Madeleine tenant le suaire du Christ entre ses mains...

    Visite guidée du Val de Grâce

    Vers la droite, Saint Jean-Baptiste, représenté un peu dévêtu...

    Visite guidée du Val de Grâce

    Saint-Augustin et le pape Saint-Grégoire...

    Visite guidée du Val de Grâce

    Saint-Ambroise et Saint-Jérôme

    Visite guidée du Val de Grâce

    Autour de la coupole, les quatre évangélistes

    Saint Mathieu et son ange

    Visite guidée du Val de Grâce

    Saint Marc et son lion

    Visite guidée du Val de Grâce

    Saint Luc et son taureau qui est ici représenté avec un grand tableau placé sur un chevalet (le portrait de Marie) : Luc avait en effet ajouté à sa pratique des langues, du droit et de la médecine, le talent de la peinture. Il est ainsi le saint patron des peintres et des sculpteurs.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Saint Jean et son aigle

    Visite guidée du Val de Grâce

    Sous chacun des évangélistes, d'adorables petits anges soutiennent le blason d'Anne d'Autriche et la couronne royale.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Avez-vous vu le magnifique dallage de marbre devant le maître-autel... ?

    Visite guidée du Val de Grâce

    Il est bien sûr orné du monogramme d'Anne d'Autriche et de Louis XIII. Les lettres sont ceintes d'une couronne de palmes qui rejoint la couronne royale ; tout autour, des fleurs de lys...

    Visite guidée du Val de Grâce 

    Nous voici maintenant devant la chapelle Sainte-Anne : elle se trouve sur la droite du choeur.

    Visite guidée du Val de Grâce

    C'est là où ça commence à être macabre !

    C’est dans la chapelle Sainte-Anne du Val-de-Grâce que furent conservés de nombreux cœurs de princes et princesses de la famille royale de France, Bourbons et Bourbon-Orléans.

    Le premier fut celui de la fille de Louis XIV, Anne-Elisabeth de France, morte le 13 décembre 1662 âgée d’à peine quelques mois. Anne d’Autriche, grand-mère de l’enfant, porta elle-même le petit cœur à l’abbesse du Val-de-Grâce, la mère Dufour de Saint-Bernard. Elle lui dit : « Ma mère, voilà un cœur que je vous apporte pour le joindre bientôt au mien. » La reine-mère mourut en 1666.

    En 1793, lors de la profanation de la chapelle Sainte-Anne, Louis-François Petit-Radel (architecte et dessinateur français), par ordre du Comité de Salut Public, fut chargé de détruire les 45 cœurs des princes et princesses de la Maison de France, mais il donna un coup de canif au contrat...

    C'est ainsi que les cœurs de treize souverains ou personnages princiers (Anne d'Autriche, Marie-Thérèse d'Espagne, la Grande Mademoiselle,…) furent vendus ou échangés contre des tableaux, à des peintres qui recherchaient la substance issue de l'embaumement ou "mummie" (substance très rare et hors de prix, résultat d'un mélange d'une matière organique, le cœur, macérée dans de l'alcool, et d'aromates) : une fois mêlée à de l'huile, elle était réputée donner un glacis incomparable aux tableaux.

    L'un de ces cœurs entra ainsi en possession du peintre Martin Drolling qui l'aurait utilisé pour peindre son Intérieur d'une cuisine.

    La cuisine par Martin Drolling (Musée du Louvre)

    Visite guidée du Val de Grâce

    En pendant de l'autre côté du choeur, se trouve une chapelle abritant un orgue Cavaillé-Coll, installé ici en 1891, orgue qui provient de l'église Sainte Geneviève transformée en Panthéon, ayant donc perdu sa vocation d'église (Photo internet).

    Visite guidée du Val de Grâce

    On ne sait rien de l'orgue qui se trouvait au Val-de-Grâce avant la Révolution - durant laquelle il fut démonté et dispersé - sinon le nom de l'auteur du buffet, Germain Pilon. Le Val-de-Grâce étant abbaye royale, les plus éminents musiciens s'y produisirent : Lully dirigea l'office des ténèbres du vendredi Saint et Moulinié fut l'un des maîtres de chapelle.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Notre guide nous entraîne maintenant dans la nef de l'église, séparée du choeur par une élégante grille en fer forgé.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Visite guidée du Val de Grâce

     La nef possède deux bas-côtés séparés du vaisseau central par d'imposants pilastres cannelés à chapiteaux corinthiens. 

    Visite guidée du Val de Grâce

     En levant les yeux, on peut admirer le superbe plafond entièrement sculpté : la voûte de la nef, en berceau, est entièrement décorée de caissons à frise d’entrelacs, sculptés d’anges porteurs de candélabres ou de phylactères.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Six grands médaillons sont décorés d’effigies de saints et de saintes : la Vierge Marie et Joseph, sainte Anne et saint Joachim, sainte Élisabeth et saint Zacharie, sortis du ciseau de Michel Anguier.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Visite guidée du Val de Grâce

    Visite guidée du Val de Grâce

    Au-dessus d'une corniche à modillons, les larges baies vitrées de l'étage laissent pénétrer la lumière naturelle. Des angelots, porteurs de couronnes et de fleurs, encadrés de feuilles d'acanthe et de rosaces, occupent les voussures des baies vitrées.

    Visite guidée du Val de Grâce

     

    L'ancienne abbaye du Val de Grâce en 100 photos avec Générations 13

    Entre chacun des pilastres, des bas-reliefs, toujours sculptés par Anguier, représentent les Vertus (La Tempérance et la Force, La Religion et la Piété, La Foi et la Charité, La Prudence et la Justice, La Bonté et la Bénignité, L'Humilité et la Virginité).

    Je ne me souviens plus de quelles Vertus il s'agit ici...

    Visite guidée du Val de Grâce 

    Ici, il s'agit de La loi et La charité.

    Visite guidée du Val de Grâce

     

    Une bien belle maternité

    L'ancienne abbaye du Val de Grâce en 100 photos avec Générations 13

    Les bas-côtés n'ont pas été oubliés par Anguier.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Au fond de la chapelle, deux tableaux de Philippe de Champaigne peints avant 1636 pour l'église du Carmel du Faubourg Saint-Jacques, et acquis en 1991 par le ministère de la Défense suite à un don de Karl Lagerfeld.

    Les photos qui suivent sont tirées d'internet car il y avait une vitre devant les tableaux qui reflétait le flash...

    L’ascension

    Visite guidée du Val de Grâce

    La Pentecôte (détail)

    Avez-vous remarqué les petites flammes de feu sur la tête des disciples et de Marie ? C'est le signe que le Saint-Esprit est descendu sur les apôtres ce jour-là.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Tout près de là, deux petites portes pourvues de séraphins ou de chérubins (je ne sais plus...). Les séraphins et les chérubins sont loin, parait-il, devant les anges dans la hiérarchie céleste... 

    Visite guidée du Val de Grâce

    Visite guidée du Val de Grâce

    Visite guidée du Val de Grâce

    Dans un autre bas-côté, deux autres tableaux de Philippe de Champaigne

    Visite guidée du Val de Grâce

    L'entrée du Christ à Jérusalem à gauche et Le Christ et la Cananéenne à droite

    Visite guidée du Val de Grâce

    Voici le superbe escalier qui dessert l'étage : Michèle Mazure nous montre tout particulièrement les piliers de la balustrade : ceux-ci ont été sculptés de façon à rester verticaux malgré le rampant de l'escalier...

    Visite guidée du Val de Grâce

    Le long des "voûtes" interrompant la balustrade, les piliers ont été coupés à moitié.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Le détail qui tue !

    Avez-vous remarqué cette toute petite ébauche de pilier à droite de la photo... ?

    Visite guidée du Val de Grâce

    Nous voici en vue du premier étage : on peut y admirer encore de belles voûtes d'arêtes.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Visite guidée du Val de Grâce

    C'est là que se trouve le Musée du Service de santé des armées qui renferme la collection du docteur Debat que nous allons visiter.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Il y a surtout une apothicairerie qui est reconstituée avec, dans ses rayonnages, de superbes pots à onguents.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Visite guidée du Val de Grâce

    Ces  microscopes verticaux (XVIIIème siècle) ont attiré mon attention.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Ces superbes majoliques sont des "albarelles" (ou pots à onguents).

    Visite guidée du Val de Grâce

    Vase à deux anses en forme de dragon (médaillon représentant Saint Jean-Baptiste)

    Visite guidée du Val de Grâce 

    On y voit aussi une belle collection de mortiers,

    Visite guidée du Val de Grâce

    et ce curieux objet de la fin du XVIIIème siècle (provenance Angleterre)

    Il s'agit d'un crachoir en bois exotique en forme de dauphin supportant une coquille. Il est actionné par une tige coulissant dans le manche.

    Visite guidée du Val de Grâce

    Le soleil décline en cette fin d'après-midi d'hiver, jouant harmonieusement avec la couleur des pierres du Val-de-Grâce.

    L'abbaye du Val de Grâce en 100 photos avec Générations 13

    Une visite, comme toujours, passionnante : merci Anne-Marie de nous l'avoir proposée.


    8 commentaires
  • Hier nous avons suivi l'une des visites guidées de l'association "Paris - Art et Histoire" à laquelle Anne-Marie Guérin s'adresse parfois, celle du Lycée Henri IV, le lycée de France le mieux coté où il faut arriver avec un 19,5/20 au bac pour entrer dans les classes préparatoires...

    Comme vous le savez sans doute, il est situé dans les beaux quartiers, juste derrière le Panthéon qui, à cette heure de l'après-midi, était éclairé par un beau soleil d'automne.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    En vue de l'église Saint-Etienne-du-Mont

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Saint-Etienne-du-Mont à gauche ◄       ► la tour Clovis du Lycée Henri IV à droite

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    On voit bien sur cette gravure du XVIIème siècle que les deux édifices étaient côte à côte.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    La tour Clovis, derrière la façade du Lycée donnant sur la rue du même nom, est le seul vestige de l'abbaye Sainte-Geneviève (dédiée aux apôtres Pierre et Paul) fondée en 507 par Clovis et son épouse Clothilde. La tour, bien qu'ayant perdu la flèche de son clocher, a encore fière allure.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Devant le Lycée, une oeuvre de "street art" de C215 (Illustres autour du Panthéon) représentant l'Abbé Grégoire, député de la Convention nationale pendant la Révolution. Il était en faveur de l'abolition de l'esclavage et de l'abolition de la peine de mort. Depuis 1989, ses cendres reposent au Panthéon voisin.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    L'entrée du Lycée se trouve au 23 rue Clovis.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Sous le porche d'entrée une jolie grille en fer forgé donne accès au cloître.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Le cloître date du XVIIIème siècle, mais des fouilles récentes ont pu mettre à jour les vestiges de l'ancien cloître datant du XIIIème siècle.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    La tour Clovis est romane dans sa partie basse (qui date de Philippe Auguste) et gothique dans les parties élevées (premier et deuxième étage). La balustrade flamboyant fut ajourée lors des travaux de reconstruction au XVIIème siècle. La flèche, endommagée par la foudre, fut détruite en 1764.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

     Sous les voûtes du cloître, des bas-reliefs en plâtre moulé sont des copies de marbres de Phidias (Ve siècle avant J.C)

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Il semble bien ici que des élèves soient en train de lire un parchemin : ce lieu reçoit en effet maîtres et étudiants depuis le milieu du Moyen-Age...

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Les restes du réfectoire du cloître datant du XIIIème siècle

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Notre guide nous conduit ensuite dans la Chapelle, située en bordure du cloître : elle fut installée au début du XIXe siècle dans l'ancien réfectoire de l'abbaye Sainte-Geneviève, après la suppression de celle-ci et sa transformation en lycée.

    Cinq travées, voûtées sur croisées d'ogives aux nervures élégantes, témoignent d'une architecture gothique déjà bien affirmée. Cependant, l'épaisseur des murs et l'étroitesse des baies suggèrent la réutilisation d'un édifice antérieur (un vestige du précédent réfectoire roman datant de la reconstruction du XIème siècle ?)

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    La tribune située à gauche en entrant témoigne de la vocation de cette pièce : un moine y lisait chaque jour le chapitre pendant les repas de la communauté. 

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Tandis que les clefs de voûte sont toutes ornées de couronnes de feuillage, celle-ci présente, en sus, un "singe tenant des noix" nous a dit notre guide.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

     Prés du choeur, une réplique de la statue de Sainte-Geneviève conservée au Louvre, provenant du trumeau du portail central de la façade occidentale de l'ancienne église : la sainte, qui se rend la nuit à Saint-Denis tient un livre de prières dans la main droite et un cierge (manquant) dans la mains gauche. Sur son épaule gauche subsistent les pattes fourchues d'un diablotin qui tente d'en éteindre la flamme tandis qu'à droite un petit ange le rallume.

    Il faut bien avoir un guide pour pouvoir apprécier la statue à sa juste valeur !

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Notre guide nous conduit ensuite en sous-sol dans ce qui constituait les anciennes cuisines ou bien le cellier (là où les moines entreposaient les biens tirés des vastes domaines de l'abbaye) : Je n'ai pas bien compris...

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Philippe donne l'échelle...

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Nous voici maintenant dans la Cour des Externes où se trouve un bâtiment dédié à la remise des diplômes (anciennement Chapelle de la Miséricorde). Ignace de Loyola et Saint François-Xavier, étudiants au collège voisin de Montaigu, y reçurent leur maîtrise. Après le baccalauréat, les étudiants de l'époque obtenaient leur maîtrise puis leur doctorat tout comme de nos jours.

    Des étudiants y recevaient justement leur diplôme du bac et à cette occasion, un petit buffet avait été organisé : le Lycée soigne ses étudiants...

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Des fouilles archéologiques récentes (2001-2006) effectuées dans cette pièce montrent des bases de colonnes engagées, portées par des culots, datant du XIIIème siècle.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Dans cette même Chapelle - qui servait de sépulture aux abbés et même à certains laïcs et dont le plancher peut être découvert lors des Journées du Patrimoine - se trouvent des pierres tombales très ouvragées qui rappellent le rôle funéraire du lieu.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Nous sommes maintenant dans la "Cour du Méridien" qui sert de terrain de jeux aux élèves : il s'y trouve une sphère armillaire qui comporte un cercle parallèle à l'équateur et un cercle vertical positionné dans le plan du méridien avec des repères pour les équinoxes et les solstices.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Nous allons maintenant nous rendre dans les étages supérieurs en empruntant un somptueux escalier de pierre, avec des voûtes portées par d'épaisses colonnes. Il est appelé "Escalier des Prophètes" pour les statues en marbre des prophètes de l'Ancien Testament qui en gardent l'entrée.

    C'est un chef-d'oeuvre du père Claude-Paul de Creil, qui a réussi à placer un vestibule et un escalier monumental dans un espace relativement réduit.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    La première volée centrale de l'escalier, bordé d'une belle rampe à entrelacs, se divise ensuite en deux volées divergentes. Celle de droite ne conduit qu'à une petite pièce obscure aujourd'hui murée, tandis que celle de gauche qui menait aux dortoirs, se continue en un escalier excentré.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Côté vestibule

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Quatre prophètes (non identifiés) sont représentés en bas de l'escalier.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    L'escalier est aussi parfois dénommé "Escalier de la Vierge" pour la statue de la Madone à l'enfant située dans une niche au palier de l'escalier.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Le visage de la Vierge a malheureusement dû être martelé à la Révolution...

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Voici la pièce qui était l'Oratoire du Père Abbé.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Elle a gardé son décor d'origine et notamment les pilastres corinthiens, aux bases en cuivre et chapiteaux peints couleur bronze, entre lesquels s'intercalent des niches décorées d'angelots.Avant la révolution, elles abritaient des bas-reliefs en plomb, peints eux aussi couleur bronze et représentaient des prophètes et pères de l'Eglise.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Une corniche débordante, portés par des modillons, supporte un plafond à caissons d'un dessin très original.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    L'autel est surmonté d'un fronton triangulaire au centre duquel des angelots présentent un triangle, symbole de la Trinité, dans lequel et inscrit en hébreu le nom de Dieu.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Le dessin du dallage originel montre, en son milieu, une ligne d'ostensoirs qui conduisait à l'autel.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Nous montons ensuite un escalier très banal pour accéder à la coupole où se trouve la Bibliothèque. Le père-architecte avait un autre projet - celui d'un magnifique escalier à ciel ouvert sur la coupole - mais malheureusement le "vandalisme" des années 1990 en a eu raison : l'escalier a été détruit si j'ai bien compris...

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Mais que regarde donc notre guide... ?

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    La coupole, qui est malheureusement protégée actuellement par un filet en attendant des travaux de restauration à venir, ce qui nous empêchera de l'admirer pleinement.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    La voici, grâce au net, telle qu'elle devrait apparaître bientôt, une fois restaurée : la fresque centrale représentera l’Apothéose de Saint-Augustin enlevé par les anges et brûlant les livres des hérétiques.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Comme on le voit sur la photo précédente, le dôme est soutenu par quatre piliers en forme de palmiers dont les troncs sont décorés de guirlandes de fleurs.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Quatre ailes identiques à celle-ci forment une immense croix : deux d'entre elles servent de salles d'examens, une autre abrite la bibliothèque des lycéens et la dernière celle des classes préparatoires.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Le pavage, abîmé par sa transformation en dortoirs au XIXème siècle, a été reconstitué à l'identique. Il est vraiment très joli.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Elle possède un joli plafond.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    La Bibliothèque possédait avant la Révolution un fonds de 60.000 ouvrages. Son contenu est aujourd'hui conservé à la Bibliothèque Sainte-Geneviève voisine.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Par les fenêtres, on peut voir le cloître et apercevoir l'église Saint-Etienne-du-Mont voisine.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Nous ressortons de la Bibliothèque en empruntant une porte en bois sculpté très impressionnante.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Notre guide nous en montre le décor central où des fleurs de lys ont échappé aux révolutionnaires...

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    La serrure est particulièrement belle.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    La porte donne sur le palier de l'Escalier des Grands Hommes côté Panthéon.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Tomettes et parquet au sol, du plus bel effet

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    J'ai lu sur le net que le vide central de l'escalier est de forme "barlongue" : deux petits côtés et deux grands... Je ne connaissais pas ce terme.

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Le vestibule et le bas de l'escalier des Grands Hommes (Photo inventaire.iledefrance.fr)

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

    Et voilà, la boucle est bouclée !

    Visite du Lycée Henri IV avec l'association Paris-Histoire

     

    Quelques données sur le Lycée

    Le devise du lycée est Domus Omnibus Una (« Une maison pour tous »), est celle des moines augustiniens, dont le bâtiment était le siège.

    On désigne l'établissement par la périphrase « le lycée sur la montagne » pour sa situation dominante sur la montagne Sainte-Geneviève et par l'abréviation « H4 ». Les élèves et professeurs du lycée se surnomment les « ashquatriens ».

    Les professeurs ou les élèves célèbres

    Léon Blum, André Gide, Alfred de Musset, Guy de Maupassant, Prosper Mérimée, Pierre Puvis de Chavannes, Ferdinand de Lesseps, Alfred Jarry, Emmanuel Macron, Georges Pompidou, Guy Béart, Patrick Bruel, Simone Veil, Jean d'Ormesson, André Vingt-Trois, Eric Rohmer, Agnès Jaoui etc. etc.

    Une visite d'une heure et demie qui nous a bien intéressés.


    votre commentaire
  • Anne-Marie nous a fait remonter le temps pour cette après-midi de promenade dans le quartier du Luxembourg : elle nous conte aujourd'hui l'histoire - compliquée - de l'invention du mètre étalon, sur les traces de Delambre et Méchain, deux astronomes chargés de le définir.

    Delambre, à gauche, Méchain, à droite

    L'aventure du mètre étalon

    Avant la Révolution, il existait pléthore d'unités de poids et de mesures (250.000) ! Chaque pays, chaque région, et même parfois chaque village, avait les siennes... En 1790 l’Assemblée nationale - désireuse d'effacer toute trace du passé - décide d’établir un système de mesure unique.

    Mais comment définir le mètre ?

    Un choix arbitraire ne permettrait pas d’obtenir un consentement universel.

    Le projet est confié à des savants de renom (Borda, Condorcet, Lagrange, Lavoisier et Monge) qui proposent de définir le mètre comme le dix millionième du quart du méridien terrestre. Le fait de se référer à la Terre, permet l'immuabilité et l’universalité de la mesure.

    Il reste donc à déterminer la longueur exacte du méridien.

    Le premier a en avoir fait une approche scientifique est le Grec Eratosthène en 250 avant J-C, qui arrive au résultat de 39 300 kilomètres ce qui est très proche de la mesure exacte et ceci avec des moyens très simples. En 1670, le français Jean-Félix Picard - dit l'Abbé Picard -, en utilisant la triangulation, arrive au résultat de 40 036 kilomètres.

    L'Assemblée nationale quant à elle charge deux astronomes - en pleine terreur -, Jean-Baptiste Delambre et Pierre Méchain, de mesurer ce méridien.

    Ceux-ci n’effectueront les mesures que sur un arc suffisamment long de ce méridien. Par proportionnalité ils pourront alors calculer la longueur totale. Cet arc appelé méridienne s’étend sur près de 1100 kilomètres de Dunkerque à Barcelone.

    Méchain part vers le Sud et Delambre vers le Nord.

    Cette double expédition durera jusqu’en 1799 à cause des événements politiques mais aussi des difficultés quotidiennes. En effet, il faut monter le matériel en haut des clochers, franchir des montagnes, braver le froid puis les fortes chaleurs ou les pluies.

     Il n'est évidemment pas question de déplacer des règles entre ces deux villes : outre que le travail aurait été fastidieux, la géographie ne l'aurait pas permis. La méthode consiste donc à commencer par mesurer une base d'environ onze kilomètres entre Melun et Lieusaint.

    Delambre dispose à cette fin de quatre règles de platine (chacune de deux toises de long), ces règles "numérotées" étant portées par des pièces de bois peintes de couleurs différentes avec des trépieds que des vis permettent de caler.

    La base est alors l'origine d'une opération de triangulation plane : à partir des extrémités de cette base, Delambre vise la ville de Malvoisine qui est à portée de vue. De la mesure des angles, il déduit la distance Lieusaint-Malvoisine et celle-ci constitue la base d'un nouveau triangle dont le sommet sera Montlhéry. Des triangles formeront ainsi une chaîne ininterrompue le long de la méridienne.

    C'est tout simple en fait mais... il fallait y penser !

    L'aventure du mètre étalon

    La méthode de la triangulation utilisée par Delambre et Méchain : en imaginant beaucoup d'autres triangles, il suffit à la fin de mesurer la longueur du point F (hypothétiquement Dunkerque) au point H (hypothétiquement Barcelone) et le tour est joué !

    L'aventure du mètre étalon

    La mesure des angles était effectuée par les astronomes à l'aide du cercle répétiteur inventé par Borda et Lenoir dont le principe est de pouvoir répéter autant de fois que l'on veut la même mesure sans revenir à zéro. L'erreur diminue avec le nombre de visées qui sont parfois répétées plus d’une centaine de fois.

    L'aventure du mètre étalon

    Le voyage de Méchain (ainsi que celui de Delambre) est semé d’incidents car la Révolution éclate le jour même de leur départ : ils ont été parfois emprisonnés et accusés d’être des espions, des royalistes ou des sorciers car on les voyait utiliser des instruments complexes...

    Finalement Méchain arrive à Barcelone le 23 juillet où des émissaires du Roi d’Espagne l’accueillent chaleureusement et lui apportent son soutien. Cependantle 21 janvier 1793, Louis XVI ayant été guillotiné, l’Espagne entre en guerre contre les révolutionnaires français. Une armée de catalans du sud envahit le Roussillon espérant reconstituer le royaume des Baléares antérieur au traité des Pyrénées. Méchain se retrouve bloqué à Barcelone : il se rend alors au Montjuic (un quartier de Barcelone) et y poursuit ses mesures. Il sera gravement accidenté et devra passer de longs mois de convalescence chez un médecin barcelonais. Après son rétablissement, il reprend ses mesures et constate horrifié qu’il y a un petit écart avec les premières mesures.

    Il est extrêmement découragé mais en avril 1795 il réussit à embarquer pour Gênes et en juillet 1795 il accoste à Marseille, bien décidé à reprendre ses mesures suite à l’erreur constatée à Barcelone.

    Au final, le mètre est trop court de 0.2 mm puisque le quart de méridien mesuré n'est pas de 10.000 kilomètres mais de 10.002 kilomètres...

    De son côté Delambre, lui aussi reconnu par ses pairs, forme une équipe composée d'un artisan orfèvre et d'un cocher. En août 1792 les Autrichiens envahissent le Nord-Est de la France, les troupes révolutionnaires résistent comme elles peuvent. Delambre se cantonne à étudier des points de Paris. Le 21 septembre, la première République est proclamée et les déplacements sont difficiles. Finalement en avril 1793 Delambre obtient les laissez-passer nécessaires et peut se déplacer vers Dunkerque.

    Cette même année Delambre apprend la suppression de l’Académie des sciences de laquelle il a été destitué avec cinq autres académiciens pour avoir soutenu Lavoisier qui, en tant que fermier général récoltait les impôts, fut menacé de la guillotine...

    Ce dernier, ayant demandé un sursis à son exécution pour pouvoir terminer une expérience, se verra répondre par le Président du Tribunal révolutionnaire : "La république n'a pas besoin de savants, ni de chimistes ; le cours de la Justice ne peut être suspendu".

    L'arrestation de Lavoisier (par Ludwig Van Langenmantel - 1876)

    L'aventure du mètre étalon

    Cocorico !

    Le mètre (institué comme unité de mesure de longueur depuis le 7 avril 1795) est une découverte française adoptée par pratiquement tous les pays du monde.

    L'aventure du mètre étalon

    Pour permettre aux français de se familiariser avec cette nouvelle mesure, surtout réclamée par les commerçants, il sera décidé d'en distribuer partout dans le pays. A Paris, seize mètres étalons furent installés dans la ville entre février 1795 et décembre 1797.

    Pour terminer cette visite, Anne-Marie nous emmène dans la rue de Vaugirard où au N°36, face au Musée du Luxembourg, se trouve l'un des deux derniers exemplaires de "mètre étalon".

    Malheureusement, des travaux de ravalement ne nous permettront pas de le voir...

    L'aventure du mètre étalon

    De nos jours, le mètre correspond à la distance parcourue par la lumière dans le vide en 1.299.792.458 fractions de seconde.

    Voici une vidéo extrêmement bien faite qui résume tout ceci. N'hésitez pas, à la fin, à cliquer sur le lien suivant pour en visionner la fin...

    J'espère avoir à peu près retracé ce qu'Anne-Marie nous a conté... Il est vrai que cette fois-ci j'aurais pu prendre des notes puisque je n'ai pas fait de photos - le sujet ne s'y prêtant pas - mais le courage me manquait et puis... j'ai toujours le secours de mon ami internet !

    Merci à Anne-Marie de nous avoir rendus un peu moins ignares. J'ai beaucoup appris en une après-midi et... quelques heures de recherches !


    7 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique