• Ce vendredi après-midi il faisait un soleil radieux pour la balade intitulée "Belleville la rouge" des "Petites promenades dans Paris"du vendredi.

    Anne-Marie qui l'organisait m'a rappelé que j'avais déjà fait cette promenade précédemment et que je l'avais relatée dans mon blog à l'époque : c'est vrai qu'au fil de la promenade j'ai retrouvé des lieux connus !  La ballade s'intitulait alors "Les métallos de Belleville".

    Je fais donc un copier-coller en ajoutant quelques photos de la sortie de 2018.

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    Le rendez-vous était donné au métro Parmentier

    Belleville la rouge

    Dans la rue Jean-Pierre Timbaud où nous démarrons notre circuit se trouve une ancienne cité ouvrière , "la cité d'Angoulême". Au rez-de-chaussée les ateliers et dans les étages les habitations des ouvriers des fonderies et du travail du cuir au XIXème siècle.

    Belleville la rouge

     Au bout de la cité, on débouche, dans une cour, sur un bâtiment à l'élégante architecture : il s'agit d'une ancienne manufacture (celle des frères Dutertre, peintres et décorateurs sur porcelaine) qui abrite actuellement les ateliers de Jean Nouvel. J'ai gardé pour mémoire ma photo de la promenade précédente car je me suis aperçue que l'horloge avait été restaurée depuis notre passage...

    Belleville la rouge

    5 - Cité d'Angoulême

    Belleville la rouge

    Nous continuons notre ballade en empruntant le passage de la fonderie, un vrai havre de paix à l'heure actuelle, mais qui devait retentir du bruit assourdissant des forges et du passage des clients à l'époque.  Comme vous pouvez le constater, les habitants ne sont pas avares de végétation.

    Belleville la rouge

    Au bout du passage, la cour a été réaménagée avec des logements modernes fort élégants.

    Belleville la rouge

    10 - Passage de la Fonderie

    La curieuse fresque mi-animal mi-végétal qui fait penser à la fable du corbeau et du renard date de 1992 et a été exécutée par J. Servières. je n'ai rien trouvé sur cet artiste sur le net...

    Belleville la rouge

    Belleville la rouge

     Empruntant la rue Saint-Maur puis la rue Jean-Pierre Timbaud, nous arrivons à la Maison des métallos. Face à elle, la statue de Jules Pendariès (1925) intitulée "le répit du travailleur" a été bâillonnée : est-ce par rapport aux événements actuels... ? Cela se pourrait bien !

    A la découverte de Belleville

    Initialement manufacture mondialement connue, fabriquant des instruments de musique en cuivre, puis haut lieu du syndicalisme et actuellement Etablissement Culturel de la Ville de Paris (théâtre, cinéma, conférences, expositions, danse...), la Maison des métallos a surtout le projet d'allier exigences artistiques et préoccupations sociétales. 

    20- Maison des métallos

    Anne-Marie nous fait remarquer la lyre qui se trouve en haut de la grille en fer forgé donnant accès à la cour, rappelant l'ancienne vocation musicale du lieu.

    Belleville la rouge

     

    Belleville la rouge

    Dans la cour intérieure de l'ancienne usine, une plaque rappelle que Jean-Pierre Timbaud, métallurgiste parisien et syndicaliste CGT, a été fusillé par les nazis en 1941 en tant que communiste suite à l'attentat perpétré par la branche armée du PCF contre le Feldkommandant Karl Hotz.

    A la découverte de Belleville

     Au 98 de la rue Jean-Pierre Timbaud se trouve un immeuble de briques rouges tout à fait banal mais si on s'aventure derrière la grille qui en ferme l'entrée on découvre une succession de trois cours possédant des petits ateliers d'artistes bien sympathiques. Ici, le temps semble s'être arrêté...

    21 - 98 rue Jean-Pierre Timbaud

     tout comme au 154 de la rue Oberkampf voisine où se trouve une cité d'artistes dont les maisonnettes, prêtes à tomber, tranchent avec les constructions modernes qui les surplombent. Je ne donne pas cher de cet endroit dans un avenir pas si lointain... !

    Belleville la rouge

    Belleville la rouge

     Non loin de là l'église Notre Dame de la Croix de Ménilmontant s'élève en haut des 54 marches de l'escalier qui en permet l'accès : la rue de Ménilmontant grimpe sec en effet.

    Belleville la rouge

    Regardez le beau soleil dont nous avons bénéficié...

    Belleville la rouge

    Ici ce panneau rappelle que c'est des hauteurs de Belleville que viennent les eaux ayant alimenté les premières fontaines parisiennes à partir de la fin du XIXème siècle. 

    36 - Place des Sources du Nord

     Le chemin de fer de la Petit Ceinture servait autrefois de liaison aux voyageurs désireux de se rendre d'une gare à l'autre dans Paris. Elle faisait le tour de Paris (32 kms) à l'intérieur des boulevards des Maréchaux et ceci jusqu'en 1934. Désertée par les parisiens qui lui préfèrent ensuite le métro, elle sert alors au trafic des marchandises et est définitivement fermée dans les années 90.

     La passerelle ayant desservi l'ancienne gare de Ménilmontant, aujourd'hui disparue

    Promenade du côté de Belleville avec Générations 13

    Heureusement, il en existe encore des cartes postales...

    Belleville la rouge

    Anne-Marie, un brin nostalgique du passé (!), nous fait écouter la chanson de Charles Trénet "Ménilmontant".

     Pour franchir les côteaux de Belleville et de Charonne, deux tunnels ont été creusés.

     38---Le-chemin-de-fer-de-la-petite-ceinture.jpg

    Après avoir emprunté la rue de la Mare, nous arrivons rue des Cascades dont le nom comme celui des Savies indique une fois de plus l'existence de sources à Belleville. Au Moyen-âge, les religieux du Prieuré Saint-Martin des Champs captèrent en effet une partie de cette rivière pour s'alimenter en eau. A cette époque, l'approvisionnement de Paris était essentiellement assuré par la Seine et par quelques puits, souvent peu salubres. Les "regards", petits bâtiments destinés à protéger les sources, sont les derniers vestiges conservés de ces travaux.

    Voici le regard Saint-Martin - encore appelé "regard des petites rigoles" : il est situé au 42 de la rue des Cascades.

    Belleville la rouge

    En haut du bâtiment, une inscription en latin qu'internet a gentiment traduite :

    « Fontaine coulant d'habitude pour l'usage commun des religieux de Saint-Martin de Cluny et de leurs voisins les Templiers. Après avoir été trente ans négligée et pour ainsi dire méprisée, elle a été recherchée et revendiquée à frais communs et avec grand soin, depuis la source et les petits filets d'eau. Maintenant enfin, insistant avec force et avec l'animation que donne une telle entreprise, nous l'avons remise à neuf et ramenée plus qu'à sa première élégance et splendeur. Reprenant son ancienne destination, elle a recommencé à couler l'an du Seigneur 1633, non moins à notre honneur que pour notre commodité. Les mêmes travaux et dépenses ont été recommencés en commun, comme il est dit ci-dessus, l'an du Seigneur 1722 ».

    Un écusson est visible sur une pierre située en haut à gauche de la porte. Selon M. Louis Tesson, il représenterait un saint Martin déchirant son manteau. Il affirme également qu'un deuxième écusson était placé de l'autre côté de la porte.

    Belleville la rouge

    En continuant la rue des cascades, une très jolie maison

    Belleville la rouge

    Sur le côté, une fresque florale avec "l'homme blanc" de Jérôme Mesnager

    Belleville la rouge

    La rue des Cascades débouche sur la place Henri Krasucki, syndicaliste français membre du PCF et Secrétaire Général de la CGT.

    Belleville la rouge

    Belleville la rouge

    Par un escalier nous arrivons sur la rue des Pyrénées ainsi nommée en raison de son aspect escarpé, particulièrement du côté des Buttes-Chaumont.

    43---Montee-vers-la-rue-des-Pyrenees.jpg

    Bien qu'elle soit très passagère, on y trouve encore des îlots de verdure...

    44---Rue-des-Pyrenees.jpg

    Comme ici, la Villa de l'Ermitage

    Belleville la rouge

    avec ses amusantes fenêtres décorées par les riverains

    Belleville la rouge

    Belleville la rouge

    et son concours d'épouvantails !

    Belleville la rouge

    La Cité Leroy un peu plus loin

     45---Cite-Leroy.jpg

     Avouez qu'on ne se croirait pas à Paris...

     48--Cite-Leroy.jpg

    49---Cite-rue-des-Pyrenees.jpg

     Donnant sur la rue de Ménilmontant, le Jardin du Carré de Baudoin avec sa "folie". Témoin authentique et unique des maisons de campagne édifiées au XVIIIème siècle pour les aristocrates et les bourgeois enrichis, cette maison fut construite en 1770, pour Nicolas Carré de Baudoin puis apartint à la famille Goncourt. A partir de 1836 les soeurs de Saint-Vincent de Paul y fondèrent dans le bâtiment adjacent un orphelinat "L'asile des petits orphelins". Racheté par la Ville de Paris, c'est aujourd'hui un espace culturel.

     Belleville la rouge

     Si vous avez le vertige, passez vite sur la photo qui suit : elle a été prise depuis le haut de la rue de Ménilmontant. Au loin, la tour Saint-Jacques et le Centre Pompidou.

     55---Vue-sur-Beaubourg-depuis-la-rue-de-Menilmontant.jpg

     Aux 19-21 de la rue Boyer, on trouve un bâtiment riche d'une histoire ancienne qui l'ancre dans la mémoire ouvrière. Il s'agit de "la Bellevilloise".

     56 - La Bellevilloise

     Wikipédia explique...

    En 1877, les ouvriers bellevillois fondent un petit dépôt d'épicerie au 10 de la rue Chevreau ouvert deux soirs par semaine. Il devient bientôt une coopérative ouvrière et celle-ci fonctionne jusqu'en 1936 (elle ferme avec la chûte de la BOP : Banque Ouvrière et Paysanne). La coopérative propose à ses adhérents des produits de consommation courante (pain, viande, charcuterie, épicerie, charbon, ameublement, habillement) à prix réduit ; les achats en grosses quantités auprès des producteurs, souvent des coopératives ouvrières de production, et la limitation des marges lui permettent de toucher une large clientèle, qu’elle associe aux bénéfices de l’entreprise : en 1912, elle compte 9 000 sociétaires, réalise 5 MF de chiffre d’affaires annuel et dispose de plusieurs dizaines de magasins de vente, ou « répartitions », dans les 19ème et 20ème arrondissements ; en 1929, elle compte 15 000 sociétaires.

     À partir de 1900, sa prospérité commerciale lui permet de financer diverses œuvres sociales très actives. Elle ajoute alors à sa vocation consumériste une mission éducatrice et sociale qui repose sur 

    1- Le patronnage laïque : il a pour mission « de soustraire les enfants, garçons et filles, aux mauvaises fréquentations de la rue, en leur créant un centre d’éducation et de distraction les dimanche, et en leur permettant de suivre divers cours existants »,

     2 - l'Université populaire de la Semaille : celle-ci met à la disposition des coopérateurs une bibliothèque particulièrement riche et éclectique, donne des conférences gratuites et des cours, organise des sorties, anime un club scientifique ouvrier… À partir de 1930, elle propose un cinéma d'art et d'essai, le Cinéma de la Bellevilloise.

     3- La musique et le théâtre : le goût pour la pratique musicale est alors très répandu dans les milieux populaires et la Bellevilloise subventionne plusieurs groupes musicaux amateurs.


    En juillet 1905, la Bellevilloise crée une société de secours mutuels, la Solidarité mutuelle des coopérateurs de la Bellevilloise, exclusivement réservée à ses adhérents. Celle-ci gère d’abord une pharmacie, puis, à partir de 1913, un puis plusieurs dispensaires.


    La "forteresse coopérative", comme on l’a appelée, a été aussi un instrument de socialisation politique, participant activement à la lutte des classes. Servant de soutien logistique, elle ouvrait largement ses salles aux manifestations des organisations ouvrières de diverses obédiences, puis, à partir des années 1920, principalement communistes : permanences, réunions internes, fêtes, meetings, congrès. La façade comporte d'ailleurs sur son fronton la faucille et le marteau...

     
    La_Bellevilloise.jpg


    En 1908-1910, la Bellevilloise édifie sa "Maison du Peuple", aux N°s 19-21 de la rue Boyer, confiée à l’architecte Emmanuel Chaine, dans l’esprit de la Maison du Peuple de Horta, à Bruxelles. Il s'agit d'un vaste ensemble en béton armé et remplissage de briques avec ornementation de mosaïques et de céramique émaillée qui abrite un grand magasin de vente au public, bureaux, café, salles de répétition, salle des fêtes de 500 m²...

    Pendant près de soixante ans, la Bellevilloise a joué un rôle déterminant dans la vie économique et sociale de l’Est parisien. Actuellement, c'est un lieu de culture multidisciplinaire : concerts, spectacles, expos, défilés mais aussi café : La Bellevilloise reste un lieu de brassage, de rencontres et d'échanges qui s'ouvre à tout public.

     C'est là que se termine notre ballade. Le métro Gambetta n'est pas très loin.

     Mine de rien, on en a fait du chemin...


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  • Ce vendredi, nous avions rendez-vous avec Anne-Marie au métro Louvre-Rivoli : c'est ici qu'a débuté notre promenade parisienne sur les traces laissées par la muraille construite à la fin du XIIème siècle (de 1190 à 1210) par le Roi Philippe Auguste (*).

    Sacre du Roi Philippe Auguste à Reims le 1er novembre 1179 (Chroniques de France - XIVème siècle)

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    (*) On voit bien sur les deux cartes qui suivent que Philippe II - Philippe Auguste pour les intimes - a considérablement accru le domaine royal, le prénom d'Auguste lui ayant été donné par le moine Rigord en référence directe aux conquêtes des empereurs romains.

    Au début de son règne, la France présente cette physionomie : autrement dit..., les anglais sont à nos portes !

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Philippe Auguste, pressentant le danger venant de l’Angleterre, initie les travaux de construction de la forteresse du Louvre, destinée à protéger la ville de Paris dont il veut faire sa capitale.

    Anne-Marie nous a dit qu'elle possède une profusion de livres sur Paris : elle nous montre ici l'un d'entre eux où l'on trouve une gravure du Louvre de Philippe Auguste.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Le donjon (appelé Grosse-Tour) est large de 15 mètres et mesure 30 mètres de haut : il est entouré par un fossé sec, lui-même ceint d'une enceinte très épaisse côté ouest (celui par où l'ennemi risque d'arriver), plus légère côté est.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Sur cette autre iconographie il est intéressant de remarquer le bateau tendant des chaînes en travers de la Seine afin d'en empêcher l'accès : Anne-Marie nous en avait parlé. 

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Après avoir précédemment parcouru lors d'une autre promenade la partie sud de l'enceinte (longue de 2600 mètres), Anne-Marie nous entraîne aujourd'hui sur sa partie nord (qui fait 2800 mètres), encore appelée "enceinte rive droite".

    L'enceinte de Philippe Auguste était constituée d'une muraille haute de 9 mètres et épaisse de 3 mètres à sa base avec des créneaux et un chemin de ronde ainsi que des tours de défense à distance régulière (60 mètres soit : 2 fois 30 mètres, portée de tir d'une arbalète) et comprenant des portes lourdement fortifiées (elles étaient munies de herses) pour garder les entrées de Paris.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    C'est à l'emplacement de cette cour - la Cour carrée - que se situait le donjon du premier Louvre : le pavage en marque l'emplacement.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Empruntant la rue de Rivoli voisine, nous longeons le Temple protestant de l'Oratoire du Louvre où se trouvait autrefois la Porte Saint-Honoré. Devant le temple, le monument à l'amiral Gaspard de Coligny assassiné lors de la Saint-Barthélémy.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Dans la cave qui se trouve sous la grande sacristie, il existe parait-il un mur arrondi fait de grosses pierres taillées, reste de ces tours de 6 mètres de diamètre qui protégeaient la muraille.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    L'enceinte se prolongeait dans la direction des cheminées ci-dessous.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Au 11 rue du Louvre se trouvent les restes d'une des tours,

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    avec, dans la partie basse, un ancien puits.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite 

    Le parcours de l'enceinte emprunte ensuite la rue du Jour où se trouve un très bel Hôtel particulier abritant la maison de couture agnès b. 

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Juste en face, une caserne de pompiers à remplacé la maison champêtre (qui comprenait un manège et des écuries) que Charles V s'y était fait construire, appelée "Le séjour du Roi". La rue prit alors le nom de rue du Séjour, puis de rue du Jour.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Au 30 de la rue Montmartre, une plaque est accolée au mur de l'immeuble : elle marque l'emplacement de l'ancienne Porte Montmartre.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Tandis qu'au 29 de la rue Etienne Marcel voisine se trouve une autre plaque rappelant l'emplacement de l'ancien théâtre de l'Hôtel de Bourgogne dont la troupe rivalisait avec celle de Molière.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Construite en 1408 par le Duc Jean-sans-Peur, cette tour (du même nom) est l'unique vestige du palais parisien des Ducs de Bourgogne. Elle est donc postérieure à la construction de l'enceinte de Philippe Auguste mais a été construite en s'appuyant dessus.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Tiens tiens, la haie est habitée par ce beau jour printanier...

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Nous voici maintenant dans la rue Tiquetonne qui joint la rue Saint-Denis à la rue Montmartre en empruntant le parcours de la muraille dont elle était le chemin de ronde extérieur. Son côté impair était presque entièrement dévolu à l'Hôtel de Bourgogne.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Un peu plus loin, une plaque apposée dans la rue Saint-Denis rappelle qu'ici se trouvait autrefois la Porte du même nom, dite aussi Porte aux peintres du fait de sa proximité avec l'impasse des Peintres voisine.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite 

    Voisin de la rue Beaubourg, le Jardin Anne Frank où nous nous reposons un petit peu tandis qu'Anne-Marie reprend ses explications.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Un peu plus loin, au 55 de la rue des Francs-Bourgeois, la cour du Crédit municipal de Paris (aussi connu sous le nom de "Mont-de-Piétée ou "chez ma tante") recèle les bases d'une des tours de l'enceinte (qui a été surmontée d'une tourelle en briques plus récente). On la nomme Tour Pierre-Alvart : je n'ai pas trouvé pourquoi...

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    On remarque au sol (devant la porte) un pavage délimitant une large bande suivant le tracé de l'ancienne enceinte.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Les aménagements du Jardin des rosiers-Joseph Migneret mettent en valeur les restes d'une autre tour.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Notre promenade touche à sa fin... Nous voici arrivés rue Charlemagne dans le 4ème.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Un charmante fontaine a retenu mon attention (elle est bien sûr totalement hors sujet !).

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Au coin de la rue des Jardins Saint-Paul et de la rue Charlemagne, une tour : encore une me direz-vous !

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Elle porte le nom de tour Montgomery en vertu de la tradition qui veut que Gabriel de Montgomery y fût enfermé pour avoir provoqué involontairement la mort d'Henri II après l'avoir blessé d'un coup de lance dans l'oeil lors d'un tournoi le 30 juin 1559. Le Roi avait organisé un tournoi pour célébrer les mariages de sa fille avec le Roi d'Espagne et de sa soeur avec le Duc de Savoie. Pas de chance : dix jours d'agonie...

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Anne-Marie nous a réservé le "clou" de la balade : un pan entier de l'enceinte avec deux tours (Photos tirées d'internet : cet espace est maintenant dévolu aux jeunes qui y jouent au basket...).

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Et voilà le Quai des Célestins, terme de notre promenade

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Une pelle Stark indique qu'ici se tenait la tour Barbeau où s'achevait, pour la rive droite, l'enceinte de Philippe Auguste édifiée aux frais des bourgeois de la ville avant le départ du Roi pour la croisade. Par temps de troubles, elle était reliée à une autre tour, dite tour Loriaux, située dans l'île, elle-même reliée au Château de la Tournelle, sur la rive gauche, par des chaînes qui reposaient sur des radeaux amarrés à des pieux profondément enfoncés dans le fleuve.

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Sur le plan de Braun ci-dessous, on voit bien l'emplacement de la tour de Barbeau et le Château de la Tournelle. Vous remarquerez qu'à cette date l'île Saint-Louis actuelle est constituée de deux îles (l'île aux vaches et l'île Notre-Dame).

    L'enceinte de Philippe-Auguste : rive droite

    Merci beaucoup Anne-Marie pour ce voyage dans le temps.


    5 commentaires
  •  Paris a mis son blanc manteau... 

    Souvenez-vous, il avait neigé sur Paris la veille (une chance, sinon la sortie aurait été annulée !). Terminée l'époque des mobylettes : place aux Gobeebikes ! l'un d'eux a été déposé au bout du Champ de Mars en toute légalité : le principe est de le laisser là où on veut...

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Cliquez sur la  pelle Starck du Champ de Mars  pour lire le texte.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Faisant écran à la tour, le  "mur pour la Paix"  (originellement inspiré du "mur des Lamentations") élevé ici par l'architecte Clara Halter en l'honneur des célébrations de l'an 2000 : originellement installé pour une période de trois ou quatre mois, il est resté malgré les controverses tant sur sa valeur artistique que sur son emplacement et la légalité de son installation.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    La  "Dame de fer"  a été "chantée" par nombre de poètes dont  Maurice Carême .

    Mais oui, je suis une girafe,
    M’a raconté la tour Eiffel,
    Et si ma tête est dans le ciel,
    C’est pour mieux brouter les nuages,
    Car ils me rendent éternelle.
    Mais j’ai quatre pieds bien assis
    Dans une courbe de la Seine.
    On ne s’ennuie pas à Paris :
    Les femmes, comme des phalènes,
    Les hommes, comme des fourmis,
    Glissent sans fin entre mes jambes
    Et les plus fous, les plus ingambes
    Montent et descendent le long
    De mon cou comme des frelons
    La nuit, je lèche les étoiles.
    Et si l’on m’aperçoit de loin,
    C’est que très souvent, j’en avale
    Une sans avoir l’air de rien.

     Anne-Marie  nous a donné rendez-vous aujourd'hui au pied de la  statue du Maréchal Joffre , vainqueur de la bataille de la Marne, faisant face à l'Ecole militaire.

    Visite guidée de l'Ecole militaire 

    C'est là que nous retrouvons notre guide habituel,  Monsieur Obel  , qui, non économe de son temps, nous gardera près de trois heures...

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Visite guidée de l'Ecole militaire 

    Se tournant vers le monument, il nous en fait  l'historique .

    Visite guidée de l'Ecole militaire 

    L'Ecole militaire se trouve sur  l'ancienne plaine de Grenelle  dont l'essentiel des terrains appartenait à l'abbaye Saint-Geneviève depuis sa fondation par Clovis. On y construisit autrefois un château - appelé   le château de Grenelle  - dont voici une gravure datant de 1702.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Le château de Grenelle fut transformé en  manufacture de poudres  sous la Révolution et fut très endommagé le 31 août 1794 par une explosion qui fit un millier de morts parmi les employés et la population voisine, les alentours subissant également des dommages considérables.

    Gravure du XIXème siècle

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Pendant plus de dix ans, le château servit de bureau d'étude à  l'architecte de l'École Militaire Ange-Jacques Gabriel  (les Gabriel étaient maîtres maçons, entrepreneurs et architectes de père en fils au point qu'on les distinguait souvent par un numéro : on appelait ainsi son père Jacques V Gabriel !)

    L'Ecole militaire vue du Champ de Mars

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Malheureusement des travaux de ravalement nous empêchent aujourd'hui d'admirer la façade dans son intégralité mais, grâce aux moyens modernes, l'échafaudage a été personnalisé, nous permettant d'en imaginer la façade.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    La voici d'ailleurs, trouvée sur le net.

    Après l'échec de la guerre de succession d'Autriche et le choix de Madame de Pompadour - roturière née Jeanne Antoinette Poisson - pour maîtresse,  Louis XV a besoin de redorer son blason  : c'est ainsi qu'il confie à Jacques Ange Gabriel la construction d'une Ecole royale militaire destinée à former 500 jeunes gentilshommes à "toutes les sciences convenables et nécessaires à faire de bons officiers". Les travaux commencent en 1753 et il faudra plus de vingt ans à l’architecte pour les achever au cours desquels les problèmes de financement bouleversent le projet initial.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     Le fronton est accompagné par  quatre statues La Victoire sous les traits de Louis XV (à gauche) appartient à un ensemble de quatre statues de marbre qui l'encadrent deux à deux. Les trois autres figures représentent La FranceLa Paix et La Force sous la figure d’Hercule. On attribue ces quatre allégories à Louis-Philippe Mouchy ou à Jean-Baptiste Cyprien Dhuez. Les statues originales, très ruinées, ont été remplacées par des copies.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

      L'horloge de Lepaute , horloger du Roi, est flanquée de deux génies (le Temps et l'Astronomie) : une sculpture de Jean-Philippe Mouchy - vers 1780 - portant les armes de Louis XV.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Voici la façade intérieure du  "Château" .

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     Plan de l'Ecole Royale militaire  : nous nous dirigeons maintenant vers  la Rotonde Gabriel  (tout à fait à gauche du plan).

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Celle-ci abrite le Cercle mixte de la garnison de Paris.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     

     Elégance du plafond... 

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Notre guide nous fait remarquer la très grande finesse de l'architecture intérieure.

     Multiplicité des moulures... 

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     Chapiteaux ioniques  accompagnés de guirlandes...

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Nous sommes autorisés à "jeter un coup d'oeil" dans  un salon privé  (qui attend visiblement trois invités pour le dîner...) dont le plafond vaut vraiment la peine d'être vu. Vous n'en verrez pas plus...

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    La visite se poursuit par celle des  écuries  : l'Ecole militaire est réputée pour sa cavalerie.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Visite guidée de l'Ecole militaire 

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Trouvez la Tour Eiffel !

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     Les écuries 

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Nous entrons ensuite dans  la sellerie  où sont présentées plusieurs selles ayant une particularité.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     Celle-ci, nous dit notre guide, a appartenu au Maréchal Juin , l'un des grands chefs de l'armée de libération en 1943-1944.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     Cette autre est une selle d'amazone , réservée aux dames...

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    On reconnait celle-ci grâce à sa couleur :  elle a été chevauchée par un Spahi  (*).

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Cette autre est  une selle du Cadre noir de Saumur  (*).

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Nous voici revenus près du Champ de Mars.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     La Tour Eiffel, toujours la Tour Eiffel ! 

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     Une très belle colonnade d'ordre dorique 

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Coup de projecteur sur la neige...

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    A l'intérieur de la colonnade

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Visite guidée de l'Ecole militaire 

    Notre guide nous montre  la statue de Louis XV  qui s'y trouve.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Visite guidée de l'Ecole militaire 

    Le nez des Bourbon, on ne le renie pas !

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     Soleil couchant à l'intérieur de la colonnade 

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Au fond de la cour,  le bâtiment de l'Unesco 

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Nous nous dirigeons maintenant vers  la Chapelle de l'Ecole  qui est  consacrée à Saint-Louis , le saint patron des armées. Saccagée sous la Révolution, elle est transformée en cantine puis en dépôt de fourrage et d'armes. Son mobilier est alors dispersé. A l'occasion des funérailles du maréchal Joffre en 1931, la chapelle est définitivement libérée de tout ce qui l'encombrait. Elle récupère son mobilier dans les années 30 avant d'être ré-ouverte au culte catholique en 1951.

    Ici les colonnes ont été mises à l'intérieur contrairement à certaines églises (La Madeleine par exemple) où elles encadrent l'édifice.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Ce sont  des colonnes aux chapiteaux corinthiens  très ouvragés.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Au-dessus de l'autel,  un superbe tympan  représentant l'agneau pascal.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     Le choeur 

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Dans le choeur, un tableau de Hallé (1773) représentant  Saint-Louis transportant la couronne d'épines à la Saint-Chapelle 

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    La chapelle est en effet décorée de  neuf toiles , illustrant des épisodes de la vie de Saint Louis (représenté sous les traits de Louis XV...).

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    La plus connue est celle qui surplombe le maître-autel :  La Dernière Communion de Saint Louis , par Gabriel-François Doyen.

    Superbe, non ?

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Cet autre représente  La remise de la Régence du Royaume par Saint-Louis à sa mère . Il a été peint par Joseph-Marie Vien en 1773.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Le voici de face

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     La porte d'entrée de la Chapelle  est richement décorée.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Les serrures sont ornées, nous montre notre guide, de  l'aigle impérial  : l'Ecole a formé le jeune  Napoléon Bonaparte . Entré à l'École Militaire en octobre 1784, il en sort en octobre 1785, peu après avoir reçu la Confirmation dans la chapelle de l'institution.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    En face de l'entrée de la Chapelle se trouve  l'escalier d'honneur  : nous ne pourrons pas y accéder mais seulement y jeter un coup d'oeil à travers la porte vitrée...

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     Superbe rampe en fer forgé 

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Internet, c'est magique !

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Et maintenant, direction  La Bibliothèque  : au passage, lumière du soir sur l'arrière de l'Ecole donnant sur la Place de Fontenoy

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     La Bibliothèque  est  située dans le "Château" et est constituée d'une enfilade d'anciens salons de réception. C'est, je trouve,  une vraie merveille . Initialement aux Invalides, elle s’est installée ici en 1878, en même temps que l’École Supérieure de Guerre.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     Le fonds de la Bibliothèque de l'Ecole militaire est très riche : il compte actuellement près de 100.000 volumes, dont 140 manuscrits, 400 périodiques français et étrangers, 3.000 cartes et plans ainsi qu’une importante documentation spécialisée. 

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Zoom sur  un autographe de Bonaparte... 

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Dans l'un des salons, une jolie cheminée en marbre possédant  une plaque en fonte intéressante  : elle montre un jeune gentilhomme destiné à la carrière militaire (un cadet).

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     Une photo de Patrick Manglier 

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Dans le dernier salon, on peut voir  un miroir impacté par une balle  le 25 août 1944 lors de la libération de Paris par la Deuxième DB et les FFI.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    A côté, un livre également touché...

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Le groupe en train de regarder  le plan perspectif de l'Ecole royale militaire et du Champ de Mars par Louis Nicolas de Lespinasse  que nous montre Monsieur Obel.

    Visite guidée de l'Ecole militaire

    Pas de Tour Eiffel ni de Trocadéro : des champs, quelques maisons, point de voitures et des mouvements de troupes sur le Champs de Mars !

    Visite guidée de l'Ecole militaire

     Fin de cette visite guidée 

    Merci à  Anne-Marie  de l'avoir organisée.


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  • C'est bien au 123 boulevard de Port-Royal et non au même numéro du boulevard de Montparnasse qu'Anne-Marie nous avait donné rendez-vous pour une visite de l'abbaye de Port-Royal...

    Quelle étourdie !

    Arrivée un petit peu en retard donc - mais pas trop - j'ai pu très vite reprendre le cours de la visite qui débutait dans le cloître. Le groupe écoute déjà religieusement - cela s'impose - le guide choisi par Anne-Marie, un monsieur que nous connaissons déjà pour avoir eu l'occasion de l'écouter dans d'autres visites guidées.

    Il nous a prévenus, à juste titre : nous allons sans doute avoir besoin de Doliprane ! Je ne vous dis pas le mal que j'ai eu à écrire ce petit post car l'histoire qui va suivre est un tantinet compliquée...

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    L'abbaye cistercienne de Port-Royal a été fondée en 1204 par Mathilde de Garlande, une femme de la grande noblesse proche de la famille royale (d'où le nom de "Royal"). On l'appelle alors Port-Royal des Champs car elle est située dans la vallée de Chevreuse.

    En 1625, sous le règne de Louis XIII, une "annexe" - Port-Royal de Paris - est créée tant à cause de l’exiguïté des bâtiments que pour sauver les religieuses de Port-Royal des Champs décimées à la suite d'une sévère épidémie de paludisme liée au caractère marécageux du site.

    C'est cette abbaye parisienne que nous visitons aujourd'hui.

    Visite guidée de l'abbaye de Port-Royal

    Le cloître n'a que trois côtés car la chapelle est adossée au quatrième.

    Visite guidée de l'abbaye de Port-Royal 

    Profitons vite du jardin avant que n'arrive la pluie...

    Visite guidée de l'abbaye de Port-Royal

    A la mort de Pierre Lescot (l'architecte de l'aile Renaissance du Louvre), c'est son neveu Léon qui hérite de l'Hôtel de Clagny construit par celui-ci entre 1566 et 1569 au Faubourg Saint-Jacques à Paris.

    Par acte du 19 juillet 1624, Léon échange l’hôtel de Clagny avec Angélique Arnauld, abbesse de Port Royal des Champs depuis son plus jeune âge (à 11 ans pour être précise : contrainte et forcée par sa famille, elle ne trouva réellement la vocation que bien plus tard), contre une rente de 1500 livresLes religieuses s’installent ainsi dans l'Hôtel de Clagny qui, après avoir subi quelques transformations, devient l’Abbaye de Port-Royal.

     En 1630, Angélique Arnauld décide de placer sa communauté dans le giron janséniste, en offrant à sa communauté l’abbé de Saint-Cyran comme directeur de conscience. La communauté devient ainsi le haut-lieu du Jansénisme (nom formé à partir de celui du théologien hollandais Cornélius Jansen dont la doctrine est dérivée des thèses de Saint-Augustin). Je dirai - pour faire simple - que selon les thèses jansénistes l’homme ne tient son salut que de la grâce divine, dont il doit cependant se montrer digne en vainquant sa propre concupiscence.

    La Mère Angélique Arnauld par Philippe de Champaigne

    Visite guidée de l'abbaye de Port-Royal

    Outre le caractère réfractaire des croyances jansénistes, l'abbaye abrite aussi à l'époque un lieu d'enseignement, une sorte d'école où les Solitaires participent aux prières des religieux, reçoivent et donnent un enseignement. Dans ce qui s'appela les "petites écoles", Racine en fut l'un des élèves et Pascal l'un des professeurs.

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    La construction de la chapelle de Port-Royal de Paris fut confiée à un tout jeune architecteAntoine Le Pautre (1621-1679), dont ce fut le premier chantier. Il est également l'architecte du très bel l'Hôtel de Beauvais dans le Faubourg Saint-Antoine ainsi que de la Cascade du Parc de Saint-Cloud.

    Visite guidée de l'abbaye de Port-Royal

    La rigueur du Jansénisme ne lui permit malheureusement pas de s'exprimer comme il l'aurait souhaité : il ne put réaliser en particulier le portique décoré de balustrades ni le riche décor architectural (avec les statues) qu'il avait prévus... Notre guide nous a fait passer une documentation où l'on peut comparer les projets de l'architecte avec la réalisation finale.

    Visite guidée de l'abbaye de Port-Royal

    Le projet

    Visite guidée de l'abbaye de Port-Royal

    La réalisation

    Visite guidée de l'abbaye de Port-Royal

    Dans le cloître, deux statues assez jolies : l'une d'elles représente un grand prêtre israélite et pour l'autre je n'ai pas trouvé. Le guide a parlée de prophètes...

    Visite guidée de l'abbaye de Port-Royal 

    Visite guidée de l'abbaye de Port-Royal

    Dans les locaux de l'abbaye, deux escaliers en bois à balustre rampante dont un en forme de poire, d'époque bien sûr. Ma photo ne rend malheureusement pas l'explication que le guide nous en a donné...

    Visite guidée de l'abbaye de Port-Royal

    Visite guidée de l'abbaye de Port-Royal

    Voici la salle capitulaire (ou salle du chapitre) : il s'y trouve une reproduction du tableau de la Mère Angélique Arnauld par Philippe de Champaigne.

    Visite guidée de l'abbaye de Port-Royal

    Visite guidée de l'abbaye de Port-Royal

     

    En 1662, l'abbaye de Port-Royal de Paris fut le siège d'un miracle.

    La fille de Philippe de Champaigne (peintre de la Royauté), Catherine, qui avait pris le voile à l'abbaye de Port-Royal de Paris en 1656 sous le nom de soeur Catherine de Sainte-Suzanne, était paralysée des jambes depuis deux ans. Elle dit avoir été guérie spontanément le 6 janvier 1662, au terme d’une ultime neuvaine.

    Pour remercier les religieuses, Philippe de Champaigne leur offrit un tableau représentant Soeur Catherine de Sainte-Suzanne, assise jambes étendues, à côté de la nouvelle abbesse, mère Agnès Arnauld (il s'agit de la soeur d'Angélique Arnauld décédée l'année précédente). Ce tableau porte le nom d'Ex-voto de 1662, un ex-voto qui pourrait apaiser les menaces pesant sur le couvent (voir plus bas)...

    L’humilité, le dépouillement et l’austérité du lieu répondent à celles des moniales, qui ont consacré leur vie à Dieu : robe de bure, plancher cloué, mur nu, fissure au mur. Le mobilier est très simple et composé d’un fauteuil, d’un tabouret et d’une chaise, sur laquelle repose un livre, probablement le livre de prière de sœur Catherine.

    Visite guidée de l'abbaye de Port-Royal

    Notre visite s'est terminée par celle de la chapelle - d'une grande sobriété - dans l'esprit de Port-Royal, dont nous voyons ici la nef unique. 

    Visite guidée de l'abbaye de Port-Royal

    Derrière le rideau, une grille...

    Visite guidée de l'abbaye de Port-Royal

    Pour en terminer avec l'histoire de Port-Royal, il faut dire que cela se passa assez mal pour les religieuses. L'Etat n'accepta pas leurs idées car leur caractère dissident rappelle, entre autres, l'époque des Guerres de religion.

    Louis XIV obligea les religieux, les clercs et les maîtres d'école à imposer leur signature au bas de ce texte :

    « Je me soumets sincèrement à la Constitution du pape Innocent X du 31 mai 1653, selon son véritable sens, qui a été déterminé par la Constitution de notre Saint-Père le pape Alexandre VII du 16 octobre 1656. Je reconnais que je suis obligé en conscience d'obéir à ces Constitutions, et je condamne de cœur et de bouche la doctrine des Cinq propositions de Cornelius Jansenius contenues dans son livre intitulé Augustinus, que ces deux papes et les évêques ont condamnée ; laquelle doctrine n'est point celle de saint Augustin, que Jansenius a mal expliquée, contre le vrai sens de ce saint docteur. »

    En 1709, Louis XIV ordonnera la destruction de l'abbaye, mettant fin au Jansénisme. Une des plus grandes crises spirituelles de l'Ancien Régime prend fin.

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    Après la Révolution, l'abbaye devint une prison (entre 1790 et 1795) : la prison de Port-Libre. L'on y enferma en particulier les vingt-sept fermiers généraux (qui prélevaient l'impôt), Malesherbes le botaniste et homme politique proche de Louis XVI, Le Chapelier (vous savez, celui de la loi), le garde des sceaux Miromesnil, et même le scientifique Lavoisier qui - ayant demandé un sursis afin de terminer une expérience - il fut répondu : "la République n'a pas besoin de savants ni de chimistes". Il finira guillotiné...

    Honoré Riouffe, historien et homme politique incarcéré en 1793, fait paraître une relation de son incarcération, Mémoires d'un détenu, qui connaît un grand succès.

    « Rien ne ressemblait moins à une prison : point de grilles, point de verrous, les portes n'étaient fermées que par un loquet. De la bonne société, excellente compagnie, des égards, des attentions pour les femmes. On aurait dit qu'on n'était qu'une même famille réunie dans un vaste château. C'était le rendez-vous de la gaieté. On s'y retirait après l'appel, et on y prenait le frais jusqu'à onze heures du soir. »

    Mais, après la loi du 22 prairial, Port-Libre devint, comme les autres prisons, « l'antichambre de la Conciergerie et du tribunal révolutionnaire. » La plupart des détenus n'en sortirent que pour aller à l'échafaud.

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    En 1795 , l'ancienne abbaye fut transformée en "maison d'allaitement" pour enfants abandonnés qui devint en 1801 l'Hospice de la Maternité auquel fut adjoint un hôpital d'accouchement en 1814.

    C'était l'un des plus tristes asiles de la misère humaine : il renfermait cinq cent quinze lits et recevait annuellement deux mille femmes enceintes. On l’appelait vulgairement la Bourbe, à cause du nom ancien de la rue voisine, absorbée aujourd'hui dans le boulevard de Port-Royal.

    A cet hôpital fut annexée une école pratique d'accouchement, où quatre-vingts élèves recevaient au XIXe siècle l'instruction nécessaire à la profession de sage-femme.

    Le lieu correspond aujourd'hui à la maternité Port-Royal (Clinique Baudelocque).

    That's all folks !


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  • Mettre ses pas dans ceux de Gauguin, de Picasso, de Giacometti : tout un programme !
     
    C'est celui qu'Anne-Marie nous a proposé ce vendredi, autrement dit, suivre les traces des peintres qui ont fréquenté Montparnasse au début du 20ème siècle : ils formèrent ce qu'on appela "L'Ecole de Paris".
     
    Jusqu'à la première guerre c'était à Montmartre que ces artistes se retrouvaient pour pratiquer leur art (en particulier au Bateau-Lavoir) mais très vite le quartier devient connu et les prix montent : ils quittent alors le 18ème pour élire domicile à Montparnasse.
     
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    Nous avons rendez-vous au Musée Bourdelle dans la rue du même nom, proche de la gare. A travers les grilles, on peut apercevoir quelques unes des sculptures de l'artiste comme ce grand cheval.
     
    C'est en 1885 - à 24 ans - qu'Antoine Bourdelle s'installe à Montparnasse au 16 impasse du Maine (actuelle rue Antoine-Bourdelle). Il fut un élève de Rodin avec lequel il collabora harmonieusement avant de prendre son essor.

    Le Montparnasse des peintres

    Non loin de là, au 21 avenue du Maine, se trouve une impasse : la Villa Vassilieff.

    Le Montparnasse des peintres

    Le Montparnasse des peintres

    Les couleurs chatoyantes de l'automne mettent en valeur les bâtiments construits avec des matériaux de récupération de l'exposition universelle de 1900. Cette trentaine d'ateliers d'artistes et d'artisans devient vite un paradis pour les premiers peintres fauchés trop heureux de trouver un toit et une bonne lumière. 

    Le Montparnasse des peintres

    Le Montparnasse des peintres

    Marie Vassillieff tient de 1915 à 1918 sa célèbre "cantine des artistes" où tous les grands "montparnos" viendront manger pour quelques sous : Picasso, Braque, Modigliani, Fernand Léger, Max Jacob, Jean Cocteau, Matisse, Foujita et bien d'autres mais aussi Trotsky et Lénine.

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    Sur le Boulevard du Montparnasse, trois grandes brasseries ont été fréquentées par les artistes de Montparnasse. Il s'agit de La Coupole,

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    La Rotonde (on reprochera à Emmanuel Macron dans l'entre-deux tours d'y avoir emmené dîner son équipe de campagne : la jalousie est un vilain défaut !), et le Sélect.

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    A l'angle du Boulevard du Montparnasse et du Boulevard Raspail, la statue de Balzac par Rodin.

    On dit que l'artiste s'est inspiré, entre autres, d'une caricature parue dans le Charivari qui représente le grand homme dans sa tenue de travail habituelle, une robe de chambre blanche de dominicain.

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     Parallèlement à cette commande, Rodin fera beaucoup d'études de nus de Balzac - qui seront très critiquées pour leur aspect inachevé - ce qui fait que entre la date de la commande et l'inauguration officielle du monument sur le terre-plein du Boulevard Raspail le 1er juillet 1939, il va s'écouler plus de cinquante ans : Rodin était mort depuis vingt ans...

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    Au N°26 de la rue Vavin, un immeuble Art Nouveau très original, à gradins. Il date de la période de "l'hygiénisme" : en faisant rentrer air et lumière naturelle à flots dans les appartements, les architectes s’étaient donnés pour mission de faire disparaître le bacille de Koch et la tuberculose, responsables de plus de 10 000 décès par an dans la capitale.

    Il est l'oeuvre des architectes Henri Sauvage et Charles Sarrazin. A l'origine destiné à être une HLM, il fut finalement vendu à des particuliers car le coût de construction s'avéra beaucoup plus élevé que prévu.

    Le Montparnasse des peintres

    Revêtement de faïence, façon couloirs de métro

    Le Montparnasse des peintres

    Nous voici maintenant dans la rue de la Grande-Chaumière qui tire son nom du célèbre bal de barrière ouvert sur la rive gauche entre 1788 et 1853. C'est là que Clara Fontaine créa le célèbre Cancan...

    Le Café de Paris par Jean Béraud

    Le Montparnasse des peintres

    Dans l'esprit de la liberté de création, l'académie de la Grande-Chaumière - au N°14 - a été fondée en 1904. Ossip Zadkine, Antoine Bourdelle, Maurice Denis, Fernand Léger, André Lhote y exercèrent en tant que professeurs.

    Le Montparnasse des peintres

    Parmi les élèves les plus connus, on compte Joan Miro, Alexandre Calder, Balthus, Louise Bourgeois, Eugène Dabit, Serge Gainsbourg, Serge Rezvani, Germaine Richier, Jérôme Savary, Zao Wou-Ki, Amedeo Modigliani, Tamara de Lempicka, Alberto Giacometti et bien d'autres ainsi que le montre la plaque ci-dessous.

    Le Montparnasse des peintres

    En fouillant un peu sur le net, j'ai ainsi découvert la peinture de Xavier Prinet avec cette toile intitulée "Plage de Cabourg"

    Le Montparnasse des peintres

    et celle de Lucien Simon avec celle-ci intitulée "Du côté de Penmarc'h".

    Le Montparnasse des peintres

    Passé le Restaurant Wadja - gargote à prix réduit fréquentée par les peintres dans les années 1930 - et qui perdure à ce jour,

    Le Montparnasse des peintres

    une plaque indique qu'au N°8 logèrent Paul Gauguin à son retour de Tahiti ainsi que Modigliani et sa compagne Jeanne Hébuterne (qui se suicidera).

    Femmes à Tahiti - Paul Gauguin (1891)

    Le Montparnasse des peintres

    Jeanne Hébuterne par Modigliani

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    Un peu plus loin, un immeuble possédant de grandes baies vitrées et de jolis vitraux : ce sont sûrement encore des ateliers d'artistes...

    Le Montparnasse des peintres

    Le Montparnasse des peintres

    La rue se termine par la boutique du marchand de couleurs Sennelier qui fut fournisseur et référence de nombreux artistes à Montparnasse à l'époque.

    Le Montparnasse des peintres

     Au bout de la rue, l'architecture de cet immeuble du N°79 de la rue Notre -Dame-des-Champs (Art-Déco peut-être ?) a attiré mon attention.

    Le Montparnasse des peintres

    Un peu plus loin, au N°82 un immeuble haussmannien est pourvu d'impressionnantes cariatides.

    Le Montparnasse des peintres

    Trop jolis les angelots en forme de console qui soutiennent le balcon !

    Le Montparnasse des peintres

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    Empruntant la rue d'Assas, nous voici arrivés au Musée Zadkine.

    Ossip zadkine, sculpteur d'origine russe, s'est installé à Paris en 1910. Il s'installe à cette adresse en 1928. Le musée regroupe les sculptures et les œuvres sur papier de l'artiste, de sa période de jeunesse à sa participation au mouvement cubiste. Il comprend également des œuvres de Valentine Prax, son épouse.

    Une des particularités de ce musée consacré à l'œuvre sculptée est de permettre aux mal-voyants et aux non-voyants de toucher les œuvres, en toute légitimité (il s'agit d'exaucer le vœu d'Ossip Zadkine lui-même).

    Devant le musée, une sculpture de l'artiste

    Girouette - Zadkine (1965)

    Le Montparnasse des peintres 

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    Nous avons maintenant rejoint l'avenue de l'Observatoire qui mène au Jardin du Luxembourg.

    L'Institut d'Art et d'Archéologie a été construit par Paul Bigot entre 1925 et 1930. L'ossature en béton est revêtue de briques rouges, mélange d'influences siennoise, florentine et d'Afrique noire musulmane.

    Le Montparnasse des peintres

    La frise archéologique de moulages en terre cuite de sculptures grecques, romaines, médiévales et Renaissance a été réalisée par la Manufacture de Sèvres.

    Le Montparnasse des peintres

     Cela fait un moment que nous tournons autour de la Faculté de Pharmacie : Annie, qui y a fait ses études, me l'a signalé... Sa façade donne sur l'avenue de l'Observatoire.

    Le Montparnasse des peintres

    Le Montparnasse des peintres

    Un peu plus loin, l'Ecole Nationale d'Administration (la célèbre ENA) est actuellement abritée dans les anciens locaux de l'Ecole Nationale de France d'outre-mer, bâtiment édifié en 1895 par l'architecte Yvon.

    On y reconnait l'art mauresque de la fin du siècle dernier adapté à son usage.

    Le Montparnasse des peintres

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    En face de nous, les Jardins de l'Observatoire forment depuis Port-Royal une belle enfilade jusqu'au Jardin du Luxembourg.

    Le Montparnasse des peintres

    Je ne sais pas pourquoi cette statue se nomme "Le Jour"... ? Je l'aurais plus volontiers nommée "La Source" ! Elle est de Jean-Joseph Perraud (1875)

    Le Montparnasse des peintres

     Le clou de l'enfilade est certainement la Fontaine des Quatre Parties du Monde qui la clôt au niveau de la station de RER Port-Royal.

    Dans ce sens, elle est déjà jolie...

    Le Montparnasse des peintres

    mais dans l'autre sens, face au soleil couchant, alors là elle est sublime !

    Le Montparnasse des peintres

    Il s'agit d'une oeuvre collective.

    Sur un socle flanqué de chevaux marins (oeuvres d'Emmanuel Frémiet), un groupe de quatre femmes représentant l'Afrique, l'Asie, l'Amérique et l'Europe (oeuvre de Jean-Baptiste Carpeaux - 1872) porte un globe orné des signes du zodiaque, oeuvre d'Eugène Legrain.

    Le Montparnasse des peintres

    Voici deux des quatre femmes soutenant le globe terrestre : le sculpteur leur a donné une position qui laisse penser que la terre tourne.

    L'Amérique avec sa coiffure à plumes...

    Le Montparnasse des peintres

    L'Afrique qui a encore des chaînes aux pieds...

    Le Montparnasse des peintres

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    Nous voici maintenant devant la Closerie des Lilas au Carrefour de l'Observatoire.

    François Bullier (1796-1869), un ancien employé de la Grande Chaumière reprit en 1843 la succursale du bal du Prado avenue de l'Observatoire hors la barrière en 1847, il le transforma en plantant 1000 pieds de lilas pour lui donner le nom de "Closerie des Lilas ", mais, c’est sous l’appellation de Bal Bullier en été, et Prado en hiver que sera connu l’endroit surtout fréquenté au départ par des étudiants.

    L’établissement ouvre ses portes le 9 mai 1847.

    On y dansait le quadrille et la valse, puis la mazurka et les scottishs et enfin la polka.

    A la Closerie des Lilas de Charles Vernier (1831-1887)

    Le Montparnasse des peintres

     Dès 1883, ce café est devenu le rendez-vous des artistes : on peut y croiser Zola, Cézanne, Théophile Gautier, les frères Goncourt ou Paul Verlaine.

    Au début du 20ème siècle, Paul Fort y dispute des parties d'échecs avec Lénine et Guillaume Apollinaire ou Alfred Jarry sont des habitués du lieu. L'intelligentsia américaine aime s’y retrouver, notamment Hemingway, Fitzgerald, Miller… 

    Modigliani, André Breton, Aragon, Picasso, Jean-Paul Sartre, André Gide, Paul Eluard, Oscar Wilde, Samuel Beckett et Man Ray figurent aussi parmi les artistes et les écrivains qui ont fréquenté la Closerie.

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    Juste devant la Closerie, se tient la statue du Maréchal Ney, une sculpture de François Rude (1853).

    Le Maréchal Ney a été fusillé le 7 décembre 1815 pour avoir rejoint Napoléon durant les Cent-Jours : Louis XVIII l'accusait d'avoir attenté à la sûreté de l'état...

    Le Montparnasse des peintres

    Un Américain du nom de Peter Stuart Ney, mort le 15 novembre 1846 en Caroline du Nord au sud des Etats-Unis, a prétendu être le maréchal Ney...

    Sur son lit de mort, Peter Ney se serait exclamé : « By all that is holy, I am Marshal Ney of France ! » (Par tout ce qui est saint, je suis le maréchal Ney de France !).

    Ney aurait pu bénéficier de complicités maçonniques haut-placées pour que son exécution soit simulée et qu’il puisse s’exiler discrètement en Amérique, pays pour lequel Fouché lui avait établi un passeport après la défaite de Waterloo. Plusieurs témoignages semblent confirmer cette simulation et cette fuite.

    Si cette éventualité d'une seconde vie en Amérique, faisant suite à un simulacre d'exécution, peut paraître séduisante, elle n’est toutefois pas reconnue par la plupart des historiens car elle ne s'appuie sur aucune preuve irréfutable. Seules des analyses scientifiques pratiquées sur les restes ensevelis au Père-Lachaise d'une part (en supposant que la sépulture ne soit pas vide), et à Third Creek Church de l'autre, pourraient lever définitivement le doute.

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     Au N°9 de la rue Campagne-Première se trouve une "pelle Starck" : elle parle d'une maison édifiée à la fin du 19ème siècle à partir de matériaux de récupération provenant de l'Exposition Universelle de 1889. Cette maison abrite une centaine d'ateliers d'artistes.

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    Ici habitèrent les peintres Othon Friesz (inspiré par Gauguin et Van Gogh) et Giorgio De Chirico ainsi que l'écrivain Rainer Maria Rilke qui y survivait plutôt avant de devenir le secrétaire particulier de Rodin.

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    Je ne connaissais pas ce peintre, Othon Friesz, que je trouve intéressant.

    Le port d'Anvers (1906)

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     Les baigneuses des Andelys (1908)

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    Voici le Passage d'Enfer et l'arrière d'un immeuble créé en 1911 par l'architecte André Arfvidson : sur la façade des céramiques et grès flammé d'Alexandre Bigot.

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    Au sortir du passage, sur le Boulevard Raspail, une maison où habita Picasso.

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    et puis, la merveille d'architecture : le recto de l'immeuble d'André Arfvidson, tout en céramiques également, donnant sur le square Yves Klein.

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    Yves Klein est un artiste peintre qui est connu pour son "bleu"qu'il a appliqué sur de nombreuses oeuvres.

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    Il utilisait des modèles femmes dont il enduisait le corps de peinture et les faisait ensuite se rouler par terre...

    On appelle ça de l'art : j'avoue que je suis très moyennement enthousiaste.

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    Mais revenons à notre immeuble en céramique.

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    J'avoue être beaucoup plus sensible à cet art là... On est classique ou on ne l'est pas !

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    Man Ray, le célèbre photographe, habita l'immeuble.

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    Et Kiki de Montparnasse, sa compagne, habita l'Hôtel Istria voisin avec lui.

    Elle était le modèle préféré du peintre qui trouve son physique "de la tête aux pieds, irréprochable".

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    Alice Ernestine Prin était surnommée "la Reine de Montparnasse" : elle fut le modèle, la muse et parfois l'amante d'artistes célèbres. Elle était également chanteuse, danseuse, gérante de cabaret, peintre et actrice de cinéma, et anima le quartier du Montparnasse durant l'entre-deux-guerres (1921-1939).

    Elle adopte la coiffure au bol, les yeux abondamment soulignés de khôl, les lèvres peintes de rouge vif et le pseudonyme Kiki.

    Il l'a photographiée notamment de dos, nue, pour un célèbre cliché auquel il ajouta deux ouïes de violon et qu'il intitula Le Violon d'Ingres.

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    Merci à Anne-Marie pour cette agréable promenade culturelle

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