• Contraste

     France-Soir.fr du vendredi 13 juin dernier faisait paraître une enquête

    signée par Alexandra Gonzalez intitulée :

    Précarité - Les glaneurs des fins de marché

     Face aux prix des produits frais qui flambent,
    de plus en plus de retraités ramassent les « invendus » des marchés.
    Les sacs en plastique volettent autour des tréteaux, les voix des maraîchers laissent place aux cliquetis des stands qui se démontent. Sur le marché Auguste-Blanqui, dans le XIIIe arrondissement de Paris, les cageots en bois commencent à s’amonceler. Il est 14 heures passées de quelques minutes ; le ballet silencieux des glaneurs de villes peut commencer. Là, une silhouette accroupie d’un vieillard. D’un revers de la main, il tente de chasser les pigeons gourmands qui tournent autour des restes de salades. Puis grappille quelques feuilles qu’il range soigneusement dans un sac en plastique, enroulé autour de sa canne, avant de repartir discrètement, clopin-clopant.

     L’heure de la « remballe »

    Un peu plus loin, Jeannette, surnommée « Janie », 72 ans, a la mine aguerrie des habitués. Rituel immuable tous les trois jours, elle vient faire un tour à la fin du marché, avec un matériel quasi professionnel : un cabas, plusieurs sacs en plastique, une petite brosse et une bouteille d’eau pour « brosser les fruits et les légumes avant que la saleté ne sèche ». La voix gouailleuse et la bonne humeur communicative, Janie touche une petite retraite mensuelle d’à peine 900 euros. Elle, qui a travaillé une partie de sa vie dans les cuisines des cantines scolaires, n’a plus assez aujourd’hui pour se payer à manger. « Un comble ! » s’exclame-t-elle. « Pourtant, je ne me plains pas, ici je trouve ce qu’il me faut. Il suffit d’avoir l’œil. D’arriver à l’heure de la « remballe », de fouiller et de se servir. Simple, non ? » Soudain, alors qu’elle s’était éloignée de quelques pas, Janie fait un grand signe de la main, les yeux agrandis comme à la vue d’un trésor. « Tenez, regardez, des cerises ! » Effectivement, des cerises. Plus roses que rouges, presque écrasées pour certaines, mais elles sont là, passées de huit à… zéro euro le kilo. « La bonne affaire ! » se réjouit Janie, qui reconnaît tout de même que « les coups de pot comme celui-là se font de plus en plus rares. Surtout qu’on est de plus en plus nombreux à venir ».

    Aujourd'hui, vers midi, je pars au marché Blanqui.
    Bien m'en a pris : en répondant (à côté !) à une question,
    je gagne un panier gourmand "Les marchés de Paris"...

    Paris fête en effet ses marchés du 5 au 12 juin 2009.

    Qui sait si un jour, je ne ferai pas le marché Blanqui comme Janie...
    « La dame aux jambes d'azur...Le Tour de France... en miniature ! »

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