• 55ème Rencontre Musicale du Club Musical de La Poste : Prévert et Kosma

    Pour commémorer les 50 ans de la disparition de Joseph Kosma et sa longue collaboration avec Jacques Prévert dont il a été le musicien privilégié pendant une quinzaine d'années, Daniel Michard, animateur au Club Musical de La Poste, a choisi pour cette 55ème Rencontre Musicale de nous convier à un florilège de chansons de Jacques Prévert mises en musique par Joseph Kosma.

    55ème Rencontre Musicale du Club Musical de La Poste : Prévert et Kosma

    Le rendez-vous est dans la salle du Club Musical où je répète maintenant chaque jeudi soir en compagnie de Sigismond Gubanski dont j'ai récemment rejoint la chorale.

    Daniel Michard fait d'abord une assez longue introduction, suite à quoi il nous fait écouter - et voir grâce à une projection sur un écran - quelques 25 chansons.

    Cliquez sur la photo pour la voir en grand.

    55ème Rencontre Musicale du Club Musical de La Poste : Prévert et Kosma

    Pour commencer cette soirée, il nous fait écouter un extrait de la chanson de Gainsbourg "La chanson de Prévert et Kosma" (1962) qui a permis aux deux auteurs réunis de traverser les âges.

    55ème Rencontre Musicale du Club Musical de La Poste : Prévert et Kosma

    Puis, nous écoutons "Le cauchemar du chauffeur de taxi", chanté par Germaine Montero. la chanson est courte mais drôle : la voici chantée par les Frères Jacques.

    55ème Rencontre Musicale du Club Musical de La Poste : Prévert et Kosma

    "L'orgue de barbarie" a été chanté par Agnès Capri.

    55ème Rencontre Musicale du Club Musical de La Poste : Prévert et Kosma

    Je ne connaissais pas cette chanson qui est amusante : en voici les paroles.

    Moi je joue du piano, disait l'un
    moi je joue du violon, disait l'autre
    moi de la harpe, moi du banjo
    moi du violoncelle,
    moi du biniou...moi de la flûte,
    et moi de la crécelle !
    Et les uns les autres parlaient parlaient
    parlaient de ce qu'ils jouaient.
    On n'entendait plus la musique
    tout le monde parlait, parlait, parlait.
    personne ne jouait
    mais dans un coin un homme se taisait :
    "et de quel instrument jouez-vous monsieur
    qui vous taisez et qui ne dites rien?"
    lui demandèrent les musiciens.
    "Moi je joue de l'orgue de Barbarie
    et je joue du couteau aussi"
    dit l'homme qui jusqu'ici
    n'avait absolument rien dit
    et puis il s'avança le couteau à la main
    et il tua tous les musiciens
    et il joua de l'orgue de Barbarie
    et sa musique était si vraie
    si vivante et si jolie
    que la petite fille du maître de la maison
    sortit de dessous le piano
    où elle était couchée endormie par ennui
    et elle dit:
    "Moi je jouais au cerceau
    à la balle au chasseur
    je jouais à la marelle
    je jouais avec un seau
    je jouais avec une pelle
    je jouais au papa et à la maman
    je jouais à chat perché
    je jouais avec mes poupées
    je jouais avec une ombrelle
    je jouais avec mon petit frère
    avec ma petite sur
    je jouais au gendarme
    et au voleur
    mais c'est fini fini fini
    je veux jouer à l'assassin
    je veux jouer de l'orgue de Barbarie."
    Et l'homme prit la petite fille para la main
    et ils s'en allèrent dans les villes
    dans les maisons dams les jardins
    et puis ils tuèrent le plus de monde possible
    après quoi ils se marièrent
    et ils eurent beaucoup d'enfants.
    Mais
    l'aîné apprit le piano
    le second le violon
    le troisième la harpe
    le quatrième la crécelle
    le cinquième le violoncelle
    et puis ils se mirent à parler parler
    parler parler parler
    on n'entendit plus la musique
    et tout fut à recommencer!

    "Le désespoir est assis sur un banc", par Germaine Montero m'a beaucoup touchée.

    55ème Rencontre Musicale du Club Musical de La Poste : Prévert et Kosma

    "Chanson pour les enfants l'hiver", par les Frères Jacques : les enfants de ma classe de Grande Section aimaient beaucoup la réciter. Il faut dire qu'elle est drôle !

    55ème Rencontre Musicale du Club Musical de La Poste : Prévert et Kosma

    "Déjeuner du matin" a été interprété par Marlène Dietrich : un vrai bonheur...

    55ème Rencontre Musicale du Club Musical de La Poste : Prévert et Kosma

    Mouloudji a aussi chanté Prévert, sur une musique de Kosma : "L'enfance"

    Lys Gauty a été la première (1940) à chanter Prévert avec "Deux escargots s'en vont à l'enterrement", un poème bien connu de tous.

    55ème Rencontre Musicale du Club Musical de La Poste : Prévert et Kosma

    "Chasse à l'enfant", chanté par Marianne Oswald : une chanson réaliste

    55ème Rencontre Musicale du Club Musical de La Poste : Prévert et Kosma

    "Et la fête continue" par Serge Reggiani : une histoire de plombier zingueur...

    55ème Rencontre Musicale du Club Musical de La Poste : Prévert et Kosma

    Une jolie chanson interprétée par Yves Montand : "Le jardin"

    "Le gardien de phare aime trop les oiseaux" : Les Frères Jacques

    Une jolie chanson qui se termine mal...

    55ème Rencontre Musicale du Club Musical de La Poste : Prévert et Kosma

    "Tournesol", un petit extrait du film de Christian Jaque "Souvenirs perdus" avec une chanson interprétée par Yves Montand : j'ai bien aimé aussi écouter les chansons au sein d'un film.

    J'ai beaucoup aimé cette chanson réaliste très bien interprétée par Marianne Oswald. Son titre est tout simple : "La grasse matinée".

    "Chanson du geôlier", par Cora Vaucaire

    55ème Rencontre Musicale du Club Musical de La Poste : Prévert et Kosma

    "Les enfants qui s'aiment" : c'est Fabien Loris qui l'interprète dans le film de Marcel Carné "Les Portes de la nuit".

    Daniel Michard nous a ensuite passé une interview sur RCJ (une radio juive) de Françoise Miran qui vient d'écrire une biographie de Joseph Kosma : le livre s'appelle "Une chanson".

    55ème Rencontre Musicale du Club Musical de La Poste : Prévert et Kosma

    On apprend - pour ceux qui ne connaissaient Joseph Kosma que de nom (on le confond souvent avec Vladimir Cosma...) - que Joseph Kosma, né à Budapest en 1905, est un compositeur français, juif hongrois d'origine, naturalisé français en 1949. Il est décédé brutalement en 1969 à seulement 63 ans.

    Il a émigré en Allemagne en 1929 : là, il rencontre Bertolt Brecht et Hanns Eisler, deux artistes engagés dans la politique au travers de leurs oeuvres tout comme lui (il est anarchiste), puis il fuit l'Allemagne d'Hitler en 1933 pour venir s'installer en France et là, il rencontre Jacques Prévert. S'ensuit une collaboration qui durera une quinzaine d'années jusqu'à la fâcherie définitive de Prévert avec le producteur du film "La bergère et le ramoneur" de Paul Grimaud, Kosma n'ayant pas suivi son ami dans cette voie...

    Par la suite, il ne fera plus de chansons mais des quatuors et des opéras.

    Par ailleurs, toute sa famille a été exterminée dans les camps : lui, a été sauvé par Prévert.

    L'interview de Françoise Miran est au début de la vidéo.

    Suite à quoi, Françoise Miran, qui est interprète, nous chante (accompagnée au piano par Karl Baraquin, professeur de piano au Club Musical de La Poste) trois chansons de Prévert.

    "A la belle étoile", une chanson extraite du film "Le crime de Monsieur Lange", chantée par Juliette Gréco.

    Boulevard de la Chapelle
    Où passe le métro aérien
    Il y a des filles très belles
    Et beaucoup de vauriens.

    Des clochards affamés
    S'endorment sur les bancs
    Et de vieilles poupées
    Font encore le tapin.

    À soixante-cinq ans
    Au jour le jour
    À la nuit la nuit
    À la belle étoile
    C'est comme ça que je vis.

    Où est-elle, l'étoile?
    Moi, je ne l'ai jamais vue
    Elle doit être trop belle
    Pour le premier venu.

    Au jour le jour
    À la nuit la nuit
    À la belle étoile
    C'est comme ça que je vis.

    C'est une drôle d'étoile
    C'est une triste vie.

    Sa deuxième chanson : "Et puis après (Je suis comme je suis)"

    Voici la version de Juliette Gréco car j'ai malheureusement raté mon enregistrement...

    La troisième chanson que Françoise Miran a chantée est très amusante : "La pêche à la baleine". Voici la version des Frères Jacques.

    Puis, c'est un autre interprète qui a pris le relais : Wolfgang Pissors, accompagné au piano par Isabelle Serrand, pianiste compositeure (ils se produisent au Théâtre de l'Essaïon dans un spectacle intitulé Berlin en Seine).

    Les deux artistes interprètent des chansons issues de leur répertoire.

    55ème Rencontre Musicale du Club Musical de La Poste : Prévert et Kosma 

    "Yukali" de Kurt Weill

    55ème Rencontre Musicale du Club Musical de La Poste : Prévert et Kosma

    Une autre chanson qui a été un "tube" à l'époque : "Barbara" chantée ici par Yves Montand.

    55ème Rencontre Musicale du Club Musical de La Poste : Prévert et Kosma

    55ème Rencontre Musicale du Club Musical de La Poste : Prévert et Kosma

     Enfin, une chanson intitulée "Familiale"

    55ème Rencontre Musicale du Club Musical de La Poste : Prévert et Kosma

     A la fin de la soirée, les deux artistes ont chanté "Les Feuilles mortes", accompagnés par le public de la salle venu nombreux.

    Le texte de cette belle chanson qui est - parait-il - la chanson la plus chantée au monde...

    Oh ! je voudrais tant que tu te souviennes
    Des jours heureux où nous étions amis.
    En ce temps-là la vie était plus belle,
    Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui.

    Les feuilles mortes se ramassent à la pelle.
    Tu vois, je n'ai pas oublié...
    Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
    Les souvenirs et les regrets aussi

    Et le vent du nord les emporte
    Dans la nuit froide de l'oubli.
    Tu vois, je n'ai pas oublié
    La chanson que tu me chantais.

    C'est une chanson qui nous ressemble.
    Toi, tu m'aimais et je t'aimais
    Nous vivions tous les deux ensemble,
    Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.

    Mais la vie sépare ceux qui s'aiment.
    Tout doucement, sans faire de bruit
    Et la mer efface sur le sable
    Les pas des amants désunis.
    La, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la

    Mais la vie sépare ceux qui s'aiment.
    Tout doucement, sans faire de bruit
    Et la mer efface sur le sable
    Les pas des amants désunis.

    Yves Montand la chante magnifiquement.

    Je suis déçue d'avoir raté tous mes enregistrements...

    Sinon, c'était une super soirée.


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